Dramaturgie de la pièce monologuée conteamporaine
398 pages
Français

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Dramaturgie de la pièce monologuée conteamporaine , livre ebook

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Description

Des années 1980 à 2000, la pièce monologuée est très présente sur la scène française. Cet ouvrage montre comment ce phénomène artistique trouve sa nécessité dans le besoin d'explorer une forme qui travaille la relation directe acteur/spectateur. L'autre toujours présent dans la salle, l'est aussi dans la parole même du monologueur qui incorpore à lui-même une forme d'altérité absente.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2011
Nombre de lectures 73
EAN13 9782296800571
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0197€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Dramaturgie de la pièce

monologuée contemporaine
Univers Théâtral
Collection dirigée par Anne-Marie Green

On parle souvent de « crise de théâtre », pourtant le théâtre est un secteur culturel contemporain vivant qui provoque interrogation et réflexion. La collection Univers Théâtral est créée pour donner la parole à tous ceux qui produisent des études tant d’analyse que de synthèse concernant le domaine théâtral.
Ainsi la collection Univers Théâtral entend proposer un panorama de la recherche actuelle et promouvoir la diversité des approches et des méthodes. Les lecteurs pourront cerner au plus près les différents aspects qui construisent l’ensemble des faits théâtraux contemporains ou historiquement marqués.

Dernières parutions

Françoise QUILLET, Le théâtre s’écrit aussi en Asie ( Inde, Chine, Japon ) , 2011.
Salah EL GHARBI, Yasmina Reza ou le théâtre des paradoxes , 2010.
Marjorie SCHÖNE, Les figures géométriques et arithmétiques dans le théâtre d’Eugène Ionesco , 2009.
Jean VERDEIL, L’acteur et son public. Petite histoire d’une étrange relation , 2009.
Stina PALM, Bernard-Marie Koltès, vers une éthique de l’imagination , 2009.
Romuald FÉRET, Théâtre et pouvoir au XIX e siècle. L’exemple de la Seine-et-Oise et de la Seine-et-Marne , 2009.
Johannes LANDIS, Le théâtre d’Henry Bernstein , 2009.
Daniela PESLIN, Le théâtre des nations, une aventure théâtrale à redécouvrir , 2009.
Isabelle BARBERIS, Philippe Adrien, un théâtre du rêve éveillé, 2009.
Colette DERIGNY, Jean-Paul Farré. Le monde burlesque d’un homme de théâtre , 2008.
Maurice ABITEBOUL, Dames de cœur et femmes de tête. La femme dans le théâtre de William Shakespeare , 2008.
Isabelle CATA, Le Siddhartha de Victor SEGALEN , 2008.
Stéphanette VENDEVILLE, The living theatre. De la toile à la scène. 1945 – 1985, 2007.
Céline MORETTI-MAQUA, L’Apogée du masque au XVVVI e siècle ou la Sérénissime masquée , 2007.
Françoise Heulot-Petit


Dramaturgie de la pièce
monologuée contemporaine


L’altérité absente ?


L’H ARMATTAN
Ouvrages du même auteur
La Reconnaissance sur la scène française XVII e -XXI e siècle , études réunies par Françoise Heulot-Petit et Lise Michel, Artois Presses Université, Collection « Etudes littéraires », Arras, 2009.


© L’H ARMATTAN, 2011
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-54133-7
EAN : 9782296541337

