Comment entreprendre en Afrique?
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Description

Ce précis, basé sur une étude de cas d'entreprise durable et inclusive, donne le ton pour la valorisation des ressources locales, la promotion de l'entrepeneuriat chez les jeunes, l'empowerment surtout des femmes pour leur autonomisation continue, des solutions adaptées aux réalités africaines et surtout une création de valeur collective sûre. Sur tout le continent, des jeunes courageux, des femmes infatigables s'organisent, répresentant une force économique indéniable.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 mars 2015
Nombre de lectures 411
EAN13 9782336372938
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Titre

IBRAHIMA THÉO LAM







Comment entreprendre en Afrique ?



Balises du porteur de projet de création d’entreprise
Copyright



















© L’H ARMATTAN , 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattanl@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-72304-4
Biographie de l'auteur
B IOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Monsieur Ibrahima Théo LAM est un entrepreneur depuis plus d’une dizaine d’années. Il a ouvert un cabinet international de conseil, de coaching et de formation des entreprises à Paris La Défense dans la capitale française. Ce jeune Africain est bien connu pour ses interventions pointues et bien ciblées sur la conception, la gestion, la modélisation des affaires, le coaching individuel et en teaming, le conseil en création et développement d’entreprises et l’apprentissage par la méthode des cas dans les écoles de commerce et universités et dans les quartiers sensibles.
Monsieur LAM intervient également dans l’enseignement supérieur en France auprès des universités et des écoles de commerce, mais aussi en Afrique de l’Ouest notamment et en Afrique centrale où il enseigne des matières suivantes : Comptabilité générale et analytique, Analyse financière, Contrôle de gestion et pilotage des performances, Création et reprise d’entreprises, Innovation et créativité, Gestion et exploitation de projets de développement local, Leadership, Développement personnel et confiance en soi.
Avec sa vision réaliste sur l’esprit d’entreprise pour une émergence des territoires africains dont le Sénégal en particulier et la nécessité d’une durabilité de la Très Petite Entreprise (TPE) en Afrique, Monsieur LAM a un sens aigu et un flair exceptionnel qui lui permettent d’accompagner et de nourrir continuellement des idées porteuses chez les jeunes, chez les femmes et dans les petites organisations comme les structures de l’économie informelle et les groupements d’intérêt économique.
Ibrahima Théo LAM est un leader, pédagogue averti et a du talent de communicateur hors pair. Avec ses conseils et orientations dans la prise de décision pour l’auto emploi et l’employabilité des jeunes et des femmes, l’Afrique pourra certainement faire la différence dans un monde maillé et adossé aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Dynamique, ambitieux et très engagé, il encourage les porteurs de projets en Afrique Francophone à travers son engagement auprès de Proxim’Jeunes, une structure associative de droit sénégalais d’aide à la création d’entreprises dont il est fondateur et président.
Son rêve : « développer les talents des jeunes, encourager la réussite individuelle et utiliser l’entrepreneuriat comme levier de lutte contre la précarité ».
Remerciement
Je remercie particulièrement Monsieur Amadou Lamine DIENG, Directeur Général de l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ) pour son soutien et son encadrement dans ma carrière professionnelle.
Dédidaces
Je dédie cet ouvrage aux jeunes et aux femmes d’Afrique épris de l’esprit d’entreprise, particulièrement aux jeunes Sénégalais pour la promotion de l’auto emploi dans la mise en œuvre du Plan Sénégal Émergent du Gouvernement du Sénégal.
Préface

