Devenez le héros de votre vie !
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Description


Frank Underwood, Walter White, Don Draper, Tywin Lannister, Dr House... les héros des nouvelles séries TV sont devenus une part de nous-mêmes et de notre quotidien.



Sur un ton décalé, parfois grinçant, Yaël Gabison propose 30 leçons empruntées à ces nouveaux héros pour reprendre les rênes de nos vies professionnelles et personnelles et arriver enfin à ce que nous voulons !




"Une mauvaise décision, c'est mieux que pas de décision du tout."

Tony Soprano





  • Protéger ses arrières


  • Se préserver


  • Gagner


  • Trancher


  • Se dépasser


  • Savoir s'entourer

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 avril 2016
Nombre de lectures 65
EAN13 9782212036510
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait


Tony Soprano





  • Protéger ses arrières


  • Se préserver


  • Gagner


  • Trancher


  • Se dépasser


  • Savoir s'entourer

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Frank Underwood, Walter White, Don Draper, Tywin Lannister, Dr House… les héros des nouvelles séries TV sont devenus une part de nous-mêmes et de notre quotidien.
Sur un ton décalé, parfois grinçant, Yaël Gabison propose 30 leçons empruntées à ces nouveaux héros pour reprendre les rênes de nos vies professionnelles et personnelles et arriver enfin à ce que nous voulons !


Yaël Gabison est fondatrice du cabinet conseil en leadership international Smartside. Journaliste de formation, ex-directrice marketing, ex-auteure pour la télévision. Depuis 2011, elle développe des approches storytelling et créativité au service de la performance professionnelle en s’appuyant sur les techniques utilisées par les auteurs de séries TV.
Leçon 1. Préférez être un bon numéro 2 | Leçon 2. Ayez l’esprit de corps | Leçon 3. Protégez votre territoire | Leçon 4. Arrêtez de vous faire des films | Leçon 5. Faites profil bas en attendant votre heure ! | Leçon 6. Pensez d’abord à vous | Leçon 7. Pour durer, ne brillez pas | Leçon 8. Ne cherchez pas à vous faire aimer | Leçon 9. Choisissez le pouvoir ! | Leçon 10. Affirmez-vous, et puis c’est tout ! | Leçon 11. Imposez le respect | Leçon 12. Laissez une trace | Leçon 13. Choisissez la bonne place | Leçon 14. Mentez vrai | Leçon 15. Tournez la conversation à votre avantage | Leçon 16. Sachez vous la raconter | Leçon 17. Dans certains cas, fermez-la ! | Leçon 18. Quels qu’ils soient, faites des choix | Leçon 19. Agissez ! | Leçon 20. Achevez ou pardonnez, mais pas les deux ! | Leçon 21. Faites bon usage de la guillotine | Leçon 22. Inventez-vous | Leçon 23. Voyez grand | Leçon 24. Avancez ou mourez | Leçon 25. Gagnez avec la liberté d’un perdant | Leçon 26. Méfiez-vous de vos amis plus que de vos ennemis | Leçon 27. Apprenez à détecter le mensonge | Leçon 28. Entourez-vous de méchants | Leçon 29. Lâchez vos compagnons de galère | Leçon 30. Constituez-vous une garde rapprochée
Yaël Gabison
Devenez le héros de votre vie !
30 LEÇONS DE LEADERSHIP DES HÉROS DE SÉRIES TV
Groupe Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com

Du même auteur chez le même éditeur :
– Boostez vos présentations avec le storytelling.
– Animer des réunions de créativité .
Avec la collaboration de Géraldine Couget
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2016
ISBN : 978-2-212-56440-2

« Les dangers de la vie font sa valeur. Le véritable héros est celui qui relève le gant quand toutes les chances sont contre lui. »
Eschyle
SOMMAIRE

