La Vicomté de Montreuil-sur-Mer
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Description

Initialement publiée en 1904, cette petite monographie aborde un sujet peu connu de l’histoire de Montreuil-sur-Mer, sous la plume du grand historien de Montreuil et du Ponthieu (1855-1924).


« ...La vicomté de Montreuil était, à l’origine, une seigneurie appartenant aux Comtes de la Maison de Ponthieu. Elle fut démembrée à plusieurs reprises et échut à divers possesseurs : Une quantité de petits seigneurs reçurent en délégation une partie des cens parmi lesquels étaient comprises presque toutes les églises de la ville. C’est cette division qui a, chez plusieurs historiens, créé une confusion regrettable. Les Comtes de Ponthieu, plus tard les Rois d’Angleterre par héritage, et enfin les Rois de France possédèrent une partie de cette seigneurie, qui était administrée par des officiers du nom de vicomtes. Les autres possesseurs de cette seigneurie avaient aussi des régisseurs, si je peux m’exprimer ainsi ; les agents de la maison de Maintenay portaient aussi le titre de vicomte... ».

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EAN13 9782824056036
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

ISBN

Tous droits de traduction de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Eric Chaplain
Pour la présente édition : © edr/ EDITION S des régionalismes ™ — 2011/2016/2021
Editions des Régionalismes : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 cressé
ISBN 978.2.8240.0702.1 (papier)
ISBN 978.2.8240.5603.6 (numérique : pdf/epub)
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d’améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.


AUTEUR

Georges de Lhomel membre de la commission des monuments historiques du pas-de-calais membre associé correspondant national des antiquaires de france




TITRE

LA VICOMTÉ DE MONTREUIL -SUR- MER




AU LECTEUR
L e travail que nous publions n’est pas aussi complet que nous l’aurions désiré. Mais notre intention a été principalement de donner un aperçu de la vicomté de Montreuil, dont plusieurs auteurs ont parlé sans l’avoir bien étudiée.
Nous avons été aidé dans notre travail par Son Excellence le Ministre de Suisse, à Paris, M. Lardy, qui, non seulement a mis à notre disposition les notes qu’il avait prises pour son ouvrage sur les d’Orléans-Longueville, mais qui nous a donné des reproductions très intéressantes de portraits de plusieurs seigneurs de la vicomté de Ponthieu appartenant à cette illustre maison.
Nous lui en adressons en passant nos plus sincères remerciements. Nos recherches ont été particulièrement fructueuses aux Archives Nationales pour les aveux faits au Roi par les possesseurs de la vicomté de Ponthieu en Montreuil.
Pour la partie de la vicomté appartenant à la Maison de Maintenay, nous avons trouvé dans les archives Charles Henneguier, une copie de l’aveu de 1311. Aux Archives Nationales, nous avons découvert seulement dans la série R 98 une mention nous faisant connaître que Guillaume, seigneur de Maintenay, avait servi foi et hommage au Roi le 12 mai 1362 : Mais l’aveu avait disparu.
Puisse cette étude permettre aux amateurs de l’histoire locale de faire de nouvelles recherches et de publier plus tard une Notice plus complète et plus intéressante sur la vicomté de Montreuil.
Si l’avenir nous réserve cette satisfaction, notre but aura été largement atteint.



