Mon enfant ne veut pas dormir !
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Description


Faut-il laisser pleurer un bébé qui ne s'endort pas ? Que faire face aux terreurs nocturnes ? Comment gérer l'anxiété ou l'excitation d'avant coucher qui retarde toujours plus le moment d'aller au lit ? Comment réagir quand un enfant ne veut dormir que dans la chambre parentale ou lorsqu'il se réveille la nuit ?



La thérapeute Julie Renauld Millet aborde toutes les problématiques du coucher et du sommeil, des peurs et des crises transitoires que traverse l'enfant. Elle fait le point sur les besoins des dormeurs (selon l'âe et leur rythme) et donne les clés pour que le sommeil familial ne soit plus un rêve !



Dans ce livre pratique, vous trouverez :




  • Tout ce qu'il faut savoir sur le cycle de sommeil des tout-petits aux plus grands.


  • Le point de vue de parents sur ce qui fonctionne et pourquoi.


  • Les outils et fiches détachables pour transformer le moment anxieux du coucher en rituel apaisant (sans écran).


  • Des activités pour gérer les émotions, établir des routines, organiser les espaces de nuit...



Introduction


1. Le sommeil se construit nuit après nuit


Aidez-moi à régler mon bébé ! 


Quand les cauchemars apparaissent (vers 2 ans)


Du lit à barreaux au lit de grand, le passage redouté


Les ados ne dorment pas comme des bébés


 


2. Voilà qu’il se relève la nuit !


Les maladies de nuit


Qu’a-t-il pu se passer ?


Quand la violence s’invite dans nos maisons


La jalousie dans la fratrie


« Tu vas bien devoir finir par sévir un jour ! »


 


3. À la maison, qui dort où ? quand ? comment ?


À chacun son lit


Le sommeil expliqué à mon fils ou à ma fille


Il est l’heure d’aller se coucher !


Quelle activité avant le coucher ?


Entre punition et récompense, mon coeur balance… 


 


4. J’ai tout essayé !


Allô, coach dodo ?


Laissez le papa y aller !


Son cerveau n’a pas de bouton « off » 


Essayez de ne rien faire


Et vous, comment dormez-vous ?


 


Conclusion


Pour aller plus loin


Albums pour enfants


Table des activités


Fiches détachables


 

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 février 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782212735277
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0600€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

R sum
Faut-il laisser pleurer un bébé qui ne s’endort pas ? Que faire face aux terreurs nocturnes ? Comment gérer l’anxiété ou l’excitation d’avant coucher qui retarde toujours plus le moment d’aller au lit ? Comment réagir quand un enfant ne veut dormir que dans la chambre parentale ou lorsqu’il se réveille la nuit ?
La thérapeute Julie Renauld Millet aborde toutes les problématiques du coucher et du sommeil, des peurs et des crises transitoires que traverse l’enfant. Elle fait le point sur les besoins des dormeurs (selon l’âge et leur rythme) et donne les clés pour que le sommeil familial ne soit plus un rêve !
Dans ce livre pratique, vous trouverez :
• Tout ce qu’il faut savoir sur le cycle de sommeil des tout-petits aux plus grands.
• Le point de vue de parents sur ce qui fonctionne et pourquoi.
• Les outils et fiches détachables pour transformer le moment anxieux du coucher en rituel apaisant (sans écran).
• Des activités pour gérer les émotions, établir des routines, organiser les espaces de nuit…
Biographie auteur

