Se libérer de ses comportements insconscients
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Description

Une approche pratique et accessible des mécanismes inconscients à l’origine de nos problématiques de vie. Nous répondons sans le savoir à nos anciennes blessures par la mise en place inconsciente de programmes « palliatifs » qui nous enferment dans des cercles répétitifs en désaccord avec ce que nous sommes. Comprendre les processus de construction des schémas de comportement qui pilotent nos existences est le premier pas, parfois percutant, qui permet de se relier davantage à soi. Nous pouvons dès lors développer une conscience de nous-mêmes plus présente pour ne plus subir notre vie, mais vivre davantage en adéquation avec ce que nous sommes. À travers de nombreux exemples et cas pratiques, l’auteur nous aide à établir des liens entre notre passé et notre quotidien rendant tangibles et concrètes les différentes interactions qui sous-tendent nos difficultés de vie et notre évolution. Elle propose différentes approches résolutives pour exprimer enfin pleinement ce que nous sommes : dans ce que nous manifestons, dans nos relations avec autrui, mais aussi avec nos enfants qui bénéficieront par cet éclairage d’une approche éducative pleinement adaptée à leur singularité.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 octobre 2017
Nombre de lectures 164
EAN13 9782840586289
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0675€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
Titre


Tissia Louis








S e libérer de ses comportements inconscients





Collection Chrysalide
Remerciements
À tous ceux qui ont croisé mon chemin…
Pour m’avoir aidée, parfois sans le vouloir, parfois dans l’adversité, mais souvent avec amour, à révéler celle que je suis aujourd’hui…
De tout mon cœur
Tissia
Exergue



« Ce qui demeure plongé dans l’inconscient, c’est là un fait bien connu, ne se transforme jamais ».
Carl Gustav Jung
Introduction
L’épanouissement de soi est un but souvent difficile à atteindre et relève même parfois du défi. Nos sociétés malades nous invitent davantage à la prise médicamenteuse plutôt qu’à la prise de conscience et chaque jour qui passe nous met face à nos limites, nos peurs et nos fausses croyances. Aveugles de notre manège intérieur, nous poursuivons une quête ardue et tourmentée pour tenter de faire enfin émerger le meilleur de nous-mêmes. Nous tâtonnons à la recherche de ce qui pourra nous soulager, nous contenter ou encore pire, nous leurrer. Mais au-delà de notre théâtre quotidien, que cherchons-nous vraiment ? Un peu de pommade pour nos blessures ? Un peu de courage pour notre quotidien ? Un peu d’amour pour notre cœur ? Notre réalité profonde nous échappe et tout est bon, soit pour ignorer nos tourments, soit au contraire pour leur apporter un peu de réconfort. Les propositions fleurissent pour répondre au mal-être grandissant et à la demande croissante de remise en question. Mais les alternatives fort nombreuses déroutent souvent et démotivent parfois. Nos limitations nous invitent à un enfermement devenu insupportable. Prisonniers de nos propres schémas inconscients, nous nous débattons corps et âme pour maintenir ou retrouver un équilibre.
Nous vivons au travers de nos prisons intérieures dans lesquelles nous ne voyons même plus notre douleur, crispés sur nos convictions personnelles et esclaves de notre aveuglement.
Cet ouvrage propose une possibilité, une découverte, une vision plus vaste et plus précise de notre fonctionnement intérieur. Comprendre est déjà une porte ouverte vers soi et une clé essentielle à la mise en lumière de nos problématiques de vie. Si nous pouvons saisir le sens profond de nos difficultés et les accepter avec humilité, tel un miroir où se refléterait notre réalité, alors nous pourrons accueillir celles des autres avec davantage de ­bienveillance.
« Si je vois en moi,
Alors,
Je peux aussi voir en l’autre ».
Les 3 cerveaux
Pour bien comprendre le fonctionnement des schémas de comportements inconscients, il est intéressant de se pencher dans un premier temps sur les éléments en présence, nécessaires à la construction de ces programmes.
