L art d accueillir la ménopause avec le Dr Vautmieux Henrire
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L'art d'accueillir la ménopause avec le Dr Vautmieux Henrire

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Description

Humoristique et philosophique, ce livre est une véritable bouffée de fraîcheur à l’heure où notre système de santé est plutôt mal en point. Des patientes impatientes veulent prendre une pause de leur ménopause. Elles ont pris rendez-vous avec le généreux Dr Vautmieux Henrire, un médecin exceptionnel qui les écoute et les aide à guérir. Son secret : dédramatiser les malaises causés par ce passage obligatoire et stimuler en elles leur propre pouvoir de guérison. Ce livre s’adresse aux femmes ménopausées ou en voie de le devenir, à leurs filles qui hériteront de cette soi-disant pause, ainsi qu’aux hommes qui veulent mieux comprendre la femme de leur vie afin de mieux l’aimer.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 mars 2013
Nombre de lectures 11
EAN13 9782922598780
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Johanne Fournier
L’art d’accueillir la ménopause avec le
D r Vautmieux Henrire
Collection Roman Santé
Édition Option Santé
Crédits
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Fournier, Johanne, 1961-
L’art d’accueillir la ménopause avec le D r Vautmieux Henrire
(Collection Roman Santé)
ISBN 978-2-922598-63-6
I. Titre. II. Collection : Collection Roman Santé.

PS8611.O97A97 2011 C843’.6 C2011-941702-2

PS9611.O97A97 2011

Copyright© 2011 par Les éditions Option Santé Tous droits réservés pour tous pays 1 ère édition

Les Éditions Option Santé Enr. 815, Avenue Eymard Québec (Québec) Canada, G1S 4A2 Téléphone : +418.687.0245 Courriels : info@optionsante.com / jofourire@videotron.ca Sites Internet : http://www.optionsante.com - http://www.yvondallaire.com

Mise en page : Chalifour Communication inc. Conception de la page couverture : Caroline Bédard Conversion au format ePub: Studio C1C4 Photographie de l’auteure : Studio Magenta Révision linguistique : Georges-Henri Arenstein

Dépôt légal : 4 e trimestre 2011 Bibliothèque et Archives Canada Bibliothèque nationale du Québec ISBN 978-2-922598-63-6

Distributeurs exclusifs : Pour le Canada : Les Messageries Agence de Distribution Populaire (ADP) Pour la France : DG Diffusion Pour la Suisse : Diffusion Transat Pour la Belgique : Diffusion La Caravelle
Dédicace
Aux femmes et aux hommes de cœur.
Préface
L’univers de la pratique du Docteur Vautmieux Henrire nous transporte dans un monde fantastique où tout devient possible.
À travers cette magie, nous découvrons le quotidien de la vie d’un médecin qui a consacré sa carrière à la santé des femmes. Les conseils de prévention sont inspirés d’une grande sagesse comme, par exemple, dans la peine d’amour de Morgan où il lui dit : « La seule personne qui puisse vous guérir, c’est vous ». Il touche ensuite une dimension beaucoup plus profonde : la spiritualité, laquelle est souvent oubliée dans le conseil médical quotidien. C’est pourquoi il recommande fréquemment la prière et la méditation. Bref, pour bien vivre, il faut savoir s’arrêter…
La grande trame de fond du Docteur Henrire, et de ce roman, est l’humour qui permet de désamorcer les tensions. Son humour est tout à fait respectueux. C’est tout un art d’utiliser l’humour en consultation et, cerise sur le gâteau, il accompagne cet humour de petits cadeaux qu’il remet à ses clientes : rose, CD, certificats…
Oui, tout cela est à des années — lumière de la pratique médicale actuelle, mais elle apporte l’espoir au médecin qui est en nous, car la guérison commence par « tomber en amour avec soi ».
Docteur Jean Drouin
Prologue
Mes premiers bobos ont commencé à poindre lorsque j’ai eu mal aux genoux après avoir lavé mes planchers de bois franc à quatre pattes. C’était l’été. Et, comme chaque été quand je tombe en vacances, je fais le grand ménage, pour ainsi dire le ménage en grand ! En enseignant, j’ai l’habitude d’être active et quand arrive juillet, ça me prend quelque temps à décompresser, trop habituée à dépenser de l’énergie durant l’année scolaire. Le syndrome prémenstruel aidant, ça brasse et ça brosse dans ce temps-là ! C’est tellement propre chez moi que je pourrais manger par terre. Mais il faudrait que je relave le plancher, alors il vaut mieux continuer de manger dans une assiette que de me remettre à quatre pattes comme un petit chien !
Quand je me suis relevée après le grand nettoyage, j’avais l’impression que mon genou droit était aplati. Le lendemain, je me suis dit que tout serait rentré dans l’ordre, mais franchement… il n’en fut rien, même si l’ordre régnait partout dans la maison. Mon genou était rentré par en dedans, comme gêné ou renfermé.
Peu de temps après, le mal s’est déplacé derrière mon genou. J’ai pris ce remède si populaire sur les tablettes des pharmacies : la glucosamine… jusqu’à ce que mon cas empire. J’avais de la misère à descendre les escaliers. Étais-je handicapée ou soudainement devenue une vieille bonne femme ? La ménopause me rentrait dedans telle une colporteuse sans invitation.
J’ai consulté mon médecin de famille qui s’est plus tard spécialisé en gynécologie : le D r Vautmieux Henrire, celui qui m’a vue grandir, qui m’a surtout vue vieillir… Il m’a dit que je devais faire un début d’arthrose comme mon père et il m’a fait prendre rendez-vous avec une physiothérapeute pour voir ce qui pouvait bien occasionner cette boule derrière le genou, ce qui m’empêchait de me plier, de me placer en petite bonne femme ; bref, ce qui m’empêchait de prendre certaines positions… même au lit !
La physio n’a rien trouvé d’anormal, mais elle m’a donné une série d’exercices que j’ai faits à contrecœur malgré mes bonnes intentions. J’aurais voulu un changement instantané ou une opération pour qu’enfin le mal s’en aille chez le diable. Les cornes ont commencé à pousser sur mon front parce que je n’avais plus de patience ; je me voyais dépérir de jour en jour et ça me mettait en rogne. Oui, mon signe du Zodiaque est le Capricorne, mais j’ai le droit d’être en colère contre mes genoux et surtout contre le fait de vieillir, même si c’est une fatalité, euh… une réalité pour tous et une des seules justices en ce monde.
Le début d’un long processus maladif commença et les malaises se sont mis à me courir après, comme si les gens autour de moi étaient contagieux, comme si mes anticorps faisaient défaut dans mon propre organisme et que j’attrapais tout… ou presque.
J’ai dramatisé, vu et revu des spécialistes suggérés par le D r Henrire, pris et repris des médicaments. Voyant apparaître plus d’effets secondaires que de guérisons primaires, j’ai vraiment ri de moi-même. J’ai pris conscience un bon matin que je n’arrêtais pas de me plaindre. J’ai revu mes tantes et mes parents comme s’ils avaient été tour à tour mon miroir. Dire que je riais de mes proches, que je me disais qu’ils exagéraient sûrement, qu’ils en rajoutaient pour qu’on prenne soin d’eux parce qu’ils avaient besoin d’attention ou pour qu’on les prenne en pitié et qu’on s’en occupe. Qui a dit qu’on mettait du temps à redevenir jeune ? J’étais en forme à l’époque, je ne pouvais pas comprendre que le corps vieillit et que, peu à peu, les facultés diminuent. Maintenant, je comprends. C’est la faute de la ménopause ! Elle en a large sur le dos avec ses symptômes qui n’en finissent plus et qui, au contraire, surgissent les uns après les autres.
Comme le chante Michel Fugain et le Big Bazar : « La jeunesse, ça s’en va… comme un beau matin quand s’éteint la fête. On se dit toujours que ça reviendra, pourquoi pas ? ». La fête ne fait que commencer et je ne veux aucunement laisser ma santé s’éteindre un beau matin !
C’est avec humour que je vous donne rendez-vous avec le D r Vautmieux Henrire. C’est, et de loin, le médecin le plus agréable qu’il m’ait été donné de rencontrer. Il prend le temps d’écouter les dames, c’est le spécialiste de la Femme à Québec. Tour à tour généreux, philosophe et blagueur, il donne confiance et guérit presque sur-le-champ. N’est-ce pas fantastique alors qu’en réalité il faut attendre plusieurs heures quand on se présente à l’urgence ou à une clinique sans rendez-vous ?
Ça vaut la peine de faire des kilomètres et des kilomètres pour rencontrer ce médecin exceptionnel, que ce soit en vélo, en train, même en avion s’il le faut ! C’est lui que j’ai vu la première fois, après avoir pris l’autobus pour m’y rendre, à seize ans, afin qu’il me prescrive la pilule anticonceptionnelle qui me permettrait d’avoir mes premières relations sexuelles avec mon premier vrai chum. C’est un médecin sympathique et attachant. Son seul défaut, c’est de ne pas en avoir ! Raison de plus pour accourir à son bureau au moindre malaise. J’ai compris que c’était lui le seul et unique spécialiste. Durant un certain temps, il a pris congé et il m’a tellement manqué ! Il aurait été malade, mais je n’en sais pas plus. On dit même qu’il aurait subi une opération, mais sur quelle partie de son corps ? Ça reste un mystère. Puisqu’il est irremplaçable, il n’était toutefois pas question que je change de médecin alors, j’ai attendu son retour.
Ça me tente toujours d’aller dans la salle d’attente, car elle se veut plutôt une salle de détente tant elle est invitante. J’y entends une musique d’ambiance zen. Les huiles essentielles dégagent un arôme extraordinaire. D’habitude, j’évite les salles d’attente, mais celle-ci m’invite.
Chaque fois que je viens, des fleurs coupées dégagent une odeur qui pique les narines et aide à la relaxation. En plus, les lectrices ont à leur disposition des livres de détente, de pensées positives, de proverbes et de citations, d’histoires cocasses et de blagues ; pas de ces revues de mode où des modèles coupés au couteau me rendent folle et coupent ma confiance en deux. Ces photos sont truquées et retouchées… voyons, ça saute aux yeux ! Ces femmes, trop parfaites pour être vraies et authentiques, m’enlèvent le plaisir de les regarder. Il vaut mieux jaser avec les autres clientes et s’en faire des amies sincères plutôt que regarder ces faussetés en silence.
Les magazines avec mille et une publicités sur l’art de perdre du poids et sur les vedettes brillent par leur absence. De toute façon, je veux m’occuper de moi, pas savoir la couleur du soutien-gorge qu’a porté Véronique Cloutier au dernier gala télévisé. Les régimes ont fait place aux livres de recettes donnant des idées pour cuisiner des repas sains et équilibrés. J’y retrouve sur les tables et les babillards les horaires des piscines du quartier, des salles d’entraînement, question de me donner le goût d’aller nager, de m’inciter à bouger et à faire de l’exercice.
La motivation de ce médecin unique ? Faire rire et dédramatiser les malaises. Certains prétendent que c’est sa façon de se guérir lui-même qui l’anime. Il est bon pour aider les femmes, pour les écouter, pour les soigner, mais pour parler de lui, c’est une autre affaire. C’est un homme, après tout. Cependant, son oreille est presque féminine.
D r Henrire m’a confié qu’il prendrait sa retraite dans quelques mois. Alors, pour qu’il ne nous oublie jamais, j’ai décidé avec des amies, des femmes de ma famille, des collègues féminines de travail et leurs amies de faire un compte rendu des rendez-vous qu’elles ont eus avec lui, histoire de garder en souvenir sa sagesse par écrit. Ce cadeau lui sera offert le soir de la réception de sa retraite afin que tous les invités voient qu’il existe encore des médecins exemplaires. Donc, toutes les conversations que des femmes ont eues avec lui ont été consignées par écrit par des femmes de cœur qui voulaient lui rendre hommage. J’ai chapeauté le projet d’en faire un compte rendu en guise de gratitude envers cet homme aux qualités exceptionnelles, ce médecin d’ici qui mériterait bien un prix Nobel.
Dans cette clinique médicale située sur la rue Castonguette, les secrétaires puisent leur bonne humeur dans leur joie de vivre. Le sourire aux lèvres en permanence, elles sont d’une patience d’ange. Dans cette ambiance feutrée, les patientes ne sont jamais impatientes comme dans d’autres cliniques. Sur un tableau blanc, une pensée hebdomadaire fait du bien, porte à réflexion… comme celle d’aujourd’hui, composée par Voltaire : « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. »
Certains soirs, des films comiques sont présentés ; on a même droit à du maïs soufflé. Sans beurre. Des émissions Drôles de vidéos et Juste pour rire nous font rigoler en attendant que les médecins se libèrent. Ça fait changement des soaps américains qui ne font que passer un savon aux gens avec leur air faux et prétentieux. Je prends plaisir à aller chez le docteur et je n’ai pas besoin d’être ultra maquillée comme à la télé. Ici, c’est la réalité et c’est la beauté de l’âme qui prime.
À gauche, près de la fenêtre, une petite fontaine procure un bruit de fond très relaxant. La musique où les vagues divaguent me fait croire que je suis étendue sur une plage du Sud. Attendre ainsi détendue dans cette atmosphère, c’est être juste là, bien dans le moment présent. C’est à ce moment-là que j’ai été appelée.
Déjà, juste en entrant dans le bureau de ce médecin extraordinaire, j’observe des teintes douces et tendres. Le fleuve Saint-Laurent me fait un clin d’œil et rend charmeur un paysage attrayant. J’ai l’impression de flotter dans un espace infini, comme submergée d’un coup de foudre ou envahie d’une étrange passion. Charles Baudelaire a écrit : « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. »
Son bureau en merisier couleur brandy donne le goût de m’asseoir avec lui et de prendre un petit coup en sa compagnie. Des cadres avec des photographies représentant sa femme et ses deux enfants me font entrevoir un monde parfait. Il a le couple par-dessus le marché. Sa femme, fort jolie, semble épanouie, telle une fleur au milieu du jardin où elle est assise. Sans aucun trucage photographique !
Ses diplômes de médecin laissent présager que c’est un vrai de vrai ; il n’a rien d’un narcissisme encadré ; il est toute vérité. Il en a fait des études pour être docteur, mais pas besoin d’études pour être un « doc-cœur ». C’est accueillant, j’y vois des plantes, de vraies fleurs dans un pot, j’y respire la verdure et la chlorophylle, j’y respire la vitalité à l’état pur. Quelques articles de sport personnalisent son bureau. Loin de faire mal, ça fait mâle, ça fait homme viril. Je le devine sportif, bien dans sa peau et en forme. J’aime imaginer, en l’attendant, ses yeux, ses oreilles qui écoutent et qui voient plus loin que le bout de son nez. Son non verbal communique sa personnalité sans artifice : un être de cœur m’attend.
Puis, le voici… en chair et en os avec des yeux bruns et rieurs agrémentés de pattes d’oie qui volent la vedette et trahissent un peu son âge, mais si peu. Une bouche, qui a dû embrasser plus d’une fois, me fait toujours un sourire charmeur. C’est le vrai portrait de l’acteur Richard Gere. Imaginez son visage ! Je guéris presque à le regarder tant il m’éblouit avec ses cheveux fournis et grisonnants, ses lunettes rondes à la John Lennon et son petit air espiègle. Je crois rencontrer un étudiant sorti tout droit de l’École de médecine, et fier de lui, portant toujours des vêtements remarquablement repassés et des chaussures bien cirées. Un parfum aux huiles essentielles titille mes narines, je suis transportée, juste à le humer, sur le chemin de la guérison. Ça sent bon, ça sent la santé. Je suis souvent intimidée par tant de beauté. Enfin, je suis venue ici non pas pour le regarder bouche bée, mais parce que j’ai besoin de lui et de ses précieux conseils médicaux.
J’ai la chance de vivre le rêve de toutes les femmes, celui d’avoir un médecin qui prend le temps, qui m’écoute, qui ne fait pas juste « tchik — tchik » avec ma carte d’assurance maladie. Ce n’est ni la carte, ni le numéro écrit dessus qui comptent pour lui. C’est le visage qui y est photographié. Quand elle est là en personne, la patiente est loin d’être un numéro. Docteur Henrire se souvient toujours du nom de ses clientes. Pour lui, chaque femme est unique et importante. Il se préoccupe de chacune, les renseigne et sait comment leur donner l’heure juste avec franchise et tact. Il s’intéresse plus à l’être humain qu’aux symptômes et aux pathologies.
Je cesse de vous faire languir, voici le résumé de ma dernière rencontre avec lui avant qu’il ne prenne sa retraite.
Arthrose et acné rosacée
Moi : Bonjour Docteur, je viens vous voir parce que depuis plusieurs mois, comme vous êtes au courant, j’ai mal aux genoux. Ma difficulté à les plier et à prendre certaines poses m’ennuie vraiment.
D r Henrire : Bonjour Johanne ! Qu’est-ce qu’ils ont ces petits bijoux de genoux ?
Moi : Je sens une raideur et on dirait que j’ai une bosse derrière chacun.
D r Henrire : Je vous ausculte et je ne sens aucune bosse. Pliez vos genoux et dépliez-les… Ah ! Je vois ! Vous ne vous mettez pas suffisamment à genoux. Alors, engagez vos genoux à l’exercice. Êtes-vous allée voir la spécialiste comme prévu ? La fée Carabosse n’a-t-elle pas fait son travail de guérisseuse ?
Moi : Oui, mais mon mal persiste. C’est vous qui détenez le secret de ma guérison.
D r Henrire : Voici ma prescription. Faites chaque soir une génuflexion sur ce beau coussin rembourré et chauffant que je vous offre en cadeau. Durant ce temps, lisez, écoutez vos téléromans ou faites plaisir à votre amoureux ! Chaque jour, faites des marches quotidiennes et puis le soir, priez. Vous ne priez pas assez souvent ! Vous verrez, ces simples exercices viendront à bout des genoux les plus endoloris. Ils deviendront plus forts. Et vous, plus croyante. En étant active, vous oublierez votre mal et vous vous concentrerez sur votre guérison. Les petits bijoux de genoux vont retrouver leur air de jeunesse. Et ne lavez plus les planchers à genoux, laissez cela à votre conjoint. Les genoux des hommes sont plus solides. Gardez les vôtres pour des besognes plus agréables, comme le jardinage, par exemple, quand l’été reviendra. La terre, sous vos genoux, vous ancrera, vous ne voudrez plus vous lever tellement vous communierez avec la vie. À ce stade, le petit coussin chauffant ne vous sera plus d’aucune utilité, à moins que vous vous asseyiez dessus de temps en temps !
Moi : Mais j’ai d’autres problèmes, Docteur, des problèmes de peau.
D r Henrire : Quoi, vous manquez de peau ?
Moi : Mais non, regardez ma peau, j’ai encore de l’acné rosacée, des boutons et des kystes, de la couperose et de l’eczéma à mon âge. Mais que se passe-t-il dans mon système ? On dirait que j’ai un coup de soleil à l’année ! J’ai peur qu’on m’appelle « la pizza » comme dans ma jeunesse. De gros boutons de sorcière déguisent mon visage, et ce, pas juste dans le temps de l’Halloween ! J’ai l’air d’un clown avec mon nez rouge ou, pire encore, d’une ivrogne. J’ai honte de sortir ; j’imagine que tout le monde remarque mes rougeurs. Ce n’est pas par gêne que je sois rouge comme une tomate. Il semble que ce soit dans mes gênes. Ma mère et mon frère ont eu le même problème héréditaire.
D r Henrire : Oui, je vois que vous n’avez pas de peau blême. Voyez-vous, moi aussi, je l’ai, vous allez être prise avec ça toute votre vie et puis après ? Vous avez l’air en santé puisque votre teint n’est jamais pâle, à moins que vous utilisiez du fond de teint pour réduire les rougeurs. Puis, vous ne voulez pas vieillir, c’est pour ça que vous retombez en adolescence… Vos pensées reflètent votre état d’esprit et vous obtenez ce que vous pensez avec les risques et les inconvénients que cela comporte. Je vous traite pour l’acné et les boutons depuis votre adolescence. Vous étiez pourtant pratiquement guérie… Je vous ai déjà entendu dire : « Ah ! Que j’aimerais donc avoir à nouveau seize ans pour revivre le bon temps de l’adolescence ! » Votre peau a entendu, elle a à nouveau seize ans, avec des boutons, certes, mais elle n’a pas trop perdu son élasticité.
Moi : Oui, mais mon body , ferme et dur de ce temps-là, a perdu ses airs de jeunesse !
D r Henrire : Il est reconnu que les pensées négatives nuisent à la peau d’abord. Ce ne sont pas les yeux qui sont le miroir de l’âme, mais la peau ! Vous n’avez qu’à cesser de voir le passé et d’être mélancolique. Vivez l’instant présent ! Pesez sur le bouton off et faites le vide de vos pensées négatives. Je vous offre une crème en prime et un rendez-vous gratuit avec l’esthéticienne de la bâtisse d’en face qui vous fera un véritable coup d’éclat. L’Institut de beauté Face à Face vous attend. Vous verrez, vos rougeurs et boutons disparaîtront.
Moi : Merci ! En parlant de rougeurs, la visite du cardinal tarde depuis neuf mois.
D r Henrire : Ne vous ai-je pas déjà entendu dire que vous aviez hâte de ne plus être « menstruée » ? Voilà, ne cherchez plus ! Au risque de me répéter, vos pensées sont le miroir de votre âme ! Mentalement, vous vous êtes réglée à ne plus avoir de règles.
Moi : Mais parfois, j’ai mal au ventre et j’ai des symptômes prémenstruels, comme si j’allais être indisposée d’une minute à l’autre.
D r Henrire : Branchez-vous, là, les voulez-vous ou non ? Pesez encore sur le bon bouton ! Off ou eject ? Ne vous en faites pas outre mesure : la ménopause n’est pas une maladie, mais un processus naturel qui accompagne le vieillissement. Vos ovaires ne produisent plus suffisamment d’œstrogènes ni de progestérone. Quand vous n’aurez plus de menstruations durant douze mois, ce sera un signe indicateur que la ménopause aura pris une pause avec vous !
Moi : Et mon cœur, ne l’oublions pas, ce pauvre petit : il palpite comme un fou à la moindre occasion. Il bat fort, fort, fort comme si un tambour résonnait à l’intérieur de ma poitrine. Il s’emballe et ce n’est pas un cadeau.
D r Henrire : Vous en avez trop !
Moi : Quoi ? J’en ai juste un comme tout le monde !
D r Henrire : Oh ! Ça non ! Je sais que vous avez beaucoup de cœur pour tout un chacun. J’ai souvent reçu dans mon bureau vos confidences et vos inquiétudes. Vous vous en faites trop pour la Terre entière. Faites-vous un cadeau personnel. Vous devez avoir un cœur pour vous à partir d’aujourd’hui et il ne battra plus autant, c’est promis. Votre tension artérielle baissera aussi, parole du D r Vautmieux Henrire. Je suis très sérieux ! Il semble que le rire fasse baisser la pression de ceux qui l’ont haute. Voilà, je vous offre une séance de thérapie par le rire et un bon livre de blagues à lire chaque jour. Vous pourrez lire tout ça en étant à genoux, après avoir fait votre méditation sur votre coussin. La prière vous gardera dans le moment présent ; vos genoux, votre peau et votre cœur reprendront leur entrain, et ça, sans aucun médicament !
Moi : D’accord, pour une fois que je n’ai pas besoin d’aller à la pharmacie pour acheter cent crèmes ! J’en ai toute une panoplie chez moi : crème démaquillante, de jour, de nuit, d’après-midi, pour le contour des yeux, pour les lèvres, pour les boutons, pour la rosacée, pour les démangeaisons, pour l’eczéma, pour les mains, pour les ongles, pour les cils, pour les articulations, pour les brûlures, pour les écorchures et pour les hémorroïdes. Parfois, quand je suis endormie, j’ai peur de me tromper de sorte et de ne pas l’étendre sur la bonne partie de mon corps !
D r Henrire : Effectivement, ce serait horrible d’appliquer votre crème contre les hémorroïdes sur votre visage !
Moi : Vous êtes drôle, j’aime vraiment votre philosophie, Docteur… D’autant plus qu’en vieillissant, vous êtes beau comme un cœur, vous ressemblez à Richard Gere, mon acteur préféré. Vous l’a-t-on déjà dit ?
À voir son petit œil narquois, je compris que oui !
Après ma visite chez le D r Henrire, j’ai tellement ri en pensant aux mélanges d’onguents que je pourrais faire par distraction, que certaines rides autour de mes lèvres ont disparu en l’espace d’une nuit ! Et sans crème miracle, sans Botox, sans rien du tout, juste par la gentillesse de la crème des médecins : celui que j’avais consulté la veille, le véritable guérisseur de ces dames.
Surdité et flatulences
Pétula avait pris rendez-vous avec son médecin parce qu’elle avait de la difficulté à entendre et à sentir. Ses sens n’avaient plus de bon sens.
Pétula : Bonjour Docteur !
D r Henrire : Bonjour, comment allez-vous ?
Pétula : Quoi ?
D r Henrire : Bonjour, comment allez-vous ?
Pétula : Quoi ?
D r Henrire : Il fait beau, non ?
Pétula : Quoi ? Euh… j’ai du mal à vous entendre. Voulez-vous parler plus fort ?
D r Henrire : Il fait beau, non ?
Pétula : C’est plein de nuages. Écoutez Doc, je ne suis pas venue vous parler de météo. Je suis venue vous dire que je deviens sourde en vieillissant. Pouvez-vous me passer un examen des oreilles ? Quand j’étais jeune, j’avais entendu un médecin dire à la radio que pour un mal d’oreilles, il fallait y mettre du jus d’oignon, est-ce vrai ? C’est ce que j’ai tenté et la situation a empiré. Mes oreilles pleurent, elles dégoulinent à vue d’œil.
D r Henrire, sortant un micro : Ce sont des histoires de grands-mères… ne croyez pas cela… à moins que vous ne souhaitiez très bientôt être une grand-mère !
Pétula : Non, non, c’est correct de même. Hé ! Je vous entends bien avec votre microphone.
D r Henrire : Vous avez deux options pour retrouver l’ouïe de vos vingt ans. Soit traîner tout le temps un microphone et le prêter à votre interlocuteur chaque fois qu’on s’adresse à vous… chose qui pourrait être troublante en public… Soit dire enfin aux gens ce que vous attendez d’eux et écouter ce que les gens attendent de vous. Des paroles que vous ne voulez pas entendre bloquent votre subconscient, et celui-ci ordonne à vos tympans de faire la sourde oreille. Faites-en l’essai et vous me reviendrez là-dessus.
D r Henrire : Je vais maintenant vous examiner les oreilles. Que vois-je ? Des bouchons ?
Pétula : C’est pour arrêter le liquide de sortir et aussi parce que j’ai de plus en plus de mal à dormir. Des bruits dans les rues aux alentours de chez moi m’empêchent de trouver le sommeil ; les autos, les motos, les camions, même les trains et les avions ! Je pense que tous ces bruits abîment mes tympans. Je souffre aussi de pertes de mémoire, vous voyez bien, j’ai oublié d’enlever mes bouchons, Docteur, je suis vraiment découragée de moi ! Ce n’est pas drôle de vieillir ! Mes oreilles pleurent et voilà que mes yeux les imitent.
D r Henrire : Mais non, je vais enlever ces bouchons et tâchez d’entendre mon plaidoyer. Vous n’êtes pas si vieille que ça. Choisissez de vous écouter vous-même d’abord et avant tout. Vous devriez prendre des petites vacances pour faire le point. Cessez d’écouter les autres et prêtez attention à votre langage intérieur ! Surtout… entendez-vous ! Vous vivez un stress constant qui mine votre santé. Avez-vous pensé à déménager ?
Pétula : Merci ! Ça faisait longtemps qu’on ne m’avait pas parlé ainsi. J’ai tout entendu grâce à vous ! Je pensais justement à ne pas renouveler mon bail et à choisir un appartement plus tranquille et mieux insonorisé.
D r Henrire : En attendant, je vous offre un bon de réduction dans un centre de villégiature où vous entendrez les oiseaux, où vous savourerez de bons petits plats et un changement d’attitude s’effectuera à votre retour. Dans ce coin de paradis, ça sentira bon, meilleur que dans mon bureau.
Pétula : J’ai honte, Docteur, mais j’ai aussi un autre problème… Des ballonnements et des gaz… qui sont loin d’être hilarants, me rendent la vie impossible. Je m’excuse, je croyais qu’ils allaient passer incognito !
D r Henrire, se pinçant le nez : J’ai bien senti ça ! Ouf ! Je suis en train de m’asphyxier ! Vous êtes en santé, vous ! Vous sentez-vous ?
Pétula : Mais non, pas beaucoup. Que faire avec ce ventre qui est en train de pourrir ? Je ne me sens plus moi-même ; est-ce que j’ai aussi un problème avec mon odorat ?
D r Henrire : Les bouchons que vous mettez dans les oreilles seraient sans doute utiles dans une autre partie de votre anatomie ! Je vous suggère plutôt de prendre des enzymes pour vous soulager, vous et votre conjoint, sinon vous devrez faire « chambre à gaz », euh… chambre à part ! À moins qu’il ne s’achète un masque à gaz. Les enzymes digestives que je vous propose donneront à vos flatulences des odeurs florales. Cela embaumera les pièces où vous passerez et vous n’aurez plus besoin de vous parfumer. Ces enzymes coûtent beaucoup moins cher que les parfums. De plus, les odeurs que vous produirez seront aphrodisiaques. Votre conjoint reviendra à la maison et sera très heureux. Voilà, prenez une de ces enzymes immédiatement, vous ferez un malheur en arrivant chez vous. Votre libido fera une croissance accélérée et celle de votre mari fera une remontée vertigineuse. Ce que vous sentez et ressentez, parlez-en ! Ne gardez pas tout en dedans, car plus vos pensées stagnent, plus votre santé s’en ressent. Communiquez à mesure ce qui ne va pas dans votre couple, au travail et dans toutes les sphères de votre vie. Changez vos maux en mots ! Exprimez vos sentiments et vos émotions, extériorisez-les en paroles ! Ça sentira meilleur en plus d’améliorer la qualité de l’air et de votre vie !
En sortant du bureau, Pétula jeta ses bouchons à la poubelle et en se regardant dans le miroir du hall d’entrée, elle s’avoua s’être sentie plus belle, plus pétillante et plus pétante de santé qu’en arrivant chez le docteur. Quand elle entra chez elle, son mari sentit une odeur de rose tandis que montait en lui un désir intense. Elle n’en revenait pas comme son médecin avait eu du flair et l’ouïe fine. Après l’amour, elle dit à son amant romantique des mots sortis tout droit de son cœur, mais il avait deviné dans ses gestes ce qu’elle avait voulu dire. Comme l’a écrit Antoine de Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » Ses gaz étaient invisibles, mais remplis d’amour essentiel à la vie !
Diverticulite
Victoria est allée voir le D r Vautmieux Henrire alors qu’elle ne se possédait plus elle-même. Elle avait mal au ventre et souffrait depuis une semaine de constipation. Elle avait l’impression d’avoir pris vingt kilos durant la nuit. Sa taille de guêpe s’était tout à coup transformée en taille de bourdon.
D r Henrire : Bon avant-midi Victoria, comment allez-vous aujourd’hui ?
Victoria : Si je suis dans votre bureau, qu’en pensez-vous ?
D r Henrire : À vous voir penchée vers l’avant à vous tenir la bedaine, laissez-moi deviner : vous attendez un bébé !
Victoria : Quoi ? Voulez-vous dire… que j’ai l’air d’une femme enceinte ? Ça se voit à ce point ? Pourtant, je fais du baladi, du Pilates et du conditionnement physique en salle alors que je déteste ça pour mourir ! Après tous les efforts que je déploie, vous trouvez aussi que j’ai pris du poids, ça paraît donc beaucoup si vous le remarquez. Ah ! Baptême !
D r Henrire : Vous voulez déjà le faire baptiser ?
Victoria : Arrêtez donc, vous là, là…
D r Henrire : Je voulais vous faire rire un peu… Sérieusement, qu’est-ce qui se passe avec ce petit ventre rond ?
Victoria : J’ai mal là, là… J’ai des crampes abdominales qui ressemblent à des contractions.
D r Henrire : Venez-vous du Lac Saint-Jean, vous là, là ?
