Les Défis et les options de la relance de Montréal
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Description

Les causes de la stagnation et du déclin de l'économie montréalaise étant identifiées, que faire? Voilà la question qui motive ce livre. On y présente cinq grands défis auxquels fait face la métropole: le déclin; le recyclage des zones industrielles; la mobilité des biens et des personnes; l'équilibre écologique et le développement durable; et, enfin, la diversité ethnique, culturelle et linguistique. Devra-t-on pour relever ces défis affirmer la spécificité de l'île de Montréal à travers la définition d'un statut politique, économique et linguistique particulier ou plutôt miser sur l'ensemble de la région métropolitaine ou encore élargir la question au contexte interrégional québécois?

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Informations

Publié par
Date de parution 22 avril 2011
Nombre de lectures 0
EAN13 9782760522398
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0032€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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DANS LA MÊME COLLECTION
Le phénomène régional au Québec
sous la direction de Marc-Urbain Proulx
1996, 334 pages, ISBN 2-7605-0922-2
PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC 2875,
boul. Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3
Téléphone : (418) 657-4399
Télécopieur : (418) 657-2096
Catalogue sur Internet : http ://www.uquebec.ca/puq

Distribution :
DISTRIBUTION DE LIVRES UNIVERS S.E.N.C.
845, rue Marie-Victorin, Saint-Nicolas (Québec) G7A 3S8
Téléphone : (418) 831-7474 / 1-800-859-7474
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Sous la direction de
Luc Normand Tellier
1997
Presses de l’Université du Québec
2875, boul. Laurier, Sainte-Foy (Québec)
G1V 2M3
Données de catalogage avant publication
(Canada) Vedette principale au titre :
Les défis et les options de la relance de Montréal
(Collection Science régionale)
Comprend des réf. bibliogr.
ISBN 2-7605-0958-3
1. Montréal, Région de (Québec) – Politique économique. 2. Montréal,
Région de (Québec) – Conditions économiques. 3. Aménagement du
territoire – Québec (Province) – Montréal, Région de. 4. Projets de
développement économique – Québec (Province) – Montréal, Région de.
1. Tellier, Luc-Normand. II. Collection.
HC 118.M6D432 1997 338.9714’27 C97-940516-5
Les Presses de l’Université du Québec remercient le Conseil des arts du Canada
et le Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition du Patrimoine
canadien pour l’aide accordée à leur programme de publication.
Mise en pages : INFO 1000 MOTS INC.
Conception graphique de la couverture : RICHARD HODGSON
1 2 3 4 5 6 7 8 9 PUQ 1997 9 8 7 6 5 4 3 2 1
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
© 1997 Presses de l’Université du Québec
e
Dépôt légal — 2 trimestre 1997
Bibliothèque nationale du Québec / Bibliothèque nationale du Canada
Imprimé au Canada
Table des matières
Introduction

La part de la structure
et la part de la conjoncture ........................................................................... 3
Luc-Normand Tellier
La performance économique
de Montréal depuis 1987 .............................................................................. 7
Maxime Trottier

