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Entrepreneur à l'état PUR

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Description


"Congratulations !

You have won the competition !"



C'est à ce moment, grâce à un simple coup de fil, que j'ai compris que ma vie changerait à tout jamais. Nous n'avions pas encore vendu une seule bouteille de vodka et elle venait d'être nommée meilleure vodka du monde ! Qu est-ce que j'ai fait pour célébrer la nouvelle ? Je suis allé laver les planchers à l'hôpital Sainte-Justine, comme tous les soirs. J'avais beau avoir créé la meilleure vodka du monde, je n'avais pas un sou dans les poches !



Entrepreneur à l'état PUR. est le récit captivant de ce jeune entrepreneur qui, malgré plusieurs refus qui en auraient découragé plus d'un, a su chaque fois se relever pour réaliser son rêve.



Et, pour le plus grand plaisir de nos papilles, l'auteur nous offre 14 recettes de cocktails. Jamais un livre sur les affaires n'aura aussi bien fini !




  • Tous les refus mènent à PUR


    • L'école


    • Je me lance


    • Match retour


    • Millésime 2009


    • Notre arrivée sur le marché


    • Voir grand


    • Dans la cour des grands


    • "Sky's the limit"




  • L'entrepreneuriat... une passion !


    • Entrée en scène


    • Questions et réponses


    • Réinventer l'entrepreneuriat




  • Levons notre verre ! - Quelques recettes de cocktails

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 février 2018
Nombre de lectures 8
EAN13 9782212599626
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0035€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

“CONGRATULATIONS ! YOU HAVE WON THE COMPETITION !”
C’est à ce moment, grâce à un simple coup de fil, que j’ai compris que ma vie changerait à tout jamais. Nous n’avions pas encore vendu une seule bouteille de vodka et elle venait d’être nommée meilleure vodka du monde ! Qu’est-ce que j’ai fait pour célébrer la nouvelle ? Je suis allé laver les planchers à l’hôpital Sainte-Justine, comme tous les soirs. J’avais beau avoir créé la meilleure vodka du monde, je n’avais pas un sou dans les poches !
Entrepreneur à l’état PUR est le récit captivant de ce jeune entrepreneur qui, malgré plusieurs refus qui en auraient découragé plus d’un, a su chaque fois se relever pour réaliser son rêve.
Et, pour le plus grand plaisir de nos papilles, l’auteur nous offre 14 recettes de cocktails. Jamais un livre sur les affaires n’aura aussi bien fini !
NICOLAS DUVERNOIS est le fondateur de PUR Vodka, la première vodka ultra premium produite au Québec, et la vodka canadienne la plus médaillée. Président de la jeune chambre de commerce de Montréal (JCCM), il est très impliqué dans l’univers entrepreneurial. Aujourd’hui, en plus de diriger PUR Vodka et romeo’s gin, il parcourt le pays afin de transmettre sa passion pour l’entrepreneuriat à travers des conférences pleines d’humour et d’anecdotes.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
NICOLAS DUVERNOIS
ENTREPRENEUR
À L’ÉTAT
PUR
OU L’INCROYABLE HISTOIRE DE PASSION ET DE PERSÉVÉRANCE DU FONDATEUR DE PUR VODKA
Éditions Eyrolles 61 bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
Création de maquette et mise en pages : Soft Office
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2018 ISBN : 978-2-212-56825-7
Sommaire

Introduction
Partie 1 Tous les refus mènent à PUR
Chapitre 1. L’école !
Une découverte essentielle
Mes premières idées
La dure réalité du marché
Chapitre 2. Je me lance
Une idée folle
Une grande femme
L’heure de la révélation
La fin de l’aventure
Chapitre 3. Match retour
Renaissance
Petit à petit
Un détour sur la route
Besoin d’un coup de pouce
L’associé idéal
Chapitre 4. Millésime 2009
La première gorgée de PUR Vodka
Coup de poignard
L’appel qui a tout changé
Chapitre 5. Notre arrivée sur le marché
Succès instantané
Surmonter les embûches
Chapitre 6. Voir grand
L’émission qui a tout changé
Nouvelle tentative
Chapitre 7. Dans la cour des grands
Le bon choix
En quête du bon partenaire
Une décision cornélienne
Chapitre 8. « Sky’s the limit »
Une soirée mémorable
Catastrophe
Un nouveau partenaire
Partie 2 L’entrepreneuriat… Une passion
Chapitre 9. Entrée en scène
Une passion à transmettre
Mon entrée en scène
Chapitre 10. Questions et réponses
L’entrepreneuriat est-il fait pour moi ?
Quel a été votre plus grand défi ?
Quelles qualités un entrepreneur doit-il avoir ?
Par où commencer ?
Comment se différencier de la concurrence ?
Qu’avez-vous appris de tous les refus ?
Quel avenir pour l’entrepreneuriat ?
Chapitre 11. Réinventer l’entrepreneuriat
L’entrepreneuriat et l’enfance
L’entrepreneuriat et l’université
L’entrepreneuriat et les banques
L’entrepreneuriat et les grandes sociétés
L’entrepreneuriat et les gouvernements
Adopte inc
Partie 3 Levons notre verre !
Radicchio
Mangue
Fraise-basilic
Cerise
Fenouil
Lavande
Myrtille
Framboise
Safran
Figue
Muscat noir
Poire
Pomme verte
Cranberry
Conclusion
Remerciements
À Karolyne, Victoria et Charlotte
Introduction

