Penser mieux, travailler moins
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Description

Travailler plus efficacement en faisant moins d'effort, impossible pensez-vous ? Eh bien si, car notre cerveau est capable d'accomplir des prouesses ! Sans nier ni ses limites ni les risques de "surchauffe", l'auteur, spécialiste en psychologie cognitive, explique de façon simple son fonctionnement et propose une méthode utilisable par tous pour optimiser nos capacités mentales.



À l'aide d'exercices ludiques et de mises en application aussi bien dans votre vie professionnelle que personnelle, cet ouvrage vous permettra :




  • D'intégrer rapidement de nouvelles informations


  • De développer et de structurer votre mémoire


  • D'alléger votre charge mentale et d'aller à l'essentiel


  • De résoudre facilement un problème en fonction des situations



Une fois acquise l'idée que ce n'est pas la quantité d'effort qui compte et que nous sommes intellectuellement plus performants quand notre charge mentale est allégée, vous serez en mesure d'adapter votre effort à l'objectif fixé. Vous pourrez ainsi travailler mieux et gagner plus !




  • Gérez durablement vos ressources cognitives


  • Applications pratiques


  • Mémorisez vite et bien


  • Applications mnémotechniques


  • Optimisez votre charge mentale


  • Applications terrain


  • Résolvez facilement un problème


  • Applications terrain


  • Gagnez en confort et en productivité


  • Applications managériales

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 17 janvier 2013
Nombre de lectures 324
EAN13 9782212191134
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0105€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait



À l'aide d'exercices ludiques et de mises en application aussi bien dans votre vie professionnelle que personnelle, cet ouvrage vous permettra :




  • D'intégrer rapidement de nouvelles informations


  • De développer et de structurer votre mémoire


  • D'alléger votre charge mentale et d'aller à l'essentiel


  • De résoudre facilement un problème en fonction des situations



Une fois acquise l'idée que ce n'est pas la quantité d'effort qui compte et que nous sommes intellectuellement plus performants quand notre charge mentale est allégée, vous serez en mesure d'adapter votre effort à l'objectif fixé. Vous pourrez ainsi travailler mieux et gagner plus !




  • Gérez durablement vos ressources cognitives


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  • Mémorisez vite et bien


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C4 Penser mieux, travailler moins
Travailler plus efficacement en faisant moins d’effort, impossible pensez-vous ? Eh bien si, car notre cerveau est capable d’accomplir des prouesses ! Sans nier ni ses limites ni les risques de « surchauffe », l’auteur, spécialiste en psychologie cognitive, explique de façon simple son fonctionnement et propose une méthode utilisable par tous pour optimiser nos capacités mentales.
À l’aide d’exercices ludiques et de mises en application aussi bien dans votre vie professionnelle que personnelle, cet ouvrage vous permettra : D’intégrer rapidement de nouvelles informations De développer et de structurer votre mémoire D’alléger votre charge mentale et d’aller à l’essentiel De résoudre facilement un problème en fonction des situations
Une fois acquise l’idée que ce n’est pas la quantité d’effort qui compte et que nous sommes intellectuellement plus performants quand notre charge mentale est allégée, vous serez en mesure d’adapter votre effort à l’objectif fixé. Vous pourrez ainsi travailler mieux et gagner plus !

« Ce n’est jamais la quantité d’effort qui compte, mais sa pertinence par rapport à l’objectif à atteindre. »
R4 À propos de l’auteur
Gaël ALLAIN est Docteur en Psychologie cognitive, fondateur du cabinet Mémoire & Marketing qui propose aux entreprises des prestations d’audit et de conseil en marketing (perception de produits) et sur la question de la mesure de la charge mentale et des risques liés au stress. Il réalise également des formations sur ces thèmes dans plusieurs organismes de formation. Il anime des séminaires en organisation et marketing à Grenoble École de Management et donne des cours auprès d’étudiants en sciences cognitives et psychologie à l’Université Lyon 2.