Les trois parties du cerveau, dont les caractéristiques reflètent les différents stades de l’évolution humaine, interviennent dans le processus qui nous intéresse : le cerveau reptilien, le cerveau limbique et le néocortex, respectivement par ordre d’apparition dans les étapes de la construction cérébrale à travers l’histoire de l’évolution humaine.
Cette organisation tri-unitaire a été décrite par Paul MacLean en 1969 et fait état d’une indépendance de ces 3 cerveaux.
Mais ce concept a été révisé au fil des nouvelles données neuro-­anatomiques pour décrire les nombreuses connexions par lesquelles ces trois cerveaux s’influencent mutuellement. Néanmoins, dans un souci de clarté pédagogique, je m’appuierai quelque peu sur la description initiale pour appréhender l’état des lieux et les interactions qui suivront.
L E CERVEAU REPTILIEN :

Le cerveau reptilien est constitué anatomiquement du tronc cérébral et du cervelet, bien protégé en profondeur, c’est la structure cérébrale la plus résistante en cas de traumatisme crânien.
C’est le cerveau décrit comme le plus ancien qui est relié dans l’histoire de notre évolution à l’état « reptilien » des êtres vivants sur la Terre, il y a 400 millions d’années. Ce cerveau qui est le berceau de nos instincts, des mémoires reptiliennes et archaïques, a la particularité d’ être mature dès la naissance.
Il est le moins évolué, le plus rigide mais aussi le plus réactif.
Il est essentiellement le siège de nombreuses fonctions physiologiques qui assurent les besoins fondamentaux :
— Fonction d’homéostasie (maintien de l’équilibre intérieur) ;
— Régulation de la respiration, du rythme cardiaque, de la tension artérielle ;
— Régulation des échanges hydriques et gazeux ;
— Alimentation ;
— Sommeil ;
— Reproduction (au sens pérennisation de l’espèce) ;
— Gardien également des réflexes innés que nous trouvons, par exemple, chez les oiseaux qui effectuent des vols migratoires, ou encore des espèces qui, sans avoir eu connaissance du chemin à emprunter, retournent pondre où elles sont nées : c’est le cas des tortues, des saumons…
— Instinct de conservation ;
— Réflexes de défense qui sont des comportements stéréotypés (une même stimulation entraînera la même réponse immédiate) et préprogrammés, qui ne passent pas par la réflexion. D’où la rapidité de la réponse motrice, puisque le trajet du circuit nerveux est plus court.
On peut prendre, par exemple, le mouvement réflexe du retrait de notre main lorsqu’elle est brutalement en contact avec un élément très chaud.
Le même type de stimulus provoquera toujours la même réaction réflexe qui met en jeu les instincts de survie du cerveau reptilien.
Ce sont aussi toutes les pulsions de vie qui sont gérées par cette structure : boire, se nourrir, se reproduire pour la survie de l’individu mais aussi dans une dimension plus vaste, se reproduire pour la survie de l’espèce.
Le cerveau reptilien ne génère que peu de réactions différentes : la fuite, l’attaque (agressivité), ou l’inhibition qui vont se nuancer en fonction des situations. Il n’a aucune notion de temps (passé, présent, futur), pour lui, tout est présent. Toutes nos expériences, même celles que nous avons vécues pendant la gestation, sont stockées en lui et considérées comme actuelles et présentes. Cette caractéristique particulière est à la source de ce qui provoque la plupart des conflits intérieurs de notre existence.
Pour agir dans l’extrême urgence, le système reptilien va pouvoir puiser dans les ressources de tout le corps et faire émerger souvent des potentialités surprenantes ! Certaines personnes sont ainsi capables d’exploits physiques dans une situation qui engage la survie, la sienne ou celle d’autrui d’ailleurs, et sont ainsi les auteurs de performances quasi impossibles à reproduire hors de ces circonstances.
Il a également cette particularité de ralentir notre perception des choses dans les contextes d’urgence immédiate. Cette fonction est en fait une ­ hypervigilance développant une attention extrême qui donne cette impression que les choses se passent au ralenti. Nous pouvons même avoir la sensation d’une distorsion de l’espace-temps dans les cas d’urgence, où toute l’énergie est dédiée uniquement à résoudre la problématique émergente.