« J’ai raté neuf mille tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque trois cents matchs. Vingt-six fois, on m’a fait confiance pour lancer le tir de la victoire et j’ai raté. J’ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi je réussis. »
Michael Jordan
Si quelqu’un m’avait dit qu’un jour j’écrirais un livre d’entreprise, je ne l’aurais jamais cru ! Écrire un ouvrage peut-être… Sur le monde des affaires, jamais ! Cela fait sept ans que l’on a vendu la première bouteille de PUR Vodka. Sept ans que j’ai fait ma première vente, que j’ai décidé de foncer sans plus jamais regarder en arrière.
Écrire sur mon parcours et sur le thème de l’entrepreneuriat constitue une sorte de thérapie, une manière de sourire en pensant à toutes les années difficiles que j’ai vécues avant de commencer à voir la lumière au bout du tunnel. Même si j’avais su que le chemin qui mène à la réussite serait aussi difficile, j’aurais foncé… Mais je ne pense pas que j’aurais persévéré aussi longtemps. Sept ans, c’est long. Dans les films, les prisonniers comptent les années en jours. Sept ans, cela fait deux mille cinq cent cinquante-cinq jours… soit plus de soixante et un mille trois cent vingt heures ! Sept ans… C’est le temps que cela m’a pris pour enfin recommencer à respirer !
Ce livre, c’est une histoire comme il en existe des milliers, voire des dizaines de milliers. La seule particularité, c’est que c’est la mienne, l’aventure d’un jeune entrepreneur qui ne connaissait absolument rien à un domaine, mais qui a tout fait pour en devenir le meilleur.
À travers ces pages, je vais vous amener dans les coulisses d’une entreprise en pleine croissance, d’une start-up, dans les coulisses de l’entrepreneuriat. Trop souvent, on ne livre les histoires qu’une fois que tout est joué, que le parcours de l’échec au succès appartient depuis longtemps au passé ! J’ai décidé d’écrire ce livre avant qu’il ne soit trop tard, avant de ne plus me rappeler des détails qui ont permis à mon entreprise de réussir et de trouver sa place parmi les géants du secteur. Avant d’oublier les interminables nuits où je n’arrivais pas à dormir tellement j’étais stressé, les incalculables heures de travail, ou encore les nombreux refus essuyés avant d’entendre un seul oui ! J’ai envie de vous faire partager mes joies, mes frustrations et ma passion avant que ses émotions ne s’estompent. Le temps nous fait oublier bien des choses, je ne veux pas qu’il efface ces moments qui m’ont permis de vivre mon rêve entrepreneurial.
Vous trouverez également dans ce livre une multitude de réponses aux questions que l’on se pose tous en se lançant dans l’entrepreneuriat. Celles que je me suis moi-même posé ou que l’on soumet sur les réseaux sociaux ou lors de mes nombreuses conférences.
Pour finir, je vous ferai part de ma vision du monde de l’entrepreneuriat, une cause qui est devenue pour moi une véritable passion.
Mon histoire n’est pas classique. Il n’y a ni garage, ni sous-sol. Elle commence par une première expérience catastrophique et une dette de 25 000 dollars canadiens à mes parents…
Bonne lecture !
Partie 1
TOUS LES REFUS MÈNENT À PUR
Chapitre 1
L’école !
« Ce qui est le plus négligé dans nos écoles est justement ce dont nous avons le plus besoin dans la vie. »
Herbert Spencer
C’est pendant l’année de mes 15 ans que j’ai commencé à avoir des problèmes à l’école. Je m’ennuyais. Je ne voyais pas comment ce que l’on apprenait pouvait m’aider dans le futur. Les professeurs qui me parlaient de l’importance de la photosynthèse des plantes ou de la réaction chimique du cuivre ne m’intéressaient absolument pas. J’étais un élève rêveur et j’avais des difficultés à me concentrer. Un rien me distrayait. Un stylo qui tombe, une personne qui marche dans le couloir, un oiseau qui se pose sur le bord de la fenêtre… Toutes les excuses étaient bonnes pour me déconcentrer. Dieu merci, il y avait le sport dans ma vie ! L’obligation d’avoir un minimum de résultats scolaires afin de pouvoir jouer au basket-ball m’obligeait à me faire un peu violence. À la fin du secondaire 1 , c’est grâce à mes talents de sportif et non à la qualité de mes notes que j’ai été accepté dans un Cégep 2 dans le programme de sport-étude.
