Géographie et développement Tome 1
254 pages
Français

Géographie et développement Tome 1

-

254 pages
Français

Description

Ce premier tome étudie la dynamique de la côte après la réalisation des épis ainsi que les ouvrages de protection aussi bien au Bénin qu'en Côte d'Ivoire. Les perceptions de la vulnérabilité et les logiques des populations des quartiers en prise avec la progression de l'érosion côtière sont étudiées à travers le prisme de leur culture. Les difficultés de couverture des besoins en eau sont étudiées. Les risques naturels et la vulnérabilité des populations autour des espaces marécageux sont présentés.

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Publié par
Date de parution 19 octobre 2018
Nombre de lectures 7
EAN13 9782140103407
Langue Français
Poids de l'ouvrage 15 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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Sous la direction de t éré gogbe, éoraphie et déeloppement
mamoutou Toure et Céline Yolande Koffie-Bikpo
tome
1
éograie Nature et développement
et déeloement
Cet premier tome rassemble les diférentes contributions qui
font le lien entre nature et développement.
tomeNous étudions la dynamique de la côte après la réalisation des olume
11épis ainsi que les ouvrages de protection aussi bien au Bénin qu’en
Côte d’Ivoire. Les perceptions de la vulnérabilité et les logiques des
populations des quartiers en prise avec la progression de l’érosion
côtière sont étudiées à travers le prisme de leur culture. Nature et développement
De plus, la recherche des principaux facteurs explicatifs des
tome
difcultés de couverture des besoins en eau sont le point d’orgue 1
de l’étude sur les déterminants biophysiques et la qualité de l’eau.
Enfn, les risques naturels et la vulnérabilité des populations
autour des espaces marécageux dans les villes moyennes africaines
sont présentés à travers l’analyse des sols, l’altimétrie, l’insufsance
du réseau de drainage.
Géographe ivoirienne, Céline Yolande Kofé-Bikpo  est  Professeur Titulaire des
Universités du CAMES. Elle est spécialiste de géographie halieutique et développe des
recherches sur la sécurité alimentaire et le genre.
Géographe ivoirien, Téré Gogbe est Professeur Titulaire des Universités du CAMES. Il
est spécialiste de géographie urbaine et développe des recherches sur le désordre urbain.
Géographe ivoirien, Mamoutou Touré est Maître de Conférences des Universités
du CAMES. Il est spécialiste de géographie urbaine et aménagement du territoire. Il
développe des recherches sur l’espace numérique.
Préface d’Antoine Asseypo HAUHOUOT
Illustration de couverture : Abou Diabagate, 2018
ISBN : 978-2-343-14219-7
28 €
Sous la direction de t éré gogbe,
éoraphie et déeloppement
mamoutou Toure et Céline Yolande Koffie-Bikpo




Géographie et développement

Tome 1
Collection ANIBOUE

ANIBOUE est un mot polysémique en langue Brong qui
signifie éveil de conscience, ouverture sur le monde, le savoir,
etc. se propose d’encourager les échanges d’idées entre les
géographes et tous contributeurs en sciences humaines et
sociales qui s’intéressent à l’espace, l’environnement, la
société… ANIBOUE est une plateforme de diffusion du savoir
des sciences humaines et sociales. Un intérêt particulier est
accordé aux connaissances des pays d’Afrique et des problèmes
spécifiques d'aménagement, d’environnement, des mers et de
prise en compte des jeux d'acteurs locaux et des modes de
gouvernance. Elle se veut une vitrine de la réflexion critique de
la géographie, des sciences humaines et sociales sur les
domaines de l’Aménagement et du Développement des pays
d’Afrique. Elle se donne pour vocation :
• D’élargir le champ des connaissances et des débats sur
les pays d’Afrique.
• D’offrir une plateforme de diffusion des séminaires,
colloques et atelier organisés dans les pays d’Afrique et
enfin,
• De présenter des modèles théoriques et pratiques ainsi
que des outils conceptuels appliqués à la résolution des
problèmes de développement d’Afrique.
ANIBOUE a été créée pour permettre une communication plus
rapide de la recherche et pour promouvoir une discussion entre
les différents chercheurs et praticiens des pays d’Afrique dans
le but d’élargir l’échange des idées, des méthodes et des
résultats. Les publications se font en français et/ou en anglais.
ANIBOUE garantit un bon niveau scientifique des articles en
les soumettant à un comité de lecture national et international. Sous la direction de
T ér é GOGBE, Mamoutou TOURE
et Céline Yolande KOFFIE-BIKPO
GEOGRAPHIE
ET DEVELOPPEMENT
Tome 1
Nature et développement
Préface d’Antoine Asseypo HAUHOUOT