Cinq défis cruciaux
Le défi du déclin
La relance de Montréal : une question de long terme ................................. 25
Jean-Claude Thibodeau
Le défi des zones industrielles délaissées
Les corporations de développement économique
communautaire et la relance
des zones industrielles en déclin ................................................................ 39
Richard Morin
VIII Les défis et les options de la relance de Montréal
Le défi de la gestion de la mobilité des biens et des
personnes
Le rôle des transports dans le développement
économique de la région métropolitaine ...................................................57
Florence Junca-Adenot
Le défi écologique
Le développement de Montréal
dans une perspective de développement durable ......................................69
Luc Gagnon
Le défi de la diversité
Montréal, métropole cosmopolite ? ...........................................................81
Annick Germain
Trois options politiques et fiscales
L’option montréaliste
Un statut particulier pour l’île de Montréal ...............................................99
Luc-Normand Tellier
L’option métropolitaine
Vers la création d’une Commission métropolitaine
pour la grande région de Montréal .......................................................... 121
Robert Petrelli
Partage de la croissance de l’assiette fiscale municipale
et dynamique d’agglomération ................................................................143
Chantal Beaudoin et jean-Pierre Collin
L’option interrégionale
Les relations économiques et politiques
entre Montréal et les régions ................................................................... 159
Marc-Urbain Proulx
Fiscalité et relance de Montréal .............................................................. 179
Danielle Pilette
Conclusion
Une synthèse des trois options est-elle possible ? ................................... 195
Luc-Normand Tellier
Introduction
La part de la structure
et la part de la conjoncture .......................................3
Luc-Normand Tellier
La performance économique
de Montréal depuis 1987 ..........................................7
Maxime Trottier
1
La part de la structure et
la part de la conjoncture
Luc-Normand Tellier, directeur
Département d’études urbaines et touristiques
Université du Québec à Montréal
Les textes rassemblés dans ce livre traitent de l’avenir beaucoup plus que du
passé. On y parle de défis et d’options. Cependant, en filigrane, les causes de la
stagnation et/ou du déclin de l’économie montréalaise sont omniprésentes.
Jean-Claude Thibodeau sera celui qui en traitera le plus directement, en insistant
sur l’effet structurel de la marginalisation du nord-est du continent
nordaméricain à l’intérieur de l’économie du continent, mais aussi sur le parallélisme
conjoncturel des évolutions économiques de Montréal et de Toronto.
Pour dresser le tableau de la situation économique de Montréal et pour
bien en saisir le caractère inquiétant, Maxime Trottier décrira, en introduction, la
performance économique de Montréal depuis 1987. On me permettra de
présenter, d’entrée de jeu, deux graphiques particulièrement éloquents.
Le graphique 1 montre l’évolution du taux de chômage des régions
métropolitaines de Montréal, de Québec et d’Ottawa-Hull de 1975 à 1991.
On y voit qu’avant 1976, le taux de chômage montréalais ne correspondait qu’à
environ 76 % du taux de chômage de l’ensemble du Québec. Il était, par ailleurs,
significativement inférieur à celui de la région de Québec et même à celui de la
région d’Ottawa-Hull. Or, après 1977, nous assistons à un retournement complet
(et tout à fait inhabituel, il faut le souligner) de la situation : le taux montréalais
dépasse, depuis cette date, celui d’Ottawa-Hull (et ce, de façon de plus en plus