Dans la même collection
2 Gaël Allain
Penser mieux Travailler moins
4
3 Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Dans la même collection chez le même éditeur :
James Borg, Mind power. Changez votre façon de penser, changez votre vie Séverine Denis, Improvisez ! Les 7 réflexes de ceux qui s’en sortent toujours Lothar J. Seiwert, Prendre son temps pour en gagner. Gérez vos priorités, rééquilibrez votre vie
Attention : la version originale de cet ebook est en couleur, lire ce livre numérique sur un support de lecture noir et blanc peut en réduire la pertinence et la compréhension.
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2013 ISBN : 978-2-212-55517-2
5 Sommaire Avant-propos 9 Encore un livre de développement personnel ? 11 Point n° 1 Gérez durablement vos ressources cognitives 13 Clé n° 1 – Cognitif, vous avez dit cognitif ? 14 Clé n° 2 – Pratiquez l’écologie intellectuelle et préservez vos ressources 15 Clé n° 3 – Soyez conscient de vos propres limites ! 17 Clé n° 4 – Faites-vous confiance ! 20 Clé n° 5 – Développez vos connaissances sur... vos propres connaissances ! 23 Applications pratiques 27 Intégrez de nouvelles informations en quatre étapes 28 Préparez et validez vos acquis 32 Point n° 2 Mémorisez vite et bien 35 Clé n° 1 – Retrouvez la mémoire... parmi les autres fonctions cognitives ! 37 Clé n° 2 – Maîtrisez votre mémoire de travail et acceptez ses limites 45 Clé n° 3 – Structurez votre mémoire à long terme 54 Clé n° 4 – Exploitez vos émotions ! 70 6 Applications mnémotechniques 77 Mémorisez quinze mots en deux minutes 79 Organisez-vous 87 Pratiquez une activité à la mode : le tuning ! 98 Autres trucs mnémotechniques ! 105 Point n° 3 Optimisez votre charge mentale 109 Clé n° 1 – Intégrez la notion de charge mentale 110 Clé n° 2 – Déterminez votre meilleur rapport effort/performance 117 Clé n° 3 – Privilégiez votre zone de confort 131 Clé n° 4 – Calibrez vos objectifs 146 Applications terrain 153 Travailler plus pour gagner quoi ? 153 Économiser ses ressources attentionnelles 154 Gérez votre charge mentale pour bien négocier 158 Est-il nécessaire de s’entraîner ? 160 Point n° 4 Résolvez facilement un problème 163 Clé n° 1 – Fuyez les impasses 166 Clé n° 2 – Relativisez vos objectifs 169 Clé n° 3 – Définissez vos propres sous-buts 172 Clé n° 4 – Méfiez-vous des solutions toutes faites ! 177 Applications terrain 183 Développez votre sixième sens 183 Tranchez dans le vif ! 186 Améliorez votre créativité en maîtrisant votre attention 188 7 Point n° 5 Gagnez en confort et en productivité 193 Clé n° 1 – Révisez votre manuel du parfait manager ! 195 Clé n° 2 – Soyez souple et précis 198 Clé n° 3 – Prenez vos interlocuteurs par la main 206 Clé n° 4 – Jouez collectif ! 219 Applications managériales 223 Améliorez la diffusion des informations 223 Prévention des risques et facteur humain 226 Annexes 231 Rapports « Profil mental » 231 Matrices à compléter 235 Grilles vierges tours de Hanoï 236 Solutions « pas à pas » tours de Hanoï 238 Bibliographie 240 Table des exercices 241 Table des focus 242 Index des notions 243 8
9 Avant-propos
Ce livre a été réalisé dans le but d’accompagner les lecteurs dans la découverte et la prise en considération des principales fonctions intellectuelles qui régissent nos interactions avec le monde, notamment en situation de travail.
Dans ce cadre, nous vous proposons de découvrir les prouesses de nos processus mentaux, mais également leurs limites et les risques associés aux situations de dépassement de nos capacités de traitement de l’information.
Précisons cependant que, bien que pragmatique, l’objectif de ce livre n’est pas de proposer des pistes d’entraînement intensif des fonctions intellectuelles et cognitives, mais plutôt d’aider les lecteurs à gérer au mieux leurs propres ressources en fonction des situations dans lesquelles ils se trouvent.
À partir d’exemples puisés dans des domaines aussi variés que l’industrie, le sport ou le BTP en passant par la recherche et la conduite automobile, nous vous présenterons des solutions concrètes et faciles à mettre en œuvre... de manière que cette lecture ne surcharge pas inutilement vos ressources intellectuelles ! 10
11 Encore un livre de développement personnel ?
Bien que centrale dans les domaines de la recherche qui tentent d’expliquer notre capacité à percevoir et à nous adapter au monde qui nous entoure, la question de la gestion de nos ressources cognitives n’a donné naissance qu’à peu d’applications pratiques. Dans le monde de l’entreprise, par exemple, la plupart des solutions de développement personnel ou collectif proposées à l’heure actuelle sont ancrées dans le champ d’étude du comportement des individus.
Elles tendent d’ailleurs à modifier certaines facettes de ce comportement dans le but d’optimiser les relations sociales, d’apaiser les conflits, de diminuer le stress... bref, de rendre les gens plus heureux car plus adaptés à leur environnement.
Si, indéniablement, le fait de mieux se connaître et de comprendre pourquoi telle cause conduit très souvent à tel effet permet de prendre du recul et certainement de mieux appréhender une partie des situations auxquelles nous sommes confrontés, il n’en demeure pas moins que ce type de raisonnement possède quelques limites.
Il s’agit, d’une part, des limites associées à la connaissance que nous pouvons réellement espérer avoir de nos propres mécanismes psychiques ou intellectuels. Et, d’autre part, de l’illusion, créée par l’approche comportementale, visant à nous proposer de modifier la perception que nous avons de notre environnement et de notre place dans celui-ci, sans agir fondamentalement sur les causes de notre ressenti.
C’est pourquoi, sans opposer pour autant les théories comportementales et cognitives, il m’a semblé intéressant de développer dans cet ouvrage une approche de l’accompagnement 12 individuel ou collectif articulée autour des difficultés que nous rencontrons tous à un moment ou à un autre en matière de traitement de l’information.
Plus qu’une méthode (en partie) illusoire d’entraînement de nos capacités à traiter toujours plus d’information, ce livre a été conçu pour vous permettre de découvrir le fonctionnement de certains mécanismes cognitifs et leur impact dans la vie quotidienne et professionnelle.
Cependant et avant d’aller plus loin, il convient, pour être en mesure d’exploiter au mieux les extraordinaires possibilités offertes par notre cerveau, d’accepter l’idée qu’il comporte tout de même de très nombreuses limites !
C’est d’ailleurs essentiellement la prise de conscience de ces limites qui va nous conduire à faire face, dans la mesure du possible avec tact et efficacité, aux différentes situations qui se présentent à nous.
13 Point n° 1
Gérez durablement vos ressources cognitives
Avant d’entrer véritablement dans le vif du sujet, il me semble important de prendre quelques instants pour planter le décor et définir précisément les notions de ressources et de fonctions ou capacités cognitives dont il va être question tout au long de cet ouvrage.

