Entre Dieu et César
54 pages
Français

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Entre Dieu et César

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Description

Le Président Mbakhari, affaibli par son propre pouvoir, nage à contre-courant de la marche inexorable de son peuple vers la liberté et la démocratie. Sans s'en rendre compte, il est dans le sillage de César, ne pouvant se réaliser que par le pouvoir. "Rendre César à Dieu" lui intima Cheikh Mahmoud. Mbakhari refusa l'évidence et finit comme César : éliminé. Faudrait-il alors devant tout réceptacle humain de pouvoir, sur son front ou son frontispice, écrire ou graver dedans : abus extrêmement dangereux ?

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Informations

Publié par
Date de parution 07 septembre 2015
Nombre de lectures 0
EAN13 9782336741338
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0021€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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Couverture
4e de couverture
Titre

S ERIGNE A BDOULAYE S AMBA






Entre Dieu et César


Théâtre





Préface de Baytir Kâ
Copyright


























© L’H ARMATTAN , 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-74133-8
P RÉFACE
La littérature sénégalaise vient de s’enrichir d’une œuvre remarquable, d’une haute facture et d’un autre registre : Entre Dieu et César , porte le livre sur sa couverture. En effet, un titre éloquent, plein de sens dans la mesure où l’œuvre interpelle les consciences sur les destins des Africains avec une teinture et une connotation purement politiques. C’est pourquoi l’auteur Serigne Abdoulaye Samba, pour mieux toucher la masse, a choisi le théâtre qui, selon les Grecs, est une imitation de la réalité (la mimésis). Comme d’ailleurs le dit W. Shakespeare dans Hamlet : « l’objet du théâtre a été dès l’origine, et demeure encore, de présenter un miroir à la nature, et au siècle même et à la société de ce temps, quels sont leurs aspects et leurs caractères. Les dramaturges cherchent par le biais du jeu théâtral à créer un miroir social, un reflet plus ou moins caricatural de la société, qui permet de mieux la comprendre, et de mieux dénoncer ses failles. » Par conséquent, c’est tout le sens qu’il faut donner à l’œuvre du dramaturge Abdoulaye Samba qui nous associe à sa manière au débat politique en Afrique ; même si dans l’œuvre, il nous situe dans une République imaginaire. Il a très vite compris comme le dit Mame Less Camara que les sociétés africaines ont eu une trajectoire politique extrêmement chaotique (in Discours Biennale des Lettres 1992).
Ainsi, en abordant cette question politique très sensible, M. Samba nous plonge par la même occasion dans la tragi- comédie d’un peuple dont le destin est entre les mains d’hommes politiques dont l’inconscience n’est plus à démontrer. Il devient ainsi, à l’instar des grands écrivains comme Kourouma, Lopés, Sassine et autres, un « avant-gardiste », un révolutionnaire par la plume. Toutefois pour qui connaît l’homme, il faut admettre que cette audace dans l’écriture ne doit point étonner car c’est un grand intellectuel au parcours très élogieux. M. Samba est féru de littérature, d’écriture (une passion dés le jeune âge). C’est pour dire qu’il n’en est pas à son coup d’essai car il a aussi écrit d’autres œuvres. Et pour reprendre Camus : l’homme est « embarqué dans la galère de son temps ».
En outre, l’on peut affirmer que si un écrivain par essence se définit comme un visionnaire, Abdoulaye Samba l’est dans toute l’acceptation du mot. Et justement compte tenu de la situation difficile que vivent la plupart des pays africains, il est nécessaire d’avoir des « guetteurs » selon encore le mot de Mame Less Camara (discours prononcé lors de la Biennale de 1992). Ces hommes d’une sensibilité remarquable capables de prévenir les dangers qui assaillent notre continent. Justement M. Samba est de ces hommes-là car déjà bien avant 2000, il avait commencé à réfléchir sur ce qui allait être « une mode » en Afrique : la mal gouvernance, la succession ou dévolution monarchique des pouvoirs. D’ailleurs l’histoire lui a donné raison car beaucoup de pays africains se sont acheminés inexorablement vers le gouffre.
Ainsi l’auteur de cette pièce est très conscient que l’Afrique va mal. C’est pourquoi il affirme dans le prologue : « il faut parler, parler… pour exister ». Et par son engagement, il confirme la mission même de l’écrivain dans une Afrique meurtrie où la plupart des intellectuels ont « jeté leur veste », ou se livrent à « une prostitution intellectuelle » par le biais du « larbinisme » politique, la démission, la résignation, l’hypocrisie. La plupart des dirigeants africains s’éternisent ou s’accrochent désespérément au pouvoir et se jouent du peuple sans état d’âme. Ils font siens ces propos de Machiavel dans sa célèbre œuvre Le prince : « L’histoire de notre temps enseigne que seuls ont accompli de grandes choses les princes qui ont fait peu de cas de leur parole et su adroitement endormir la cervelle des gens ; en fin de compte, ils ont triomphé des honnêtes et des loyaux. »
C’est pourquoi pour Samba, l’écriture est une forme de vie, de survie. Il en a besoin pour exister et cela depuis très longtemps. Dans ses propos et prises de positions, dans son refus de l’injustice, dans sa lutte pour la liberté et la paix, tout en lui reflète cette révolte intérieure qu’il a voulu extérioriser. Voilà pourquoi la pièce se doit d’être lue politiquement car c’est un mécontentement longtemps accumulé et qui sort de manière explosive, pour reprendre Césaire.
Par conséquent, derrière les personnages qui ont pour noms MBAKHARI, BAREMBA, MORY, WILANE, NIAMBE et autres, nous pouvons mettre un visage familier, connu. Même si l’auteur prend le soin de dire dans le prologue « Le pays en question n’a pas de nom et ses habitants non plus, ceci pour éviter toute ressemblance avec un État quelconque. L’essentiel pour nous est qu’il s’agit de l’Afrique et ses habitants se nomment Africains avec leurs qualités et leurs défauts ». Cela, les Africains en sont conscients mais donnent l’impression d’accepter leur sort comme pour donner raison au prince de Machiavel : « Les affaires de ce monde sont gouvernés par la fortune et par Dieu ; les hommes ne peuvent rien y changer, si grande soit leur sagesse ; il n’existe même aucune sorte de remède ; par conséquent il est tout à fait inutile de suer sang et eau à vouloir les corriger ; et il vaut mieux s’abandonner au sort »
Dans un autre registre, le néocolonialisme n’est pas épargné dans la critique : il est vertement caricaturé à travers Monsieur Justin, Édouard. Une véritable incarnation de l’hypocrisie politique et intellectuelle. Le jeu politique devient un jeu de marionnettes, l’Occident tirant les ficelles. Il braque sa caméra sur les chefs religieux et les journalistes dans leur implication dans le jeu politique (ils ont leur entrée au palais !). Mais dans toute cette affaire, c’est le peuple qui finira par avoir Raison.
Tout compte fait après un demi-siècle d’indépendance (ou plutôt d’indé-pen-danse, pour reprendre le mot du dramaturge Djibril Diallo Falémé), ce livre vient à point nommé car il relance ce débat sur le développement du continent africain et sur ses dirigeants. Nous espérons que les cris de Kourouma, de Sembène seront entendus et auxquels il faut désormais ajouter (nolens volens), celui de Serigne Abdoulaye Samba, pour que ceux qui gouvernent l’Afrique puissent penser aux autres ; non à leurs familles et leurs partisans. Ce dernier entre ainsi dans le Monde des Grands par la grande porte : il devient immortel car son nom est désormais inscrit dans le répertoire des grands créateurs de ce pays. Le chemin de la dramaturgie est balisé par de grands hommes comme Cheikh Aliou Ndao, Alioune Badara Bèye et c’est pourquoi nous lui souhaitons une bonne continuation dans la grande aventure oh combien passionnante de la création.
Baytir Kâ Président de l’Association Sénégalaise des Professeurs de Français Expert de la Fédération Internationale des Professeurs de Français
P ROLOGUE
Voici une pièce qui s’articule autour de la thématique du pouvoir d’un point de vue de sa problématique en Afrique.
Le pays en question n’a pas de nom et ses habitants non plus ; ceci pour éviter toute ressemblance avec un État quelconque.
L’essentiel pour nous est qu’il s’agit de l’Afrique et ses habitants se nomment Africains avec leurs qualités et leurs défauts.
La pièce parle aussi des Européens ; ce qu’ils pensent à notre égard, à travers ce que d’aucuns qualifient de coopération et d’autres de néocolonialisme.
Je me suis exprimé en wolof tout à la fin, car dans nos langues, il est parfois difficile de trouver des correspondances à des mots comme président de la République, comme chef de l’État, etc.
Président de la République se dit, souvent, en wolof :
« Borom reewmi », c’est-à-dire, littéralement, le propriétaire du pays ; c’est grave !
Cet inconscient collectif est une survivance, bien sûr, de l’époque des rois. Les plus éveillés usent du concept plus adéquat de « Njiitu reewmi », celui qui préside aux destinées du pays.
Il nous faut, donc, (avis aux linguistes) conceptualiser nos langues afin de leur trouver des termes adéquats conformes au contexte politique actuel.
La pièce peut paraître longue à l’image des dialogues ; elle obéit simplement à une logique de l’écriture qui veut que celle-ci soit la porte-parole de son sujet.
Nous sommes dans le monde de la politique, de la diplomatie, du dithyrambe et de l’intellectualisme avec comme toile de fond les séparations et les alliances ; où il faut, semble-t-il, parler, parler… pour exister !
La pièce ne s’érige nullement contre les rois et leurs royaumes si leur règne entre dans un ordonnancement, juridique, culturel et politique, légitimement accepté par leurs peuples.
Dans toute la pièce, les femmes sont quasi absentes ; cela est dû au thème traité et au cadre africain. Ainsi, je voudrais que le chorège et le chorus soient composés, essentiellement, de femmes.
L’auteur
P RINCIPAUX PERSONNAGES
Mbakhari
Président de la République
Ra r ssa
Sa femme
Baremba
Chef du protocole
Ndiawar
Premier ministre
Clédor

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