Victoria : Bien oui, mais arrêtez donc de changer de sujet… J’ai de la misère à évacuer. J’ai le feu dans le corps, Docteur ; ça brûle dans mes intestins, et quand j’arrive sur le trône, rien ne va… La princesse a envie de crier comme une alarme. J’ai la larme à l’œil là, là, voyez-vous ? Ça pourrait éteindre le feu ! Avant d’appeler les pompiers, j’ai signalé le numéro de la clinique…
D r Henrire : Couchez-vous ici, je vais vous examiner. OK, sous mes doigts, je sens votre ventre dur comme du roc. Comment s’appelle votre mari déjà ?
Victoria : Ah ! Vous là, là… ne changez pas de sujet…
D r Henrire : Vous avez une inflammation aux diverticules, ça s’appelle une diverticulite. Vous devrez donc manger léger pendant un mois. Votre ventre va désenfler et vous vous porterez mieux. Je connais l’un de vos péchés capitaux : la gourmandise. Fini le bon vin, fini le bon fromage, finies les folies alimentaires ! Ce n’est que temporaire. Normalement, ce sont des personnes plus vieilles que vous qui ont ce problème.
Victoria : Ah ! Baptême ! Comme ça, je ne suis pas enceinte ? J’ai eu peur, car je n’ai pas eu mes règles depuis cinq mois et mon ventre ressemble à celui d’une femme enceinte de cinq mois… Un test de grossesse s’est avéré négatif, mais ma peur était tout de même présente. J’étais d’ailleurs souvent constipée durant ma grossesse à cause du fer et du calcium que je prenais en comprimés. Après avoir accouché, j’avais même fait une crise de foie. Je me demandais quelle crise je faisais cette fois. Ouf ! J’ai eu chaud ! Comme là, là, je crève ! J’ai commencé à avoir des chaleurs. L’autre jour, je me suis mis la tête dans le congélateur et une heure plus tard, dans le banc de neige après une tempête !
D r Henrire : Attendez-vous votre retraite avec impatience ? Avez-vous hâte d’avoir payé votre maison et votre auto ? Rêvez-vous souvent de déménager à la campagne ?
Victoria : Oui, c’est sûr, mais où voulez-vous en venir ?
D r Henrire : Eh bien ! Je crois que vos pensées provoquent les malaises dans votre corps. Vivez le moment présent. Cessez de penser à l’avenir sinon vous serez atteint de maladies de petites vieilles ! Pour votre guérison, je vous offre ces comprimés de suppléments de fibres à action prolongée contenant trente grammes de fibres, ce dont vous avez besoin chaque jour. Vous verrez, ils feront de petits miracles. Accompagnés de beaucoup d’eau, vous visiterez le trône sans désagrément et les pompiers resteront à la caserne. En mangeant moins, vous perdrez facilement vos kilos en trop et vous affinerez votre taille, puis si vous détestez votre entraînement en salle, vous n’aurez plus besoin d’y aller. Vous pourrez continuer de faire travailler la petite guêpe en vous en faisant du baladi, du Pilates, de la natation, de la marche et de la bicyclette ou toute autre activité que vous aimez… Je vous le garantis, tout ira mieux. Puis, pour vos chaleurs, quand votre diverticulite aura disparu, vous pourrez manger des graines de lin, mais n’oubliez pas de les moudre, sinon, vous ne vous en sortirez pas et la diverticulite reviendra !
Victoria : Hé ! Que c’est compliqué ! Docteur, dois-je moudre aussi la graine de mon mari ?
D r Henrire : Mais non ! Pas celle-là ! Pauvre de lui, s’il vous entendait ! Soyez disciplinée. Je vous donne un gros sac de graines de lin. Je vous fais confiance, Victoria, vous êtes capable de vous sortir de cette impasse.
Victoria : OK Docteur, je vais vous faire confiance aussi. Merci pour les cadeaux !
D r Henrire : Puis, je vous regarde la tête, vous êtes-vous résignée à laisser vos cheveux gris allonger à la Mozart ou c’est votre rendez-vous chez la coiffeuse qui retarde ?
Victoria : Ah ! Mes cheveux ! C’est parce que mon petit coiffeur est en vacances ! Non, je me ravise : je ne veux pas vieillir, je ne veux pas prendre ma retraite, encore moins avoir la tête toute grise.
D r Henrire : Un dernier petit présent. Je vous offre ce certificat-cadeau, une gracieuseté de la clinique. Le Salon de coiffure Tête à Tête est situé dans la bâtisse d’en face : l’essayer, c’est l’adopter. Les teintures qui sont offertes sillonnent le cuir chevelu et pénètrent mieux que les autres. C’est une nouvelle technologie révolutionnaire. Vos cheveux resteront colorés plus longtemps !
Victoria : Ah ! Vous êtes tellement généreux ! Vous avez le cœur sur la main. Je vais revenir même si vous êtes loin !
Elle se questionna en sortant du bureau. Pourquoi les hommes aux cheveux gris, quoique bedonnants, ont-ils tant de charme ? Pourquoi le même modèle au féminin est-il si horrible ? Elle s’arrêta sans avoir rendez-vous au Salon de coiffure Tête à Tête et une coiffeuse disponible fit sa coloration. Elle ne voulait surtout pas que la zone grise repousse son amoureux. Elle pourrait lui donner rendez-vous comme au bon vieux temps des adolescents qu’ils étaient lorsqu’ils se sont connus. Grâce à son petit régime, elle reprendrait aussi la taille qu’elle avait auparavant, ou du moins celle qui s’apparenterait plus à celle d’une guêpe qu’à celle d’un gros bourdon. À ce moment-là, elle pourra crier victoire.
Infection urinaire
Juliette rencontra le D r Henrire lorsqu’elle a pu avoir un rendez-vous, ce qui fut fait dès le lendemain. Ses infections urinaires répétées lui tombaient réellement sur les nerfs. Au moment où il appela Juliette, devinez où elle était ? À la toilette évidemment. Elle y passait d’ailleurs la plus grande partie de sa vie depuis un an : malgré la multitude d’antibiotiques, rien ne la guérissait de son malaise. Heureusement qu’elle avait son cellulaire tout près d’elle.
D \1 Henrire : Juliette, êtes-vous là ? Je vous attends dans mon bureau.
Dix minutes plus tard.
Juliette : Me voici, de peine et de misère. Ayoye, ayoye, ayoye ! Je n’en peux plus, Docteur, j’ai de la misère à marcher. On dirait que j’ai une aiguille qui me transperce l’urètre. Je veux que ça arrête. Que pouvez-vous faire pour moi ? Les antibiotiques ne sont d’aucune utilité.