Mettre en accompagner œuvre des idées maitresses pour la création d’entreprises innovantes et créatrices de valeur inclusive est un défi majeur dans l’Afrique du 2lème siècle. Prendre l’initiative de publier un livre sur comment entreprendre dans un contexte multiculturel complexe parsemé de différentes contraintes fortes, ayant pendant des siècles assujetti les pays à une dépendance ombilicale avec la métropole, n’est pas tâche facile.
Ce livre part du principe qu’il faut des précurseurs dans la recherche, l’analyse et la mutualisation de modèles d’entreprises gagnantes dans les territoires Africains. Il est important de relever qu’outre les aspects méthodologiques liés au montage d’une entreprise en tensions liées Afrique, le créateur subit de fortes au contexte global, aux réalités culturelles, à la longue dépendance sur les biens et services étrangers, le manque d’audace de la part des jeunes Africains, le déficit de ressources, la mauvaise compréhension des logiques du marché parmi tant de facteurs bloquants.
L’analyse et la présentation d’outils pour le créateur d’entreprise ressort d’une approche simple d’assister dans les procédures formelles de mise en place des projets. L’économie informelle est un secteur fourre tout percutant et la difficulté réside dans les facteurs structurels comme l’analphabétisme, le manque d’organisation, l’absence de cadres d’échange entre jeunes créateurs du secteur, mais surtout le déficit de manuels accessibles pour former les jeunes et les femmes dans le domaine.
La problématique de l’entreprenariat en Afrique reste un thème complexe avec des lectures et des paradigmes hors du commun. L’entreprise classique n’a rien à voir avec l’entreprise africaine. Comment appréhender les relations de subordination entre Africains ? Est-ce le même contenu quand il s’agit d’une entreprise de propriété ou d’organes de gestion occidentaux. Quels sont les facteurs humains et sociaux à prendre en compte dans une entreprise africaine ? La difficulté majeure des analystes, des professionnels et des chercheurs réside dans l’inadéquation entre les conditions de gestion de la rentabilité face au temps. D’ailleurs au troisième millénaire, le temps africain se démarque symboliquement du temps mondial. Le temps devient ici un concept polysémique, car pour un Africain, même intellectuel, le temps est lié au temps passé avec les parents éloignés durant les cérémonies baptêmes, les funérailles, les anniversaires, les fêtes religieuses et autres festivités. Ces moments, ces temps en dehors du temps professionnel de travail font partie entière de la vie du chef d’entreprise. La question est maintenant de savoir comment concilier tradition et modernité ? Nous pensons qu’il est pertinent de penser globalement, mais agir localement en fonction de ses réalités. L’Afrique n’est pas l’Amérique, ou l’Asie ou l’Europe. Ce qui est permis ailleurs ne l’est pas forcément ici et vice versa.
Les pages de ce livre nous plongent dans un univers dynamique avec un folklore entrepreneurial africain, une saveur continentale de la création d’entreprise. Ceci n’est nullement une réflexion achevée, mais plutôt un début dans la recherche des modèles innovants et inclusifs de création et de développement des entreprises en Afrique.
Je recommande vivement ce livre à tous jeunes Africains qui veulent oser pour une Afrique plus entreprenante, une Afrique qui gagne.
Docteur Alain CAPO CHICHI, PDG du groupe CERCO.
Élu en 20l0, meilleur jeune entrepreneur de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest.
Élu en 2005 par la Jeune Chambre Jnternationale, un des l0 jeunes les plus remarquables au monde.
Introduction
La qualité d’une économie locale du point de vue de sa croissance à long terme se mesure aussi par le nombre d’entreprises ayant survécu les bouleversements, les crises, les transformations et dynamiques globales comme locales sur une période donnée. Cette statistique est souvent calculée par année dans les pays de l’Afrique au sud du Sahara.
Dans ces pays nés après l960, et particulièrement au Sénégal, 200 entreprises en moyenne ferment chaque année suite à un déficit d’informations sur les marchés, un manque de valorisation des activités naissantes, une politique prévisionnelle de gestion des ressources humaines peu développée, une rareté du financement pour les entreprise en phase de démarrage et surtout un manque d’encadrement ou d’assistance avérée des initiatives privées à fort impact industriel. Certains pays sont en avance sur d’autres dans ces domaines et au Sénégal le Doing Business signale des avancées remarquables en 20l4. Les pays du Maghreb et ceux de l’Est du continent font des efforts soutenus dans la mise en place d’un cadre favorable et incitateur au rayonnement des Petites et Moyennes Entreprises. Certains territoires innovants, dont le Nord italien, le Japon, la Chine, le Brésil, le Rwanda et l’Inde, ont montré des exemples gagnants vers l’émergence. Il s’agit aux créateurs d’entreprise de s’insérer dans des créneaux porteurs avec une main d’œuvre bien préparée pour tirer un maximum de profit d’une économie du savoir à l’échelle planétaire. Les technologies de l’information et de la communication ainsi que diverses plateformes d’interconnexions ouvrent le chemin d’un partage global, du développement d’un know how basé sur des blogs et des réseaux de knowledge Management connus pour tout jeune porteur de projet de création d’entreprise épris de succès.
L’ultime nécessité de sortir un livre et des outils d’accompagnement pédagogiques pour permettre une meilleure préparation des futurs jeunes entrepreneurs Africains, la mise en place de mécanismes appropriés dédiés pour un meilleur encadrement des porteurs d’idée de création d’entreprise adossée à un éclaircissement sur la démarche entrepreneuriale inclusive est un acte plus qu’important de leadership dans le développement des Petites et Moyenne Entreprises du continent.
Ce livre permet aux chercheurs, aux enseignants des universités et des grandes écoles de commerce francophones ainsi qu’aux instructeurs de cas d’entreprise dans les sphères de la formation comme l’École de Management de Casablanca ESCA, l’École Supérieure Algérienne des Affaires d’Alger ESA, les établissements d’enseignement supérieur privé du Sénégal tels que l’Institut Africain de Management IAM Dakar, l’Institut Supérieur de Management ISM, l’École Supérieure de Commerce de Dakar (Sup de Co), le Centre Africain d’Études Supérieures en Gestion le CESAG, Bordeaux École Management BEM Dakar, l’Académie Franco-américaine de Management de Libreville AFRAM, le groupe CERCO en Afrique francophone, MDE-IESE en République de Côte d’Ivoire ou d’autres écoles de la sous-région de disposer d’un manuel pratique en entrepreneurship pour aider les jeunes à développer leurs capacités d’entreprendre et de devenir des employeurs.
Le cas de la petite laiterie de chamelle Tiviski en Mauritanie avec Madame Nancy Abeiderrahmane, Fondatrice et Directrice Générale de ladite société, analysé et succinctement présenté dans ce livre permet aux enseignants, aux chercheurs Européens, aux analystes Asiatiques et Américains du réseau de la GBSN à Washington DC, de l’EFMD à Bruxelles, de AABS en Afrique du Sud de mutualiser des approches et des modèles de succès entrepreneuriaux sur le continent Africain. Ce cas est basé sur le modèle inclusif de développement durable dans une perspective territoriale.
Il n’existe pas dans le domaine de l’entreprenariat ONE SIZE FITS ALL (taille unique), chaque contexte est différent et l’Afrique a ses réalités historiques, culturelles, linguistiques, politiques et sociales. Sur le plan social, la pauvreté ne se mesure pas simplement en termes monétaires, mais plutôt en termes d’accès à l’eau potable, à la santé et à l’éducation donc dans une approche multidisciplinaire, mais aussi non monétaire.
Nous ne vivons pas en Afrique le même prisme et la même grille d’évaluation de la richesse que les pays ayant connu le Siècle des lumières. Le partage avec sa communauté, la solidarité et l’entraide, les valeurs de partage avec la famille éloignée sont des réalités typiquement africaines.
Les modèles entrepreneuriaux ressortent dans certains cas des aspects non compris dans un environnement d’un pays occidental comme l’Allemagne, la France ou le Royaume-Uni. Ces pays sont par essence dans une logique à forte dominance d’individualisme, tandis que l’homme africain ne compte que dans une lignée, une communauté, une ethnie ou un village donné. Néanmoins du point de vue du management, la gestion d’une entreprise et sa rentabilité restent une constante immuable partout sur terre. Une entreprise qui n’est pas rentable disparait simplement. Comment concilier vie communautaire et impératifs de rentabilité ? Il y’a plutôt une approche explicite sur les fondements de la rentabilité du point de vue des finances et ne pas nier les impacts sociaux positifs à intégrer dans la vie d’une petite et moyenne entreprise Africaine.
Dans cette complexité, comment accompagner les jeunes entrepreneurs africains à développer des entreprises durablement rentables ? Ceci est une problématique que nous ne pouvons répondre dans ce manuel. Néanmoins nous cherchons simplement à partager des outils et des méthodes inclusives pour assister la jeunesse africaine dans la mise en place de projets gagnants, viables et solidaires à long terme. Ceci n’est pas une tâche facile et chacun pourra défendre sa perspective. Nous souhaitons rester ici dans une perspective humaine et territoriale.
Ce travail s’inscrit dans la mouvance du développement de l’entrepreneuriat et du développement durable telle qu’indiquée par la carte du Global Monitoring Accreditation Committee (Commission Americaine d’Accreditation des grandes écoles en 20l3, présentée à European Foundation for Management Development (EFMD) Africa Conférence en novembre 20l4 dans plusieurs pays du continent. La vision du nouveau leadership Africain est de s’engager définitivement dans la responsabilité globale de l’entreprise moderne et la recherche dans les politiques publiques nationales pour une employabilité effective des jeunes et des femmes dans tous les secteurs porteurs d’économies locales dans une logique de résorption du chômage des diplômés et l’empowerment (l’autonomisation) des communautés de vie. Avec des pays comme l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, le Maroc, la Tunisie, le Nigéria, le Ghana, la Guinée Équatoriale, le Sénégal et d’autres pays, l’entrepreneurship fait son entrée définitive dans le continent pour des mies durables, inclusives, pérennes et enfin émergentes. Les indicateurs d’urbanisation, de scolarisation des filles, de l’accès au transport, de l’accès à internet parmi d’autres critères donnent espoir en ce 2lème siècle dans le continent noir. Ceux qui osent pourront faire la différence et occuper une place dans le concert des petites et moyennes entreprises innovantes et gagnantes. Il y’a bien sûr des niches réelles sur le marché national, régional et continental. C’est justement le temps de saisir le momentum (élan).

