De la démocratie en Amérique
62 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

De la démocratie en Amérique

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
62 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Un jeune aristocrate de 26 ans s'embarque en 1931 pour l'Amérique. De son voyage, il ramènera des réflexions qui nous étonnent encore par leur lucidité. Alexis de Tocqueville évoquait déjà l'irrésistible ascension d'un empire qui, aujourd'hui, conduit le monde. La gageure était de porter cette pensée à la scène, de passer insensiblement de la science politique au langage théâtral. La mise en scène, faisant une large place à la danse et à la musique, ainsi que le dispositf scénique de Daniel Buren, cherchent à mettre en évidence la surprenante modernité de la parole de Tocqueville.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2005
Nombre de lectures 173
EAN13 9782336254395
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

© L’HARMATTAN, 2005
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
L’HARMATTAN, ITALIA s.r.l. Via Degli Artisti 15 ; 10124 Torino L’HARMATTAN HONGRIE Könyvesbolt ; Kossuth L. u. 14-16 ; 1053 Budapest L’HARMATTAN BURKINA FASO 1200 logements villa 96 ; 12B2260 ; Ouagadougou 12 ESPACE L’HARMATTAN KINSHASA Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Administratives BP243, KIN XI ; Université de Kinshasa - RDC
http://www.librairieharmattan.com harmattan1@wanadoo.fr
9782747595759
EAN : 9782747595759
Sommaire
Page de Copyright Page de titre Avant-propos SEQUENCE 1 - Où sommes-nous donc ? SEQUENCE 2 : Nous voilà donc à New York SEQUENCE 3 : Toutes les colonies anglaises de l’Amérique SEQUENCE 4 : Le blasphème, la sorcellerie, le viol seront punis de mort SEQUENCE 5 : Quand la terre fut livrée aux hommes par le Créateur SEQUENCE 7 : L’élection du président SEQUENCE 8 : La majorité trace un cercle formidable autour de la pensée SEQUENCE 9 : Les hommes répandus dans l’espace de l’union... SEQUENCE 11 : Les hommes qui vivent dans les temps d’égalité SEQUENCE 12 : Les puritains qui ont fondé les républiques américaines... SEQUENCE 13 : Les Américains ne font point des plaisirs de la littérature le charme principal de leur existence... SEQUENCE 14 : Je suis retourné avant-hier chez mon éditeur SEQUENCE 15 : il n’y a jamais eu de société libre sans mœurs SEQUENCE 16 : J’ai été hier chez Gosselin SEQUENCE 17 : Un homme bâtit avec soin une maison pour y passer ses vieux jours SEQUENCE 18 : si les citoyens continuent à se renfermer dans le cercle de leurs petits intérêts domestiques FINAL : Le souverain ne brise pas les volontés, il les amollit...
De la démocratie en Amérique

Vincent Colin
“L’artiste doit ouvrir un batelier et y prendre en réparation le monde, par fragments, comme il lui vient. Non pour autant qu’il se prenne pour un mage, seulement pour un horloger.”
Francis Ponge
Avant-propos
En allant étudier sur place les ressorts de la démocratie américaine naissante, le jeune Alexis de Tocqueville, alors âgé de 26 ans, imaginait-il que ses réflexions allaient franchir les siècles ?
Le fait est que, 175 années plus tard, son œuvre nous parle plus que jamais du monde d’aujourd’hui, des dérives de notre démocratie occidentale et de son principal modèle culturel.
En me lançant dans l’entreprise risquée de mettre en scène certains propos du célèbre ouvrage, j’avais en tête l’idée de faire découvrir une parole politique susceptible de toucher un large public, en particulier les jeunes, plutôt désabusés par la langue de bois de la classe politique.
Pas un mot de l’auteur n’a été changé et les extraits du livre, choisis de manière impressionniste, impliquent une démarche d’artiste plutôt que de savant.
Notons qu’en cette année 2005, le calendrier des célébrations nationales, habituellement prolixe, passe curieusement sous silence le bicentenaire de la naissance de Tocqueville... Puisse notre tentative rendre un modeste hommage à la mémoire de ce grand homme, célébré dans le monde entier, de l’Amérique au Japon, et encore trop méconnu en France.

Donner corps aux idées
Derrière le sérieux et la rigueur de l’écriture tocquevillienne sommeille un poète. J’ai été frappé par la manière sensible avec laquelle l’auteur donne corps à ses idées. Tocqueville parle des “charmes de l’égalité”, des “petites jouissances” qu’elle fournit chaque jour, de “l’individualisme”, concept nouveau à son époque, qui est “un sentiment réfléchi et paisible”, “des effets particuliers que produit l’amour des jouissances matérielles”, “d’une sorte de matérialisme honnête qui pourrait bien s’établir dans le monde”, etc, etc...
En disant, que, “La sympathie entre les sentiments et les idées des hommes paraît détruite”, il associe de manière intime deux univers, ceux du cœur et de la raison, généralement dissociés.
Bref, en découvrant ce style somptueux, subtil mélange de précision conceptuelle et de talent littéraire, je me suis dit qu’il était peut-être possible de donner corps aux idées, en imaginant un théâtre où la réflexion s’appuierait sur le plaisir du jeu.

L’esprit hip hop
L’apport de la mouvance hip-hop déborde largement le domaine de la danse contemporaine. Mais son incursion au théâtre reste encore timide.
Par son caractère novateur, le hip-hop me semblait pouvoir correspondre à la modernité des idées exprimées par Tocqueville.
Collaborant depuis plusieurs années avec le danseur Sébastien Lefrançois et sa compagnie “Trafic de Styles”, je me suis tourné vers des danseurs hip hop pour tester le bien-fondé de ce nouveau projet.
Après un premier atelier de travail avec certains d’entre eux, ma surprise fût double. Premièrement les réflexions du philosophe leur semblaient tout à fait actuelles et deuxièmement, ils étaient très à l’aise pour improviser un jeu gestuel à partir du sens que celles-ci dégageaient.
Pour compléter la distribution, et compte tenu de l’importance du texte, un jeune acteur, John Kokou, récemment issu du Conservatoire de Paris, vint rejoindre Marguerite Mboulé et Sébastien Lefrançois, les deux danseurs hip hop.
Trois “acteurs danseurs” allaient ainsi partager mots et gestes de cette partition, à parts quasi égales. Trois lutins, vêtus de combinaisons de travail identiques, sorte de magasiniers, jouant avec les idées de Tocqueville.

L’apport de Daniel Buren
Le décor restait à trouver. D’évidence, il devait rompre avec toute idée de réalisme.
La récente exposition de Daniel Buren à Beaubourg trottait dans ma tête. J’avais été saisi par l’intelligence et la théâtralité de celle-ci.
Chaque spectateur apparaissait, disparaissait, pour reparaître à nouveau, encadré différemment dans le dispositif. Les images évoluaient sans cesse au gré des déplacements de chaque visiteur. Ceux-ci étaient tout à la fois acteurs et spectateurs de cette machine théâtrale.
Je décidais alors de lui envoyer mon projet d’adaptation du texte de Tocqueville, en lui demandant de participer à cette création. Séduit à son tour par la force et la modernité de cette parole, Buren accepta d’y réfléchir. Quelques semaines plus tard, il me livra son idée.
Il n’en avait qu’une, me faisait-il croire, et souhaitait donc qu’elle me convienne. Lors de notre rencontre, au fur et à mesure qu’il griffonnait et développait sa proposition, le projet de spectacle devenait limpide, ludique, puissant.
Il ne s’agissait pas d’un simple décor, mais d’une véritable scénographie. Les images qu’il me proposait façonnaient la dramaturgie.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents