La dramaturgie du quotidien
214 pages
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La dramaturgie du quotidien , livre ebook

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Description

A quoi servent les ateliers-théâtre ? La Dramaturgie du quotidien, du nom de l'atelier qu'a animé l'auteur pendant une vingtaine d'années, propose une réflexion théorique et une approche pratique à travers les analyses d'exercices réalisées par les étudiants. Nous réfléchissons avec eux sur nos propres conditionnements. L'homme qui sait que la vie, c'est quelque chose dont il faut faire autre chose, cesse d'être un esclave et devient maître.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2014
Nombre de lectures 14
EAN13 9782336355702
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0120€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Univers Théâtral

Univers Théâtral
Collection dirigée par Anne-Marie Green
On parle souvent de « crise de théâtre », pourtant le théâtre est un secteur culturel contemporain vivant qui provoque interrogation et réflexion. La collection Univers Théâtral est créée pour donner la parole à tous ceux qui produisent des études tant d’analyse que de synthèse concernant le domaine théâtral.
Ainsi la collection Univers Théâtral entend proposer un panorama de la recherche actuelle et promouvoir la diversité des approches et des méthodes. Les lecteurs pourront cerner au plus près les différents aspects qui construisent l’ensemble des faits théâtraux contemporains ou historiquement marqués.
Dernières parutions
Alice GAUDRY, Le théâtre de marionnettes sur eau du Viêt Nam , 2014.
Alberto GARCIA SANCHEZ, La scène provoquée , 2014.
Marion BOUDIER, Alice CARRE, Sylvain DIAZ et Barbara METAIS-CHASTENIER, De quoi la dramaturgie est-elle le nom ?, 2014.
Krystyna MASLOWKI-BETHOUX, Witold Gombrowicz ou la mise en scène de l’homme relationnel , 2013.
Frédérique DONOVAN, La Lettre, le théâtral et les femmes dans la fiction d’aujourd’hui. Ken Bugul, Marie Ndiaye et Pascale Roze , 2013.
Dina MANTCHEVA, La Dramaturgie symboliste de l’Ouest à l’Est européen , 2013.
Yannick BRESSAN, Le théâtral comme lieu d’expérience des neurosciences cognitives. À la recherche du principe d’adhésion , 2013.
Jean-Marc QUILLET, Musique et théâtre. La musique de Jean-Jacques Lemêtre au Théâtre du Soleil. Entretien délectable et inachevé avec Jean-Jacques Lemêtre, musicien au Théâtre du Soleil , 2013.
Anne ROPERS, Folie et politique. Le théâtre de Falk Richter , 2012.
Titre
Jean Verdeil







La dramaturgie du quotidien

L’atelier-théâtre : une micro-société expérimentale
Du même auteur
Du même auteur
Le travail du metteur en scène, Aleas, Lyon, 1995.
Dionysos au quotidien essai d’anthropologie théâtrale, PUL, Lyon, 1998.
L’abri et l’édifice histoire d’une compagnie Bruno Carlucci, Aleas, Lyon, 2001.
La comédie de l’amour, Aleas, Lyon, 2003.
L’acteur et son public petite histoire d’une étrange relation, L’Harmattan, Paris, 2009.












© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-70581-1
Préface. Approches théoriques
Quand j’ai commencé ma carrière d’enseignant, je ne pensais pas animer un jour un atelier-théâtre. Certes, pendant mon stage de pion, en septembre 1954, j’avais découvert les techniques des CEMEA mais, aussitôt arrivé au collège Victor-Hugo, à Narbonne, le surveillant général m’avait « recommandé » d’oublier bien vite ce que j’avais appris. Après le pionicat, j’obtins un poste d’instituteur remplaçant recruté avec le baccalauréat, le CAP pour être titularisé au bout de deux ans, six ans de Cours Préparatoire, puis je devins pour un an professeur de CEG. L’admission au concours des IPES allait me permettre de reprendre des études universitaires, jusqu’à l’agrégation de Lettres modernes. Je fus nommé au lycée Daudet, à Nîmes, en septembre 1967. Ce fut une année bien particulière dans la mesure où, en mai 68, je me retrouvai progressivement en tête du mouvement lycéen nîmois. Trotskystes, communistes, maoïstes, tous les lycéens se retrouvaient chez moi, où nous discutions des actions du lendemain. Je n’avais pas choisi cette position de leader, elle était surtout venue du fait que, progressivement, les autres adultes avaient abandonné les lycéens et le terrain. Deux lycéens, plus ou moins en rupture de famille, habitèrent même quelque temps chez moi. Il arrivait que certains lycéens fument du haschich. Je n’étais pas opposé au hasch, mais refusais la prise de toute drogue dure, prise que je considérais comme une fuite de la réalité. On ne pouvait pas vouloir changer la réalité et, en même temps, la fuir. En novembre 1968, je fus nommé assistant à la faculté des Lettres de Lyon, en littérature générale et comparée. Mais pendant les vacances d’été de 1969, on assista à une campagne orchestrée par Marcellin, le ministre de l’intérieur d’alors. Cette campagne avait un slogan : gauchiste égale drogué . Des lycéens nîmois furent mis en examen et écroués pendant l’été et le 1er octobre 1969, à 8h du matin, la police était chez moi, à Montpellier. Mon épouse et moi fûmes arrêtés, conduits à Nîmes, interrogés et présentés à un juge d’instruction pour être mis en examen pour « organisation de fumerie de haschich ». Ma femme fut laissée en liberté provisoire puisque nous avions deux enfants de 14 et 7 ans, tandis que j’étais écroué. Dans la prison de Nîmes je retrouvai les lycéens déjà écroués mais, à l’extérieur se développaient deux mouvements inverses. Un comité de soutien était constitué pour me défendre tandis qu’une campagne de presse, après m’avoir fait faire la une de la plupart des journaux régionaux et nationaux, me présentait comme « le prof qui droguait ses élèves ».
Je ne devais découvrir cette campagne qu’à ma sortie de prison, une dizaine de jours après. Je fus d’ailleurs très étonné lorsqu’à la sortie des journalistes me demandèrent si, comme l’avait fait peu de temps avant Gabrielle Russier, j’avais pensé à me suicider. Je ne compris la question qu’en découvrant l’image que l’on avait donnée de moi 1 .
Pendant l’année universitaire j’avais commencé une thèse de doctorat sur les contacts de civilisation dans les littératures africaines, j’allais abandonner ce sujet de recherche. Il y avait un tel décalage entre l’image que j’avais de moi et celle que l’on me donnait que je décidai d’orienter mes recherches sur la notion d’identité. Comme la plupart de termes qui permettent de réfléchir sur une identité appartiennent au vocabulaire théâtral, l’intitulé de ma thèse devint « les notions de rôle, de personne et de personnage dans le théâtre contemporain occidental ».
J’allais donc me pencher pendant seize longues années sur ce thème de l’identité, et ce avec deux axes de recherche. Le premier venait d’un théoricien russe du théâtre, Nicolas Evreïnoff. Selon lui il existe chez l’homme un instinct de théâtralité, un instinct qui contraint l’homme à se transformer et à transformer l’univers, et si nous cherchons à nous transformer c’est que, pour chacun de nous, l’essentiel est de ne pas être nous-mêmes. En cela, les ateliers de théâtre sont certainement le meilleur moyen pour, à la fois, s’échapper de l’image construite par l’extérieur et se construire autre.
L’autre axe venait de deux hommes de théâtre beaucoup plus connus qu’Evreïnoff, Antonin Artaud et Bertolt Brecht. Chacun, à sa façon, insiste sur le lien étroit qui existe entre l’identité d’un individu et la société à laquelle il appartient, lien qui passe par le conditionnement auquel nous sommes soumis depuis notre plus tendre enfance. Or ce conditionnement se fait de manière théâtrale. Nos parents, nos instituteurs, nos professeurs, nous apprennent comment nous devons nous conduire dans les différentes circonstances de la vie. Mais n’est-ce pas ce que fait le metteur en scène lorsqu’il explique au comédien la conduite de son personnage.
Dans la vie, face à une situation, nous répondons le plus souvent par des réponses apprises. En revanche, lors des improvisations pour une répétition ou dans un atelier, et c’est là leur intérêt, nous nous trouvons devant des situations certes fabriquées, mais en même temps totalement inédites, des situations pour lesquelles nous devons inventer une réponse.
Donc, d’un côté, deux hommes de théâtre qui nous expliquent comment nos sociétés fabriquent les citoyens dont elles ont besoin, de l’autre, également un homme de théâtre, qui nous explique que cette fausse identité nous accable, et que le théâtre est un des moyens que nous avons pour essayer de nous en dégager.
De plus ils ont tous trois des doutes sur le théâtre-représentation. J-F. Peyret, dans un article intitulé Théâtralité du communisme, laisse entendre que Brecht aurait jugé, vers la fin de sa vie, que ce n’était pas dans le théâtre épique-dialectique mais dans les lerhstücke qu’il fallait chercher « la forme de théâtre pour la sociét&#

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