La carte ci-dessus donne un espoir nouveau et sûr aux jeunes Africains, car le continent porte le flambeau du développement de l’entreprenariat surtout de la très petite entreprise. Au Sénégal par exemple, les jeunes doivent saisir les opportunités du Plan Sénégal Émergent et la dynamique globale déclenchée du développement des services comme les banques, la téléphonie mobile, l’internet et les inforoutes de la communication mondialisée, la proximité des marchés régionaux, la jeunesse du continent Africain avec une émulation positive des pays comme le Ghana, le Kenya, l’Angola, la Guinée Équatoriale et le Rwanda. Même le Gabon demande une seconde et une troisième transformation du bois pour élargir la chaine de valeur à ses communautés locales. C’est un exemple concret d’appropriation des leviers territoriaux. Qu’en est-il du Sénégal dans le secteur halieutique ou dans la transformation des oléagineux ?
Il s’agit donc pour nous de replacer l’Afrique face à son capital humain, environnemental, économique et social, devant ses potentialités et ses ressources naturelles pour faire des territoires, longtemps relégués au second plan par des indices de pauvreté parfois biaisés, des espaces d’innovation, de créativité et de développement durable pour une l’émergence de modèles d’entreprises gagnantes avec une forte valeur ajoutée des produits et des services pour des économies endogènes et non extraverties.
Le continent regorge certainement de matières premières, de jeunes en âge actif pour accompagner les petites et moyennes entreprises, de femmes productrices et créatrices de valeur, de ressources financières avec un secteur bancaire plus ou moins dynamique avec des produits et services diversifiés, d’institutions publiques d’accompagnement au développement des entreprises comme l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ) et l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) au Sénégal. Cependant il y a un besoin criard de formation et de maintien d’une classe moyenne apte à porter les défis d’un développement de clusters maillés dans les territoires Africains. Ce sont ces maillages de différentes chaines de valeur qui permettent de stimuler un cycle vertueux dans une économie locale.
La jeunesse, et la place du continent dans les évolutions globales entre 20l0 et 20l4 montrent que les taux de croissance les plus élevés sont signalés en Afrique. Il est indispensable de faire la différence dans l’exploitation rationnelle des ressources agricoles, halieutiques et d’élevage vers une transformation achevée des produits. La chaine de valeur offre ici un cadre d’épanouissement sûr pour des demandeurs d’emploi et une création de richesse collective.
Première partie L’idée
Entreprendre c’est tout d’abord rêver, se libérer d’une idée de projet, descendre dans son for intérieur et arborer les pentes de la créativité. Créer c’est enfanter, c’est aussi souffrir, car il n’y a de vie en une création qu’après une douleur. Pour venir au monde, respirer la première bouffée d’air, le bébé naissant a besoin de pleurer pour libérer ses poumons. Le réceptacle d’une idée de création d’entreprise est un être humain. Ce dernier a des souffrances, des espoirs, des peurs, et il a aussi à prendre un risque pour jouir de la créativité. C’est bien de penser à entreprendre, mais il faudra le faire avec de la passion, de l’engagement, de la conviction, des sacrifices, des contraintes, des choix, des défis et des challenges. C’est ainsi que la fibre entrepreneuriale nait en l’entrepreneur. L’idée est la base de toute intention de création d’une activité génératrice de richesse. Elle se matérialise par une pensée ou une imagination d’une observation dans le but d’apporter une solution face un problème identifié. L’idée d’entreprendre peut provenir soit de vous, soit d’autres personnes. Si votre idée est un nouveau concept, il vous faudra du temps pour la concrétiser et la faire accepter par le grand public.
Si votre idée existe et est déjà exploitée, la stratégie reste à bien étudier votre projet en vous distinguant de la concurrence. Dans ce cas, mettez en place une approche commerciale tirée par la demande et non par l’offre. Les idées de création d’entreprise sont partout et dans tous les coins de rue, il suffit d’ouvrir ses yeux et examiner son environnement immédiat ou tendre ses oreilles et être à l’écoute des besoins des populations. Il vous est certainement arrivé parfois d’observer une situation et d’en déduire une opportunité d’affaires ou d’entendre quelqu’un se plaindre de l’utilisation d’un tel produit ou d’un tel service. Toutes ces situations militent en faveur de la mise en place d’idée de création d’entreprise.
Dans le contexte africain, il faut se référer à un certain nombre de règles connues, mais les entourer d’éléments culturels, politiques et structurels qui marquent les vécus et les potentialités. Le continent Africain recèle de potentialités et de ressources naturelles importantes cependant la question de la prise du risque est un frein à la création d’entreprise. Dans ces conditions, il devient important de distinguer ce qui revient aux lois de l’initiative entrepreneuriale, de ce qui relève des exigences du milieu et d’en fixer les relations et les interdépendances.
Pour étayer nos propos, nous présenterons une idée de création d’entreprise en Mauritanie et nous suivrons ensemble toutes les étapes de cette réussite entrepreneuriale comme cas d’apprentissage dans cette publication.
Cas pratique 1 : Nancy Abeiderrahmane, Fondatrice et Directrice Générale de la société Tiviski.
Nancy Abeiderrahmane est une Mauritanienne d’origine anglaise qui a su décrypter rapidement les signaux culturels d’une communauté Hassanya Mauritanienne pour en faire un levier économique, et aussi social de création de richesse. C’est une entrepreneure hors pair dans la prise de risque, le sens aigu de la méthode, la rigueur dans le management des équipes, le suivi technique et financier, mais aussi le flair des opportunités en contexte africain.
La chamelle est un marqueur territorial dans un environnement culturel islamique grâce à ses liens avec la religion, dans les milieux désertiques en Arabie. Le lait comme la viande de chamelle est halal.
Partant d’une réalité de demande tirée de lait frais par les consommateurs Mauritaniens, Nancy Abeiderrahmane a su tirer profit d’un besoin clairement exprimé par un marché spécifique pour le traduire en une entreprise qui produit du lait de chamelle dans la proximité de la culture communautaire Hassanya des Badiyas autour de la ville de Nouakchott.
Du lait rafraichissant Mauritanien ou lait frais distribué à tour de rôle dans une petite calebasse sous les dattiers, Nancy Abeiderrahmane propose 20 types de produits raffinés dont des yaourts délicieux aux supermarchés et boutiques de quartier du centre-ville de Nouakchott Tavarzine aux périphéries urbaines de l’agglomération de Nouadhibou. La société Tiviski en Mauritanie continue son chemin et sa croissance et reste un success story à partager avec de jeunes entrepreneurs, des étudiants à la recherche de bonnes pratiques en matière d’entrepreneuriat, des chercheurs et auteurs de cas comme des enseignants aux programmes de Master en innovation et créativité à travers le continent Africain.
Naissance de l’idée : où trouver votre idée ? L’origine de votre idée ?
Une rencontre, un environnement de travail, une discussion durant un voyage, l’abordage d’une chambre d’hôtel, etc. Tout est cadre de remise en question, de réflexion ou de prise de position par rapport à une idée de création d’entreprise. Il n’existe pas un lieu précis pour la naissance d’une idée d’entreprendre. C’est un moment précis de sa vie, de sa carrière, et de son vécu personnel. Aucun chef d’entreprise ne ressemble à un autre. Les empreintes digitales sont toutes différentes et il en est de même pour les dirigeants d’entreprise. Contrairement à la rédaction simplifiée avec certaines machines, il n’existe pas de copier-coller en création d’entreprise. L’idée de créer une entreprise peut naître d’une envie de travailler pour son propre compte ou un désir d’indépendance entre autres. Elle se matérialise par une imagination de départ, s’améliore avec le temps et se concrétise selon l’état d’avancement du projet. Plusieurs occasions de la vie ouvrent des opportunités d’une intention de développer une idée de création de société.
L’observation : le fait de constater et d’examiner son environnement peut impulser en vous une capacité à réfléchir sur des idées pertinentes et peut vous pousser à la réalisation d’un projet pour répondre à un besoin spécifique. L’observation doit aussi être structurante et non superficielle simplement pour créer une entreprise, car les défis sont partout.
À son arrivée dans les territoires nomades autour de la capitale Nouakchott en Mauritanie, Nancy Abeiderrahmane a vite compris que le lait de chamelle faisait partie du mode de vie des peuplements Hassanya. Aller à la Badiya pour partager ensemble une calebasse de lait de chamelle entre parents et amis d’une communauté était tout juste normal et culturel. En plus elle avait compris que le lait bu dans ces conditions ne garantissait aucune qualité ni des normes d’hygiène classique. C’est ainsi qu’elle s’est rappelée d’un rêve qu’elle avait depuis une petite campagne espagnole et une laiterie semi-industrielle qu’elle pensait mettre en place. Les liens entre l’existence du lait de chamelle, bien prisé par les maures avec un manque de qualité /accessibilité aux agglomérations urbaines de Nouadhibou comme de Nouakchott ont allumé en elle l’idée de développer une laiterie de chamelle en Mauritanie. Elle a pensé passer d’un partage du lait de chamelle en campagne Badiya Mauritanienne à un partage de proximité valorisé au sein des étalages de supermarché.
Dans le cas de Nancy Abeiderrahmane, Fondatrice et Directrice Générale de la société Tiviski, nous signalons que :
Au moment du démarrage de ses activités, l’entreprise Tiviski fait face à plusieurs défis propres au contexte Mauritanien : la collecte du lait et sa distribution, l’absence d’organisation du secteur, les perceptions des fournisseurs et des clients et le manque de compétences locales avancées en gestion d’entreprise dans la localité ciblée.
Le premier défi majeur que doit relever l’entreprise Tiviski est la collecte du lait. À cause des conditions climatiques très sèches et de l’éparpillement des pâturages, le rendement laitier des troupeaux est faible. Même si une chamelle mauritanienne très productive peut fournir jusqu’à neuf ou dix litres de lait par jour, la production moyenne par chamelle est d’environ 3 à 3,5 litres par jour 2 . La production de lait au kilomètre carré est donc peu élevée. De plus, le lait doit être collecté auprès de bergers qui ont un mode de vie nomade ou semi-nomade. Outre la nature éparse des pâturages, la faible productivité est due à la quasi-absence de gestion des ressources naturelles dans la mesure où il n’existe pas de programme national pour entretenir et développer les zones de pâturage.
Le deuxième défi est la distribution et la vente des produits laitiers. Il faut un marché suffisamment large pour profiter des économies d’échelle liées à la collecte et à la transformation du lait. Pour distribuer le lait en ville, les produits doivent être emballés, ce qui demande une pasteurisation et une réfrigération dans des équipements modernes.
Le troisième défi de Tiviski est l’absence d’organisation du secteur des produits laitiers en Mauritanie. Le lait frais est traditionnellement offert aux voisins ou vendu dans des conditions d’hygiène incertaines sans réfrigération. Il n’y a pas de réglementation gouvernementale pour la production de lait. Cependant, au sein du ministère du Commerce, on entreprend des efforts pour organiser et appuyer l’industrie 3 . Par ailleurs, les producteurs de lait sont éparpillés sur le territoire et il n’y a pas vraiment de service vétérinaire ni d’autres services pour les animaux d’élevage.
Le quatrième défi est le manque de compétences et de services commerciaux dans sa zone de chalandise. Bien que les nomades mauritaniens soient naturellement de bons vendeurs, ils ont généralement peu d’expérience en gestion d’entreprise structurée. Dans ce milieu le taux d’analphabétisme approche les 80 %. De plus, les banques ne soutiennent pas forcément le secteur privé et il y a un manque général de structures administratives et financières favorables au développement des petites industries locales.