14 Clé n° 1 – Cognitif, vous avez dit cognitif ?
Comme vous l’avez certainement deviné, ce livre traite effectivement de la notion de capacités cognitives et plus précisément des conditions associées à leur bon fonctionnement, notamment dans le contexte d’une activité professionnelle.
S’agit-il pour autant de céder à un effet de mode (les sciences cognitives ont le vent en poupe ces dernières années) et, afin de paraître très sérieux, de s’obliger à placer à chaque page plusieurs références à la cognition ?
Eh bien je tiens absolument à vous rassurer sur mes intentions à ce sujet et j’espère, avant tout, que la lecture de ces chapitres ne vous donnera pas cette impression !
Ceci précisé et pour des raisons de clarté de l’argumentation, il me paraît primordial de définir ici le concept qui se trouve au centre de ce livre.
En effet, pour mieux comprendre le terme « cognitif », il est intéressant de le rapprocher de ses racines étymologiques, c’est-à-dire de la notion de connaissances.
Dans ce cadre, les fonctions cognitives peuvent être définies assez simplement comme les fonctions qui nous permettent d’acquérir, de stocker et de réutiliser un certain nombre de connaissances.
Traditionnellement les fonctions cognitives sont regroupées en cinq grandes familles (mémoire, attention, fonctions perceptives, fonctions exécutives, langage) qui feront l’objet de descriptions plus précises dans les pages qui suivent.
De manière générale, ces fonctions nous permettent à la fois de donner du sens à notre vie et au monde qui nous entoure, ce qui n’est pas rien !
15 La mémoire nous permet, ainsi, de faire le lien entre nos expériences passées et le monde présent, et les fonctions exécutives nous servent, entre autres, à élaborer des raisonnements et stratégies plus ou moins complexes...
Clé n° 2 – Pratiquez l’écologie intellectuelle et préservez vos ressources
Le système de traitement de l’information par notre cerveau (système cognitif) pourrait être parfait s’il ne comportait un coût associé. En effet, chacune des fonctions cognitives, à l’image d’un muscle en action, consomme de l’énergie et ne fonctionne que dans une plage d’activité définie par des contraintes physiologiques et environnementales.
Nos performances cognitives sont directement liées à notre hygiène de vie et au contexte dans lequel nous cherchons à les mettre en œuvre. À titre d’exemple, lorsque nous sommes fatigués, nos perceptions et nos raisonnements sont altérés et, même en pleine forme, nous restons dépendants du temps nécessaire à la réalisation de certains types de traitements ; nos temps de réaction sont ainsi, en partie, incompressibles.
La notion de ressources cognitives permet de rendre compte de ces limites fonctionnelles et des dysfonctionnements qui peuvent apparaître dans le traitement de l’information lorsque nous ne disposons plus de l’énergie suffisante pour le mener à bien.
Bien évidemment, la question de ce manque éventuel de ressources constitue le cœur de cet ouvrage et nous verrons, au fil des chapitres, comment le prendre en compte lorsque, pour une raison ou une autre, nous devons absolument réaliser une 16 activité qui dépasse potentiellement nos capacités de traitement de l’information.
Cependant nous pouvons d’ores et déjà répondre à la question évoquée par le titre de ce chapitre (Comment gérer durablement vos ressources cognitives) et relative à l’intérêt de gérer ces fameuses ressources.
En effet, bien qu’en grande partie renouvelables (à l’exception notable de pathologies neuro-dégénératives...), nos ressources cognitives ne sont pas pour autant illimitées et peuvent même s’avérer insuffisantes lorsque nous souhaitons, par exemple, réaliser plusieurs actions simultanément ou élaborer des raisonnements complexes. Autrement dit, même si une bonne nuit nous permet, en général, de recharger nos batteries « cognitives », c’est la capacité de ces dernières qui pose parfois problème !
Mais comme il est particulièrement difficile d’agir sur la capacité de stockage de nos ressources cognitives, nous prendrons ici le problème à l’envers et nous nous intéresserons à la manière de mettre en adéquation la demande avec les ressources dont nous disposons.
En d’autres termes, comme nous avons assez rapidement tendance à manquer de carburant (ressources cognitives), il est contre-productif d’envisager de « gonfler » notre moteur (les fonctions cognitives ou le cerveau) sauf à le rendre, en parallèle, moins gourmand. Par conséquent, la solution est plutôt de rechercher l’itinéraire (mental) le plus économe.
C’est ce que je propose de faire avec vous au fil de ces pages. Bref, un véritable manuel de « développement durable » de notre cerveau pour utiliser une expression encore plus à la mode que « cognitif » !
17 Clé n° 3 – Soyez conscient de vos propres limites !
Comme nous l’avons entrevu, nos ressources cognitives sont limitées et l’ensemble des traitements que nous réalisons est limité par le stock de ces ressources. Notre consommation en ressources dépend directement de la charge mentale associée à la réalisation d’une activité dans un contexte particulier.
À titre d’exemple, la charge mentale associée à l’apprentissage d’une poésie sera moins forte si l’apprenant se trouve dans un environnement calme par rapport à une situation dans laquelle il devrait apprendre son texte dans le bruit. En outre, la charge mentale et donc le niveau de consommation en ressources dépendent aussi très largement de la motivation de chaque individu. Et apprendre une poésie devient beaucoup moins coûteux en ressources lorsque cela représente, pour la personne concernée, une véritable source de plaisir ou, a minima , d’intérêt comparativement à une personne contrainte d’apprendre son texte pour des raisons lui semblant plutôt arbitraires !

