Soigner ses cheveux au naturel
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Description


Les cheveux sont l'une des premières choses que nous voyons chez quelqu'un. Ils nous définissent physiquement et, bien souvent, ils en disent même un peu plus, en révélant une facette de notre personnalité ou notre humeur. En prendre soin, c'est prendre soin de soi et valoriser un atout de beauté indéniable. Encore faut-il choisir les bonnes solutions pour ne pas se faire du mal en voulant se faire du bien...



Ce livre est une introduction complète sur le cheveu. Riche en anecdotes historiques, il vous apprendra tout ce qu'il faut savoir sur la science du cheveu : sa structure, son cycle de vie... Ce guide regorge aussi de bons conseils pour avoir de beaux cheveux grâce à des soins 100% bio et naturels - seule solution durable pour notre chevelure, notre santé et la planète. Du diagnostic aux soins sur mesure (cheveux gras, qui tombent, trop ternes...), vous trouverez des astuces, des recettes maison pour réaliser vos propres soins et des conseils pour savoir acheter les bons produits et bien les appliquer...



Au programme : une chevelure saine et magnifique !



Avec la collaboration de Claire Sejournet, journaliste.

Préface de Sylvie Hampikian, pharmaco-toxicologue.




  • Le cheveu dans la culture


  • La science du cheveu


  • L'hygiène et les cheveux : quels produits utiliser ?