Le cinquième défi de l’entreprise Tiviski est de s’occuper des traditions et croyances associées à la vente du lait. Il s’agit de rompre avec un dogme social traditionnel, selon lequel la vente du lait ne serait que l’affaire des plus pauvres et des démunis. En même temps, l’entreprise doit convaincre certains citadins qu’il est parfaitement acceptable sur le plan social de consommer des produits laitiers locaux.
En plus de ces défis, l’entreprise Tiviski fait face aux mêmes obstacles que tous les autres acteurs du pays : un climat désertique hostile avec des sécheresses parfois extrêmement longues et un manque général d’infrastructures de transport.
La beauté d’une idée de création d’entreprise se trouve dans la transformation des défis en opportunités pour la création de valeur. C’est ici que le sens de l’imagination et de la finesse joue dans le leadership transformationnel de l’entrepreneur.
Dans le cas de Nancy Abeiderrahmane, son mari l’avait bien averti que la culture maure est réfractaire aux femmes de pouvoir, aux femmes qui prennent la décision finale. C’est devant cette situation qu’elle a su gérer ses relations interpersonnelles avec la communauté en étant plus orientée vers l’accompagnement social des populations nomades dans l’accès à certains services, dont la vaccination des enfants de moins de 5 ans, l’accès à un service vétérinaire pour leurs troupeaux entre autres. La prise de risque dans ce contexte est alliée à une gestion des menaces qui pèsent sur l’idée de création d’entreprise. Cette dimension humaine dans l’idée et la conception entrepreneuriale a permis de minimiser le risque d’acceptabilité par les populations locales et plus tard a fait de Nancy Abeiderrahmane une femme non concurrencée dans la production du lait en Mauritanie. Tous les autres qui ont imité son idée se sont vus rejeter par les consommateurs et ont fait faillite rapidement. C’est la dimension sociale dans les premières phases de la conception qui a permis une confortation de l’idée par les futurs fournisseurs et aussi les consommateurs finaux.
Les voyages et déplacements : le changement de milieu ou de cadre géographique peut vous permettre de découvrir de nouveaux produits et services et peut susciter en vous l’idée d’importer un concept qui existe ailleurs. Par exemple dans notre cas avec Nancy Abeiderrahmane dans la création de l’entreprise Tiviski. Il est intéressant de vivre l’évolution de l’idée de l’étape exploratoire chaotique au passage dans des défis de divers ordres pour par la suite éclore dans la réalité de l’idée conçue par l’entrepreneur. À la fin des années l960, Nancy Abeiderrahmane, qui a grandi dans un milieu britannique, étudie en Espagne et effectue des recherches sur la Mauritanie. Elle y déménage finalement en l970 avec son mari mauritanien. Au fil des années, ils vont avoir deux fils et deux filles. Dans les premières années, Nancy Abeiderrahmane vit dans les quartiers populaires de la capitale Nouakchott. L’idée de monter une entreprise de production de lait prend forme lorsqu’elle visite une petite manufacture laitière en Europe en l985. Elle voit immédiatement la possibilité de transformer le lait à Nouakchott où la vente du lait de chamelle se fait de porte en porte dans des conditions primitives et peu sanitaires. Elle veut donc mettre sur pied sa petite affaire en Mauritanie, mais n’a pas les ressources financières nécessaires. Elle prépare une étude de faisabilité et essaie de vendre son idée. Cependant, ses premières tentatives pour collecter des fonds sont infructueuses. Elle persiste néanmoins et obtient finalement un prêt de la Caisse Française de Coopération Économique (CFCE) 4 d’un million de francs français (environ l50 000 euros) de l’époque.
L’idée de créer une entreprise peut aussi émaner d’autres sources :
– un concours de circonstances : dans la vie de tous les jours, vous côtoyez des personnes avec qui vous échangez sur des sujets d’actualité ou sur des thèmes à caractère général. Dans certaines rencontres peuvent naître des possibilités d’exploiter une activité créatrice de revenus. Saisissez toutes les opportunités qui s’ouvrent à vous.
– l’incidence du milieu professionnel dans lequel vous évoluez : votre environnement de travail peut être favorable à la naissance d’une idée de création d’entreprise et à sa concrétisation.
– des rencontres professionnelles : les salons, foires, forums et autres espaces d’échanges permettent à plusieurs individus de partager de bonnes pratiques. Au sortir de ses échanges, de multiples idées de création d’entreprise peuvent se présenter.
Créer une entreprise, c’est avant tout mettre en situation un acteur du territoire, mettre en œuvre une structure ou un contenant de vos activités. De manière générale, les déterminants qui caractérisent l’acteur et la structure répondent à des paradigmes universels qui sont abordés par de nombreux spécialistes et analystes en gestion des entreprises. Le créateur d’entreprise n’est pas attaché à un certain milieu social qui fixe ses contraintes et que l’entreprise n’est pas insérée dans un tissu économique et politique aux spécificités bien réelles.
Naît-on entrepreneur ou le devient-on ?
En quoi un entrepreneur africain est-il différent de son homologue des autres continents américain, asiatique ou européen ? L’environnement et le cadre de vie social ou politique sont-ils explicatifs pour l’apparition de la fonction entrepreneuriale ? Ces questionnements sont importants pour les jeunes entrepreneurs africains d’aujourd’hui. Il y’a à signaler dans les recherches qu’il existe un environnement plus ou moins favorable à l’émergence d’une classe moyenne dans les pays pauvres. Il reste un fondement important dans la quête d’un contexte d’appel.
Suivant les travaux de Richard P. des années l990, les réalités politiques, les situations économiques et les orientations publiques des pouvoirs dirigeants campent un décor capable de susciter ou non une mouvance entrepreneuriale dans un pays. L’action d’entreprendre s’inscrit dans un environnement caractérisé par un certain degré d’hostilité dû à des interprétations idéologiques restrictives ou par un dispositif concurrentiel plus porteur. Ce dernier s’exprime à travers les arbitrages nationaux qui orientent la politique entrepreneuriale plus ou moins favorablement pour les opérateurs locaux. C’est le cas de la promotion de l’emploi des jeunes au Nigéria, au Ghana, au Cameroun, au Mali, au Sénégal et plusieurs autres pays d’Afrique. Mais entreprendre, c’est aussi accepter les risques qui donnent aux initiatives une plus ou moins grande probabilité de réussite tandis que les contraintes d’ordre structurel tracent les conditions objectives d’accès à la création d’entreprise. L’Afrique subsaharienne et les pays Maghreb dont le Maroc, la Tunisie et l’Algérie offrent, au gré de la cinquantaine de nations qui les composent, et de l’évolution de leurs choix au cours de plus de trois décennies, une multitude d’expériences à faire valoir. Cependant le continent africain a évolué d’une suspicion agressive ou tatillonne à l’encontre des entrepreneurs vers un appel à contribution plus ou moins fructueux. Notons cependant les percées importantes au Rwanda, en Tanzanie, au Kenya, en Afrique du Sud, au Ghana et au Nigéria. Les pays comme les îles Seychelles et les îles Maurice font la différence dans ce domaine. Les modèles de ces derniers méritent une analyse détaillée pour des apprentissages nouveaux.
Classification des idées de création d’entreprise
La fonction entrepreneuriale peut être remplie par divers agents économiques répartis entre la puissance publique, les agents étrangers et les acteurs nationaux. Il est possible de dresser une typologie entrepreneuriale adaptée aux diverses approches étatiques. Les typologies des idées sont fonction de la configuration de l’environnement de création. Les fins justifient les moyens dans ce cadre. Aussi c’est d’abord penser superstructure avant de penser infrastructure. Nous signalons que l’idée a une taille pour mieux la concevoir. Les réalités étatiques publiques, la configuration internationale, les réalités réglementaires et le contexte socio politique sont des déterminants puissants dans l’idée de création d’une entreprise. En effet l’idée est assujettie à un questionnement sur sa faisabilité. Tout dépendra du marché ciblé et des acteurs en jeu dans l’environnement et le contexte. Il n’existe pas de classification canonique en l’état. Néanmoins les chercheurs se penchent quelques types d’entrepreneurs susceptibles de développer une idée d’activité économique.
En dehors des individualités locales passant des analphabètes aux jeunes diplômés des écoles de commerce ou des universités, les entrepreneurs sont tous différents et on peut citer : l’État, les entrepreneurs transnationaux, les étrangers comme les Libano-Syriens historiquement connus dans l’entreprenariat, les entrepreneurs nationaux comme les initiatives d’import-export et les entrepreneurs informels. Cette classification entre preneuriale relative a nécessairement des correspondances avec les politiques nationales qui privilégient telle ou telle autre forme d’entrepreneurs dans un territoire. Nous pouvons dresser un tableau croisé dynamique mettant en valeur les correspondances les plus fortes. Néanmoins le type d’entrepreneur qui focalise davantage notre attention, est celui qui émerge de la libre entreprise en milieu Africain. Cet individu peut partir d’une situation plus ou moins informelle, traverse toutes les contraintes liées au contexte africain et par la suite émerge avec un modèle d’entreprise gagnante. Les entrepreneurs comme Cheikh Mbacké Ndiaye dans la construction immobilière qui est un anticonformiste, défendent que l’entreprenariat se base fondamentalement sur un timbre de soi, sur des valeurs de travail, de rigueur et d’éthique. Ce dernier pense qu’il faut passer de petites idées porteuses à des petites et moyennes entreprises dynamiques en Afrique. D’autres dont Khadim Kébé dans le même secteur pensent qu’un entrepreneur africain doit être un aguerri dans la recherche de l’excellence et la perfection pour ses marchés. Ndèye Fall Samb une jeune femme pleine d’initiatives et de talents pour sa part considère qu’un entrepreneur doit être passionné et que l’exploitation de son activité doit d’abord lui procurer une satisfaction personnelle. Bara Guèye de Clean Oil défend que la créativité est dans l’intelligence humaine, il recommande aux jeunes de mettre en pratique leurs idées, car une théorie non appliquée ne vaut rien. Amina Mbengue de IMAN Prestige est une icone dans la communication sociale, de prestige et de proximité qui apporte un nouveau dynamisme dans les sphères de création et de développement d’entreprises innovantes au Sénégal. Pour Madame Mbengue être jeune en Afrique est un grand avantage pour entreprendre et développer ses talents créatifs, car l’environnement est favorable. Le jeune entrepreneur Alioune Badara Diouf dans l’Écotourisme en Casamance stipule que les traditions locales, les constellations communautaires, les danses, les chants et les langues vernaculaires sont un trésor de créativité et d’innovation entrepreneuriale. Yaye Khary Ndiaye fondatrice de Bioessence à la Société du domaine industriel de Dakar (SODIDA) à Dakar reste convaincu que le beurre de karité de Kédougou et les différentes essences de NIM, de SOUMP et autres sont de qualité biologique mondiale. D’autres entrepreneurs comme Marie BA à BDO Consulting sont des spécialistes incontournables dans la gestion des petites et moyennes entreprises locales et des grandes entreprises sous régionales. Des jeunes entrepreneurs de l’École Supérieure Polytechnique (ESP) de Dakar sont dans les nouvelles technologies dont le système E-control dans l’optimisation de la gestion de l’énergie électrique couplée aux énergies renouvelables.
