Le tourisme en Casamance
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Description

Cette étude propose de faire une analyse du secteur touristique casamançais, c'est-à-dire les régions de Ziguinchor, Kolda et la nouvelle région de Sédhiou. L'étude a démontré que malgré le scepticisme de nombreux investisseurs, dû à la crise indépendantiste, le secteur touristique garde toujours un certain dynamisme. Une place importante est accordée à la situation de ce conflit très déterminant pour l'avenir de la Casamance.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 décembre 2010
Nombre de lectures 70
EAN13 9782296686663
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L E TOURISME EN C ASAMANCE

E ntre pessimisme et optimisme
M oustapha G UÈYE


L E TOURISME EN C ASAMANCE

Entre pessimisme et optimisme
© L’H ARMATTAN-SÉNÉGAL, 2010
« Villa rose », rue de Diourbel, Point E, DAKAR

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
senharmattan@gmail.com

ISBN : 978-2-296-10288-0
EAN : 9782296102880

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
DÉDICACE
À mes parents

À ma femme, Ndèye Aïssatou Lô

À mes enfants, Nar et Mouhamed
INTRODUCTION
À environ cinq heures et trente minutes de vol des principales capitales européennes (Bruxelles, Berlin, Madrid, Paris, Milan, Zurich), troisième région touristique du Sénégal, la Casamance possède environ 200 établissements touristiques qui vont des villages de vacances aux campements touristiques en passant par les campements privés et les campements de chasse. Une gamme très variée qui offre plus de 2 000 chambres et 4 000 lits {1} . Ce secteur continue à jouer un rôle majeur dans l’économie locale. Important pourvoyeur de devises, créateur d’emplois, le tourisme est aussi prépondérant dans la création de richesses et dans la lutte contre la pauvreté {2} .
La région naturelle de Casamance est située au sud du Sénégal entre la Gambie anglophone, complètement enclavée comme un clou à l’intérieur du Sénégal au nord, et la Guinée Bissau ancienne colonie portugaise au sud. À l’Est, elle est délimitée par le fleuve Gambie et à l’ouest par l’océan Atlantique (voir la carte ci-après). La capitale régionale, Ziguinchor, est à 450 kms de Dakar. La Casamance est d’une superficie de près de 30 000 km 2 et porte le nom du fleuve de 300 kms qui la traverse et qui s’étend d’est en ouest, de part et d’autre de ce fleuve. Celui-ci prend sa source à l’est de Kolda près de Fafakourou et s’élargit progressivement pour atteindre 2 kms à l’embouchure. Il est la principale voie de communication ; cependant les nombreux marigots situés sur sa partie occidentale constituent d’énormes obstacles {3} .
Administrativement, la Casamance comprend les régions de Ziguinchor (Basse Casamance) qui englobent quasiment les potentialités du tourisme, la région de Kolda (Haute Casamance) et la nouvelle région de Sédhiou (Moyenne Casamance) {4} .




Source : Ministère du Tourisme et de l’Artisanat de la République du Sénégal (2009).


