Patronymes, patrimoine et identité
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Description

Les traditions et la cosmogonie dogon fascinent. Mamadou Traoré a choisi une manière originale de les traiter, puisqu'il en trace les grandes lignes avant de nous faire découvrir le monde des Dogon à travers un lexique qui évoque leur culture comme leur quotidien. Il s'arrête surtout sur le riche et méconnu répertoire des noms et prénoms dogon. Sa présentation de la répartition géographique des noms représente un éclairage précieux pour la mémoire des patrimoines maliens en perdition.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2010
Nombre de lectures 225
EAN13 9782296933958
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

PATRONYMES, PATRIMOINE ET IDENTITÉ
Noms et mots dogon


Mamadou TRAORÉ
PATRONYMES, PATRIMOINE ET IDENTITÉ
Noms et mots dogon


Mamadou TRAORÉ


L’Harmattan
© L’H ARMATTAN, 2010
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
ISBN : 978-2-296-11665-8
EAN : 9782296116658

© La Sahélienne, tous droits réservés.
Siège social : Bako Djikoroni Ouest, Bamako (Mali)
E-mail : sahelienneedition@yahoo.fr
Tél. : + 223 66 79 24 40
ISBN : 99952-54-35-2
Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Mali, 2010.
Relecture et mise en page : Ségolène Roy
Conception graphique de couverture :

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
50 VOIX


À l’heure du cinquantenaire des indépendances africaines, certains esprits sont en train de tenter de capturer l’énergie des sociétés civiles et des moindres groupes organisés pour les engager dans une « année de festivités ». Nous proposons de laisser la fête là où elle est. De sortir la tête de la fête. Pour nous interroger, débattre, capitaliser, regarder l’Afrique droit dans… ses réalités, construire des projets de société portés par le livre et l’écrit !
« 50 voix » est une collection pour les textes littéraires, les comptes rendus de travaux de recherches, les témoignages, les biographies, la réflexion critique et la protestation citoyenne.


Appel à manuscrits

Si vous avez un projet de ce type à soumettre aux éditions La Sahélienne, envoyez-nous-en un court descriptif par e-mail à l’adresse suivante : collection50voix@yahoo.fr .
Si vous avez des difficultés pour passer au stade de l’écriture, demandez-nous conseil ou faites-vous aider en rejoignant notre atelier d’écriture. Vous pourrez enregistrer vos témoignages oraux et les structurer avec l’appui de professionnels.
Pour plus d’information, contactez-nous à cette même adresse e-mail ou consultez la page Facebook de La Sahélienne (onglet « Articles »).
Introduction
Placé entre deux « mondes » (Afrique du Nord et régions côtières de l’Afrique occidentale), le Mali moderne s’est construit sur l’histoire de plusieurs empires et royaumes successifs. Les nombreuses invasions et razzias qu’ils ont occasionnées ont entraîné des bouleversements sociaux aux multiples conséquences.
En raison de sa position géographique, le pays a accueilli des mouvements migratoires venant d’Orient, de Méditerranée et des pays de la savane et de la forêt, subissant du coup de nombreuses influences. C’est de ce contact permanent et diversifié des races et des ethnies, des cultures et des civilisations, qu’est né le Mali dont se réclament le Soudanais d’hier et le Malien d’aujourd’hui. Façonnée de cette manière, notre société a connu des périodes fastes et glorieuses, mais aussi des moments de décadence.
Par conséquent le Mali est un carrefour de civilisations, et de surcroît un trait d’union entre l’Afrique noire et blanche. Chaque Malien peut se considérer comme le fruit d’un brassage dont il porte les empreintes indélébiles.
Les Maliens d’aujourd’hui tirent des expériences de ce riche passé force, dignité et sagesse pour bâtir leur société de demain, celle qui doit retenir l’attention de tous en conservant leurs valeurs culturelles et leurs civilisations basées sur le respect de leurs mœurs, coutume, croyances, concepts philosophiques, modes de vie et de pensée.
C’est cette richesse de cultures et de civilisations qui nous a conduit à entreprendre entre autres recherches l’étude des patronymes de quelques ethnies de notre pays. Nous nous sommes particulièrement intéressé aux Dogon, dont la singularité est connue du monde entier et qui font l’objet de ce livre.
Le sujet de notre travail pourrait embrasser d’innombrables considérations et il serait souhaitable que d’autres chercheurs fassent des recherches plus approfondies sur ce sujet que nous essayons d’aborder par le biais des Dogon, ou sur d’autres sujets connexes, fondements de notre société.
Origines et organisation
de la société dogon
Origines
Les Dogon habitent sur le plateau du massif montagneux de Hombori {1} , au pied de la falaise de Bandiagara – qui s’étend sur trois cents kilomètres – dans les plaines du Seno {2} et du Gondo en République du Mali. D’après la tradition orale, les Dogon sont originaires du Mandé {3} .
La tradition orale rapporte que c’est par suite d’une violation des lois de leur dieu « Amma » que la malédiction les frappa et qu’une hécatombe s’ensuivit. En effet le second fils de Lébé, l’ancêtre le plus ancien auquel la mythologie dogon fasse référence, s’est transformé prématurément en serpent et a trouvé la mort après avoir enfreint un interdit. Ainsi la mort est-elle entrée dans le monde des hommes. Quant à Lébé, il mourut sous la forme d’un homme sans s’être transformé en serpent comme il aurait dû. Mais quand ses descendants décidèrent de quitter le pays, et qu’ils ouvrirent son tombeau pour en prendre les ossements et les amener avec eux dans leur périple, et ils trouvèrent à la place un serpent vivant, qui prit le nom de Lébé. Ils en conclurent que la terre de ce tombeau avait des qualités extraordinaires, qui avaient permis la transformation de leur ancêtre en serpent après sa mort. Ils emmenèrent alors un peu de cette terre avec eux {4} .
Selon une croyance répandue, quatre tribus, Jon, Ono, Arou et Domno, quittèrent le Mandé et s’aventurèrent jusqu’au pied de la falaise de Bandiagara. Après une longue et difficile migration, ils arrivèrent à Kani-na (près de Kani-Bonzon), au sud-ouest de la falaise, où ils s’installèrent.
Les Dogon trouvèrent sur place d’autres « hommes » avec leurs coutumes, leurs rites et leurs mœurs. Des recherches archéologiques conduites par l’architecte Herman Haan et l’anthropologue J. H. Huizinga entre 1962 et 1974 (auxquelles s’est associé Alain Gallay, ethnoarchéologue suisse, en 1964), ont permis de reconstituer les différentes étapes de l’occupation du milieu par deux populations antérieures aux Dogon :
les Toloy : du IIIe au IIe siècle av. J.-C. ;
les Tellem {5} : du XIe au XVIe siècle apr. J.-C {6} .
D’interminables guerres opposèrent les Dogon aux Tellem, qui finirent par émigrer vers le sud-est dans la plaine, jusqu’au pays Mossi {7} .
Les Dogon fondèrent leurs premiers établissements dans la région de Sangha après le XVIe siècle. Ils pratiquaient généralement le culte du serpent ainsi que celui de la gémellité.
C’est à partir de Kani-na que les Dogon se répandirent à travers les zones qu’ils occupent actuellement, essaimant le long de la falaise de génération en génération. Ils élevèrent un autel en l’honneur de l’ancêtre Lébé dans chaque village où ils s’établirent, avec un fragment de la terre emporté de son tombeau.
La falaise était giboyeuse et il existait beaucoup de poches d’eau dans les replis de la zone. En cas de guerre ou de razzias, il était facile de se dissimuler et d’organiser une résistance. Au fil des ans, les Dogon descendirent dans la plaine où les terres étaient plus fertiles et plus vastes. C’est ainsi que ceux de la plaine ont des familles qui leur correspondent sur le plateau.
Les Dogon seront successivement soumis aux influences et dominations songhaï (du XVe XVIIe siècle), bamanan (1712-1818), peule du Macina (1810-1861), toucouleur (1861-1893) et française (1893-1960). Ces différentes influences n’ont en rien altéré leur culture qui est restée presque hermétique aux autres cultures et traditions.