Interrogation surprise !
Au passage, ayons une petite pensée pour nos enfants ou quelques « vieux » souvenirs d’histoires de corbeau et de renard... et posons-nous, dès à présent, la question du véritable intérêt de l’apprentissage par cœur de poésies.
Formulez et notez quelque part votre réponse et réalisez le même exercice à l’issue de votre lecture du Point n° 2.
18 Nous étudierons plus loin les relations parfois étranges qui existent entre les notions de charge mentale et de performance dans la réalisation d’une tâche et nous verrons quelles sont les conséquences des situations de surcharge de nos capacités cognitives à l’aide de petits exercices et d’exemples issus de différents univers professionnels.
Mais, nous pouvons déjà poser le problème de la gestion de nos ressources cognitives comme celui d’un perpétuel flirt avec la notion de limites. En effet, nous sommes tous plus ou moins capables de faire deux choses en même temps, même si nous sommes parfois conscients que notre performance dans chacune des activités réalisées simultanément n’atteint pas les sommets qu’elle aurait pu atteindre si nous avions pu (ou décidé de) faire les choses l’une après l’autre !
Je suis, par exemple, parfaitement capable d’écouter la radio tout en effectuant une activité de tri de documents ce qui, j’en conviens, ne constitue pas un véritable exploit ! La vitesse (et/ou la qualité) de réalisation de la tâche de tri sera, en outre, inversement proportionnelle à l’attention que je porterai à l’information auditive.
Ce partage de ressources dans deux activités simultanées représente donc un facteur de risque important lorsque nous n’avons plus l’énergie nécessaire pour réaliser l’une des deux, voire les deux ! Le risque est d’autant plus marqué que la diminution des ressources allouées à chaque tâche en raison de leur réalisation conjointe ne se matérialise pas forcément de manière flagrante et, dans certains cas, nous arrêtons de traiter une partie de l’information sans même nous en rendre compte.

19 Boire ou conduire...
Il faut choisir ! Et c’est la même chose pour le téléphone ! Des études récentes ont montré que le fait d’être en conversation téléphonique tout en conduisant se traduit par une diminution de la largeur du champ visuel de 20 % environ.
En d’autres termes, les ressources allouées à la conversation et, notamment, à la formulation des réponses à un interlocuteur sont directement imputées au traitement visuel de l’information associé aux opérations de conduite. Or, à l’extrémité de notre champ visuel, nous traitons préférentiellement les informations relatives aux mouvements, ce qui confère à cette zone une importance primordiale dans la conduite... et rend les conducteurs qui en sont privés – car ils sont en conversation téléphonique – particulièrement vulnérables et/ou dangereux !
Pour terminer sur cette notion de limites, il est important de préciser que notre cerveau est globalement incapable de traiter l’ensemble des informations qui le stimulent en permanence et qu’il existe donc un système de tri entre les informations qui vont faire l’objet de traitements plus approfondis et celles qui vont plus ou moins « passer à la trappe ».
Ce mécanisme de sélection est géré, en grande partie, par les fonctions attentionnelles (dont nous reparlerons à l’occasion), mais également par les limites physiologiques de fonctionnement de nos différents organes sensoriels. Notre cerveau ne traite, par exemple, qu’une plage restreinte de fréquences sonores, et les sons trop aigus ne sont pas (ou plus) perçus (en fonction, par exemple, de l’avancée en âge).
Il va de soi que les principes de gestion de nos ressources proposés dans ce livre ne s’appliquent qu’aux informations perçues d’une manière ou d’une autre par notre cerveau, même si les traitements réalisés sont parfois inconscients.
20 Clé n° 4 – Faites-vous confiance !
En effet, améliorer ses performances cognitives, c’est avant tout prendre conscience des différents modes de fonctionnement de notre cerveau et, en particulier, des mécanismes automatiques qui régissent nos interactions avec le monde. En outre, ces mécanismes fonctionnent en permanence sans que nous nous en rendions compte et ont le mérite de nous permettre de faire face, souvent sans trop d’efforts, à la plupart de nos problèmes !
Ainsi, après vous avoir présenté mes « extraordinaires » capacités de double tâche (rangement/radio), je ne voudrais pas avoir l’air de ramener tous les exemples à moi, mais je tiens à affirmer aussi que je sais, par exemple, également très bien monter ou descendre des escaliers !
Là encore, je sens que cet exploit ne vous impressionne pas outre mesure... et pourtant !
Seriez-vous, vous-même, capable de m’expliquer comment vous procédez pour monter ou descendre des marches d’escalier ? La question est plus complexe qu’il n’y paraît, alors peut-être préférerez-vous vous mettre en jambes en réalisant l’exercice suivant :

Quel est ce truc ?
Reconnaissez-vous l’objet représenté ci-dessous ?


