Entre mes lèvres mon clitoris
90 pages
Français

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Description


Les étonnantes révélations du clitoris



Alexandra Hubin et Caroline Michel lèvent le voile sur le clitoris, organe-clé du plaisir féminin qui a longtemps été refoulé. En libérant la parole et en le montrant tel qu'il est, elles désacralisent cet organe mystérieux et permettent à chaque femme (mais aussi à chaque homme) de se familiariser.



avec lui afin de mieux l'apprivoiser.



Saviez-vous que le clitoris peut mesurer jusqu'à 11 centimètres ? Et que le fameux point G s'appelle en fait la "zone C" ? Les révélations s'égrènent au fil des pages et vous permettent de découvrir cet organe synonyme de jouissance qui ne demande qu'à être aimé. Alors, clitoridienne ou clitoridienne ? Ne cherchez plus !



Alors clitoridienne ou clitoridienne ? Ne cherchez plus !




  • Clitoridienne ou clitoridienne


  • Ce qu'on en sait, ce qu'on en dit


  • Les exigences du clitoris


  • Les étonnantes révélations du clitoris


  • Rencontre intime avec le clitoris

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 février 2018
Nombre de lectures 347
EAN13 9782212599473
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0017€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LES ÉTONNANTES RÉVÉLATIONS DU CLITORIS

Un livre à soffrir et à partager


Alexandra Hubin et Caroline Michel lèvent le voile sur le clitoris, organe-clé du plaisir féminin qui a longtemps été refoulé. En libérant la parole et en le montrant tel qu’il est, elles désacralisent cet organe mystérieux et permettent à chaque femme (mais aussi à chaque homme) de se familiariser avec lui afin de mieux l’apprivoiser.
Saviez-vous que le clitoris peut mesurer jusqu’à 11 centimètres ? Et que le fameux point G s’appelle en fait la « zone C » ? Les révélations s’égrènent au fil des pages et vous permettent de découvrir cet organe synonyme de jouissance qui ne demande qu’à être aimé.
Alors, clitoridienne ou clitoridienne ? Ne cherchez plus !


Fondatrice de la sexologie positive (« SexoPositive ») s’attachant aux clés d’une sexualité épanouie, Alexandra Hubin est docteur en psychologie et sexologue. Consultante en sexologie en clinique, elle est l’auteure de plusieurs ouvrages et intervient dans les médias.


Caroline Michel s’appelle Michel comme tout le monde, mais parle de sexe comme personne. Journaliste en psycho et sexo pour la presse féminine, elle est également l’auteure du blog ovary.fr .
ALEXANDRA HUBIN • CAROLINE MICHEL
ENTRE MES LÈVRES
MON CLITORIS
Confidences d’un organe mystérieux
Groupe Eyrolles 61, boulevard Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05 www.editions-eyrolles.com
Illustrations des clitoris : Lori Malépart-Traversy Création de maquette et mise en pages : Pomkipik Illustrations techniques des pages 67 , 68 , 69 , 113 , 116 : Hung Ho Thanh
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2018 ISBN : 978-2-212-56877-6
Remerciements

Nous remercions :
Gwénaëlle Painvin, notre éditrice, pour son audace et sa confiance, ainsi que toute l’équipe des éditions Eyrolles pour son investissement.
Les clitoris de nos amies et des femmes de l’atelier que nous avons organisé, pour leurs maintes révélations.
Vincent et Mathieu, pour avoir joué les bénévoles dans l’intimité et supporté que nous n’ayons que le clitoris à la bouche.
Les hommes de notre entourage, pour leurs confidences et leur regard sur la sexualité féminine.
Nos ex, pour avoir souvent cherché et parfois trouvé.
Et enfin, Lori Malépart-Traversy, qui a prêté son trait au projet et qui ne pouvait nous offrir une plus belle couverture. Pour voir le film de Lori, c'est ici.