Julie Renauld Millet est thérapeute systémique, formée à l’institut Gregory Bateson. Elle est membre de l’association Discipline Positive France et accompagne des parents sur les problématiques de parentalité, ainsi que des enseignants et des équipes pédagogiques dans les écoles. Elle a été journaliste et est désormais auteure d’un blog consacré à l’éducation : www.​julie-​renauld-​millet-​life-​coach.com
www.editions-eyrolles.com
Julie Renauld Millet
Mon enfant ne veut pas dormir !
Peurs, pleurs, cauchemars, écrans… L’aider à trouver le sommeil
Éditions Eyrolles
61, boulevard Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Avec la collaboration d’Alice Breuil
Création de maquette et mise en page : Flora Czternasty [ Pomkipik.com ]
Illustrations originales de Leslie Plée : couverture et personnage de la mère fatiguée
Illustrations : Flora Czternasty [ Pomkipik.com ]
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Éditions Eyrolles, 2020
ISBN : 978-2-212-57255-1
Remerciements
Merci à mes deux enfants qui ont été de parfaits petits cobayes en m’aidant nuit après nuit à construire cet ouvrage. Merci aux parents de m’avoir fait confiance en me racontant leurs mésaventures nocturnes.
Si j’ai pu survivre au manque de sommeil, c’est grâce à Dom et Domi, mes ostéos, qui m’ont chouchoutée et réparée quand mon corps me lâchait.
Prenez soin de vous.
Sommaire
Introduction
1. Le sommeil se construit nuit après nuit
Aidez-moi à régler mon bébé !
Quand les cauchemars apparaissent (vers 2 ans)
Du lit à barreaux au lit de grand, le passage redouté…
Les ados ne dorment pas comme des bébés
2. Voilà qu’il se relève la nuit !
Les maladies de nuit
Qu’a-t-il pu se passer ?
Quand la violence s’invite dans nos maisons
La jalousie dans la fratrie
« Tu vas bien devoir finir par sévir un jour ! »
3. À la maison, qui dort où ? quand ? comment ?
À chacun son lit
Le sommeil expliqué à mon fils ou à ma fille
Il est l’heure d’aller se coucher !
Quelle activité avant le coucher ?
Entre punition et récompense, mon cœur balance…
4. J’ai tout essayé !
Allô, coach dodo ?
Laissez le papa y aller !
Son cerveau n’a pas de bouton « off »
Essayez de ne rien faire
Et vous, comment dormez-vous ?
Conclusion
Pour aller plus loin…
Albums pour enfants
Table des activités
Fiches détachables
Introduction

L orsque vous avez annoncé aux amis que vous alliez avoir un enfant pour la première fois, ceux qui étaient déjà parents vous ont tous répondu : « Profitez de vos dernières nuits complètes ! Dormez tant qu’il en est encore temps ! Faites le plein de sommeil car, après sa naissance, vos nuits ne seront plus jamais les mêmes… » Vous n’aviez pas tellement envie d’y croire : « N’exagérons rien, pensiez-vous, on dirait qu’ils nous parlent de l’arrivée d’un ouragan ! »
En vérité, les premières nuits d’un nourrisson, les réveils nocturnes des enfants plus grands, les difficultés à s’endormir… cette accumulation de nuits hachées (menu) ne nous fait pas l’effet d’un ouragan mais d’un véritable cataclysme ! Tout vole en éclats : notre patience, notre tolérance, nos illusions, notre écoute, nos échanges avec notre conjoint(e), notre discernement, nos dîners dans le calme, nos soirées séries, la lecture de deux chapitres successifs d’un bon bouquin, nos câlins du soir et du matin…
D’une vie de couple où chacun fait un peu ce qui lui plaît, à l’horaire qui lui convient, nous passons à une vie à trois, avec un nouveau membre de la famille présent partout, tout le temps, à toute heure du jour et de la nuit, et qui dépend entièrement de nous pour tout.
Quand les heures de répit sont rares, nous pouvons vite nous sentir envahis, dépassés. Et en dépit de tous les débats autour du congé paternel, nous connaissons tous des papas soulagés d’arriver au travail le matin, de s’offrir une trêve d’une dizaine d’heures sans pleurs, sans changement de couche. Ils rentrent ainsi en pleine forme en fin de journée pour prendre le relais (ou pas) !
Nous ne vivons plus que sur les nerfs et ceux-ci lâchent un peu trop régulièrement. Respirez, vous n’êtes pas seuls, il y a des solutions pour vous apaiser et pour que vos nuits deviennent un peu plus douces.
En quatre chapitres, j’ai choisi de mettre en avant ce qui fonctionne comme ce qui fonctionne moins, de répondre aux questions que nous sommes nombreux à nous poser.
Je dis « nous » parce qu’avec deux enfants de 5 et 7 ans, j’ai cru bon de mener une complète investigation, j’ai mouillé la chemise (de nuit) en passant des nuits à me lever, me relever (pour les besoins de l’enquête bien sûr), des soirées à les coucher, les recoucher. Comme me l’a dit mon fils il y a quelque temps : « On t’a aidée à écrire ton livre cette nuit quand on s’est réveillés à 2 heures du matin. » Merci mes enfants !
Et sachez que :
• Vous n’êtes pas seuls ! Même si, quand vous faites les cent pas dans votre salon à 3 heures du matin en berçant votre nourrisson lové dans vos bras, la seule lumière que vous apercevez par vos fenêtres est celle d’une télévision restée allumée.
• Cela s’arrête un jour. Oui il y a le soleil au bout du tunnel même si celui-ci vous paraît interminable.
• Vous faites votre possible bien que vous vous sentiez maladroit. Plus votre enfant vous semble agité et plus vous vous remettez en question : et si mon enfant était en souffrance ? Aurait-il fallu que je l’allaite ? Aurais-je dû le garder un mois de plus plutôt que le mettre à la crèche… ? Et s’il était hyperactif ?
Laissez-vous le temps de franchir les étapes, n’anticipez pas les probables coliques que l’on vous a tant décrites, les pleurs du soir, l’angoisse de séparation, les cauchemars... Si tout ceci existe bien, nul besoin d’anticiper, apprenez à accompagner le mouvement, au rythme de votre enfant et en vous ressourçant le plus souvent possible.