  • Coupez, peignez, soignez... Comment prendre soin de ses cheveux au quotidien


  • Coloration végétale


  • Mes soins sur mesure en fonction de mon type de cheveux


  • Spécial hommes : comment entretenir sa barbe ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 juin 2019
Nombre de lectures 3
EAN13 9782212801811
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les cheveux sont l’une des premières choses que nous voyons chez quelqu’un. Ils nous définissent physiquement et, bien souvent, ils en disent même un peu plus, en révélant une facette de notre personnalité ou notre humeur. En prendre soin, c’est prendre soin de soi et valoriser un atout de beauté indéniable. Encore faut-il choisir les bonnes solutions pour ne pas se faire du mal en voulant se faire du bien…
Ce livre est une introduction complète sur le cheveu. Riche en anecdotes historiques, il vous apprendra tout ce qu’il faut savoir sur la science du cheveu : sa structure, son cycle de vie… Ce guide regorge aussi de bons conseils pour avoir de beaux cheveux grâce à des soins 100 % bio et naturels – seule solution durable pour notre chevelure, notre santé et la planète. Du diagnostic aux soins sur mesure (cheveux gras, qui tombent, trop ternes…), vous trouverez des astuces, des recettes maison pour réaliser vos propres soins et des conseils pour savoir acheter les bons produits et bien les appliquer…
Au programme : une chevelure saine et magnifique !
Charley Assoun est le fondateur de Biocoi, l’un des premiers salons de coiffure entièrement végétal. Simon Assoun , le fils de Charley, s’occupe du développement de la marque. Ils sont profondément investis pour faire connaître au plus grand nombre les bienfaits des soins naturels et bio pour nos cheveux, mais aussi pour notre santé et notre planète.
Avec la collaboration de Claire Sejournet , journaliste.
Préface de Sylvie Hampikian , pharmaco-toxicologue.
Charley Assoun et Simon Assoun
Avec la collaboration de Claire Sejournet
Soigner ses cheveux au naturel
Éditions Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Ouvrage dirigé par Anne Ghesquière, fondatrice du magazine FemininBio.com pour mieux vivre sa vie
Création de maquette et composition : Hung Ho Thanh
Illustrations p. 34 et 35 : Shutterstock © Designua ; p. 38 : Shutterstock © Paper Teo Pictogrammes et illustrations d’ouvertures de chapitres : Shutterstock © Skellen / CloudyStock / Lemberg Vector studio
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Éditions Eyrolles, 2019 ISBN : 978-2-212-57175-2
Sommaire
Préface de Sylvie Hampikian
Introduction
CHAPITRE 1
Le cheveu dans la culture
Une fascination éternelle…
Un idéal de force et de beauté
Lorsque les arts en rajoutent une couche…
Et si on prenait les choses avec philosophie ?
CHAPITRE 2
La science du cheveu
Le cheveu au microscope…
Le cycle du cheveu
Les cheveux, et moi, et moi, et moi
CHAPITRE 3
L’hygiène et les cheveux : quels produits utiliser ?
Vite, un bain !
Et si on se faisait un shampooing ?
Au fait, c’est quoi un shampooing ?
Soigner ses cheveux au-delà du shampooing
Et aujourd’hui, où en est l’industrie de la cosmétique ?
Le petit plus du bio
De l’éthique dans les cosmétiques
La liste INCI
CHAPITRE 4
Coupez, peignez, soignez… Comment prendre soin de ses cheveux au quotidien
Soigner ses cheveux, un acte social
Mon ami le coiffeur…
Côté pratique : le b.a.-ba de la coiffure
Hydratation, nutrition et détox : nos conseils pratiques
Questions de femmes
Des recettes 100 % naturelles pour sublimer vos cheveux
CHAPITRE 5
Coloration végétale
Les couleurs, toute une histoire !
Dépasser sa couleur naturelle
La coloration chimique, comment ça marche ?
Comme une envie de changer le monde…
La coloration végétale, comment ça marche ?
Balayage, quel balayage ?
Une coloration, mais pas seulement
Concrètement, c’est quoi une coloration végétale ?
Comment reconnaître une vraie coloration végétale ?
Et quid du coiffeur ?
Les plantes incontournables de la coloration végétale
CHAPITRE 6
Mes soins sur mesure en fonction de mon type de cheveux
Mes cheveux sont fins
Mes cheveux sont gras
Mes cheveux sont secs
Mes cheveux sont fourchus
Mes cheveux sont ternes et sans volume, ils manquent de vitalité
Mes cheveux sont blancs
J’ai les cheveux électriques
J’ai des pellicules
J’ai des poux
Je suis sujet·te à la chute de cheveux
CHAPITRE 7
Spécial hommes : comment entretenir sa barbe ?
Barbu un jour, barbu toujours…
Soigner sa barbe, tout un art
Concrètement, soigner sa barbe, ça veut dire quoi ?
Et si on préfère tout raser ?
Un petit mot pour se dire au revoir
Bibliographie
Préface de Sylvie Hampikian
