Questions Sexo
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Description


La bible pour une sexualité épanouie à tous les âges de la vie !



Quelles sont les clés d'une sexualité épanouie ? Comment améliorer désir et plaisir ? Est-il normal d'avoir des fantasmes ? Quelles sont les zones érogènes chez l'homme et la femme ? Comment fonctionne l'alchimie dans un couple ? Quand faut-il consulter un sexologue ? Comment éduquer les jeunes à la sexualité ? Qu'est-ce que l'identité sexuelle ? La pornographie devrait-elle être interdite ?



La sexualité revêt de multiples aspects et elle est souvent source d'interrogations. Un collège de sexologues et de gynécologues répond sans tabou à toutes les questions que vous vous posez sur le sexe, en l'abordant à travers ses dimensions anatomique, psychologique et sociale.



Cet ouvrage fourmille de détails pratiques et d'informations inédites.



Il vous aidera à dépasser les difficultés quand elles se posent et à sublimer vos relations sexuelles quand tout va bien.




  • Le sexe dans tous ses états


  • Les clés d'une sexualité épanouie


  • La sexualité au fil des âges


  • La consultation sexologique


  • Le sexe dans la société


  • Pour en savoir plus

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 novembre 2016
Nombre de lectures 425
EAN13 9782212223880
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0035€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La bible pour une sexualité épanouie à tous les âges de la vie !
Quelles sont les clés d’une sexualité épanouie ? Comment améliorer désir et plaisir ? Est-il normal d’avoir des fantasmes ? Quelles sont les zones érogènes chez l’homme et la femme ? Comment fonctionne l’alchimie dans un couple ? Quand faut-il consulter un sexologue ? Comment éduquer les jeunes à la sexualité ? Qu’est-ce que l’identité sexuelle ? La pornographie devrait-elle être interdite ?
La sexualité revêt de multiples aspects et elle est souvent source d’interrogations. Un collège de sexologues et de gynécologues répond sans tabou à toutes les questions que vous vous posez sur le sexe, en l’abordant à travers ses dimensions anatomique, psychologique et sociale.
Cet ouvrage fourmille de détails pratiques et d’informations inédites. Il vous aidera à dépasser les difficultés quand elles se posent et à sublimer vos relations sexuelles quand tout va bien.
Jacques Lansac , professeur émérite de gynécologie obstétrique au CHU de Tours et ancien président du CNGOF, a dirigé cet ouvrage collectif avec Patrice Lopes.
Patrice Lopes est professeur de gynécologie au CHU de Nantes et directeur de l’enseignement de la sexologie des CHU de l’Ouest.
Caroline Bee , éditrice et auteure, a collaboré à cet ouvrage.

Organisme de référence pour plus de 6 000 gynécologues et obstétriciens, le CNGOF établit des recommandations de bonnes pratiques destinées à l’ensemble de la profession.
L’Association inter-universitaire de sexologie (AIUS) a pour but le développement scientifique de la sexologie et elle est l’organisme formateur des médecins et professionnels de santé français concernés par la sexualité.
Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) Association inter-universitaire de sexologie (AIUS)
QUESTIONS SEXO
Sous la direction des Professeurs Jacques Lansac et Patrice Lopes
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris cedex 05
www.editions-eyrolles.com

AVERTISSEMENT
Seul un docteur en médecine a le droit d’établir un diagnostic et de prescrire des médicaments. Les conseils contenus dans cet ouvrage ne peuvent en aucun cas se substituer à la prescription d’un professionnel de santé. L’auteur et l’éditeur ne sauraient être tenus pour responsables des conséquences éventuelles d’une automédication maladroite ou d’une mauvaise interprétation du contenu de cet ouvrage.
Attention : la version originale de cet ebook est en couleur, lire ce livre numérique sur un support de lecture noir et blanc peut en réduire la pertinence et la compréhension.
Caroline Bee a collaboré à cet ouvrage
Création de maquette, composition et illustrations : Hung Ho Thanh
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2017 ISBN : 978-2-212-56290-3
SOMMAIRE

Introduction
PARTIE 1
Le sexe dans tous ses états !
1. Anatomie et fonctionnement des organes génitaux
2. L’identité sexuelle
3. La psychologie de la sexualité
4. La masturbation
5. Homo ou hétéro, est-ce un choix ?
PARTIE 2
Les clés d’une sexualité épanouie
6. Le jeu amoureux
7. Les différentes façons de faire l’amour
8. Comment améliorer désir et plaisir ?
9. L’orgasme
10. Le couple
PARTIE 3
La sexualité au fil des âges
11. La sexualité de la naissance à la puberté
12. La sexualité de l’adolescent
13. L’éducation sexuelle
14. Sexualité et contraception
15. Sexualité et grossesse
16. Sexualité et infertilité
17. La sexualité des seniors
PARTIE 4
La consultation sexologique
18. Quand et comment consulter ?
19. Les sexothérapies
20. La dyspareunie et le vaginisme
21. Les troubles de l’érection
22. L’éjaculation précoce
23. Les addictions sexuelles
24. Les infections sexuellement transmissibles
PARTIE 5
Le sexe dans la société
25. Handicap et sexualité
26. Sexualité et religion
27. La pornographie
28. Loi et sexualité
Pour en savoir plus
Lexique
Numéros utiles
Bibliographie
Liste des contributeurs
Introduction

Lorsque l’on tape le mot « sexe » sur Internet, on ne peut qu’être surpris par le nombre impressionnant de réponses trouvées. Les informations disponibles sont le plus souvent à visée commerciale, particulièrement sur les sites pornographiques. Désormais, tout le monde, adultes comme adolescents, a accès à une multitude de données, le plus souvent d’origine et d’éthique douteuses. Le sexe est l’activité que l’on pratique le plus et qui, pourtant, est la moins enseignée.
À travers cet ouvrage, nous avons souhaité – le Collège national des gynécologues obstétriciens (CNGOF) et des experts le plus souvent membres de l’Association interuniversitaire de sexologie (AIUS) – apporter des réponses rigoureuses, censées, scientifiques, humaines mais sans pruderie à toutes les notions concernant le vaste champ de la sexualité. L’ouvrage est construit sous forme de questions/réponses, le lecteur pouvant ainsi se rapporter facilement aux interrogations qui le concernent.
Le rapport sexuel est analysé sur les plans anatomique, physiologique, médical, mais y sont également intégrées les données psychologiques et comportementales, dans une société en mutation constante, comme en témoigne l’évolution des rapports au sein du couple. En effet, la biologie seule n’explique pas le désir et le plaisir qui doivent accompagner la relation sexuelle. Donner des clés pour une sexualité épanouie est l’objectif de ce livre. Une sexualité idéale n’existe pas : des progrès sont toujours possibles et une communication constructive au sein du couple est indispensable. C’est la raison pour laquelle les conflits dans le couple et la souffrance conjugale sont également abordés dans l’ouvrage.
Il ne doit pas y avoir de tabous dans les réponses aux questions concernant la sexualité. Tout est permis entre adultes consentants, mais le fil conducteur d’un rapport sexuel de qualité sera celui du respect de la personne, de la loi et du consentement d’autrui, avec pour objectif d’obtenir une sexualité épanouie. Nous espérons que, grâce aux réponses apportées dans ce livre, la quête du plaisir et de l’épanouissement sera à la portée de tous.
Professeur Patrice Lopes gynécologue obstétricien responsable de l’enseignement de sexologie des CHU de l’Ouest, Nantes-Angers-Brest-Caen-Rennes-Tours-Poitiers
PARTIE 1

Le sexe dans tous ses états !

1. Anatomie et fonctionnement des organes génitaux

Que faut-il savoir sur les organes génitaux féminins ?

Les organes génitaux féminins se composent d’une partie visible et d’une partie invisible, toutes deux d’égale importance.
Ce qui est visible
La vulve regroupe l’ensemble des éléments qui constituent l’appareil génital féminin :
1 Le pubis (encore appelé mont de Vénus), forme une légère protubérance et présente une pilosité en forme de triangle.
2 Les deux grandes lèvres recouvrent l’ensemble des autres éléments vulvaires.
3 Le clitoris est constitué d’un prépuce, d’un gland, surmonté d’un capuchon, et d’un frein. Il est blotti sous les grandes et les petites lèvres. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, le clitoris ne se limite pas à sa partie visible (0,6 cm au repos), mais il se prolonge à l’intérieur du corps de la femme par une structure développée (2 à 3 cm), constituée d’un corps, d’une hampe, d’un coude, de corps caverneux (piliers du clitoris) et de bulbes vestibulaires, ces deux derniers éléments se situant de part et d’autre du canal vaginal (voir figures).
4 Le méat urinaire permet d’évacuer les urines.
5 L’orifice externe du vagin, séparé de sa partie interne par une membrane bien connue, l’hymen, représente l’entrée du canal vaginal.


Organes génitaux féminins externes
6 Le méat urinaire et l’orifice externe du vagin sont entourés par les petites lèvres, en fait mal nommées car elles « débordent » le plus souvent et sont visibles au niveau de la vulve.
Ce qui n’est pas visible
1 Le vagin : ce conduit mesure 8 cm au repos et peut s’étirer jusqu’à 14 ou 15 cm (bien au-delà lors de l’accouchement). La paroi vaginale, qui ne contient pas de glandes, est soutenue par un ensemble musculaire puissant, que l’on appelle le périnée.
2 L’utérus : au fond de la cavité vaginale se trouve le col de l’utérus, qui se prolonge par le corps (chambre à coucher du fœtus).
3 Les trompes de Fallope : au nombre de deux, elles sont situées aux extrémités supérieures du corps de l’utérus.
4 Les ovaires : ces deux glandes internes assurent les fonctions essentielles aux cycles féminins menstruels : la sécrétion hormonale et la production d’ovules.


Organes génitaux féminins internes
Que faut-il savoir sur les organes génitaux masculins ?

Comme chez la femme, l’appareil génital de l’homme se compose de différents éléments externes et internes qui participent aux fonctions sexuelles et reproductrices.
Ce qui est visible
1 Le pénis (ou verge), qui bien que visible, se prolonge à l’intérieur du corps.
On décrit communément trois zones : le bulbe (partie interne) ; le corps ou hampe ; le gland, recouvert par le prépuce chez les hommes non circoncis.
Le pénis est composé de trois compartiments entourés d’une gaine venant se prolonger par le ligament suspenseur de la verge amarré sur le pubis : le corps spongieux, situé en dessous, où circule l’urètre permettant l’évacuation de l’urine et du sperme ; les deux corps caverneux ou corps érectiles situés sur le dessus et latéralement.
C’est grâce aux corps caverneux, ressemblant à des éponges vasculaires, que le pénis peut changer de forme en réponse à une stimulation, par afflux et captage de sang artériel.


