Les nouveaux potagers
170 pages
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Les nouveaux potagers , livre ebook

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Description

Cet ouvrage vous propose de découvrir toutes les nouvelles pratiques au potager et vous donne toutes les clés pour les mettre facilement et rapidement en œuvre.
Certains jardiniers conduisent leur potager sans travail du sol, d’autres montent des carrés de culture surélevés, d’autres encore mettent en place des buttes. Là où la terre vient à manquer, s’implantent des cultures sur paille, en lasagnes ou en bacs. Enfin, les cultures potagères sous abri – serre ou serre tunnel – permettent d’élargir les périodes de mise en culture et les récoltes.
Quelle que soit la méthode utilisée, ces nouveaux potagers, qui respectent les principes du jardinage au naturel, vous simplifieront la vie, vous feront gagner du temps et vous donneront des cueillettes toujours plus diversifiées, plus abondantes et plus savoureuses !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 janvier 2016
Nombre de lectures 120
EAN13 9782815307543
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0090€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Avant-propos
Des potagers traditionnels…
Conduits en pleine terre et régulièrement fumés, les potagers traditionnels se cultivent habituellement en rangs uniformes. Ce sont des jardins tout à fait respectables, pas forcément menés de façon antinaturelle, la plupart se passant même aujourd’hui d’apports de synthèse, tant en engrais qu’en produits phytosanitaires. Installés là où « le fond manque le moins », dans les zones rurales ou rurbaines – mi-rurales mi-urbaines –, ces jardins bénéficient généralement de sols riches et régulièrement amendés depuis des décennies. Ce qui facilite évidemment les choses, la qualité de la terre restant, toujours et partout, le premier facteur de réussite en jardinage.
Si les plantes se nourrissent autant – et même plus – à partir de l’atmosphère, c’est sur le sol (ou sur ce qui en tient lieu dans le cas d’une culture hors-sol) que se portent depuis toujours les efforts du jardinier. Historiquement, les hommes se sont installés sur les meilleures terres. Ce qui explique que les terres de jardins des grandes agglomérations sont rarement « mauvaises » au sens strict ; de même dans les petites villes et les villages, où les nouveaux lotissements se sont généralement établis là où existait jadis un maillage dense de jardins de périphérie, voire de zones maraîchères.
Et quand l’excellence n’est pas au rendez-vous, il y a moyen d’y remédier. Au-delà des fumures classiques, trois techniques traditionnelles permettaient – et permettent toujours – à des sols « pauvres » d’acquérir les qualités agronomiques souhaitées : le marnage, le chaulage et le compostage. Le premier, épuisant pour celui qui le mettait en œuvre (« marner » désigne encore aujourd’hui le fait de se livrer à un travail éreintant) consistait en épandages de mélanges naturels d’argile et de calcaire. Le chaulage concerne essentiellement les terres « acides » (pH inférieur à 6,5) et relève d’un épandage de chaux de diverses origines. Le compostage met à profit des matières organiques et minérales apprêtées et fermentées.
Les potagers n’ont pas oublié ces anciennes façons de faire et le compostage en particulier reste aujourd’hui plus que jamais une façon très répandue de recycler les déchets végétaux pour disposer des matières organiques nécessaires – d’autant plus indispensables que les amendements traditionnels comme les fumiers sont de plus en plus difficiles à se procurer, en particulier aux abords des grandes villes.
Les cultures se succèdent habituellement dans ces potagers en une rotation immuable qui optimise l’alimentation minérale des plantes, améliore la structure du sol et minimise les attaques d’insectes et autres ravageurs. Découpé en autant de parcelles que d’années de rotation envisagées – trois, quatre, cinq années ou plus –, le jardin accueille traditionnellement sur la première sole, la seule à être fumée, poireaux, choux, pommes de terre, betteraves, céleris, concombres, courges, courgettes et tomates ; sur la deuxième parcelle sont cultivés carottes, panais et salsifis ; sur la troisième, salades, poirées, épinards et le fenouil bulbeux ; sur la quatrième, oignons, ails et échalotes ; sur la cinquième, fèves, haricots, pois… Chaque culture est décalée au printemps suivant sur la parcelle qui la jouxte, et ainsi de suite.
… plus si traditionnels que ça
Mais ces potagers traditionnels se sont octroyé beaucoup de libertés, parfois jusqu’à s’émanciper radicalement de façons de faire souvent ancestrales. Plus de traitement : le jardinier se contente de passer un accord tacite avec les ravageurs et les parasites qu’il ne cherche plus à détruire mais à « apprivoiser ». L’agronomie contemporaine ayant mis à jour la dynamique biologique des sols – partant leur fragilité –, leur travail se fait plus en douceur, conduisant du sévère bêchage à la simple aération du sol à l’aérabêche (même si certaines préparations « lourdes » peuvent encore s’imposer lors de la remise en culture de certaines terres compactées ou maltraitées). Plus généralement, les outils à dents – fourches-bêches, aérabêches, griffes – remplacent les outils tranchants – bêches et binettes. De fait, jardiner aujourd’hui, c’est aller au plus simple et pactiser avec le sol, les plantes et la nature en général plutôt que de les combattre, « faire le maximum avec et le minimum contre » selon la formule de Gilles Clément. Jusqu’aux rotations qui se font de façon moins formelle au fur et à mesure que s’élargissent les gammes de plantes cultivées.
Les potagers « nouveaux »
Mais cela ne suffit plus ! Les jardiniers ont quitté la campagne pour s’installer en ville. Les terrains se rapetissant et les terres facilement cultivables se faisant plus rares, de nouvelles habitudes de cultures cèdent la place aux anciennes. Certains de ces « nouveaux » potagers sont éphémères, d’autres ont vocation de durer. Tous cependant s’efforcent de travailler au plus près des acquis et connaissances actuelles, tant agronomiques que botaniques.
Parmi ces nouvelles façons de conduire son potager, certaines sont radicalement différentes des anciennes et se passent totalement du sol en place (potager en bacs ou sur bottes de paille). D’autres, plus conciliantes, consistent en de simples adaptations à des conditions de culture peu propices au jardinage (potager sur buttes, sur lasagnes ou en carrés). La vulgarisation de la serre ou de la serre tunnel (potager sous abri) permet un élargissement des récoltes en optimisant l’énergie naturelle diffusée par le soleil. Enfin, les derniers acquis en physiologie végétale et en agronomie ont conduit vers une façon originale de cultiver les légumes et les condimentaires, calquée sur l’évolution naturelle d’un espace boisé et très économe d’un point de vue énergétique (potager sous couvert permanent).
Mais êtes-vous vraiment obligé de choisir ? Vous pouvez tout à fait combiner deux ou plusieurs façons de faire, potager en buttes et sous couverture permanente, par exemple. Tout votre jardin pourra passer « en carrés » ou vous pourrez faire de ceux-ci un simple complément à un potager conduit de façon plus orthodoxe. En se cantonnant aux légumes et plantes condimentaires délicats, une culture en bacs peut compléter un potager sous couvert permanent. Les pots et les bacs cultivés sur terrasses ou balcons peuvent être « avancés » en serre ou sous véranda. Après une culture de légume sur paille, celle-ci sera récupérée et utilisée en paillis sur un potager traditionnel alors qu’une culture sur lasagnes introduira à bon compte un potager sous couverture permanente.
Robert Elger