Actes du colloque international en hommage au Professeur
Antoine Asseypo HAUHOUOT (Abidjan, 22 au 23 novembre
2016)




















© L’Harmattan, 2018
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-14219-7
EAN : 9782343142197

LISTE DU COMITÉ D’ORGANISATION

Président du comité d’organisation
GOGBE Téré, Maître de Conférences (IGT)

Président du comité scientifique
KOFFIE-BIKPO Céline Yolande, Professeur Titulaire (IGT)

Membres du comité scientifique
AFFOU Yapi Simplice, Directeur de Recherches (IGT)
AKIBODE Koffi Ayéchero, Professeur Titulaire (Université de
LOMÉ)
ALLA Della André, Maître de Conférences (IGT)
ALOKO N’guessan Jerôme, Directeur de Recherches CAMES
(IGT)
ANOH Kouassi Paul, Professeur Titulaire (IGT)
ATTA Koffi Lazare, Maître de Recherches (UFHB)
HAUHOUOT Asseypo Célestin, Professeur Titulaire (IGT)
KABLAN N’guessan Hassy Joseph, Maître de Conférences (IGT)
KOBY Assa Théophile, Maître de Conférences (IGT)
KOLI Bi Zuéli, Professeur Titulaire (IGT)
NASSA Dabié Désiré Axel, Maître de Conférences (IGT)
TAPE Bidi Jean, Professeur Titulaire (IGT)

Secrétariat
TOURE Mamoutou (tourema@yahoo.fr)
KOUASSI N’guessan Gilbert (gilbertini2006@yahoo.fr)
KASSI-DJODJO Irène (irenekassi@yahoo.fr)
DIABAGATE Abou (aboudiaba76@yahoo.fr)
WADJA Jean Bérenger (jwadja@yahoo.fr)
GOZE Thomas (dadeagoze@gmail.com)
KOUASSI Patrick Juvet (kpatrickjuvet@yahoo.fr)








AVANT-PROPOS

HAUHOUOT Asseypo est professeur titulaire de géographie
depuis 1983. Il est aujourd’hui à la retraite. Comme en témoigneront
les chercheurs qui viendront lui rendre hommage à l’occasion de ce
colloque, sa carrière a été riche et variée : Directeur de l’Institut de
géographie tropicale (1975-1980) , doyen de la faculté des lettres, arts
et sciences humaines (1980-1986), vice-recteur (1992-1996) puis
président de l’université de Cocody (1996-2000), recteur de
l’université de l’atlantique, vice-président de l’Association des
Universités Africaines (AUA) et président de la conférence des
recteurs francophones d’Afrique occidentale et d’océan indien
(CROFAOCI); membre de l’Académie des sciences, des arts, des
cultures d’Afrique et diasporas africaines (ASCAD), etc.
La toile de fond de ce parcours restera sans doute la recherche au
service du développement aussi bien au plan national qu’international.
L’arrière- plan de l’action du Pr. Hauhouot Asseypo est certainement
une constance préoccupation d’analyse de l’espace géographique
ivoirien en tant que système d’organisation vers ses finalités de
développement.
Ce trait commun de l’homme multidimensionnel transparait dans
ses enseignements sur l’analyse spatiale, ses travaux d’expertise et ses
publications comme en témoignent « Développement, aménagement,
régionalisation en Côte d’Ivoire » (2002), « Nature, culture, tourisme
en Côte d’Ivoire. Essai sur la trilogie d’un pari de développement
manqué » (2008), «Société, État et territoire en Côte d’Ivoire. Essai de
géographie du développement » (2015) et « Côte d’Ivoire à quand la
puissance éducative ? »(2015). Cette dernière contribution confirme le
talent du politique discret aux idées révolutionnaires.
Cette détermination l’a conduit à contribuer largement à
l’organisation tournante des « journées géographiques » à travers la
Côte d’Ivoire, pour rapprocher l’expertise géographique du citoyen.
Aux commandes de l’université de Cocody, son ouvrage « penser et
bâtir pour construire » (1999), est un outil stratégique pour analyser
l’organisation universitaire alors en proie à des crises telluriques, pour
« assurer les missions qui lui sont confiées, mais aussi, de lui préparer
un avenir digne des attentes de notre pays ». Même à la retraite, son
souci permanent d’allier le développement et les sciences sociales
reste prégnant dans ses activités. Hauhouot Asseypo poursuit ses
activités dans le domaine du développement et de l’aménagement du
9
territoire et s’intéresse particulièrement aux vecteurs d’innovation et
de changement dans la société ivoirienne.
L’œuvre de cet éminent géographe est riche, ce qui lui a valu déjà
la reconnaissance de l’État ivoirien (Commandeur dans l’Ordre du
Mérite de l’Éducation Nationale) et des distinctions internationales
(officier des Palmes académiques du Cames et Françaises). Autant de
raisons qui ont motivé la communauté universitaire à organiser un
colloque en son hommage, afin de témoigner de l’importance et de la
cohérence de son œuvre, mais aussi des diverses manières d’en
hériter.



