marquée) et même, généralement, le taux de la région de Québec, l’écart entre
les taux tendant à augmenter.
4 Les défis et les options de la relance de Montréal
Le graphique 2, qu’on retrouvera dans le texte de Maxime Trottier, est tout
aussi préoccupant. Il concerne l’évolution de l’indice désaisonnalisé de l’emploi
de 1988 à 1996. On y observe un phénomène primordial : si on exclut la région
métropolitaine de recensement de Montréal de l’ensemble du Québec, l’économie
du reste du Québec a connu jusqu’en 1995 une évolution tout à fait conforme à
celle du Canada hors Québec. Pendant la même période, la région métropolitaine
de Montréal semble « partir à la dérive », l’écart entre son taux et ceux du reste du
Québec et du Canada hors Québec s’accroissant régulièrement.
La part de la structure et la part de la conjoncture 5
Le constat établi, que faire? Voilà la question qui motive ce livre, qui
campe cinq défis qui se posent à Montréal, soit : 1) celui, abordé par
Jean-Claude Thibodeau, du déclin proprement dit ; 2) celui, tout à fait connexe,
traité par Richard Morin, du recyclage des zones industrielles délaissées ; 3)
celui de la gestion de la mobilité des biens et des personnes, analysé par
Florence Junca-Adenot ; 4) celui de l’équilibre écologique et du développement
durable, abordé par Luc Gagnon ; 5) celui de la diversité ethnique, culturelle et
linguistique, traité par Annick Germain.
À la lecture de ces textes, on ne pourra s’empêcher de penser que le
caractère exceptionnel de cette ville qu’est Montréal se révèle jusque dans la
complexité des défis qu’elle doit relever. Même à New York, aussi grande soit
la ville, les défis ne sont sans doute pas aussi complexes, car, au moins, on n’y
rencontre pas de questions constitutionnelle et linguistique.
6 Les défis et les options de la relance de Montréal
Trois options font l’objet de textes. La première, l’option « montréaliste »
(du nom des tout premiers Montréalais), consiste à affirmer la spécificité de l’île
de Montréal à travers la définition d’un statut politique, économique et
linguistique particulier. La seconde option, présentée par Robert Petrelli,
Chantal Beaudoin et Jean-Pierre Collin, mise sur l’ensemble de la région
métropolitaine pour relancer Montréal. Enfin, la troisième, présentée par
Marc-Urbain Proulx et implicitement justifiée par Danielle Pilette, tend à
aborder la question montréalaise dans le contexte interrégional québécois. Ces
trois voies semblent, à première vue, se distinguer nettement les unes des autres.
Reste à savoir si elles sont aussi incompatibles qu’on peut le croire.
2
La performance économique de Montréal
depuis 1987
Maxime Trottier
Service du développement économique Ville de
Montréal
1. LE RETARD MONTRÉALAIS
1.1. L’emploi stagne depuis 1987 à Montréal
Depuis quelques années, l’économie de Montréal ne semble être qu’un sujet de
morosité. Et pour cause : de 1987 à 1996, l’emploi n’a progressé que de 3,2 %
dans la région métropolitaine de Montréal. La faiblesse semble a priori
spécifiquement montréalaise, car la hausse a atteint 8,7 % dans le reste du
Québec, 11,3 % dans les autres régions canadiennes et 17,2 % aux États-Unis.
Montréal se distingue non seulement des autres régions canadiennes, mais aussi
du reste du Québec. Montréal et le reste de la province n’évoluent pas au même
rythme car les produits et les marchés y sont différents. Mais l’emploi augmente
à peu près autant dans le reste du Québec que dans le reste du Canada grâce aux
ressources naturelles qui constituent la base de leurs économies.
1.2. Le taux de chômage le plus élevé
des grandes agglomérations nord-américaines
De plus, le sous-emploi est élevé à Montréal. Des grandes villes
nordaméricaines, Montréal est celle qui a le taux de chômage le plus élevé,
et ce depuis 1989. Auparavant, elle se situait dans le peloton de tête

