L argent dans le foot
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Description

Le football moderne donne le tournis. Valse des salaires, valse des transferts, des joueurs, des entraîneurs, des propriétaires… François Mazet vous invite à voyager dans l’arrière-boutique du foot-business, où règnent les agents, les businessmen, les politiques, et parfois des mafias trop heureuses de récupérer une part du gâteau via la corruption et les paris truqués.

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Informations

Publié par
Date de parution 15 mai 2012
Nombre de lectures 6
EAN13 9782363150738
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0010€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L'Argent dans le foot
François Mazet
ISBN 978-2-36315-196-4

Mai 2012
Storylab Editions
30 rue Lamarck, 75018 Paris
www.storylab.fr
Les ditions StoryLab proposent des fictions et des documents d'actualit lire en moins d'une heure sur smartphones, tablettes et liseuses. Des formats courts et in dits pour un nouveau plaisir de lire.

Table des mati res

Le mot de l'éditeur
Note de l'auteur
L'ARGENT DANS LE FOOT
Un joueur de football est un cheval de course comme un autre
Marché des transferts, agents et roi de la com’
Des bilans comptables à faire passer la Grèce pour une économie vertueuse
Qatar football club
La guerre des équipementiers
FIFA business
Pariera bien qui rira le dernier
Footballeur et role model
Apprendre à gérer son image dès son plus jeune âge
Annexes
En bref
Pour aller plus loin
Lexique
Biographie
Dans la m me collection
Le mot de l'éditeur
Le football moderne donne le tournis. Valse des salaires, valse des transferts, des joueurs, des entraîneurs, des propriétaires. Les clubs changent de mains, comme le Paris Saint-Germain passé à celles du fonds souverain du Qatar : une marque de « soft power » pour la monarchie du Golfe, qui compte se mettre au premier plan pour légitimer « sa » Coupe du monde en 2022. Diffuseurs, milliardaires, fonds d’investissements, équipementiers, se livrent à une lutte sans merci pour contrôler l’image du football, ce sport universel, trait d’union culturel entre tous les continents. Que trouve t-on de commun à Londres, L.A, Tokyo, Bangkok ou Bamako ? Des maillots, des idoles, un ballon en cuir ou en chiffon. Des marques : Real Madrid, Manchester United, David Beckam...
Du football au business, François Mazet vous invite à voyager dans l’arrière-boutique, où règnent les agents, les businessmen, les politiques, et parfois des mafias trop heureuses de récupérer une part du gâteau via la corruption et les paris truqués.
Note de l'auteur
Grandir pendant les années Tapie, c’est voir le foot comme il devrait être. Le début des années quatre-vingt-dix, Marseille hégémonique sur la scène française, rêve de sacre européen. Son président est atypique, une grande gueule qui mélange allégrement football, business et politique. Mais ça, tous les fans de l’OM s’en fichent, surtout les gamins comme moi. Sur le terrain, ce sont les « papinades », le néologisme attribué au geste racé du buteur Jean-Pierre Papin, les crochets d’Abedi Pelé, les louches de Waddle, la coupe mulet de Pascal Olmeta. Des exploits, des gueules, un maillot blanc immaculé, un peuple en fusion derrière son équipe. Regarder les années Tapie dans le rétro lorsque l’on est journaliste, c’est voir le graissage de patte des agents, les petits cadeaux aux amis, les pressions, les coups fourrés, le copinage avec les autorités, les soupçons de dopage. Le football appartient désormais à la sphère financière. Certains prédisent l’explosion d’une bulle spéculative du ballon rond. En attendant de voir qui sont les produits toxiques et les actifs viables, plongeons dans quelques travers du foot business et des lois qui le régissent.