10
PRÉFACE DU RÉCIPIENDAIRE

Le colloque hommage sur le thème « Géographie et
développement » m’a été offert par mes collègues de l’Institut de
Géographie tropicale (IGT), je leur en suis infiniment reconnaissant.
Cette rencontre a connu un important succès organisationnel et
scientifique. Pendant deux jours, l’Amphithéâtre A du « District » de
l’Université Félix Houphouët-Boigny a enregistré une belle affluence.
Des enseignants et chercheurs venus du Bénin et de France se sont
associés à leurs collègues de Côte d’Ivoire, pour exposer des travaux
et débattre de problématiques relatives à la place et au rôle de notre
discipline dans le progrès de nos sociétés. Par des témoignages, ils
m’ont fait l’immense honneur et l’amitié de souligner ma modeste part
dans la vie et le bilan de la géographie en Côte d’Ivoire et dans la
sous-région.
Cet événement a revêtu une signification particulière par la
présence d’illustres invités : le Directeur de Cabinet, Pr Thiam,
représentant Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche scientifique ; le Vice-Président de l’UFB, Pr Atta ; le
Doyen de l’UFR Sciences de L’Homme et de la Société, Pr Baha Bi
Youzan. Toutes ces éminentes personnalités ont joint leurs voix à
celles des enseignants et chercheurs pour souligner le sens de ma
contribution à l’enseignement, la recherche et la gouvernance dans
notre université. J’en demeure particulièrement fier.
Je voudrais maintenant remercier bien chaleureusement tous ceux
qui ont permis la réalisation de cette activité de haute portée
académique, spécialement : les membres du comité d’organisation, du
comité scientifique, du secrétariat ; les présidents de séances ; les
conférenciers. J’y associe naturellement les étudiants sans lesquels les
maîtres n’auraient pas d’existence.
Il m’importe aussi de saisir l’espace de cette préface pour
esquisser ma vision de l’avenir. L’implication des sciences sociales
dans la recherche de développement est toujours d’actualité parce
qu’incontournable. La géographie qui s’était positionnée parmi les
leaders, dès les années 1960, ne devrait pas perdre son rang. Aussi,
pour lui communiquer encore plus d’audience, quelques chantiers
restent-ils à investir énergiquement :
- la poursuite de la professionnalisation des filières avec la création
de nouveaux métiers ;
11
- le renforcement du système de recherche et de technologie par la
diversification des champs et la modernisation des équipements ;
- l’intensification du service à la société par l’implication des
ingénieurs de recherche et/ou de production ;
- la reprise des « journées géographiques », activités stratégiques de
l’Association des géographes de Côte d’Ivoire (AGI).
L’avenir de la géographie passera par la lutte contre l’éclatement
qui la menace. C’est en effet au sein d’une communauté
professionnelle structurée et solidaire que chaque praticien trouvera sa
force véritable, pas sur les chemins individuels. Notre effort devrait
donc tendre à défendre la profession. Cela commence par un bon
apprentissage du métier ; un géographe mal formé est une menace
certaine pour sa discipline. À cet égard, la massification des effectifs
et ses effets négatifs sur le volume de travail, la réduction du temps de
recherche et l’inadaptation des équipements sont autant de données
que nous devrions intégrer aux stratégies de revitalisation de la
discipline.
Ce colloque a montré combien notre profession gagnerait à œuvrer
dans la construction d’une communauté africaine de praticiens. La
présence très remarquée de nos collègues du Bénin est un appel à
reprendre les activités de l’Association des Géographes Africains, car
de nombreux phénomènes qui interpellent notre discipline n’ont plus
de frontières. Dans ce cadre, qui plus que la géographie a les aptitudes
à favoriser l’intégration africaine.
Tout cela pour dire, à vous qui poursuivez, que votre
responsabilité est immense dans la construction de l’avenir, mais que
vous avez les capacités pour y faire face. C’est ce qui fonde ma fierté
et mon optimisme.