Introduction
P ARTIE 1. PROTÉGER SES ARRIÈRES
L EÇON 1. Préférez être un bon numéro 2
Le syndrome de l’éternel second
L EÇON 2. Ayez l’esprit de corps
Les cercles du pouvoir
L EÇON 3. Protégez votre territoire
Savoir dire non
P ARTIE 2. SE PRÉSERVER
L EÇON 4. Arrêtez de vous faire des films
Nos peurs sont dans nos messages contraignants
L EÇON 5. Faites profil bas en attendant votre heure !
User du coup de gueule à bon escient
L EÇON 6. Pensez d’abord à vous
L’égoïsme positif
L EÇON 7. Pour durer, ne brillez pas
Les leviers d’influence du monde
L EÇON 8. Ne cherchez pas à vous faire aimer
Gentil n’a qu’un œil
P ARTIE 3. S’AFFIRMER
L EÇON 9. Choisissez le pouvoir !
L’art de faire les bons choix
L EÇON 10. Affirmez-vous, et puis c’est tout !
La « beyond » attitude
L EÇON 11. Imposez le respect
Petit guide des bonnes manières pour en imposer
L EÇON 12. Laissez une trace
Réussir, c’est savoir partager ce que l’on est
P ARTIE 4. GAGNER
L EÇON 13. Choisissez la bonne place
Dis-moi où tu te mets, je te dirai qui tu es
L EÇON 14. Mentez vrai
Bien choisir son mensonge
L EÇON 15. Tournez la conversation à votre avantage
L’écran de fumée au poker
L EÇON 16. Sachez vous la raconter
Avec quel cerveau vous percevez la réalité ?
L EÇON 17. Dans certains cas, fermez-la !
Churchill, Premier ministre parce qu’il se tait !
P ARTIE 5. TRANCHER
L EÇON 18. Quels qu’ils soient, faites des choix
L’émotion dans les décisions
L EÇON 19. Agissez !
La CNV : un booster de courages
L EÇON 20. Achevez ou pardonnez, mais pas les deux !
Dark Vador, ou quand la demi-mesure engendre le pire des méchants
L EÇON 21. Faites bon usage de la guillotine
Soyez tranchant, jamais humiliant
P ARTIE 6. SE DÉPASSER
L EÇON 22. Inventez-vous
Le pouvoir de l’identification
L EÇON 23. Voyez grand
Les mad skills, laissez parler votre « vrai moi »
L EÇON 24. Avancez ou mourez
La visualisation, « Success it’s a mind game »
L EÇON 25. Gagnez avec la liberté d’un perdant
Steve Jobs, le beautiful loser !
P ARTIE 7. SAVOIR S’ENTOURER
L EÇON 26. Méfiez-vous de vos amis plus que de vos ennemis
Cherchez des alliés, pas des amis !
L EÇON 27. Apprenez à détecter le mensonge
5 trucs non verbaux pour confondre les dissimulateurs
L EÇON 28. Entourez-vous de méchants
Faire la différence entre bons et mauvais méchants
L EÇON 29. Lâchez vos compagnons de galère
Lâchez du lest en quatre étapes !
L EÇON 30. Constituez-vous une garde rapprochée
La fidélité, ça se teste
Épilogue
Remerciements
Le bréviaire des héros
Bibliographie
Index
INTRODUCTION
Les séries et nous
Comme le souligne Elizabeth Burns 1 , docteur en philosophie religieuse, l’analogie entre le théâtre et la vie remonte à Platon. La fiction était alors une copie, un condensé de réalité forcément plus intense, plus caricatural que l’original. Cette création issue de la vraie vie permettait de prendre de la distance, du recul pour mieux réfléchir à ses propres angoisses, problèmes ou encore découvrir de nouvelles façons de penser et de vivre.
Depuis Platon, il s’est passé beaucoup de choses dans le domaine de la fiction, notamment l’apparition d’un nouveau style sur lequel personne n’aurait mis un kopek il y a à peine soixante-dix ans : les séries TV. Et pourtant, en silence et avec une grande détermination, ce genre à part s’est installé et conquiert, aujourd’hui, tous les publics. L’histoire des séries TV ne date pas d’hier. Elle comporte quatre grandes périodes depuis sa création qui permettent de comprendre pourquoi elles ont pris tant d’importance, jusqu’à devancer le cinéma dans l’échelle de nos loisirs.
Previously , dans l’histoire des séries TV…
Les origines