Dès le début, mes notes ont commencé à remonter. Je pouvais en partie choisir mes cours et cela m’aidait grandement ! Même si j’étais très curieux, seules certaines matières m’intéressaient. J’adorais les cours d’histoire, de langue, de politique, de littérature canadienne et d’économie. La première année a apporté un grand changement. J’avais quitté un collège privé sur le modèle du système scolaire français pour atterrir dans un Cégep public anglophone, où non seulement j’étais l’un des rares francophones, mais en plus le seul joueur de l’équipe de basket-ball non natif des Caraïbes !
La deuxième année venue, j’ai décidé de tout arrêter. Basket, basket, basket… C’était ça ma vie… Le basket ! Une overdose ? Une remise en question ? Je ne le sais toujours pas, mais cela faisait presque dix ans que ma vie tournait autour de ce sport et je n’en pouvais plus. Je me sentais étouffer dans cette situation, je tournais comme un lion en cage. Le basket était la seule définition que j’avais de moi-même. Je n’étais pas Nicolas, pas un étudiant au Cégep, pas une personne « normale ». J’étais le grand à la tête rasée qui jouait au basket. L’annonce de mon départ a causé un très grand choc. Mes amis, ma famille, ma mère, tout le monde me voyait comme un joueur de basket à vie… Et je les comprenais, je ne faisais que ça ! C’est là que j’ai décidé d’avoir une vie d’étudiant avec un job d’étudiant. J’ai eu la chance de trouver rapidement un emploi à l’hôpital pour enfants Sainte-Justine comme agent d’entretien, un job d’étudiant qui me permettait de me sentir « normal » !
Une découverte essentielle
J’avais beau avoir changé de vie, l’histoire se répétait… À peine un an avait passé et je me retrouvais dans la même situation que pour entrer au Cégep. Mes notes ne suffisaient pas pour me permettre d’entrer à l’université, mais cette fois, mon talent de joueur de basket n’a pas pu m’aider à me qualifier quand même. Mon rêve aurait été d’être architecte, mais malheureusement, je n’avais pas les notes nécessaires. Ma moyenne générale étant trop faible pour la majorité des matières, j’ai dû m’inscrire à une session spéciale afin de la faire remonter. Ce que j’ai réussi, puisque j’ai été accepté en sciences politiques.
Cela me rendait heureux, car j’avais été élevé dans une famille où les discussions politiques étaient omniprésentes. Mon père avait consacré sa carrière presque entièrement à la politique, dans le sens noble du terme, en essayant de changer les choses positivement dans la vie d’autrui. Pour moi, c’était un domaine d’études sous-estimé, alors qu’il est très prestigieux dans les grandes universités américaines ou européennes. Ces études allaient me permettre de toucher à tout. Des cours d’histoire, de géographie, de sociologie, de droit, d’économie… Bref un domaine où l’on apprend à mieux comprendre les enjeux et la réalité du monde dans lequel nous vivons.
C’est à l’université que j’ai découvert l’entrepreneuriat. Je savais que ça existait, mais c’était plus un concept qu’une réalité. Je croyais qu’il fallait être riche ou hériter d’une entreprise pour être un homme d’affaires. Pourtant, mon père avait fondé avec succès une société dans le secteur de l’édition quand j’étais très jeune, mais je n’avais jamais pensé que c’était une option de carrière, que c’était possible pour moi ! C’est en lisant d’innombrables articles sur le sujet que j’ai eu le déclic et découvert cette passion enfouie au fond de moi. Depuis aussi loin que je me rappelle, j’avais des idées en tête. Mais je n’avais jamais compris que c’est avec une idée que l’on peut bâtir un empire ! C’était comme si je venais de découvrir tout un monde de possibilités. J’avais compris que peut-être, un jour, je pourrais travailler… pour ma propre entreprise.
L’idée m’emballait. J’avais trouvé une autre option que celle de la voie classique « formation scolaire/boulot »… et franchement, cela me faisait du bien ! Je n’avais jamais vraiment été doué pour suivre les sentiers battus et j’adorais l’idée de pouvoir créer mon propre chemin. Je me sentais libre. Libre de pouvoir faire ce dont j’avais envie, libre de créer, de rêver. J’avais envie de travailler pour une cause plus grande que n’importe quel emploi, pour un objectif bien défini, pour ma propre entreprise !
