Avec lui c est compliqué !
149 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Avec lui c'est compliqué ! , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
149 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description


Il refuse de se lever le matin, de se laver, de s'habiller, de faire ses devoirs...



L'enfant précoce ou enfant à haut potentiel intellectuel met souvent à mal l'organisation familiale. Débordé par ses émotions, il éprouve en outre des difficultés à s'investir dans une activité qui l'ennuie. Comment poser un cadre qui lui permette de s'épanouir à la maison et à l'école, avec toutes ses singularités ?



Les auteures de cet ouvrage, elles-mêmes mamans d'enfants précoces, ont recueilli les bonnes pratiques de parents aux prises avec des petits zèbres ingérables. Pour les accompagner vers l'autonomie et l'épanouissement leur livre propose une série d'outils éducatifs testés et approuvés par d'autres parents, efficaces et faciles à mettre en oeuvre au quotidien :




  • Des réponses aux questions liées au haut potentiel


  • Le point de vue d'enfants HPJ et de leurs parents


  • Des activités et exercices qui favorisent la socialisation, l'autonomie, l'intégration scolaire


  • Des outils pour renforcer l'estime de soi, gérer les émotions et les conflits


  • Un cahier ludique détachable en fin d'ouvrage




  • Je comprends son fonctionnement


  • Je cadre notre vie de famille


  • Je l'accompagne dans sa scolarité


  • Je l'aide à s'épanouir

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 décembre 2018
Nombre de lectures 2
EAN13 9782212433333
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

R sum
Il refuse de se lever le matin, de se laver, de s’habiller, de faire ses devoirs… L’enfant précoce ou enfant à haut potentiel intellectuel met souvent à mal l’organisation familiale. Débordé par ses émotions, il éprouve en outre des difficultés à s’investir dans une activité qui l’ennuie. Comment poser un cadre qui lui permette de s’épanouir à la maison et à l’école, avec toutes ses singularités ?
Les auteures de cet ouvrage, elles-mêmes mamans d’enfants précoces, ont recueilli les bonnes pratiques de parents aux prises avec des petits zèbres ingérables. Pour les accompagner vers l’autonomie et l’épanouissement leur livre propose une série d’outils éducatifs testés et approuvés par d’autres parents, efficaces et faciles à mettre en œuvre au quotidien :
• Des réponses aux questions liées au haut potentiel
• Le point de vue d’enfants HPI et de leurs parents
• Des activités et exercices qui favorisent la socialisation, l’autonomie, l’intégration scolaire
• Des outils pour renforcer l’estime de soi, gérer les émotions et les conflits
• Un cahier ludique détachable en fin d’ouvrage
Biographie auteur

Gabrielle Sebire : mère de quatre enfants, professeur des écoles depuis plus de 15 ans, elle s’est formée sur le haut potentiel pour son travail, avant de découvrir que ses enfants étaient concernés. Son métier l’aide à inventer avec humour de nouvelles façons de faire en famille. Elle anime des ateliers pour les enfants à haut potentiel.
Cécile Stanilewicz : mère de quatre enfants, ingénieur agronome, elle s’est formée sur le sujet du haut potentiel pour ses enfants. Elle aime essayer en famille des méthodes utilisées en entreprise.
Elles accompagnent des Chantier-Education ® -zèbres, groupes de partage d’expériences de parents, et animent depuis 2015 des formations pour les parents.
Retrouvez-les sur leur page Facebook Happy HP Family.
www.editions-eyrolles.com
Gabrielle Sebire et Cécile Stanilewicz
Avec lui c’est compliqué !
Vivre avec un enfant précoce, l’aider à grandir et à réussir
Ce livre n’aurait pas pu voir le jour sans tous ceux qui nous ont fait confiance et nous ont offert leurs témoignages : les parents de nos formations, de nos Chantiers-Éducation® Zèbres, les enfants que nous accompagnons et tous ceux avec lesquels nous avons échangé en préparant ce livre.
Un grand merci à Marie-Liesse, sans qui ce livre n’existerait pas.
Merci à nos maris et à nos enfants. Leur patience a été mise à rude épreuve ces derniers mois. C’est aussi grâce à eux que nous nous sommes lancées dans l’aventure.
Merci à François, pour son accueil chaleureux en baie d’Audierne.
Merci enfin à tous les professionnels, spécialistes des enfants à HPI, qui cherchent sans relâche à comprendre nos enfants, pour nous donner toujours plus de clés. Ils contribuent grandement à faciliter le quotidien de ces enfants et de leurs parents, ainsi que leur avenir.
Attention : la version originale de cet ebook est en couleur, lire ce livre numérique sur un support de lecture noir et blanc peut en réduire la pertinence et la compréhension.
Editions Eyrolles
61, boulevard Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Avec la collaboration d'Alice Breuil
Illustrations originales Leslie Plée : Couverture et personnage "Dubitania"
Illustrations originales de Flora Czternasty [ Pomkipik.com ]
Mise en pages et maquette : Flora Czternasty [ Pomkipik.com ]
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Editions Eyrolles, 2018
ISBN : 978-2-212-56884-4
Sommaire
Introduction
1. Je comprends son fonctionnement
Le haut potentiel, qu’est-ce que c’est ?
Quand la crise éclate…
Comment anticiper ?
2. Je cadre notre vie de famille
Poser les limites
Gérer les conflits
Faire une place à chacun
Permettre son autonomie
Organiser les activités
3. Je l’accompagne dans sa scolarité
Les difficultés d’apprentissage
Les difficultés relationnelles à l’école
Pour quelle réussite ?
4. Je l’aide à s’épanouir
Améliorer sa relation aux autres
Favoriser son estime de soi
Vers l’âge adulte
Conclusion
Pour aller plus loin…
Fiches détachables
Introduction