Encore une fois merci à tous.

Abidjan le, 02/ 05/ 2017
Prof. Antoine Asseypo HAUHOUOT
Président Honoraire de l’UFHB
Membre de l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures
d’Afrique et des Diasporas africaines (ASCAD)

12
DÉTERMINANTS BIOPHYSIQUES ET QUALITÉ
DE L’EAU DANS LA VILLE DE SAVÈ (BÉNIN)

AGOÏNON Norbert,
Maître-assistant, Université de Parakou
nomba2005@yahoo.fr

GNELE José Edgard, u
josedgnele@gmail.com

TOFFI Dossou Mathias,
Maître-assistant, Université d’Abomey-Calavi, dtoffi@hotmail.com

RÉSUMÉ
La présente étude vise à identifier les principaux facteurs
explicatifs des difficultés d’approvisionnement en eau de boisson dans
la ville de Savè. La démarche adoptée est basée sur la recherche
documentaire et la collecte des données à travers l’observation directe,
les entretiens et les interviews. Des observations ont été effectuées
afin de répertorier les difficultés et sources d’approvisionnement en
eau de boisson. Une attention particulière a été accordée aux
comportements des populations autour des points d’eau et à la gestion
de l’eau par les ménages. Des échantillons d’eau ont été prélevés, ont
été soumis à une analyse microbiologique. Les résultats montrent que
dans la ville de Savè, les difficultés d’approvisionnement en eau
potable sont liées aux facteurs physiques et sociologiques. Les
premiers d’ordre physique sont relatifs à la variabilité saisonnière et à
la nature du substratum géologique. Les facteurs sociologiques se
rapportent aux conditions de transport et de conservation de l’eau par
les ménages. En effet, les analyses microbiologiques faites, montrent
que, sur les 12 échantillons d’eau prélevés et analysés, seuls 7 sont
potables, et 5 ont été contaminés à des degrés différents.
L’Escherichia coli et les Coliformes fécaux sont les deux bactéries
mises en évidence. Au total, 58,4% d’eau sont potables et 41,6%
d’eau sont infectées. La comparaison des résultats d’enquêtes et les
données statistiques sanitaires démontrent effectivement que les
mauvaises pratiques humaines contribuent à la dégradation de la
qualité de l’eau.
13
Mots clés : Savè, eau, approvisionnement, facteurs physiques
sociologiques.

ABSTRACT
This study aims to identify the main factors underlying difficulties
in the supply of drinking water in the city of Savè. The approach is
based on documentary research and data collection through direct
observation and interviews. Observations were conducted to identify
the difficulties and sources of supply of drinking water. Particular
attention was paid to the behavior of people around water points and
water management by households. Water samples were taken, were
subjected to microbiological analysis. The results show that in the city
of Savè, supply problems in drinking water are related to the physical
and sociological factors. The first physical, are related to seasonal
variability and the nature of the geological substratum. Sociological
factors relate to the conditions of transport and water conservation by
households. Indeed, microbiological analyzes show that, of the 12
water samples taken and analyzed, only 7 were drinking, and 5 were
contaminated to varying degrees. The Escherichia coli and Fecal
coliform bacteria are both highlighted. In total, 58.4% water are
potable and 41.6% water are infected. Comparing surveys and health
statistics data results actually show that bad practice human contribute
to the degradation of water quality.