8 Les défis et les options de la relance de Montréal
mais des villes comme Detroit et Pittsburgh avaient un taux de chômage plus
élevé. Dans les années 80, le taux de chômage a baissé dans les villes
1. Dans les années 90, le taux de américaines, mais il s’est maintenu à Montréal
chômage a continué à baisser dans une majorité de villes nord-américaines.
2. LA STAGNATION DES GRANDES VILLES VOISINES
Cependant, certains centres ont connu des difficultés. Les villes canadiennes ont
toutes vu leur taux de chômage monter. Le changement le plus drastique a
touché Toronto, où le taux de chômage a grimpé de 5,3 % en 1990 à 8,5 % en
1995. Même aux États-Unis, dans de grandes agglomérations, comme
New York, Los Angeles et Philadelphie, le sousemploi a augmenté.
1. La croissance relative du chômage à Montréal par rapport aux autres villes nordaméricaines
reflète non seulement la santé de l’appareil productif, mais aussi la souplesse du marché du
travail américain et la mobilité des travailleurs au sud de la frontière. Même si l’emploi
stagne dans une région, le taux de chômage peut diminuer par l’émigration de la main-d’œuvre
vers d’autres régions. Pittsburgh dans les années 80 et Boston dans les années 90 illustrent
bien ce phénomène.
La performance économique de Montréal depuis 1987 9
Comparons la création d’emplois de Montréal depuis 1990 avec celle des
autres grandes villes nord-américaines. Dans la majorité des villes
nordaméricaines, la croissance est forte et certaines villes n’ont même pas senti
passer la récession. En particulier, le Mid-West, qui avait été frappé durement
par la récession de 1981-1982, a été épargné dans les années 90.
Cependant, Montréal n’est pas la seule agglomération à éprouver des
difficultés après l’expansion des années 80. À cette aune, Toronto, les villes du
Nord-Est américain (New York, Boston et Philadelphie) et de Californie
(Los Angeles, San Francisco et San Diego) végètent aussi dans les années 90.
10 Les défis et les options de la relance de Montréal
2.1. Les grandes villes les plus proches de Montréal
évoluent au même rythme qu’elle depuis 1987
Au fil des saisons, l’emploi évolue à l’intérieur du même intervalle dans le
Nord-Est américain, à Toronto et à Montréal. Ces régions semblent toutes
traverser une période d’ajustement. Au troisième trimestre de 1996, l’emploi
n’avait pas encore rattrapé son sommet d’avant la récession, ni à Boston,
New York et Philadelphie, ni dans les régions de la Nouvelle-Angleterre et du
Mid-Atlantic (États de New York, New Jersey et Pennsylvanie), ni à Toronto
et Montréal.
À noter que Toronto et Montréal performent mieux que le nord est des
États-Unis depuis le début de 1994. Cependant, Montréal connaît un revers de
fortune de juin à août en 1996.
La performance économique de Montréal depuis 1987 11
3. ÉLÉMENTS D’EXPLICATION
Comment expliquer la stagnation économique de Montréal après l’expansion des
années 80 ? La stagnation de Montréal, de Toronto et des villes du Nord-Est
américain depuis 1988 tient à quelques particularités de leur structure
économique. Ces facteurs varient selon la ville. À Montréal, le retard provient
surtout de la spécialisation de la ville dans des secteurs soumis aujourd’hui à une
restructuration intense (transports et communications, textile et vêtement), de la
production de biens pour le marché canadien (alors que la consommation
domestique stagnait), de l’alourdissement du fardeau fiscal des ménages et d’une
croissance démographique faible.
Ces facteurs se rapprochent de ceux que les analystes utilisent pour
expliquer la faiblesse du Nord-Est américain et de la Californie. Dans ces
régions, les explications offertes font appel aux outils traditionnels de l’analyse
économique régionale et insistent soit sur leurs caractéristiques industrielles
(c.à-d. leur dépendance sur les dépenses militaires, qui ont chuté dans les années
90), soit sur leurs avantages comparés (c.-à-d. la poussée des coûts qui a suivi
l’expansion des années 80).
L’examen de l’emploi par grand secteur dans les graphiques de la page
suivante montre que, dans des secteurs qui représentent plus de la moitié de
l’emploi — les services personnels et commerciaux, les services financiers et
l’administration publique —, l’emploi augmente à peu près au même rythme à
Montréal que dans l’ensemble de l’Amérique du Nord. La faiblesse montréalaise
se concentre dans l’industrie manufacturière, les services d’utilité publique
(transport, communications, etc.), le commerce et la construction. Les seuls
secteurs où Montréal performe moins bien que le Nord-Est américain sont le
secteur manufacturier, au début de la décennie, et les transport et
2communications .
3.1. Restructuration du vêtement et du transport ferroviaire et aérien
Quelques secteurs particuliers à Montréal sont en restructuration
presque continue depuis au moins vingt ans. L’industrie du vêtement et
du textile est fortement concentrée dans la région montréalaise (voir les

2. Il ne faut pas prêter attention à la volatilité des petits secteurs à Toronto et à Montréal qui provient
souvent de la faible taille de l’échantillon utilisé dans l’enquête de Statistique Canada.
12 Les défis et les options de la relance de Montréal

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