www.youtube.com/watch?v=J_3OA_VZVkY
Aux clitoris
Sommaire
Introduction
Clitoridienne ou clitoridienne
1 Vous avez un maximum de « B » : vous êtes clitoridienne !
Pénétration for ever
Point G (coordonnées 26.622833-70.876729)
2 Il s’en va et il revient
La découverte du clitoris
Cher Freud
Le mythe de l'orgasme vaginal
L'arrivée du point G
Tout va mieux (ou presque)
3 Le clitoris, une bête noire plutôt rose
Foutue pression (et sans jeu de mots)
Le mieux est l'ennemi du bien
Ce qu’on en sait, ce qu'on en dit
4 Mon corps, mon sexe et moi
5 Le clitoris sur les bancs de l’école
Éduquer mieux
Entre zézette et clito, on dit quoi aux enfants ?
6 Alors le clitoris, comment est-il ?
Les exigences du clitoris
7 À chacune sa vérité
8 Dire oui au plaisir
Trop comme ci ou trop comme ça
Deux ou trois papillons dans le ventre
Trouver le temps du plaisir
Le lâcher-prise, un concept fourre-tout ?
Quand on pense un peu trop
9 Se connecter à son corps
Je t'observe et te respire
Les vertus du massage sensuel
Fermer les yeux et…
Le plombier et sa tuyauterie
Les étonnantes révélations du clitoris
10 Les promesses du clitoris
Les réactions physiologiques du clitoris à l'excitation
Quand une pause s'impose
La taille du gland joue-t-elle un rôle dans le plaisir ?
Le priapisme ou le syndrome de l'érection folle
11 Le vagin, voisin intime du clitoris
Le (vrai) point G s'appelle zone C
La taille du vagin est-elle importante ?
À la rencontre du plaisir vaginal
Qui dit encore orgasme vaginal ?
Rencontre intime avec le clitoris
12 Les caresses pour ravir notre clitoris
Le plaisir entre ses doigts
La langue dans tous ses états
Pommeau de douche et canard en plastique
Avec son pénis ou une courgette
Jouer la partition avec son corps entier
13 Présenter son clitoris à son/sa partenaire
Secrets d'une communication sexuelle
Quand les corps trouvent les mots
Le langage érotique
Et la simulation ?
Explorer le clitoris à deux, et tranquillement
Conclusion
Bibliographie
Les auteurs
Introduction