Vous avez trouvé... félicitations ! Mais là encore, comment avez-vous procédé pour arriver aussi facilement à votre réponse, et ce, quelle que soit l’orientation dans laquelle vous avez perçu cet objet ?
21 Si nous avons tant de mal à expliquer comment nous faisons pour monter des escaliers, faire du vélo... ou reconnaître un objet, c’est que nous sommes tellement habitués à réaliser ces actions que nous avons complètement automatisé la procédure qui nous permet d’accéder aux savoir-faire nécessaires à leur réalisation. Nous sommes, en fait, devenus de véritables experts et avons développé des compétences très fortes dans ces domaines d’action. Au moins pour les individus qui, comme moi, savent « très bien » monter ou descendre des escaliers !
L’intérêt d’ailleurs de devenir expert dans un domaine réside justement dans le fait d’être capable d’accéder de manière automatique, rapide et sans effort à un savoir-faire. Je présume, en effet, que personne n’aura éprouvé le besoin d’aller se reposer à la suite de la réalisation de l’exercice de reconnaissance du trombone ou, du moins, pas exclusivement en raison de l’exercice !
Et pourtant cet exercice n’était pas particulièrement simple non plus ! Il a nécessité de votre part, entre autres compétences, une capacité à extraire des informations de votre champ visuel et des compétences en matière de comparaison des informations recueillies avec des connaissances déjà stockées dans votre mémoire. C’est ce mécanisme de mise en adéquation des données externes avec vos connaissances préétablies qui vous a permis d’attribuer un nom à l’objet présenté.
Notez au passage que ce système a fonctionné aussi bien lorsque vous observiez l’image à gauche que lorsque vous avez regardé l’image à droite... alors que les informations « externes » qui parvenaient à votre cerveau dans un cas ou dans l’autre étaient relativement différentes en fonction de l’orientation du trombone.
22 L’exercice marche même lorsque vous percevez cet objet-ci !


Nous verrons plus tard comment ces mécanismes automatiques de récupération d’informations peuvent être exploités pour fiabiliser nos actions et raisonnements. Il est important de noter, dès à présent, que ces processus automatiques sont particulièrement économes en ressources cognitives et qu’ils méritent, la plupart du temps, notre entière confiance.
Nous aurons donc tout intérêt à les utiliser au maximum dans le cadre de notre programme de gestion de ressources.
Puisque nous savons désormais dans les grandes lignes pourquoi il est nécessaire de gérer nos ressources cognitives dans des situations dans lesquelles nos capacités de traitement arrivent à saturation, je vous propose plus pragmatiquement de découvrir comment il est possible « concrètement » de les gérer. L’objectif (certes ambitieux, mais nous allons prendre le temps nécessaire pour cela) est d’apprendre à détecter puis à faire face à certaines situations comportant un risque de dépassement individuel ou collectif en conservant un niveau de maîtrise suffisant.
Pour cela, je vous propose de vous accompagner dans la découverte des différents modes d’adaptation de notre cerveau à ces conditions délicates, de manière que nous puissions mettre en œuvre, lorsque c’est possible, des stratégies pertinentes.

23 Savoir que l’on sait...
Pour ne pas hésiter à transférer nos compétences ! Cela passe, en premier lieu, par une prise de conscience de nos propres savoir-faire. Car pour faire quelque chose (correctement), il faut : savoir faire cette chose... mais également, savoir que l’on sait faire cette chose !
Bien que pouvant paraître évident, le premier point n’en demeure pas moins insuffisant, car le fait de savoir que l’on sait faire ou, a minima , de penser que l’on est capable de retrouver une procédure ou un schéma de pensée qui nous rapprochera de notre but... représente une étape tout aussi indispensable.
Cette capacité de transfert de nos compétences d’un domaine à un autre ou d’utilisation de nos savoir-faire dans un environnement nouveau s’appelle... la « métacognition ».
Malgré son nom barbare, cette capacité occupe un rôle majeur dans le processus d’apprivoisement de nos capacités cognitives, aussi mérite-t-elle que nous nous y arrêtions un peu.
Clé n° 5 – Développez vos connaissances sur... vos propres connaissances !
Dans le but de ménager vos ressources intellectuelles, je pense qu’un exemple vaudra mieux qu’un long discours... surtout si le texte est bardé de références à des concepts « méta » quelque chose !
Donc, je vous propose l’exercice suivant, en comprenant bien qu’il puisse vous paraître étrange et, dans tous les cas, un peu artificiel ! Il s’agit d’une épreuve de logique classique appelée « tâche de sélection de Wason ».

24 Tâche de Wason
Imaginez donc que vous ayez devant vous les quatre cartes représentées ci-dessous en sachant que ces cartes présentent la particularité suivante : elles possèdent toutes un chiffre sur une face et une lettre sur l’autre face.
Combien de carte(s) devez-vous, au minimum, retourner pour vérifier la règle suivante ; « Si une carte possède un D sur une face alors elle possède un 5 sur l’autre face » ?
Attention, concentrez-vous et ne retournez que la ou les carte(s) indispensable(s)...


Notez quelque part votre ou vos réponse(s) et imaginez maintenant que vous devez vérifier que tous les individus présents dans le bar représenté ci-dessous respectent bien le règlement qui stipule que toute personne buvant de l’alcool doit avoir plus de 18 ans. Quel(s) individu(s) choisissez-vous de contrôler ?


