Heureux au boulot avec la sophrologie
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Description


Vous êtes stressé, anxieux, sous tension...

Et si la sophrologie pouvait vous aider ?



Précieux outil pour renouer avec soi-même et harmoniser ses émotions, son corps et ses pensées, la sophrologie vous permettra d'aborder plus sereinement des situations difficiles et de mieux mobiliser vos ressources personnelles.



Céline Desmons vous guide sur ce chemin et vous propose un programme personnalisé avec :




  • 12 séances pour s'initier et s'entraîner pas à pas


  • des exercices express de relaxation et de détente pour progresser en situation


  • les bonnes habitudes pour allier équilibre personnel et efficacité au quotidien



Accessible, même si vous n'avez jamais fait de séances chez un sophrologue, cet ouvrage est accompagné d'illustrations et d'exercices audio qui vous feront éprouver immédiatement les bienfaits de cette pratique.




  • Comprendre la sophrologie


  • La sophrologie pas à pas : 12 séances pour un renouveau avec soi-même


  • Exercices express pour progresser en situation


  • Les bonnes habitudes pour allier équilibre personnel et efficacité au quotidien


  • Les réponses à vos questions pratiques

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 17 mars 2016
Nombre de lectures 24
EAN13 9782212259315
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0032€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Vous êtes stressé, anxieux, sous tension… Et si la sophrologie pouvait vous aider ?
Précieux outil pour renouer avec soi-même et harmoniser ses émotions, son corps et ses pensées, la sophrologie vous permettra d’aborder plus sereinement des situations difficiles et de mieux mobiliser vos ressources personnelles.
Céline Desmons vous guide sur ce chemin et vous propose un programme personnalisé avec : 12 séances pour s’initier et s’entraîner pas à pas des exercices express de relaxation et de détente pour progresser en situation les bonnes habitudes pour allier équilibre personnel et efficacité au quotidien
Accessible, même si vous n’avez jamais fait de séances chez un sophrologue, cet ouvrage est accompagné d’illustrations et d’exercices audio qui vous feront éprouver immédiatement les bienfaits de cette pratique.
Céline DESMONS est sophrologue et consultante en intelligence collective. Fondatrice de la société Desmons conseil, elle accompagne les entreprises dans le mieuxtravailler ensemble et le mieux-vivre au travail.
Céline Desmons
Heureux au boulot avec la sophrologie
Gérer son stress et renouer avec soi-même
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Enregistrements audio proposés en téléchargement