La température moyenne annuelle de la Casamance est de 28°C. La mousson provenant de l’anticyclone de Sainte-Hélène fait apparaître deux saisons : une saison des pluies, ou hivernage, qui va de juin en octobre et une saison sèche pour le reste de l’année. Cette dernière correspond à peu près à la saison touristique.
La Casamance est la zone la plus arrosée du Sénégal avec des précipitations moyennes annuelles de l’ordre de 1 400 millimètres par an. C’est un carrefour, où vivent différentes populations autochtones principalement les Diolas, Mandingues et Baïnounks qui sont les plus lointains habitants de la région, mais aussi les Wolofs, Peulhs, Sérères, Mandjaks, Mancagnes, Balantes, Toucouleurs et des étrangers (Africains et Européens). La langue nationale wolof est la plus utilisée dans la zone. C’est une région très ouverte à l’extérieure qui accepte aisément la cohabitation ethnique et religieuse. La culture diola est la plus répandue en Casamance, en particulier dans la zone touristique {5} .
Bien qu’étant connue comme l’une des régions les plus agricoles du Sénégal, la Casamance, telle que nous l’avons annoncé, possède des potentialités touristiques énormes avec 21 % des captifs de la fréquentation touristique du pays derrière la petite côte (26 %) et la capitale Dakar (35 %), mais loin devant toutes les autres régions du Sénégal {6} et ce, en dépit d’une promotion extrêmement difficile pour cause de rébellion indépendantiste commencée en décembre 1982. Depuis lors, la situation touristique casamançaise caractérisée par une absence de sécurité a fait l’objet de nombreux sabotages. Gela a indiscutablement affecté le secteur.
Toutefois, il semble que depuis l’avènement au pouvoir du président Abdoulaye Wade en 2000, la rébellion a laissé la place à une alternance de négociations de paix et de tensions extrêmes. Depuis lors, les acteurs du tourisme casamançais cherchent de nouveaux élans pour assurer une substantielle croissance du secteur.
Pour mener l’étude de la situation touristique en Casamance depuis 2000, nous avons d’abord cherché à connaître et à comprendre les différents atouts qu’offre le secteur touristique casamançais. Ensuite nous avons dressé les obstacles et les faiblesses du secteur et pour terminer nous avons tracé les perspectives d’avenir du secteur avec notamment la politique de relance initiée par le gouvernement et les autres acteurs pour soutenir le secteur touristique casamançais durant la décennie 2000-2010.
CHAPITRE I LES GRANDS ATOUTS DU TOURISME EN CASAMANCE
Des trois zones qui composent la Casamance, la Basse Casamance – essentiellement Ziguinchor la capitale régionale (130.000 hbts) – et Cap-Skirring constituent la partie la plus touristique {7} . Aux alentours de ces deux localités, de nombreux villages enchanteurs se dressent dans la verdure. Le tourisme est surtout balnéaire même si nous notons d’autres formes de tourismes (loisirs, découverte et culture). Il s’exerce sous trois formes :
Le tourisme de grand et moyen haut de gamme, classe matérialisée par les hôtels de la ville de Ziguinchor – composés de huit grands hôtels et des campements – et le complexe balnéaire de Cap-Skirring qui compte également huit grands hôtels parmi lesquels : le Club Méditerranée, le Savana, le Royal Cap, le Kabrousse et de nombreux hôtels et campements familiaux {8} . Durant la haute saison, entre novembre et avril, l’aéroport de Cap-Skirring est desservi directement par des vols charters venant d’Europe. Il y a également les localités d’Abéné-Kafountine où se trouvent deux hôtels et des campements touristiques, sans oublier la zone de Kolda-Sédhiou caractérisée par les trois hôtels du centre-ville de Kolda, la palmeraie de Sédhiou et les divers campements de Vélingara {9} . Il est important de noter qu’en 2006, la coopération allemande a investi dans le tourisme casamançais près de 60 millions de Francs CFA sous forme de dons pour réhabiliter six campements villageois à Oussouye. Ce qui fait qu’aujourd’hui, dans cette localité, on compte neuf campements villageois fonctionnels. Et, selon l’inspecteur régional du Tourisme de Ziguinchor et Kolda, Mr Tékhé Faye, ces campements villageois ont depuis 2007 accueilli des touristes dans des conditions acceptables d’hébergement et de sécurité.
Le tourisme cynégétique se pratique également à Kolda en Haute Casamance où existent actuellement plus de 15 zones favorables à la pratique de la chasse, parce que giboyeuses. C’est ainsi que sur environ 3 000 touristes qui visitent cette localité, chaque année, plus de 800 y viennent pour chasser.
Le tourisme mal intégré, constitué de multiples campements villageois, permet une articulation harmonieuse entre le tourisme et la vie locale.
Les principales ressources sont constituées par :
Le climat doux et agréable sur un littoral de 92 kms de côtes ensoleillées, offrant les plus belles plages du pays {10} .
La végétation luxuriante, traversée par des bolongs bordés de mangroves, traduit un paysage touristique caractéristique des îles de Garabane, de Diogué et de Pointe Saint-Georges.
Le parc national de Basse Casamance au cœur de la forêt entre Oussouye et Cap-Skirring s’étend sur 5 000 hectares. Il constitue un élément touristique attrayant et abrite une faune visible sur tous les circuits.
La réserve spéciale des oiseaux de Kalissayes, au nord de l’embouchure située dans l’arrondissement de Diouloulou, offre une protection efficace à des colonies d’espèces pélagiques.
Les sites et monuments historiques formés par les vestiges de la société traditionnelle diola sont les témoignages de l’histoire coloniale, politique et religieuse de la Casamance.
Le tourisme de découverte bénéficie de l’originalité architecturale de l’habitat (cases à impluvium d’Enampor, cases à étages de Mlomp) ; la gentillesse des gens et le Katinang, c’est-à-dire l’hospitalité diola.
La région présente un symbole de résistance pendant la période coloniale notamment avec l’héroïne Aline Sitœ Diatta {11} qui a su s’opposer à la liquidation des traditions diolas et aux réquisitions de vivres comme contribution à l’effort de guerre de la Métropole française. Ces évènements avaient eu lieu dans le département d’Oussouye durant la Seconde Guerre mondiale.

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