Des nuits que je ne dors pas et ça commence à me taper sur le système ! Il me faut une solution rapide, accessible, et surtout efficace…

J’ai recueilli de si nombreux témoignages de patients ou d’amis que j’ai fini par me demander s’il était possible d’être parent et de bien dormir. Oui, c’est possible, accrochez-vous ! Dès lors que vous comprendrez ce qu’il se passe pour eux, tout ira beaucoup mieux.
1
Le sommeil se construit nuit après nuit
Pleurs
Allaitement
Biberon
Repères
Cauchemar
Sécurité
Rituel
Calme
Instinct
Observation
AIDEZ-MOI À RÉGLER MON BÉBÉ !

Anatole a 4 mois et il ne fait toujours pas ses nuits. Pourtant je suis entourée d’amies dont les enfants ont fait leurs nuits au bout de quelques semaines. Est-ce normal si mon fils ne dort pas ? À quel âge fera-t-il ses nuits ?

Nous attendons du nourrisson qu’il « fasse ses nuits » le plus rapidement possible. Autrement dit, nous lui enjoignons dès ses premiers jours de vie de faire quelque chose qui lui était jusque-là totalement inconnu : dormir sans interruption pendant toute une nuit, que celle-ci dure huit heures pour les plus exigeants ou six pour les plus résistants.
À la naissance, le bébé ne sait pas encore distinguer la nuit du jour ; il l’appréhendera petit à petit, même si, in utero, il sentait déjà bien la différence entre les moments de repos et les moments d’agitation. Il attendait d’ailleurs souvent le repos de sa maman, la percevant attentive, pour se mouvoir et communiquer avec l’extérieur. Or, plus qu’un apprentissage, le sommeil s’apprivoise. Il n’y a donc pas d’âge pour faire ses nuits, ni de règles, ni de généralités. Il existe quelques repères dans le temps pour vous guider et surtout de bons réflexes pour ne pas vous décourager.
S’il est vrai que certains bébés font leurs nuits très tôt, le rythme circadien (processus biologiques qui se produisent dans notre corps sur une durée de vingt-quatre heures, dont l’alternance veille/sommeil) met plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à s’installer. Chez les enfants comme chez les adultes, il y a des petits dormeurs et des gros dormeurs. Quand les réveils nocturnes sont quotidiens et qu’ils persistent, la vie des parents peut devenir un enfer. Les pleurs si naturels de l’enfant sont alors vécus comme des agressions et les parents sont prêts à tout pour récupérer quelques heures de sommeil et de calme .
Entre les bébés qui dorment le jour et pas la nuit, ceux qui ne font que des siestes de vingt minutes, ceux – plus rares – qu’il faut réveiller pour les nourrir, ou encore ceux qui ne s’endorment qu’en tétant ou en étant bercés, très tôt le tempérament de l’enfant se dessine et les réponses apportées par son entourage lui seront essentielles. Comprendre le fonctionnement physiologique d’un bébé et avoir quelques repères sur le nombre de tétées, sur son poids par rapport à son âge, sa croissance, est important, mais votre enfant ne cochera pas toutes les cases des guides parentaux. Le sommeil des enfants selon leur âge correspond à des cycles qu’il est utile de connaître. Intégrez donc ces repères avant de vous en détacher.
BON À SAVOIR
LES CYCLES DE SOMMEIL DU BÉBÉ SELON SON ÂGE
Entre 0 et 3 mois, le bébé dort entre 17 et 20 heures. Il a des cycles de 50 minutes (contre 90 minutes chez l’adulte), qu’il enchaîne parfois. Son cycle se compose de deux phases :
• phase 1, le sommeil agité dit paradoxal : l’enfant peut alors bouger, émettre des sons, mais il ne faut surtout pas le réveiller sinon le cycle est rompu ;