Nous entendons parler d’enfants à « haut potentiel intellectuel » (HP ou HPI), d’ « enfants intellectuellement précoces » (ou EIP), de « surefficients », de « surdoués », et même de « zèbres » … De quoi parle-t-on ? Tous ces termes décrivent la même réalité, celle d’une personne au fonctionnement différent. Loin du débat sur cette terminologie, nous avons simplement choisi d’utiliser « HPI », car c’est ce qui est le plus couramment utilisé aujourd’hui.
Nous avons décidé d’écrire le livre que nous avions nous-mêmes recherché, parce que les psychologues que nous avons lus et consultés nous ont expliqué le fonctionnement de notre enfant. Mais nous ne savions pas comment utiliser à bon escient ces informations pour répondre à notre question : qu’est-ce qu’on fait maintenant qu’on sait ?
Quelle est notre démarche ?
Si tous les enfants ont besoin que nous ayons une posture d’adulte, éducative, cadrante, aimante et bienveillante, c’est d’autant plus important pour les enfants à HPI. Et c’est parfois si difficile malgré toute notre bonne volonté !
Notre approche englobe tous les pans de la vie de l’enfant, une approche qui peut servir également aux autres enfants de la famille. À travers la vie quotidienne, nous avons compris que nous avions déjà sous la main de nombreux outils pour l’aider. Nous avons essayé, nous nous sommes trompées, et puis nous avons essayé encore…
Pour nous, ce haut potentiel n’est ni une chance ni un handicap, mais une caractéristique avec laquelle nous devons apprendre à composer. En gardant à l’esprit que notre finalité de parent est de lui permettre de devenir un adulte épanoui.
Nos actions seront articulées autour de trois axes :
1. Aménager la vie familiale, modifier certaines habitudes pour anticiper les crises et diminuer leur fréquence ;
2. Nous appuyer sur les forces de notre enfant pour mieux avancer ensemble ;
3. Proposer à notre enfant des situations, des activités qui sauront répondre à ses besoins et le faire progresser.
Pour ce faire, nous nous appuierons sur un trio gagnant : l’ humour car nos enfants à HPI n’en manquent pas et qu’il peut débloquer bien des situations ; la créativité qui nous aide à trouver de nouvelles solutions ; et enfin le sens , car sans ce sens donné, impossible de motiver un enfant à HPI.
Ce livre propose une méthode et une boîte à outils, un partage d’expériences de parents dans lequel piocher et à adapter en fonction de la réalité de chacun. Parfois vous vous reconnaîtrez dans tel ou tel témoignage, parfois non, et c’est bien normal : à chacun sa singularité !
Dans cet ouvrage, nous développerons les outils utiles pour des enfants jusqu’à 12 ans. Bien entendu, ils sont adaptables pour les adolescents ; cependant, l’adolescence soulève d’autres problématiques que nous ne traiterons pas ici.
Pour des raisons de lecture, nous avons choisi de parler de l’enfant à HPI au masculin : bien évidemment, nous parlons de tous les enfants. Des filles aussi ! Qu’elles veuillent bien nous en excuser…

LE HAUT POTENTIEL, QU’EST-CE QUE C’EST ?
Les spécificités de l’enfant à HPI
Vous, votre entourage et celui de votre enfant avez observé que votre enfant avait certaines particularités : il est plutôt cérébral, parle comme un adulte, pose beaucoup de questions, a peu de sens pratique ; il a en particulier du mal à gérer les frustrations, ce qui provoque chez lui des crises de colère incroyables. D’une façon plus générale, il est plutôt émotif, a facilement les larmes aux yeux ; il a des angoisses impossibles à raisonner, fait pipi au lit, a des tics ou des tocs, trouve difficilement le chemin du sommeil. Et souvent on constate un décalage avec les autres enfants de son âge.
Si toutes ces particularités, prises une à une, sont l’apanage de bien des enfants, elles se trouvent souvent réunies dans un même enfant quand il s’agit de haut potentiel .
TOUS SINGULIERS !