À leur début, en 1948, les séries TV n’étaient ni aussi élaborées ni aussi subtiles que celles que nous connaissons aujourd’hui. Elles parlaient d’imbroglios amoureux niais et suivaient la trame simplissime du fameux roman-photo, grand mètre étalon de cette époque. Ultra policées, elles étaient régies, comme le cinéma jusqu’en 1966, par le code Hays. Une bible de la censure, établie par le sénateur William Hays, président de la Motion Pictures Producers and Distributors Association. Son but : imposer une rigueur morale exemplaire à tout ce qui sortirait d’Hollywood, pas de nudité, pas de déviance sexuelle, pas de crime, pas de lieux de débauche… Simple, puritain et radical ! En régissant ainsi toute la production cinématographique et télévisuelle américaine, ce code, rédigé par des ecclésiastiques, marquera toutes les fictions de cette période et, par là, la façon dont on racontera désormais les histoires. Autres caractéristiques structurelles des premières séries, elles étaient radiophoniques et payées par Procter and Gamble, Colgate Palmolive et autres lessiviers qui lavent plus blanc. Les ancêtres de nos Dexter , Sex and the City et Friends s’appelaient d’ailleurs des soap operas . Comme leurs noms l’indiquent, ils étaient destinés à vendre du savon et à équiper les ménagères de moins de 50 ans en produits à récurer et autres attributs du bonheur en poudre des années 1950. Les publicitaires avaient déjà compris bien avant tout le monde qu’une bonne histoire ferait mieux vendre que n’importe quel discours scientifique. Avec une genèse pareille, coincée entre le puritanisme et la réclame, les séries étaient plutôt mal parties !
Exit le code Hays !
Début des années 1980, tout bascule avec la première série qui ressemblera davantage, en termes de narration, à ce que nous connaissons aujourd’hui qu’au soap des années 1950 : l’énormissime Dallas ! À l’époque, nous ne le savons pas encore, cette fiction révolutionnera notre façon de consommer la télévision grâce à une nouvelle manière de raconter des histoires : l’intrigue feuilletonnante, comme disent les experts. C’est-à-dire une problématique qui se résout au fur et à mesure des épisodes, sur plusieurs saisons, donc plusieurs années. Le principe de la série telle que nous la regardons était né ! Autre nouveauté de taille, les scénaristes osent aborder des sujets qui fâchent à des heures de grande écoute : l’argent et les problèmes de famille. Autre Big Bang télévisuel pour cette série qui, décidément, les cumule : l’apparition, pour la première fois, d’individus ambigus et amoraux comme personnages principaux. En effet, comment parler de la « série TV » sans citer le premier héros « mauvais genre » mais tellement humain de la télé : l’incroyable JR Ewing ? Mauvais comme une teigne, pour qui rien n’est plus important que le pouvoir et l’argent, même pas, surtout pas, la famille, John Ross se bat contre le cartel du pétrole pour récupérer la plus grosse part de gâteau, mais aussi contre son frère pour lui ravir l’empire familial. Pas nouveau, me direz-vous ? Certes, puisque Caïn était bien le premier JR Ewing de ce monde, mais en se montrant aussi impitoyable, le patriarche des personnages modernes télévisuels aura bel et bien marqué une nouvelle ère de la fiction. Pour la première fois, on s’identifiera, on tremblera, on détestera, on adulera, un héros de fiction comme celui-là… Un type qui ne se laisse pas faire et qui flingue si on le mord ! Une sacrée brèche dans nos valeurs judéo-chrétiennes et un gros coup de pied dans le code Hays.
La vraie vie