• phase 2, le sommeil calme : l’enfant ne bouge plus.
Ces deux phases sont inversées chez l’adulte. Les cycles peuvent être influencés par la qualité de l’environnement et la maturation neurologique propre à chacun.
De 3 à 6 mois, les cycles sont plus longs : 70 minutes. Le bébé dort environ 15 heures par jour.
Entre 6 et 12 mois, ils dorment 8 à 12 heures par nuit (avec une période de turbulences, entre 7 et 11 mois, liée à l’angoisse de séparation).
Entre 12 et 18 mois , il fait une grosse nuit et une à deux siestes la journée.
Entre 3 et 5 ans, le sommeil de l’enfant se rapproche de celui de l’adulte.
85 % des bébés font leurs nuits à partir de 6 mois en dormant 5 à 6 heures d’affilée (il y a de l’espoir – ou pas !) …
Il y a la théorie et puis il y a la pratique. Certains parents ont l’impression que leur bébé ne dort jamais ou appréhendent de le voir cumuler les siestes la journée et ne plus trouver le sommeil la nuit. Et si l’enfant pleure quand on le couche ou qu’il se réveille au bout de seulement vingt minutes, que faire ? Autrefois on disait que pleurer permettait au nouveau-né de développer ses poumons. Aujourd’hui encore, on entend çà et là qu’habituer un bébé à être dans les bras, c’est prendre le risque d’en faire un enfant tyran !

Peut-on laisser pleurer un bébé ?
Laisser pleurer un nourrisson sans intervenir pour qu’il trouve lui-même son sommeil est une croyance encore largement partagée. Elle persiste car, dans bien des cas, elle fonctionne, à court terme en tout cas.
Mais que se passe-t-il pour lui au moment des pleurs ? À la lumière des neurosciences affectives et des travaux du docteur Catherine Gueguen, pédiatre spécialisée dans le soutien à la parentalité, nous savons que répondre aux pleurs du nouveau-né ne fera pas de lui un tyran, bien au contraire. C’est ce qui lui permettra de se sentir suffisamment sécurisé affectivement par ses parents pour se détacher sereinement quand il sera prêt.
Les pleurs font partie de la vie d’un nouveau-né. Ils sont plus ou moins intenses selon les enfants et peuvent être très pénibles à vivre pour leurs parents. « Les pleurs sont la première cause de maltraitance de l’enfant », rappelle le docteur Gueguen. Les parents totalement désemparés, stressés, excédés par ces crises de larmes quotidiennes ont besoin d’être accompagnés, d’apprendre à comprendre les pleurs pour mieux y répondre.
Avant l’âge de 4 ans, l’enfant n’est pas capable de s’apaiser seul ni de gérer ses émotions. Quand on le laisse pleurer, des molécules de stress (cortisol et adrénaline) sont sécrétées. Or elles sont très toxiques pour son cerveau encore immature et peuvent, à terme, détruire des neurones.
Si, malgré tout, l’enfant parvient à se calmer après une crise de larmes, il aura intégré que personne ne lui vient en aide au moment où il en a besoin. Au lieu de lui transmettre les compétences socio-émotionnelles essentielles comme l’empathie, la bienveillance, l’écoute active, on ne lui donnera pas d’autre choix que de se couper de ses émotions pour survivre. Un enfant – particulièrement entre 0 et 1 an – qu’on a laissé pleurer est un enfant déconnecté de ses émotions, qui peut développer plus tard des comportements agressifs, être dans l’opposition systématique pour se défendre. Il aura alors besoin d’un long travail de reconstruction pour apprivoiser ses émotions. Vous voyez le patron caractériel qui manage ses équipes en aboyant ? C’est un enfant qu’on a laissé pleurer. CQFD.
 