Key words: Savè, water supply, sociological physical factors.

14
INTRODUCTION L’eau est consubstantielle à la vie (Ogou, 2011).
Elle est donc l’une des multitudes richesses naturelles dont l’homme
dispose (Toffi, 2016). Le volume d’eau actuel est à peu près le même
que celui d’il y a 20 millions d’années » (Le Barbé et al., 1993). Mais,
à mesure que la population augmente et exerce sur le milieu une
pression considérable, l’eau se raréfie. Ceci réduirait évidemment la
disponibilité en eau dans les années à venir. Selon Koudoufio (2010),
la demande en eau pourrait dépasser l’offre en 2030. Non seulement la
pénurie menace, mais ce sont les régions déjà affectées par de graves
difficultés d’approvisionnement qui connaîtront la plus forte
croissance démographique. Ces difficultés sont liées non seulement à
la variabilité climatique, mais aussi, au substratum géologique des
milieux concernés (Agoïnon, 2012). De ces facteurs importants
dépendent la disponibilité en quantité et en qualité, mais aussi la santé
et le bien-être de l’homme.
3 Au Bénin, les ressources en eau sont évaluées à 14 milliards de m
et les capacités moyennes de recharge sont estimées à 1,8 milliard de
3m (MECCAG-PDPE., 2000 ; Gnèlé et al., 2012). Malgré cette
3 relative abondance des ressources en eau, seulement 0,03 milliard m
est utilisé (PNUD, cité par Eténé, 2005).
Dans le souci d’une plus grande visibilité des actions engagées
pour la couverture en eau potable des populations, l’État béninois a
conféré aux communes la compétence de fourniture de l’eau aux
populations (loi n° 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des
communes en République du Bénin). Le constat fait dans la plupart
des communes affiche tout de même d’énormes disparités dont la
réponse dépasserait la question de la planification des ouvrages
hydrauliques. Dans la commune de Savè et plus précisément dans la
ville de Savè, il se pose depuis des années et avec acuité, de sérieux
problèmes liés à la gestion et l’insuffisance de l’eau. Il importe alors
de s’interroger sur les facteurs qui pourraient entraver une couverture
intégrale des infrastructures hydrauliques dans l’espace urbain de
Savè.

I-CADRE D’ETUDES
Située entre 7°40’ et 8°22’ de latitude nord et 2°20’ et 2°45’ de
longitude est (figure 1), la Commune de Savè est peuplée d’environ
287 177 habitants en 2013 (INSAE, 2013). Elle s’étend sur 2228 km et
est limitée au Nord par la Commune de Ouessè, au Sud par la
Commune de Kétou dans le Département du Plateau, à l’Ouest par les
15
Communes de Glazoué et de Dassa-Zoumé, à l’est par les Etats
d’Oyo, de Kwara et d’Ogun de la République Fédérale du Nigeria.
La ville de Savè, chef-lieu de la Commune, est localisée, à environ
255 km de Cotonou.

16 920000 910000 900000 890000 880000 870000 860000 850000

430000 440000 450000 460000 470000
NI GE R 2°30' 2°40'
BURKI NA FA SO
Alibori
#Okounfo N
At a cora
# Gogoro
Borgou
N
Donga
I
KABOUA
G
#
E
T
R
O COMMUNE
Coll ines
I
G DE OUESSE
A
O #
Alafia

Zou Plateau
10'
Couf f o Commune
de Sav è
Mono Atl.
Ouémé
# OUROGUI
#
OKE-OWO
SAVE #Gbèrè N
#
ATCHAKPA Y#
Moka
# # ## SAVE NOUVEAU IDJANGBE
#
Gobé
G
Akongbèré #
E
R
Aire classée Djabata #
Ide Ouémé-Boukou
A

Igbodja# 50'
COMMUNE
DE GLAZOUE
Okpa
#
DEPARTEMENT DU PLATEAU0 4 8 Kilomètres
430000 440000 450000 460000 470000
Limite de com mune
#Y Chef-lieu de commune
Limite de département
# Chef-lieu d'arrondissement Piste
Aire classée# Village Chemin de fer
Plan d'eauRoute non bitumée Limite d'arrondissement
Secteur d'étudeRoute bitumée Limite d'Etat