À partir de 2001, une nouvelle période dans l’histoire des séries TV voit le jour, et, bien sûr, l’actualité y est pour beaucoup ! Les Twin Towers se font réduire à néant, l’Amérique est touchée au cœur, aux tripes et aussi au cerveau droit. Sa créativité et son patriotisme sont entachés d’un nouveau doute, celui qui survient toujours après un vrai traumatisme. Sommes-nous toujours les Supermen du monde, intouchables, magnanimes, capables de tout contrôler ? Pouvons-nous continuer à raconter des histoires où les gentils gagnent toujours à la fin, où l’Amérique sauve le monde ? Aurons-nous encore la crédibilité de proposer de grandes fictions dans lesquelles la paix revient sur le monde quand on sait y faire le ménage ? Plus si sûr. Ces remises en question se voient d’abord et surtout dans les séries. Notamment avec 24 Heures Chrono , la première fiction qui propose de suivre son héros dans une unité de temps parfaite. Cet artifice de narration aura pour conséquence de mettre le spectateur dans la même position que le personnage principal, l’incroyable Jack Bauer, déclenchant ainsi un profond sentiment d’incertitude et de non-maîtrise de ce qui se passe. Une nouveauté qui marquera un tournant (encore un !) dans la vie des séries, les obligeant à se réinventer, à s’adapter. Elles le feront alors avec brio en se remettant à leur juste place, celle qui consiste à accompagner la vraie vie des gens. Après tout, n’oublions pas que toutes ces aventures se regardent d’un lieu du quotidien : le salon ou la chambre à coucher. Histoires ordinaires de gens ordinaires… un mantra qui démarre une flopée de nouvelles séries dites « réalistes » comme Grey’s Anatomy , Dr House , Lost , Les Experts , NYPD , Les Soprano … Des séries qui parlent des problèmes quotidiens et de gens vrais dans leur milieu naturel : l’hôpital, le commissariat, un cabinet d’avocat… Pas de grands discours, pas de morale. Juste la vie, brutale, froide, en tranches plutôt réalistes qui mettent en scène ce que l’on connaît par cœur. Le monde idéal tel qu’il était montré à la télé auparavant n’existe plus. Bienvenue dans un monde où, faute de parler de grandes batailles devenues aujourd’hui si déloyales, si lointaines et compliquées, on parlera de la vie de tous les jours.
L’enfer et ses doutes
Le quotidien international devient de plus en plus difficile. 2008 est une année noire en économie. Elle sera le nouveau et dernier tournant des séries TV. Après l’armée, les grandes puissances mondiales, la famille, la solidarité, c’est au tour d’une nouvelle institution de chuter brutalement : la banque ! Une nouvelle ouverture pour les scénaristes de fictions. Désormais, ils n’ont plus ni censures ni limites et s’attaquent à tous les univers auxquels on s’accrochait jusqu’ici. Ils dézinguent l’éducation avec Breaking Bad , la police mais, surtout, la notion de justice dans Dexter , le couple dans The Affair ou le genre et la famille dans Transparent . Ils pourrissent les Trente Glorieuses dans Mad Men . Ils nous font sentir de très près l’odeur nauséabonde des milieux que l’on savait déjà gangrénés, comme la politique dans House of Cards , la production musicale dans Empire ou encore la prison dans Orange is the New Black .
« Aujourd’hui, plus rien n’est certain et tout de ce qu’on vous a raconté avant n’existe pas », semblent nous dire les séries TV. Histoire de nous perdre encore un peu plus dans nos repères. Histoire surtout que nous nous posions, enfin, des questions et qu’il se passe quelque chose dans ce monde !
La fiction, c’est la réalité
L’énorme bouleversement des séries a bien eu lieu durant ces huit dernières années. Un nouveau réalisme est né et la frontière entre fiction et réalité ne tient plus qu’à un fil. Frank Underwood, le héros de House of Cards, nous dirait peut-être que c’est juste une question de point de vue. Et nous l’écouterons, car les héros des nouvelles séries TV sont devenus une part de nous-mêmes, de notre quotidien. Il faut dire que les nouvelles séries sont si bien réalisées, filmées et jouées qu’elles nous touchent encore plus qu’avant. Les réalisateurs, les scénaristes et les acteurs qui nous ont fait rêver au cinéma ont investi ce nouveau genre, pour nous transporter chez nous, à la TV. Venus pour tout oser, tout casser et mettre leur génie au service de ce nouveau réalisme, David Fincher, Jane Campion, Ridley Scott, Woody Allen, Kevin Spacey, et j’en passe, sont devenus nos mentors, nos guides, nos héros, nos compagnons de route et nos références du petit écran.