LE POINT DE VUE DE…
Julie, maman de Gaspard (6 ans) et Louise (4 ans)
Entre 0 et 1 an, Gaspard n’arrivait pas à s’endormir seul sans le contact de mon bras que je glissais entre deux barreaux de son lit. Quand je ne sentais plus mon bras, c’était le signe qu’il dormait ! La méthode ne me semblait évidemment pas la bonne. Pourtant, celle de la psychologue que j’avais consultée ne me plaisait pas davantage : elle consistait, après avoir rassuré Gaspard, à l’enfermer à clef dans sa chambre et à le laisser pleurer sans intervenir, même s’il allait jusqu’à vomir. Selon la psychologue, en quelques semaines le problème serait résolu. À bout de forces, j’ai suivi son conseil. Les hurlements au coucher duraient jusqu’à quarante-cinq minutes ! Je tenais bon parce qu’on m’avait dit que cela fonctionnait et je voulais à tout prix récupérer mes soirées. Ça a marché : au bout d’une dizaine de jours, Gaspard a fini par s’endormir seul. Mais le répit a été de courte durée. Quelques mois plus tard, il s’est mis à se relever toutes les nuits pour voir si nous étions là, terrifié à l’idée d’être abandonné seul dans son lit. Il a mis cinq ans à trouver le sommeil et à ne plus se relever la nuit, grâce à un long travail de réconfort, de réassurance et de gestion de ses émotions au coucher.
Biberon ou allaitement maternel : quel impact sur son sommeil ?
Vous n’êtes pas encore décidée sur votre mode d’ allaitement (sein ou biberon ) et vous ne savez pas si votre choix aura un impact sur le sommeil de votre bébé.
S’il est évident que la mère sera davantage sollicitée en optant pour l’allaitement au sein, cela ne veut pas dire que le père n’aura rien à faire, bien au contraire. La mise au sein peut s’avérer compliquée, parfois douloureuse, et la mère a considérablement besoin de soutien moral. Donner le sein à son enfant n’est pas un sujet anodin – il fait encore grand débat. L’ancienne génération ayant vécu le biberon comme un progrès peut avoir l’impression d’un retour en arrière en voyant leurs filles décider de donner le sein. Dans les maternités, le personnel n’est pas toujours suffisamment présent pour les encourager.
Il y a les « pro » et les « anti », chacun a son avis sur la question. C’est pourtant une question profondément intime, personnelle, qui ne regarde que les parents concernés. Il n’y a aucun jugement à porter sur l’une ou l’autre façon de nourrir un enfant.
L’allaitement au sein se vit à deux (à trois), même si la relation à la mère est particulière. Le père peut quant à lui investir d’autres domaines comme la toilette, le bain, l’habillage, les promenades, l’éveil, les chansons, les histoires, les pleurs du soir… Les activités du quotidien ne manquent pas pour tisser la relation dès les premiers jours.
BON À SAVOIR
L’ALLAITEMENT AU SEIN EST UN ENGAGEMENT
• La montée de lait ne se fait qu’au troisième jour. Avant, le bébé tète le colostrum, très nourrissant mais moins abondant.
• À partir du troisième ou quatrième jour, les seins se gonflent à chaque montée de lait, signe que vous pouvez mettre votre bébé au sein afin d’encourager la production de lait. C’est un cercle vertueux : plus vous le mettrez au sein, plus vous produirez de lait.
• Au moment où le bébé tète, la douleur est vive. C’est normal. Si vous avez l’impression que l’on vous enfonce un petit bouquet de chardons sur le mamelon, bienvenue au club ! Mais sachez que ce n’est que passager. Badigeonnez-le de crème grasse compatible avec l’allaitement (de type Lansinoh).
• Vous êtes perdue, vous avez des questions, des angoisses ? Adressez-vous à La Leche League ( www.lllfrance.org ) ou aux conseillères en lactation qui sont des ressources bienveillantes indispensables.
• Parlez-en à la sage-femme qui vient vous voir après la sortie de la maternité.
• Tentez d’autres positions si vous n’êtes pas à votre aise : plus vous serez détendue, mieux il tétera.
• Tirez votre lait pour passer le relais. On trouve des tire-lait manuels ou électriques en pharmacie (vente ou location). Le lait se conserve au réfrigérateur plusieurs jours et se congèle très bien.