LA VICOMTÉ DE MONTREUIL-SUR-MER
L a vicomté de Montreuil était une seigneurie (1) . À l’origine, dit Montesquieu, le Comte réunissait sur sa tête la puissance militaire et la juridiction civile et c’est dans ce double pouvoir que cet auteur trouve l’origine des justices seigneuriales.
Les Comtes, qui étaient dans une situation inférieure à celle des Ducs, étaient aussi nommés par les Rois. Ils réunissaient tous les pouvoirs et combattaient à la tête des mêmes hommes qu’ils présidaient dans le mallum ou tribunal franc. Leur principal devoir était de veiller à la publication et à l’exécution des ordres royaux, de rendre la justice, de poursuivre les criminels, de défendre la veuve et l’orphelin, de percevoir et remettre au fisc les impôts et revenus royaux.
Quand les Comtes devinrent indépendants, un de leurs premiers soins fut de se déclarer héréditaires. Ils prirent alors des officiers subalternes appelés vicomtes ; officiers chargés de recevoir leurs impôts et leurs revenus.
Jusque vers l’an 992, Montreuil fut le chef-lieu et la résidence des Comtes de Ponthieu et c’est Hugues I er qui fit fortifier Abbeville pour y fixer sa demeure (2) .
La vicomté de Montreuil était, à l’origine, une seigneurie appartenant aux Comtes de la Maison de Ponthieu. Elle fut démembrée à plusieurs reprises et échut à divers possesseurs : Une quantité de petits seigneurs reçurent en délégation une partie des cens parmi lesquels étaient comprises presque toutes les églises de la ville. C’est cette division qui a, chez plusieurs historiens, créé une confusion regrettable. Les Comtes de Ponthieu, plus tard les Rois d’Angleterre par héritage, et enfin les Rois de France possédèrent une partie de cette seigneurie , qui était administrée par des officiers du nom de vicomtes. Les autres possesseurs de cette seigneurie avaient aussi des régisseurs, si je peux m’exprimer ainsi ; les agents de la maison de Maintenay portaient aussi le titre de vicomte.
Les Comtes de Ponthieu eurent d’abord des vicomtes à Montreuil, à Rue et à Abbeville. En 1100, Wascelin est qualifié vicomte de Montreuil et de Rue. Les Rois en conservèrent toujours dans ces deux dernières villes (3) .
Dans la première partie de ce travail, nous ne parlerons que de la vicomté de Montreuil possédée par les Comtes de Ponthieu et leurs successeurs.
Les Comtes de Ponthieu avaient à Montreuil le droit de rendre la justice et de toucher les produits et revenus vicomtiers. Ces Comtes cédèrent à l’abbaye de Saint-Saulve certains droits de justice et en donnèrent une autre partie en fief à différents seigneurs pour être tenue dudit comté : (Guy, comte de Ponthieu en l’an 1100, donne à Saint-Saulve tout le droit de justice que ses prédécesseurs Comtes de Ponthieu avaient dedans et dehors l’abbaye au-dessous du château de Montreuil) ; mais les Comtes de Ponthieu se réservèrent pour eux et pour leurs successeurs une autre partie de ces droits de justice et vicomté et y établirent un vicomte pour la perception et la conservation de leurs droits et les plaids sur la Motte le Conte dans la ville de Montreuil. Cette vicomté donnée par les Comtes de Ponthieu appartenait avant le XIII e siècle à un puîné de Ponthieu qui porta le nom de Montreuil et dont les descendants prirent ensuite celui de Maintenay (4) .
L’un de ces seigneurs céda partie de sa vicomté qu’il avait dans Montreuil en l’an 1224 au roi Louis VIII et non la forteresse de Montreuil qui appartint aux Comtes de Ponthieu jusqu’en 1369, date à laquelle ce comté fut uni à la couronne.
En 1235, le Comte de Boulogne cède au Comte de Ponthieu tout ce qu’il a entre l’Authie et la Canche, pour se rédimer de la Vicomté de Ponthieu.
En octobre 1284, Jean de Wacogne, écuyer, vend au roi d’Angleterre, « les cens, rentes, issues, entrées, eskéances, terres, viscomtés, etc. » qu’il a dans la ville et banlieue de Montreuil.
Les seigneurs de Maintenay avaient réservé une partie de leurs droits anciens dans la ville de Montreuil ; ils y avaient encore au XVIII e siècle « plusieurs cens, profits et émoluments vicomtiers, quoiqu’ils en ayent éclipsé en 1380 une partie qui composait le fief et vicomté de Fauquembergue dans Montreuil qui comprenait plus des deux tiers de cette ville, qui était en Ponthieu, y compris quelques autres fiefs y séant tenu de Ponthieu » (5) .


Brussel, dans son Nouvel examen de l’usage des fiefs en France , tome II, Chap. I, dit : la vicomté qui était un fief, consistait dans la lieutenance ou de tout un Comté ou seulement d’une des villes qui dépendaient d’un grand Comté.
Arch, nat. — R 424.
Chronique de Ponthieu , par Rumet.
Godart de Beaulieu. Mémoire historique et topographique sur le Comté de Ponthieu , publié en 1740.
Arch. nat. R 424.