Pour la plupart des séances proposées dans la deuxième partie du livre, des enregistrements audio sont accessibles en téléchargement à l’adresse suivante : http://www.editions-eyrolles.com/dl/56275
Ce service est délivré à titre gratuit. Les émetteurs se réservent le droit de retirer ou de modifier cette possibilité sans préavis et en cas d’utilisations qui s’avéreraient sans commune mesure avec les ventes du livre. Les documents disponibles à télécharger restent la propriété de l’auteur qui les met à la disposition du lecteur pour son usage personnel ; en retour celui-ci s’engage à ne pas les diffuser ou à en faire un usage commercial sans l’accord de l’auteur et de l’éditeur.
Illustrations : © Hung Ho Tanh
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2016 ISBN : 978-2-212-56275-0
AVANT-PROPOS
Le travail constitue une part très significative de nos existences en termes de temps passé, mais ne procure que rarement un réel épanouissement. De nombreuses personnes souffrent même de stress professionnel, avec des répercussions physiques et mentales plus ou moins importantes.
Force est de constater que le monde du travail a changé ces dernières décennies… et non dans le sens du bien-être. Des pressions, internes et externes aux organisations, s’accumulent et peuvent conduire à une perte de sens et à un certain mal-être. Nos expériences de vie et notre personnalité participent également de la manière dont nous vivons le travail.
Mon intention, avec ce livre, n’est pas de passer en revue toutes les origines et conséquences de la souffrance au travail. Ce thème sera évoqué, certes, mais ce qui m’intéresse davantage, c’est de partager des méthodes et des techniques issues de la sophrologie, accessibles et facilement utilisables au quotidien. L’objectif est ici de faire découvrir cette discipline, pour accompagner tout un chacun dans la gestion de situations difficiles au travail, ou en prévention pour prendre soin de soi et de son bien-être. Cet ouvrage s’inscrit dans un principe d’action positive, tout comme la sophrologie elle-même, pour renforcer le positif en nous.
Mon parcours personnel m’a amenée pendant plus de dix ans à travailler en entreprise en tant que salariée à différents postes à responsabilités. Un parcours semé d’embûches et de stress qui m’ont affectée, mais qui ont été une véritable chance par ailleurs. Les questionnements qui en ont découlé m’ont incitée à repenser le travail, à bousculer les modes de management classiques, à réinventer la manière de travailler ensemble et à veiller au bien-être des collaborateurs.
Une quête personnelle passionnante qui s’est traduite par une reconversion. J’accompagne aujourd’hui les entreprises sur ces thématiques en tant que consultante indépendante et sophrologue. Mon champ d’intervention est donc celui de l’intelligence collective, du management agile et participatif, et du bien-être. Le fil rouge entre ces différentes activités ? Remettre l’humain au cœur de l’entreprise, contribuer à l’épanouissement de chaque collaborateur et laisser s’exprimer le potentiel de chacun. J’ai acquis la conviction que nous avions tous à y gagner : les collaborateurs les premiers, bien sûr (et c’est la visée humaniste au cœur de la démarche), mais les entreprises également car, nous le verrons, le bien-être au travail et la performance sont directement liés.
À travers cet ouvrage, j’ai souhaité en toute humilité être « un passeur » de techniques. Ce que j’ai découvert au fil de mes expérimentations personnelles, puis au cours des accompagnements réalisés auprès de collaborateurs, j’aurais aimé en bénéficier pour moi-même beaucoup plus tôt dans mon parcours professionnel. J’ai donc envie de transmettre ce que j’ai appris.
Aucune méthode ne peut, à mon sens, prétendre être un remède miracle pour régler toutes les situations difficiles. La sophrologie, pas plus qu’une autre discipline, n’est donc une sorte de baguette magique. Néanmoins, elle offre des résultats très intéressants, notamment dans le champ professionnel. En nous aidant à harmoniser nos pensées, nos émotions et nos comportements, elle favorise un certain équilibre. Elle permet de mieux mobiliser nos ressources personnelles et nous accompagne pour ne pas nous laisser envahir par le stress.
J’ai souhaité ici donner une première lecture de la sophrologie dans quelques-uns de ses aspects théoriques, mais surtout dans un certain nombre de pratiques. Il ne s’agit pas de se substituer à l’accompagnement par un sophrologue. L’idée est de susciter l’envie d’aller plus loin, si cette approche semble vous convenir à la lecture de ce livre.
SOMMAIRE

Avant-propos
Guide de lecture
PARTIE I Comprendre la sophrologie
1. Ses origines
2. Ses fondements
3. Ses indications et contre-indications
4. Ses apports face aux maux vécus au travail
5. Identifier et comprendre ses « stresseurs »
PARTIE II La sophrologie pas à pas : 12 séances pour un renouveau avec soi-même
Petit guide d’entraînement
Séance 1. Renouer avec son corps
Séance 2. Vivre pleinement sa respiration
Séance 3. Gérer son stress par le mouvement
Séance 4. Travailler… avec plaisir !
Séance 5. Se préparer à une épreuve professionnelle
Séance 6. Mobiliser ses ressources personnelles
Séance 7. Prendre soin de son sommeil… réparateur
Séance 8. Harmoniser ses émotions
Séance 9. Améliorer sa concentration et vivre l’instant présent
Séance 10. Renforcer le positif en nous
Séance 11. Voir les choses avec un œil neuf
Séance 12. S’entraîner à la relaxation dynamique du premier degré
PARTIE III Exercices express pour progresser en situation
1. Exercices de respirations calmantes
2. Exercices de détente corporelle et émotionnelle
3. Exercice de futurisation
PARTIE IV Les bonnes habitudes pour allier équilibre personnel et efficacité au quotidien
1. Prendre du temps pour soi
2. Se doter de réflexes et d’outils zen au travail
PARTIE V Les réponses à vos questions pratiques
1. Les séances de sophrologie : en groupe ou en individuel ?
2. Comment choisir son sophrologue ?
3. La sophrologie en entreprise aujourd’hui
Conclusion
Bibliographie
Index
Table des matières
GUIDE DE LECTURE
La première partie du livre aborde les origines et les fondements de la sophrologie, ses domaines d’application et ses apports, plus particulièrement dans le domaine de la vie au travail.
La deuxième partie propose un parcours de découverte avec des séances par thématique (le schéma corporel, la mobilisation de ses ressources, le sommeil…), à réaliser d’abord chez soi pour s’entraîner, puis à reproduire au travail, soit telles quelles, soit avec des adaptations. Pour la plupart des séances (celles marquées du pictogramme ), un enregistrement, numéroté selon la piste audio, est disponible à l’adresse suivante : http://www.editions-eyrolles.com/dl/56275 . En outre, un éclairage théorique est apporté pour chacune de ces propositions sophrologiques.