Une fois l’allaitement installé, les positions stabilisées, tout se déroule à merveille. À tel point d’ailleurs que l’enfant peut y prendre goût et en redemander tant et plus. La limite est la sienne. S’il a trop envie de téter et qu’il boit trop, il régurgitera le surplus. Il faudra alors lui proposer une tétine pour qu’il tète sans nécessairement boire. Profitez de ces moments qui sont si éphémères et tellement magiques.
Les enfants font-ils plus vite leurs nuits quand ils sont au biberon ? Sont-ils plus facilement rassasiés ? Tous les cas de figure existent : des bébés nourris au sein qui font leurs nuits à 2 mois, des bébés nourris au biberon qui ne font toujours pas leurs nuits à 16 mois.
 
LE POINT DE VUE DE…
Virginie, maman de Raphaël (7 ans), Yoan (3 ans) et Victor (7 mois)
J’ai allaité mes trois garçons exclusivement au sein et ils ont tous les trois fait leurs nuits à 4 mois. Pour l’aîné, cela correspondait au moment où j’ai repris le travail, donc cela tombait bien, je pouvais arriver au bureau sans être trop fatiguée. Pour le dernier, j’aimerais continuer l’allaitement mixte, en alternant sein et biberon pendant un an. Le fait qu’ils m’aient laissée dormir rapidement la nuit m’a aidée à me sentir en forme et à décider de poursuivre le sein le plus longtemps possible.
Ni l’allaitement au sein ni celui au biberon ne doivent être envisagés seulement dans l’espoir que le bébé fasse ses nuits le plus vite possible. Il peut mal digérer le lait industriel, voire ne pas le tolérer du tout, alors qu’il n’y a pas d’intolérance possible au lait maternel.
Oui, mais au sein, on ne sait pas quelle quantité il boit… En êtes-vous sûre ? Observez bien votre bébé, sa manière de téter, de déglutir. Observez votre sein se vider. Certes, vous ne connaîtrez pas la quantité de lait qu’il aura bu au milligramme près, mais votre bébé sera votre indicateur. Avec le sein, au moins, quand il semblera repu, vous n’insisterez pas. Il boira à volonté et à son rythme.
Si vraiment le fait de ne pas voir la quantité qu’il boit vous angoisse ou si vous avez l’impression de ne pas avoir assez de lait, tirez-le avec un tire-lait (en vente ou en location en pharmacie). Si vous remplissez un biberon, donnez-le-lui ou congelez-le (pour avoir un biberon de sécurité) et continuez à vivre normalement. Si vous avez du mal à tirer votre lait, mangez, buvez, reposez-vous et réessayez un peu plus tard.
Et si, malgré tout, l’épuisement et l’anxiété persistent, passez au biberon. Personne ne vous en voudra : il s’agit de votre corps, écoutez-le. Mieux vaut une mère et un père qui donnent le biberon apaisés et heureux qu’une lutte autour de la mise au sein. Quand votre enfant passera au biberon, il dormira peut-être toute la nuit, mais peut-être pas : il est important de le savoir pour éviter d’être déçue.
BON À SAVOIR
UN BIBERON PLUS RICHE LE SOIR : SOLUTION OU IDÉE REÇUE ?
Inutile d’ajouter des céréales dans le biberon du soir pour faire « tenir » votre bébé plus longtemps. C’était peut-être utile il y a plusieurs décennies quand nos laits n’étaient pas suffisamment riches, mais aujourd’hui ce serait lui apporter un excès de calories, voire perturber son endormissement. Quand on est plus lourd le soir, trouver le sommeil est beaucoup moins aisé, pour eux comme pour nous !