Figure 1 : Situation géographique de la ville de Savè

II-APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE
Elle comporte la nature et source des données et informations, la
technique de collecte, l’échantillonnage, le traitement des données et
l’analyse des résultants.
Plusieurs types de données ont été utilisés dans le cadre du présent
travail. Il s’agit entre autres des :
- données climatologiques de la station de Savè sur les séries
19511968, 1969-2004 et 1970-2010 ayant permis de réaliser les graphes
sur l’évolution du régime pluviométrique mensuel et le bilan
climatique selon Franquin (1968).
17
850000 860000 870000 880000 890000 900000 910000 920000
- données démographiques extraites des fichiers de l’Institut
National pour la statistique et l’Analyse Economique (INSAE, 2016)
ayant permis d’appréhender l’évolution de la population de la ville ;
- données hydrologiques obtenues à la DG-Eau en vue de réaliser
les courbes de variation des termes bilan hydrologique celle relative à
l’évolution de l’écoulement mensuel;
- données hydrogéologiques extraites de la carte hydrogéologique
du Bénin au 1/600 000.

Pour la collecte des données et informations, les techniques
utilisées sont essentiellement les entretiens direct et indirect au moyen
de guides d’entretien et de questionnaires et l’observation directe au
moyen d’une grille. À cet effet, il a été défini un échantillonnage de
537 ménages auxquels s’ajoutent des personnes ressources
(responsables communaux, agents de santé).
Les échantillons d’eau prélevés à la source comme dans les
ménages ont été analysés à l’aide de trois boîtes de pétrie à membrane
de couleur blanche raillée, de porosité 0,45mm de volume.
Lorsque la membrane est tachetée, cela signifie que l’eau contenue
dans la membrane est contaminée.
Si la tache est de couleur bleue cela indique la présence de
coliformes fécaux.
Si la tache est de couleur rouge cela indique la présence du germe
Escherichia coli.
Lorsque les deux couleurs apparaissent, cela signifie que les deux
germes sont présents dans l’eau.
Le modèle PEIR (Pression-Etat-Impact-Réponse) a été utilisé pour
l’évaluation des composantes socio-économiques et
environnementales et a permis de faire une analyse approfondie sur la
politique communale en matière d’accès à l’eau à l’ère de la
décentralisation au Bénin.

III-RÉSULTATS ET DISCUSSION
3-1-DÉTERMINANTS D’ACCÈS AUX SOURCES D’EAU
POTABLE DANS LA VILLE DE SAVE
Deux types (02) de déterminants prépondérants permettent
d’expliquer dans le secteur d’étude l’accès à l’eau et la qualité de
l’eau. Il s’agit des déterminants biophysiques et sociologiques.

18
3-1-1-Déterminants biophysiques d’accès à l’eau
Il s’agit principalement des facteurs climatiques et des conditions
hydrogéologiques.

3-1-1-1-Facteurs climatiques
Au titre des facteurs climatiques, il a été évalué la pluviométrie,
l’écoulement, la température, l’insolation et le bilan climatique. En
effet, il faut rappeler que la commune de Savè est sous l’influence du
climat tropical soudanien du nord caractérisé par deux saisons et tous
ces paramètres sont importants dans l’identification des déterminants
biophysiques d’accès à l’eau.
À Savè, la pluviosité moyenne annuelle selon Boko cité par
Agoïnon et al., (2010) est de 1150 mm. Une analyse à l’échelle
mensuelle de l’évolution de cette pluviométrie et de l’écoulement a été
faite (Figures 2 et 3)

80
60
40
20
0
Mois
Moy_51-68 Moy_69-86 Moy_87-04
Figure 2 : Evolution de la Figure 3: Evolution de
pluviométrie mensuelle à Savè l’écoulement mensuel à Savè
(1951-2004) (1951-2004)
Source : ASECNA (2010)

L’analyse de la figure 2 révèle que la période 1951-1968 est la plus
humide atteignant son optimum en juillet avec 184,42 mm Savè et
c’est au cours de cette période que l’écoulement des eaux utilisables
par les communautés locales est plus favorisé. La période 1969-1986
correspond à la période sèche avec comme son maxima 163,29 mm en
juillet.
Quant à la figure 3, elle montre l’évolution mensuelle de
l’écoulement à Savè pour les mêmes périodes. Il est maximal
miseptembre et minimal en décembre et mi-mai.
Il a été également évalué les variations de température (figure 4)
ainsi que le bilan climatique à Savè sachant que la période humide
19
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Ecoulement moyen mensuel
(mm)
s'installe lorsque la courbe de l/2 ETP passe sous celle des
précipitations et que c’est alors qu’elle rend compte du bilan des
apports et des pertes en eau (Figure 4).

