Voulons-nous (sérieusement) changer le monde ?
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Description

Le nouveau tsunami causé par le Covid-19 ne nous laisse plus le choix. Il n’est plus possible d’aménager à la marge un système économique aux défaillances de plus en plus criantes (crise écologique, croissance des inégalités). C’est le moment (ou jamais ?) de le réorienter vers la construction d’un monde plus juste et plus durable.

Fort de son expérience au plus haut niveau des instances financières internationales, Bertrand Badré, avec passion et pédagogie, propose dans cet ouvrage une véritable feuille de route pour le xxie siècle. À rebours d’un fatalisme trop souvent répandu, il nous incite à tous nous engager pour sa concrétisation.

Car, qui que nous soyons, nous avons le pouvoir d’influer sur le cours des choses. En tant que consommateur, investisseur, comme citoyen ou dans notre travail. Non pas « les pauvres » contre « les riches », non pas « le peuple » contre « les élites » – mais tous ensemble, pour le bien de tous, et celui de notre planète.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 septembre 2020
Nombre de lectures 8
EAN13 9782728930357
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0550€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

BERTRAND BADRÉ
avec la collaboration de Vincent de Féligonde
Voulons-nous (sérieusement) changer le monde ?
Préface d’Erik Orsenna de l’Académie française
Table des matières Préface Introduction Chapitre 1 – Un nouveau rendez-vous avec l’Histoire Chapitre 2 – La recrudescence des périls Chapitre 3 – D’où venons-nous ? Chapitre 4 – Feuille de route pour le xxi e siècle Chapitre 5 – Après l’euphorie, au travail ! Chapitre 6 – Les colonnes du temple ébranlées Chapitre 7 – Ouvrir le cœur du modèle Chapitre 8 – Passer à une nouvelle version de notre « OS » Chapitre 9 – Gagner la paix Chapitre 10 – À nous de jouer… avec eux ! Conclusion Annexe Notes Page de copyright
Points de repère Cover Title Page Copyright Page Footnotes Appendix Introduction Corps de texte
Préface
Confinement covidien aidant, beaucoup de gens ont passé leur printemps 2020 à écrire et à réfléchir, les deux activités n’étant pas forcément liées. Voilà pourquoi la « vague » la plus certaine de l’automne est celle des livres.
Des livres de deux catégories.
La première explore l’intime : « Je vais vous raconter comment j’ai vécu ces semaines d’angoisses. » Si le talent n’est pas là, qui seul permet de faire du singulier un universel, ces chroniques n’ont pas d’intérêt. Notre temps étant compté, passons outre.
La deuxième catégorie d’ouvrages post-Covid, la seule qui pour moi importe, est celle qui répond à l’injonction attribuée à Churchill : « Ne gâchons pas une bonne crise. »
Il se trouve qu’ambassadeur de l’Institut Pasteur, passionné par les recherches menées dans 26 pays, je travaille depuis 5 ans sur les relations entre les animaux et les humains. Ayant publié une Géopolitique des moustiques , notre pandémie ne m’a guère surpris. Je pensais seulement qu’elle viendrait de ce tigre minuscule, l’ albopictus porteur de la dengue. Ce sera pour la prochaine fois.