ÉTENDUE DE LA VICOMTÉ DE PONTHIEU OU DE MONTREUIL
L a vicomté de Montreuil s’exerçait à Montreuil sur la plus grande partie de la ville, à l’exception toutefois de l’abbaye de Saint-Saulve, de l’enclos et de la place de cette abbaye et de l’enclos de l’abbaye de Sainte-Austreberthe, qui avaient toutes deux un droit de vicomté. Elle dépendait du bailliage de Waben et était membre dépendant du Comté de Ponthieu et tenue en fief noble.
Vicomté de Ponthieu ou de Montreuil
Comme nous l’avons dit, les Comtes de Ponthieu s’étaient réservé une partie de la vicomté de Montreuil. Cette seigneurie passa du Comte de Ponthieu à la Maison de Castille, par le mariage de Jeanne de Dammartin, fille de Simon, avec Ferdinand III, Roi de Castille : leur fille Eléonore la porta à la Maison d’Angleterre par son alliance avec Édouard I er , Roi d’Angleterre.
Elle fut confisquée par le Roi de France en 1336. Après le traité de Brétigny en 1361, elle redevint la propriété de la Maison d’Angleterre (6) , mais en 1369 elle retourna en la possession des Rois de France, qui tantôt l’affermèrent, tantôt y nommèrent des vicomtes.
Le 25 novembre 1570, devant les notaires royaux d’Amiens, le Roi vendit la vicomté de Montreuil avec droit de rachat à noble homme Jean le Charpentier, sieur de Wacogne et de Campsart, lieutenant général civil et criminel au bailliage de Montreuil.
Cette seigneurie resta dans cette famille et dans celle des Bellin, jusqu’en 1659, époque où Jean Le Noir, sieur de Dignopré, en fit l’acquisition et porta le titre de vicomte héréditaire. Quand le Comte d’Artois reçut le Comté de Ponthieu en apanage, il revendiqua la vicomté de Montreuil, et le Roi l’autorisa à rembourser le possesseur de la dite vicomté, mais les choses traînèrent en longueur, et la Révolution arriva avant que le frère du Roi en eût pris possession (7) .
Cens et rentes dus à la Vicomté de Ponthieu
La vicomté de Ponthieu qui était restée en la possession des Comtes de Ponthieu pendant plusieurs siècles avant de passer aux Rois d’Angleterre, fut confisquée avec le Ponthieu en 1336.
Le Roi la donna, en 1345, à Robert de Lorris, seigneur d’Ermenonville et de Beaurain. Mais ce dernier l’octroya à cens et à rente perpétuelle et héritaule à la Ville de Montreuil le 12 septembre 1352. Robert de Lorris, par cet acte, donnait la vicomté de Montreuil, tout ce qu’il avait dans la ville et banlieue, avec les droits, actions, justice et seigneurie possédés par lui dans la ville et banlieue, les appartenances, les pourpris et réserves moyennant 160 livres parisis payables en quatre termes annuels. Mais il conservait pour lui et ses héritiers la justice qu’il avait « sur la place le Gardin le Conte  » et le titre de vicomte. Avant toutes choses, les mayeur et échevins s’obligeaient à lui bailler cent livres de rente en cas d’inexécution des conditions de la vente. Robert de Lorris se réservait aussi le droit de traduire ces officiers devant la justice qu’il lui plairait d’avoir. L’Échevinage fut dès lors substitué à Robert de Lorris, sauf pour le titre.
En 1360, la vicomté de Ponthieu valait 160 livres parisis de ferme annuelle. Elle comprenait presque toutes les maisons situées dans l’ancienne enceinte de Montreuil, c’est-à-dire la moitié de la ville moderne (8) .
Après le traité de Brétigny, elle repassa aux Rois d’Angleterre, qui devaient la perdre avec le Ponthieu.
En 1369, le Roi la donna à Guillaume de Dormans, chevalier, « à prendre à se vie et par sa main » par lettres passées, par devant Messieurs des Comptes de Paris (9) .
Le 13 mai, Guillaume de Dormans, chevalier, chancelier de Viennois, donna à cens, moyennant 100 livres par an (4.320 francs en monnaie moderne) à l’Échevinage de Montreuil, la vicomté que le Roi lui avait octroyée à titre viager, mais en se réservant sa vie durant le titre et la dignité de vicomte (10) .
En 1390, Jean de Nielles, sénéchal de Ponthieu, en fait établir les tenens et tenements et les noms des tenanciers. Pierre Pocholle, remplissait à Montreuil les fonctions de vicomte. La vicomté s’exerçait pour la perception des cens sur les paroisses de Saint-Pierre, Saint-Josse-au-Val, Saint-Walloy, Notre-Dame, Saint-Firmin, Saint-Justin, Saint-Wify, Sainte-Austreberte, à œ ullemont (?), à la Caloterie, au camp Rier et donnait la recette suivante : en deniers, 26 livres, 1 denier parisis, en blé 4 setiers, en chapons vivants 7, en poules 2 et en anguilles 200. En plus des cens, elle recevait des droits sur le pain, les boissons, les tanneries, les cordonneries ; elle touchait aussi de grandes et petites amendes, et des droits sur les moulins de la ville (11) .
Cette seigneurie rapportait 60 sols parisis de relief et 20 sols de chambellage et quelques autres parties, en 1570.