Je ne suis pas Superwoman !
« Il faut que tu dormes pendant qu’il dort », c’est ce que tout le monde nous répète à l’envi. Mais il dort si peu ! Et quand il dort, nous avons tant de choses à faire : ranger la maison, aller chercher les aînés à l’école, repasser le linge, faire les courses… Nous sommes vite à bout de forces et n’arrivons plus à profiter ni du nouveau-né ni des aînés. Nous n’avons en réalité qu’un seul désir : que ce rythme infernal s’arrête ! Les conseils de l’entourage ne correspondent pas forcément à notre réalité. Ce qui vaut pour les uns ne vaut pas pour les autres, sans parler des conseils de parents de plus grands enfants qui ont un peu oublié ce qu’était un nourrisson au quotidien tout en étant persuadés de tout savoir…
L’accumulation du manque de sommeil nous rend tous et toutes irritables, impatients, intolérants. Nous vivons à cran, mais le jour où les nerfs nous lâchent, tout s’écroule. Les conséquences sont nombreuses. La vie sociale en prend un coup : nous n’osons plus accepter d’invitations à dîner de peur d’en être incapables physiquement. Que dire de l’intimité du couple lorsqu’elle est rythmée par les pleurs des enfants, les réveils nocturnes, les réveils à l’aube… La moindre étincelle peut engendrer des conflits entre parents : « Je t’avais dit de ne pas le laisser pleurer ! », « Pourquoi tu lui as redonné un biberon ? », « Je ne suis pas d’accord pour qu’il dorme dans notre lit » … Quant aux conseils de l’entourage, nous entendons tout et son contraire et il y a toujours des messages culpabilisants qui nous font tout remettre en cause ou nous sentir de mauvais parents. Suivons notre instinct , écoutons-nous un peu plus et apprenons à confier notre enfant (voir p. 98 ).
BON À SAVOIR
POURQUOI CONSULTER UN OSTÉOPATHE ?
L’arrivée au monde d’un enfant est un bouleversement pour tout le monde mais en premier lieu pour lui-même. Le chemin qu’il a dû parcourir pour venir jusqu’à nous n’est pas sans conséquence sur son corps et c’est tout son être qui a besoin de retrouver un équilibre. Dès ses premiers jours de vie, le bébé peut se faire manipuler par un ostéopathe professionnel lorsqu’il ne dort pas bien, mais également s’il a des difficultés pour boire, digérer, bien grandir, comme en témoigne Dominique Renauld, ostéopathe à Paris : « Je touche le crâne du nourrisson comme on toucherait une peau de pêche dont on ne veut surtout pas abîmer l’intérieur. » Que le nourrisson ait vécu un accouchement normal, par césarienne, aidé des forceps ou des ventouses, son crâne est totalement élastique et pourra être modelé de manière plus ou moins harmonieuse. « C’est sur la dure-mère que j’interviens majoritairement. Cette membrane qui entoure le cerveau et la moelle épinière va absorber les tensions tout au long de notre vie. Parfois le crâne de l’enfant a été compressé in utero ou lors de l’accouchement. J’interviens sur toutes les zones osseuses du crâne, mais aussi sur l’abdomen et le sacrum. Je normalise ainsi ce qui ne l’est pas et permets de recréer l’équilibre dont l’enfant a besoin pour bien dormir. Le bébé perçoit tout. Tous ses sens sont en éveil pour apprendre comment fonctionne le monde. Si son environnement est agité, cela influera sur la qualité de son sommeil. Mes interventions lui permettent de retrouver la sérénité nécessaire à son bon développement. »
ACTIVITÉ
LA LISTE DE VOS ENVIES
Au lieu de courir derrière la récupération de minutes de sommeil, offrez-vous des temps de qualité pour vous, rien que pour vous. Ces moments vous sont indispensables. Avant de mettre le masque à oxygène à ses enfants, on se le met d’abord à soi !
1. Faites une première liste de toutes les activités dont vous rêvez, que nous n’avez jamais le temps de faire et qui vous régénèrent, qu’elles soient réalisables ou pas : téléphoner à une amie, lire, danser, chanter, sortir (films, expos, concerts, spectacles, restos), s’occuper de soi (massage, manucure)…
2. Fabriquez un bullet journal : détachez et photocopiez la fiche 2 en fin d’ouvrage (ou dessinez vous-même votre calendrier). Dans le cadre prévu à cet effet, notez la liste de vos envies pour la semaine. Le temps que vous y consacrerez est précieux, car c’est un moment de pause libérateur et bénéfique.
3. Choisissez 1 ou 2 activités pour la semaine et planifiez-les sur votre calendrier. Vous augmenterez le nombre des activités au fur et à mesure de vos possibilités.
4. Affichez votre bullet journal sur le miroir de la salle de bains ou devant votre bureau.
COMMENTAIRES