Nous pouvons citer de plus grandes initiatives comme Money Express avec Meissa Déguène Ngom, SEDIMA avec son frère Babacar Ngom, Comptoir Commercial Bara Mboup (CCBM) avec Serigne Mboup, NMA Sander de Ameth Amar et Teylium avec Yérim Sow. Ces entrepreneurs ont du talent, du mérite et de la reconnaissance des économies locales sénégalaises, le milieu des affaires dans la sous-région et les partenaires au développement. Ils sont dans une dynamique sans retour de la renaissance entrepreneuriale africaine et nous les encourageons vivement.
Les entrepreneurs africains sont tous différents, mais ont en commun le sens des affaires. Si certaines stratégies leur sont plus favorables, l’émergence et la pérennité de leur projet sont largement conditionnées par certaines spécificités, la culture, et certains comportements personnels.
Partage de quelques typologies d’entrepreneurs
L’entrepreneur étranger
L’image classique de l’entrepreneur étranger est celle de l’agent qui s’est implanté durant l’époque coloniale dans une exploitation agricole ou industrielle. À l’Indépendance, une nouvelle vague lui a succédé, attirée par l’ouverture de nouveaux marchés.
Considérant une pénurie de capitaux en Afrique et le manque d’initiatives, la perception que l’on avait de l’entrepreneur étranger s’est radicalement inversée depuis quelques années. Il est maintenant activement recherché et l’on procède à mille séductions : avantages fiscaux, réglementations spéciales, aménagements privilégiés, statut douanier spécifique. Les pays se concurrencent entre eux, mais cela ne suffit plus, tant la situation économique générale reste préoccupante et délabrée alors que s’ouvrent, en Europe Centrale, des marchés qui, pour être faibles, sont néanmoins considérablement plus solvables qu’en Afrique.
En Mauritanie la situation de Nancy Abeiderrah-mane en tant que femme étrangère dans une culture islamique ne lui est pas favorable au départ. C’est un cocktail de caractéristiques complexes dans un environnement typiquement nomade. Le désert est aussi dur et hostile pour un Européen qui n’en connait pas encore les réalités. L’environnement mauritanien nous apprend ici beaucoup sur la créativité et l’innovation entrepreneuriale. La Mauritanie est un pays recouvert presque entièrement de déserts arides, et la grande majorité des trois millions d’habitants sont des bergers nomades ou semi-nomades gardant chameaux, moutons, chèvres ou vaches. Après son indépendance de la France en l960, la Mauritanie a subi plusieurs grandes sécheresses entre l970 et l979. Pendant cette période, la capitale Nouakchott a vu sa population passer de l00 000 à près d’un million d’habitants, la vie d’élevage de subsistance devenant de plus en plus précaire. Le déplacement de la population des zones de pâture traditionnelle vers les centres urbains n’a pas été associé à une hausse significative des secteurs manufacturiers et autres activités économiques dans les villes. Dans un pays du Sahel tel que la Mauritanie, l’élevage de troupeaux est essentiellement une activité nomade.
C’est particulièrement vrai pour l’élevage des chameaux, qui peuvent se nourrir sur des pâtures peu denses et couvrir des distances plus longues que les autres animaux. La densité des troupeaux est relativement faible, étant donné l’éparpillement et le nombre limité des zones de pâture dans les déserts. Il n’y a pas de fermes ni de clôtures dans le pays et, avant la création de l’entreprise Tiviski, il n’existait aucun équipement de traite ni d’infrastructures de stockage du lait frais. Bien que les familles nomades boivent traditionnellement le lait de leurs chameaux et des autres animaux d’élevage, on ne trouvait pas de lait frais en contenants ni de produits laitiers transformés dans les épiceries et petits magasins de Nouakchott avant l’arrivée de Tiviski sur le marché. Les seuls produits commercialisés étaient alors le lait en poudre ou le lait ultra haute température (UHT) importés principalement d’Europe. Les Mauritaniens consommant en moyenne un demi-litre de lait par personne et par jour, la population urbaine croissante était obligée d’acheter du lait importé quand elle ne pouvait se le procurer auprès d’amis éleveurs.
L’entrepreneur national
C’est dans le commerce et les fameuses « sociétés d’import-export » que les initiatives africaines abondaient. La création d’une unité industrielle soulevait davantage de réticences. L’entrepreneur, souvent assimilé à un ennemi de classe ou à un relais de l’étranger, disposait d’un contexte difficile et se heurtait à une administration tatillonne ou arbitraire. Les banques, faute de recevoir de solides garanties, n’accordaient ni leur confiance, ni leurs crédits.
Aujourd’hui, l’État mesure qu’il n’a pas la compétence requise pour apprécier les mille facettes d’un marché. De « simulateur » l’État doit convertir son rôle en stimulateur pour faire émerger une classe d’entrepreneurs collant au marché, se réajustant à la concurrence, s’immergeant dans les évolutions technologiques. Voici l’État déléguant des initiatives qu’il avait cru devoir s’approprier pour bâtir l’économie, lorsqu’il mesure toute la souplesse nécessaire à la fonction entrepreneuriale. Initiative individuelle, groupe sociétaire, coopérative, partenariat avec l’étranger, désormais toutes les formules sont appelées par les autorités.
L’entrepreneur de l’économie informelle
Africain, mais pas nécessairement national, l’entrepreneur de l’économie informelle intervient dans deux types de domaines. D’une part, le fondateur d’une micro-entreprise dispose d’un capital réduit, ne s’acquitte pas d’obligations fiscales et rémunère ses employés en dehors des mesures conventionnelles fixées par l’administration (Penouil M., Lachaud J.-R, l985). Sa hiérarchie de prix et l’éventail des biens et des services qu’il propose correspondent aux besoins des couches moyennes et répondent à une structuration économique incomplète. Sa croissance bute sur des seuils qui en feraient basculer l’entreprise dans le secteur formalisé. Sa réussite se manifeste alors par l’essaimage et la diversification des activités. Globalement, ce secteur absorbe une part très significative de la main d’œuvre, souvent supérieure à celle du secteur industriel officiel. D’autre part, l’entrepreneur informel apparaît dans l’infra-entreprise, activité qui correspond à une autocréation d’emploi et qui se situe plus généralement dans les services. À la marge de la culture entrepreneuriale, l’infra-entreprise répond néanmoins à des initiatives visant à satisfaire de réels besoins. Le secteur informel a été combattu par les forces de l’ordre de l’administration dans les premières décennies de l’Indépendance, car il ne répondait pas aux critères d’une économie. Excessivement dénigré par le passé, le secteur informel est maintenant porté aux nues. Après les excès d’indignité, le voici en recours salvateur, très largement surdimensionné. Il est censé résoudre spontanément l’équilibre du marché de l’emploi et constituer la pépinière d’entrepreneurs de demain. Les analyses de terrain tendent à montrer qu’il faut faire certaines réserves tant sur l’étanchéité entre les deux modes informels et formels que sur l’intégration d’un système productif techniquement bien élémentaire.
Cette typologie entrepreneuriale a nécessairement des correspondances avec les options nationales qui privilégient telle ou telle autre forme d’entrepreneurs sur le terrain. On peut dresser un tableau à double entrée mettant en valeur les correspondances les plus fortes. Mais le type d’entrepreneur qui focalise davantage notre attention, est celui qui émerge de la libre entreprise en milieu africain. Si certaines stratégies lui sont plus favorables, son émergence et sa pérennité sont largement conditionnées par certaines spécificités et certains comportements.
1 Ce cas a été présentation en collaboration avec Mamadou Gaye, Consultant en entrepreneurship / Auteur de cas au PNUD.
2 Dans certains pays au climat et aux conditions de pâturage plus favorables, les chamelles peuvent produire l0 à 20 litres par jour
3 La première action du gouvernement a été la création d’un laboratoire national d’analyse biochimique.
4 Aujourd’hui, l’Agence Française de Développement (AFD), www.afd.fr.
Deuxième partie De l’idée au projet
Le passage de l’idée au projet est fondamental, car elle permet d’évaluer votre imagination et de la tester face à la réalité de l’environnement économique et aux conditions juridiques et réglementaires de la société. Pour passer de l’idée au projet, il est important de définir votre pensée, d’effectuer des recherches sur le sujet, d’échanger avec des professionnels du secteur et d’autres acteurs de la vie courante, de procéder à un inventaire des potentiels clients.
L’idée de création d’entreprise doit être écrite et conceptualisée. La réalité d’une idée d’entreprise ne peut être comprise que quand elle est bien énoncée et bien portée par l’entrepreneur. Une idée inexplicable risque de manquer d’adhésion et de défenseurs. Une idée de projet est partagée et elle est gagnante dès sa présentation. Pour échanger avec des partenaires stratégiques (conseillers en création d’entreprise, parents, investisseurs, financiers, clients potentiels, fournisseurs.), le futur entrepreneur est obligé de maîtriser son idée. L’entrepreneur commence par définir avec plus de précision son idée de création d’entreprise en quelques lignes. Plusieurs questions permettent de présenter l’idée à toute personne intéressée ou susceptible de donner des avis éclairés et des conseils pertinents.
Quelques questions permettent de mieux fixer votre idée de projet. Quelle est votre idée principale de création d’entreprise ? Quels produits ou quels services souhaiterez-vous proposer à vos potentiels clients ? Vos produits ou vos services permettent-ils de répondre à des besoins identifiés ? Quels sont les forces et les faiblesses de votre idée de créer une activité économique ? Votre idée a-t-elle un avantage vis-à-vis des entreprises concurrentes ?
En présentant l’idée, l’entrepreneur indique clairement son secteur d’activité. Cela sera utile pour intéresser les différents interlocuteurs privilégiés. Il définit le type d’activité. S’agit-il d’une entreprise commerciale (activité de négoce, achat et revente de produits sans transformation) ? S’agit-il d’une entreprise industrielle (activité de production de produits finis) ? S’agit-il d’une entreprise de prestations de services (proposition de services techniques, activités intellectuelles.).
Dans l’exemple de Nancy Abeiderrahmane à Tiviski nous verrons une panoplie de produits transformés pour le marché local. Rejetant l’approche d’importation de produits laitiers occidentaux, Tiviski choisit de transformer localement du lait frais de chamelle en l989, du lait de vache en l990 et enfin, en l998, du lait de chèvre 5 . La production de la société Tiviski commence donc avec le lait frais de chamelle pasteurisé. Avec le temps, la gamme de produits s’élargit à plus d’une vingtaine de produits (figure l). Cette diversification vise à offrir des produits laitiers pour différents créneaux commerciaux. En avril 2002, Tiviski ouvre une usine UHT pour absorber les surplus saisonniers de lait de vache.