Par ailleurs, lorsque la survie est en jeu, en tout cas lorsque le cerveau interprète la situation de cette façon, l’activité reptilienne est alors prioritaire sur toutes les autres fonctions cérébrales.
Ainsi, toute forme de logique disparaît, le sens de la raison n’est plus fonctionnel et le ressenti émotionnel est coupé : on ne peut plus se permettre de réfléchir, de se positionner… C’est comme un grand bug dans le circuit, il n’y a plus alors de raisonnement cortical ni de manifestation limbique. Nous appréhendons alors le monde quasi exclusivement en mode « reptilien ».
C’est le cas, par exemple, lorsque nous ressentons une émotion de type archaïque : « Je crois que je vais mourir » (crise d’angoisse majeure). Le système reptilien se met alors en action et prend le dessus sur tous les autres cerveaux, générant parfois des comportements « irrationnels », en dehors des codes établis qui régissent notre vie. Notre rapport à notre environnement, à nos jugements, à ce qui est juste ou non… laisse la place aux mécanismes de survie, prioritaires alors. Les mouvements de panique , engendrés par une foule qui tente d’échapper à un danger, sont un bel exemple de comportement que la réflexion ne contrôle absolument pas.
Ce cerveau est aussi responsable de comportement primaire comme l’agressivité, la haine, la peur de l’inconnu, l’hostilité à l’égard de celui qui n’appartient pas au groupe … et les réactions reliées à ces facteurs peuvent être parfois imprévisibles !
L E CERVEAU LIMBIQUE

Dans l’histoire de l’évolution de la vie sur T erre, le cerveau limbique est apparu avec l’émergence des premiers mammifères, il y a environ 65 millions d’années.
Le système limbique serait notre deuxième cerveau, il est situé sous le néocortex et au-dessus du cerveau reptilien. C’est un ensemble de structures cérébrales constituées du thalamus, de l’hippocampe, de l’amygdale, de la formation réticulée, du fornix, du septum, de l’hypothalamus et de l’hypophyse.
Ce cerveau dit « limbique » différencie ce qui est « bien » et « mal », ce qui est autorisé ou non avec la notion de la peur du regard des autres qui est très présente. Il commande aussi les systèmes de croyances : les mécanismes de motivation, la perception de la réussite et de l’échec, le système de récompense et de punition… il fonctionne dans un mode duel soumis au conditionnement émotionnel. C’est un fonctionnement qui se base essentiellement sur « pareil » ou « différent », d’où la difficulté d’accepter les singularités de l’autre. Le système limbique stocke, traite et gère les émotions, c’est une fonction très importante car les émotions sont indispensables à la survie et font partie intégrante de notre structure. Il permet également une certaine forme de mise en mémoire, et stocke tous nos apprentissages et tous nos ressentis.
L’émotion est au cœur de notre fonctionnement : chaque pensée, comportement, élan, désir… sont motivés par une émotion, eux-mêmes issus d’un besoin, qui lui-même peut être une forme de réponse à nos programmes inconscients.
Nous vivons en interaction émotionnelle constante avec :
— Notre environnement externe : contact, bruit, odeur, goût, température, lumière, couleur…
— Notre environnement interne : faim, inconfort, douleur, ­sensation…
Le flux de toutes ces perceptions induit tout un cortège d’émotions qui vont impacter ensuite tous les autres systèmes.
Nos relations avec d’autres personnes génèrent également tout un flot de réactions émotionnelles entre « j’aime » ou « je n’aime pas ». Avec en toile de fond, une recherche quasi constante de ce qui serait le plus agréable pour nous. La notion de plaisir et de bien-être peut s’avérer être très sensible et délicate dans les contextes relationnels humains souvent complexes.
Que se passe-t-il dans ce cerveau limbique quand une émotion est ressentie ? Les centres de traitement des sensations envoient leurs messages au thalamus qui va à son tour transmettre ces informations au cortex préfrontal. Ce dernier a pour rôle d’associer ce message à un ensemble d’éléments qui lui donnera alors un sens.
Le message va passer aussi par l’hippocampe qui va participer à la mémorisation des données nouvelles ou stimuler la création d’une émotion en lien avec un souvenir passé.