Tant que ces activités ne seront pas planifiées, il n’y a aucune chance qu’elles se réalisent comme par miracle. Plus elles seront concrètes (par exemple « Boire un verre avec Anna et Clara tous les vendredis à 18 heures ») et moins vous les annulerez (c’est le même principe que celui d’un abonnement à une salle de sport !).
Et si vous vous adaptiez à son rythme ?
Entre 1 et 3 ans, un bébé se réveille trois fois par nuit en moyenne. Si votre bébé a 1 an, vous avez encore deux ans de nuits hachées à supporter… Au secours ! Vous pouvez avoir lu toute la littérature qui existe sur le sujet et bénéficier de tous les conseils des mères et grand-mères de votre entourage, l’histoire de votre enfant et de votre relation est unique et vous allez tout apprendre par et avec lui. C’est en l’écoutant et en l’observant que vous saurez ce dont il a besoin. Bien sûr, ce n’est pas facile au début : certaines de ses réactions seront tout à fait déconcertantes, mais autorisez-vous à adapter votre vie à la sienne, en tout cas les premiers temps.
Votre bébé a besoin de repères. Si le laisser pleurer ne lui apportera aucune compétence psycho-sociale, en revanche vous pouvez lui donner un cadre pour qu’il apprenne à s’endormir seul. Car s’il prend l’habitude de s’endormir au sein ou en étant bercé, et qu’une fois endormi vous le posez délicatement dans son lit, il risque, s’il se réveille dans la nuit, de ne pas pouvoir retrouver le sommeil sans être mis au sein ou dans vos bras.
Essayez autant que possible de le faire dormir dans son lit, surtout la nuit. Installez un rituel du coucher très tôt, avec une petite histoire inventée ou lue, ou une chanson, et posez-le dans son lit en le rassurant : « Tu peux t’endormir tranquillement, papa et maman veillent sur toi et continuent à t’aimer même quand ils ne sont pas avec toi ; nous serons heureux de te retrouver demain matin », puis sortez de la chambre.
Votre bébé peut choisir un doudou ou prendre une tétine s’il a un fort besoin de succion. Mais laissez la tétine dans le lit car très vite elle freinera son élocution et ses sourires s’il la garde dans la bouche pendant la journée.
Ces habitudes vont permettre à votre bébé d’intégrer petit à petit les différentes étapes du coucher. Évitez de rester avec lui jusqu’à son endormissement avant de partir à pas de loup. L’enfant n’en retient aucun apprentissage et risque de vous réclamer au premier réveil.

Je vois beaucoup d’amies qui emmènent leur bébé partout où elles vont. Ils dorment dans leur poussette, sur la banquette d’un restaurant ou dans un porte-bébé. Les bébés peuvent-ils vraiment dormir partout ?

Vous venez d’accoucher et vous avez décidé que votre vie ne serait pas bouleversée par l’arrivée d’un bébé. Vous avez envie de continuer à sortir, voyager, crapahuter, et vous avez raison. Votre vie ne va pas s’arrêter, mais la mise au monde d’un enfant implique une responsabilité envers lui. Mettez-vous quelques instants dans sa peau : de quoi a-t-il besoin les premiers mois de sa vie ? Comment ses besoins peuvent-ils s’adapter aux vôtres et vice versa ? Au-delà des besoins primaires, un bébé a besoin de ses deux parents et de contacts charnels quotidiens.

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