Si on rassemblait dans une même pièce tous les enfants qui seront décrits dans ce livre, ils apparaîtraient très différents les uns des autres : certains seraient très sûrs d’eux, d’autres pas ; certains seraient incroyablement sociables quand d’autres auraient beaucoup de difficultés à fonctionner avec les autres ; il y aurait des agitateurs de classe mais aussi des élèves bien sages ; et d’autres qui tenteraient de se faire oublier…
RÉFLEXION
QUE SAIS-JE DU FONCTIONNEMENT DE MON ENFANT ?
Que vous ayez lu ou pas des ouvrages sur le sujet, vous avez déjà constaté que votre enfant fonctionne différemment. À l’aide du schéma ci-dessous et du bilan réalisé par le psychologue (si vous l’avez), prenez un instant pour lister ces points.*

Notez les particularités du fonctionnement de votre enfant que vous avez pu identifier :

* D’après Jeanne Siaud-Facchin dans son ouvrage L’Enfant surdoué .
BON A SAVOIR
UNE CLASSIFICATION DES PROFILS
Les chercheurs américains Maureen Neihart et George Betts ont défini, dans une étude publiée en 1988, six types de profils d’enfants à HPI. Cette classification présente l’intérêt d’expliciter les comportements et les besoins différenciés selon le profil, et de proposer des accompagnements adaptés, à l’école mais aussi à la maison. Sont ainsi définis le « discret », le « doublement exceptionnel », l’ « autonome », le « décrocheur », le « brillant », le « provocateur ». Des profils qui nous disent combien ces enfants peuvent être différents les uns des autres. (Pour plus de détails sur cette classification, voir page 98 .)
Souvent, les adultes ont en tête un profil d’enfant à HPI qu’ils ont eu à côtoyer et comparent les autres enfants à ce profil – ceux qui n’y correspondent pas ne pouvant, dans leur esprit, être à HPI. Or ces profils sont très contrastés : un décrocheur et un brillant n’auront pas le même comportement à l’école, un discret et un provocateur ne seront pas perçus de la même façon par les adultes.
Faisons donc confiance au psychologue qui a réalisé le bilan, c’est lui qui peut déterminer si votre enfant est à HPI, les profils étant là pour expliciter les différentes stratégies développées par l’enfant en fonction de sa personnalité et de son histoire.
Cela dit, on ne saurait résumer un enfant à une catégorie : cet enfant peut combiner plusieurs profils ; de plus, certes, il a un HPI, mais ce n’est là qu’une de ses caractéristiques parmi d’autres (son caractère, son histoire personnelle, etc.).

BON A SAVOIR
LA DYSSYNCHRONIE
Vous avez remarqué que votre enfant semble parfois « décalé » ? C’est ce que le psychologue Jean-Charles Terrassier appelle les dyssynchronies : ce sont les décalages constatés chez l’enfant à HPI. Les dyssynchronies peuvent être internes, comme le décalage entre son intelligence et sa psychomotricité, ou entre son intelligence et son affectivité. La dyssynchronie peut également être sociale : il s’agit là du décalage avec les autres.