La troisième partie vous propose des exercices courts (moins de cinq minutes) pour tous les jours, amenant à calmer le mental lorsqu’une situation difficile se présente. Ces propositions sont fondées sur des exercices de respiration, de détente corporelle et de visualisation.
La quatrième partie élargit les perspectives avec un certain nombre de pratiques issues d’autres approches que la sophrologie, pour mieux vivre son travail au quotidien. Ces propositions s’appuient sur des outils de l’intelligence collective, de l’agilité 1 et de l’efficacité professionnelle.
Enfin, la dernière partie traite des aspects pratiques des séances de sophrologie en libéral, en association et en entreprise.
Chaque partie est donc indépendante, et vous pouvez papillonner de l’une à l’autre selon vos envies.

1. L’agilité sera décrite dans la partie I , chapitre 4 « Ses apports face aux maux vécus au travail » , p. 29 . Initialement, elle recouvre des méthodes de gestion de projets informatiques, apparues dans les années 1990. Depuis quelques années, elle se diffuse comme une nouvelle culture managériale, caractérisée notamment par une plus grande prise en compte des individus et des interactions humaines au sein des organisations.
PARTIE I
COMPRENDRE LA SOPHROLOGIE

Cette première partie propose de définir la sophrologie, de mieux comprendre pourquoi et comment elle est née. Nous aborderons notamment les questionnements et les sources d’inspiration de son fondateur. Nous étudierons également dans quels cas la sophrologie peut être indiquée ou contre-indiquée.
Dans un deuxième temps, nous nous pencherons sur quelques « maux du travail » et leurs origines. Face à ces constats, j’avancerai des pistes pour faire évoluer les choses à l’échelle d’une entreprise. Puis nous verrons en quoi la sophrologie peut aussi accompagner tout un chacun, à titre individuel, vers un mieux-vivre au travail.
Enfin, vous pourrez identifier votre niveau de stress et mieux comprendre certains de vos comportements, source de stress.