Structure interne du pénis
2 Les bourses, constituées du scrotum, revêtement cutané et pileux renfermant les testicules.
Ce qui n’est pas visible
1 Les épididymes, positionnés à la partie haute et postérieure des testicules, sont chargés de recueillir et de stocker les spermatozoïdes produits par ces glandes.
2 La prostate, positionnée à la base de la vessie. joue un rôle dans la composition et l’expulsion du sperme.
3 Les vésicules séminales, situées de part et d’autre de la prostate. Comme leur nom l’indique, elles produisent le liquide séminal, qui rend le sperme plus liquide. Le sperme y reste en réserve entre les éjaculations.
4 Les canaux déférents ou spermiductes conduisent les spermatozoïdes des testicules vers la prostate.


Organes génitaux masculins externes et internes
Que se passe-t-il dans le corps quand on fait l’amour ?

Lorsqu’une stimulation est suffisante et efficace, elle entraîne une réponse physiologique qui ne se limite pas qu’aux organes génitaux. Ces réactions ont été décrites et publiées par les célèbres sexologues Virginia Johnson et Williams Masters en 1966 dans un livre intitulé Les Réponses sexuelles. Dans cet ouvrage, ils y décrivent quatre phases de réponses, communes à l’homme et à la femme : phase d’excitation : cette « mise en condition » correspond à l’apparition d’un certain nombre de modifications dans notre corps qui vont permettre l’accouplement ; phase de plateau : tous les mécanismes de l’excitation sont présents, et les deux partenaires peuvent faire durer leur coït à leur gré ; phase de l’orgasme ; phase de résolution.


Les quatre phases du rapport sexuel selon Masters and Johnson
Toutes les réponses sexuelles, qu’elles soient génitales ou extragénitales, sont variables en intensité et durée chez un même individu, d’un individu à l’autre, et selon son âge. Ainsi, après la ménopause, un certain nombre de femmes ont besoin d’un peu plus de temps pour la lubrification, tout comme les hommes requièrent une stimulation plus longue de la part de leur partenaire pour obtenir une bonne érection.
Chez la femme
Les réactions génitales
1 Les grandes lèvres changent de volume et gonflent modérément.
2 Les petites lèvres sont le siège de modifications plus importantes, avec une augmentation de leur épaisseur et une accentuation de leur couleur.
3 Le clitoris : la réponse clitoridienne est directement liée à la nature de la stimulation. Si un contact de cette zone est trop direct ou trop peu intense, il en résulte soit une douleur, soit un arrêt de la réponse. Si la stimulation est satisfaisante et bien adaptée, la réponse clitoridienne se fait de façon progressive : lors de la phase d’excitation, le clitoris se durcit et s’engorge de sang (turgescence). Il peut augmenter son diamètre de 30 % ; lors de la phase de plateau, il existe une légère rétraction ; lors de la phase orgasmique, le clitoris disparaît à la vue et au contact ; lors de la phase de résolution, le clitoris a une sensibilité exacerbée, qui rend tout contact direct douloureux, pendant une durée plus ou moins longue, alors que la réceptivité intravaginale ou d’autres zones érogènes peut se prolonger.
4 Le vagin et la lubrification : les sensations profondes de la cavité féminine vaginale ne sont souvent découvertes qu’après un apprentissage, c’est-à-dire lorsque la femme possède une certaine expérience sexuelle. Il est en effet rare que le vagin procure des stimulations plaisantes lors des premiers rapports sexuels.
Lors de l’orgasme, il se produit 4 à 6 séries de contractions involontaires espacées de 2 à 3 secondes. Leur intensité et leur nombre sont indépendants de la qualité orgasmique. La femme peut prolonger ces sensations en contractant volontairement les muscles périvaginaux et l’on peut remarquer chez certaines d’entre elles une contraction des muscles abdominaux, provoquant un petit mouvement de flexion du tronc.


Anatomie du rapport sexuel
5 L’orgasme féminin possède deux particularités : Il peut se répéter au cours d’une même relation sexuelle : la stimulation intravaginale peut donner naissance à plusieurs orgasmes consécutifs, (contrairement à ce qui se passe chez l’homme). Sa phase de résolution est très lente par rapport à celle de l’homme. Cette donnée physiologique explique pourquoi, après la relation sexuelle, la femme peut ressentir plus fréquemment et de façon plus prolongée que son partenaire le besoin d’affection et de marques de tendresse. Si la réponse sexuelle est satisfaisante et aboutie, détente et euphorie sont généralement perçues après les ébats.
Les réactions extragénitales
1 Au niveau des seins, on constate : une légère augmentation de leur volume ; un durcissement des mamelons ; une coloration plus vive des aréoles.
Ces réactions sont plus visibles au moment de l’orgasme. Mais elles ne sont ni constantes, ni symétriques, ni obligatoires et peuvent durer de quelques minutes à une heure après l’arrêt des ébats.
2 La rougeur sexuelle, contemporaine d’une phase en plateau bien établie, fait l’objet d’une grande variation inter- et intra-individuelle. Présente chez les trois quarts des femmes, elle se manifeste par des taches rouges maculopapuleuses naissant au niveau de l’épigastre, remontant sur la poitrine avant d’envahir le cou, le visage et le front. elle s’étend chez certains aux épaules, aux avant-bras et aux cuisses. Elle disparaît progressivement en phase de résolution, en connaissant une certaine persistance sur le visage et le cou.
3 La myotonie est une contraction musculaire. Elle se perçoit essentiellement au niveau des mains, des pieds et de la colonne vertébrale.
4 L’urètre, la vessie et le rectum sont le siège de dilatations et de contractions involontaires lors de l’orgasme.
5 Au cours des échanges sexuels, le rythme de la respiration et les battements cardiaques s’accélèrent, ce qui provoque hyperventilation et tachycardie. De façon concomitante, la pression sanguine augmente pour atteindre son maximum lors de la phase orgasmique. Des réactions de sudation, plus ou moins importantes selon les personnes, existent toujours. Des sensations de chaleur ou de froid peuvent être perçues après l’arrêt des stimulations sexuelles.
Chez l’homme
Comme chez la femme, les réactions sexuelles masculines concernent la région génitale proprement dite mais s’étendent également à d’autres zones du corps.
Les réactions du pénis
Lors d’une excitation satisfaisante, les mécanismes physiologiques génitaux se caractérisent par deux grandes fonctions : La fonction érectile a pour but de modifier la conformation du pénis afin que ce dernier puisse réaliser une pénétration et permettre les mouvements de va-et-vient (coït) et procurer un plaisir sexuel optimal lors de cette phase. La fonction éjaculatoire quant à elle, est contemporaine de l’orgasme, mais s’en différencie. Elle a pour résultat de projeter les spermatozoïdes dans l’appareil génital et reproducteur de la partenaire.
1 L’état flaccide
À l’état de repos (flaccide) le fonctionnement pénien est soumis, quasiment en permanence, à un frein actif (système nerveux sympathique). On pense bien souvent que l’homme n’a pas d’érection durant une grande partie de la journée parce qu’il n’est pas excité. En fait, c’est tout simplement son cerveau qui l’empêche de se manifester par une activation du système nerveux sympathique. À l’inverse, le principe accélérateur est représenté par le système nerveux parasympathique, qui transmettra l’état d’excitation cérébrale aux structures péniennes dès que le frein aura été levé.
2 L’érection
Dès que les centres sexuels cérébraux de l’homme sont activés, ils transmettent, par l’intermédiaire du système nerveux parasympathique, cet état d’excitation aux structures péniennes en suivant le trajet de la moelle épinière jusqu’aux nerfs génitaux (nerfs honteux ou nerf pudendal) et à leurs branches.


Anatomie du pénis
Ce réseau nerveux se termine au niveau des structures artérielles composant le pénis : les artères péniennes et caverneuses ; la fine musculature des corps caverneux (contrôlant plus ou moins le passage sanguin dans cette région).
Si, à l’état de repos, ces structures sont rétrécies ou contractées, ne permettant ainsi qu’un très faible débit sanguin à travers les corps érectiles, l’arrivée d’un message nerveux en provenance des aires cérébrales va libérer des substances qui vont provoquer l’augmentation du diamètre des artères et le relâchement de la musculature caverneuse.
Le sang va alors s’engouffrer dans l’éponge artérielle, représentée par les espaces sinusoïdes des corps caverneux, augmentant ainsi leurs volumes et transmettant une pression artérielle aussi forte que celle existant dans le reste de l’organisme. C’est le stade de la tumescence pénienne, où la verge augmente de taille ainsi que de volume et commence à se redresser. On parle alors d’érection, ou tumescence (mais pas encore de rigidité).
3 La rigidité fonctionnelle
Au stade de l’érection, la rigidité nécessaire pour effectuer une pénétration ainsi que les mouvements coïtaux n’est pas encore obtenue. Il faut pour cela qu’un autre mécanisme intervienne et aboutisse à ce que l’on appelle la rigidité fonctionnelle.
Les trois compartiments péniens (les deux corps caverneux et le corps spongieux) sont entourés d’une membrane partiellement élastique, appelée albuginée. L’augmentation de volume des corps caverneux va progressivement déployer cette gaine jusqu’à ce qu’elle atteigne sa circonférence maximale. À partir de cet instant, la poussée artérielle plaque les corps caverneux contre l’albuginée, provoquant ainsi l’écrasement des veines qui se situent entre les deux structures. Le sang afflue toujours dans les corps caverneux et s’y retrouve captif, avec pour conséquence une augmentation de la pression sanguine intracaverneuse. C’est cette pression qui provoque la rigidité fonctionnelle de la verge. Cette dernière poursuit son déploiement et se redresse sur un angle de 120-130° environ à partir de sa position initiale.
Notons que cette rigidité pourra être sporadiquement accrue par les contractions plus ou moins volontaires de la musculature périnéale. Outre l’augmentation de la rigidité, ces contractions, utilisées plus généralement pour arrêter un jet d’urine par exemple, se traduisent par un redressement encore plus prononcé de la verge lorsque l’homme est en position debout.
Ces mécanismes vasculaires se mettent en place très rapidement lors des interactions sexuelles et la rigidité pénienne est obtenue en quelques dizaines de secondes chez l’homme jeune, durant la phase d’excitation. Un baiser profond peut parfois suffire à provoquer spontanément érection et rigidité fonctionnelle. Cette dernière se poursuit tout au long des activités sexuelles, c’est-à-dire durant toute la phase d’excitation et de plateau, permettant ainsi la phase orgasmique et éjaculatoire.
4 Retour à la flaccidité
Après la phase orgasmique, les messages cérébraux stimulants cessant, il s’ensuit un apaisement qui se traduit par un retour à la flaccidité de la verge. Le système sympathique reprend à nouveau son activité inhibitrice : les artères péniennes et la musculature des corps caverneux retrouvent leur tonicité, faisant par là même diminuer l’inondation artérielle. La pression intracaverneuse diminue rapidement et les veines ne sont plus comprimées, laissant partir vers la circulation sanguine générale le sang jusqu’alors reclus dans les vacuoles sinusoïdes.
On parle de période réfractaire, car l’obtention d’une nouvelle érection ne sera possible qu’après un certain temps de récupération. Si cette période peut être assez courte lorsque l’homme est jeune, elle s’amplifie progressivement au fur et à mesure de l’augmentation de l’âge.
Au début de la phase de résolution, tout contact au niveau du gland peut être perçu comme désagréable, voire douloureux, tout comme pour le clitoris chez la femme.
Les réactions extrapéniennes
1 Le scrotum constitue le revêtement cutané des bourses. En phase d’excitation, de plateau et d’orgasme, on assiste à son épaississement avec disparition de la mobilité testiculaire sous-jacente.
2 Les testicules : dès la phase d’excitation et de plateau, ils débutent leur ascension en basculant vers l’avant. Dans la période précédant la phase orgasmique ils se plaquent contre le périnée avant d’entreprendre le retour au repos dès le début de la phase de résolution.
3 Les seins par eux-mêmes ne semblent pas être le siège de modifications particulières chez l’homme. En revanche, 60 % d’entre eux présentent une tumescence mamelonnaire en fin de phase d’excitation, avec pour certains, une sensibilité augmentée au niveau de cette zone.
4 La rougeur sexuelle : elle peut se manifester sur le visage.
5 La myotonie : la tension musculaire devient évidente à la fin de la phase d’excitation et surtout en phase de plateau. Le spasme du pied et des orteils (spasme carpopédal) est rarement observé lorsque l’homme est en position supérieure mais reste plus fréquent lorsqu’il est allongé sur le dos.
6 Le rectum : le sphincter anal se contracte de façon irrégulière durant les phases d’excitation et de plateau, et surtout trois ou quatre fois de façon involontaire de concert avec les contractions des muscles périnéaux durant la phase orgasmique. Elles disparaissent par la suite dès que l’éjaculation est réalisée.
7 Tout comme chez la femme, les battements cardiaques et la respiration s’accélèrent lors du rapport et des réactions de sudation, variables selon les hommes, sont toujours observées.
Où sont situées les zones érogènes ?