Nous sommes respectivement sexologue et journaliste. Nous employons le mot « clitoris » plusieurs fois par jour, en consultation, au sein de nos articles, mais aussi dans nos lits. Et ces derniers mois, nous ne l’avons jamais autant prononcé (notre éditrice non plus). Longtemps rejeté du paysage sexuel, cet organe sexuel féminin fait aujourd’hui un retour triomphant.
Admettre qu’un organe existe uniquement pour le plaisir des femmes (à ce jour, on ne lui a pas trouvé d’autres fonctions) n’a pas été une mince affaire dans un monde où la sexualité s’est longtemps définie selon la satisfaction des hommes et la pénétration. Si les hommes avaient un clitoris, on l’aurait étudié et mesuré depuis des lustres. On en aurait fait des concours, des dessins sur les murs des lycées, des spams alléchants de techniques pour l’agrandir et des pilules magiques pour le faire durcir en cas d’impuissance.
Aujourd’hui, le temps est venu de rencontrer cet organe qui se trouve au cœur de la jouissance féminine. Encore trop souvent perçu comme un simple bouton rose, le clitoris est bien plus que cela. Il est étonnant, créatif, ingénieux, surprenant, et s’étend sur plusieurs centimètres à l’intérieur du corps. Autant d’adjectifs qui nous ont brûlé les lèvres au fil de l’écriture. Même si, ces dernières années, nous avions pris connaissance des découvertes à mesure qu’elles paraissaient, nous avons eu le sentiment de découvrir les secrets du clitoris durant notre enquête.
Mais pourquoi écrire un livre sur le clitoris, si ce n’est parce qu’il sort de sa cachette et nous fait des révélations stupéfiantes ? Notre but n’est pas seulement d’être focalisées sur cet organe et de déterminer quel est son meilleur profil, mais d’inviter chacune à se balader au fil des pages à la rencontre de son « Moi sexuel ».
Les publications des recherches récentes concernant l’anatomie du clitoris permettent aux femmes de mieux connaître leur corps et donc de mieux accéder au plaisir. Mais cela permet également d’en finir avec un tas d’idées reçues qui régissent la sexualité : l’acte sexuel se composerait d’une entrée (préliminaires), d’un plat (pénétration) et d’un dessert (orgasme) ; certaines positions seraient à privilégier ; il y aurait des femmes vaginales et d’autres clitoridiennes ; le point G existerait (enfin peut-être pas) ; se détendre serait l’unique clé de la jouissance ; l’orgasme dépendrait du savoir-faire du partenaire… Toutes ces croyances (la liste pourrait mesurer sept clitoris), couramment déballées sous forme de mode d’emploi, sont oppressantes. Elles imposent une norme et nous dictent constamment ce que nous sommes censées faire, penser et surtout ressentir.
Il est temps de comprendre qu’il n’existe aucune règle, aucune façon de « bien faire » : en matière de sexualité, chaque femme possède ses propres singularités et ses préférences. Des préférences qui évoluent avec le temps, l’âge, les partenaires, le désir de grossesse, la contraception, l’intensité de la lumière, la musique de fond… Des préférences qui évoluent selon que l’on est mardi ou jeudi. Ce que nous apprend le clitoris, c’est que le plaisir est un tout, et que dans ce « tout » – vaste champ des possibles –, les femmes construisent et déconstruisent leur puzzle à leur guise, seules, à deux ou à dix.
Ce livre n’est volontairement pas construit comme un guide façon recettes de cuisine, car le clitoris – et plus généralement la sexualité féminine – n’a rien à voir avec des pâtes à la carbonara ou un pudding aux graines de chia à dégainer pour épater sa belle-mère. Ce livre est une histoire, un conte, un échange, une chambre à coucher où nous laissons dehors nos complexes. C’est aussi une confidence et un ensemble de révélations sur nous, le monde scientifique et le monde journalistique. Il est né de la volonté de communiquer au grand public ce que le clitoris a de plus beau et de plus grand à nous apprendre sur son fonctionnement, son potentiel, sa bonne tête de gland et le plaisir sexuel féminin.
Nous partageons ici le résultat de notre enquête et de nos pensées les plus intimes. Et nous espérons que vous poserez un regard tout nouveau sur votre sexe, car les dernières révélations sur le clitoris donnent tout simplement envie de se réinventer.
A lors même que le clitoris a officiellement été découvert en 1559 et redécouvert dans les années 1950, nous avons toutes les deux grandi dans un monde qui distinguait l’orgasme vaginal de l’orgasme clitoridien et prétendait, non sans douter, que l’orgasme clitoridien était plus petit que son compère et bien moins transcendant. Au fil du temps, le clitoris a donc brillé par son inutilité ou son absentéisme. Autant dire que sa carrière n’a pas été des plus folles. Un tel rejet s’explique en grande partie par le fait que le plaisir masculin était bien plus considéré et étudié que le plaisir féminin. La sexualité était principalement observée sous un prisme coïtal. Aujourd’hui encore, le phallocentrisme continue d’être brandi comme le plus gros obstacle à la jouissance féminine. Des chiffres et des chiffres le rabâchent. Pour autant, nous observons dans nos lits une attention toute particulière portée au clitoris : si le clitoris revient sur le devant de la scène, les femmes n’ont pas (toujours) manqué d’être actrices de leur plaisir.
1
Vous avez un maximum de « B » : vous êtes clitoridienne !