1
SES ORIGINES
SOPHROLOGIE : D’OÙ VIENS-TU ?
La sophrologie est une discipline qui fut fondée en 1960 par Alfonso Caycedo, neuropsychiatre colombien installé en Espagne. À l’époque, les traitements des patients atteints de troubles psychologiques sont parfois violents (entravements, chocs électriques, comas insuliniques…), ce qui interroge Alfonso Caycedo sur le bien-fondé de ces méthodes. Il se met alors en quête de nouvelles solutions plus douces pour soulager ses patients. Passionné par la conscience humaine, il s’intéresse d’abord à l’hypnose et mesure l’intérêt d’amener les personnes à un état de conscience modifiée. Cependant, il se détachera de l’hypnose pour différentes raisons, notamment car il considère que le patient n’est pas suffisamment acteur de sa guérison et dépend trop du thérapeute.
Il explore d’autres pistes en étudiant des méthodes de relaxation déjà connues à l’époque : le training autogène (ou « méthode de relaxation par autodécontraction concentrative »), créé en 1920 par le médecin allemand Johannes Heinrich Schultz, correspond à un entraînement à l’autohypnose. L’apprentissage de la relaxation est fondé sur des exercices faisant appel à des sensations : pesanteur, chaleur, respiration ; la relaxation progressive ou relaxation neuromusculaire du médecin américain Edmund Jacobson. Cette approche part du principe que le relâchement musculaire entraîne une détente mentale.
Dans ces méthodes, fondées sur les sensations, le patient se prend en charge, avec un principe d’entraînement régulier (principes d’autonomie et d’entraînement qui seront repris par la sophrologie).
Caycedo sera influencé également par la phénoménologie, suite à sa rencontre en Suisse avec Ludwig Binswanger, philosophe et père de la psychiatrie phénoménologique. La phénoménologie est un courant philosophique fondé par Husserl (1859-1938). L’intentionnalité de la conscience est un élément essentiel pour la phénoménologie ; notre conscience donne une orientation, un sens à ce que nous percevons : « J’ai toujours conscience de quelque chose », avec le filtre de ma subjectivité, de mon vécu et de ma connaissance préalable de « cette chose ». La phénoménologie propose ainsi un « retour aux choses mêmes », en tentant de nous départir de nos idées préconçues sur les choses.
Caycedo prônera l’importance en sophrologie de s’ouvrir à l’expérience de ce que nous vivons, d’être attentif à nos sensations, dans l’accueil de ce qui se passe, sans jugement ni a priori . Nous développerons davantage ces éléments dans la partie II « Séance 11. Voir les choses avec un œil neuf ».
Plus tard, Ludwig Binswanger, avec qui Alfonso Caycedo travaille, l’incite à entreprendre un voyage en Orient pour découvrir différentes approches associant corps et esprit, et mettant en jeu des états de conscience modifiés. Caycedo séjournera ainsi pendant plus de deux ans en Orient (1965-1968) et s’inspirera des disciplines suivantes pour créer les premiers degrés fondamentaux de la sophrologie : le raja yoga, une forme de yoga indien pour le premier degré ; des pratiques de méditation bouddhique tibétaine pour le deuxième degré ; la méditation zazen japonaise pour le troisième degré.
Il adapte les propositions de ces disciplines pour les rendre compatibles avec le mode de vie occidental et laisse de côté la dimension religieuse de ces pratiques.
La sophrologie est, aujourd’hui, souvent connue pour son intérêt dans la gestion du stress. Ses bénéfices sont bien sûr avérés dans ce domaine, mais il s’agit là d’une interprétation probablement trop restrictive de cette discipline. La sophrologie permet également de réguler les troubles du sommeil, d’améliorer sa concentration, de renforcer la confiance en soi, de mieux s’adapter aux changements, de mieux se connaître, ou encore de mieux gérer ses émotions.
En réalité, la sophrologie est une véritable pédagogie de l’existence, comme le dit Alfonso Caycedo. Elle permet de mieux exploiter son potentiel, et d’être davantage à l’écoute de soi et de ses sensations. Sa pratique régulière permet de rééquilibrer ses émotions et de renouer avec son corps, pour atteindre l’harmonie. Pour Bernard Jeanroy 1 , la sophrologie, c’est « entrer en amitié avec soi-même ». Les bénéfices de la sophrologie sont visibles pour un grand nombre de personnes, à condition d’un entraînement régulier.
LA CONSCIENCE EN HARMONIE
Le mot « sophrologie » vient du grec : « sos » : sain, sans maladie (par extension : en harmonie) ; « phren » : esprit, conscience ; « logos » : science, étude.
La sophrologie est donc l’étude de la conscience en harmonie.
En voici la définition actuelle : « La sophrologie est un terme créé par le professeur Caycedo, médecin neuropsychiatre orienté par l’école de psychiatrie phénoménologique et existentielle, pour désigner une méthode scientifique qu’il a conçue pour l’étude de la conscience et pour maîtriser l’équilibre corps-esprit, avec des procédés vivantiels 2 qui lui sont propres 3 . »
Ainsi, la conscience est au cœur de la sophrologie puisqu’elle est le sujet même de son étude. Mais de quelle conscience parle-t-on ? La définition de la conscience en sophrologie est spécifique. Elle n’est ni du registre de la conscience morale ni tout à fait de l’ordre de la conscience psychologique.
En sophrologie, la conscience nous permet d’accéder à l’harmonie entre le corps et l’esprit. Elle intègre donc la dimension psychologique (définition courante de la conscience), mais également la dimension corporelle. Nous retrouvons ici un aspect important de la sophrologie : elle prend en compte l’être humain dans sa globalité pour veiller à l’harmonie corps-esprit.
Alfonso Caycedo, au fil de ses travaux, a pu représenter la conscience selon un éventail en deux dimensions (cf. schéma ci-après). Horizontalement, les niveaux de conscience sont représentés (variations quantitatives). Verticalement, ce sont les états de la conscience (variations qualitatives) qui sont désignés. Il existe donc quatre niveaux de conscience : le coma, le sommeil, la veille et, entre la veille et le sommeil, le niveau sophro-liminal. Le niveau sophro-liminal est celui dans lequel nous nous trouvons lors d’une séance de sophrologie. Il permet de mieux percevoir et de mieux intégrer les sensations que lorsque nous sommes dans un état de veille.
Alfonso Caycedo distingue par ailleurs trois états de conscience : la conscience pathologique est celle étudiée par la psychiatrie ; la conscience ordinaire est celle du registre de la psychologie ; et la conscience harmonieuse est la conscience étudiée par la sophrologie.
L’entraînement en sophrologie a pour objectif d’accéder à un état de conscience harmonieux à l’aide d’un renforcement et d’une dynamisation du positif au « niveau sophro-liminal ».

ÉVENTAIL SOPHROLOGIQUE

Théorie des états et des niveaux de conscience selon Caycedo

2
SES FONDEMENTS
LE SCHÉMA CORPOREL COMME RÉALITÉ VÉCUE
Le premier élément fondateur de la sophrologie est d’amener le corps à plus de présence en proposant d’être particulièrement attentif aux sensations corporelles. Il en découle, avec un entraînement régulier, une plus grande conscience de chaque partie du corps : sa forme, ses volumes, ses limites, sa capacité à ressentir (au sens de « sensations »)…
Le schéma corporel recouvre deux réalités du corps : la dimension neurophysiologique, avec la représentation du corps dans l’espace qui se construit au travers des sensations ; et la dimension psychoaffective, c’est-à-dire l’image que nous avons de notre corps. Celle-ci s’élabore et se développe dans l’enfance, en fonction notamment de nos interactions sociales et affectives.
Il s’agit, par les séances de sophrologie, de parvenir à percevoir son corps tel qu’il est, plutôt que tel qu’on l’imagine (ou qu’on le fantasme).
La notion de schéma corporel est abordée plus en détail dans la partie II « Séance 1. Renouer avec son corps ».
LE PRINCIPE D’ACTION POSITIVE
En sophrologie, il n’est pas proposé de traiter un symptôme, mais de renforcer le positif. Ce principe est fondé sur l’idée que toute action positive sur une partie du corps ou sur l’esprit a une répercussion positive sur la personne dans son ensemble. Penser à quelque chose d’agréable va agir favorablement sur notre mental, mais aussi sur notre corps. À l’inverse, lorsque nous éprouvons une sensation agréable, cela aura une influence positive sur notre corps, mais aussi sur notre esprit. La sophrologie agit sur le renforcement de ce qui va bien, pour une amélioration de la qualité de vie, au quotidien.
LE PRINCIPE DE RÉALITÉ OBJECTIVE
Le principe de réalité objective consiste à voir les choses comme elles sont, et non comme nous croyons qu’elles sont. Il s’agit ici de considérer les événements, les personnes… avec plus de réalisme et d’objectivité, sans interprétations ni préjugés. Bien sûr, cela représente un idéal inatteignable, mais vers lequel le sophrologue et les sophronisants 4 doivent s’efforcer de tendre.
Ce principe s’applique au sophrologue qui doit respecter ses propres limites. Il n’est pas un thérapeute et ne peut pas poser de diagnostic s’il n’a pas, par ailleurs, de formation médicale ou paramédicale. De même, le sophronisant est encouragé à déceler et à exprimer toutes ses potentialités, tout en étant conscient de ses limites. Par l’entraînement, il apprend à voir les choses plus objectivement et à agir en fonction de ce nouveau regard porté sur lui, les autres et le monde.