C’est là que mes premières idées d’entreprise ont commencé à envahir mon cerveau ! Je faisais des dizaines de business plans virtuels. Dès que j’avais une idée ou m’apercevais que l’on pouvait améliorer un produit ou un objet, je me mettais à penser à la façon de le faire, de financer le tout, au marché cible, etc. J’avais tellement d’idées que, certains jours, cela m’épuisait !
Mes premières idées
Je me rappelle exactement de ma première idée concrète. Les cravates. Je n’en avais pas porté plus de cinq fois dans ma vie, je ne savais pas faire de nœud, mais peu importe ! J’avais lu dans un article qu’un milliard d’hommes se levaient le matin et mettaient une cravate. Cela valait la peine d’essayer. Le calcul était simple. Si ces hommes portaient trois à quatre cravates différentes chaque semaine, cela faisait une moyenne hebdomadaire de trois milliards et demi. Si les cravates Duvernois détenaient 0,5 % de ce marché, cela représenterait environ dix-sept millions et demi de cravates. J’allais devenir « le Lacoste » des cravates, j’allais devenir riche ! J’avais commencé à écrire mon business plan, à identifier le type de tissu idéal, à suivre les tendances de la mode masculine… Bref, j’étais sérieux, j’allais devenir créateur de cravates.
Cependant, à l’université, ma spécialité était de faire 25 % de plusieurs projets au lieu de 100 % d’un seul. Sans aucune raison, je sautais d’idée en idée, un peu comme les saisons changent. Parfois, je travaillais de nouveau un peu sur un projet, d’autres fois, à peine avais-je commencé que j’arrêtais tout et passais à l’idée suivante, sans raison, sans explications. Je faisais simplement ce que je pensais bon et sautais de projet en projet dès que je trouvais (ou pensais) une idée plus attrayante. J’avais ainsi rapidement abandonné mon idée de cravate pour une meilleure… Ma nouvelle idée était de créer une compagnie aérienne à bas prix qui ne ferait que des liaisons entre Montréal et New York. Je ne comprenais pas — et je ne comprends d’ailleurs toujours pas — pourquoi un aller-retour Montréal-New York coûte presque le même prix qu’un Montréal-Paris… La capitale française étant dix fois plus loin ! C’était décidé, je voulais une compagnie aérienne. Mais contrairement aux cravates, j’ai rapidement compris la complexité du projet en voyant le prix d’achat d’un avion ! Comme on dit en anglais, « on to the next » : passons au projet suivant !
Pendant ce temps, je vivais une vie typique d’étudiant. Cinq cours et trois ou quatre journées de travail par semaine, suivis de week-ends assez festifs. C’était une période agréable, une époque que je revivrais sans aucune hésitation. Mes notes ne frôlaient pas la perfection, mais elles étaient suffisantes pour rassurer mes parents ! Ils m’avaient toujours dit que l’important pour eux était que je termine l’université et qu’ensuite je fasse ce que je voulais. Ils souhaitaient vraiment que j’aie un plan B (mon diplôme universitaire) le plus solide possible afin de me préparer à la « vraie » vie. Bien que je n’aie jamais pensé une minute à arrêter mes études, je leur suis extrêmement reconnaissant de m’avoir soutenu jusqu’à l’obtention de mon diplôme.
La dernière année de mes études est arrivée très rapidement. Je n’avais plus qu’à suivre un stage de fin de baccalauréat 3 pour décrocher mon fameux diplôme. Plusieurs options étaient disponibles, mais c’est à Radio-Canada que j’ai décidé de présenter ma candidature. J’étais fasciné par les enjeux politiques et par l’actualité et me disais que ce média était l’endroit idéal pour étancher ma soif de connaissances. C’est au poste de « stagiaire-analyste en politique publique » pour l’émission C’est bien meilleur le matin que j’ai commencé mon expérience de radio canadienne. Ce stage de trois mois commençait tôt, il fallait se présenter à 4 h 30 du matin… Heure très matinale pour un étudiant d’une vingtaine d’années !