Le système limbique est également capable, de manière inconsciente, de condenser l’énergie de l’émotion qui se traduit alors sous forme d’une activité électrique enregistrable. Mais parfois, un trop-plein d’ émotion peut surcharger le système.
Deux cas de figure alors :
— Le surplus est déchargé dans le corps par l’hypophyse et l’hypothalamus induisant ainsi des modifications de sécrétions hormonales, des signes vitaux… ce qui peut se traduire par l’apparition de symptômes physiques (maux de tête, sudation, diarrhée, vomissement…).
— La concentration excessive va influencer la formation des pensées et les comportements de la personne (idées noires, nervosité accrue, irritabilité…). Dans cette situation, certains individus sont soumis à de fortes tensions intérieures qui peuvent les conduire à « péter les plombs », seul moyen d’échapper à la pression devenue trop forte. La structure ayant impérativement besoin d’une soupape de sécurité pour libérer les énergies sous contrainte, ce cas de figure devient de plus en plus fréquent au cœur de nos sociétés modernes.
Par contre, lorsque l’émotion est consciente, l’énergie passe du cerveau limbique au néocortex qui va la gérer différemment, voire la contrôler.
En conséquence, conscientiser nos émotions va pouvoir drainer les excès accumulés dans le cerveau limbique et éviter ainsi une expression physique désagréable ou un comportement déstabilisant.
Parmi tous les mécanismes complexes des structures liées aux émotions, un autre fonctionnement lors d’excès émotionnel me semble intéressant à évoquer : en cas de surcharge trop forte ou trop importante, le thalamus peut se trouver débordé et ne parviendra plus ni à traduire, ni à transmettre l’énergie émotionnelle. De cette manière, l’émotion est comme immobilisée, la transmission vers le néocortex ne se fait pas, empêchant ainsi la ­conscientisation émotionnelle.
C’est pourquoi, lorsqu’une personne vit un traumatisme violent, l’ émotion liée au choc se trouve parfois bloquée et génère ainsi un comportement particulièrement calme et posé face aux évènements.
Prenons le cas de Bernadette qui perd son mari et son enfant dans un accident de voiture. Elle a surpris tout son entourage par une attitude de maîtrise et de gestion émotionnelle hors normes. Elle a géré « l’après » avec une force et un sang-froid étonnants malgré le traumatisme dramatique survenu dans sa vie. Bernadette était en fait comme coupée de ses émotions, comme en arrêt sur image à l’intérieur d’elle-même. Le thalamus, dépassé par le flot trop intense de l’impact émotionnel a fermé la porte à la transmission de l’information au néocortex. Telle une protection pathétique et illusoire devant l’ampleur de cette douleur ingérable et inacceptable.
L’accès mémoriel aux évènements peut être aussi altéré, et ce phénomène de « coupure » peut s’accompagner de trou de mémoire concernant les situations de stress important : l’accès conscient au souvenir est alors ­impossible. Certains consultants que j’ai pu côtoyer présentaient cette configuration intérieure où les faits étaient juste concrétisés par le récit des proches, même pour des périodes de vie accessibles classiquement à la remémorisation.
Mais la charge émotionnelle, elle, est toujours présente et va être traitée de deux façons :
— Parfois, la charge n’est jamais conscientisée, c’est le cas pour les évènements avec lesquels nous croyons être en paix alors qu’en fait, l’émotion à laquelle ils sont reliés n’a même pas été vécue consciemment. Nous pouvons observer ce phénomène, par exemple, pour les deuils, les situations particulièrement inacceptables… Dans cette configuration, les émotions sont uniquement traitées de manière inconsciente. Voici pour exemple, le vécu de Françoise : elle a perdu son grand frère alors qu’elle n’avait que 7 ans. Et bien des années plus tard, au cours des séances que j’ai pu mener avec elle, nous nous sommes aperçues que ce deuil n’avait jamais été fait. Elle ne ressentait rien vis-à-vis de cet évènement et il fut fort ardu d’entamer un processus d’acceptation dans ces conditions où Françoise n’avait pas accès aux émotions reliées au traumatisme.