Figure 1 : Produits laitiers de la société Tiviski.
Tiviski - lait frais de chamelle pasteurisé, l/2 litre
El Badia - lait frais de vache pasteurisé, l/2 litre
El Medina - mélange de laits frais de chamelle et de vache pasteurisés, l/2 litre
El Khaima - lait de chèvre de culture, l/4 de litre
Les Saisons - mélange de lait de vache de culture et de jus de fruits, l/4 de litre
Chèv-lait - lait de chèvre de culture, l/4 de litre
Cham’lait - lait de chamelle de culture, l/4 de litre
L’Oasis - crème sûre, l0 cl et 20 cl
Tamourt - fromage frais nature, l0 cl
Yoghourt - nature et sept saveurs, l2 cl
Butter Caravane - fromage de chamelle
Ice cream - petites quantités
Dounia - lait de vache l00 % UHT, 3,5 % M.G.
El Baraka - lait de vache l00 % UHT, 3,5 % M.G. (30 % frais, 70 % poudre de lait) 6
La recherche documentaire
L’entrepreneur devra par la suite et de manière itérative aussi puiser dans les articles de journaux, les documentaires, les livres spécialisés ou d’autres ressources documentaires pertinentes pour approfondir sa réflexion personnelle et enrichir son niveau de connaissance du secteur d’activité à exploiter. Les chambres de commerce et d’industrie, les chambres des métiers, les organismes chargés de veiller à la protection des idées, les structures chargées de planifier les études économiques, les presses spécialisées ou les presses d’informations à caractère général, les portails internet, les espaces de rencontres professionnelles, les bibliothèques. constituent autant de sources de recueil d’informations pour murir votre idée de projet.
Le partage d’informations
Le porteur d’idée a souvent tendance à s’isoler et à garder son idée pour lui-même. Il développe en son sein la peur qu’on la lui pique. Vous ne devez pas avoir peur de partager votre idée, car c’est en échangeant avec d’autres acteurs de la société que vous pouvez vous rendre compte de la pertinence de votre projet et de sa faisabilité. Vous faire conseiller par des professionnels ou partager vos positions avec d’autres personnes ne fait qu’améliorer votre idée de départ.
Pour preuve plusieurs entreprises ont été créées suivant une idée de base améliorée en fonction de plusieurs paramètres. Souvent les jeunes ont une idée préconçue qui a besoin d’être analysée en profondeur avec des spécialistes ou des personnes d’expérience. Le vécu de certains, le niveau d’analyse d’autres permettront de mieux cerner votre projet de création d’entreprise. Les conseils et des avis d’expert seront des viatiques dans le voyage entrepreneurial.
La protection de votre idée
Les idées et les concepts d’entreprendre et de développer des activités ne peuvent pas faire l’objet de protection juridique. Chaque individu a le droit, s’il le souhaite de reprendre ou d’exploiter l’idée d’autres individus. Vous ne pouvez pas bénéficier des droits de protéger une idée de création d’entreprise ou un concept d’exploitation de revenus. Le législateur ne peut pas se fonder sur votre intention et vous garantir toute appropriation de tiers ou toute contrefaçon. Le domaine de la protection est exclusivement réservé à la forme dont l’idée ou le concept est exprimé, aux inventions, aux créations artistiques, aux œuvres littéraires, aux dessins, aux marques, aux identités visuelles. La protection juridique renforce la valeur de la future entreprise et vous avez l’obligation de chercher un brevet s’il s’agit d’une invention scientifique ou faire une marque déposée auprès de services habilités. Il existe aujourd’hui des bureaux nationaux et régionaux et internationaux de protection des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle dans le continent. Il suffit simplement d’en connaître les règles et les processus affiliés.
La réglementation en vigueur
L’acception de l’idée par les pouvoirs publics est indispensable pour le futur entrepreneur. Votre idée doit être confrontée aux règlements en vigueur du pays auquel vous souhaitez l’exploiter. Il est impératif de se soumettre à la législation nationale. Toute idée prohibée ne peut faire l’objet d’exploitation d’une activité procurant des richesses. Pour cela l’entrepreneur pourra avoir les conseils des associations patronales du pays concerné. En Afrique il existe plusieurs structures organisées avec une bonne expérience dans les lois et règlements en vigueur dans tous les secteurs d’activité.
Dès le début des activités de Tiviski en Mauritanie, Nancy Abeiderrahmane a reçu les autorisations et les agréments nécessaires pour mener à bien ses activités. Cependant pour améliorer ses ventes, elle a cherché à intégrer le marché mondial en commençant par les pays européens. Depuis un certain nombre d’années, Tiviski cherche un autre canal de distribution : l’exportation sur le marché occidental de produits spécialisés comme le fromage de chamelle.