 
LE POINT DE VUE DE…
M. Dantony, directeur du collège de l’Immaculée-Conception à Aubenas
M. Dantony, qui a ouvert depuis septembre 1997 des classes spécifiques pour enfants intellectuellement précoces, a fait le constat, à l’internat du collège, de la présence de peluches uniquement sur les lits des enfants précoces. « Accepter cela, sans en rire et sans en tirer de conclusions désobligeantes ou catégoriques, voilà, à mon sens ce qu’il faut faire. » (Source : www​.douance​.be/​douance-​ehp-​dyssy​nchr​onie.htm , exemple repris de l’ANPEIP Sud.)
Ce n’est pas parce qu’il lui arrive souvent d’avoir les larmes aux yeux qu’il est immature : c’est plutôt de l’hypersensibilité !
En route vers un bilan de précocité
C’est un psychologue ou un neuropsychologue qui peut poser le diagnostic du HPI, à l’issue d’un bilan composé du test psychométrique (c’est le test de quotient intellectuel , QI), des observations faites lors du passage du test, et parfois de tests complémentaires, si nécessaire. C’est donc bien l’interprétation par le psychologue des éléments qu’il récolte qui lui permettent de conclure.
C’est pourquoi le choix du psychologue est déterminant, pour la qualité de la restitution du bilan qui vous sera faite. Assurez-vous que le test et sa passation répondent bien aux critères énoncés ci-dessous.
Le bilan est généralement pratiqué en trois rendez-vous :
• Un entretien préalable , pour valider la nécessité du bilan, pour mettre en confiance l’enfant, signaler des éléments qui pourraient influencer la passation du test (problèmes de dextérité ou problèmes visuels par exemple).
• La passation du test . Les tests psychométriques proposés évaluent le QI. La plupart du temps, l’évaluation est réalisée sur l’échelle de Wechsler (dans les pays anglo-saxons, le QI est généralement évalué sur l’échelle de Cattell, ce qui fait que nos scores ne sont pas comparables aux leurs sans effectuer une conversion). Ce sont le WPPSI pour les enfants de 2 ans et demi à 7 ans et 3 mois, le WISC pour les enfants de 6 à 16 ans et 11 mois, et WAIS pour les adultes à partir de 16 ans. Il existe également le test K.ABC, moins répandu, qui évalue le QI des enfants de 2 ans et demi à 12 ans et demi sur l’échelle de Kaufman. Ces derniers sont les seuls à être reconnus par l’Éducation nationale. Ces tests sont régulièrement mis à jour : assurez-vous donc que le psychologue dispose du test adapté à l’âge de votre enfant et de sa dernière version (en 2018, les dernières versions des tests sont le WPPSI, WISC 5, WAIS et le K.ABC II). Le psychologue peut à cette étape effectuer des tests complémentaires s’il le juge nécessaire.
• Le rendez-vous de restitution . Cet entretien est l’occasion pour le psychologue d’expliciter le fonctionnement de l’enfant, les scores obtenus. C’est aussi l’occasion d’envisager d’éventuels bilans complémentaires.
La coopération de votre enfant à ce bilan est indispensable ! S’il présente des scores aux subtests (c’est-à-dire aux différentes parties du test) trop différents les uns des autres, alors le QI ne sera pas calculé car le chiffre ne signifierait rien.
Néanmoins, avec les autres informations dont il dispose, notamment l’observation de votre enfant, le psychologue pourra poser (ou pas) son diagnostic. Le bilan doit s’achever par la remise d’un rapport écrit.
BON A SAVOIR
LE HAUT QUOTIENT INTELLECTUEL
Le quotient intellectuel (QI) moyen étant de 100, la majorité de la population possède un QI situé entre 85 et 115. Le haut potentiel intellectuel concerne les personnes dont le QI est supérieur à 130 (certains spécialistes placent le seuil à 125). Au-delà de 145, on parle de « très haut quotient intellectuel » ou THQI. La personne sera alors dite « à très haut potentiel » ou THPI.
En ce qui concerne les enfants à HPI, à un haut score aux tests de QI s’ajoute un fonctionnement particulier, une « façon d’être au monde », comme le dit la psychologue Jeanne Siaud-Facchin dans son ouvrage L’Enfant surdoué . Ce fonctionnement particulier est la raison qui peut vous amener à consulter.

BON A SAVOIR
À QUI S’ADRESSER POUR FAIRE UN BILAN ?
Les services de psychiatrie infantile de certains hôpitaux proposent des diagnostics qui incluent des tests de QI. Les délais d’attente sont plutôt longs, aussi cette voie est-elle généralement privilégiée par des parents dont les enfants présentent une problématique complexe (HPI et autisme par exemple) et qui recherchent un diagnostic global.
Un test peut également être réalisé par le psychologue de l’école de votre enfant. Il sera réalisé gratuitement, mais sans possibilité pour vous de choisir le praticien, ni garantie de disposer ensuite d’un rapport écrit.
Les cabinets de psychologues privés proposent soit un simple test de QI, soit un bilan complet tel que nous l’avons décrit ; selon la première ou la deuxième option, les tarifs vont du simple au double. Une liste de praticiens conseillés pourra vous être transmise par les associations de parents citées en fin d’ouvrage. Il existe également des centres d’évaluation et de prise en charge spécialisés sur le HPI comme Psyrene à Lyon, Cephoa à Houilles, en région parisienne, ou le CNAHP à Rennes.