T°_Mini_Savè
Mois


Figure 4: Variation de la Figure 5 : Bilan climatique de
température à Savè Savè (1970-2010)
Source : ASECNA, 2010

À Savè, la température moyenne annuelle enregistrée au cours des
années 1970-2010, oscille autour de 27°C. Les températures les plus
élevées sont enregistrées en mars (36°C) et avril (35°C) et les plus
basses en décembre (19°C) et janvier (20°C).
Quant à 1'insolation, sa durée annuelle est en moyenne de 3 000
heures. Elle est maximale en novembre (286 h) et minimale en août
(184 h). Elle représente le paramètre essentiel du rayonnement global
et joue à ce titre un rôle important à la fin de l'hivernage en
intensifiant le pouvoir évaporant de l'air (Sinsin, 1991). Ce qui agit sur
le bilan hydrologique donc sur la disponibilité de l’eau à Savè. La
figure 6 présente la variation des termes du bilan hydrologique.
1600
1400
1200
1000
800
600
400
200
0
-200
-400
Années
Pluie Lec Etr Infil
Figure 6 : Variation des termes du bilan hydrologique à Savè
Source : DG-Eau, 2010
20
1965
1967
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2003
Températu…
Valeurs des termes du bilan
hydrologique
Ces conditions climatiques ont favorisé la mise en place d’une
végétation faite de savane qui est représentée en ville par quelques
pieds d’arbres isolés. Cette couverture végétale pousse sur des sols
essentiellement ferrugineux tropicaux lessivés dont la perméabilité est
élevée et la réserve hydrique très faible, variant autour de 30 à 40 mm.
Ce qui ne favorise pas une bonne rétention d’eau pour les forages.

2-1-1-2-Conditions hydrogéologiques
Le substratum géologique de la Commune de Savè est constitué
essentiellement de granites, de gneiss et de migmatites (figure 7).


Figure 7 : Carte hydrogéologique de la ville de Savè

De l’analyse de cette figure, il ressort que les couches de roches du
fait de leur grande résistance sont difficiles à forer pour la réalisation
des ouvrages hydrauliques. De plus, la faible infiltration de l’eau par
les parois ou fissures de ses roches fait que le taux de réussite des
forages est de 60 % (Agoïnon, 2012). Il s’ensuit que dans le milieu
d’étude, la profondeur des forages ne dépasse pas 45 m avec un débit
inférieur à 2 m3/s et un niveau d’eau comprise entre 10 et 25 m.
Cette situation constitue une contrainte majeure dans
l’approvisionnement en eau et oblige la population à constituer
fréquemment des stocks d’eau dans les ménages. Mais alors, il se pose
des problèmes en rapport avec les conditions de transport, de stockage
et les précautions d’usage de l’eau pour maintenir ou préserver sa
qualité de portabilité.

21
2-1-2-Déterminants sociologiques de l’accès à l’eau potable à
Savè

 Sources d’approvisionnement en eau
Dans la ville de Savè, il existe trois sources d’approvisionnement
en eau : les eaux météoriques, les eaux de surface (rivières et
marigots) et les eaux souterraines.
Les eaux météoriques sont les eaux de pluie collectées par un
système de gouttière soit conduisant à des citernes, soit recueillies au
moyen des sceaux et bassines. Près de 90% des ménages enquêtés
utilisent cette eau pour tous les besoins y compris la boisson. Or, ces
eaux ne sont pas souvent propres à la consommation et manquent de
certaines substances pour la santé notamment, les sels minéraux
(Amagnon, 1994).
Les eaux souterraines proviennent des ouvrages hydrauliques. Elles
sont abandonnées par 17 % de la population au profit des eaux
météoriques pendant la saison des pluies.
Les eaux de surface sont sollicitées accessoirement par une partie
de la population lorsque les autres sources font défaut.

