Petites aventures drolatiques et vagabondes
176 pages
Français

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Petites aventures drolatiques et vagabondes , livre ebook

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Description

Petites scènes pleines d'humour et parfois d'humeur, brèves chroniques du quotidien d'un marcheur, Petites aventures drolatiques et vagabondes va d'une drôle de rencontre à une autre sur les sentiers de notre vieux continent. L'auteur et son épouse ont effectué de longs périples à pied atteignant parfois un millier de kilomètres ou plus, en France d'abord, puis en Espagne, en Italie... sur les chemins d'Europe.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 novembre 2014
Nombre de lectures 21
EAN13 9782336361512
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Denis Boulbès
Petites aventures drolatiques et vagabondes
Un couple de randonneurs sur les chemins d’Europe
Les impliqués É d i t e u r
Les impliqués Éditeur
Structure éditoriale récente et dynamique fondée par les éditions L’Harmattan, cette maison a pour ambition de proposer au public des ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines des sciences humaines et de la création littéraire.
PETITES AVENTURESDROLATIQUES ET VAGABONDES
© Les impliqués Éditeur, 2014 21 bis, rue des écoles, 75005 Paris www.lesimpliques.fr contact@lesimpliques.fr ISBN : 978-2-343-04163-6 EAN : 9782343041636
Denis BOULBÈS
Petites aventures drolatiques et vagabondes * Un couple de randonneurs sur les chemins d’Europe Les impliqués Éditeur
Du même auteur :
Jeux de billes Creacop 1985La clef des chemins - Le tour de France buissonnier d’un couple de randonneursAtlantica (Sauve Terre) 2002 Les pèlerins de CompostelleLa Martinière (Les voix de la de sagesse) 2004 Les moyens du bordCheminements 2006 Paroles de marcheAlbin Michel (Carnets de sagesse) 2011La marche sur les cendresL’Harmattan (Vivre et l’écrire) 2011 Mais la pluie…TheBookEdition (Arabesque) 2011 Mais les mots…TheBookEdition (Arabesque) 2012
Pedibus cum jambis ! Du latin de cuisine pour dire que Lisa et moi sommes des marcheurs. Et en marchant on fait des rencontres ! Des rencontres ! C’est la rengaine du pèlerin, le leitmotiv du récit de randonnée. Certes. Plus les problèmes d’intendance, qui vont du temps qu’il fait à l’état des chemins en passant par la difficulté à se loger pour finir par les problèmes de santé, la diarrhée en tête, si j’ose dire. Plus la beauté des paysages et des monuments, « d’une beauté à couper le souffle », ça va de soi, et les bénéfices de l’effort doublé de méditation ouvrant l’accès à « une profonde paix », « une élévation spirituelle », allant jusqu’à l’oxymore : « une profonde élévation », sans passer à côté des sœurs bonnes à tout vouloir signifier, « l’ascèse » et « l’initiation ». Et il y a abondance des dits récits, la plupart du temps édités à compte d’auteur, ce qui n’est que justice au vu de leur qualité littéraire. Une liste non exhaustive établie par mes soins en répertorie environ cinq cents (en français), dont près de trois cents pour le seul pèlerinage à Compostelle. Donc l’apogée, que dis-je l’apogée : l’acmé de la randonnée, son climax me souffle Lisa qui a des lettres modernes, c’est la rencontre. Huit fois sur dix pleine de générosité, de fraternité, de simplicité, d’amitié, de sagesse et tout et tout. Les meilleures mettent en présence la richesse et la pauvreté, l’occidental saturé de biens de consommation, celui qui tient le stylo, et l’indigent qui vit de trois fois rien, celui qui donne le peu qu’il a. Le pittoresque de la misère. Chanson connue, toute honte bue.
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L’inverse, le récit du dénuement, ça ne s’appelle pas de la randonnée, ça s’appelle de la clochardisation ou de l’immigration clandestine. Les manuscrits se trouvent dans les Préfectures.
Ne dénigrons personne : tout est dans tout et réciproquement, comme le soutenait le très antique et très sérieux philosophe Mordicus d’Athènes dont Pierre Dac mit à jour la stèle funéraire portant l’inscription : « Ici repose, dans la paix des dieux de l'Olympe, Mordicus d'Athènes, l'illustre philosophe ivrogne athénien, fondateur de l'Ecole éthylique, 328 - 244, au fond de la cour à droite avant l'ère chrétienne. » Nous, prétendant ne pas être comme tout le monde, nous sommes aussi toutes celles et tous ceux-là, comme toutes celles et tous ceux-là sont nous. CQFD.
Nous, préférant marcher seuls, plus de trente-cinq ans de randonnées, plus de trente-cinq mille kilomètres sous les semelles, nous, entre nous, on s’est le plus souvent contenté de nous et de notre dialogue jamais tari. N’empêche qu’on en a eu notre content de ces fameuses rencontres, dont il faut dire que leur sel tient plus à la surprise ou à la nouveauté qu’elles apportent au répétitif quotidien du marcheur loin de ses bases qu’à leur véritable assaisonnement. La fatigue et la difficulté poussent à découvrir de l’extraordinaire dans l’autre, l’étrange étranger. L’herbe est plus verte quand on met le pied dans le champ du voisin. Juste une histoire d’ego qui bourgeonne en essayant de se faire reconnaître et de subjectivité qui mitonne la réalité à sa sauce.
Un familier nous a suggéré d’en rapporter le best-of. Le best-of, my God ! D’accord, mais le petit Français qui du coup se réveille en moi le nommera florilège, je vous ferai dire.
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Alors il a fallu rassembler des notes dispersées ici et là dans les carnets, puis sélectionner, puis éliminer, et enfin mettre en mots. Exercice ingrat et délicieux. En vérité, je réutiliserai ici sans me mettre la rate au court-bouillon une douzaine d’aventures et de mésaventures déjà parues soit dansLa clef des chemins, soit dansLa marche sur les cendres.
Au fond c’est l’amour des marches buissonnières qui nous guide. Ni l’exploit, ni l’exotisme forcené, ni la fuite, ni le recueillement, ni rien d’autre que l’envie de prendre le chemin des écoliers, en chantant au soleil ou sous la pluie et en donnant des coups de pieds dans les chardons et des coups de bâton sur les ronces.
Ainsi, s’agissant en somme d’être baignés de ciel et d’entrer en résonance avec nos racines, partir sac au dos depuis le pas de notre porte et parcourir notre pré carré européen nous ont suffi.
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D’abord savoir marcher : le pied, mode d’emploi
Raymond Devos l’a expliqué : « Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l'un avance, l'autre veut le dépasser. Et moi, comme un imbécile, je marche ! » Preuve qu’il ne faut pas être grand clerc pour marcher, encore que…
Si l’on en croît le fascicule d’Instruction des jeunes recrues en usage dans l’Infanterie française (Bulletin des Armées– La marche sportive, 7 mars 1917), l’ami Bidasse n’était pas fichu de mettre un pied devant l’autre, et on lui expliquait que pour marcher le fantassin doit « porter le pied gauche en avant ; le poser, le talon le premier, à soixante-quinze centimètres du pied droit qui se lève, tout le poids du corps portant sur le
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