Le suspense de la vie
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Description

Ascar
Il est une religion antérieure à toute forme de conscience : c’est l’amour. La religion est un angle, l’amour l’hypoténuse. Cultive l’amour dans chaque part de la vie que de figer l’âme au nom d’une religion. C’est un a priori fondamental à toute féodalité encline au fondamentalisme de tout genre. À partir du moment où la société dans laquelle nous vivons appelle l’amour, l’argent et la religion, le fanatisme ; il est temps de semer l’amour pour récolter la foi…
Fatma
Je n’ai pas besoin de comprendre ! Tu as intérêt à t’accorder. Je suis l’œuf énigmatique de la mythologie africaine : mieux vaut ne pas le découvrir ; une fois découvert, prendre ou laisser c’est du pareil au même. Si tu peux échapper au sentiment religieux, auquel cas tu n’échapperas pas à la foi conjugale.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 25 septembre 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782312057699
Langue Français

Extrait

Le suspense de la vie
Manguessé
Le suspense de la vie
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2017
ISBN : 978-2-312-05769-9
À mon fils Tébockbé Kodinba Franck Garcia
À mon oncle Gaolébélé Douskrèo
Personnages
Guémé , père de Fatma.
Iya ( mère en arabe choa ), mère de Fatma.
Fatma , fille de Guémé et d’Iya.
Alhadji Ahmat , fiancé de Fatma.
Ascar ( homme en tenue en arabe choa ), l’homme sur qui Fatma a jeté son dévolu.
Murielle , copine d’Ascar.
Abourass ( homme à la grosse tête en arabe choa ), commandant de brigade.
Major JJ .
Fakfak , bénévole à la brigade.
Moudi , membre du comité de vigilance.
Le piéton.
Pousseur d’eau.
La vendeuse du lait .
Acte I
Après le bal du mariage au cours duquel Ascar et Fatma se sont rencontrés.
La cour est éclairée par une lampe électrique.
S CÈNE 1
Iya et Fatma
F ATMA
Laleku, Iya. Iya, laleku.
I YA
Fatma,
F ATMA
esquissant les pas de danse soudanaise.
Naam.
I YA
Qu’est-ce qui ne va pas ?
F ATMA
Tout va bien.
I YA
Dis-moi pourquoi tu es rentrée si tôt. On vous a chassés ?
F ATMA
Non.
Fatma accélère le geste du corps ; ce qui nourrit la suspicion chez Iya .
I YA
à part.
C’est sûr qu’on a gâté ma fille. Quelqu’un lui aurait certainement servi une boisson alcoolisée. ( À Fatma . ) Qu’as-tu bu là-bas ?
F ATMA
La-la-la-la ! Pas une seule goutte, Iya.
I YA
Pour rien au monde, tu gambades ?
F ATMA
arrête de danser et va vers elle.
Iya, je ne suis pas à un verre près.
I YA
Qu’est-ce qui t’excite alors ?
F ATMA
Je ne sais comment te l’expliquer. Je dois avouer tout de même que la soirée fut magnifique et splendide.
I YA
C’est tout et rien d’autre.
F ATMA
Pour l’instant, rien. Il n’y a que la magnificence de la soirée…
I YA
Elle souffle.
Qu’est-ce qui, selon toi a donné un cachet particulier à cette soirée ?
F ATMA
Ses merveilles.
I YA
Qu’entends-tu par merveilles ?
F ATMA
Je ne voulais pas parler de promesses.
I YA
Ça ne me surprend pas ; je ne t’ai jamais vue aussi fière.
F ATMA
Il y a de quoi ! L’occasion ne s’était jamais présentée.
I YA
Ces promesses, tu peux me les faire découvrir ?
F ATMA
Pour une fois, je viens de faire la connaissance d’un jeune et beau garçon.
I YA
respire profondément.
C’est ce à quoi je m’attendais ! Je savais d’avance que tu allais chuter sur cette réponse drôle. Comment s’appelle-t-il ?
F ATMA
Iya, ne sois pas pressée ; tu vas le découvrir. Tu vas découvrir Ascar.
I YA
Je te préviens…
F ATMA
Iya, le gars est sérieux, charmant et mignon. Tu sais comment il m’appelle : déesse Ifri, c’est-à-dire déesse à qui l’Afrique doit son nom.
I YA
secouant la tête.
Ma fille, ne rêve pas. Ne te laisse pas emporter par les mots cajoleurs des garçons. Tu pourras regretter toute ta vie.
F ATMA
Il n’est pas à redouter, il a l’air sérieux.
I YA
d’un ton ampoulé.
Elle continue ! Sache que c’est la dernière fois que tu prends part au bal. Tes camarades sont en train d’accompagner leur copine ; toi, tu te détaches et les abandonnes parce que tu as découvert un homme. ( Elle observe une pause. ) Eh ! Les filles d’aujourd’hui ! Première rencontre, lune de miel ! Fatma, je connais le caïd dont tu parles. Je ne veux plus entendre cette histoire. Tu as un prétendant, le sais-tu ? Je ne veux surtout pas qu’Alhadji soit au courant. Ripe de là ! Oust !
Fatma , froissée s’en va se coucher front contre l’oreiller entre les deux bras croisés dans sa chambre.