La figure 8 présente la répartition des ouvrages à partir desquels
les populations s’approvisionnent dans la ville de Savè.


Figure 8 : Distribution des points d’eau potable dans la ville de
Savè
La figure 8 montre que la ville de Savè dispose d’une diversité de
sources et d’ouvrages d’approvisionnement en eau potable pour les
22
populations urbaines. Mais en raison d’une multitude de facteurs, les
modes d’approvisionnement en eau affectent la portabilité de cette
eau.

Mode d’approvisionnement en eau et problèmes sanitaires
L’approvisionnement en eau se fait à l’aide plusieurs ustensiles
tels que : bidons, bassines et seaux. La figure 9 présente la proportion
d’usage des ustensiles dans la ville de Savè.

0%10%
Bidon de 25 Litres
20%
Bassine Métallique
Seaux70%
Figure 9 : Proportion des ustensiles de transport d’eau

L’observation de la figure 9 révèle que 70% utilisent des bidons
recyclés de 25 litres hermétiquement fermés comme ustensiles de
transport de l’eau. Cela suppose que les eaux gardent leur portabilité
jusqu’à la consommation dans les ménages! Cependant, sur les douze
(12) échantillons d’eau prélevés à la source et analysés dans la ville de
Savè, cinq (05) échantillons d’eau sont contaminés par des bactéries.
Les échantillons d’eau prélevés dans les ménages présentent aussi des
germes de contamination (photos 1 et 2).

Photo 1 : Résultat d’échantillon Photo 2 : Résultat d’échantillon
d’eau de la SONEB contaminée d’eau contaminée au cours du
transport
Prise de vues : Otèkpo, 2015
23
Ce qui est souvent dû aux modes de stockage et de conservation de
ces eaux (Désille, 2012). La photo 1 montre les résultats d’analyse de
l’eau de boisson d’un ménage dans la ville de Savè. Il s’agit d’une
boîte de pétrie à membrane tachetée montrant les eaux de la SONEB
contaminées dans un ménage à Savè. La photo 2 quant à elle, présente
une boîte de pétrie à membrane tachetée montrant les eaux
contaminées au cours de leur transport à Savè.
Ainsi, tous ces microbes sont à l’origine de plusieurs maladies
dans la ville de Savè. En effet, le Escherichia coli est à près de 80% la
base des infections urinaires primitives, les diarrhées sanglantes, les
anémies et insuffisances rénales. Il en est de même pour certains pus
d’appendicite et méningite néo-natale. Les coliformes fécaux sont à la
base des troubles digestifs à type gastro-entérites (maux de ventre,
vomissement, ballonnement abdominal). Les résultats d’enquêtes
auprès du médecin-chef de l’arrondissement du Plateau, dans la ville
de Savè sont consignés dans le tableau I.

Tableau I : Données statistiques sanitaires
Cas de maladies liées à Nombre total de Pourcentage
l’eau malades
Choléra 00 00
Paludisme 1839 24,86
Infection Respiratoire Aigüe 579 7,83
Diarrhée 177 2,39
Vers de guinée 01 01
Source : Données statistiques de 2015, centre de santé du Plateau, Savè
Les résultats du tableau I révèlent que le paludisme est en tête
suivi des infections respiratoires aiguës et de la diarrhée. Ces résultats
confirment ceux de Ribidoux (1993) et de Hèdiblè (2007). Pour cette
dernière, l’homme par ces activités contribue à la pollution de l’eau
avec les rejets et dépôts de déchets occasionnant la prolifération du
vecteur responsable du paludisme. En plus du paludisme, les
populations sont exposées aux infections gastro-intestinales, causées
par les vers intestinaux. Il faut également noter que les bidons d’huile
recyclés sont une autre source potentielle de contamination.

CONCLUSION
L’étude sur l’accessibilité à l’eau potable dans la ville de Savè, a
permis de révéler les problèmes liés à l’approvisionnement et à sa
gestion. Le premier déterminant qui est d’ordre physique est dû à
l’austérité de la nature. À ce niveau, pour pallier ce problème, il est
24

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