D r Henrire : Buvez-vous du jus de canneberges ?
Juliette : Oui, j’ai l’intention d’acheter la compagnie qui en vend. Je prendrai des actions et je m’enrichirai ! J’en ai tellement bu que j’urine rouge et je vous jure, Docteur, ça sent les atocas !
D r Henrire : Oui, je vois, je comprends votre malaise. Buvez du jus de canneberges blanches, Juliette !
Juliette : Ce n’est pas drôle, je souffre énormément.
D r Henrire : Il faut vous laver les parties intimes avant d’avoir des relations sexuelles. Il faut vous laver après avoir eu des relations sexuelles.
Juliette : Pendant, quant à y être ? Où est le party intime là-dedans ?
D r Henrire : Faire l’amour dans l’eau diminuerait peut-être le risque… Sans blague, il faut éviter les positions qui appuient sur l’urètre. Voici, je vous donne un livret de postures, elles vous rendront la vie plus agréable.
Juliette : Merci pour ce cadeau !
D r Henrire : Guérir est un cadeau. Vous avez plusieurs options : soit faire le deuil de certaines positions que vous et votre conjoint affectionnez. Soit, faire chambre à part. Soit encore, garder l’abstinence. Que choisissez-vous ?
Juliette : Sûrement pas l’abstinence ! Pour remettre du piquant dans notre sexualité, nous venons de refaire la décoration de la chambre à coucher : glace au plafond, statues coquines, coussins de fourrure, draps de satin, peau d’ours et affiches folichonnes. Nous avons fait des achats de produits affriolants à la boutique érotique Kamasutra. Vous n’êtes pas sérieux, Docteur… ça nous a coûté une fortune.
D r Henrire : Alors, refaites aussi la décoration de votre salle de bain puisque vous y passez la majorité du temps tout au long de la journée ! Suivez mes conseils : jus de canneberges blanches, positions normales au lit, pas de produits parfumés, pas de protège-dessous et une bonne prière à la Sainte-Vierge chaque soir avant de vous coucher. Vous verrez. En vérité, je vous le dis.
Juliette : D’accord, j’essaierai de faire ce que vous dites, mais j’espère que vous dites vrai.
En sortant du bureau, juste à la pensée de refaire la salle de bain, elle descendit l’escalier le cœur léger comme si elle volait. Elle n’eut pas besoin d’arrêter à la toilette tant l’euphorie du moment lui changeait les idées. Elle devrait user de persuasion pour que son amoureux accepte de faire les rénovations avant qu’elle ne soit guérie totalement. Durant ce temps, la sensation de brûlure avait disparu comme par miracle. Décidément, elle se demanda si le D r Vautmieux Henrire n’était pas l’un des descendants de Jésus le Christ tout-puissant.
Mal de dos
Dominique rencontra le D r Henrire parce que son dos la faisait souffrir au plus haut point. Elle entra pliée en deux dans son bureau.
Dominique : Pas bonjour Docteur !
D r Henrire : Bonjour jolie dame. Comment puis-je vous être utile aujourd’hui ? À voir votre posture, je devine que votre dos vous fait souffrir.
Dominique : Ouais, êtes-vous un voyant vous ? Un devin ? Oui, mon dos me fait souffrir, c’est évident ! Je n’ai plus de positions et j’ai de la difficulté à dormir. J’en ai plein le dos de mon mal.
D r Henrire : Racontez-moi ce qui est arrivé.
Dominique : Bizarre ! J’ai rêvé que je faisais de l’escrime et j’ai fait un faux mouvement à la sortie du lit ! Maintenant, une épée me perce de bord en bord et me torture. Avec ce système de santé et les urgences remplies, ça prend un temps fou pour voir un médecin. Heureusement que vous êtes là, sinon, je deviendrais dingue ! J’ai la « lame » à l’œil !
D r Henrire : Dormez-vous seule ?
Dominique : Non, avec mon conjoint !
D r Henrire : Quelle sorte de matelas et quel adversaire mastodonte avez-vous dans votre chambre à coucher ?
Dominique : Pourtant, c’est une bonne marque, mais il est comme mon conjoint, un peu vieux et beaucoup moins dur qu’avant.
D r Henrire : Ça vous prend à tous les deux un bon lit d’eau ! Cela aura un effet calmant et apaisant. D’abord, vous vous achèterez une tapisserie d’un paysage marin. Ça vous fera un voyage à bas prix ! Je vous offre un CD de musique où vous entendrez le son des vagues. Au rythme des chansons, votre capitaine redeviendra jeune et dur, il sera transporté dans un voyage de l’âme au pays de la jeunesse. De plus, le matelas épousera les formes de votre corps et la chaleur de l’eau vous réchauffera les muscles.
Dominique : Je serais mariée à mon matelas et je ne le suis même pas dans la vraie vie ! Mon chum me ferait sûrement une crise de jalousie, lui qui veut que je le marie depuis des années. Puis, un autre problème, Docteur, c’est que mon Armand a le mal de mer, je pense plutôt que ça lui donnerait des vagues à l’âme. Moi, j’ai mal dans le bas du dos et lui aurait des haut-le-cœur. Docteur, croyez-vous vraiment que ça pourrait marcher votre truc ? Nous aurions l’impression d’être dans le manège « La Pitoune » à la Ronde ou sur un voilier en pleine intempérie.
D r Henrire : Si votre mari a le cœur dans la flotte, gardez dans votre commode une boîte de biscuits soda ! Ayez confiance, il s’habituera. Voici, je vous découpe la publicité du magasin Bolido et vous aurez 20 % de rabais. Il en existe sans vagues. Je vous garantis le succès, sinon vous reviendrez me voir et nous trouverons une autre solution pour vous défendre contre les maux de dos. Avant de partir, laissez-moi masser vos muscles dorsaux avec mes gants magiques.
Quinze minutes plus tard, Dominique sortit du bureau, le dos bien droit. Elle s’était confiée, elle en avait moins sur le dos et sur les épaules ; elle se sentait légère. Elle avait aussi grandi de deux centimètres ! Elle mit ses mains dans ses poches et sentit quelque chose de doux et de chaud qui l’enivrait. C’étaient les gants magiques du D r Henrire ; elle les essaya et sentit ses mains se réchauffer instantanément. Elle se dit qu’avec ces gants et les conseils de son médecin adoré, plus jamais elle n’aurait mal au dos. Elle avait déjà hâte que son mari s’en serve pour elle et elle pour lui. Elle irait même jusqu’à les utiliser pour masser sa partie proéminente dans leur nouveau lit, histoire de faire monter sa libido d’un coup sec, et ce ne serait pas un coup d’épée dans l’eau !