Vous comprendrez donc mon besoin urgent de relier cette crise sanitaire majeure avec les autres maladies qui menacent, ou déjà frappent, notre planète. La santé est une . One Health. Comment pourrions-nous aller bien si l’environnement se dégrade ainsi que l’état de nos cousins animaux ? C’est Arnaud Fontanet qui mène ces travaux sur l’unité du vivant et la solidarité, obligée, qui s’en suit.
Voilà pourquoi j’ai lu avec passion, et réconfort, le beau texte de Bertrand Badré.
Passion, car je comprenais, enfin, les liens entre tous les déséquilibres. Dans le tapis, comme disait Henry James, je voyais paraître la figure entière, le système et sa faille première. Il ne servirait pas de rafistoler, une fois de plus. Il arrive un jour où il faut changer de costume, de système. Et c’est un spécialiste de ce système qui vous l’affirme, celui qui fut l’un de ses responsables, au plus haut niveau : directeur financier du Crédit agricole et de la Société générale, puis directeur général de la Banque mondiale, confrère ou ami, ou les deux, des maîtres du monde. Formidables pages où il passe en revue les « terribles T ». Trump et son imprévisibilité. Twitter et la vie en 140 caractères. T comme Traités commerciaux et leurs effets inégalitaires. T comme technologie et les dominations qui s’ensuivent. T comme trust , la confiance qui s’est partout perdue : confiance envers l’économie, bien sûr, mais aussi envers les politiques et, peut-être pire, les hommes et les femmes de savoir, tous réunis et rejetés car appartenant à... l’élite.
Mais à quoi sert de comprendre, si la conclusion de l’intelligence est l’impuissance, le constat qu’il ne nous reste plus qu’à regarder avancer le désastre ? Nous en connaissons tant qui ne savent écrire que des Chronique d’une mort annoncée .
Bertrand Badré n’est pas de cette espèce malfaisante. Il décide de quitter les grandes institutions et, en liaison étroite avec tous ceux qui, dans le monde entier, partagent son sentiment d’urgence, il lance en 2017 un fonds d’investissement dont le nom est bien à l’image de son créateur : Blue like an Orange Sustainable Capital. Référence, bien sûr, au poème d’Eluard.
« Les mots ne mentent pas. Ils ne vous donnent plus à chanter. » Pour Bertrand Badré, il s’agit de prouver la possibilité et la nécessité annoncées dans son ouvrage précédent : Money honnie. Et si la finance sauvait le monde ?
La feuille de route est claire, exposée en douze points. Centrés sur la plus évidente mais la plus exigeante des convictions : il faut remettre au plus vite l’humain, la fraternité au cœur. Dans la ligne d’êtres aussi divers que le pape François et ce formidable P.-D.G. d’une multinationale, Danone, Emmanuel Faber (oh, le joli nom), qui avait un jour interpellé les étudiants d’HEC : « Posez-vous la seule question : qui est mon prochain ? »
J’ai deux Bertrand dans ma vie. Et que j’admire autant. Et qui se ressemblent. Et qui sont des alliés – les deux travaillant ensemble. Mon autre Bertrand s’appelle Piccard. Psychiatre, explorateur. J’allais préciser : psychiatre donc explorateur. Vous savez qu’il tourna deux fois autour de la Terre, la première en ballon, la deuxième sur Solar Impulse, un avion qui, comme son nom l’indique, n’est alimenté que par l’énergie solaire. Il a créé une fondation pour développer les énergies propres. Car c’est lui aussi un chevalier du possible.