— Quelquefois, le processus de passage et de conscientisation émotionnelle peut se faire de manière retardée et provoquer ainsi une déferlante d’émotions conscientes à distance de l’ évènement : l’individu « craque » alors beaucoup plus tard. C’était le cas de Pamela, une jeune femme de 25 ans qui avait subi un avortement 5 ans auparavant et qui se sentait dans une grande sérénité face à cet épisode de sa vie. Elle n’avait pas versé une larme, ni éprouvé une quelconque tristesse et se disait en paix avec cet incident. Or, la réalité était toute autre, et c’est au cours d’un de nos rendez-vous que le flot de toutes les émotions retenues depuis, a pu jaillir et la libérer d’un poids certain. Elle s’est alors rendu compte de l’impact colossal qu’avait eu cette situation sur elle et combien elle avait besoin à présent d’alléger cette période de sa vie.
Toute la procédure de transmission des informations au néocortex e st reliée à notre système interne de protection, connectée à notre inconscient. Par conséquent, c’est tout un périple que de retrouver le chemin oublié de nos problématiques enfouies et non résolues.
L’équilibre émotionnel est capital pour disposer de notre plein potentiel cérébral car nos facultés à raisonner clairement et à utiliser notre cerveau de manière optimale s’altèrent lorsqu’il n’y a pas assez d’émotion (manque de stimuli) ou bien lorsqu’il y en a trop (intensité trop forte ou excès de stimulation).
Un autre aspect de la dynamique limbique me semble essentiel à connaître pour appréhender par la suite les mécanismes de la construction des schémas inconscients. L’amygdale a de très nombreuses connexions avec plusieurs structures cérébrales. De plus, elle a cette particularité d’être mature dès la naissance, contrairement à d’autres parties du système nerveux central et périphérique qui achèveront leur développement au cours du premier quart de la vie. Elle exerce ainsi par sa fonctionnalité un pouvoir prédominant chez l’enfant. De plus, les neurones du cortex préfrontal où s’établit une grande partie du contrôle rationnel des émotions ne seront pleinement fonctionnels qu’à la fin de l’adolescence.
De la sorte, chaque évènement émotionnellement marquant au moment de la gestation, de l’enfance ou pendant la période de l’adolescence, aura une ampleur et un impact conséquents puisque le cerveau ne pourra traiter et assimiler concrètement le message en raison de l’immaturité de certaines parties du système.
L E N É OCORTEX

Le néocortex est une zone du cerveau des mammifères qui correspond à la couche externe des hémisphères cérébraux. Dernier-né dans l’évolution cérébrale, il est le résultat de la troisième et dernière phase de l’ évolution cérébrale et n’aurait que 3,6 millions d’années. Les régions cérébrales qui se sont le plus développées dans l’espèce humaine se situent au niveau du néocortex et particulièrement au niveau du cortex préfrontal.
Les poissons et les amphibiens ne possèdent pas de néocortex mais on peut le retrouver à l’état d’ébauche chez certains reptiles. Chez d’autres animaux, il présente différents stades d’évolution : peu étendu chez le rat et le chat, par exemple, il est très développé chez les primates, mais présente dans le cas de l’être humain une complexité inédite inhérente aux multiples connexions possibles. Or, ce n’est pas la taille qui différencie le cerveau humain de celui des autres animaux, mais nos grandes facultés d’anticipation, de raisonnement déductif ou de planification reliées à une interconnectivité plus riche entre le cortex préfrontal et le reste du cerveau.
Ce néocortex constitue la matière grise, les corps cellulaires des neurones et des fibres non myélinisées, à opposer à la substance blanche, plus profonde et constituée principalement d’axones myélinisés (sorte de prolongements des neurones).
Ce cerveau est impliqué dans les fonctions cognitives dites « supérieures » comme les perceptions sensorielles, les commandes motrices volontaires, le raisonnement spatial, la conscience ou encore le langage, l’imagination… Il est aussi chargé des anticipations, de la planification, de l’évaluation de plusieurs alternatives, de la prise de conscience d’une émotion positive ou négative.
Le néocortex a un pouvoir d’inhibition remarquable par le contrôle qu’il peut exercer sur nos gestes et avant même qu’il n’ait été amorcé, il peut annuler un mouvement.