Fabrication numérique : Actissia Services, 2012
A VANT-PROPOS
La publication si tardive de cette thèse de doctorat en Études théâtrales, dirigée par Jean-Pierre Ryngaert et soutenue en janvier 2003 à l’Université Paris III Sorbonne Nouvelle, mérite quelques éclaircissements. Ce délai s’explique sans doute par la difficulté de laisser les mots vivre leur vie, d’accepter de les défaire de soi, de voir une page se tourner. Or cette manière de concevoir le rapport à la parole guide le chemin de ce travail qui définit le monologue à la fois comme un espace de mise à l’épreuve de la relation à l’autre et comme le lieu d’interrogation du lien qui se noue et se distend entre l’humain et lui-même. Ce « lui-même » déjà difficilement saisissable dans la vie courante est rendu particulièrement retorse lorsqu’il se double d’une identité de fiction. Cet ouvrage explore ainsi cette dramaturgie de la frontière que propose la pièce monologuée et la figure spectrale qui y prend la parole.
Je remercie aujourd’hui vivement Geneviève Jolly pour sa relecture attentive qui a conduit à cette version remaniée de la thèse initiale. Ma reconnaissance va également à l’équipe de recherche « Textes et Cultures » qui a soutenu cette publication et plus précisément son directeur Francis Marcoin.
Si je citais à l’époque de ma soutenance tous ceux qui avaient permis que cette étude s’achève, je remercie aussi aujourd’hui tous ceux qui font mon quotidien au sein de l’Université d’Artois où je travaille depuis 2003, collègues enseignants, administratifs et bien sûr ceux qui donnent du sens à l’écriture et à la transmission des mots : mes étudiants en Arts du spectacle.
Je dédie cet ouvrage à ma famille.
Absence. Tout épisode de langage qui met en scène l’absence de l’objet aimé - quelles qu’en soient la cause et la durée - et tend à transformer cette absence en épreuve d’abandon {1} .
Roland Barthes
Introduction
Henry.- Des histoires, des histoires, des années d’histoires tout seul, ça allait, puis le besoin, soudain, d’un autre, à côté de moi, n’importe qui, un étranger, à qui parler, imaginer qu’il m’entend, des années de ça, puis, maintenant, d’un autre, d’un autre qui… m’aurait connu, autrefois, n’importe qui, à côté de moi, imaginer qu’il m’entend, ce que je suis…devenu {2} .
Ada. – Tu l’as eu à l’usure sans doute. ( Un temps .) Tu l’as eu à l’usure vivant et tu l’auras à l’usure mort. ( Un temps .) Le moment vient où il n’est vraiment plus possible de te parler. ( Un temps .) Le moment viendra où personne ne te parlera plus, même les inconnus. ( Un temps ) . Tu seras seul au monde avec ta voix, il n’y aura pas d’autres voix au monde que la tienne. ( Un temps .) Tu m’entends {3} ?
Samuel Beckett
L ongtemps considéré comme une forme mineure, le monologue est devenu l’objet d’une attention accrue de la part des auteurs de théâtre, qui lui octroient une place essentielle au sein d’une dramaturgie encore intersubjective, ou lui délèguent entièrement le drame {4} . En 1980, Bernard Dort annonce : « Le temps du dialogue, avec sa rassurante illusion "d’imprimer à l’action un mouvement réel" {5} est bel et bien passé. Celui des monologues est venu » {6} . Cette remarque souligne combien la multiplication des monologues est manifeste à cette période. Il devient intéressant alors de circonscrire un ensemble de formes diverses qui ne trouvent leur point commun que dans la solitude du corps de l’acteur. Cette démarche est déjà celle d’Anne-Françoise Benhamou, lorsqu’elle évoque « l’acteur mis à nu par le regard direct sur lui du public - un regard enfin libéré, peut-être, de la pudeur et de la discrétion que lui impose le détour par le dialogue » {7} . Son approche a conduit à une interrogation plus fondamentale, celle qui lie l’acteur et le spectateur. Notre propre désir est de mieux saisir cette relation, de mieux comprendre cette forme qui interroge le théâtre parce qu’elle n’est pas dialogue. Nous souhaitons savoir en particulier s’il existe un temps pour le monologue ou si celui-ci ne cesse de revenir au devant de la scène, de manière récurrente au cours de l’histoire et sollicité de manière spécifique. Nous pouvons aussi sonder cette forme de libération suscitée par le monologue qui joue d’une relation directe avec ceux qui l’écoutent et l’observent.
En fait, le monologue est une figure protéiforme, qui recouvre une réalité littéraire complexe. Ce terme générique est utilisé pour désigner toute une gamme qui s’étend des sketchs des humoristes, aux pièces où un personnage semble se refermer totalement sur lui-même. Ces diverses formes ont pour point commun de mettre en scène un personnage seul. La représentation de la solitude, dans sa dimension universelle, peut octroyer au monologue la possibilité, non seulement de refléter les époques, mais aussi l’homme dans son intimité ou comme écho du monde {8} . Elle rapproche le monologue du monde contemporain, caractérisé lui aussi par l’individualisation. En effet, le fait de placer au centre du dispositif théâtral l’individu peut être perçu comme le reflet, au niveau dramaturgique, des analyses de la société post-moderne, effectuées par les sociologues.
Le bilan sociologique opéré par Gilles Lipovetsky {9} à la charnière des années 1980-1990 semble, au tournant du siècle, se confirmer sur de nombreux points, et notamment sur l’idée d’une individualisation croissante de la société, qui résulte de l’épuisement progressif de l’élan moderniste vers l’avenir. La société ne se fédérant plus derrière un projet historique mobilisateur, l’individu se tourne vers ses problèmes intimes et les exprime. Cette remarque confirme la possibilité d’envisager dans le monologue théâtral, un reflet du monde post-moderne tel que cet auteur le caractérise : « L’âge moderne étai

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