On rencontre parmi les noms dogon ceux des frères Kamian et Kansaye, venus également du Mandé. Ils se sont installés à Ségué, dans l’arrondissement de Soufroulaye, avant d’émigrer sous d’autres deux. Dans les dix-neuf villages qui constituent l’arrondissement de Soufroulaye on rencontre les principaux noms suivants :

Noms
Kamian
Kansaye
Touré
Kounta
Korobara
Sangha
Panana
Fofana
Konèkè
Sera (Keïta)
Nadio
Sondié

Villages
Soufroulaye, Koloni et Diou
Dans tous les villages
Dans tous les villages
Soufroulaye
Diou et Koloni
Koloni et Diou
Diou et Koloni
Dans tous les villages
Neïma
Kouna
Neïma
Neïma


D’après les Dogon, l’appellation dogon vient du manika-kan {8} « dogoni » (petit frère) et « dogon » signifierait « honte ». Par extension « dogono » signifierait « boire la honte ». Le Dogon ou « Kado {9} » au singulier pour le Peul, « Koubo » pour le Songhaï et « Doudani » pour le Maure, est également appelé « Kado » en milieu bamanan. Le Dogon lui-même n’utilise jamais ce terme pour se désigner.
On rencontre une forte colonie de Dogon dans l’arrondissement de Timissa (cercle de Tominian). On les trouve également dans l’arrondissement de Labezzanga (cercle d’Ansongo). Une minorité vit au Burkina Faso.
Regroupements
Les regroupements dogon peuvent se faire en fonction du nom clanique, du dialecte ou du lieu d’habitation.

Regroupement par clan

les « Houmbèbè vivent dans la plaine.
les « Tombo » habitent le plateau et la falaise.
les « Gondo » sont dans le Séné, à l’est.
Certains les classent selon d’autres critères :
Kado Toro : Dogon qui ont gardé leurs coutumes ancestrales fétichistes. Ce sont d’intrépides guerriers.
Kado Kassa : Dogon originaires du village historique de Kassa, fief de preux guerriers.
Kado Koumbèdjo : Dogon métissés avec des Peuls. Souvent ils se désignent sous le seul nom de Koumbèdjo.
Kado Tabînké : Dogon originaires du village de Tabîn. Ils parlent un dialecte particulier apparenté au songhaï.
Kado Kossodjo : Dogon jouant le même rôle que le « koulé » (artisan du bois).


Regroupement par dialecte (voir pages 34-35)



Comme on peut le constater, les Dogon qui parlent le tóró-so sont de villages différents, de la plaine à la falaise.

Regroupement par lieu d’habitation

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