On peut définir les zones érogènes comme toute partie du corps ou tout organe qui, soumis à une stimulation, provoque une excitation sexuelle. Il y a autant de zones érogènes que de personnes, et les découvrir ensemble fait partie du plaisir de faire l’amour. Ainsi, une femme pourra se montrer peu sensible à une stimulation des mamelons, tandis que d’autres iront jusqu’à l’orgasme. Une zone du dos, des cuisses, voire des pieds, procurera des sensations très excitantes à un individu, et pas du tout chez un autre. Les seins pour 73 % des femmes et les mamelons pour 48 % des hommes sont des zones sur lesquelles ils désirent que la bouche de leur partenaire vienne se poser. Globalement, les principales zones érogènes sont les suivantes : La peau dans son ensemble (1,8 m2) ; Les lèvres de la bouche ; Les seins, notamment les mamelons, situés au centre de l’aréole ; Le périnée, région comprise entre la base de la vulve et l’anus ; L’anus, richement vascularisé ; La vulve et le clitoris chez la femme ; La verge, le gland et les bourses chez l’homme.
Comment s’effectue la lubrification chez la femme et chez l’homme ?

Chez la femme, la lubrification immédiate ou rapide est assurée par la sécrétion des glandes de Bartholin. Ces glandes sont enchâssées dans la partie postérieure des grandes lèvres. Le canal de la glande s’ouvre au niveau de la jonction vestibulo-hymnéale (rayon de 4 et 8 heures). La lubrification retardée est d’origine vaginale. Au cours de l’excitation, il existe une dilatation et une ballonisation du vagin. En bref, l’entrée du vagin se rétracte pour « enserrer le pénis » et le vagin se gonfle. Ce dernier se transforme en largeur et en profondeur pour former une sorte de poche. La paroi vaginale est extrêmement riche en petits vaisseaux. Sous l’effet de leur dilatation va se former un liquide qui traverse la paroi (transsudat) et va venir lubrifier le vagin. Il faudra un peu de temps pour que ce liquide atteigne la vulve. La lubrification, qui facilite l’introduction du pénis, est plus ou moins importante en fonction des femmes. C’est un liquide qui arrive par « transpiration » (transsudation) et provient de la lymphe contenue dans les vaisseaux sanguins et lacs veineux de la région pelvienne. Cette lubrification est un signe de début d’excitation ; elle va se prolonger et s’intensifier.
Chez l’homme, durant la phase d’excitation, ainsi que dans la phase de plateau, certains peuvent constater un écoulement plus ou moins abondant au niveau de leur méat urinaire. C’est le liquide préspermatique (goutte de rosée), souvent confondu avec le sperme. Il s’en distingue par un aspect plus translucide et une texture plus filaire si on le prend entre deux doigts. Sécrété par les glandes de Littré (situées dans la paroi de l’urètre masculin) et les glandes de Cowper (situées sous l’urètre), ce liquide aurait une double fonction : tapisser les parois de l’urètre avant l’éjaculation et protéger ainsi les spermatozoïdes des résidus urinaires qui pourraient s’y trouver ; faciliter la pénétration future par sa fonction lubrifiante.
À quoi sert le prépuce ?

Le prépuce est un repli circulaire de peau qui entoure le gland et parfois le cache. Lors de l’érection, il se rétracte à la base du gland qui est alors entièrement visible. Le prépuce sécrète un produit blanchâtre et gras, le smegma, qui s’accumule sous le prépuce à la racine du gland. Lors de la toilette, il faut donc rétracter le prépuce pour dégager le gland et enlever le smegma. La circoncision consiste à sectionner tout ou partie du prépuce. Le gland est alors toujours dégagé et visible même en l’absence d’érection. La circoncision peut être médicale si le prépuce est trop étroit et gêne l’érection (phimosis, paraphimosis). Elle est encouragée par l’Organisation mondiale de la santé pour prévenir partiellement des maladies sexuellement transmissibles, et en particulier le sida. La circoncision peut être religieuse dans la religion juive ou musulmane.
La circoncision a-t-elle un impact sur la sexualité ?

La circoncision, pour motif culturel ou religieux, ne modifie pas la sexualité de l’homme ni celle de la femme. En revanche, la circoncision médicale en raison d’un prépuce trop étroit rendant l’érection douloureuse améliore évidemment la sexualité de l’homme, et secondairement celle de sa partenaire.
L’érection est-elle un réflexe ?

L’homme peut connaître des périodes d’érections « spontanées », sans stimulation sexuelle particulière, durant les phases de sommeil profond (rêves), soit deux à trois fois par nuit, ou le matin au réveil. Si l’érection matinale peut s’expliquer par un pic quotidien de testostérone (hormone mâle) et de cortisol au niveau du sang, elle n’est pas due à un besoin d’uriner, contrairement aux idées reçues. Les érections nocturnes quant à elles seraient directement sous la dépendance du contrôle cérébral et se justifieraient pour éviter la fibrose précoce (raidissement) des corps érectiles par dilatation et apport accru d’oxygène et de nutriments.
Qu’est-ce que l’éjaculation ?

L’éjaculation
La rigidité pénienne permet une stimulation plus importante du revêtement cutanéomuqueux de la verge durant toute l’activité sexuelle. Ces sollicitations manuelles, coïtales ou autres, intensifient les sensations de plaisir jusqu’à voisiner le point de non-retour. L’apprentissage de la gestion de l’éjaculation permet de mieux connaître l’intensité de plaisir à ne pas dépasser afin de reporter l’expulsion et de faire ainsi durer plus longtemps les échanges sexuels. Si cette alerte est dépassée, l’éjaculation se déclenche automatiquement et ne peut plus être stoppée.
Masters et Johnson ont décrit les mécanismes qui régissent l’éjaculation en distinguant deux phases, même si expérimentalement l’homme ne perçoit que la seconde dans la très grande majorité des cas : une phase d’émission de l’éjaculat ; une phase d’expulsion de l’éjaculat.
1 La phase d’émission
Pendant toute la durée du rapport, les organes sexuels annexes vont sécréter ce qui formera à terme l’éjaculat, appelé le sperme, et dont le volume final représente environ 3 à 5 ml chez l’homme jeune. Contrairement aux idées reçues, le volume normal de l’éjaculat tient dans une cuillère à thé et n’a rien à voir avec les quantités excessives montrées dans les films X ! Ces organes annexes sont essentiellement représentés par le canal déférent, la prostate (environ 30 % du sperme) et les vésicules séminales (environ 70 % du sperme). Les spermatozoïdes ne représentent qu’1 % de l’éjaculat et sont au nombre de 120 à 600 millions.
À l’approche de l’orgasme, grâce à la mise en place des contractions prostatiques et séminales, ces sécrétions sont réunies dans la partie de l’urètre insérée dans la prostate (urètre prostatique) : c’est la phase d’émission. Le liquide spermatique (prostatique et séminal) sert au transport dans de bonnes conditions des spermatozoïdes en dehors de l’organisme.
Notons que le muscle interne de la vessie est à cette phase contracté, empêchant une remontée de l’éjaculat vers cet organe, tout comme le sphincter inférieur de la prostate afin d’éviter une fuite.
2 La phase d’expulsion
Pendant l’orgasme, toute la musculature pelvienne et génitale est soumise à de fortes contractions, en saccades, qui ont pour effet de faire augmenter la pression à l’intérieur de l’urètre prostatique. La force de résistance du sphincter inférieur de la prostate va alors être vaincue, avec une propulsion à chaque forte contraction d’une partie de l’éjaculat et son expulsion au niveau du méat urinaire.
Les deux ou trois premières contractions éjaculatoires permettent la propulsion du sperme à une distance variable selon les individus, toutes les 0,8 seconde environ. Après ces premières contractions, les suivantes diminuent en intensité et s’espacent, pour finir par disparaître. Débute alors la phase de résolution.
Retenons que le vécu de l’homme l’amène à identifier orgasme et éjaculation comme étant un seul et même phénomène ; même si les deux sont concomitants, ils n’en restent pas moins dissociés dans la mécanique des réactions sexuelles. Plusieurs éjaculations par jour sont possibles, sans que l’on puisse en fixer un nombre maximum.
Le sperme
Le sperme est un liquide blanchâtre translucide, visqueux et d’odeur un peu fade L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a défini les normes biologiques pour l’étude du sperme. Celui-ci est recueilli par masturbation après trois jours d’abstinence, car la concentration augmente de 14 millions par jour entre un et cinq jours d’abstinence. Volume : 1,5 à 3 ml. PH = 7,2. Concentration > 15 millions de spermatozoïdes par ml. Nombre total de spermatozoïdes par éjaculat > 39 millions (33 à 46 millions). Spermatozoïdes mobiles à une heure : 50 % ; à quatre heures : 40 %. Spermatozoïdes vivants > 58 %. Spermatozoïdes mobiles à trajets fléchants, c’est-à-dire fécondants > 25 millions. Spermatozoïdes de forme normale > 4 %.
La fécondité du couple dépend de la qualité du sperme, mais aussi de la fécondité de la femme. Un homme avec un sperme de qualité médiocre peut avoir des enfants avec une femme très féconde et ne pas en avoir avec une femme moins féconde. La fécondité chez les deux sexes baisse avec l’âge ou l’utilisation de toxiques : alcool tabac, drogues.
Spermatozoïdes vs vagin : rencontre du troisième type ?