Le 8 février 1584, Anthoine le Charpentier, fils de Jean, en sert aveu au Roi de France (12) .
« Les maîtres tanneurs de la ville lui devaient chaque année 4 septiers de blé et 60 sols parisis à Noël et 200 anguilles à la Toussaint et une autre somme de 60 sols à la Magdelaine ; Guillaume Pasquier à cause de son lavoir, devait 2 deniers tournois ; Jehan de Camoison, 6 deniers de cens à cause d’une maison située rue Saint-Pierre ; l’Hôtel-Dieu Saint-Nicolas, 5 sols parisis pour la maison du Lion d’Or ; 3 sols parisis, pour neuf journaux de terre à Sorrus ; 9 deniers et 1 Chapon à cause d’une maison et jardin situés vers la Balotte ; 7 sols parisis pour trois journaux et demi de terre au Mont Griffon ; 28 sols parisis de cens à cause de quatorze journaux de terre ou environ à Sorrus ; le sieur de Gennes ; 12 deniers parisis de cens à cause d’un moulin situé sur la Canche ; Firmin Esgret, tanneur, 6 sols parisis de censives pour une maison située à la ville basse ; Marguerite Herbelle, 9 sols parisis de rente foncière à cause d’une pièce de terre de deux journaux, tenant « d’un bout au Chemin de La Caloterie à Sorrus et d’autre aux terres appartenant aux héritiers Meignot » ; Jean Postel, sieur du Clivet et maître François Guérard, 69 sols parisis pour une maison rue des Bouchers, nommée le logis du Comte Herguo » (13) .
En 1703, la vicomté consistait « en 25 livres de censives dans Montreuil et tous autres droits vicomtiers dans ladite ville, dans l’étendue de ladite Vicomté »
Un nouvel aveu du 23 avril 1740, servi au Roi par Henry-Antoine Le Noir, écuyer, seigneur de Franclieu, lieutenant d’infanterie au régiment de Choiseul, nous permet de savoir exactement quels étaient les droits de la vicomté de Montreuil à cette époque.
l’Eglise Saint-Pierre aux droits des héritiers Pierre Meignot devait annuellement 6 deniers tournois de cens à cause de sa maison presbytérale, sise rue Saint-Pierre ; Joseph Patté, marchand à Montreuil et les héritiers Jacques de Roussent à cause de la maison nommée le Lion d’Or, autrefois en une demeure, aujourd’hui en deux, maison située sur la Grande Place, devaient solidairement chacun an, 5 sols parisis qui étaient auparavant acquittés par les supérieur et religieux de l’Hôtel-Dieu Saint-Nicolas ; les héritiers Jean-Baptiste Canin et magdelaine Baillet à cause de neuf journaux de terre labourable situés à la Magdelaine, la somme de 6 sols parisis, qui « étaient aussi cy devant acquittés par l’Hôtel-Dieu » ; Jacques le Roy aux droits de Mar-guerite Dion, pour une maison, bâtiments et jardin situés à la Magdelaine, 9 deniers parisis et un chapon de cens ; les ayants droit de Barbe le Doux à cause de trois journaux et demi de terre labourable situés à Sorrus au lieu nommé le Mont-Griffon, sept, sols parisis ; les mêmes pour une pièce de quatorze journaux de terre labourable situés à Sorrus au lieu nommé le Buisson Planque, 28 sols parisis ; les héritiers de Jean Esgret, à cause d’une maison située à la basse ville, 6 sols parisis ; les ayants droit de Marguerite Herbel pour une pièce de terre de deux journaux sis à Sorrus, 9 sols parisis ; les héritiers François Le Roux et Antoinette Cüülle et la dame de Créquy Frouan, à cause d’une maison nommée « le Comte Helgot » rue des Bouchers, 69 sols parisis ; les maîtres tanneurs (14) de la ville 4 septiers de blé et 60 sols parisis à Noël, 200 anguilles à la Toussaint et 60 sols au jour de la Magdelaine pour leur moulin situé sur la rivière de Canche, qui avait été démoli pour la construction des écluses et autres moulins royaux ; Guillaume Pasquier 2 deniers à cause de son lavoir répondant sur la rivière de Canche ; les héritiers du sieur de la Wuespierre, écuyer, sieur de Mieurre, à cause d’un moulin également situé sur la Canche, 12 deniers, mais ces deux derniers n’avaient été repris que comme renseignements, car ils avaient été démolis et compris dans les fortifications de la ville ».
Le vicomte avait, en plus de ces droits, une justice vicomtière par laquelle il pouvait procéder « par voie d’arrêt sur tous les forains trouvés en la ville soit sur leurs personnes, soit sur leurs chevaux. » Tous les tenanciers devaient aussi « les droits seigneuriaux de relief quant mutation d’homme advenait ».
Quant à la justice vicomtière, dans l’aveu du 23 avril 1740, elle est ainsi conçue : « à la dite vicomté appartient droit de justice vicomtière, seulement en vertu de laquelle on peut procéder par voye d’arrest sur les forains trouvés en ladite ville, même sur leurs personnes et leurs chevaux ; quand on maintient contre les dits forains qui sont redevables par promesse écrite ou verbale ou par compte fait de quelques sommes de deniers » (15) . Plusieurs autres mouvances et autres droits appartenaient aussi à la vicomté, mais, dit l’aveu, ils étaient devenus inconnus (16) .