Pilosité et corps multicolore
Andrée entra chez le médecin de mauvais poil. Elle semblait très découragée. Elle portait un foulard de soie à la manière des Afghanes et le D r Vautmieux Henrire ne la croyait pas quand elle s’est prétendue québécoise. Il ne l’avait pas reconnue immédiatement, lui qui reconnaît chacune de ses clientes d’habitude.
Andrée : Bien sûr que je suis Québécoise. Je porte ce foulard parce que… j’ai le visage tout velu. Hier, devant mon miroir, j’ai mis ma poudre translucide quotidienne. Je me suis regardée de côté et j’ai vu des centaines de vilains poils poudrés qui se pointaient tels des piquants de cactus. Je me suis demandé si je n’étais pas devenue un homme subitement ou, pire encore, si je ne m’étais pas transformée en loup-garou ! J’ai de la barbe et ce n’est pas la barbe à papa sucrée de ma jeunesse.
D r Henrire : Vous devrez vous raser dorénavant, comme votre mari.
Andrée : Pas plus tard qu’hier, mon mari, si charmant, a osé me dire qu’il avait remarqué mes poils depuis un sacré bout de temps sans oser m’en parler. J’avais bien observé qu’il laissait traîner chaque matin son rasoir espérant que les lames subliminales éveilleraient ma conscience. Que se passe-t-il dans mon système ?
D r Henrire : En vieillissant, les hormones mâles ou androgènes se battent contre les hormones femelles. Pas du tout gênées, celles-ci se bataillent pour avoir la meilleure place. Comme en grammaire, il semble que le masculin l’emporte. Ce n’est pas grave, une esthéticienne de l’Institut de beauté Face à Face vous fera sûrement une épilation au laser qui enlèvera ce désagrément. Nous les hommes, en prenant de l’âge, c’est dans le nez et les oreilles que les poils poussent et nous ne faisons pas de drames avec ça. Ce sont nos femmes qui en font ! La mienne me court après avec ses ciseaux pointus et sa pince à sourcils transformée pour l’occasion en pince à poils ! Voici un bon de réduction qui vous fera économiser la moitié du prix. Profitez-en pour prendre soin de vous !
Andrée : Merci ! Mais, ce n’est pas tout, Docteur, j’ai aussi d’autres désagréments : j’ai des poils qui me poussent sur les gros orteils. L’autre jour, je pensais que j’avais une minuscule araignée sur le pied, moi qui souffre d’arachnophobie. J’ai crié comme une cinglée qui aurait vu une énorme tarentule ! Puis, regardez mes sourcils, jamais de ma vie je n’ai eu à les épiler et là, les voilà qui poussent tout ébouriffés. Ils allongent et blanchissent comme mes cheveux alors que je perds mes cils. Sans cette protection, j’ai tout le temps de la poussière dans les yeux. Puis, observez mon dessous de nez, mon menton et même mon cou : j’ai des poils qui les habitent, je ne comprends plus rien maintenant. J’en ai aussi qui poussent sur mes seins. Ils sont tellement drus qu’ils sortent à travers mon soutien-gorge de dentelle et percent ma chemise de coton. De plus, mes poils pubiens blanchissent. Une chance qu’ils restent frisés, eux. Ils ne risquent pas de sortir à travers mes vêtements. Je me teins les cheveux depuis quelques années, mais là je ne suis tout de même pas pour me teindre les sourcils et les poils pubiens !
D r Henrire : Bien sûr, des spécialistes de la beauté vont vous arranger ça, ne vous en faites pas ! C’est normal qu’en vieillissant, tout blanchisse ! Vous n’avez qu’à traverser la rue pour prendre rendez-vous et vous retrouverez votre élégance d’antan.
Andrée : Faux ! Regardez-moi les dents ! Ce n’est pas blanc, ça. Mes cheveux grisonnent et tous les poils de mon corps blanchissent, mais pas mes dents, elles jaunissent ! Je ris jaune, Docteur. Ma peau rougit, elle porte des taches brunes au visage et aux mains ; j’ai souvent des blancs de mémoire. J’ai beau faire travailler ma matière grise, j’oublie tout ! Mes jambes ne sont pas blanches : elles sont mauves et quand je mets de la crème autobronzante dessus, elles deviennent beige pâle… puis j’ai le dedans des mains orange ! Vous remarquez bien que je deviens multicolore en vieillissant ! Des fois, j’ai le teint vert et je broie du noir. Une chance que je suis un cordon-bleu, cette couleur étant la seule que je porte et qui me va à ravir ! J’aimerais ça voir la vie en rose ! Puis, regardez mes cicatrices laissées par des blessures mineures ; avant, elles s’en allaient, mais maintenant, on dirait qu’elles ne partent plus. Fidèles marques du temps, elles restent indéfiniment collées sur mon corps. Elles me démontrent que vieillesse s’est installée. L’âge d’or a pris demeure.
D r Henrire : Écoutez, la beauté d’une femme réside en son bon cœur et votre bonté n’a pas changé de couleur. Tout change, tout est en mouvement. Acceptez ces changements qui font partie de la vie et qui constituent une justice noble pour tous. Sinon, l’esthéticienne peut vous aider, la coiffeuse peut vous secourir, le dentiste aussi peut vous rendre service, mais c’est votre attitude et vos pensées qui vous transformeront le mieux. Enlevez votre voilage et affirmez votre pilosité faciale qui est la vôtre et pas celle d’une autre ! Affichez vos vraies couleurs ! Acceptez-vous telle que vous êtes. Réfléchissez et vous verrez autre chose que des poils incongrus en vous regardant dans le miroir. Je vous offre ce miroir pour que vous vous trouviez belle et colorée. Vous vivez ! Quand la mort s’emparera de votre corps, vous serez poussière grise !
Andrée : Je déteste cette couleur. À partir d’aujourd’hui, je vous promets de voir la vie à travers un kaléidoscope !
En sortant du bureau, Andrée se regarda dans le miroir et elle vit dans le coin gauche, en tout petit, la face gravée de Docteur Henrire qui lui faisait un clin d’œil afin qu’elle se rappelle chaque jour du beau message d’espoir qu’il lui avait transmis à ce moment-là. Ses joues rosirent et elle fut heureuse de l’image que lui rendait fièrement la glace. Il valait mieux qu’elle voie la vie en couleurs plutôt qu’en noir et blanc. Elle décida de recommencer à peindre. Elle se rappelait qu’en étant créative, elle était transportée dans un état d’enchantement. Le temps avait le pouvoir de s’arrêter lorsqu’elle peignait. Elle fit comme le temps, elle s’arrêta s’acheter de nouveaux tubes de peinture aux couleurs variées.

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