Misère et opulence
300 pages
Français

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Description

Sous sa forme actuelle, la monnaie unique est un vecteur de schizophrénie économique, une machine à créer du chômage et des inégalités. Que l'euro soit donc déconstruit ! Ce ne sont pas les dépenses sociales qui sont coupables d'avoir creusé nos déficits, mais les sauvetages bancaires d'établissements ayant amassé des fortunes par la grâce de la financiarisation, elle-même destinée à anesthésier une population européenne dont les revenus étaient inversement proportionnels à la productivité des entreprises.

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Informations

Publié par
Date de parution 15 janvier 2015
Nombre de lectures 7
EAN13 9782336367422
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

C o l l e c t i o n L’ E S P R I T É C O N O M I Q U E S É R I E L E M O N D E E N Q U E S T I O N
MichelSanti
Misère et opulence
Chroniques d’austérité globalisée
MISERE ET OPULENCE
Collection « L’esprit économique » fondée par Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis en 1996 dirigée par Sophie Boutillier, Blandine Laperche, Dimitri Uzunidis
Si l’apparence des choses se confondait avec leur réalité, toute réflexion, toute Science, toute recherche serait superflue. La collection « L’esprit économique » soulève le débat, textes et images à l’appui, sur la face cachée économique des faits sociaux : rapports de pouvoir, de production et d’échange, innovations organisationnelles, technologiques et financières, espaces globaux et microéconomiques de valorisation et de profit, pensées critiques et novatrices sur le monde en mouvement... Ces ouvrages s’adressent aux étudiants, aux enseignants, aux chercheurs en sciences économiques, politiques, sociales, juridiques et de gestion, ainsi qu’aux experts d’entreprise et d’administration des institutions.
La collection est divisée en six séries :
Dans la sérieEconomie et Innovation sont publiés des ouvrages d’économie industrielle, financière et du travail et de sociologie économique qui mettent l’accent sur les transformations économiques et sociales suite à l’introduction de nouvelles techniques et méthodes de production. L’innovation se confond avec la nouveauté marchande et touche le cœur même des rapports sociaux et de leurs représentations institutionnelles.
La sérieEconomie formelle a pour objectif de promouvoir l’analyse des faits économiques contemporains en s’appuyant sur les approches critiques de l’économie telle qu’elle est enseignée et normalisée mondialement. Elle comprend des livres qui s’interrogent sur les choix des acteurs économiques dans une perspective macroéconomique, historique et prospective.
Dans la sérieLe Monde en Questionspubliés des ouvrages sont d’économie politique traitant des problèmes internationaux. Les économies nationales, le développement, les espaces élargis, ainsi que l’étude des ressorts fondamentaux de l’économie mondiale sont les sujets de prédilection dans le choix des publications.
La sérieKrisisa été créée pour faciliter la lecture historique des problèmes économiques et sociaux d’aujourd’hui liés aux métamorphoses de l’organisation industrielle et du travail. Elle comprend la réédition d’ouvrages anciens, de compilations de textes autour des mêmes questions et des ouvrages d’histoire de la pensée et des faits économiques.
La sérieClichésété créée pour fixer les impressions du monde a économique. Les ouvrages contiennent photos et texte pour faire ressortir les caractéristiques d’une situation donnée. Le premier thème directeur est : mémoire et actualité du travail et de l’industrie ; le second : histoire et impacts économiques et sociaux des innovations.
La sérieCours Principauxcomprend des ouvrages simples, fondamentaux et/ou spécialisés qui s’adressent aux étudiants en licence et en master en économie, sociologie, droit, et gestion. Son principe de base est l’application du vieil adage chinois : « le plus long voyage commence par le premier pas ».
Michel SANTI
Misère et opulence
Chroniques d’austérité globalisée
© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-05332-5 EAN : 9782343053325
Préface
parRomaric Godin, rédacteur en chef adjoint àLa Tribune