Lors du rapport sexuel, l’homme éjacule et son sperme projette pas moins de 39 millions de spermatozoïdes environ dans le vagin. Une course effrénée débute alors ! Les spermatozoïdes progressent en bougeant leur queue, à la vitesse de 2 à 3 mm/min, mais la majorité abandonne la partie à ce stade, car ils sont mal formés – deux têtes, trois queues, pas de queue… Arrivés dans le col de l’utérus, les survivants se heurtent à un nouveau problème : le milieu utérin est hostile, et conçu pour rejeter les germes et les corps étrangers. Au final, il ne reste qu’environ 200 spermatozoïdes dans les trompes de Fallope, mais la moitié se dirigent dans la mauvaise trompe. À proximité de l’ovule, le voyage est enfin terminé, mais il n’y aura qu’un seul gagnant. Une fois parvenu dans l’ovule, le spermatozoïde « gagnant » est capté et encerclé par un message chimique qui le retient prisonnier. La reproduction est en marche…
À quoi sert la prostate ?

Située à l’union des voies urinaires et spermatiques, environ 6 cm au-dessus du périnée, facile à examiner et à sentir avec un toucher rectal, la prostate sécrète une partie du liquide séminal de consistance laiteuse qui a un rôle nourricier et protège les spermatozoïdes. Pendant l’orgasme masculin, la prostate et le tissu musculaire qui l’entoure se contractent et propulsent ce liquide prostatique dans le canal urétral où il se mélange avec les spermatozoïdes issus des testicules et le liquide de sécrétion des glandes séminales. C’est le liquide prostatique qui constitue la partie la plus volumineuse en quantité de l’éjaculat.
Qu’est-ce que le périnée ?

Le périnée est un ensemble musculaire puissant qui entoure le vagin. Il comporte les muscles bulbo-caverneux ou bulbo-spongieux, les muscles ischio-pubiens, les muscles transverses du périnée, le constricteur de la vulve, les releveurs de l’anus, le sphincter externe de l’anus. Le plus important est le muscle releveur de l’anus qui à la forme d’ailes de mouettes et qui s’insère dans le bassin au niveau du sacrum, du coccyx, et du pubis. Et, à l’instar de tous les muscles, il nous est possible de les faire travailler. En effet, un périnée bien entretenu permet d’une part des sensations augmentées lors du rapport sexuel, et d’autre part, un meilleur contrôle des urines (en évitant les petites fuites urinaires à l’effort, courantes chez les femmes ménopausées). C’est la raison pour laquelle les femmes doivent avant leur grossesse et surtout celles qui viennent d’accoucher bénéficier d’une rééducation périnéale, car les tissus musculaires périvaginaux ont perdu de leur tonicité durant la grossesse. Pour muscler son périnée, il existe plusieurs techniques. L’une des plus simples consiste à contracter son vagin durant dix secondes, et cela cinq fois de suite. Cette petite « gymnastique » peut se faire à n’importe quel moment de la journée et en toute discrétion.
Qu’est-ce que l’hymen ?

L’hymen est souvent fantasmé comme une porte étanche et difficilement pénétrable. Il est souvent amalgamé avec la virginité : être vierge, c’est n’avoir jamais été pénétrée par un partenaire (par un pénis). Ne pas avoir eu de relation sexuelle signifierait donc avoir un hymen intact. Or sur le plan anatomique, ce pli muqueux situé à l’entrée du vagin est généralement incomplet, ajouré, fragile et presque toujours perforé puisqu’il permet l’écoulement du sang des règles.
L’hymen est de forme variable : annulaire, criblé de trous ou séparé en deux parties (comme des portes de saloon). Il peut se déchirer sans que la jeune fille le réalise, comme par exemple au cours de pratiques sportives ou lors de la pose d’un tampon interne.
Dans l’imagerie populaire, la première relation sexuelle provoque forcément un saignement, comme en témoigne la symbolique biblique du drap ensanglanté présenté aux fenêtres après la « nuit de noces » et qui entérine la perte de la virginité de la mariée. En fait, ce phénomène n’est possible que si l’hymen est richement vascularisé, ce qui n’est pas très fréquent. Il existe enfin des cas d’hymens imperforés, c’est-à-dire totalement fermés, mais ils sont diagnostiqués à la puberté car la jeune femme souffre comme si elle avait ses règles mais celles-ci n’apparaissent pas en l’absence d’orifice perforé.
Comment se déroule le cycle menstruel ?

Commençant à la puberté et se terminant à la ménopause, le cycle menstruel est l’ensemble des phénomènes physiologiques qui préparent l’organisme féminin à une éventuelle fécondation. Sa durée habituelle est de 28 jours, mais il peut être plus long ou plus bref, et n’est pas toujours régulier. Les émotions fortes, les voyages, entre autres causes, jouent un rôle significatif dans les modifications du rythme.
Les étapes du cycle
La menstruation (les règles), la manifestation la plus visible du cycle, est la période des pertes sanguines. Ensuite, la muqueuse utérine s’épaissit en vue d’accueillir un embryon. Dans le même temps se produit le cycle ovarien, pendant lequel un ovocyte (cellule sexuelle féminine) mûrit en vue d’une fécondation. La croissance de l’endomètre (la muqueuse qui pourra accueillir l’ovocyte fécondé) commence dès le 5 e jour après le début des règles et se poursuit pendant tout le cycle : de 0,5 mm d’épaisseur à la fin de la menstruation, il passe à 3 mm au moment de l’ovulation pour atteindre 5 mm au 28 e jour du cycle.
Par convention, le premier jour du cycle est le premier jour des règles. L’absence de règle s’appelle aménorrhée.
Les règles sont dues à une chute du taux d’hormones envoyées par les ovaires, qui déclenche le détachement de la muqueuse utérine interne et l’écoulement sanguin s’il n’y a pas eu de fécondation. Cette chute de la partie superficielle de l’endomètre est due à une contraction rythmique des artères ce qui entraîne la destruction du tissu de l’endomètre.
Les règles durent entre deux et huit jours, en moyenne cinq jours.
Ce cycle est contrôlé par des hormones. Schématiquement, on distingue deux phases : la phase folliculaire, qui correspond à la croissance d’un ovocyte jusqu’à l’ovulation, et la phase lutéale qui se situe après l’ovulation avec l’apparition du corps jaune.
La phase folliculaire comporte : La phase de desquamation (les règles) du 1 er au 4 e jour. Après les règles, il ne reste plus que la zone profonde de l’endomètre, épaisse de 0,5 mm. C’est à partir de cette zone résiduelle que l’endomètre pourra repousser au cycle suivant. La phase de régénération du 5 e au 8 e jour. La sécrétion des hormones féminines (17-bêta-œstradiol) stimule la croissance de l’endomètre à partir du fond des glandes présentes dans cette muqueuse. Le tissu endométrial de surface se reforme, les glandes s’allongent un peu, ainsi que les artérioles. La phase de prolifération du 9 e au 14 e jour. La muqueuse continue sa croissance.
La phase lutéale comporte : La phase de transformation glandulaire du 15 e jour au 21 e jour. Sous l’action combinée des œstrogènes et de la progestérone qui vient d’apparaître après l’ovulation, les glandes présentes dans l’épaisseur de la muqueuse utérine deviennent plus importantes. La phase de sécrétion glandulaire du 22 e au 21 e jour. Les glandes et de petites artères se sont développées dans la muqueuse.
Ce qui se passe dans les ovaires
Une petite fille naît avec 500 000 ovocytes dans ses ovaires, dont la majorité va s’atrophier et disparaître. Seuls 450 environ vont mûrir (un par cycle) et être ovulés. Après 40 ans, il ne reste plus beaucoup d’ovules dans les ovaires. De plus, un ovule émis lors d’une ovulation à 40 ans ne sera pas « de première jeunesse ». Du fait de l’âge, il peut donc être de mauvaise qualité, ce qui peut empêcher la fécondation ou être à l’origine d’une fausse couche. Après la ménopause, l’ovaire ne fonctionne plus car il n’y a plus de follicules à stimuler. Ils ont tous disparu.
Le cycle ovarien comprend : la maturation d’un follicule et la production d’un ovule qui ne comporte que 23 chromosomes ; la production de deux hormones : un œstrogène (le 17-bêta-œstradiol) et la progestérone.
Ces deux hormones préparent l’endomètre à l’implantation de l’œuf (ou nidation) si l’ovocyte a été fécondé par un spermatozoïde.
Plusieurs follicules coexistent ensemble dans l’ovaire à différents stades de maturation qui se déroule sur trois cycles. Au bout du processus, un seul follicule sera sélectionné pour devenir le follicule mûr, appelé follicule de de Graff (du nom du médecin hollandais qui l’a décrit au XVII e siècle) et qui se rompra lors de l’ovulation.
Ce follicule pré-ovulatoire, ou follicule mûr, a atteint son volume maximal (2 cm). Il est bien visible à l’échographie. Sous l’action d’une montée brutale du taux des hormones gonadotrophines hypophysaires (la FSH et la LH), le follicule éclate au quatorzième jour du cycle menstruel, en moyenne. Il libère l’ovocyte mûri, devenu ovule, qui quitte l’ovaire pour être happé par la trompe correspondante.
S’il est fécondé par un spermatozoïde, l’ovule, devient une cellule-œuf puis un pré-embryon et migre dans l’utérus. Une fois fixé dans l’utérus, l’embryon envoie des signaux hormonaux au follicule éclaté devenu corps jaune qui, à son tour, fabrique des hormones pour bloquer les règles. La grossesse commence alors.
La ponte ovulaire a lieu 24 heures après le pic ovulatoire de sécrétion hormonale. Le follicule de de Graaf, vidé de son contenu, s’affaisse et se plisse. Ce qui reste du follicule va se transformer en corps jaune, ainsi nommé en raison de sa couleur liée à l’apparition d’un pigment jaune, la lutéine. Si l’ovule n’a pas été fécondé et si l’œuf ne s’est pas implanté dans l’endomètre, le corps jaune ne recevra pas d’hormones sécrétées par l’embryon. De ce fait, il va s’atrophier, devenir blanc, ce qui signifie qu’il ne sécrète plus d’hormones. Le cycle se termine au 28e jour. Le cycle suivant s’amorce avec le début de nouvelles règles.
L’ovaire a deux fonctions : la sécrétion des hormones féminines (œstrogènes et progestérone), dite endocrine car les hormones restent dans le corps ; la ponte d’un ovule, dite fonction exocrine car l’ovule quitte l’ovaire pour passer dans la trompe puis l’utérus, voire hors du corps lors de la naissance si cet ovule est fécondé. Deux cycles avant, sous l’influence des hormones, un follicule se développe et passe de 46 chromosomes comme toutes les cellules de notre corps à 23. Ainsi, lors de la fécondation, les 23 chromosomes de la maman pourront s’associer aux 23 chromosomes du papa pour donner la première cellule du bébé qui comportera 46 chromosomes. Cette première cellule à 46 chromosomes se divisera en deux puis en 4, etc., chaque cellule de notre corps ayant les mêmes 46 chromosomes et les gènes qu’ils contiennent. La moitié de notre patrimoine vient de notre mère, l’autre moitié de notre père.
Ce qui se passe dans l’utérus
La sécrétion de glaire cervicale augmente pour être à son maximum avant l’ovulation. Il se produit alors une sécrétion limpide, riche en eau, filante comme du blanc d’œuf, et le col s’ouvre. Ces deux phénomènes, qui se trouvent sous la dépendance des hormones ovariennes, favorisent la survie des spermatozoïdes et leur franchissement du col.
Si la fécondation de l’ovule par un spermatozoïde se produit, le col va se fermer sous l’effet de la progestérone. Le mucus cervical coagule, formant une barrière physique (comme un bouchon) et toxique pour les microbes. L’œuf sera ainsi protégé dans l’utérus si la fécondation a eu lieu. Ce bouchon empêche également les spermatozoïdes de passer. La fécondation n’est plus possible si les spermatozoïdes sont déposés après l’ovulation. Pour que la fécondation puisse avoir lieu, il faut que le rapport sexuel ait lieu avant l’ovulation.
Ce qui se passe dans le vagin
Le vagin est soumis aussi aux variations des taux d’hormones sécrétés par l’ovaire. On y trouve : la glaire cervicale ; l’exsudation aqueuse, c’est-à-dire de l’eau qui transpire à travers la paroi vaginale ; des cellules vaginales qui desquament comme celles de la peau ; une flore microbienne identique à celle qui se trouve dans l’intestin (colibacilles, entérocoques, staphylocoques, streptocoques…) ainsi que des lactobacilles (bacilles de Doderleïn) qui jouent un rôle essentiel pour maintenir l’acidité du milieu vaginal.
Les œstrogènes augmentent les sécrétions vaginales jusqu’à l’ovulation. Elles diminuent ensuite sous l’influence de la progestérone. Après la ménopause, l’absence d’œstrogènes diminue ces sécrétions. La sécheresse du vagin peut alors rendre difficile les rapports sexuels, faute de sécrétions qui assurent la lubrification.
En phase pré-ovulatoire, sous l’influence des œstrogènes, la glaire cervicale est lâche, elle est transparente, son abondance et sa filance augmentent, ce qui permet l’ascension des spermatozoïdes. À ce moment du cycle, l’orifice externe du col de l’utérus est ouvert.
En phase lutéale, sous l’influence de la progestérone (sécrétée par le corps jaune), la glaire cervicale devient moins abondante et sa viscosité augmente, le col se ferme.
Peut-on faire l’amour pendant ses règles ?
Médicalement rien ne l’interdit, mais la femme et son partenaire n’en ont en général pas envie. L’usage du tampon absorbant les sécrétions vaginales peut rendre le vagin sec et gêner un rapport en fin de règles.
Quelle est la taille du sexe masculin ?