Caravane – Fromage de chamelle de Tiviski.
Traditionnellement, dans le désert chaud et aride, le lait est conservé par déshydratation et non en faisant du fromage, dont la fabrication requiert des installations fraîches et humides. Le lait de chamelle ne caille pas naturellement. Aussi, dans les années l990, la société Tiviski a-t-elle travaillé au développement d’un procédé de fabrication du fromage de chamelle (qui est similaire au brie ou au camembert). La FAO (Food and Agriculture Organization) a octroyé à l’entreprise un prêt de « coopération technique » de l50 000 $ US en l994 pour mener des expériences de fabrication de fromage de chamelle. Cette fabrication est complexe. Une température de pasteurisation trop élevée ou trop faible, un mauvais dosage du levain, des enzymes ou du sel peuvent en effet fortement altérer la qualité du fromage. Tiviski est devenue experte dans la maîtrise de ce procédé de fabrication très délicate et vend actuellement une petite quantité de ce fromage (60 kg par mois) à Nouakchott.
Reste que le marché mauritanien du fromage est assez limité. La perspective de vendre un fromage unique, intéressant et donc à prix fort sur le marché européen a constitué une perspective alléchante pendant une certaine période. Malheureusement, au moment où Tiviski explorait cette possibilité, un certain nombre d’obstacles posés par la législation européenne a émergé et l’entreprise travaille toujours à les surmonter :
• Le lait de chamelle n’est pas inclus dans la réglementation européenne sur les importations de produits laitiers. Certains progrès ont été faits sur ce sujet : l’annexe insérée en l995 dans la décision de l’Union européenne donne mandat au Directeur général d’adopter les réglementations pour les laits produits par des espèces non européennes ;
• Les inspecteurs sanitaires européens sont également préoccupés par le problème de la fièvre aphteuse qui est encore présente en Mauritanie, si bien que les exportations de produits laitiers du pays vers l’Europe sont toujours interdites.
Même si la Mauritanie était incluse dans la liste des pays autorisés à exporter des produits laitiers vers l’Europe, elle ne dispose pas encore d’un laboratoire national accrédité et certifié par Bruxelles (organe de certification HACCP de l’Union européenne) pour tester les fromages. Cependant, l’espoir demeure qu’avec le travail de la délégation de l’Union européenne à Nouakchott, des standards de qualité soient élaborés et qu’une institution officielle d’assurance qualité agisse comme entité de certification.
L’étude juridique
L’entreprise est une personne morale ayant une dénomination juridique. Vous devez vous renseigner sur les différents statuts juridiques avant de faire votre choix définitif. Chaque forme de structure a ses modalités qui lui sont propres, ses avantages et ses inconvénients. L’essentiel pour vous, c’est de choisir une forme juridique adaptée à votre situation personnelle.
En Afrique francophone, le statut juridique des sociétés est défini par les règles de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) qui regroupe, aujourd’hui, les l4 pays de la Zone franc CFA, plus les Comores et la Guinée Conakry.
Le choix du statut juridique est un passage obligatoire pour la création de votre société. Il intervient au moment de l’immatriculation de la future activité au registre de commerce. Le choix s’effectue suivant plusieurs critères : la nature de l’activité exercée, la volonté d’entreprendre seul ou avec des tiers, le montant du capital social et les besoins en financement, le mode d’imposition des bénéfices, les perspectives de développement de votre affaire.
Nature de l’activité
L’exploitation de certaines activités réglementées par les pouvoirs publics, impose à l’entrepreneur le choix du statut juridique de son entreprise. Il est primordial de se renseigner auprès des organismes chargés de l’immatriculation des sociétés pour valider votre choix définitif.
Volonté d’entreprendre seul ou de s’associer avec des tiers
Si vous voulez disposer d’une liberté d’agir et de ne rendre compte à personne sur les décisions qui émanent de votre activité, le statut juridique le plus approprié est l’entreprise individuelle. Si vous envisagez de partager votre aventure entrepreneuriale avec d’autres personnes et gagner la confiance des institutions de crédit, il est important de penser à vous associer. L’association en entreprise implique le partage de tout : les responsabilités, les énergies et efforts à fournir, les bénéfices générés par l’activité. La décision de s’associer relève d’une volonté personnelle de vouloir poursuivre une aventure avec des tiers. Elle doit être prise avec une réflexion objective.
Besoin de financement
En fonction de l’importance des capitaux à mobiliser pour démarrer, votre activité peut vous pousser à choisir un statut de société pour faciliter la recherche de partenaires bancaires ou des organismes de crédit afin de couvrir les besoins de financement.
Mode d’imposition des bénéfices
Le régime fiscal des entreprises en Afrique est différent selon la personnalité juridique de votre société, la nature de l’activité et le montant du chiffre d’affaires annuel réalisé.
Perspectives de développement de votre affaire
Le choix de votre statut juridique peut dépendre également du plan développement de votre affaire. Cela veut dire que le choix du statut juridique peut être guidé par les stratégies de développement, d’une part, et fixe le statut et les prérogatives du chef d’entreprise, d’autre part. En votre qualité de futur chef d’entreprise, vous avez plutôt intérêt à cerner les contours en vous posant les questions pratiques avant de vous décider.
En Afrique francophone la réglementation en vigueur du droit des sociétés préconise 8 formes de statuts juridiques. Chacune a ses caractéristiques, ses avantages et ses inconvénients. Nous présenterons dans cet ouvrage les six les plus utilisés : l’entreprise individuelle, le groupement d’intérêt économique, la société à responsabilité limitée, la société anonyme, la société en nom collectif et la société en commandite simple.