Après près de trois ans passés à étudier les enjeux sociopolitiques, je me sentais prêt à analyser et à monter des dossiers sur des sujets que j’avais étudiés pendant toute cette période. Je me souviens de mon premier sujet de recherche. Sur un dossier portant mon nom, était collé un post-it avec deux mots : « Isabelle Boulay ». Sur le coup, j’ai cru que ce morceau de papier jaune ne m’était pas destiné, qu’il y avait erreur sur la personne. J’ai averti immédiatement ma supérieure. Mais ce n’était pas un malentendu. Alors que j’avais étudié des sujets aussi complexes que la situation des réfugiés au Moyen-Orient ou les flux migratoires en Asie du Sud-Est, je me retrouvais à devoir monter un dossier sur Isabelle Boulay… la chanteuse ! Je n’ai rien contre elle, d’ailleurs j’aime bien ce qu’elle fait, mais durant ce stage, je ne m’attendais pas à devoir éplucher sa carrière afin de connaître le nombre de disques qu’elle avait vendus et celui des dates de sa tournée à venir.
Durant les trois mois du stage, j’étais désespéré. Jamais je n’avais lu autant d’interviews dans Paris Match pour connaître la vie des artistes que l’on recevait à l’émission. Pourtant, c’est notamment grâce à ce stage, pour lequel j’ai d’ailleurs obtenu une excellente note, que j’ai décidé de me lancer dans l’entrepreneuriat. Fini les recherches sur des acteurs, des chanteurs et tout ce qu’il y a entre les deux… Je m’étais juré de ne plus jamais travailler dans un domaine qui ne me passionnait pas. Je ne me voyais pas travailler ainsi, abattre des heures et des heures de travail sans ressentir de l’intérêt pour ce que je faisais. Lorsque je travaillais pour quelqu’un d’autre, ou dans un domaine qui m’était indifférent, je me sentais comme emprisonné, sans espace de liberté, sans la possibilité de bouger. Je suffoquais. Je voulais être mon propre patron.
La dure réalité du marché
Au printemps 2006, une fois mon diplôme en poche, j’ai décidé de m’inscrire au programme du DESS gestion de HEC Montréal. Je me disais que tout bon homme d’affaires devait savoir de quoi il parlait… Or je n’avais suivi aucun cours dans le domaine auparavant. Je voulais apprendre les bases : déchiffrer les états financiers, monter un business plan, préparer un budget… bref, acquérir une base de connaissances afin de mettre toutes les chances de mon côté. Ce diplôme d’études supérieures était pour moi une occasion en or de me familiariser avec ces notions en peu de temps. « REFUS » : voilà le mot qui était inscrit sur la lettre de réponse à ma candidature. Encore une fois, ma moyenne insuffisante me barrait la route. J’étais pris de rage, mais je ne pouvais rien faire. Une moyenne minimum devait être respectée et je ne l’avais pas… J’en étais assez loin d’ailleurs !
Un peu déprimé par la situation et sans aucune expérience de travail autre que celle de mon job d’étudiant d’agent d’entretien, je me suis dit que je devais d’abord trouver un emploi. Pensant qu’un diplôme en sciences politiques avait davantage de valeur au Parlement qu’ailleurs, j’ai décidé d’envoyer mon CV aux députés. J’en ai fait parvenir exactement cent vingt-cinq. Un par député, peu importe les personnes, peu importe le parti. Entre-temps, j’avais accepté un remplacement à temps plein à l’hôpital afin de gagner un peu d’argent. Au bout de quelques semaines, je n’avais toujours reçu aucune réponse. Il était impossible qu’aucun des cent vingt-cinq députés n’ait besoin d’aide !
Le soir, en récurant les planchers de l’hôpital, je multipliais les idées d’entreprises dans ma tête et me mettais à rêver d’une grande carrière entrepreneuriale. Je m’imaginais des rencontres, des « deals » que j’aurais aimé passer.
Un beau matin, j’ai reçu un appel du bureau de comté du député Emmanuel Dubourg. Il voulait me rencontrer. Aujourd’hui député à Ottawa, il a été le seul, sur les cent vingt-cinq, à me recevoir. Le rendez-vous s’était bien passé d’ailleurs, après quelques jours de réflexion, il m’a rappelé pour me proposer le poste d’assistant parlementaire. J’étais content, jusqu’au moment où j’ai vu le salaire. À peine quelques dollars de plus par semaine que mon emploi d’agent d’entretien. Or il s’agissait d’un poste que l’on pouvait perdre à chaque élection, de longues heures de travail le jour, le soir et la nuit, de journées interminables, de dîners de spaghettis à profusion… Tout ça pour un salaire de misère… Ils étaient fous ou quoi ? Je ne cherchais pas un emploi à 100 000 dollars, mais je n’avais pas étudié trois ans à l’université pour me retrouver proche du seuil de pauvreté ! Bien malgré moi, j’ai décidé de refuser son offre. Je me suis dit que le jour où je tournerais le dos à mes planchers, ce serait pour quelque chose de vraiment mieux. Sinon, ce n’était que déplacer le problème !