Réponses
Dans le premier exercice, il est indispensable de retourner la première et la deuxième carte.
25 Je pense, sans trop de risques de me tromper, que vous serez d’accord avec moi sur le cas de la première carte qui correspond directement à la formulation de la règle et pour laquelle nous devons bien entendu vérifier qu’elle comporte bien le 5 annoncé.
En revanche, il est probable qu’un certain nombre d’entre vous se pose des questions sur le cas de la troisième carte. En effet, cette carte comporte un 5 qui tend abusivement à laisser penser qu’elle devrait obligatoirement posséder un D sur l’autre face. Or, la règle que nous devons vérifier est une règle « si... alors » à sens unique, qui précise qu’il doit y avoir une caractéristique spécifique lorsqu’une carte possède un D sur une face, mais qui n’impose absolument rien lorsque le D n’est pas présent. Par conséquent, si la troisième carte possède n’importe quelle autre lettre que le D au verso, elle ne contredira pas la règle et, si jamais elle possède un D, elle la respecte aussi, il n’est donc pas indispensable de la vérifier !
En revanche, il est bien nécessaire de vérifier qu’un D ne se cache pas au dos de la deuxième carte, ce qui invaliderait la règle.
Dans le second exercice, les réponses sont identiques, il est également nécessaire de « contrôler » le premier et le deuxième individu, mais il est probable que cette situation vous ait posé moins de problème. En effet, le contrôle du premier consommateur est indispensable pour vérifier qu’il s’agit d’un majeur et il est également nécessaire de nous assurer que le deuxième consommateur mineur ne boit pas de l’alcool. De même, conformément au raisonnement tenu dans la première démonstration, mais de manière plus évidente ici, il n’est pas pertinent de contrôler le troisième client qui, majeur, est autorisé à consommer tout type de boisson.
Indépendamment de la difficulté « réelle » de l’exercice et de votre expertise en règle de logique « si... alors », cet exemple montre simplement que deux problèmes similaires peuvent être résolus 26 plus ou moins facilement en fonction du contexte dans lequel ils se situent et de la nature des données qu’ils mettent en jeu.
En effet, alors que les caractéristiques des problèmes sont totalement similaires, la résolution de la seconde situation paraît, en général, plus facile que la résolution de la première en raison du caractère plus concret des données. La détection des « tricheurs » buvant de l’alcool alors qu’ils ne sont pas majeurs représente une situation plus facilement appréhendable par notre cerveau que la manipulation de lettres et de chiffres.
En d’autres termes, ces capacités métacognitives correspondent globalement aux connaissances que nous possédons sur nos propres connaissances et nous permettent souvent de nous adapter à notre environnement en appliquant des « vieilles recettes » à des contextes nouveaux. Néanmoins, ce transfert de compétences d’un domaine d’application à un autre n’est pas toujours aisé. Comme le montre l’exercice précédent, nous sommes parfois capables de réaliser un raisonnement assez complexe dans un domaine particulier tout en restant bloqué à un niveau beaucoup plus simple dans d’autres domaines professionnels ou de la vie quotidienne.
La question centrale de ce livre, la gestion de la charge mentale, n’échappe pas à cette règle et l’objectif que nous devons nous fixer pour progresser dans ce domaine est d’abord d’accroître nos connaissances sur notre propre mode de fonctionnement. À partir de là, en prenant conscience de nos points forts et des points de vigilance associés, nous augmenterons progressivement nos capacités métacognitives et, par conséquent, notre capacité à faire face de plus en plus facilement à des problèmes nouveaux et/ou survenant dans des contextes moins familiers.
27 Applications pratiques
Certes, la lecture de ce livre doit permettre, je l’espère en tout cas, d’accroître vos connaissances sur la manière dont nous traitons les informations et de renforcer, par conséquent, vos compétences métacognitives, mais il s’agit là d’une promesse à moyen terme !
L’idée est donc de regarder aussi comment il est possible d’intégrer rapidement et facilement le plus d’informations relatives au développement de ces connaissances.
Pour ce faire, il est avant tout nécessaire que vous vous impliquiez véritablement dans la lecture de ce livre. Évidemment, il est facile pour moi de prodiguer ce type de conseils et la ficelle vous paraît peut-être un peu grosse ! Néanmoins, nous verrons plus loin que cette implication « personnelle » dans la manière de nous confronter aux informations que nous souhaitons (ou que nous devons) traiter optimise véritablement l’efficacité de nos mécanismes de stockage et de récupération de cette même information.
Il convient donc de ne pas se priver de ce bras de levier relativement facile à utiliser.
Concrètement, s’impliquer dans le traitement d’informations dont nous souhaitons retirer un bénéfice consiste d’abord à prendre conscience de ce que nous recherchons véritablement.
En effet, les chapitres suivants nous apprendront que ce livre contient globalement beaucoup trop d’informations par rapport à ce que nous sommes capables d’intégrer.