Outre le fait que nous les regardons trois heures par jour en moyenne, leurs chagrins, leurs joies, leurs horreurs, leurs petits secrets, nous permettent de vivre les nôtres sans risque. En effet, cet enracinement des séries dans les entrailles de la réalité et dans le quotidien de l’être humain renforce notre pouvoir d’identification. Qu’ils soient bons ou mauvais, ils nous font si bien entrer dans leur intimité que nous partageons leurs doutes, leurs joies, leurs défis moraux sans retenue. Ils nous confrontent de plein fouet à nos propres instincts et à notre nature. Ils nous montrent la voie pour reprendre le contrôle de nos vies.
En cela, les héros de ces nouvelles fictions font ce que nous n’osons pas, ou plus, faire. Ils nous montrent une nouvelle voie : celle qui consiste à reprendre les rênes de notre vie. Même si ça n’est pas facile, même si on ne gagne pas toujours à la fin, même s’il faut faire des choses qu’on n’aurait pu imaginer, ils nous encouragent à savoir ce que l’on veut et à faire en sorte de l’obtenir ! Même s’ils sont souvent « limite », nous nous adaptons de mieux en mieux à ces nouveaux héros. Comme s’ils étaient nos doubles, nos frères, des avatars qui vivent, prennent les coups à notre place, ils nous inspirent ou nous dégoûtent. Ils sont comme ceux qui, quand nous étions petits, nous ont fait grandir dans les contes de fées. Ces héros-là nous permettent de faire face à la vraie vie en nous emmenant dans des extrêmes que nous aurions pu atteindre, dans des sentiments que nous pourrions vivre ou faire vivre.
Aujourd’hui, les héros des séries TV sont une partie de nous, celle qu’on ne connaît pas ou celle qu’on n’ose pas voir, nous les observons de loin. Souvent pour savoir jusqu’où nous n’irons jamais, pour nous faire peur, pour nous encourager ou encore pour nous habituer à tout ce qui viendra. Ils sont comme un paravent à la réalité pour mieux l’affronter… Heureusement, la fiction nous rappelle toujours la morale et fait écran à nos pulsions pourries. Cependant, à les regarder de trop près, attention qu’ils ne deviennent pas nos nouveaux modèles.
Le thème de ce livre n’est pas les séries télé !
Cela fait quelques années que j’avais envie d’écrire ce livre. Il me revient à l’esprit à chaque fois que je n’ai pas pu décider, chaque fois que j’ai laissé filer une opportunité ou une bataille dans laquelle j’aurais dû me jeter. À 7 ans déjà, je doutais de la justesse de certains contes de fées. J’ai toujours trouvé quelque chose de louche dans le comportement passif de Cendrillon. Quand on y réfléchit, à force d’attendre son prince charmant, elle aurait vraiment pu passer le reste de sa vie à frotter les parquets de ses vilaines belles-sœurs. Qu’elle ait eu une sacrée chance ou de sublimes escarpins, j’ai toujours trouvé ça un peu mince comme assurance sur l’avenir. Je me suis toujours dit que le vrai message de ce célèbre conte de fées était plutôt : « Prends-toi en main, va t’acheter une robe et sors parce que personne ne viendra te chercher sur le bord du trottoir ! » ? Et que la fée Marraine était une matérialisation de notre petite voix bienveillante et intérieure qui nous dirait : « Prends-toi en main, Firmin, sinon il ne t’arrivera rien ! »