François Mazet
L'ARGENT DANS LE FOOT
Aucun d’entre eux n’a finalement signé au Paris Saint-Germain. David Beckham, Pato, Kaká, Carlos Tévez. Soient un Ballon d’or, le meilleur vendeur de maillots au monde et deux autres joueurs de classe internationale. Nous ne les verrons pas sur les pelouses de Ligue 1, malgré les moyens financiers dont dispose le PSG depuis son rachat l’été dernier par un fonds qatari. Du moins pas avant le prochain marché des transferts. Mais pourquoi ces joueurs ont-ils choisi de ne pas rejoindre un club aux moyens financiers désormais quasiment illimités, et refusé des émoluments mirobolants ? Certains observateurs ont finalement conclu que « l’argent ne faisait pas tout », et que le « projet collectif » et le « challenge proposé » restaient les premiers critères du choix sportif. En réalité, ces transferts ont avorté car les clubs, comme les joueurs, défendent strictement leurs intérêts financiers.

Prenons le cas de Carlos Tévez. « L’Apache », le surnom dont il a hérité en référence au quartier très pauvre de Buenos Aires dans lequel il a grandi, avait le choix entre trois offres pour quitter Manchester City, club auquel il appartient toujours mais dont il ne porte plus le maillot depuis septembre 2011 et son clash avec l’entraîneur Roberto Mancini. Pourquoi ne pas venir à Paris ? Ou au Milan AC ? Ou à l’Inter ? L’homme peut faire banquette l’esprit serein. Son salaire : 833 000 euros par mois, avec 3 millions de primes par an et 2,4 millions d’euros de contrats publicitaires. Pour bouger, Tévez aurait réclamé de maintenir son niveau de vie : dix millions de salaire net par saison. Exorbitant, alors même que son intérêt sportif lui commandait de changer de club pour gagner du temps de jeu. Tévez s’est lancé dernièrement dans une opération de « grand pardon », destinée à lui permettre de refouler la pelouse et de maintenir sa cote. En Argentine, de par ses origines très modestes, Carlitos est l’idole de la plèbe. En Europe, il est le symbole du mercenariat et de la course au carnet de chèques. Son cas est un exemple caricatural des dérives du foot business .
Un joueur de football est un cheval de course comme un autre
Tévez est né à Fort Apache, un coupe-gorge de la capitale argentine qui a pris la vie de son père alors que Carlos n’avait que cinq ans. « Sans le football, j'aurais terminé comme beaucoup d'enfants de mon quartier. Je serais mort, ou en taule, ou drogué quelque part dans la rue » , a-t-il confié à la revue socioculturelle La Garganta Poderosa . Ou ramasseur de cartons, comme tant d’autres gamins de son quartier.
Mais le foot en a décidé autrement. Par un inconscient esprit de revanche, la carrière de Carlos Tévez s’est résumée à emmagasiner du cash. À vingt-et-un ans, l’âge où les autres grands espoirs du pays tentent leur chance en Europe, Tévez signe en 2005 aux Corinthians de São Paulo en compagnie de Javier Mascherano, autre pépite du foot albiceleste. Un choix de carrière peu banal. Pourquoi ? Parce que les deux joueurs sont alors la propriété non pas de leur club, mais de fonds d’investissements. Tévez est co-détenu par Media Sports Investments et Just Sports Incorporation, deux sociétés offshore spécialisées dans l’achat des droits de sportifs. MSI et JSI « acquièrent » Tévez comme une entreprise achète une machine. Pour un prix de vingt-deux millions d’euros… Mascherano, lui, devient propriété commune de Global Soccer Agencies Limited (GSA) et Mystere Services Limited (MSL). Les deux joueurs sont ensuite « mis en location » dans des clubs. Après les Corinthians, ce sera West Ham United, une taule de seconde zone du championnat anglais. Un procédé qui finira par choquer : pour avoir enfreint les règles sur les transferts en alignant Tévez et Mascherano, dont il n’est pas propriétaire, West Ham est condamné à une amende de cinq millions de livres. Le club doit par ailleurs s’engager à dédommager Sheffield United, son adversaire malheureux pour le maintien en Premier League cette saison là (2006-2007).

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