28 Bien se connaître...
Pour bien savoir ce que l’on cherche ! Les capacités d’intégration des informations contenues dans ce livre varient bien entendu très fortement d’un individu à un autre ou chez un même individu à différents moments, en fonction de paramètres très nombreux tels que son niveau de concentration, son intérêt, ses connaissances initiales jusqu’à des facteurs plus basiques comme son expertise en lecture ou dans le traitement visuel de l’information...
Intégrez de nouvelles informations en quatre étapes
Même en imaginant que nous nous situions au meilleur niveau sur l’ensemble des paramètres indiqués dans le focus ci- dessus, nos capacités d’intégration et d’utilisation d’informations nouvelles sont très probablement inférieures à la somme des informations contenues dans ce livre. Aussi, il est particulièrement important que vous soyez en mesure de sélectionner les informations pertinentes pour vous parmi l’ensemble des données proposées.
La première étape de ce tri correspond donc à un questionnement sur ce que vous attendez véritablement de votre lecture.
Notez que nous avons très souvent tendance à « zapper » cette étape pourtant primordiale dans la prise de recul nécessaire à une parfaite intégration des données nouvelles dans notre système cognitif.
Vous pouvez bien entendu également lire ce livre sans objectif précis, mais pour en retirer la meilleure expérience, prenez 29 tout de même le temps de vous demander par quel hasard il se retrouve dans vos mains. Si jamais vous n’êtes pas capable de répondre à cette question, qu’il s’agit seulement d’un « pur » et non d’un « heureux » hasard, et que vous ne voyez aucune source d’intérêt ou de plaisir à vous coltiner ces lignes... refermez vite ces pages et passez à une activité qui vous plaît plus, vous en retirerez dans tous les cas un bénéfice cognitif supérieur !
La deuxième étape comporte une large dose de bon sens, mais tenez-vous bien... ! Enfin, adoptez une posture un minimum dynamique vous permettant de garder un niveau d’éveil suffisant. Autant il est agréable de bouquiner le soir en nous endormant en espérant emporter héros et protagonistes jusque dans nos rêves... autant je doute que ces histoires de ressources cognitives vous aident à passer une bonne nuit. Soyez donc impliqué aussi dans votre attitude en tentant de résoudre le paradoxe suivant : être installé confortablement (pour ne pas produire d’effort postural inutile), mais pas trop (pour conserver un niveau de vigilance suffisant). En d’autres termes, il vous faut une bonne chaise, un bon éclairage et le moins possible de sources potentielles de distraction (musique, téléphone...).
La troisième étape consiste à ne pas se laisser submerger par les détails. À partir du moment où la première étape vous a permis de définir précisément ce que vous cherchez, vous disposez d’informations vous permettant d’effectuer un premier tri relativement grossier entre les informations pertinentes par rapport à l’objectif de votre recherche et celles qui le sont moins. Il s’agit ici de survoler le livre pour cibler les parties comportant les informations pertinentes et de vous intéresser aux données relatives à l’organisation de l’ouvrage.
Enfin, la quatrième étape constitue le cœur même de l’intégration des données que vous souhaitez conserver et concerne 30 donc plus spécifiquement les parties que vous aurez ciblées à l’étape précédente. Il s’agit, notamment, de prendre en considération le fait que votre système cognitif ne fonctionne pas exactement comme le système d’exploitation de votre ordinateur. Si les informaticiens s’inspirent souvent des travaux et modèles issus des recherches en psychologie cognitive et reprennent des concepts tels que la mémoire vive ou la mémoire dure par analogie, par exemple, avec la mémoire de travail et la mémoire à long terme... il n’en demeure pas moins que les ordinateurs souffrent d’un grave handicap par rapport à l’être humain : ils sont dépourvus d’émotions !
Or il s’agit là d’un paramètre majeur dans l’adaptabilité de l’être humain à son environnement et dans la modulation de l’ensemble des activités de traitement de l’information que nous réalisons.
En conséquence de quoi, s’impliquer dans la prise en considération de l’information à traiter, c’est avant tout accepter que cette information modifie de manière plus ou moins prononcée notre état émotionnel. Car cette composante émotionnelle associée à l’ensemble des informations que nous traitons représente un très fort marqueur, en particulier au niveau de la mémoire.
C’est pourquoi cette dernière étape nécessite d’être proactif, d’aller au-devant de l’information telle qu’elle nous est proposée pour nous situer véritablement par rapport à celle-ci.