En résumé, très tôt, j’avais repéré qu’il y avait deux catégories d’êtres humains : ceux qui font ce qu’il faut pour y arriver et ceux qui suivent et attendent que ça arrive. Les premiers réussissant, bien évidemment, beaucoup mieux que les autres. Plus je grandissais, plus je comprenais qu’en ne se prenant pas en main, on laisse gagner la première catégorie, en repartant toujours déçus et bredouilles, même s’il y aura toujours quelqu’un pour nous dire que ce n’est pas grave et qu’un beau jour la chance tournera en notre faveur. Longtemps, j’ai été de ceux-là. Un jour, tout a changé pour moi. Ce jour-là, une de mes lointaines connaissances me voyant dépitée de ne pas avoir eu ce que j’attendais et, surtout, de m’être fait avoir comme une bleue, m’a regardée droit dans les yeux et m’a lancé brutalement : « Écoute, on ne se connaît pas beaucoup, mais il faut que tu comprennes une fois pour toutes qu’on ne vit pas dans le monde des Bisounours. Alors, cesse de regarder le train passer et va chercher ce que tu veux. Avec les dents, s’il le faut ! » Choquée, je me suis tout de suite dit : « Quelle vilaine expression, nous ne sommes ni des sauvages ni des guerriers, quand même ! Cette fille est dingue ! » Mais peu de temps après, tout s’est éclairé et a pris son sens grâce à JR Ewing et à d’autres héros de séries. Ces personnages m’ont définitivement fait comprendre que les choses n’étaient peut-être pas aussi simples et manichéennes que nous l’avait fait croire notre amie Cendrillon. Je réalisais que toutes ces années de questionnements, de doutes, d’attente avait une réponse très concrète dans des fictions de cinquante-deux minutes. Cette épiphanie télévisuelle a eu un retentissement colossal sur ma vie professionnelle et relationnelle. Comprendre et voir concrètement comment ça se passe lorsqu’on se bouge et que l’on reprend son destin en main m’a fait sortir de ma naïveté et de ma torpeur. J’ai réalisé qu’en partageant avec nous leurs doutes et recettes pour arriver à leurs fins, ces personnages de fiction nous apportent des solutions uniques. Ils nous éclairent sur la façon dont marche le monde, et, en cela, ils nous permettent de nous positionner. Sans tout prendre, j’ai donc observé avec minutie leurs réactions, décisions, comportements pour aujourd’hui en partager quelques-uns dans ce livre. Car ce que nous apprennent ces personnages, c’est de mieux naviguer dans ce monde pour devenir ou redevenir le héros de sa propre vie.
Les héros des nouvelles séries, des antihéros ?
La définition stricto sensu du héros est : « Personnage principal d’une histoire. » En lisant cette définition, on se rend vite compte qu’elle représente la totalité de ce que nous devrions être, c’est-à-dire des acteurs à part entière de notre propre histoire.
Les personnages cités dans ce livre ne font partie d’aucune catégorie spécifique, ils ne sont certainement pas de superhéros aux pouvoirs surnaturels que nous adorons regarder mais que l’on oublie aussi vite que nous les avons aimés. Au contraire, ils sont, comme vous et moi, de simples mortels qui essaient de s’en sortir dans un monde complexe. Les héros de ce livre appartiennent à une trempe et à un genre qui ne datent pas d’hier : ceux des héros humains. Ils ont constitué de véritables modèles de construction psychologique pour des civilisations entières. Issus directement des mythes fondateurs, ces protagonistes aux comportements « très normaux » remplissent les récits de L’Iliade , de L’Odyssée et autres légendes célèbres. Par exemple, « Hercule » qui représente un idéal de force et de bravoure, quand on y regarde de plus près, possède le caractère et l’attitude du type normal perclus de doutes et torturé par ses pulsions colériques… qu’il apprendra à maîtriser.
Dans la littérature, par exemple, il y a toujours eu ce type de personnages. Que ce soit Antigone, Emma Bovary, Julien Sorel ou encore Bel-Ami, ces héros ont été autre chose que des excitées, des garces ou des arrivistes romanesques. Ils représentent les archétypes d’individus perdus dans leur siècle, mais surtout dans leur vie, qui avaient le droit à bien plus que ce qu’ils possédaient. Ils ont, d’ailleurs, tout fait pour atteindre leurs objectifs. Au XXI e siècle, ces esprits tourmentés, ces ambitieux positifs trouvent leurs héritiers naturels dans les nouveaux héros des séries TV. Certes, ces derniers sont encore plus radicaux, quelquefois, sans scrupule ou trop cyniques, mais ils restent plus que jamais déterminés et n’hésitent pas à mettre tous leurs talents au service de leur but ou de leurs désirs. Il est bien fini le manichéisme pré-années 1980, ces nouveaux héros pourront aussi bien être des salauds, des sales types que des gens normaux, des pauvres types, des geeks ou des attardés. Ils seront autant désarmés face à l’amour, à l’injustice ou à la mort qu’opiniâtres et intraitables lorsqu’ils en ont besoin. Avec toutes leurs qualités et leurs défauts, ils font des audiences maximales sur toute la planète. C’est bien qu’ils ont quelque chose à nous apprendre ou à nous montrer.
Les héros de séries TV cités dans ce livre
Chaque leçon proposée dans ce livre est tirée d’une réplique d’un personnage de série télé. Les séries que j’ai choisies ont toutes connu un succès mondial. Il me semblait important de montrer que les recettes de leurs personnages principaux sont universelles, qu’elles ne sont pas un obscur phénomène isolé. En cela, elles sont intéressantes et peuvent nous apporter beaucoup dans notre quotidien. Véritable vague de fond, voici un mini résumé de qui est qui, mais aussi un rappel du « pitch » de la série pour ceux qui seraient passés à côté ou qui auraient besoin d’un petit rafraîchissement.
Breaking Bad et Walter White
Dieu seul sait de quoi nous sommes vraiment capables quand nous sommes au pied du mur. Qui aurait pu soupçonner qu’en Walter White, ce gentil professeur de chimie aux cravates élimées de la série Breaking Bad , sommeille un conquérant sans scrupules ? Condamné par un cancer des poumons détecté trop tard, alors que sa femme est enceinte, que son fils est handicapé et qu’il croule sous les dettes, « Walt » décide de mettre les siens à l’abri du besoin avant de passer l’arme à gauche. Pour cela, il met ses talents de chimiste au service d’une activité qui peut rapporter gros en peu de temps : la fabrication de méthamphétamine. Un bien vilain métier dédouané par une belle et noble cause… Le plus surprenant, c’est qu’il y prend goût ! À mesure que le pouvoir et l’argent montent à la tête de Walter White, le héros ou plutôt le héros « pourri » de Breaking Bad , perd de vue son objectif initial – sauver sa famille – pour devenir esclave de l’argent et du pouvoir, dans cette nouvelle vie de producteur-dealer de méthamphétamine dans laquelle il s’est lancé.
Cette série a duré cinq saisons et s’est arrêtée en 2013.
Empire et Lucious Lyon
Empire nous fait entrer dans les coulisses des maisons de production américaines avec ce qu’elles ont de meilleur – la découverte d’un nouvel artiste, les enregistrements féeriques, les concerts – et ce qu’elles ont de pire – l’argent, l’excès, la démesure, les coups bas… Lucious Lyon est le personnage principal de la série. Celui autour de qui tournent toutes les intrigues. Mais qui est vraiment Lucious Lyon ? Homme d’affaires multimillionnaire, rappeur hors pair, père aimant ou escroc, arriviste et tueur ?
Inspiré par diverses figures réelles de rappeurs, de producteurs ou de politiciens au casier chargé, Lucious Lyon est surtout l’archétype d’un personnage qui s’est construit dans l’adversité. Il est entouré d’une famille haute en couleur : ses trois fils et son ex-femme contre qui il se bat ou fait des alliances en fonction de ses objectifs pour arriver à rester aux manettes ! À Hollywood, où l’on n’a jamais craint d’en faire trop, c’est le background idéal pour se construire une vie de luxe et de rêve ! Empire est un Dallas du XXI e siècle dans lequel on se serait débarrassé de Bobby, le gentil de la bande.