1 . Équivalent du collège en France.
2 . Équivalent du lycée en France.
3 . Programme d’études universitaires québécois qui dure trois à quatre ans.
Chapitre 2
Je me lance
« La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute. »
Confucius
J’étais convaincu que ce serait un succès, un méga succès… Avec quelques bons amis, cela faisait près de quatre ans que l’on sortait tous les week-ends. Il n’y avait pas un restaurant, pas un bar que l’on ne connaissait pas. On les essayait tous. On adorait sortir, prendre un verre et parler des rêves et des objectifs que l’on voulait atteindre. On pouvait passer des heures à discuter de tel ou tel projet. Pour moi, c’était simple. Je voulais entreprendre. Je voulais pouvoir créer de toutes pièces une entreprise, partir d’une feuille blanche et concrétiser mon idée.
C’est lors d’un voyage de retour de France, où j’avais rendu visite à mon père, que j’ai eu L’IDÉE. Pourquoi ne pas ouvrir un resto-bar ? Avec mes amis, on sortait tellement qu’on connaissait toute la ville. Pourquoi irions-nous dépenser chez les autres quand on pouvait faire venir les autres dépenser chez nous ? C’est ainsi que tout a commencé. J’avais pris un verre dans un endroit à Paris nommé Impala Lounge, dont j’avais adoré l’ambiance. La musique, les senteurs, le décor, les cocktails… Tout était bon et beau et je voulais recréer cet univers à Montréal, proposer quelque chose d’unique, un lieu où on laisse ses problèmes derrière soi et où on profite de la vie sans se soucier de quoi que ce soit. Aucun endroit à Montréal ne me faisait « décrocher » totalement. Partout où l’on sortait, je trouvais toujours qu’il manquait un petit quelque chose. Parfois, c’était le volume de la musique qui était trop fort, d’autres fois c’était l’accueil peu chaleureux… Bref, je voulais un endroit où il n’y avait rien à redire, un lieu parfait à mes yeux !
Une idée folle
J’étais excité d’avoir enfin trouvé mon idée. J’avais souvent lu que, pour certains entrepreneurs, trouver LA bonne idée avait pris des années. Je n’y croyais pas nécessairement, car j’étais convaincu que les meilleures idées naissent seules, à la suite d’une expérience de vie, d’une constatation ou d’une simple réflexion. J’avais tout de même peur que cela m’arrive et d’être en manque d’inspiration ! Je ne m’étais jamais posé pour réfléchir au type d’entreprise je pourrais créer, car des choses évidentes me sautaient toujours aux yeux. Des cravates aux compagnies aériennes, c’était à la suite de la lecture d’articles sur le sujet que j’avais voulu me lancer dans l’aventure. Depuis l’université, je sautais d’un projet à l’autre sans réellement progresser dans aucun d’eux, mais cette fois-ci, c’était différent. Je n’étais plus étudiant, j’avais décroché mon diplôme et la vraie vie devait commencer ! Je ne me voyais pas travailler pour quelqu’un d’autre et créer mon entreprise était la seule option que j’envisageais. J’ai rapidement discuté de mon projet avec deux de mes meilleurs amis. Ils étaient emballés ! J’avais trouvé mes deux associés, puis quelques semaines plus tard un troisième. On a décidé de foncer… tête baissée. Bien qu’on ait rapidement trouvé le nom de notre resto-bar, Massaï Bistro Lounge, on ne savait absolument pas par où commencer. Même si, à nous quatre, nous cumulions à peine cinq minutes d’expérience dans le monde de la restauration, nous étions convaincus et très motivés pour réussir dans cet univers. Nous avions trop souvent mangé au restaurant, trop souvent pris des verres dans des bars pour ne pas savoir de quoi on parlait ! Du moins, c’était ce que nous pensions…
Comme le veut le dicton des agents immobiliers américains, « location, location, location » (« le lieu, le lieu, le lieu »), qui insiste sur l’importance de l’emplacement, notre première tâche a consisté à rassembler nos efforts pour dénicher l’endroit idéal pour ouvrir notre resto-bar. Et pourtant, cela a au final été simple par rapport à la difficulté à trouver le financement pour monter le projet. On avait en effet décidé de créer un restaurant de toutes pièces dans un immense local rectangulaire de l’avenue du Parc, une artère nord-sud de Montréal. Le lieu n’avait en effet absolument aucun potentiel sans de grands changements. Acheter un restaurant déjà existant nous aurait grandement facilité la tâche. Obtenir un prêt pour l’achat d’un commerce ayant déjà une clientèle établie est beaucoup plus facile que lancer un tout nouveau restaurant. C’était un projet de fous !