 
LE POINT DE VUE DE…
Nathalie, mère de Malo (11 ans)
Je voyais bien que j’avais un enfant différent des autres : il râlait beaucoup, respectait peu les règles, et surtout il était plongé dans un univers imaginaire plein de monstres effrayants. Il était d’ailleurs constamment inquiet, faisait fréquemment pipi au lit. Mon entourage m’a conseillé de le faire tester mais je ne voyais pas l’intérêt. C’est le jour où j’en ai eu assez de ses pipis au lit (il avait alors 9 ans) que je m’y suis résolue. Lorsque la psy m’a confirmé son haut potentiel et a suggéré un saut de classe pour qu’il se sente mieux à l’école, je lui ai répondu : « Ah d’accord, mais pour les pipis au lit, qu’est-ce qu’on fait ? » Elle a souri. Elle a dit qu’au fur et à mesure il s’apaiserait, cela s’estomperait… Au bout de quelques mois, ça a fonctionné ! Pour le pipi au lit mais surtout pour qu’il s’ouvre au monde. Désormais, il sourit et a l’air bien dans sa peau. Il se sait différent, mais il sait en quoi et comment le gérer.
Au premier abord, vous pouvez être confirmé dans votre hypothèse : il a bien un HPI ! Parfois vous vous en doutiez parce que tout semblait aller très vite sur le plan des apprentissages scolaires ; parfois vous comprenez enfin la raison de ses crises incontrôlables. Ou vous pouvez être perdu parce que ça ne résout pas votre problématique de parent. Vous serez même peut-être très étonné : vous vous étiez bien aperçu que quelque chose n’était pas « classique » chez cet enfant mais sans savoir quoi. Face aux résultats du bilan, il faut vous rendre à l’évidence. Ainsi, cet enfant qui parfois a des difficultés scolaires, et à qui vous avez fait faire un bilan, est identifié comme HPI : mais alors pourquoi est-il parfois en difficulté ? N’est-ce pas contradictoire ?
Le bilan vous apprendra beaucoup sur votre enfant. C’est aussi l’occasion de nommer, de reconnaître une situation. En tant que parent, vous serez désormais invité à accepter et, au-delà, à accueillir la différence de votre enfant, avec chaleur et bienveillance. À partir du test, vous pourrez vous mettre en chemin et chercher des solutions en tenant compte de ce fonctionnement.
BON A SAVOIR
À LUI FAIRE LIRE
Des albums et des romans peuvent aider votre enfant à connaître son propre fonctionnement, comme :
Zacchary, l’ourson précoce de Lenia Major (4-8 ans),
Tobie Lolness de Timothée de Fombelle (10-12 ans),
Matilda de Roald Dahl (8 ans et plus),
Calvin et Hobbes de Bill Watterson (8 ans et plus),
Percy Jackson de Rick Riordan (8 ans et plus),
Monelle et les autres de Geneviève Brisac (9-12 ans),
Harry Potter de J.K Rowling (8 ans et plus), et bien d’autres…

BON A SAVOIR
APPRENDRE À EN PARLER… OU PAS
En parler autour de soi peut s’avérer délicat. La précocité est une question qui véhicule son lot d’idées reçues, et en parler ne suscite pas que de la bienveillance. Aussi, certains parents apprécient les formations, les groupes de parole ou les rencontres qui permettent d’échanger sans jugement. Les associations de parents d’enfants précoces citées en fin d’ouvrage proposent, chacune à leur manière, des rencontres de parents, des activités pour les enfants, des formations, des conférences.

AVANCEZ PETIT À PETIT…


Une fois le bilan réalisé, vous ne pouvez plus faire comme si vous ne saviez pas. Pour autant, nous vous conseillons de ne pas envisager de révolution : nous vous proposons plutôt d’effectuer des petits changements au quotidien, selon la méthode japonaise dite kaizen (« amélioration continue »). Les petits pas sont plus faciles à réaliser et produisent plus rapidement des effets positifs !

La méthode : le kaizen
Envisager des petits changements au quotidien, c’est tout simplement constater une situation qui ne vous convient pas, et que vous souhaiteriez voir changer ; c’est vous fixer un objectif pas trop ambitieux (par exemple « Je voudrais que les repas du soir soient sereins ») et revisiter votre façon de faire, à l’aide des outils présentés au fil de ce livre, pour essayer d’autres façons de faire ; c’est évaluer les résultats obtenus, au besoin revoir à nouveau vos pratiques, jusqu’à obtenir le résultat escompté… que vous ne manquerez pas de célébrer. L’intérêt de cette méthode, c’est que lorsque vous aurez trouvé une façon de fonctionner avec votre enfant à table par exemple, il y a des chances pour que cela fonctionne également dans d’autres situations, ce qui augmentera considérablement l’impact de votre projet, modeste au départ.
Tout au long de ce livre, nous vous inviterons à envisager des kaizen à l’aide de la fiche détachable en fin d’ouvrage : attention, ne cherchez pas à tous les mettre en œuvre en même temps ! Nous vous conseillons plutôt de réaliser un projet à la fois : ne pas se disperser, c’est optimiser ses chances d’atteindre son objectif.