À l’heure de nos premiers poils et de nos premières expériences sexuelles, dans les années 1990 et 2000, on se posait la question suivante entre copines : « Tu es plutôt clitoridienne ou vaginale ? » Et si nous étions prises d’un doute quant à la réponse, il nous suffisait de faire l’un des nombreux tests proposés par la presse féminine. Selon nos positions préférées, nos habitudes masturbatoires (le polochon ou le majeur), le plaisir ressenti, nous découvrions alors si nous étions plutôt l’une ou l’autre. C’était assez mathématique. Un peu comme on pouvait savoir en trois minutes si l’on allait rencontrer l’amour cet été ou se faire larguer cet hiver (ou les deux). Les tests psycho et sexo débouchant généralement sur trois profils, certaines d’entre nous étaient de grandes chanceuses puisqu’elles entraient dans les deux cases. À la fois clitoridiennes et vaginales, elles démarraient plutôt bien dans la vie.
Mais les « pures vaginales » étaient aussi de sacrées veinardes. Car l’orgasme vaginal était présenté comme un orgasme difficile à atteindre, mais tellement plus intense, tellement plus diffus, tellement plus fort, tellement plus tout que le septième ciel clitoridien. Les filles capables de rencontrer une telle jouissance se comptaient (presque) sur le bout des doigts, tandis que les clitoridiennes étaient bien plus nombreuses. Dans nos souvenirs, les statistiques rapportées dans la presse étaient de cet ordre (plus ou moins) : 30 % de vaginales, 70 % de clitoridiennes. Alors c’est comme ça que se rassuraient la plupart des filles : certes, elles se contentaient peut-être du « petit » orgasme et du « petit » plaisir, mais elles n’étaient pas les seules.
Et puis rien n’était perdu. D’abord, on lisait fréquemment que l’orgasme vaginal avait davantage de chances de survenir à la trentaine, période où la femme se connaît mieux et s’abandonne plus aisément au lit. Mais il était possible de le rencontrer « prématurément », avec un peu de volonté et d’entraînement. La recette se trouvait à côté de celle pour en finir avec les cheveux secs (l’autre mal du siècle). Surtout se détendre (toujours), bien lubrifier (pour une pénétration favorable), stimuler les parois vaginales (et ne pas s’acharner avec des va-et-vient profonds), et ne pas oublier le clitoris, ce « bouton extérieur » qui aidait à faire grimper le plaisir.
Car oui, le clitoris était perçu comme le meilleur jouet des préliminaires, le petit coup de pouce, l’organe idéal pour se mettre dans l’ambiance. Le clitoris, c’était le premier verre du vendredi soir, la gorgée rafraîchissante qui ouvre les vannes, l’interrupteur que l’on actionne avant de crier « Surprise ! » et de lancer les festivités. Aujourd’hui encore, le clitoris est parfois défini comme une zone érogène que l’on active avant que le coït ne démarre vraiment. Un petit apéritif dont on ne se prive pas, mais qui ne rassasie pas (assez).
Nous étions tellement persuadées qu’il existait deux bords qu’il nous arrivait de partager nos ressentis entre copines pour « comparer », avec plus ou moins de pudeur. Histoire de voir si le vaginal était vraiment plus dingue, si le clitoridien était vraiment plus bref et piquant (ou plus simple et ridicule). Et quand une clitoridienne éprouvait un orgasme plus long, elle se demandait alors si (enfin) elle avait touché le Graal (fiesta). Tout le souci était là, on ne pouvait pas réellement savoir à quoi ressemblait l’un ou l’autre de ces orgasmes, ni comment ils étaient susceptibles de s’exprimer dans notre corps. Personne ne fait l’amour de la même façon, et si une position et une caresse procuraient un plaisir inouï à l’une, il n’était pas certain que cela fonctionnât pour l’autre. Question d’habitudes, de préférences, de fantasmes, de sentiments amoureux, d’expériences, de morphologie aussi. Mais on ne le savait pas. On imaginait qu’il existait une série de techniques à appliquer pour mordre l’oreiller à coup sûr pendant de longues minutes. Car oui, l’orgasme vaginal était décrit comme très long.
Peut-être que des filles prétendaient avoir un orgasme vaginal tout simplement parce qu’il débarquait pendant la pénétration. Alors que jouir suite à des caresses externes, seule ou à deux, c’était forcément connaître un orgasme clitoridien puisque le vagin n’avait rien à voir avec la choucroute. Peut-être aussi qu’entendre parler de ce magnifique orgasme, aussi inaccessible qu’extraordinaire, nous induisait en erreur. La moindre sensation différente de la veille pouvait nous faire croire qu’on l’avait atteint. À force de lire qu’il existait, on avait le sentiment de l’approcher, comme une bande d’ados assises en rond qui convoquent les esprits avec détermination et finissent par sentir une vague de frissons leur traverser le ventre : le fantôme est passé par là, non ? Tout le monde approuve. Étant donné l’énergie qu’on y met, forcément, c’est mémé qui vient nous faire coucou depuis l’au-delà.


Pénétration for ever
Et puis, à côté de ça, le Kâma Sûtra (dont le nom indien signifie littéralement « les aphorismes du désir ») – ou plus précisément son livre II qui traite des relations sexuelles et des positions – était relayé sous toutes les formes. Dessins, descriptions, conseils, on apprenait dans quelles positions il était bon de faire l’amour. Le clitoris n’était pas toujours oublié (du moins il l’était de moins en moins). Il n’empêche que la représentation de la sexualité était très phallocentrée. Les films porno aussi nous montraient un mec qui chope six nanas à tour de rôle en levrette après avoir fait tomber son costume d’électricien. Tout passait par le pénis, le bon angle, la bonne position, le bon rythme aussi. Le sexe, c’était simplement une succession de va-et-vient forcenés, qui rendaient le mec fou et la fille hors d’elle. Si bien que lorsqu’on avait 20 ans, à la question « Tu as couché avec combien de mecs ? », on se souvient qu’on répondait « Ça dépend », parce que finalement, s’il n’y avait pas eu pénétration, seulement des baisers, des caresses, bref du plaisir (et pas forcément de jouissance), on ne considérait pas vraiment qu’il s’agissait d’un rapport sexuel. Tout était vu sous l’angle du coït. Est-ce que se caresser avec tendresse dans les toilettes de la fac sans pénétration était un acte sexuel ? Aujourd’hui, la réponse est oui. À l’époque, c’était moins sûr. C’était un rapport avorté, un goûter, voire un truc un peu sale, parce que la pénétration avait tout bon.
Point G (coordonnées 26.622833-70.876729)
Le point G aussi était un sujet de conversation. On ne savait pas bien s’il existait (la question était très controversée), mais des conseils pour le trouver noircissaient les pages des magazines. Si l’on s’y mettait toutes, on allait pouvoir enrichir la recherche et déterminer si oui ou non, le point G était une supercherie ou un pouvoir magique. Se masturber était l’opportunité de tomber sur lui (ou pas, parce qu’après tout, peut-être que toutes les filles n’en étaient pas dotées). On nous suggérait de chercher à quelques centimètres de l’entrée du vagin un point sensible – parce que soi-disant plus innervé – que l’on pourrait reconnaître par une zone de peau parfois plus rugueuse de la taille d’une pièce d’un euro (ou dix francs à l’époque). Ensuite, l’idée était de le presser jusqu’à découvrir de nouvelles sensations, pour un résultat très automatique : tu trouves, t’appuies, tu jouis. De quoi flipper pendant un frottis chez le gynéco. Tout ce qui se tramait dans le vagin était quasi-mystique. Et c’est pour ça que c’était décrété comme meilleur. Ce qui donne moins de fil à retordre, comme le clitoris, est moins prometteur. Plutôt que de s’en remettre à la facilité, poursuivre sa quête était une bonne chose. On était sans cesse encouragée à le faire.
Ce tour d’horizon n’incrimine pas la presse féminine qui vivait avec son temps et a su véhiculer, au fil des découvertes sur le clitoris, de nouvelles révélations. Elle était notre principale source d’informations, et elle nous aidait, mine de rien, à en savoir plus sur le plaisir, notre corps, nos désirs et nos relations. Avec le temps, elle a fait passer de nouveaux messages : stop à la distinction entre orgasme clitoridien et vaginal – ce dernier n’existerait peut-être pas. Stop au point G, il prend la tête et ne serait qu’une réplique du plaisir clitoridien. Mollo sur la pénétration, elle n’est pas la condition sine qua non de la jouissance. Le rôle des médias féminins nous semble primordial. Ils permettent d’informer les femmes, mais aussi de les accompagner et de les aider à mettre des mots sur ce qu’elles ressentent, malgré leur apparence injustement futile et superficielle. Certes, certains articles surfent sur les clichés et souffrent parfois de n’être pas assez documentés, mais qui d’autre aurait pu nous en dire autant sur le plaisir ? Sur le clitoris ? Ou du moins nous inviter à nous poser les bonnes questions en faisant le tri ?
Malgré cela, malgré le nombre d’articles publiés par les plus grands magazines au sujet de l’orgasme et de l’accès à la volupté, la dichotomie vaginale/clitoridienne a survécu. Si, aujourd’hui, on tend à affirmer qu’il n’existe qu’un orgasme, qui naît du clitoris, cette rectification fait bien moins de bruit que l’orgasme vaginal n’a pu en faire à l’époque. Détricoter ce qui a si longtemps été tricoté va demander patience et peut-être bien un brin d’acharnement…
Nos souvenirs de récréations ont vingt ans (aïe) et ces conversations entre copines existent toujours chez les plus jeunes. Pourtant, on en sait un rayon sur le clitoris depuis bien des années. Alors, comment cela est-il possible ? Pourquoi le « faux » persiste-t-il ? Pour comprendre, il faut remonter le temps et parcourir l’histoire du clitoris, mais aussi jeter un œil sur la perception que notre société a de la sexualité, qui s’est longtemps, et activement, définie sous l’angle du plaisir masculin.
2
Il s’en va et il revient

Au fil des siècles, le clitoris – et plus généralement la sexualité féminine – a été soumis à de nombreuses controverses. Un coup sous les projecteurs, un coup à la cave… L’organe dédié au plaisir aurait pu devenir célèbre de tant de remue-ménage. Mais au contraire, il a été mis de côté, comme Jean-Pierre François : un tube et demi, et adieu.
Les recherches actuelles contribuent à faire évoluer son image (au clitoris, pas à Jean-Pierre) et le replacent au cœur du plaisir sexuel féminin, mais ce n’est pas sans difficulté. À croire que le clitoris a trop longtemps été réduit – au sens propre comme au sens figuré – pour qu’un claquement de doigt suffise à lui rendre sa juste place. Sans oublier que l’hégémonie phallocentrique, autrement dit le règne du pénis, n’a jamais accueilli à bras ouverts le clitoris : si la femme peut jouir sans pénétration, elle est définitivement indépendante (quelle horreur !). Alors on a préféré, de tout temps, fermer les yeux sur cet organe.
La découverte du clitoris
Tout commence (ou presque) en 1559. Un certain Mateo Ronaldo Colombo – avec un nom pareil, le garçon était prédestiné –, chercheur anatomiste italien, prétend découvrir le clitoris après l’avoir disséqué (des milliers de fois). Pour lui, ça ne fait pas de doute : le clitoris est le siège du plaisir féminin, l’organe de la volupté par excellence. Colombo revendique ses trouvailles dans son ouvrage De Re Anatomica 1 . Pour l’anecdote, deux ans plus tard, Gabriele Falloppio (qui a donné son nom aux trompes de Fallope), également anatomiste italien, tente de piquer la vedette à son compère. Dans ses Observationes Anatomicae , il écrit qu’il a été le premier à découvrir le clitoris 2 (ce dernier aurait presque pu s’appeler Fallope, donc). Cela dit, si une petite guerre d’ego a lieu, le clitoris et la vulve connaissent à cette période des heures de gloire : ils sont schématisés, gravés, décrits. Les structures internes du clitoris, invisibles à l’œil nu, sont représentées. Le clitoris n’est pas qu’un petit bouton rose, mais un organe complet dont le pouvoir érotique est reconnu.
Et c’est plutôt une bonne nouvelle. Depuis l’Antiquité, on croit que le plaisir joue un rôle dans la reproduction. Une idée véhiculée notamment par Hippocrate

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