On avait peu (pour ne pas dire pas) d’argent à nous quatre. Il nous a fallu mettre sur la table tout ce que nous avions et nous porter tous garants afin d’obtenir une marge de crédit suffisante pour entamer les travaux. Plus les mois passaient, plus le stress montait. Monter un restaurant de toutes pièces sans aucune expérience dans ce secteur n’était pas notre meilleure idée ! Nos maigres moyens fondaient comme neige au soleil au fur et à mesure que le chantier avançait. On s’était lancé dans une aventure beaucoup trop complexe par rapport à notre maîtrise de la gestion de projet, mais plus rien ne pouvait nous arrêter. Il fallait ouvrir, et vite. Début octobre 2006, soit plus de quatre mois après le lancement des travaux, nous avons enfin reçu nos premiers clients. Même si le chemin avait été semé d’embûches tout au long de la construction du restaurant, le résultat était magnifique. Nous avions ouvert un lieu superbe. Il ne restait plus qu’à le remplir.
Une grande femme
On apprend rapidement que, dans le monde de l’entreprise, il existe quelques règles d’or à respecter. Certaines sont plus importantes que d’autres, voire essentielles à la survie même de la boîte. Avoir des associés complémentaires en est une, quelqu’un dont les forces sont vos faiblesses et vice versa . C’est plus qu’important, c’est primordial ! Au restaurant, c’était flagrant. Nous n’étions pas complémentaires… mais supplémentaires ! On commettait quatre fois la même erreur. Nous n’avions aucune idée de ce que nous faisions… Pathétique… Être quatre amis associés, ce n’est déjà pas évident. Mais être quatre amis sans aucune expérience entrepreneuriale et ayant chacun une opinion différente sur n’importe quel sujet, c’est littéralement l’enfer ! Le restaurant avait beau être complet certains soirs, on n’était d’accord sur rien. Un vrai chaos. Chacun travaillait de son côté et les choses n’avançaient tout simplement plus.
Très rapidement, les problèmes se sont multipliés. Je voyais le bateau prendre l’eau. Nous n’avions tout simplement pas les connaissances nécessaires. Le métier de restaurateur ne s’apprend pas en quelques semaines. C’est le projet d’une vie, où l’expérience, les tentatives, les erreurs, et bien d’autres facteurs entrent en jeu. Comment savoir sans jamais avoir travaillé dans un restaurant que tout est question de coût de revient sur chaque plat vendu, chaque verre de vin servi ? Que le moindre détail revêt une importance capitale ? Comment savoir sans aucune expérience qu’une toute petite erreur lors du service annule la rentabilité de la soirée ? Bref, la restauration est très concurrentielle et sans pitié pour les amateurs… On ne pouvait tout simplement pas connaître ou apprendre en quelques semaines ce qui prend des années. J’étais loin d’être parfait, de tout savoir sur ce secteur, loin d’être l’associé idéal, mais une chose était sûre, je voulais réussir et j’y mettais toute mon énergie. J’étais prêt à tout pour atteindre mon objectif. Cependant, j’avais beau essayer, encore et encore… rien à faire, on tournait en rond et on fonçait à vitesse grand V dans un mur de béton. C’était difficile, très difficile. Se lancer dans un tel projet, aussi jeune, aussi inexpérimenté, a été une expérience très forte… Nous venions à peine d’ouvrir que l’on sentait déjà la fermeture arriver. Je souffrais de voir mon rêve disparaître tout doucement, inexorablement, sans pouvoir agir.
On dit souvent que derrière tout grand homme il y a une grande femme. Je ne sais pas si je suis un grand homme ou si je le serai un jour, mais je peux vous assurer que Karolyne est une grande femme. Je me rappelle comme si c’était hier de notre première rencontre. J’étais un célibataire de 25 ans qui allait ouvrir un resto-bar et elle était un jeune mannequin de Québec qui venait tout juste de fêter ses 22 ans. Elle travaillait dans l’un des restaurants les plus branchés de Montréal. À peine trois semaines après notre première rencontre, nous étions devenus un couple. Nous avions eu immédiatement le coup de foudre. Je savais que j’avais trouvé la femme que j’allais épouser, ma moitié. Dieu merci, elle était déjà présente pendant cette difficile période de ma jeune vie d’entrepreneur. Je travaillais comme un fou sans réel résultat, je n’arrivais pas à contrôler tout le stress que cette situation engendrait. Pour couronner le tout, les fournisseurs me harcelaient pour être payés, ma relation avec mes associés se dégradait quotidiennement et je ne savais plus quoi faire. Certains jours, je me levais tellement stressé que j’avais envie de vomir, de disparaître, de fuir tous ces problèmes. Par chance, Karolyne était là. Sa simple présence me faisait tout oublier. Elle était une force tranquille en plein milieu de l’ouragan. Sans elle, ce livre n’existerait tout simplement pas.