Qu’est-ce qui change au potager ?
Cultiver des légumes et des plantes condimentaires, c’est répondre au mieux à leurs besoins et les aider à trouver leur place dans leur environnement – substrat de culture et climat. Quel que soit le type de potager, le but poursuivi est toujours le même : parvenir à un équilibre productif du vivant, plantes cultivées, organismes utiles – et même, ici, nécessaires – et parasites, tant sur le sol que sous la terre.
Plus l’espèce cultivée est récente d’un point de vue évolutif, plus sa dépendance à son environnement est forte, du fait même de la co-évolution de plus en plus poussée du monde végétal et animal au sens large, jardinier compris. Ce qui distingue ces nouveaux potagers, qu’ils soient menés sous couvert permanent, sur butte, sur lasagnes, en carrés, sur bottes de paille, sous abri ou simplement en bac sur terrasse – ou tout autre méthode assimilée, spirale, agroforesterie, keyhole garden, etc. –, c’est que leur mise en œuvre requiert une synergie forte entre les nouvelles connaissances tant agronomiques que botaniques, et l’imagination et le savoir-faire des jardiniers.
Une nouvelle approche du sol
Du substrat inerte au support organique
Le sol cultivé naît d’une contribution double, celle de la roche mère – à l’origine, granitique, calcaire, volcanique, etc. – et des végétaux qui y poussent. D’abord transformé par des agents physiques comme l’eau, les vents, les gels et dégels, son évolution est largement tributaire dans un second temps des divers agents biologiques. Évoluant lentement, il a longtemps été perçu comme inerte. Pourtant, même s’il ne se forme qu’entre 1 et 3 mm de terre tous les 500 ans, le sol est bien un « organisme ingénieur » : la terre crée la terre. Cette double origine du sol, minérale (roche mère) et organique (litière apportée par les plantes), conditionne pour une large part son devenir, tant à l’état naturel que dans un jardin cultivé.
Le minéral et l’organique
Toutes les terres sont formées de petits granulés. Le

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