M aria est née en 1906 sur le plateau de l’Aubrac. Elle a la peau très claire, les yeux mordorés et les cheveux blond foncé, longs et fournis. Mais raides comme des baguettes de tambour. Ce qui la désole, car elle a beau vivre dans cette région rude et isolée, elle aimerait ressembler à Mary Pickford, avoir ses boucles gracieuses et ses belles ondulations. Certes, ce n’est pas le cas, mais rien ne l’empêchera d’être la plus belle pour aller danser à la fête de Nasbinals.
Maria décide donc de friser ses cheveux coûte que coûte. Elle les lave, avec des œufs frais, les rince à l’eau de la fontaine, puis les enduit d’eau sucrée pour les laquer et faire tenir les boucles. Elle enroule ses mèches une à une autour de papillotes en papier journal et les laisse sécher au soleil. Et ça marche : lorsqu’elle défait les papillotes, ses cheveux dessinent bien les belles anglaises tant désirées. Maria est sûre de rencontrer le succès. Ce qui est vrai, car très vite une foule se rassemble autour d’elle et se précipite même sur sa nouvelle chevelure. Lorsque Maria se déplace, la foule la suit à tire-d’aile. Car ses cheveux de miel attirent désormais les mouches, guêpes, abeilles et autres butineuses, alléchées par cette friandise ambulante ! Son seul salut : rincer sa chevelure sucrée, dire adieu aux bouclettes et se rendre à la fête avec son habituelle « queue de vache ».
Maria était ma grand-mère. Elle aimait raconter cette anecdote. Mais elle aimait aussi transmettre ses secrets de santé et des « trucs » de beauté. Des décennies plus tard, je m’en suis inspirée, ce qui m’a valu à l’adolescence quelques déboires dignes de la mésaventure de ma Mémé. Je passe sur les cheveux desséchés par le savon de Marseille et sur le rinçage à la camomille, désespérément inutile sur mes cheveux châtains. Mais je ne peux oublier ce fameux shampooing au blanc d’œuf. Tout se serait bien passé si je l’avais bien rincé à l’eau claire avant d’appliquer du vinaigre pur ! Pour ma défense, je ne savais rien alors de la biochimie des protéines. Quoi qu’il en soit, sans l’aide de ma mère, jamais je n’aurais pu extirper de mes cheveux emmêlés les filaments et les amas de blanc d’œuf coagulé.
Quand on aime, on ne compte pas. Ces expériences décevantes auraient pu me détourner des soins naturels et me convaincre de faire plutôt confiance aux shampooings et après-shampooings du commerce. Lesquels, en ces années 1970, étaient tous purement chimiques (mais on ne le savait pas). Or, c’est tout le contraire qui s’est passé : je me suis passionnée, j’ai persévéré, j’ai testé, j’ai exploré, j’ai découvert… Et puis, avec le temps, j’ai changé de millénaire et mes cheveux ont blanchi. Or, les cheveux blancs, je trouve cela très beau, mais chez les autres… Alors j’ai triché, et j’ai eu malheureusement recours aux colorations chimiques du supermarché. Et je m’en veux ! Car il n’aura fallu que quelques mois à ces méchantes teintures pour détruire mes cheveux et en faire une paille inerte et bien vilaine. Rien à voir avec les dégâts passagers de mes expériences d’adolescente éprise de naturel.
Par chance, les colorations 100 % végétales commençaient à se développer dans les magasins bio et de rares salons. Or les découvrir, c’était les adopter. Bien sûr, la transition n’a pas été facile, car le mal était fait, et l’album photo conserve le souvenir peu flatteur de ces quelques mois de purgatoire. Puis, soin après soin, mes cheveux sont revenus à la vie, ils ont retrouvé leur volume, leur brillance, leur souplesse, et la couleur que je souhaitais leur donner.
Raconter ainsi sa vie capillaire, cela peut sembler bien anodin. Pourtant, il me semble impossible de se sentir bien dans sa tête et bien dans son corps si l’on n’est pas bien dans ses cheveux (ou dans sa calvitie). Ni Samson, ni les Indiens, qui prennent tant soin de leur chevelure, ne vous diront le contraire. Car les cheveux ne sont pas de simples tiges de kératine. Ils sont la mémoire solide, le prolongement et l’expression des cellules de notre cuir chevelu, et ils portent en eux notre ADN. S’ils ne sont pas vraiment vivants, ils sont en osmose avec les tissus vivants. Ils méritent donc bien mieux que les silicones, polymères de synthèse, tensioactifs agressifs, colorations chimiques cancérigènes et couleurs bizarroïdes dont certains industriels se proposent de les abreuver. Et ce qu’ils méritent vraiment, tous ces produits « friendly » qui les nettoient, les cajolent, les enrobent, les protègent en douceur et leur donnent des reflets chatoyants, c’est la nature qui nous les offre. Elle est si généreuse que nous avons l’embarras du choix, entre la richesse des plantes indiennes (henné, neem et compagnie), les multiples trésors de notre flore à nous (lavande, romarin, bourrache, etc.) et tous les petits secrets que recèlent nos placards de cuisine (vinaigre, avocat, banane, miel, etc.).
Grâce à cette merveilleuse palette, qu’ils soient lisses ou frisés, longs ou courts, blonds, roux ou bruns, tous les cheveux peuvent être beaux… au naturel naturellement !
« Es-tu brune ou blonde ?
Sont-ils noirs ou bleus,
Tes yeux ?
Je n’en sais rien mais j’aime leur clarté profonde,
Mais j’adore le désordre de tes cheveux. »
Paul Verlaine
Introduction
C hère lectrice,
Ce livre n’est pas une simple compilation de bons conseils pour prendre soin de ses cheveux. Dans ces pages, nous avons voulu partager avec vous notre passion, le cheveu, et notre conviction, les soins 100 % bio et naturels comme seule solution durable pour votre chevelure, votre santé et la planète.
Parler « cheveux » a une connotation frivole dans notre société. C’est mal connaître l’univers qui s’ouvre derrière ce mot à l’apparence anodine. Nous vous invitons donc dans ce livre à un voyage culturel à la découverte de quelques-unes des richesses qu’il renferme. Nous n’avons pas l’ambition de l’exhaustivité : rien que sur le passionnant sujet des mythes, contes et légendes autour des cheveux, il y aurait de quoi faire une thèse. Mais nous souhaitons ardemment que cette lecture vous captive et vous amène à porter un autre regard sur votre chevelure. Nous aimerions que vous soyez fière de vos cheveux.
Oui, c’est bien là tout l’enjeu à nos yeux : réussir à vous rendre fière de vos cheveux. Alors commençons sans tarder à en dire du bien. La chevelure, c’est une parure qui orne nos têtes. C’est un élément clé de notre personne, une des premières choses que l’on remarque de l’apparence de quelqu’un, qu’on le rencontre pour la première fois ou que ce soit notre meilleure amie. Ils nous définissent donc physiquement et, bien souvent, ils en disent même un peu plus, en révélant une facette de notre personnalité ou de notre humeur.
En prendre soin, c’est prendre soin de soi et valoriser un atout beauté indéniable. Encore faut-il choisir les bonnes solutions pour ne pas se faire du mal en voulant se faire du bien. L’essor de la chimie au début du XX e siècle a gommé en l’espace de quelques décennies les milliers d’années de savoirs et de traditions accumulés par l’humanité en matière de soins naturels pour la peau et les cheveux. Nous connaissions les vertus et bienfaits de centaines de plantes et de leurs actifs, nous en avions un usage de plus en plus affiné et efficace. Nous avons tout perdu en nous tournant vers la chimie, qui a proposé des solutions rapides et que l’on a crues formidables. Mais le pot aux roses a été découvert et la domination de la chimie sur l’industrie cosmétique se fissure de toutes parts. Notre espoir, c’est qu’elle ne soit qu’une parenthèse un peu folle d’un siècle à l’échelle de l’Histoire de l’humanité.
Nous sommes convaincus que nous sommes sur la bonne voie pour que cette parenthèse se referme bientôt. Notre expérience personnelle de la coiffure nous a amenés très tôt à nous tourner vers le bio et le naturel. Rien de moins évident il y a quarante ans : à l’époque, la chimie était reine dans les salons de coiffure. Il a fallu réapprendre, redécouvrir, comprendre, essayer, se tromper… Les savoirs étaient enfouis, il fallait les faire renaître. Heureusement, partout dans le monde, certains ont maintenu vivants les traditions et les savoirs ancestraux liés aux plantes, à leurs actifs et à leurs usages. Ces personnes sont aujourd’hui des puits de science d’une valeur inestimable.
En matière de soins capillaires, il a aussi fallu pousser plus loin la recherche. La chimie a repoussé les frontières du possible et les clientes, même si elles sont prêtes à entrer dans une démarche pour plus de bio et de naturel, ne sont pas forcément prêtes à renoncer à certaines solutions auxquelles la chimie leur a permis d’accéder.
Le plus grand enjeu, c’est la coloration. Avec la chimie, il est possible de tout faire : une brune devient blonde, on peut s’offrir les reflets que l’on veut et carrément des couleurs improbables, au-delà de la palette de l’arc-en-ciel. Notre travail, en tant que coiffeurs coloristes ne travaillant qu’en bio et végétal, c’est avant tout d’expliquer ce que l’on peut faire et ce que l’on ne peut pas faire, ce que l’on propose et comment ça marche. Certes, nous ne sommes pas tout-puissants, mais nous sommes convaincus que notre offre alternative est une réponse honnête et constructive aux attentes des femmes. La prise de conscience de la nocivité de la cosmétique conventionnelle a émergé depuis quelques années. Il y avait urgence, car nous étions en train de nous empoisonner lentement.
Aujourd’hui, la cosmétique bio et végétale est de plus en plus plébiscitée. La preuve, c’est que les coiffeurs coloristes étiquetés bio et végétal sont de plus en plus nombreux et, surtout, que de plus en plus de femmes passent la porte de nos salons et nous font confiance. De plus, lorsqu’elles sont venues une fois, elles reviennent : avec les soins bio et végétaux, les cheveux retrouvent leur force et leur vitalité, et la différence se voit. Notre plus grand bonheur, c’est de voir une femme sortir d’un de nos salons le sourire aux lèvres, se passant les mains dans les cheveux avec plaisir. C’est aussi une victoire pour elle-même et sa santé, et pour l’environnement. Pourquoi se priver d’une solution naturelle qui rend belle ?
Trêve de bavardages, il est temps d’entrer dans le vif du sujet. Le début de cet ouvrage est une plongée à la fois culturelle, scientifique et historique dans l’univers capillaire. Vous découvrirez ensuite des conseils pratiques, qui apporteront des réponses concrètes aux questions que vous pourriez vous poser, pour agir et vous inviter à creuser davantage le sujet s’il vous intéresse. Nous avons tenu à insister sur les aspects culturels pour que vous trouviez du sens à l’attention que vous pouvez porter à votre chevelure. Comme nous voulions que le sujet reste léger (nous ne sommes pas dans un essai académique !), nous avons choisi d’ouvrir chaque chapitre par une chanson puisée dans le vaste répertoire de la variété française, en rapport avec les cheveux et le sujet que nous y développons. Vous serez surprise de voir à quel point les cheveux font partie de notre patrimoine culturel !
CHAPITRE 1
Le cheveu dans la culture
Si tu m’aimes, si tu m’aimes,
Donne-moi, donne-moi,
Une petite mèche de tes cheveux
Claude François
P ourquoi un amoureux transi demanderait-il une telle faveur à sa bien-aimée ? La chanson de Claude François 1 est loin d’être la fantaisie d’un parolier en manque d’inspiration. Elle résume la puissance symbolique que les cheveux ont acquise au fil des siècles. Quoi de mieux, dans ce cas, que de commencer un livre sur les soins capillaires au naturel en explorant les mystères de notre chevelure tels qu’on les a imaginés au fil des siècles ?
Une fascination éternelle…
Depuis la nuit des temps, le cheveu fait l’objet d’attentions particulières. C’est qu’on lui prête des vertus particulières : nos ancêtres pensaient en effet qu’il était le siège de l’âme ou, du moins, qu’il lui était relié. Dans la mythologie romaine, personne ne peut mourir tant que Proserpine, reine des Enfers, n’est pas venue couper le cheveu qui retient la vie. La mythologie grecque n’est pas en reste puisqu’Iris est envoyée par Junon couper le cheveu qui retient Dinon vivante et ainsi soulager ses douleurs.
Mais il n’y a pas qu’en Occident que le cheveu a eu cette puissance. En Inde aussi, on pense qu’ils sont le siège de l’âme. D’ailleurs, dans la culture hindoue, les cheveux de Shiva, dieu de l’Énergie, forment la trame de l’Univers et, associés au vent, tissent ses directions. Ils sont également considérés comme étant la source du Gange, le fleuve le plus sacré du pays.
Intrinsèquement relié à l’intime d’une personne, le cheveu peut servir d’offrande sacrée. Dans l’Antiquité, on sacrifiait sa chevelure pour remercier un dieu d’avoir protégé un proche, notamment un mari parti à la guerre. C’est le cas de Bérénice, reine d’Égypte, qui offrit ses cheveux à Aphrodite pour la remercier du retour de son mari Ptolémée III. La légende veut que ses cheveux disparurent du temple la nuit qui suivit son offrande. Malgré des recherches entreprises dans toute la ville, ils ne furent jamais retrouvés. C’est alors que l’astronome de la cour apprit au couple royal que les dieux avaient tellement apprécié le geste de Bérénice qu’ils avaient porté aux cieux cette chevelure… D’où la constellation de la Chevelure de Bérénice, nuée de poussière d’étoiles que l’on peut apercevoir au printemps les nuits étoilées…
En Inde, les cheveux sont aussi une offrande sacrée que l’on peut faire à un dieu pour espérer qu’il réalise notre vœu le plus cher ou le remercier de sa réalisation. Pour comprendre la puissance de ce don, qui est un véritable sacrifice, il faut souligner qu’en Inde, les cheveux font l’objet d’un soin tout particulier tout au long de la vie, surtout chez les femmes. S’en séparer n’est pas anodin. La coutume est surtout répandue dans le sud de l’Inde. Le temple de Tirupati, dans l’État de l’Andhra Pradesh, est le lieu de pèlerinage hindou le plus important. Hommes et femmes, vieillards et enfants, riches et pauvres viennent y offrir au dieu Vishnou leur précieuse chevelure.

L’or noir de l’Inde
Triés, lavés, séchés, traités…, les cheveux indiens offerts aux dieux connaissent une seconde vie sur le marché international, où ils ont très bonne réputation. Depuis les années 1960, l’Inde a découvert la filière de la vente de cheveux à l’international et ne cesse depuis de grignoter des parts de marché. Aujourd’hui, l’Inde exporte plus de 500 tonnes de cheveux par an, récoltés en partie dans les temples. Ils finiront pour beaucoup en perruque ou en extension sur les têtes des Occidentales.


Les cheveux sont ainsi un trésor à chérir, dont on ne se sépare pas sans raison. Ils ont la particularité d’être imputrescibles, c’est-à-dire qu’ils se conservent à travers le temps sans perdre leurs qualités. De ce fait, ils sont un moyen de garder vivante la mémoire d’une personne disparue. De nombreuses reliques de saints ou d’autres personnes vénérées sont ainsi des cheveux. Il existe aussi un culte beaucoup plus laïque des cheveux de personnalités historiques ou de célébrités. On trouve régulièrement des mèches de cheveux ayant appartenu à des personnalités dans les ventes aux enchères, et il existe même des experts chargés de les authentifier !
Ce ne sont pas les seules reliques « poilues » : les cheveux sont un matériau profondément sentimental. Il n’est pas rare de voir une mère conserver une ou deux boucles de cheveux de la première coupe de son enfant, en souvenir de ses premières années. Autrefois, les amoureux aussi s’échangeaient (cela se fait moins de nos jours) une mèche de cheveux, qui était souvent conservée dans un médaillon.
Si l’utilisation du cheveu en tant que matériau peut laisser perplexe de nos jours, c’était une tradition couramment admise dans le passé. Aux XVII e et XIX e siècles, il y eut même une mode des bijoux en cheveux. Solide et résistant, le cheveu est un matériau que l’on peut travailler à convenance pour obtenir un objet unique, parfois très élaboré, et une manière expressive de maintenir entier le souvenir d’un être aimé, qu’on en soit éloigné à cause de la guerre ou parce qu’il est décédé. Tout cela peut paraître étrange aujourd’hui, mais il faut rappeler qu’à l’époque, il n’y avait pas de photos pour immortaliser les bons moments !
Un idéal de force et de beauté
Selon que l’on soit un homme ou une femme, les cheveux sont associés dans l’imaginaire collectif à des vertus bien différentes. Chez l’homme, la chevelure est synonyme de force et de virilité. Cette idées est déjà présente dans la Bible : faut-il rappeler l’histoire de Samson et Dalila, qui a certainement marqué pour toujours cette association dans l’imaginaire collectif ? Samson était un nazir, c’est-à-dire, selon la tradition hébraïque, un homme consacré à Dieu. En conséquence, il devait respecter certains interdits, dont celui de se couper les cheveux et la barbe, en échange d’une faveur divine. Dans son cas, il possédait une force inouïe. Un jour, il rencontre Dalila, fille du peuple philistin, ennemi du sien. Il en tombe amoureux et, comme elle insiste, il finit par lui révéler l’origine de sa force. La jeune femme attend qu’il s’endorme pour lui couper les cheveux, le privant ainsi de ses pouvoirs, et le livre aux siens. Il est fait prisonnier et on lui crève les yeux. Le malheureux doit attendre que ses cheveux repoussent pour retrouver sa force. Il fera alors s’effondrer le palais dans lequel il est retenu en cassant les colonnes principales par la force de ses bras (ce qui ne l’empêche néanmoins pas de mourir dans la destruction du bâtiment, en même temps que des milliers de Philistins).
Reste la question de la longueur : courts ou longs, les cheveux au masculin ? Les Romains optent pour la coupe courte, en signe de civilisation par opposition aux Barbares hirsutes. Quelques siècles plus tard, Napoléon choisira la même coupe, comme pour s’inscrire dans une Histoire au long cours… Entre-temps, les rois mérovingiens et carolingiens auront valorisé les cheveux longs et la barbe (si vous ne savez pas trop de qui on parle, imaginez Clovis ou Charlemagne les cheveux courts… vous serez d’accord pour dire qu’il y a quelque chose qui cloche !). Quelques siècles auparavant, Léonidas, roi de Sparte, portait déjà les cheveux longs, symbole de son courage et de sa force. Si l’association entre les cheveux longs, la puissance et la royauté est forte, ces mêmes cheveux longs sont aussi l’attribut des Barbares. Ils sont alors associés à la force et à la liberté, notamment en opposition aux peuples civilisés, mais soumis.
Si le débat sur la symbolique des cheveux courts et longs chez l’homme n’est pas totalement clos, une chose est sûre : la question de savoir dans quelles conditions on a coupé ses cheveux peut tout changer quant à la signification de la coupe. Par leur puissance symbolique, les cheveux sont aussi l’objet d’un jeu de domination. De l’humilité à l’humiliation, il n’y a qu’un pas. Ainsi, en Chine, avoir les cheveux courts n’est pas un sacrifice, mais carrément l’expression de la renonciation à sa propre personnalité, tandis que chez les Hébreux, la coupe involontaire des cheveux est perçue comme une humiliation, un manque de volonté, voire une castration. On peut aussi noter qu’au Japon, le samouraï défait, donc déshonoré, se coupe le toupet, alors que dans plusieurs civilisations, les esclaves étaient facilement reconnaissables car ils étaient totalement rasés.
Dans cet esprit, il faut noter que dans de nombreuses religions à travers le monde et les âges, les prêtres, moines et autres hommes consacrés devaient se couper les cheveux en signe de soumission à Dieu et de renoncement aux plaisirs terrestres. Dans l’Égypte antique, les prêtres se rasaient totalement la tête, et les moines bouddhistes le font encore de nos jours. En Occident, pendant longtemps, les moines ne portaient plus qu’une tonsure aux symboliques multiples (on peut y voir, en plus des signes d’humilité et de soumission à Dieu, le symbole de la couronne d’épines du Christ).
Chez la femme, la situation est beaucoup plus simple : la chevelure, c’est son arme de séduction massive. Couronne capillaire qui orne le front, elle parachève la beauté au féminin. C’est une parure, naturelle certes, mais que l’on peut travailler à sa guise de sorte qu’elle devient un outil à manier pour attirer le regard et susciter l’envie. Érotiques, les cheveux ? Sans aucun doute.
Déjà dans les textes de la mythologie, la chevelure féminine fait partie des charmes naturels de la femme. Déesses, nymphes et autres personnages féminins sont toujours parés de beaux cheveux. Au fil des siècles, les écrits et les traditions ont toujours insisté sur la sensualité provocante des chevelures féminines. Celles-ci ne sont-elles pas par exemple l’atout des sirènes séductrices qui causent la perte des hommes qui ont le malheur de croiser leur chemin en les entraînant dans les fonds des mers ? Ainsi, dans la mythologie germanique, la Lorelei, assise sur un rocher dominant le Rhin, soigne ses longs cheveux blonds avec un peigne en or en attendant d’attirer ses prochaines proies grâce à ses chants envoûtants…
La contrepartie de cet atout de séduction, c’est que les hommes ont depuis longtemps voulu contrôler la chevelure féminine. Dans ce domaine, toutes les religions ont mis leur grain de sel dans le règlement du comportement que les femmes devaient avoir vis-à-vis de leur chevelure dans la vie en société. Il en résulte que les femmes doivent cacher leurs cheveux, pour deux raisons distinctes : soit il s’agit d’éviter à l’homme la tentation de désirer une femme, soit il s’agit de cacher sa chevelure aux yeux de tous pour en réserver la jouissance au mari légitime. La solution peut être le voile qui, loin d’être réservé aux femmes musulmanes, fut longtemps porté par les chrétiennes pour rentrer dans les églises, ou la perruque, pratique retenue dans certaines communautés juives orthodoxes.
Et quid de la longueur ? Contrairement aux hommes, la réponse est simple : une femme doit avoir les cheveux longs. Les cheveux courts sont un signe de soumission ou de punition. Ainsi, avant de rentrer au couvent, les jeunes filles se faisaient couper les cheveux, signe de l’abandon de la coquetterie et des écarts qu’elle suppose, pour mieux se consacrer à Dieu. Quant à la punition, il y a plusieurs cas dans l’Histoire. La dernière fois, ce fut après la Libération en 1945, lorsque les femmes reconnues coupables de collaboration furent tondues sur la place publique.
Mais les femmes ont aussi osé braver les interdits, les traditions et les croyances. Les cheveux courts pour une femme, c’est un acte de rébellion, d’indépendance, de prise de liberté. Jeanne d’Arc vient bien sûr immédiatement à l’esprit, elle qui mena en guerrière les troupes françaises contre les Anglais et permit à Charles VII de reprendre le trône de France. Mais on peut aussi penser à la mode des coupes à la garçonne dans les années 1920, période où les femmes, qui ont acquis une certaine liberté pendant que les hommes étaient au front pendant la Première Guerre mondiale, ont bien l’intention de maintenir cette nouvelle indépendance.
Avec tout cela, on pourrait finir par penser sérieusement que la chevelure féminine dispose en elle d’une certaine force menaçante. Une conclusion à laquelle les Grecs, déjà, semblent être parvenus, comme le rappelle la triste histoire de Méduse. Selon la légende, cette sublime jeune fille fut remarquée par Poséidon, qui ne put résister à ses charmes. Il la viola dans le temple d’Athéna, qui, outrée de cet affront, transforma, pour se venger, la jeune fille en une créature hideuse, et ses cheveux devinrent des serpents. Ils attiraient ainsi les regards, mais gare à celui qui croiserait les yeux de Méduse, il serait immédiatement pétrifié.
Lorsque les arts en rajoutent une couche…
Entre les textes et les traditions, les cheveux féminins étaient déjà l’objet d’incroyables fantasmes. Les arts figuratifs, de la peinture au cinéma, vont encore renforcer leur puissance évocatrice. Dans la peinture, la chevelure féminine est le principal trait qui caractérise la féminité du sujet dépeint. Alors qu’il s’agit d’un caractère sexuel secondaire, les cheveux deviennent l’expression exacerbée de la féminité. Peut-être parce qu’il s’agit du seul poil féminin visible, le reste étant élégamment caché par une main, un voile ou une branche feuillue placée juste là où il faut ? Pas étonnant dans ces conditions que les cheveux cachent autant qu’ils suggèrent…

Marie-Madeleine, la femme poilue
Dans l’iconographie des saints catholiques, Marie-Madeleine est facilement reconnaissable : c’est une femme aux cheveux roux si longs qu’ils lui recouvrent entièrement le corps (ce qui tombe bien puisqu’elle est nue en dessous). Pécheresse, elle ne doit son salut qu’au fait d’avoir essuyé les pieds du Christ avec ses cheveux…


Au fil des siècles, des représentations stéréotypées se sont imposées. Ainsi, Ève, censée être la première femme et la première tentatrice, est souvent représentée les cheveux longs et détachés. Tout comme dans la vraie vie, les peintres opposeront donc la femme de petite vertu, aux cheveux détachés, à la femme respectable, aux cheveux attachés. Souvent, les cheveux des femmes ne sont pas le cœur du tableau, mais ils font l’objet d’un soin particulier dans la recherche esthétique du peintre, pour mettre en valeur la féminité du sujet et le désir masculin que la vue d’une belle chevelure, attachée ou non, peut susciter. On vous laisse profiter de votre prochaine sortie au musée pour vous amuser à observer les cheveux des femmes et leur puissance évocatrice dans les tableaux que vous croiserez !
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