L’heure de la révélation
L’arrivée matinale au restaurant était difficile. C’étaient les débuts de Facebook et l’un de mes associés y était littéralement accro ! Il restait en permanence devant son écran d’ordinateur et ça me rendait fou. Je faisais tout mon possible pour redresser la situation, mais il n’y avait rien à faire. J’avais beau effectuer des changements drastiques, comme recruter un nouveau chef, gérer différemment les horaires, engager des collaborateurs plus expérimentés, donner davantage de contrôle au chef de rang, surveiller les moindres dépenses, renégocier avec les fournisseurs… C’était peine perdue.
Durant cette période, l’une de mes tâches consistait à m’occuper des achats au bar et en cuisine. J’allais chaque semaine à la SAQ (Société des alcools du Québec) pour récupérer notre commande. Chaque semaine, le rituel était le même. J’achetais cinq ou six caisses de vin, quelques bouteilles de rhum, de tequila et de whisky… et une dizaine de caisses de vodka. Étant à l’époque beaucoup plus amateur de vin et de rhum, je ne comprenais pas pourquoi nos clients commandaient autant de vodka. L’idée du vol par un employé m’était même passée par la tête. Les semaines suivantes, j’ai commencé à surveiller la consommation de vodka par curiosité. J’ai vite compris que je m’étais trompé sur toute la ligne. On ne se faisait aucunement voler, c’était tout simplement l’alcool le plus apprécié par nos clients. Ils le buvaient en cocktail, avec du Martini, des glaçons, à la bouteille (pour certains !)… Bref, tout le monde en consommait.
Aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours préféré consommer local avant d’acheter des produits importés. Tout d’abord pour la fraîcheur des ingrédients, mais aussi pour la grande qualité gustative et nutritive de nombre de produits locaux. Je me souviens d’avoir découvert le « made in Québec » avec les bières produites en microbrasserie, puis avec les fromages. J’aimais l’idée de consommer des produits dont je connaissais certains producteurs. Quoi de mieux que de parler directement au fabricant de ce que l’on consomme ? Quoi de mieux que d’écouter un passionné nous parler de ses fromages, de sa charcuterie ou de sa bière comme s’il s’agissait du paradis ? Peut-être est-ce dû à mes origines françaises, mais le savoir-faire des « artisans de la table » m’a toujours attiré. De plus, l’entrepreneuriat local a toujours eu de l’importance pour moi. Encourager des entrepreneurs québécois me paraissait une évidence. Par conséquent, étant donné la popularité et la quantité de vodka consommée au restaurant, j’avais décidé d’acheter une vodka locale lors de mon passage suivant à la SAQ.
Quelle n’a pas été ma surprise lorsque mon conseiller en vin m’a appris qu’aucune vodka en vente dans les rayons de la SAQ n’était produite au Québec. Je n’en croyais pas mes oreilles… Un spiritueux si populaire ? Un alcool relativement « facile » à faire ? Un produit sans appellation d’origine contrôlée, que l’on peut donc produire n’importe où sur la planète ? Comment ça, aucune vodka produite au Québec ? C’était comme si on m’apprenait qu’on ne produisait pas de vin en France, d’huile d’olive en Grèce ou de sirop d’érable au Canada. Je ne connaissais rien à la vodka, sauf ceci : meilleure était l’eau, meilleure était cette boisson. Comment se faisait-il qu’au Québec, paradis de l’eau de source, terre promise de l’eau la plus pure au monde, personne n’avait pensé à produire de la vodka avec celle-ci ?
L’idée m’a traversé l’esprit comme un courant électrique, comme une apparition de la Sainte Vierge au beau milieu de la succursale de la SAQ ! J’allais produire la première vodka au Québec. J’étais fou de joie, j’avais ENFIN trouvé mon idée. Un sentiment d’extase m’a immédiatement envahi, j’étais tellement excité de commencer ! J’avais déjà cumulé trois mille à quatre mille heures d’expérience rien qu’en démarrant les business plans ! J’étais prêt à relever n’importe quel défi. De plus, j’allais être le premier dans ce domaine… Une façon idéale de se différencier par rapport à la concurrence ! Mais avant de me lancer dans un autre projet sans avoir terminé le premier, comme j’avais eu l’habitude de le faire à l’université, je devais sauver un bateau à la dérive : mon restaurant. Ce n’était pas évident, mais je voulais donner à ce dernier une dernière chance. Baisser les bras n’était pas envisageable et je tenais absolument à tout tenter.

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