Le kaizen pour progresser

 
LE POINT DE VUE DE…
Luc, père de Lucie (8 ans)
Ma fille a appris par la psychologue que son mode de pensée est différent de celui de la plupart des autres personnes. Cette explication l’a rassurée : elle comprend mieux ses difficultés scolaires par exemple. Elle a développé des stratégies pour « apprivoiser » ses pensées foisonnantes et tirer le meilleur parti de ses capacités de raisonnement.
Quant à moi, je lui dis qu’elle est douée sur le plan intellectuel, que c’est une chance, mais que ses capacités sont à développer, à entraîner. Que si elle ne le fait pas, toute cette intelligence ne servira pas, comme un muscle qu’elle ne solliciterait pas. Par ailleurs, je répète souvent que chacun a des dons appréciables, qu’il n’y a pas de dons « meilleurs » que d’autres, qu’elle ne doit pas se croire supérieure aux autres.
S’appuyer sur ses atouts
Pour l’enfant à HPI, se connaître est extrêmement important. C’est en tenant compte de ses points forts et de ses points faibles que son potentiel peut alors se révéler. C’est en se connaissant qu’il peut avancer dans les meilleures conditions. Combien d’adultes à HPI découvrent cela très tard et constatent à quel point ils ont échoué, tâtonné sans savoir pourquoi alors que la simple connaissance de soi permet d’anticiper, d’élaborer des stratégies, de créer, de s’appuyer sur ses qualités en ayant conscience de ses faiblesses. Ainsi, on permet à l’enfant de prendre confiance en lui et d’avoir une meilleure estime de soi et on lui permet de prendre confiance en lui.
En tant que parent, votre rôle est d’aider votre enfant à se connaître, à profiter de ses atouts, à accueillir ses faiblesses. C’est pour lui, d’une grande aide pour l’avenir de savoir qu’il est capable, qu’il a les capacités alors qu’il est souvent si peu sûr de lui ! Cette connaissance lui permet de s’épanouir, de comprendre son fonctionnement, d’améliorer ses points faibles. Il n’y a donc pas à hésiter pour l’accompagner sur ce chemin !
RÉFLEXION
LE « SCAN » DE MON ENFANT
Quels sont les points faibles et les points forts de votre enfant ? Prenez 10 minutes pour y réfléchir et les lister.
Quels sont ses points faibles ? Quels fonctionnements lui posent problème ? Quelles difficultés rencontre-t-il au quotidien ? (Par exemple a-t-il des difficultés à gérer ses émotions ? Est-il peu autonome ?)

Quels sont ses points forts ? Quelles ressources a-t-il en lui, sur quelles qualités peut-il compter ? (Par exemple est-il inventif, créatif ? Sait-il se concentrer sur une tâche ?)

Voici maintenant les points faibles des enfants à HPI recensés par des parents. La liste est longue : heureusement, tous les points faibles ne se cumulent pas forcément !
LES POINTS FAIBLES DES ENFANTS A HPI
Difficulté à supporter contraintes et frustrations
Hyperesthésie (cinq sens « trop » sensibles)
Pas le sens de l’effort
Somatisation : sommeil, asthme, migraines, énurésie, maux de ventre
Perfectionnisme
N’aime pas la routine
Problème de méthodes de travail
Difficultés à se repérer dans le temps/l’espace
Défaut d’inhibition
Dispersés, instables
Peu de sens pratique
Pathologies associées : dys, TDAH, anorexie/boulimie, addictions…
Difficultés à l’écrit
Personnalité complexe, excessive, épuisante
Esprit de contradiction
Estime de soi fragile
Manque de confiance en soi, peur de l’échec
Anxiété/angoisses notamment face à la nouveauté
Fonctionne à l’affectif
Hypersensibilité, émotions en montagnes russes
Dyssynchronies internes (intelligence/motricité, intelligence/affectivité)
Difficultés d’adaptation au système scolaire
Refus des règles
Difficultés relationnelles
C’est vrai, l’enfant à HPI rencontre des difficultés de fonctionnement non négligeables. Mais il a aussi de vrais points forts.
LES POINTS FORTS DES ENFANTS A HPI
Traitement rapide de l’information
Capacité de concentration, mémoire
Goût pour la complexité
Curiosité et enthousiasme, aime les défis
Recherche de sens
Lucidité, sens critique
Créativité, imagination, intuition
Courageux, sens de la justice
Veut se débrouiller seul
Sens de l’humour
Tonicité
Hypersensibilité et empathie
Vocabulaire riche, usage aisé de la langue
COMMENTAIRES