Bousculer les données...
Et se poser sans cesse des questions ! Le meilleur moyen pour s’impliquer dans la phase d’intégration des informations : Suis-je ou non d’accord avec ce qui m’est présenté ? 31 L’information s’inscrit-elle dans la lignée de ce que je connais déjà ou bien vient-elle modifier mes connaissances préalables ? La manière dont les choses sont présentées me paraîtelle claire, me convient-elle ou au contraire a-t-elle plutôt tendance à m’embrouiller les idées ? Si je ne suis pas convaincu, s’agit-il d’une réticence personnelle ou d’une non-réceptivité de ma part à un domaine ou à une forme particulière de présentation, ou ai-je l’impression que l’on cherche volontairement à me faire perdre le fil ?
De manière plus détaillée ensuite, je peux m’intéresser aussi : à la manière dont les détails et les exemples soutiennent l’information principale ; au niveau de pertinence de ces exemples par rapport au propos...
Bref, suis-je d’accord, a priori , avec ce qui m’est raconté ou, ici, proposé sous forme de texte ?
Car ce livre est essentiellement constitué de mon expérience du monde de la recherche et des connaissances théoriques dont je dispose sur les mécanismes cognitifs, d’une part, et de mon expérience terrain en entreprise lors de missions de conseil dans les domaines des ressources humaines ou de l’organisation, d’autre part.
Les thématiques abordées ne sont donc absolument pas exhaustives, les exemples à la fois arbitraires et dépendants de ma propre expérience... Autant de points qui matérialisent une forte dose de subjectivité et qui peuvent potentiellement servir d’ancrage à vos propres réactions.
32 Aussi, pour vous aider à vous y retrouver, je vous propose de terminer cette partie sur « la gestion de ses ressources » cognitives par un petit point sur la notion de « réflexivité ».
Préparez et validez vos acquis
Sans entrer dans les débats théoriques qui entourent le concept de réflexivité particulièrement à la mode dans le milieu de l’enseignement et de la pédagogie, et qui consiste principalement à enjoindre les apprenants à se poser des questions sur leur propre processus d’apprentissage, je vous propose simplement ici quelques pistes organisationnelles destinées à soutenir la notion d’implication dont il était question au chapitre précédent.
Il s’agit là encore, en complément des quatre étapes citées plus haut, d’une méthode d’acquisition d’informations nouvelles articulée autour de la notion de capacités métacognitives et visant à vous aider à prendre conscience des connaissances que vous avez déjà et/ou que vous allez acquérir en lisant ce livre.
En d’autres termes, il est toujours intéressant, avant de se lancer dans un processus d’apprentissage, de prendre un moment pour faire le point sur ce que nous connaissons déjà du sujet abordé (y compris lorsque nous avons l’impression d’être novice). Cette phase nous permet dans un premier temps de nous arrêter sur les concepts un peu/beaucoup, voire pas du tout maîtrisés et, dans un deuxième temps, d’expliciter nos attentes et de cibler notre recherche en reprenant les étapes proposées au chapitre précédent.
Cependant, pour pousser jusqu’au bout ce concept de réflexivité, il est nécessaire de réitérer cette démarche 33 d’autoquestionnement à l’issue de la phase d’apprentissage. L’objectif que vous pouvez facilement appliquer à votre lecture est de comparer l’état de vos connaissances entre le début et la fin de chaque point traité, de manière à évaluer votre progression.
Ce qui donne concrètement, dans le contexte d’un questionnement sur une thématique particulière : « En quoi telle information m’a-t-elle apporté des connaissances supplémentaires ?
Quelles sont ces connaissances supplémentaires ? S’ajoutentelles à ce que je connaissais déjà ou ont-elles créé des modifications par rapport à ce que je pensais connaître ? Si oui, lesquelles... ? »
Le risque de cette méthode est qu’à l’issue de votre phase finale d’autoquestionnement, vous preniez conscience de certaines lacunes dans votre modèle de représentations à propos de la thématique concernée et que vous n’ayez trouvé aucune réponse pertinente ni dans vos connaissances initiales ni dans les informations proposées dans votre support d’apprentissage. 34
35 Point n° 2
Mémorisez vite et bien
Point des connaissances initiales : en application des principes vus précédemment et avant de lire la suite, prenez quelques instants pour lister toutes les connaissances que vous possédez déjà sur le concept de mémoire. Ne vous limitez pas et n’ayez pas peur d’aborder des notions qui peuvent paraître annexes. À la fin de la lecture de ce chapitre, l’idée est de réitérer cet exercice et de comparer vos réponses finales à vos réponses initiales. Vous obtiendrez ainsi une estimation de l’évolution de vos connaissances sur le sujet et une idée des informations nouvelles que votre mémoire intégrera d’autant plus facilement que vous en aurez pris conscience.

36 Mémoire des mots (liste 1)
Essayez également d’évaluer votre niveau de performance initial dans ce petit test de mémorisation de mots : lisez et essayez de mémoriser les mots de la liste suivante un par un (ne revenez pas sur les mots que vous avez traités). Cachez la liste et essayez de restituer le plus de mots possible.
1. Banane
2. Circuit
3. Avocat
4. Cheval
5. Balançoire
6. Porte
7. Gazon
8. Falaise
9. Pâquerette
10. Tricot
11. Soulier
12. Lavabo
13. Carrefour
14. Tableau
15. Montagne
Activité centrale de notre cerveau, la mémoire interagit avec l’ensemble des autres fonctions cognitives. Aussi, avant de nous intéresser plus longuement à cette fonction, nous permettant tout de même de donner du sens à notre vie, il convient de nous intéresser également aux quatre autres grandes familles de mécanismes cognitifs, notamment pour souligner les relations étroites qu’elles entretiennent avec la mémoire.

37
Clé n° 1 – Retrouvez la mémoire... parmi les autres fonctions cognitives !
Les fonctions perceptives
Les fonctions perceptives sont véritablement interconnectées avec la mémoire et nous ne serions absolument pas capables de reconnaître un objet ou une personne si nous n’avions pas stocké quelque part dans notre cerveau des informations relatives à nos précédentes confrontations avec l’objet ou la personne concernée.
À l’image des mécanismes mis en jeu dans les exemples de reconnaissance du trombone, nous sommes effectivement capables, en quelques dizaines de millisecondes seulement, d’extraire de notre environnement des données visuelles et de les comparer ensuite à nos propres connaissances en mémoire pour arriver à attribuer un nom et/ou à reconnaître un objet. Cet exemple pourrait bien entendu être reproduit sur chacune de nos modalités sensorielles. Pour être complet, il convient d’associer à ces fonctions perceptives, la notion d’imagerie mentale qui correspond à notre capacité à créer de l’image, du son.

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