Mais ce qui est d’autant plus intéressant, c’est qu’il peut contrôler l’expression des émotions négatives et positives en agissant sur le cerveau limbique et plus exactement sur l’amygdale. Il est donc possible de « décider » de freiner une émotion (joie, tristesse…) en mobilisant un ensemble de pensées grâce aux capacités attentionnelles, contre d’autres pensées, et inhiber ainsi le système limbique. La capacité de retenue de ce système est puissante et la spontanéité n’a donc ici plus sa place.
Ce contrôle s’exerce essentiellement dans le but d’avoir un comportement « adapté » aux exigences de nos relations, de notre organisation sociale, et de ce que nous croyons être juste.
Ainsi, il existe une interdépendance étroite entre le néocortex et les régions limbiques. Mais cette connexion est bel et bien réciproque, ainsi un surcroît d’activité limbique peut venir inhiber le néocortex : par exemple, un enfant plein d’enthousiasme et d’excitation pour son activité n’utilise plus sa réflexion pour éviter la punition s’il rentre chez lui en retard.
Chez les personnes déprimées qui génèrent beaucoup de charges émotionnelles négatives, l’activité de l’amygdale est intense et provoque un ralentissement de l’activité du cortex qui s’accompagne d’une diminution du flux sanguin.
La relation au corps est également prédominante. Car un mot, une idée, une perspective est associée systématiquement, non seulement à sa substance émotionnelle mais aussi somatique.
Au-delà des interactions avec les autres parties du cerveau et au-delà de ses fonctions de contrôle, le néocortex possède des caractéristiques très intéressantes. En effet, il permet de faire des choix conscients, d’utiliser notre libre arbitre en sortant des influences biologiques, hormonales et instinctives. Il facilite l’accès au détachement et au lâcher-prise, incite à la communication authentique, à l’acceptation de la différence de l’autre, et à l’appréhension du réel tel qu’il est.
Il fait preuve d’une grande fluidité et d’un potentiel d’adaptation hors normes, à condition de le solliciter et de s’ouvrir à toutes ses capacités !
En bref, c’est aussi le cerveau du changement, de l’évolution et de l’ouverture de conscience !
E XPRESSION DES TROIS CERVEAUX
Comme évoqué précédemment, ce concept des trois cerveaux est obsolète mais représente un modèle pédagogique incontesté pour mieux comprendre les interconnexions des différentes parties cérébrales.
Néanmoins, chaque personne va s’appuyer dans son comportement et ses relations à autrui, sur un fonctionnement davantage reptilien, limbique ou cortical et adapter ses sollicitations cérébrales en fonction des circonstances.
Certains individus vont solliciter préférentiellement leur cerveau reptilien pour répondre à leur vision du monde, perçu comme hostile. Il faut alors se battre pour avoir « SA » place et dès lors, l’attaque est la seule riposte possible à leur environnement. C’est le cas, par exemple, des personnes très vindicatives au volant qui perçoivent toujours l’autre comme un agresseur potentiel.
D’autres utiliseront préférentiellement le système limbique, où la recherche du plaisir, des situations agréables et du bien-être sera prédominante. Et vider le compte en banque à la fin des vacances ne sera pas un vrai problème ! Ce sont des personnes qui peuvent ainsi quitter un travail très bien rémunéré (qui représenterait la sécurité pour une personne en mode reptilien) pour une activité moins lucrative mais offrant davantage de bien-être émotionnel.
Une autre catégorie de personnes, comme bon nombre de chefs d’entreprise, de chercheurs auront recours plutôt aux potentialités corticales pour dédier leur comportement à apprendre, résoudre des problématiques, envisager des stratégies…
Alors, toute la difficulté réside dans l’établissement d’une communication fluide malgré les différents modes de fonctionnement de chacun et cela est possible si une ouverture s’établit pour accueillir la différence de l’autre, en sachant reconnaître quelle est l’énergie en jeu et comment répondre au mieux à la singularité de chacun. Un véritable échange peut alors s’instaurer, sans se cloisonner à son propre mode de fonctionnement qu’il est tentant d’imposer à l’autre ! Car contraindre autrui à adopter un changement de comportement qui ne lui conviendrait pas serait source de frustration et de stress.