La crise dans laquelle l’Europe s’englue depuis 2007 a connu plusieurs phases, plusieurs couleurs et plusieurs discours dominants. Les propos rassurants qui dominaient durant la crise des subprimes ont laissé place à une colère de forme contre la finance toute-puissante après la faillite Lehman Brothers, puis à un discours moralisateur sur les déficits et la dette dans la foulée de la crise de la zone euro. À chaque fois, ceux qui ont tenté, au milieu des brumes intellectuelles répandues par les différents pouvoirs, de comprendre et de s’interroger sur les logiques profondes à l’œuvre ont pu s’appuyer sur les clairvoyantes chroniques de Michel Santi. Celles qui sont regroupées ici s’intéressent à un moment clé de cette longue crise où, peut-être, elles n’ont jamais été si utiles. Au début de la période couverte par cet ouvrage, à l’été 2013, en effet, il était possible de croire que les politiques d’austérité d’une violence inouïe mises en place lors de la crise grecque de 2010 allaient porter leurs fruits. La crise de la dette, matée par un coup de poker de Mario Draghi à l’été 2012, avait certes connu un dernier sursaut à Chypre, violemment maté pour rassurer les marchés. La zone euro avait retrouvé la croissance au deuxième trimestre après sept trimestres de récession, et l’on attendait avec impatience qu’enfin la compétitivité externe gagnée au prix des plus durs sacrifices dans les pays périphériques porte ses fruits. Que les exportations viennent enclencher ce
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cercle vertueux d’une croissance « saine » dans toute la zone euro. Qu’enfin cette zone euro devienne ce qu’elle aurait dû être depuis le premier jour : une grande copie de l’Allemagne. C’était l’époque, où, à chaque réunion de la BCE, Mario Draghi promettait que le « momentum » de la croissance tirée par les exportations gagnait chaque jour un peu plus de vigueur, et où il pouvait hausser les épaules face à l’affaissement de l’inflation en déclarant dans une réplique digne des plus belles brèves de comptoir qu’avec une « inflation basse, on peut s’acheter plus de choses ». C’était aussi l’époque où Wolfgang Schäuble, le ministre fédéral allemand des Finances, pouvait faire taire les critiques en Europe, surtout celles venant de France, en assurant qu’il n’existait pas de contradiction entre la « consolidation budgétaire et la croissance ». Et puis, à l’automne, tout à commencer à s’enrayer. L’inflation s’est dangereusement affaissée sous les 1 % en zone euro, l’activité a commencé à tousser, à stagner. Les lendemains qui chantent promis depuis 2010 ont tardé à arriver. Ce qui est alors arrivé est une leçon pour notre temps. Devant l’évidence de plus en plus flagrante non seulement de l’échec, mais aussi du danger des politiques menées, il n’y a eu qu’un seul mouvement : celui de poursuivre ces politiques. Quiconque observe froidement la réalité ne peut que se rendre à l’évidence : au moment où l’on devait, ou l’on pouvait, sauver la croissance, on s’est encore accroché aux mythes de l’efficience des marchés et de la morale budgétaire. Quel contraste saisissant entre les faits et les discours, entre la réalité vécue par les peuples et les politiques prônées par les dirigeants ! Au moment même où s’étalait chaque jour devant les yeux du monde de nouvelles preuves de leurs faillites, les théories fondatrices du libéralisme, la neutralité ricardienne et l’offre créatrice de demande de Say
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redevenaient les pierres de touche de la pensée dominante. Le seul nom de Keynes – désormais désavoué même par les « keynésiens » – provoque des cris d’orfraie et condamne celui qui l’a prononcé au silence. S’il n’y avait tant de drames derrière une telle comédie, elle serait sans doute tordante. Car voici que l’on explique partout que seules les « réformes structurelles » et la consolidation budgétaire sont capables de sortir l’Europe de l’ornière. Après quatre ans de « réformes structurelles » violentes et de consolidations budgétaires au forceps qui, précisément, ont détruit une partie du potentiel industriel européen, provoqué la panique des agents économiques et fait exploser la dette… La France de ce point de vue a été une nouvelle fois exemplaire. Au moment où apparaît avec clarté que le problème européen est un défaut de demande agrégée, voilà François Hollande qui, en janvier 2014, annonce devant un parterre médiatique en pamoison sa conversion officielle au catéchisme de la politique de l’offre. Mieux même, en août, trois jours après la prise de conscience de Mario Draghi à Jackson Hole sur la nécessité d’une relance, voilà qu’il enfonce encore le clou en remerciant le seul ministre légèrement critique sur les politiques menées. Une politique d’autant plus inconséquente que l’Élysée sait pertinemment que la mettre vraiment en œuvre plongerait la deuxième économie de la zone euro dans la récession. Aussi joue-t-on au chat et à la souris avec la commission, refuse-t-on tant une franche relance qu’une politique libérale assumée. Pour finir, on ne fait rien. Et l’Europe continue à s’enfoncer dans ce qui, de plus en plus, prend les allures d’une stagnation décennale. Cette tragi-comédie européenne a un metteur en scène – Angela Merkel –, toujours flanqué de son adjoint, Wolfgang Schäuble. Aucune réalité, aucune évidence ne semble capable de modifier le scénario écrit par Berlin.
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