Le P. Denifle. La guerre de cent ans, etc. Tome II, p. 36. En 1361, le régent cède les petites seigneuries de Guines, de Ponthieu, de Montreuil et de Calais aux Anglais et le délai est d’abord fixé au 9 septembre, plus tard au 4 juin et à la Toussaint 1361.
Arch. Nat., Q 922-923. Mémoire : Amiens, 14 juin 1780. Sur ce qui a été représenté au roi étant en son conseil que par lettres pat. en forme d’édit portant constitution et remplacement d’appanage de M. le Comte d’Artois en datte des mois d’octobre 1773, juin 1776, et
novembre 1778, il lui aurait été permis de racheter à son profit les domaines engagés dans l’étendue des duchés, comtés et seigneuries composant led. appanage, que ce Prince serait dans l’intention d’exercer cette faculté par raport à la vicomté de Montreuil aliénée par contrat du 5 janvier 1595 à Nicolas Truguet, et possédée actuellement par le sieur Lenoir-Dubus ; mais qu’il serait nécessaire pour parvenir à ce rachat qu’il fût pourvu à la liquidation des finances d’engagement et d’obliger l’engagiste à représenter ses titres pour être procédé à cette liquidation ; à quoy voulant pourvoir ; oui le rapport du sieur Moreau de Beaumont, conseiller d’état ordinaire et au conseil royal des finances. Le Roi étant en son conseil a ordonné et ordonne que dans un mois pour tout délai du jour de la signification du présent avis, l’engagiste actuel de lad. vicomté de Montreuil sera tenu de remettre au conseil le contract d’engagement, quittances de finances et autres titres en vertu desquels il jouit de lad. vicomté pour sur iceux être procédé à la liquidation des finances dont le remboursement lui en sera fait par le Comte d’Artois et faute par led. engagiste d’y satisfaire dans ledit délai, et icelui passé a autorisé et autorise Sa Majesté le Comte d’Artois à se mettre en possession de ladite vicomté de Montreuil en vertu du présent arrêt et sans qu’il en soit besoin d’autre pour en finir conformément aux édits des mois de octobre 1773, juin 1776, et novembre 1778 à la charge suivant ses offres de rembourser lesdites finances, lorsqu’elles auront été liquidées et d’en payer les Intérêts sur le prix du denier 20 à compter du jour où ce prince sera entré en jouissance de la dite vicomté jusqu’au remboursement desdites finances.
Tierny, La Prévôté de Montreuil, p. 78.
Bibl. de l’Arsenal, 5261, p. 178 et 178 verso. Compte de la Conté de Ponthieu depuis le premier jour de novembre 1369 — 1 er nov. 1370.
M is de Belleval, Chronologie d’Abbeville, p. 98 et 170.
Arch. nat. R 98. D’après un grand registre disparu contenant quinze feuillets de parchemin escript et qui commençait par ces mots : Ce sont les cens et rentes deubs au Roy nostre sire à cause de la vicomté de Ponthieu establie en la ville de Monstereul et finissant par ces mots : le vicomte tenoit les plaids sur le Motte le Conte dans le coste le Chastel. Le registre était couvert de rouge et coté E. 8 i Une mauvaise copie de la fin du XVIII e siècle a été conservée et se trouve aux Arch. nat. R l 111.
Arch. nat. R l 110.
Le Comte Helgaut, fondateur de la ville de Montreuil.
Le duc de Tourraine, Comte de Ponthieu, exempta le 16 juillet 1415 les tanneurs de Montreuil de la redevance annuelle de 3 cuirs de génisses vierges qu’ils devaient remettre chaque année au vicomte de Montreuil moyennant une rente annuelle de 60 sols. (Cart. de Montreuil).
Arch. Nat. P. 1005-1086.
En 1577 et 1580, M. Roger Rodière cite deux alleux qui relevaient de la vicomté l’un par deux deniers, l’autre seulement par un denier.

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