Or, la manière dont nous utilisons les différents cerveaux n’est pas figée et nous pouvons modifier la répartition des sollicitations reptilienne, limbique ou corticale à la façon d’une rééducation pour bénéficier de toutes les potentialités cérébrales au service de notre développement et trouver un équilibre intérieur harmonieux.
Car toutes ces ressources différentes doivent trouver un écho dans l’émergence de l’épanouissement individuel, en répondant à notre essence profonde, et non à nos programmes inconscients.
Conscient, subconscient et inconscient
Il est nécessaire, me semble-t-il, de préciser ces trois termes que sont le « conscient », l’« inconscient » et le « subconscient », afin d’avoir les connaissances requises pour entrevoir toutes les perspectives de ce vaste sujet sur les schémas de comportement.

Ces trois éléments du psychisme humain sont décrits ici distinctement, mais ne perdons pas de vue qu’ils interagissent étroitement l’un sur l’autre, d’une manière continue, intense et unique pour chaque être humain.
L E CONSCIENT
La recherche d’une définition de la conscience est une réelle difficulté et nous avons chacun une façon de la vivre, unique et indicible. D’une manière plus tangible, la conscience est liée au néocortex, elle émerge de l’interaction complexe entre plusieurs régions et processus cérébraux, et serait le résultat de procédés cognitifs de haut niveau. Mais rien ne prouve que la conscience soit traitée dans le cerveau uniquement.
Les potentialités de la conscience sont progressives et croissantes avec le temps et notre évolution. D’ailleurs, il est intéressant de savoir que le nourrisson ne se distingue pas de sa mère, et qu’il n’a pas conscience de son propre corps. Ce n’est que lentement qu’il va intégrer que ce corps est à lui et différent des autres, tout en tenant compte progressivement des limites de cette évolution. Mais il saura ensuite se situer lentement dans l’espace et le temps, grâce à sa conscience grandissante. Ainsi, la conscience apparaîtrait progressivement dans l’enfance, consécutivement au développement des réseaux de neurones, connectant entre elles les régions les plus complexes du cerveau. Elle représente la capacité de se percevoir, de se définir soi-même, d’analyser sa propre expérience actuelle, en fonction de la structure de la personnalité. C’est une faculté qui permet d’appréhender les expériences extérieures et les phénomènes intérieurs de manière subjective : c’est la perception de l’homme, de sa propre existence et du monde qui l’entoure. Elle est ce que l’on sent, et ce que l’on sait de soi, d’autrui et du monde.
Elle nous permet de nous sentir exister, de vivre les évènements d’une manière plus ou moins intense et complète, en fonction de la vastitude et de la richesse qu’elle recèle. Cette conscience nous relie à notre capacité de nous ouvrir au monde, au nouveau et à notre présence à l’instant, à des degrés divers en fonction des individualités.
Par elle, enfin, nous est donné tout le potentiel d’agir sur nous-mêmes, pour notre propre évolution, de faire des choix éclairés inédits et d’orienter nos ressources intérieures dans un but de connexion plus intime à la vie. Certaines approches proposent des techniques qui visent à étendre l’amplitude de la conscience à travers des exercices d’écoute particulière, mais aussi à travers des procédés de nettoyages intérieurs de type émotionnel essentiellement, qui vont pouvoir permettre une autre appréhension de soi et de ­l’existence. En effet, pour que la conscience soit plus vaste et davantage connectée au monde intérieur et extérieur, elle doit être libre des artefacts limbiques et reptiliens, pour laisser émerger toute la richesse de sa nature.
De plus, en ce qui concerne les proportions conscient/inconscient, nous pouvons établir un rapport à l’image d’un iceberg, où la partie émergée représente la conscience, et la partie immergée la structure inconsciente. Ces deux parties étant en étroite connexion.
Le conscient et l’inconscient interagissent sans cesse, dans la mesure où les choix et les expériences que nous vivons consciemment influencent les processus inconscients, et qu’à l’inverse, les mécanismes inconscients interfèrent constamment sur la conscience. Il est donc incontournable de prêter attention à cette structure inconsciente puissante qui représente près de 90 % du fonctionnement global de la psyché, et qui détermine grandement notre rapport conscient à la vie et à autrui.

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