Tout cela pour vous dire trois choses :
1) il y a le feu ;
2) tout est encore possible ;
3) pour vous en convaincre (si besoin) et pour vous donner des idées (concrètes), lisez ce livre !

Erik Orsenna, de l’Académie française.
Introduction
J’ai commencé les réflexions qui font la matière de ce livre depuis longtemps, bien avant le Covid-19. Une grande partie d’entre elles sont en germe depuis la précédente grande crise, en 2008-2009. Avec la certitude de plus en plus forte que nous n’avions pas traité en profondeur et pour de vrai les lignes de fracture de nos modèles économique, financier et social, les failles de ce contrat qui nous unit implicitement avec notre planète et tous ses habitants. À vrai dire, ces réflexions étaient presque achevées en février de cette année alors que l’on commençait juste à parler de confinement et que nous regardions avec surprise et commisération les premières décisions italiennes.
Bien entendu, comme la plupart d’entre nous, je n’avais pas vu venir cette crise qui allait frapper le monde aussi ­rapidement et aussi brutalement. Je ne prévoyais pas la sidération planétaire. Ce choc est sans précédent par sa rapidité et son ampleur. Les ordres de grandeur auxquels nous étions habitués ne sont plus suffisants. Le millier de milliards ( trillion en anglais) de dollars ou d’euros est devenu en quelques semaines une unité de mesure banale pour remettre le monde à flot. Le sort de dizaines de millions de personnes privées d’emploi du jour au lendemain aux États-Unis a réactualisé les images véhiculées par John Steinbeck dans Les Raisins de la colère . Plus de la moitié de la planète a connu le confinement, près d’un salarié du privé sur deux en France a été placé en chômage partiel et près de 90 % de nos enfants ne se sont plus rendus en classe. Jamais la communauté de destin des habitants de Chennai, de Lagos, Rio, Canberra ou Charleville-Mézières n’avait été aussi palpable. Des milliards d’êtres humains embarqués sur le même bateau, même si ce dernier comprend toujours plusieurs classes. Nous avons vécu et vivons encore une expérience inouïe que quelques jours avant nul n’envisageait, que nul ne pouvait même concevoir. Notre planète à l’arrêt, à la recherche de son souffle. Au sens propre du terme.
Entre 2013 et 2016, comme directeur général de la Banque mondiale, j’avais eu à affronter, avec d’autres, l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. J’avais entendu alors Bill Gates alerter sur un risque planétaire et j’avais échangé avec lui sur ce qu’une assurance sur le risque pandémique pouvait signifier. Dans mes interventions en faveur d’une meilleure coordination mondiale, je mentionnais régulièrement le « risque pandémique », comme le « risque climatique » ou le « risque cyber ». Mais j’avoue que j’étais persuadé que la matérialisation de ce risque n’était pas pour tout de suite…
En revanche, je n’ai cessé depuis 2008 de penser à « la crise » qui viendrait nous tester et tester nos faiblesses restées non traitées depuis cette date. L’idée de notre incapacité à y faire face m’a hanté chaque jour et chaque nuit pendant ces douze ans. Combien de fois ai-je raconté le miracle de 2008-2009 – celui qui vit les dirigeants de la planète, dos au mur, s’unir et faire face ensemble à la crise qui menaçait de tout emporter – et celui de son improbable répétition si cela devait recommencer ? Combien de fois ai-je essayé d’anticiper le film, pour voir si son scénario pouvait être amélioré ? Je refusais même de penser que je le verrais aussi rapidement rejoué. Je me souviens ainsi d’une table ronde organisée en petit comité, le 11 février 2020, autour de mon amie Kristalina Georgieva, qui a succédé à Christine Lagarde à la tête du Fonds monétaire international (FMI), pour voir comment cette institution multilatérale pouvait s’engager davantage dans la lutte contre le changement climatique. J’ai commencé mon intervention en insistant sur l’urgence absolue d’agir, en soulignant que les actions entreprises pouvaient à tout moment être balayées par une autre crise, dont l’urgence pourrait réduire à néant les engagements pris en 2015 à la COP21, à Paris. Kristalina a repris cette remarque en conclusion de la matinée, avec une voix qui trahissait sa propre inquiétude. Pour l’anecdote, le déjeuner Climat prévu début mars avec les équipes du FMI a été reporté. Puis annulé. Une crise renverse naturellement l’ordre des priorités.
Au fil des années, je n’ai cessé de dire que nous n’avions pas « fini le travail » après la crise financière. Et plaidé, notamment dans mon dernier livre, pour que nous adaptions notre modèle au développement durable et à la lutte contre les inégalités. Et je n’ai cessé de m’interroger sur la méthode à suivre en temps de paix pour changer les règles, puisque nous n’avions pas « profité » de la dernière crise pour faire ce travail de fond difficile – et, à bien des égards, désagréable. Je n’imaginais pas que, de manière aussi tragique, nous aurions une seconde chance. Dans le titre originel de cet ouvrage, je m’interrogeais : « Sommes-nous sérieux ? » La substance des pages qui suivent n’a pas changé, mais le titre a évolué. Il est devenu : Voulons-nous (sérieusement) changer le monde ? Le message devient plus simple : ne gâchons pas l’occasion donnée par cette crise comme nous l’avons fait avec la précédente. C’est maintenant que nous pouvons remettre le « système » au service de la planète et de ses habitants. C’était vrai avant, ça l’est encore plus après, alors que chacun a pu ressentir au plus profond de lui-même notre commune destinée et notre immense fragilité.

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