S CÈNE 2
Alhadji Ahmat , Guémé , Fatma et Iya
A LHADJI AHMAT
Assalamu alaykoum.
G UÉMÉ
Wa’alaykum assalam. Alhadji, entrez. Vous êtes chez vous. Comment allez-vous ?
A LHADJI AHMAT
Par la grâce de Dieu, je vais bien.
G UÉMÉ
La chaleur ?
A LHADJI AHMAT
Al hamdoulilah.
G UÉMÉ
La fatigue ?
A LHADJI AHMAT
Al hamdoulilah .
G UÉMÉ
Les occupations ?
A LHADJI AHMAT
In cha’Allah.
G UÉMÉ
Baraka. ( Sans transition, il appelle Fatma pour introduire Alhadji dans la maison ) Fatma ! Fatma est-elle là ?
I YA
assure.
Fatma est là.
G UÉMÉ
Alhadji arrive.
I YA
Qu’il entre.
A LHADJI AHMAT
Assalamu alaykoum.
I YA
Wa’alaykum assalam. Prenez place, Alhadji. ( Celui -ci s’assoit et elle lui pousse le coussin et l’éventail. ) Vous avez pensé à nous ce soir.
A LHADJI AHMAT
Bien évidemment, je pense à vous tous les jours.
I YA
Fatma se lamentait déjà. Pas plus tard qu’hier, elle se demandait si vous aviez voyagé.
A LHADJI AHMAT
Je suis pourtant là. J’ai tellement d’occupations qui ne me laissent le moindre temps pour rendre visite aux amis. Elle n’est pas la seule personne à se plaindre. Les plaintes fusent un peu de partout. Comment va-t-elle, Fatma ?
I YA
Elle se porte bien. Elle avait pris part au bal du mariage de l’une de ses camarades. Elle vient juste de rentrer. ( Elle la vante. ) Fatma s’est responsabilisée. Elle ne sort que lorsque la nécessité s’impose. Elle pense au foyer.
A LHADJI AHMAT
Fatma, bonsoir.
F ATMA
mélancolique.
Bonsoir.
A LHADJI AHMAT
Pourquoi ta voix ne sort-elle pas ? Quelqu’un t’a chiffonnée au bal ?
I YA
précipitamment.
Personne ne peut oser le faire. Tout le monde, dans cette contrée, reconnaît votre réputation. C’est évident qu’elle manifeste soit son mécontentement par ce que vous l’avez oubliée, autrement dit le sommeil l’avait conquise.
F ATMA
à voix basse au seuil de la porte.
Wadaga.
A LHADJI AHMAT
Pourquoi as-tu l’air pitoyable ?
F ATMA
Ça va. J’ai juste sommeil.
A LHADJI AHMAT
Je reconnais que je te dois une fière chandelle. Le temps fait défaut. Néanmoins, je te promets de passer au courant de la semaine. Pour l’heure, je vais travailler avec Alfaki.
F ATMA
baisse la tête en faisant la moue.
Amina.
Alhadji Ahmat , avant de prendre congé de Fatma et sa mère glisse une enveloppe sous le tapis.
I YA
Merci, Alhadji. Que Dieu te bénisse. ( Quelques minutes après le départ d’Alhadji Ahmat , elle s’épanche à Fatma poignée à la joue. ) Ma fille, as-tu remarqué le geste qu’Alhadji vient de faire ? C’est suffisant comme conseils. Je n’ai rien à ajouter.
F ATMA
se lève en murmurant.
Pour vous, le caïd est un nabab ; le nabab, un caïd. Cet argent va vous parler.
I YA
Elle murmure toujours ! La ilaha illallah !
S CÈNE 3
Fatma , Ascar et Murielle
Fatma et Ascar au téléphone.
Fatma consulte le crédit de sa mère, puis compose le numéro et lance l’appel. Le téléphone sonne trois fois.
A SCAR
Allô ! J’écoute.
F ATMA
Bonsoir, Monsieur.
A SCAR
Bonsoir, Madame.
F ATMA
Comment tu vas ?
A SCAR
Assez bien. Qui est à l’appareil ?
F ATMA
Devine la voix.
A SCAR
OK ! Est-ce Murielle ?
F ATMA
Ce n’est pas elle. Continue à fouiller.
A SCAR
Murielle, c’est bien toi. Je ne pourrai jamais me tromper.
F ATMA
S’il arrive que tu te sois trompé, que feras-tu ?
A SCAR
N’empêche, à ce que je sache, c’est toi qui es au bout du fil.
F ATMA
Malheureusement, il ne s’agit pas d’elle. ( Elle s’exclame. ) Quel dédain ! C’est terrible ! En fait, tu étais en train de jouer avec mon sentiment !
A SCAR
s’en souvient.
Oh ! Ma déesse. L’erreur est humaine ; il faudra m’excuser. Ta beauté ravissante ne cesse de m’éblouir au point de m’empêcher de dormir.
F ATMA
Bien au contraire ! Murielle est ton cœur. Murielle ou rien, n’est-ce pas ?
A SCAR
Non, aie confiance en moi.
F ATMA
C’est inimaginable…
A SCAR
Il n’y a pas de soucis à se faire. Tu dois dépasser tout cela. Je reste persuadé que j’ai réalisé mon vœu le plus cher, sauf si tu décides me laisser en chemin.
F ATMA
Au contraire, c’est moi qui cours le risque.
A SCAR
Pour quelle raison ?
F ATMA
Tu viens de me faire des promesses fallacieuses. Sauf que je suis très polie, sinon j’allais te raccrocher le téléphone au nez.
A SCAR
Ce serait mal à propos… Il est bien vrai que le téléphone trahit, ça n’est pas le cas… J’ai tourné la page. La preuve en est que je n’ai pas le contact de cette derni&#

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