Identifier les points faibles et points forts de votre enfant vous permettra de vous appuyer sur ses atouts, en vue de développer les aptitudes qui lui font défaut, sans éluder les difficultés qu’il rencontre. Vous, parent, êtes là pour l’accompagner, pour y faire face et l’aider à les surmonter. Aussi, nous vous inviterons à vous appuyer sur ses points forts tout au long de ce livre. Pour mieux les garder à l’esprit, n’hésitez pas à revenir régulièrement consulter ces « listes » .
QUAND LA CRISE ÉCLATE…
Avec l’enfant à HPI, la vie familiale n’est pas un long fleuve tranquille : il est facilement submergé par ses émotions, qui l’envahissent tout entier ; ajouté à ses sensations à fleur de peau, cela peut rapidement générer un état de crise incontrôlable. Aussi, les parents ont la sensation de vivre aux côtés de volcans qui peuvent se réveiller d’un instant à l’autre. Ces crises et leur gestion sont un pan important de la vie de parents d’enfants à HPI car elles peuvent mettre à mal l’ambiance de la famille ainsi que l’énergie de chacun.
Un trop-plein d’émotions
Pourquoi votre enfant a-t-il autant de mal avec ses émotions ? On le dit hypersensible, parce que l’émotivité de l’enfant à HPI entre en résonance avec ses spécificités :
• La précocité a un effet loupe sur les émotions qui envahissent toutes ses pensées. On est dans l’excès, y compris pour la joie ! Les émotions peuvent se succéder rapidement, très intensément. Les hauts sont très hauts et les bas très bas, ce qui est usant pour lui-même et pour son entourage.
• Il ressent aussi de manière plus forte que d’autres l’échec, l’abandon, l’inconnu, les angoisses métaphysiques.
• Sa lucidité combinée à son intuition lui fait voir ce que d’autres ne voient pas. C’est sa fonction « antenne parabolique » : il peut alors développer des inquiétudes incompréhensibles pour son entourage.
• Il ressent une nécessité quasi vitale de maîtriser son environnement, un besoin de précision absolu sur tout et tout le temps.
• Il a besoin de sentir des limites : ses pensées étant sans limites, l’existence d’un cadre solide qui le contienne, lui et ses angoisses, est vitale.
• Sa tolérance à la frustration est limitée. Un rien peut alors générer des colères : quand il n’arrive pas à se faire comprendre, quand il n’arrive pas à faire quelque chose, quand il doit interrompre une activité qui l’absorbe…
• Son sens aigu de la justice risque de le faire hurler à la première injustice venue !
• Son empathie le rend vulnérable. Comme une éponge, il absorbe facilement les émotions des autres. Parfois pour se protéger, il préfère « se blinder » : il semble alors insensible, mais ce n’est qu’en surface !
• Enfin, l’ hyperesthésie peut perturber la vie familiale. Ses cinq sens très aiguisés transmettent à son cerveau des sensations amplifiées, intensifiées, qui peuvent le rendre ingérable car il vit un stress, un inconfort, difficilement imaginables.
BON A SAVOIR
L’HYPERESTHÉSIE
L’hyperesthésie, c’est l’exagération physiologique de la sensibilité des cinq sens, et le cerveau qui surréagit à toutes les informations fournies par les sens. L’enfant voit tout, mais il est sensible à la luminosité ; il entend tout, mais il est gêné par le bruit ; il a une sensibilité particulière au toucher, mais les étiquettes et les coutures des vêtements le grattent ; certaines textures, certains goûts lui sont insupportables, et parfois le simple fait de le toucher le rend « électrique ».
Il parvient à sentir des odeurs que personne ne sent (certains enfants à HPI sont de véritables détecteurs d’odeurs de concombre ou même de coccinelle !). Et les odeurs peuvent l’indisposer de manière importante.
Nous parlerons d’hypersensibilité pour évoquer la grande intensité des émotions ressenties par les enfants à HPI et leur faculté de s’émouvoir de choses parfois insignifiantes pour d’autres.