3
SES INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
LE RECOURS À LA SOPHROLOGIE…
Comme nous l’avons vu, la sophrologie était médicale à ses débuts. D’ailleurs, pour son fondateur Alfonso Caycedo, un praticien de la sophrologie bénéficie toujours d’une double formation. Il est médecin-sophrologue, infirmier-sophrologue, sage-femme-sophrologue. Mais les choses évoluent progressivement et le champ d’application de la sophrologie s’étend à d’autres domaines : préparation mentale des sportifs, enseignement et apprentissages, préparation à la naissance d’un enfant et à la parentalité, applications en entreprise pour une meilleure gestion du stress…
Dans le domaine médical
Alfonso Caycedo cherchait à soulager, par des méthodes plus respectueuses de l’individu, les personnes atteintes de troubles psychiatriques. Aujourd’hui, de nombreux domaines de la médecine utilisent la sophrologie comme outil complémentaire à leurs pratiques médicales : obstétrique et accouchement, prise en charge de la douleur, cancérologie, soins palliatifs, nutrition (et troubles de l’alimentation), chirurgie… La sophrologie est bien, dans ce cas, un complément aux traitements ou soins proposés par ailleurs. Elle n’est pas en elle-même une discipline médicale et ne doit pas se substituer à ces traitements.
Les apports de la sophrologie dans le domaine médical sont nombreux. Elle permet de prendre en compte la personne dans sa globalité, sans nécessairement se focaliser sur ses troubles médicaux précis. Elle permet également d’« entrer en amitié avec son corps ». La personne malade peut en effet se sentir trahie par son corps qui lui fait défaut (par les cellules cancéreuses qui gagnent du terrain dans son propre corps pour le malade du cancer par exemple). La sophrologie aide à renouer avec ce corps malade en prenant conscience qu’il peut être aussi le lieu de sensations agréables et qu’il est possible d’en faire un allié dans le chemin vers la guérison.
La sophrologie permet ainsi d’être acteur de son mieux-être, et de mobiliser ses ressources (physiques et psychologiques) pour les mettre au service du processus de guérison.
Dans le domaine sportif
En complément de sa préparation physique, le sportif, quel que soit son niveau, peut bénéficier des apports de la sophrologie. L’entraînement sophrologique du sportif permet notamment de renforcer la confiance en soi, de développer ses capacités de concentration, de mieux gérer son stress avant une compétition, de favoriser la conscience de son schéma corporel (et, ce faisant, d’améliorer la précision de certains gestes techniques), de mieux gérer la douleur… La sophrologie peut être pratiquée avant ou après la pratique du sport, et même pendant (selon les sports). Aujourd’hui, un grand nombre de sportifs de haut niveau sont accompagnés par un sophrologue, en complément de leur entraînement sportif.
Dans le domaine social et prophylactique
La sophrologie peut s’avérer être un soutien précieux dans les situations sociales et professionnelles difficiles : précarité, perte d’estime de soi, chômage, préparation aux entretiens d’embauche… Elle permet de renforcer la confiance en soi, et d’accompagner les changements.
Le domaine prophylactique concerne une prise en charge individuelle de sa santé, de manière préventive. La sophrologie, en amenant chacun à prendre conscience de soi et de son corps, et en favorisant une meilleure gestion du stress, aide à prévenir les maladies. Dans ce domaine, la sophrologie est intéressante en entreprise, en prévention des risques psychosociaux. Elle favorise également la bienveillance (envers soi-même et envers les autres), la communication, la créativité, l’acceptation du changement et, plus globalement, des relations plus harmonieuses au travail (avec une meilleure prise en compte de soi et des autres). Nous aurons l’occasion d’y revenir au fil des pages.
Dans le domaine pédagogique
La sophrologie peut être un outil utile dans la préparation aux examens et aux concours, favorisant le développement de la concentration et des capacités de mémorisation. Mais la pédagogie revêt un sens plus large et concerne tous les apprentissages de la vie. La sophrologie s’applique donc également, en ce sens, à la préparation à la maternité et à l’accouchement, au domaine sportif…
LES CONTRE-INDICATIONS
La sophrologie a été pensée pour s’adresser au plus grand nombre. Toutes les propositions d’exercices peuvent être adaptées en fonction de l’état physique, émotionnel et mental des sophronisants. L’autonomie est le maître mot. Chacun peut prendre la liberté de réaliser ou non la proposition, ou de l’adapter en fonction de son état du moment. Il n’existe pas de contre-indication majeure à la pratique de la sophrologie, dans la mesure toutefois où le sophrologue est compétent et qu’il reste dans les limites de ses compétences.
Seuls les psychoses et les troubles psychiatriques constituent de véritables contre-indications. Dans le cas particulier de la schizophrénie, le corps peut être perçu comme morcelé, du fait des bouleversements psychiques traversés. Certaines pratiques de sophrologie pourraient renforcer cette perception de morcellement. Les états délirants sont une autre contre-indication formelle. La surdité, pour d’autres raisons facilement compréhensibles, constitue un frein à la pratique sophrologique, mais des adaptations sont également possibles.