Les Soprano et Tony Soprano
Pour ceux qui aiment les histoires mafieuses, Les Soprano est LA série du XXI e siècle. Diffusée pour la première fois entre 1999 et 2007, la série comprend 85 épisodes. Plongeant dans les entrailles de la Mafia, elle raconte l’histoire de Tony, un gars qui hérite du business (drogue, proxénétisme, strip-tease, et autres joies du Milieu) de son père et qui va tout faire pour le moderniser. Jusqu’ici, presque rien de nouveau ! C’est sans compter sur l’aspect psychologique du personnage. Coincé entre un héros de Woody Allen, le mafieux de Mafia Blues et Le Parrain, Tony Soprano est une brute sensible, qui est en proie au doute mais aussi à tous les vices et dont la plus grande bataille est… sa mère, Livia.
Inspiré par la vie de David Chase, lui-même italo-américain, en thérapie pendant de longues années, le personnage de Tony Soprano est un monument de complexité. Son autorité et son pouvoir sont parfois remis en cause par d’autres mafiosi, subalternes ou non, ce qui l’oblige alors à user de sa brutalité légendaire ou de son talent stratégique, selon les cas. Plein de distance et d’ironie, il se présente comme un conseiller dans le business du traitement des déchets.
La série comptera six saisons.
Orange Is the New Black et Red
Orange Is the New Black est une série entièrement conçue autour des relations et de la vie des détenues dans une prison pour femmes. Red n’est pas le personnage principal d’ Orange Is the New Black , mais l’une des détenues qui gravitent autour de Piper Chapman. Red est surtout prête à tout pour garder son fief à la prison : la cuisine. Elle mène cette activité d’une main de fer – et à grand renfort de teintures rouges introduites dans la prison par un petit business de contrebande bien huilé. Toque de cuisine posée sur sa crinière écarlate, rouge à lèvres et vernis à ongles impeccables, regard dur, manches retroussées, on la dirait tout droit sortie d’une bonne vieille affiche de propagande soviétique des années 1980. Mother Russia , c’est elle : orgueilleuse, protectrice… dévastatrice. Orange Is the New Black en est à sa quatrième saison aujourd’hui.
Dexter et Dexter Morgan
Est-il vraiment besoin de présenter Dexter ? Analyste en médecine légale spécialisé dans les traces de sang le jour, et serial killer la nuit, c’est l’archétype du gendre idéal que l’on regrette ensuite, lorsqu’il est parti avec la baby-sitter. Froid, lisse, très intelligent et très perturbé, Dexter s’y connaît en dissimulation et en recherche de la vérité : qu’il s’agisse de manipuler ou de faire apparaître la vérité, c’est un expert en psychologie, qui connaît les sombres tréfonds de notre âme… Traumatisé dans sa plus tendre enfance par le meurtre de sa mère, il a été ensuite recueilli par un officier de police de Miami. Il se dit incapable de ressentir la moindre émotion, sauf lorsqu’il satisfait des pulsions meurtrières que son père adoptif lui a appris à canaliser.
La série s’est arrêtée en 2013 après huit saisons.
True Detective et Rust Cohle
True Detective est un ovni télévisuel comme il en atterrit peu sur notre planète TV. La première saison raconte l’enquête sordide de deux policiers, Martin Hart et Rust Cohle, chargés d’élucider le meurtre à caractère rituel d’une jeune fille de la région, ligotée, mutilée et tatouée de motifs sataniques. Mais le vrai sujet de la série est davantage orienté autour de la relation, de la vie et des états d’âme

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