BON A SAVOIR
LES ÉMOTIONS PRIMAIRES
Une émotion est un indicateur qui nous parle de la satisfaction de nos besoins primaires. Il n’y a pas d’émotions négatives ! Juste des émotions désagréables, signes de besoins insatisfaits. Toutes sont utiles à notre survie, notre équilibre intérieur, notre épanouissement. Identifier l’émotion permet de cerner le besoin qui se cache derrière. Les quatre émotions primaires sont :
• la peur, déclenchée par un danger : elle exprime un besoin de protection, d’être rassuré ;
• la colère, suscitée par une injustice, une intrusion dans la sphère privée, une frustration : elle exprime un besoin de changement pour pouvoir s’exprimer et se sentir entendu ;
• la tristesse, suscitée par le manque de quelqu’un ou de quelque chose : elle exprime un besoin de réconfort ou d’être seul ;
• la joie, déclenchée par le plaisir, la réalisation de soi, la réussite : elle exprime le besoin de partager, d’aller vers les autres.
Les autres émotions (honte, dégoût, etc.) en sont des combinaisons. Pour mieux comprendre le rôle des émotions, nous vous proposons de regarder avec votre enfant la vidéo Et tout le monde s’en fout n° 3 sur YouTube.
Les émotions libèrent en nous une énergie. C’est souvent ce qui nous pose problème : que faire de cette envie de tout casser par exemple ?
C’est pourquoi il est essentiel d’enseigner à votre enfant comment accueillir son émotion et canaliser son énergie.
KIT D’URGENCE
NOMMER, ACCUEILLIR, GÉRER LA CRISE
Quand c’est la crise, vous êtes énervé, désemparé, parce que vous subissez ce que vit votre enfant ! Voici comment devenir acteur des événements et l’aider à gérer sa crise.
1. Apprenez à identifier et nommer l’émotion qui le traverse. Pour cela vous pouvez :
• lui parler calmement, à sa hauteur, dans une attitude bienveillante ;
• « jouer » l’émotion à l’aide de figurines, de poupées, de briques, etc. ;
• lui demander de dessiner ce qu’il ressent, sa météo intérieure (voir ci-dessous) :
2. Aidez-le à évaluer l’intensité de son émotion , à l’aide de la fiche « Quelle est l’intensité de mon émotion ? » à détacher en fin d’ouvrage.
3. Accueillez son émotion , en lui montrant qu’il a le droit de l’éprouver. Constatez-la, éventuellement aidez-le à la vivre. Pour cela, vous pouvez :
• utiliser l’écoute active, un outil extrêmement puissant ;
• utiliser l’humour, l’imaginaire, pour qu’il se décentre et relativise ;
• trouver des moyens pour qu’il extériorise son émotion, évacue son énergie et revienne à un état plus calme (voir « Accompagner sa colère » et « Accompagner sa peur » ci-après).
4. Après coup, ne lui demandez pas de s’excuser pour sa colère… mais éventuellement pour ce qu’il aura détruit en l’exprimant.
5. Enfin, une fois l’émotion passée, vous pouvez l’aider à identifier le besoin immédiat qu’il a ressenti après la crise (besoin d’être seul ou besoin de réconfort par exemple), en vous aidant de la fiche « Quel est mon sentiment/mon besoin ? » à détacher en fin d’ouvrage . Vous pouvez également l’aider à identifier le besoin non satisfait qui a déclenché la crise (voir « La pyramide des besoins », page 33 ) et qu’il n’a pas su exprimer verbalement. Pour ce faire, utilisez la communication non violente (voir page 57 ) et éventuellement la résolution de problèmes (voir page 58 ).
Vous avez aussi le droit de ne pas y arriver, de ne pas vous en sentir capable et de passer la main à quelqu’un d’autre si vous n’avez pas la force de gérer la crise…


Ensoleillé, content, ravi, satisfait, énergique, fort

Émerveillé, gai, serein, calme

Indifférent, ennuyé, découragé, fatigué

anxieux, stressé, énervé

Inquiet, timide, apeuré, craintif, gêné

agressif, impatient, furieux, colérique, jaloux

incontrôlable, excessif, explosif

incompris, triste, déçu, amer, seul, blessé, humilié
Pour accompagner sa colère
Quand votre enfant est en colère, pas facile de rester zen ! Après avoir calmement constaté sa colère, aidez-le à vivre ce moment en lui proposant différentes façons d’évacuer l’énergie qui le submerge. Affichez où vous voulez la fiche « Quand je suis en colère, je peux : » qui se trouve en fin d’ouvrage pour qu’il puisse choisir parmi les propositions suivantes :
• faire une pause dans le lieu de son choix ;
• créer une « boîte à colères » : il enfermera symboliquement sa colère dans une boîte (comme dans le livre Grosse colère de Mireille d’Allancé) ;
• pratiquer la méditation de pleine conscience : il s’agit d’effectuer de petits exercices qui permettent de se relaxer (certaines pistes du livre-CD Calme et attentif comme une grenouille d’Eline Snel sont tout à fait pertinentes dans ce cas) ;
• prendre un bain ;
• demander un massage ;
• écouter une musique, chanter ;
• utiliser une « bouteille de retour au calme » : de nombreux tutoriels existent sur Internet pour fabriquer cette bouteille remplie de glycérine, de colorant, de sequins et de paillettes ; votre enfant se calmera en regardant le mouvement des paillettes qui tombent ;
• faire un exercice de respiration de cohérence cardiaque, avec une application pour téléphone portable par exemple ;

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents