Mademoiselle Tic Tac, Tome 3 : Les Jeux d adresse
156 pages
Français

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Mademoiselle Tic Tac, Tome 3 : Les Jeux d'adresse , livre ebook

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Description

La Californie. Tout le monde en rêve… sauf Elsa. Le jour où Florent lui annonce qu’il a accepté un emploi à San Francisco, son univers bascule. Quoi? Elle, chez les mangeurs de hamburgers? Parmi les surfeurs et les plantureuses blondes en bikini? Sans ses amis et sa famille pour la soutenir?
Elsa accepte à contrecœur de partir. Elle ne se doute pas que le choc culturel sera encore plus fort que prévu, et qu’entre le brouillard de San Francisco, les absences de Florent et les conseils de ses amis du Québec, elle perdra vite le nord. Pendant que son grand Français s’adapte comme un champion à la vie californienne aux côtés de sa superbe collègue Jessie, Elsa devra quant à elle trouver sa propre manière d’entrer dans le grand rêve américain. Au cœur de la plus sexy des villes de l’Ouest, les moyens pour y arriver seront tout aussi loufoques qu’inattendus!

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 mai 2014
Nombre de lectures 5
EAN13 9782764426968
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0650€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

De la même auteure

Miroirs , collectif, VLB éditeur, 2013.
Les charmes de l’impossible Éditions Druide, 2012.
Mademoiselle Tic Tac, Tome 2 – Les Montagnes russes , Éditions Québec Amérique, coll. Tous Continents, 2010.
Mademoiselle Tic Tac, Tome 1 – Le Manège amoureux , Éditions Québec Amérique, coll. Tous Continents, 2009.
Myriam Fontaine, Québec 2035 , Éditions Caractère, 2007.
Neuf, journal d’une grossesse , Éditions Caractère, 2006.


Projet dirigé par Marie-Noëlle Gagnon, éditrice

Conception graphique : Sara Tétreault
Mise en page : André Vallée – Atelier typo-Jane
Révision linguistique : Line Nadeau et Isabelle Rolland
Montage numérique : Francis A. Beaupré
Illustration en couverture : Paule Thibault

Québec Amérique
329, rue de la Commune Ouest, 3 e étage
Montréal (Québec) H2Y 2E1
Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour nos activités d’édition.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien. L’an dernier, le Conseil a investi 157 millions de dollars pour mettre de l’art dans la vie des Canadiennes et des Canadiens de tout le pays.
Nous tenons également à remercier la SODEC pour son appui financier. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.



Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Glorieux, Karine
Mademoiselle Tic Tac (Tous continents)
Sommaire : t. 3. Les jeux d’adresse.
ISBN 978-2-7644-1229-9 (v.3) (Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-2695-1 (PDF)
ISBN 978-2-7644-2696-8 (ePub)
I. Titre. II. Titre : Les jeux d’adresse. III. Collection : Tous continents.
PS8613. L67M32 2009 C843΄. 6 C2009-941258-6 PS9613. L67M32 2009

Dépôt légal : 2 er trimestre 2014.
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés

© Éditions Québec Amérique inc., 2014.
www.quebec-amerique.com


One day if I go to heaven, I’ll look around and say, “ It ain’t bad, but it ain’t San Francisco.”

Herb Caen
À mes Californiennes







MONTRÉAL. Janvier.
A ssis sur le divan brun du salon, Florent et moi plions une monstrueuse pile de vêtements en regardant les nouvelles. À côté de nous, une bouteille de vin presque vide et deux boîtes de Kleenex, également presque vides, montrent nos efforts dérisoires pour résister aux méfaits de l’hiver québécois. Nous sommes blêmes et cernés. Seul notre nez, à vif, est rouge. Au-delà de notre salon, il fait froid, très froid. Comme si nous risquions de l’oublier, une pub d’assurance automobile interrompt le téléjournal et présente la situation désespérée d’un homme coincé dans sa voiture au cœur d’une tempête de neige. Mon amoureux appuie sur Mute au moment où une musique céleste s’élève tandis que les phares d’une dépanneuse percent l’obscurité parsemée de flocons. Il se tourne vers moi.
— Elsa, j’ai quelque chose à te dire…
À son ton sérieux, mes signaux d’alarme s’allument aussitôt.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Je…
Il hésite, passe la langue sur ses lèvres gercées. Pas de doute, l’heure est grave.
— Je vais être buté.
Je fronce les sourcils. Buté ? Mais… De quoi il parle ?
— Comment ça, tu vas être buté ? Tu… tu as des problèmes de jeu ? de drogue ?
Il se mouche bruyamment. Inspire un bon coup. Le nez à peu près débloqué, il réussit à articuler :
— M-m-m-muté. Je vais être muté.
Je le dévisage avec de grands yeux étonnés, pas trop certaine de la réaction à adopter. Puis, lentement, un sourire se dessine sur mes lèvres alors que je résous l’équation logique découlant de cette information.
1 (Florent est muté) + 1 (Le siège social est à Paris) = Nous déménageons à Paris !
Paris. Ses boutiques, ses musées, ses cafés.
Paris…
Florent, visiblement soulagé que je me réjouisse de la nouvelle, esquisse à son tour un sourire.
— Et devide où est le poste ?
— À PARIS !
— Don . Beaucoup bieux que ça !
Son sourire s’élargit de quelques centimètres tandis que le mien disparaît. Qu’est-ce qui peut être mieux que Paris, franchement ? Je ne vois pas.
— C’est où ?
— En Califordie !
Florent jubile.
— C’est gédial , hein ? Il fait chaud toute l’ addée en Califordie !
Il se mouche de nouveau et, comme si la conversation était close, remet le son de la télévision.
Dans mon esprit, Paris, ses boutiques, ses musées et ses cafés s’évaporent, remplacés par une série de Pamela Anderson bronzées buvant de la Coors light. Je secoue la tête. Non, j’ai dû rêver. Mon grand Français ne peut pas vouloir partir en Californie, voyons. Il a du mal à comprendre l’accent du Saguenay et ne parle pas plus l’anglais que le pachtou. Qu’est-ce qu’il pourrait bien aller faire là-bas ? Sa compagnie a décidé d’abandonner l’informatique pour se lancer dans l’impression de t-shirts tie-dye ? Son patron veut l’embaucher pour ramasser les poubelles ? Ça m’étonnerait. D’ailleurs, Florent sait très bien qu’à moins d’avantages marginaux très intéressants, JAMAIS je ne quitterai mes amis et ma famille, mon boulot, MA vie pour le suivre à l’étranger. Quelques mois en France, dans un lieu civilisé et francophone, à la limite, ça aurait pu passer. Mais déménager chez les mangeurs de hamburgers ? Dans ce pays où l’on achète son arme semi-automatique en même temps que sa pinte de lait au dépanneur du coin ? Nenni. En plus, mes seins sont beaucoup trop petits pour que je survive sur une plage californienne.
Je préférerais mourir plutôt que d’aller traîner en bikini à Santa Monica !
À la télévision, comme pour me donner un argument additionnel, un reporter annonce une fusillade dans un supermarché de Los Angeles. Dans un endroit très lointain, où je n’ai pas l’intention de mettre les pieds.
— Florent, je n’irai jamais en Californie.






« Ça va aller, chéri ? » Florent, les traits tirés, les yeux rouges, ne me répondait pas. Il regardait au loin, l’air aussi désespéré que s’il était un superhéros à qui l’on venait d’enlever ses superpouvoirs. J’ai soupiré et la vapeur s’échappant de mon nez a formé un petit nuage qui m’a rappelé que ma dernière cigarette remontait à plusieurs heures. J’ai soupiré de nouveau. Il faisait froid, autant que la veille et l’avant-veille, l’hiver à son meilleur ou à son pire, éternel, de la neige sale partout et des courants d’air glaciaux s’insérant dans les interstices de nos manteaux. Je rêvais d’un vin chaud à la cannelle devant un feu de foyer, d’une peau d’ours dans un chalet de bois rond. Mais l’endroit où nous nous rendions n’avait rien à voir avec ça. J’ai jeté un coup d’œil rapide au grand mur de pierre gris, hostile, en me demandant si quelqu’un avait pensé à allumer le chauffage. Puis, tête basse, joues brûlantes, j’ai entraîné Florent dans l’église.
Une fois à l’intérieur, j’ai ouvert le caban de mon amoureux et essayé de replacer sa cravate, constatant au passage que, malgré les années et la pratique, je n’arrivais toujours pas à la nouer convenablement – pas plus que je ne savais me maquiller, d’ailleurs, ou agencer les couleurs de mes vêtements. Découragée, j’ai haussé les épaules : n’était-ce pas là la preuve irréfutable que nous ne serions jamais riches et célèbres ? Car c’est assurément ce type de détail qui arrête les investisseurs et freine l’ardeur des banquiers. Après avoir fait un désastre du nœud de cravate de Florent, j’ai tout de même ajouté une bonne couche de vaseline sur m

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