L’entreprise individuelle
Caractéristiques
Avantages
Inconvénients
L’entreprise individuelle est une structure commerciale qui appartient exclusivement à une personne physique. L’identité de l’entreprise est confondue avec l’identité de l’entrepreneur.

Si vous optez pour la formule de l’entreprise individuelle, vous êtes le seul et l’unique associé de votre activité et vous disposez des pleins pouvoirs en matière de prise de décisions.

Le capital social de l’entreprise individuelle est librement fixé par son promoteur, aucun apport minimum légal n’est exigé par le droit qui régit la constitution des sociétés commerciales en Afrique.
Simplification des étapes de formalité et de constitution de la structure. Les statuts ne sont pas nécessaires, un dossier simplifié suffit largement pour immatriculer l’entreprise.

Coûts des droits d’enregistrement, des obligations déclaratives et des frais de démarrage peu élevés.


Souplesse des régimes fiscal et social de l’entrepreneur.


Allègement de la comptabilité et des obligations légales.


Pas de capital minimum requis.
L’inexistence de personnalité juridique propre de l’entreprise rend l’activité peu crédible vis-à-vis des partenaires financiers.

Difficulté d’accès au crédit bancaire classique (le système d’octroi de crédit en Afrique est plus favorable aux sociétés qu’aux entrepreneurs individuels).

Possibilités réduites en matière de financement externe.


Responsabilité illimitée sur le patrimoine personnel de l’entrepreneur (en cas de difficulté les biens propres de l’entrepreneur sont engagés).

Le groupement d’intérêt économique (GIE)
C aracté r isti qu es
Av a n ta g es
In c o n v é n ie n ts
L e g r o u pe m e n t d ’ i nt érêt éc o n o mi q u e e s t créé en t re de u x o u plu si e u rs per s on n es ph ysi q u es q u i c o nsti t u e n t en t re e ll e s , un cadre ré g le m e nt a i re dans l ’ objec t if de m et t re en œu v re, a v ec l e ur s propr e s m o y e n s des acti vit és éc o n o mi q u es po u r l es m e m bre s .

L e f i n a n ce m e n t d u g r o u pe m e n t d ’ i nté rêt éco n o mi q u e e s t a ssu ré par s es propres m e m bre s .

L e m ode de f o n c ti o n n e m e n t e s t régi par l e cadre j u r i d i que des s oc i é t és de per s on n es et l’ or g a n e de déci si o n e s t l ’ a ss e m b l ée des m e m bre s .

L e g r o u pe m e n t d ’ i nt érêt éc o n o mi q u e pr o m e u t l e dé v e l oppe m ent des a ct i vi tés de s es m e m bre s .
S i m p li c it é de l a procéd u re de co nsti tu ti o n du g r o u pe m e n t d ’ i nt er n et éc o n o mi que.


Moda lit és de c o nsti t u t i on et rè gl es de f o n c ti o n n e m e n t acce ssi b l es au g ra n d p u bl i c.


L e g r o u pe m e n t d ’ i nt érêt éco n o mi q u e pe u t ê t re co nsti t u é s ans cap i tal de dé m arra g e.


C adre f i s cal i nc it a t if : l e m ode d ’ i m po s i ti o n des bé n é fi ces e s t a ss ez f a v orab l e.
P as d e po ssi bi lité d e réa l iser et d e p arta g er d es b é n éfic e s pou r les m e mb res : no r m ale m e n t le g r oup e m e n t d ’i n té r êt éc onom i qu e n ’est p as c on st i t u é pou r u n ob ject i f e x cl us if d e r ec h erc h e d e b é n éfic e s pou r ses m e mb res.


L es m e mb res d u g r oup e m ent d ’i n t é rêt éc onom i qu e s on t e n tière m e n t res pon sa b les d es d ettes d e la s t r u ct ur e s u r le u rs b ie n s p ers onn els.


T rès p eu d e cré d i b i l ité v i s- à -v is d es tiers et s u rt ou t l es p ar t e n ai r es fi n a n ciers.

La société en commandite
Caractéristiques
Avantages
Inconvénients
La Société en Commandite est un type de société créée entre deux ou plusieurs associés indéfiniment et solidairement responsables des dettes sociales (les associés commandités) et un ou plusieurs bailleurs de fonds (les associés
commanditaires).

Les associés commanditaires fournissent l’essentiel des ressources financières, mais confient la gestion de l’affaire aux associés commandités.

C’est une forme de société relativement rare, car s’adressant à des entrepreneurs qui veulent exploiter des activités et ne disposent pas d’assez de fonds nécessaires.
Pas de capital social minimum exigé : une
société en commandite peut être formée avec peu de moyens financiers.


Les actions ne sont pas transmissibles sans accord des autres associés, ce qui garantit le caractère fermé de la société.
Responsabilité des commanditaires est en fonction de leur apport versé ou promis. Participation aux éventuelles pertes
d’activité limitée aux apports des associés.
Les associés commanditaires ne peuvent faire aucun acte de gestion externe, même en vertu d’une procuration (article 299 Droit des sociétés commerciales de l’OHADA).


La faillite de la société en commandite se traduit par la faillite des associés.


Peu de crédibilité vis-à-vis des partenaires financiers


Le pouvoir de décision des commanditaires est limité : cette situation peut entrainer des difficultés de gestion si la société est mal administrée par les responsables.

La société à responsabilité limitée
C aracté r isti qu es
Av a n ta g es
In c o n v é n ie n ts
L a s oc i é t é à re s pon s ab i l it é li m i t ée e s t u n e f or m e de st r u ct u re de cap i taux do n t l es a ss oc i és s o n t re s pon s ab l es qu ’ en f o n c ti o n de l e u rs appor t s repré s e nt és par des parts s oc i ale s .

P o u r créer u n e s oc i é t é à re s pon s ab i l it é l i mit ée, i l f a u t ê t re au m oins deux a ss oc i é s . En droit Af r i cain l e n o m bre d ’ a ss oci é s e s t l i m i t é à l00 ( t e x te en v ig u e u r du droit des s oc i é t és d e l ’ O H A D A ).

L a SAR L e s t u n e in v e nti o n a ll e m a n de, el l e e x i st e dans plu si e ur s pa y s occ i de nt aux et a f r i cain s . C’ e s t l ’u n e des f or mu les j u r i d i ques les pl u s repe n d u es dans l e

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