En synthèse

La sophrologie est donc l’« étude de la conscience en harmonie ». Créée par le professeur Alfonso Caycedo dans les années 1960, elle est médicale à ses débuts. Mais elle se diffuse dans de nombreux domaines par la suite : sport, préparation à la maternité, monde du travail…
Elle repose sur trois grands principes : le schéma corporel comme réalité vécue : prendre conscience de ses sensations et de sa corporalité ; le principe d’action positive : aborder la personne dans sa globalité et renforcer le positif en elle ; le principe de réalité objective : voir les choses davantage comme elles sont, plutôt que comme nous les imaginons ou les fantasmons.
Elle s’adresse au plus grand nombre et repose sur les notions de liberté et d’autonomie du pratiquant.
Voyons maintenant comment la sophrologie peut intervenir dans le domaine du travail et à quelles problématiques elle peut répondre.

4
SES APPORTS FACE AUX MAUX VÉCUS AU TRAVAIL
POURQUOI SI PEU D’ÉPANOUISSEMENT ET AUTANT DE STRESS AU TRAVAIL ?
Je ne souhaite pas dresser ici un portrait accablant de l’état de la souffrance au travail des salariés. J’accompagne des entreprises en tant que consultante et formatrice dans le domaine du mieux-vivre au travail et du mieux-travailler ensemble. Force est de constater que l’entreprise n’est un lieu d’épanouissement que pour une part minoritaire des collaborateurs, et une source de mal-être pour une part beaucoup plus large. J’ai moi-même vécu cette situation en tant que salariée. Pourquoi ce stress et ce malaise générés par le travail ? Un livre entier serait nécessaire pour répondre à cette question. Mais voici quelques pistes de réflexion.
Déshumanisation et perte de sens
Le collaborateur est souvent un maillon d’une grande chaîne, dont il ne perçoit plus la cohérence et le sens global. Le manque de vision partagée est une première source de démotivation. Compte tenu du temps que nous passons au travail, si nous ne savons pas pourquoi nous nous levons le matin, et pourquoi nous dépensons ce temps chaque jour de nos précieuses vies, le mal-être guette. Il est nécessaire de redonner du sens et il appartient au management de le faire.
Surcharge de travail
Les équipes sont souvent mobilisées au-delà du raisonnable. Dans mes accompagnements, j’entends parfois dire : « Les collaborateurs sont occupés à 130 ou 150 %, ils n’ont pas le temps de réfléchir à des axes d’amélioration ! ». Il est ainsi difficile d’être heureux et zen au travail en étant en permanence en surcharge de travail. Si la situation s’inscrit dans la durée, elle ouvre la porte au burn-out.
Un expert extérieur pour régler les problèmes ?
Les entreprises ont souvent pris l’habitude de solliciter des consultants extérieurs à l’entreprise pour auditer les problématiques rencontrées et proposer des solutions. En faisant cela, elles se privent de tout le potentiel des cerveaux humains réunis dans l’entreprise. Les collaborateurs concernés par le sujet dont il est question ne sont pas interrogés ou pris en compte dans la réflexion. Ce mode de fonctionnement est beaucoup moins performant que de faire appel à l’intelligence collective et, par ailleurs, il est encore une fois une grande source de démotivation et de mal-être au travail.
Les constats énoncés précédemment sont globaux. D’autres paramètres, plus individuels cette fois, peuvent venir s’y superposer. On peut citer, par exemple, les cas de problèmes relationnels liés à un manager tyrannique, à des personnalités qui « maltraitent » les collaborateurs, ou à une situation économique d’entreprise difficile, impliquant une certaine précarité des salariés.
UN DÉSENGAGEMENT DES SALARIÉS
Il résulte de ces situations vécues au travail une perte de motivation et une augmentation du niveau de stress qui peut avoir des répercussions sur la santé des salariés.
Une étude réalisée en 2011 par la société Gallup (entreprise américaine spécialisée dans l’analyse des climats sociaux d’entreprise) a révélé le niveau d’engagement des salariés au travail dans différents pays du monde. En voici les résultats pour la France.


Niveau d’engagement des salariés en France en 2011
On constate donc que : 11 % des collaborateurs sont engagés dans leur travail. Il s’agit de la part des salariés réellement motivés par leur travail et épanouis ; 61 % sont désengagés. Les désengagés sont ceux qui viennent au travail sans y trouver de satisfaction particulière, mais pour répondre au besoin de « gagner leur vie ». Ils arrivent au bureau le matin en pensant déjà au moment où ils pourront repartir pour avoir des activités épanouissantes, en dehors du cadre professionnel ; 28 % sont activement désengagés. Ces collaborateurs sont ceux qui, non seulement ne sont pas heureux dans leur poste, mais vont en plus tenter de saboter le travail de ceux qui sont engagés.
Les chiffres sont éloquents et effrayants à la fois. Et ils n’ont pas beaucoup évolué ces dix dernières années…
LA NÉCESSITÉ DU CHANGEMENT
La nécessité du changement peut sembler évidente : par humanisme, il est souhaitable de veiller au bien-être des individus. Mais les entreprises ont, par ailleurs, tout à y gagner car le lien entre bien-être au travail et performance a largement été établi.
Une métaétude a été menée par les chercheuses américaines Sonja Lyubomirsky et Laura King (2005), intitulée : The Benefits of Frequent Positive Affect: Does Happiness Lead to Success? Dans une approche transversale, les chercheuses ont repris des études, dans les domaines des neurosciences et de la psychologie positive notamment.
La consolidation des données confirme, en synthèse, que l’individu plus heureux et moins stressé impactera positivement sa performance individuelle et la performance de son entreprise via les leviers suivants : la santé , avec une réduction du risque de maladies cardio-vasculaires, un meilleur système immunitaire, moins d’addictions que la moyenne, une meilleure santé physique et mentale se traduisant par un taux de turnover, d’absentéisme et de burn-out réduit ; la coopération , avec des collaborateurs plus sociables, plus enclins à l’entraide et à la solidarité, et donc un meilleur climat social ; l’engagement : les gens heureux sont plus mobilisés pour leur travail, plus motivés ; l’innovation , avec une plus grande créativité, favorisée par un stress réduit ; de meilleures capacités cognitives liées, encore une fois, à une plus grande mobilisation du cerveau, et une meilleure capacité de concentration induisant une meilleure qualité du travail.
COMMENT CHANGER AU NIVEAU D’UNE ENTREPRISE ?
Pour évoluer vers le bonheur au travail, j’accompagne des organisations vers plus d’agilité, plus d’intelligence collective et vers un modèle d’entreprise libérée. Ces approches ont fait leurs preuves. En quoi cela consiste-t-il ?
L’agilité
Les méthodes agiles sont apparues il y a une vingtaine d’années et se sont développées initialement dans les projets de développement logiciel, pour s’étendre ensuite à d’autres domaines de l’entreprise. Plaisir au travail, responsabilisation, motivation, innovation sont quelques-uns des profonds changements apportés par l’agilité. Pourquoi, comment, en quelques mots ?
L’agilité repose à l’origine sur quatre valeurs fondamentales : les personnes et leurs interactions, plus que les processus et les outils ; un produit qui fonctionne, plus qu’une documentation exhaustive ; la collaboration avec les clients, plus que la négociation contractuelle ; l’adaptation au changement, plus que le suivi d’un plan.
Elle se matérialise par un ensemble de pratiques spécifiques pour synchroniser les membres d’une équipe, partager la vision du projet qui réunit l’équipe, fluidifier la communication, adopter une démarche d’amélioration continue, et suivre l’avancement des tâches via des outils visuels. Utilisées habituellement en équipe projet, les pratiques agiles sont également très pertinentes pour animer un service ou être déployées dans une organisation tout entière (en les adaptant au contexte), comme nouvelle culture managériale.
Les conséquences ?

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