Le pénis possède une taille variable selon les individus, mais elle peut également varier chez un même sujet en fonction de l’environnement (froid, chaud, stress) chez un même individu. Au repos, ce qui ne préjuge pas de sa taille en érection, il mesure environ 7 à 8 cm et sa fonction est d’expulser les urines (miction) recueillies dans la vessie.
Afin de remplir son rôle copulatoire, le pénis peut, grâce à ses structures, modifier son volume et sa taille. En érection, il mesure en moyenne 14 à 15 cm de longueur, la très grande majorité des hommes possédant un sexe dont la taille est comprise entre 13 et 17 cm ; la circonférence est d’environ 10 à 12 cm.
Les animaux fonctionnent-ils comme nous ?

L’homme et la bête
La sexualité des mammifères correspond essentiellement à la copulation hétérosexuelle, qui est un comportement de reproduction instinctuel. Il est contrôlé par les hormones et par des circuits spécifiques, qui permettent d’abord de reconnaître le partenaire du sexe opposé, puis ensuite de réaliser les actions motrices de la copulation.
L’homme peut être considéré comme un mammifère non prédateur qui, pour le suédois Carl von Linné – le créateur de la première classification des êtres vivants au XVIII e siècle –, fait partie des primates, c’est-à-dire des « premiers » dans l’ordre de la nature. Cette affirmation serait aujourd’hui à pondérer mais elle place bien l’homme comme un rameau important de l’évolution animale, à la fois vertébré, mammifère, primate et hominien avec des caractères très spécifiques aux plans biologique, anatomique mais surtout psychique et sociétal. Le comportement sexuel humain est organisé au plan attentionnel, et donc émotionnel, mais également, comme chez tous les mammifères, par des réactions d’alerte en fonction des menaces extérieures permettant ou non la poursuite de la rencontre amoureuse. Comme celle de ses proches parents les primates, la sexualité humaine s’est organisée en fonction des dangers (prédateurs) potentiels, afin de les éviter. Les réactions sexuelles humaines sont ainsi fortement liées aux conditions de l’amour, c’est-à-dire l’absence de toute menace, peur, angoisse, stress, inquiétude, préoccupation…, symptômes psychologiques que ressentent tous les humains en difficulté sexuelle et qui viennent consulter pour cela.
La rencontre amoureuse
La rencontre amoureuse est emblématique de la dimension symbolique humaine : elle s’effectue au gré des réactions d’intérêt, d’approche, d’excitation. Le choix du conjoint se fait ainsi, en partie à notre insu, selon des critères d’acceptation des signaux sensoriels du partenaire potentiel. Si les sensations sont agréables – silhouette élégante, détails du corps, du visage, ressenti du ton de la voix, intérêt pour des valeurs communes, admiration des compétences et capacités… –, l’approche se poursuit pour une rencontre éventuelle puis une progressive pénétration dans l’espace personnel. Si les signaux sont négatifs – allure dégingandée, expression peu amène, impression désagréable, valeurs antinomiques… – l’approche est interrompue et la rencontre ne se fera pas. Nous ne nous souvenons cependant que des signaux positifs et des partenaires potentiels que nous avons approchés parce qu’ils nous convenaient.
Les critères de sélection des partenaires restent très liés aux valeurs personnelles et à la culture, ce qui explique que l’on se rapproche plutôt de ce qui nous est familier et on s‘éloigne de ce qui nous semble étrange (pas loin « d’étranger »). Cette sélection en fonction des valeurs culturelles de chacun confirme la part très importante que représente la culture dans l’approche amoureuse et le choix du partenaire. La sexualité, initialement très biologique chez les mammifères inférieurs, devient ainsi un objet de culture libéré de ses bases naturelles chez les grands primates et l’homme. La dimension amoureuse et érotique est une spécificité humaine, à la mesure de la façon dont chaque société tolère la libre expression de l’amour.
La connaissance du comportement sexuel animal nous permet de comprendre l’évolution de la sexualité depuis les mammifères inférieurs jusqu’à l’érotisme des humains. On passe ainsi d’un comportement de reproduction contrôlé par les hormones et spécifiquement organisé pour réaliser la copulation hétérosexuelle fécondante, à la sexualité des humains, riche de sa diversité selon les sociétés, dans la mesure où elle est majoritairement apprise et façonnée par le contexte culturel.
Quels sont les facteurs biologiques à l’origine du désir et du plaisir ?

Les hormones contrôlent le comportement sexuel en activant, en inhibant ou en modulant le désir et le plaisir mais l’action de neuromodulation cérébrale est dans l’espèce humaine fondamentale. Les hormones indispensables à la sexualité, modulent également les récepteurs sensoriels. Dans l’espèce humaine, l’action des phéromones (les phéromones sexuelles sont des signaux olfactifs et innés, qui permettent entre autres aux mâles et aux femelles de se reconnaître et de déclencher l’excitation sexuelle : érection chez le mâle et lubrification vaginale chez la femelle) s’est considérablement réduite du fait de l’évolution des comportements psychosociaux. L’atrophie des possibilités olfactives (le nez) en est un témoin.
Chez l’homme, la testostérone joue un triple rôle : en permettant la physiologie de l’érection et de l’éjaculation, en agissant sur les comportements et en contrôlant la production des spermatozoïdes. Cette hormone testiculaire et surrénalienne est sous le contrôle d’hormones synthétisées à la base du cerveau : GnRH ou gonadoréline qui est une neurosécrétion pulsée et qui active l’hypophyse, petite glande à la base du cerveau qui sécrète la FSH, la LH et la prolactine. Les régulations par rétrocontrôle sont très complexes et l’apport récent de l’imagerie médicale permet de mieux comprendre les aires du cerveau qui sont impliquées sous l’influence hormonale dans les phénomènes de désir et de plaisir. L’évolution de l’espèce fait que la part hormonale se voit réduite au profit de la fonction cérébrale cognitive.
Chez la femme, nous avons vu que le cycle menstruel met en jeu des sécrétions hypothalamiques (GnRH sécrétée de façon pulsée toutes les 90 min) qui activent la sécrétion de la FSH et de la LH, hormones qui stimulent l’ovaire pour préparer et permettre la reproduction grâce aux sécrétions d’œstrogènes et de progestérone après l’ovulation. L’ocytocine qui est sécrétée par l’hypophyse et qui active les contractions utérines de l’accouchement aurait également un rôle dans le phénomène d’attachement. Chez la femme la testostérone peut influencer la libido et les études statistiques ont montré une augmentation du désir en période pré-ovulatoire. Cette influence est cependant devenue modeste en comparaison des comportements psychosociaux.
Les hormones peuvent agir comme un interrupteur qui inhibe les activités sexuelles quand elles sont inutiles, puis qui les activent pour les besoins de la reproduction. L’évolution et la corticalisation du cerveau ont entraîné des modifications du contrôle neurobiologique de la sexualité.

2. L’identité sexuelle

Qu’est-ce qu’une sexualité normale ?

En matière de sexualité, il faut bien comprendre que la normalité n’existe pas.
Lors du rapport sexuel les deux partenaires doivent se sentir libres, s’abandonner à leur désir et aussi à l’autre. Il faut donc se méfier des normes que nous impose la société sans que nous en soyons toujours conscients : culte de la performance, nombre de rapports sexuels par semaine, pratiques sexuelles, obtention obligatoire et régulière de l’orgasme.
La pornographie nous propose aussi une image fausse de la sexualité très « technique » et sans poésie ni sentiments, où les femmes sont souvent « chosifiées ». Les pratiques présentées – épilation, positions, sexe orogénital ou anal, multipartenaires – n’ont rien d’obligatoire et ne sont surtout pas une norme à suivre pour une vie sexuelle heureuse. L’appétit de chacun est variable, non seulement d’un individu à l’autre, mais aussi pour un même individu selon les jours, les semaines ou les mois !
Il n’y a rien d’« anormal » à cela, tant que cela ne provoque pas de souffrance pour la personne ou son partenaire. En revanche, des conflits dans le couple, une mésentente conjugale, des difficultés sexuelles perçues ou réelles peuvent mettre la sexualité en péril ou la rendre source de conflit. Dans ce cas il ne faut pas hésiter à se faire aider et à consulter.
Enfin, si la normalité en termes de sexualité n’existe pas, elle doit évidemment nécessiter le consentement du partenaire et ne pas être condamnée par la loi. La loi n’est pas morale mais elle condamne l’inceste, le viol, la pédophilie… du fait de l’absence de consentement conscient de celui ou celle qui en est victime et en souffrira souvent toute sa vie.
Qu’est-ce que le genre ?

Pour penser la sexualité humaine, nous devons établir une distinction claire entre sexe, genre et sexualité. Le sexe des individus est le produit biologique de la sexuation pendant la grossesse, par un mécanisme à la fois génétique et hormonal : l’embryon qui est potentiellement à la fois mâle et femelle est alors activé par un processus de masculinisation ou de féminisation. Ce processus est complexe et cela conduit à des enfants qui sont soit mâle, soit femelle. Certaines anomalies chromosomiques ou hormonales aboutissent dans environ 0,5 % des cas à la naissance d’enfants dits « intersexués », c’est-à-dire dont l’apparence génitale ne permet pas de les rattacher à un sexe ou à l’autre. Ces enfants sont d’ailleurs à l’origine du début des recherches sur ce qui nous identifie comme masculin ou féminin.
En revanche, le genre est tout entier social et culturel. En règle générale, un enfant femelle est désigné comme féminin et un enfant mâle est désigné comme masculin. Cela marque le point de départ d’une éducation différenciée, où l’ensemble de la famille et de la société va transformer ces êtres en « fille » puis en « femme » ou en « garçon » puis en « homme », selon des formes et des modalités très diverses et en fonction des définitions que chaque société donne de la masculinité et de la féminité. On observe de ce point de vue une extrême diversité – et donc une extrême relativité – de ce que signifie un « homme » ou une « femme » selon les contextes historiques et culturels. Au point que cette règle d’une association sexe/genre n’est pas absolue.
Chez les Inuits du grand nord canadien par exemple, le genre donné à l’enfant n’est pas nécessairement lié à son sexe car il dépend du genre de l’ancêtre dont on pense qu’il est la réincarnation, de sorte que des enfants nés mâles sont élevés en fille et des enfants nés filles sont élevés en garçon. De la même manière, de nombreuses sociétés ont inventé des formes tout à fait normales de dissociation sexe/genre. Dans certaines ethnies indigènes de Californie, des garçons préférant s’identifier au féminin plutôt qu’au masculin sont alors désignés ni comme des « hommes » ni comme des « femmes », mais comme des « berdaches ». Dans certaines ethnies du Pacifique, des garçons sont identifiés filles dès la naissance et sont élevés comme telles par leur famille, étant alors désignés comme des « mahus ». Au sein de l’ethnie africaine des Nuer, lorsqu’une femme mariée dans un autre groupe est récusée pour stérilité, elle revient dans sa famille qui peut la déclarer alors être un « homme » plutôt qu’une « femme », de sorte qu’elle peut épouser une femme. Elle devient chef de famille et trouve ainsi une place sociale, ce qui lui aurait été impossible en tant que femme, n’étant ni mariée ni mère de famille. Enfin, dans certaines sociétés occidentales contemporaines, les personnes qui refusent de s’identifier dans la figure médicale du « transsexuel » peuvent obtenir juridiquement et socialement d’être considérés comme des personnes « transgenres ».
D’une façon plus générale, on peut dire que c’est le genre – c’est-à-dire la manière dont le féminin et le masculin sont définis dans une société donnée – qui donne sa signification au sexe, et non pas le sexe – biologique – qui donnerait sa signification au genre – qui est tout entier culturel.
Qu’appelle-t-on l’identité sexuelle ?

L’identité sexuelle est constituée de l’union de trois dimensions : La détermination biologique du sexe : l’identité sexuelle part de cette réalité indéniable de la différence chromosomique qui partage l’humanité en deux catégories distinctes. Cette première différenciation est responsable du développement des organes sexuels internes, puis externes. L’apparence des organes génitaux externes, notamment, exprime la différenciation anatomique. L’identité sexuée : elle comprend une part psychologique, le sentiment d’appartenance au groupe des hommes ou des femmes, et une part sociale, dans la reconnaissance qui sera faite de cette identité et l’adoption des rôles sexuels attendus par la culture à laquelle nous appartenons. La sexualité : le vécu sexuel, dans les sensations ou les désirs qu’il développe, contribue à l’inscription des individus dans leur féminité ou leur masculinité.
Comment sait-on qu’on est un homme ou une femme ?

Les différentes explications
Les différences liées au sexe, qui s’expriment à travers les stéréotypes sexuels, ont abouti au développement d’un modèle de la personnalité appelé « l’androgynie psychologique » : chaque individu possède un niveau plus ou moins élevé de traits masculins et féminins. Principale représentante de cette approche, la psychologue américaine Sandra Bem (1974), spécialisée dans l’étude du genre et de l’androgynie décrit quatre possibilités de rôle sexuel : féminin, masculin, androgyne (score élevé de masculinité et de féminité) et indifférencié (individu « neutre », dépourvu de traits masculins et féminins).
La psychologue sociale américaine Alice Eagly, née en 1938, élabore une théorie des rôles sociaux, où les différences sexuelles sont liées à deux concepts opposés : la communalité et l’agentisme. Les femmes sont en moyenne plus « communales » : elles agissent avec désintéressement, portent un intérêt marqué aux autres et manifestent un désir de communion ; elles sont sensibles, compréhensives et bonnes communicantes. Les hommes sont plus « agentiques » et portés vers l’affirmation de soi, l’expansion personnelle et le besoin de diriger ; ils se veulent forts et mentalement indépendants.


Les rôles sexuels (Sandra Bem, 1974)
Pour caricaturales qu’elles soient, ces définitions n’en sont pas moins toujours d’actualité, même si certains individus fonctionnent sur un mode qui n’est pas caractéristique de leur sexe.
Des sensations à l’érotisme : se sentir masculin ou féminin
Si la réponse sexuelle est comparable chez les hommes et les femmes – ce que nous savons depuis les travaux fondateurs de Masters et Johnson – la différence anatomique est créatrice de sensations spécifiques qui participent à l’identité sexuelle. L’excitation sexuelle correspond chez l’homme à une érection pénienne et chez la femme à une dilatation des corps érectiles du clitoris associée à une ballonisation vaginale, elle-même créatrice de la sensation de creux. Les points de repère à ces sensations sexuelles permettent de développer un érotisme spécifique, composé d’intrusivité sexuelle pour l’homme et de réceptivité sexuelle pour la femme, les inscrivant tous deux dans un sentiment d’appartenance à leur sexe biologique. Selon le sexologue Jean-Yves Desjardins, ces archétypes sexuels sont innés et développent une complémentarité érotique entre les hommes et les femmes, garantissant ainsi la survie de l’espèce. L’érection chez l’homme développe une érotisation de l’archétype dans un désir de pénétrance. Chez la femme, cette érotisation du creux est à l’origine du désir d’être remplie par la pénétration.
L’analyse comparée des sexualités féminine et masculine montre une évolution des pratiques, notamment chez les femmes, impulsant une atténuation des différences entre les comportements sexuels selon le genre. On constate actuellement une flexibilité de plus en plus grande face aux rôles sexués, comme en attestent l’esthétisme accru pour les hommes ou l’évolution socioprofessionnelle des femmes, et une tendance à l’uniformisation des comportements sexuels. Pourtant, dans les cabinets des sexologues, les mêmes types de difficultés sexuelles se rencontrent, de manière invariante depuis près de cinquante ans, et sans effet lié à un éventuel abaissement des frontières entre les sexes : les hommes consultent presque toujours pour des difficultés de performance et les femmes pour des difficultés liées à l’intimité ou au plaisir.
Les représentations de la sexualité des uns et des autres restent toujours marquées du sceau du besoin pour les hommes et de l’amour ou de la relation pour les femmes. Au regard des dysfonctions sexuelles, on peut donc en conclure qu’en dépit des courants idéologiques en cours, les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas près de disparaître. Et bien souvent, pour restaurer une fonction sexuelle défaillante, il faudra renforcer cette identité sexuelle dans son lien aux perceptions anatomiques et aux stéréotypes sexuels.
Les enfants ont-il une identité sexuelle ?

L’impact de la société
Si le sexe biologique est déterminé par le fruit du hasard et d’une rencontre entre un spermatozoïde et un ovule, la sexuation psychologique répond à différents processus d’apprentissage. La formation de l’identité sexuée est l’aboutissement de deux processus qui se développent conjointement : modélisation par les influences de l’environnement (parents, entourage social) ; processus de réflexion menés par l’enfant lui-même, dans un jeu constant d’observations, d’identifications et d’imitations.
La révélation par l’échographie du sexe de l’enfant à naître génère déjà toute une cohorte d’attentes et d’attributions de la part des parents, amorçant les débuts de la construction sociale de son identité sexuée. Ainsi, les postures parentales vont-elles se différencier en fonction du sexe de l’enfant et impacter à la fois l’environnement physique (décor de la chambre, jouets, vêtements) et les attitudes éducatives. Les réactions parentales, sous forme de renforcements positifs (encourager un comportement par la récompense) ou négatifs (éteindre un comportement par la réprimande), enseignent à l’enfant ce qu’on attend de lui en fonction de son sexe biologique. De nombreuses études mettent en évidence d’une part l’encouragement à la réussite et l’exigence de discipline pour les garçons, et d’autre part l’encouragement à la dépendance et la chaleur des attitudes pour les filles. On décrit également des différences dans les modes de communication. Dans les stimulations tactiles : les filles sont davantage touchées, ce qui n’est pas sans conséquence sur la sexualité future. Dans le discours : on donne souvent plus d’explications aux garçons, ce qui peut développer une spécificité de compétences dans l’abstraction, à l’origine d’orientations scolaires différentes selon le sexe. Les parents sollicitent davantage les conduites prosociales chez les filles (vocalises, sourires, entrées en interaction, échanges visuels et verbaux) et davantage l’activité physique et la résolution de problèmes chez les garçons. Les enfants des deux sexes ne reçoivent pas la même réponse lorsqu’ils adoptent un comportement contre-stéréotypique : les garçons sont plus facilement découragés lorsqu’ils empruntent un comportement appartenant à l’autre sexe (par exemple, pour un garçon, mettre le rouge à lèvres de sa mère ou essayer la robe de la grande sœur). Les filles, elles, essayent le chapeau ou les bottes de leur père. Enfin, les pères sont plus différenciateurs que les mères dans tous ces apprentissages. À titre d’exemple, ils jouent plus rudement avec leurs fils et plus gentiment avec leurs filles.
Les trois phases de l’identité sexuelle chez l’enfant
Les travaux du psychologue américain Lawrence Kohlberg (1966) décrivent trois phases par lesquelles passe l’enfant pour aboutir à l’appréhension de son identité sexuelle. Identité de genre : acquise vers 2 ans, elle consiste en la capacité à reconnaître son sexe et celui de l’autre en se basant sur des caractéristiques socioculturelles, comme la coiffure ou les vêtements. Stabilité de genre : acquise vers 4/5 ans, elle permet à l’enfant de comprendre que le genre est stable, c’est-à-dire que son sexe ne changera pas dans le temps. Constance de genre : acquise vers 6/7 ans, elle ancre enfin l’invariance du sexe, quels que soient les changements dans l’apparence ou les activités pratiquées. On est un garçon ou une fille en fonction d’un critère biologique stable : l’appareil génital. Le sexe est une donnée immuable à la fois au cours du temps et indépendamment des situations.
Qu’est-ce que la bisexualité psychique ?

La prise en compte de la bisexualité psychique reste l’une des clefs pour comprendre la construction de la sexualité des hommes comme des femmes, de leurs émotions et de leurs fantasmes, elle est différente des comportements bisexuels. Chaque petite fille, chaque petit garçon se construit sexuellement et psychologiquement en référence à des images féminines et masculines. Beaucoup de célèbres psychanalystes et psychologues (Freud, Jung, Stoller, Mc Dougall) ont mis en avant la notion qu’en tout homme il y a une femme et en toute femme il y a un homme. Ces « forces clandestines » de l’autre sexe en soi, plus ou moins intégrées, plus ou moins acceptées, plus moins reconnues, vont façonner la vie de chacun.

3. La psychologie de la sexualité

Comment concilier le fait d’être mère et femme ?

Une des grandes particularités de la vie intime des femmes est qu’elles ont un corps à double fonction : utérus, lieu de la gestation et vagin, lieu de plaisir. Bien sûr, il serait trop simple de réduire leur « psychologie » à cette anatomie, puisque la façon dont chacune va investir ces lieux du corps va considérablement influencer la relation à la sexualité et à la procréation.
« Potentiellement » mères de par leur physiologie, les femmes sont confrontées au maintien de cet équilibre entre fonction maternelle et fonction érotique. « Potentiellement » ne veut pas dire qu’elles seront obligatoirement mère ou encore qu’elles en auront forcément le désir, mais cette potentialité fait le lit des courants du « tout biologique », le ventre des femmes définissant en quelque sorte leur psychologie… une femme serait alors réductible à la fonction de « maman » !
Certaines d’entre elles vont d’ailleurs surinvestir cette fonction jusqu’à oublier leurs droits au plaisir de femme et à leur épanouissement personnel. Certaines auront plus de mal et la cohabitation sera chaotique, peu claire, source de souffrance, de conflits psychiques et relationnels, marquant cette difficile conciliation de deux espaces vivants…
Si la liberté sexuelle des années 70 et ses apports autour de la contraception ont sonné le glas du lien indéfectible entre sexualité de « procréation » et sexualité de « récréation », qu’en est-il de cette liberté aujourd’hui ?
Les effets de la pornographie sur l’éducation à la sexualité des garçons et des filles, l’évolution et la banalisation de pratiques autrefois marginalisées ou attribuées aux professionnelles du sexe (fellation, sodomie, sadomasochisme…), l’hypermédiatisation de celles-ci (comme en témoigne le succès du roman Cinquante Nuances de Grey) 1 , la vente de sex-toys à domicile, peut laisser croire à une liberté plus grande. Certainement l’audace est plus présente, le droit à l’exploration du plaisir s’exprime mais, reconnaissons-le, en lien avec des intérêts marketing non négligeables.
Beaucoup de femmes sont confrontées à une ambivalence psychologique : si trouver l’épanouissement sexuel personnel est le cœur de leurs attentes dans une société qui valorise la réussite, la performance, leur imposant ainsi d’avoir de multiples rôles (réussite professionnelle, mère, amante…), elles revendiquent aussi d’être des princesses exigeantes, protégées par des partenaires qui sont des hommes, « des vrais ».
Accepter son corps est-il une condition de l’épanouissement sexuel ?

L’une des conditions d’une sexualité épanouie est un libre accès au corps qui peut emprunter tous les canaux sensoriels : autant de portes qui conduisent à la sensualité, au ressenti et à l’acceptation de l’excitation, à l’expression du désir et à la montée du plaisir. Ce processus passe également par l’acceptation du corps dans son image. Ainsi, le regard porté par les adultes sur le corps de l’enfant pourra avoir des effets tant constructifs que destructeurs. Les paroles qui accompagnent ce regard peuvent conditionner ce rapport au corps, et donc la fonction de plaisir de ce corps et la sexualité d’adulte. L’impact de ce regard extérieur vaut également pour les hommes.
La société narcissique façonne aussi de façon très délétère le rapport à l’image du corps et nous mesurons à quel point les photos de magazines et le culte de la minceur (le fameux thigh gap ! 2 ) peuvent créer, influencer ou renforcer un malaise en germe chez une adolescente complexée, par exemple. Accepter son corps tel qu’il est peut-être un long chemin tant les empreintes d’images et de langages sont fortes. L’anxiété face aux modèles corporels stéréotypés, et celle d’être rejetée pour « non-conformité », peuvent être considérées comme le pendant à l’angoisse de performance des hommes… En ce sens, la société ne fait de cadeau ni aux unes ni aux autres.
Pourquoi l’homme paraît-il plus « conquérant » que la femme ?

Si l’on décrit la sexualité masculine avec pléthore de verbes, les premiers qui viennent à notre esprit sont : « voir/regarder », « conquérir », « agir », « toucher », « pénétrer », « posséder », sans oublier « engendrer ». Nous remarquons que tous sont des verbes d’action… Le discours actuel de la pensée occidentale sur la sexualité masculine tend à juxtaposer/superposer les notions de prédation, culpabilité/responsabilité ou de performance (voire l’idée d’une sorte de prestation de service). L’homme est donc perçu comme un conquérant de son environnement, et cela s’applique à tous les domaines de sa vie. Cette pensée persistante vient de notre histoire profonde, lorsque l’homme avait pour mission de partir à l’aventure pour chasser, nourrir et protéger sa famille. Ces propos sont réducteurs même s’ils contiennent une part de vérité.
L’homme, plus « entreprenant » que la femme
Les codes de la séduction masculine incluent l’initiative, « l’aller vers » : les femmes expriment très souvent l’envie de sentir l’impériosité du désir de leur partenaire.
Or ce n’est désormais plus toujours facile pour les hommes du fait du contexte éducationnel et culturel : dans beaucoup de cultures occidentales non latines, la femme se réserve ou se voit attribué ce déclaratif explicite du désir, les hommes étant soucieux de ne pas être considérés comme importuns, voire harcelants. Le jeu de la séduction et de « l’aller vers » devient nécessairement plus complexe. À long terme, le désir sera favorisé chez l’homme s’il n’a pas le sentiment de « devoir renoncer » trop souvent à la spontanéité de ses initiatives dans la séduction et la mise en œuvre de ses relations sexuelles. Il développe alors un « art de séduire » qui fait dire que « la femme sent la femme sur l’homme ».
Enfin, l’homme apparaît moins monogame que sa compagne. Il a davantage tendance à souhaiter avoir des rapports sexuels extraconjugaux et semble les chercher plus dans un but de trouver de la diversité/nouveauté, alors que la femme s’adonne à ces pratiques pour répondre à une insatisfaction ou au désir d’une nouvelle relation durable.
Pourquoi la séduction est-elle si importante chez l’homme ?
Le terme « séduire » vient du latin « se ductere » : amener à soi. La capacité à créer un contact satisfaisant avec une partenaire à l’âge adulte nécessite que lors de son développement, durant l’enfance et l’adolescence, le jeune « mâle » : ait fait des apprentissages étayés sur une figure paternelle sécure ; ait bénéficié d’une bonne acceptation de sa masculinité ; ait ainsi eu une prise de conscience satisfaisante de ses traits propres lui conférant un sentiment de bien-être dans son propre corps et sa « masculinité » : l’estime de soi et la capacité d’autonomie affective qui en découleront. Ils sont des facteurs essentiels à l’établissement et au maintien d’une relation amoureuse/érotique satisfaisante ; ait appris à aimer/oser explorer/découvrir/faire des expériences nouvelles, tout en apprenant à partager et comprendre les expériences « autres » faites par autrui.
L’excitation est-elle plus mécanique chez un homme ?

Dans l’excitation masculine, la vue demeure un canal essentiel, servant de vecteur principal. Voir le corps, les seins, les fesses, la vulve, les mouvements, les regards de sa partenaire sera un puissant moteur de l’excitation masculine. La vue alternera dans cette phase avec le toucher. Toucher toutes ces parties, si sensibles, si intimes, tenues secrètes, donnant accès à une transformation de l’état mental de la partenaire – la plongeant elle aussi dans cet état d’excitation où il y a de l’animal en l’humain, mais sans doute là dans le meilleur sens du terme. Le toucher qui inclut tant la caresse douce qui fait courir des ondes de frémissements, que l’enserrement possessif de la taille, des cuisses, des poignets, des bras, de la nuque, des lombes, des chevilles. Dans le toucher se mêlent donc tendresse et prise de possession. Cependant cette place du toucher est souvent jugée trop importante au goût de certaines femmes. L’homme en effet a tendance à accorder le primat de son attention et de ses caresses aux zones sexuelles primaires, centrant le rapproché/l’intime de la relation sexuelle sur les seins et la région pubienne et vulvaire. Le masculin semble oublier ou vouloir persister à ignorer que les femmes souhaiteraient, bien souvent, beaucoup plus de caresses sur l’ensemble de leur corps, et que l’abord du clitoris soit précédé de caresses du pubis, et du reste de la zone génitale. C’est bien de penser au clitoris, mais pourquoi sembler oublier définitivement la nuque pour autant, pensent tant de femmes ! Il est également important que l’homme garde à l’esprit que ces jeux de mains ne conduisent pas trop vite à la pénétration !
Des études récentes révèlent, et cela semble être tout à leur honneur, que les hommes sont désormais attentifs à procurer un orgasme à leur partenaire… plus préoccupés qu’elles-mêmes ne le sont ! On est loin de l’époque de la valorisation des éjaculations rapides…
Pourquoi la notion de performance sexuelle est-elle dangereuse ?

Un nouveau champ de norme s’est considérablement accentué chez les hommes : celui de la performance. Il n’y a qu’à regarder les couvertures des hebdomadaires féminins pour voir à quel point la sexualité est un sujet porteur et fait en permanence l’objet de nombreux articles (avec une accentuation au moment des vacances d’été…). Dans ces articles, outre certaines lignes idéologiques éditoriales spécifiques, apparaît depuis deux à trois décennies une édification normative conduisant à une obligation de performance. La performance est devenue insidieusement la nouvelle norme. Les activités sexuelles doivent être fréquentes et régulières. Elles doivent durer longtemps. Elles doivent être toujours intenses. Elles doivent amener à l’orgasme à chaque fois… Que d’impératifs ! Qu’on est loin de la notion de jeux qui suppose de vouloir partager un état d’excitation (ici sexuel), sans savoir ce qui va arriver l’instant d’après !
Si cette norme de performance pèse tant sur les femmes que sur les hommes, à la différence d’autrefois, elles pèsent désormais plus sur eux que sur elles.
Lorsqu’existe une difficulté sexuelle, la forme masculine de la peur de décevoir sexuellement (angoisse dite d’échec/performance) se focalise le plus souvent sur l’érection ou l’éjaculation, sur lesquelles il va centrer son attention (tandis que la forme féminine de cette peur va être dominée par l’attention portée à sa capacité à éprouver du plaisir et l’image donnée de son corps). L’angoisse de performance va surgir plus vite chez l’homme et être ressentie de façon plus intense. Elle va s’accompagner de pensées du type : « Pourvu que cela se passe bien, que j’y arrive » (à avoir une érection, à me retenir) ; « Si cela se passe mal elle va me quitter », etc. Ces pensées sont accompagnées d’anxiété, et parfois (rarement heureusement) de véritables crises d’angoisses. Elles engendrent également des attitudes d’auto-observation : l’homme guette sa tumescence érectile et son degré d’excitation, qui déterminent des stratégies comportementales (« Il va me falloir pénétrer maintenant, ou au contraire attendre encore » ; « Je vais devoir suspendre mes mouvements », etc.). Ces comportements rendent difficile, voire impossible, l’accès à la spontanéité et à la fantaisie inhérentes aux jeux érotiques.
L’angoisse de performance est tout particulièrement présente dans l’éjaculation prématurée chez l’homme jeune, dont la stigmatisation sociale par des partenaires immatures les conduit à l’évitement des rapports et donc des relations de couples, et parfois jusqu’à des pensées suicidaires.

4. La masturbation

Pourquoi se masturbe-t-on ?

Un apprentissage
La masturbation est l’action de stimuler manuellement la région génitale qui, par excitation, procure alors des sensations de plaisir et aboutit souvent à l’orgasme. Si cette pratique a été condamnée en Occident pendant un peu plus de deux siècles, on sait aujourd’hui qu’elle est au centre de la construction de l’édifice sexuel. Car, au-delà de la fonction de reproduction, la sexualité humaine est plus encore dominée par la fonction érotique, celle-là même qui fait défaut en matière d’éducation alors qu’elle est à la base du ressenti et de l’épanouissement intime.
C’est par le biais de l’autoérotisme et de la masturbation que l’enfant, puis l’adolescent, va apprivoiser les réactions sexuelles avec lui-même avant de les vivre avec un partenaire potentiel. On doit donc s’élever tout d’abord contre des idées reçues datant de la période encore récente de sa persécution et affirmer que la masturbation est naturelle, qu’elle n’a jamais fait de mal à personne et qu’elle ne rend pas sourd !
L’idée reçue la plus habituelle est que la sexualité est avant tout un instinct. En effet, comment ne pas imaginer qu’une fonction aussi importante que la sexualité, et par là la fécondité, ne soit pas aussi naturelle que manger, boire ou dormir ? En réalité, la question est beaucoup plus complexe et les études scientifiques les plus récentes ont montré qu’il n’existe pas un instinct sexuel au sens strict du terme, mais une succession de mécanismes qui contribuent à constituer la sexualité adulte. Celle-ci est fondamentalement apprise et nécessite une bonne compréhension pour être vécue harmonieusement.
Puisqu’il s’agit d’un apprentissage, la sexualité nécessite des modèles. En milieu naturel, chez les grands singes, nos cousins (nous ne venons pas des chimpanzés, par exemple, mais nous avons des ancêtres communs), la sexualité se vit au vu et au su de tous. Une différence fondamentale apparaît avec la sexualité humaine qui, au contraire, se vit en aparté. Le couple amoureux se retire discrètement pour s’accoupler dans un lieu isolé, en forêt, dans une case prévue à cet effet… Le coït public est interdit, réprimé ou condamné dans toutes les sociétés humaines.
Ainsi, en rupture avec toutes les lois de la nature, l’apprentissage de la sexualité humaine sera intime, secret, clandestin. Si l’on réfléchit encore à cette transition entre la nature et l’humanité, elle est essentiellement marquée par l’apparition de l’intime, domaine personnel propre à chaque individu mais également, un peu plus largement, à chaque couple, à chaque famille. Il y a donc un intime personnel, un intime du couple, un intime de la famille dans lequel ne pénètre aucun individu extérieur. L’humanité se caractérise ainsi par une succession d’espaces personnels allant du plus intime à l’espace public. C’est peut-être d’ailleurs cette seule dimension de l’intime qui caractérise au plus près l’espèce humaine.
L’apprentissage de l’intime (de soi, puis d’un autre soi-même avec qui partager cet intime) va se faire progressivement chez le petit humain au fur et à mesure de l’apprivoisement des réactions émotionnelles. Dès la prime enfance, l’enfant découvre les sensations que lui procure son corps et la relation qu’il entretient avec les objets, qui l’entourent puis il prend conscience du rapprochement et du contact avec les autres humains. Comme dans tout apprentissage, l’enfant se rapproche de ce qui est plaisant, agréable, jouissif et s’éloigne de ce qui est désagréable, blessant, douloureux. L’apprentissage de la vie se fait ainsi au fil des essais et des erreurs et, en ce qui concerne la sexualité, avec ce qui est donneur de plaisir et de jouissance.
L’autoérotisme
L’enfant découvre des régions du corps (les zones érogènes) qui donnent des sensations, de l’excitation, du plaisir, de la jouissance, voire une jouissance orgasmique, plaisir intense obtenu par la stimulation des zones érogènes excitées. C’est ainsi qu’il apprivoise progressivement les réactions sexuelles avec lui-même (autoérotisme) avant de les expérimenter avec un congénère de même sexe (homoérotisme) puis éventuellement de sexe opposé (hétéroérotisme) selon l’orientation sexuelle du sujet.
L’autoérotisme débute à la naissance et se poursuit tout au cours de la vie. C’est l’apprentissage avec soi des réactions sexuelles, émotionnelles et orgasmiques qui, chez les garçons sont la plupart du temps concomitante d’une émission de sperme. On parlera alors de masturbation.
La masturbation masculine est assez vite découverte par les jeunes garçons prépubères en raison du caractère visible et sensible de l’érection. En un mot, la main rencontre facilement le sexe en érection qui, stimulé, produit du plaisir, un orgasme et, à la puberté, une éjaculation de sperme.
En 1948, dans son Rapport sur la sexualité des hommes , Alfred Kinsey qui observa des enfants et des adolescents, note l’apparition des premières masturbations à l’âge de 2 mois et le premier orgasme à l’âge de 5 mois ! Il montrera ainsi que la masturbation est constante (même si elle est rare dans les premières années) de la naissance jusqu’à l’adolescence, où elle s’épanouit, puis tout au long de la vie.
La masturbation féminine est plus difficile d’accès, la région génitale étant intériorisée. Les interdits (de la sexualité, de la masturbation) ont beaucoup plus d’impact sur les filles que sur les garçons et constituent souvent un frein pour leur sexualité à venir. On observe ici une grande différence entre filles et garçons : si 2,9 % des garçons ne se sont jamais masturbés à l’adolescence, les filles sont 32 % à ne jamais s’être touchées ou à ne pas s’en souvenir !
L’autoérotisme est le plus souvent limité à la masturbation (masculine ou féminine) mais son répertoire s’étend à beaucoup d’autres pratiques comme les autocaresses, les massages et le soin du corps qui participent à la sensualité, dimension essentielle pour la construction de la sexualité.
Que faire devant un enfant qui se touche ?
Lorsque l’on observe un petit garçon entouré d’amis qui a les mains dans les poches, et que l’on s’aperçoit qu’il se touche, on pourra le prend à part pour lui dire avec tranquillité : « Ce que tu fais est très bien, c’est bon pour toi mais tu ne le fais pas quand il y a des gens, tu le fais comme tu veux dans ta chambre, tout seul. » On fera de même avec la petite fille qui stimule sa zone clitoridienne devant son entourage, notamment en se « frottant » sur des objets ou des personnes lors d’un câlin. Ainsi, l’enfant ne sera pas inhibé dans sa sexualité, il saura que c’est une pratique tout à fait normale mais il aura bien compris que c’est une pratique personnelle. Là encore, il suffit de le dire une seule fois. L’essentiel est de ne pas culpabiliser l’enfant afin qu’il intègre cette pratique à faire autant de fois qu’il le souhaite, mais dans l’intimité de sa chambre.
Pourquoi la masturbation est-elle si importante à l’adolescence ?

On sait maintenant à quel point la masturbation participe à rendre la région génitale fonctionnelle, c’est-à-dire capable de s’exciter sous l’emprise du désir, puis de donner du plaisir par une stimulation de soi (automasturbation) ou d’un partenaire (hétéromasturbation). Le corollaire apparaît aujourd’hui comme une évidence : si cette région n’est jamais touchée, elle ne fonctionne pas, ou peu. C’est le cas dans des histoires de vie dominées par un interdit (moral ou religieux) ou des histoires personnelles ayant entraîné l’évitement de la région génitale (viol, inceste, abus sexuel). C’est donc parce qu’elle est très régulièrement touchée par soi, ou par un partenaire choisi, que cette région génitale fonctionnera de façon épanouissante pour la sexualité.
Dans une étude portant sur 3 400 femmes vivant en couple, nous avons isolé 40 femmes ayant vécu des orgasmes étonnants et extraordinaires, déclenchés par des stimulations inhabituelles comme le massage du lobe de l’oreille, de la région lombaire, du gros orteil…, c’est-à-dire des femmes obtenant très facilement des orgasmes. Or, elles avaient un point commun, celui d’un début très précoce de la sexualité par masturbation, à l’âge de 5, 6, 10, 11 ans. Bien plus précocement que la moyenne des autres femmes (14 ans). On sait aujourd’hui, surtout pour la région génitale féminine, qu’elle se construit progressivement par les stimulations intimes. Plus elles sont précoces, fréquentes et continues, plus la disponibilité de cette région à la sexualité et l’érotisme sera facile.
Pour la sexualité masculine, on peut en dire autant, mais les jeunes garçons pratiquant fréquemment et continuellement la masturbation, cette région très stimulée est donc facilement fonctionnelle chez la plupart.
La proposition d’une information sur l’intérêt et l’importance de la masturbation à l’adolescence n’est cependant pas facile à soumettre aux instances éducatives. Cela ne peut pas être une consigne d’éducation à la sexualité et nous ne pouvons que lever les idées reçues et délivrer des messages. Non, la masturbation ne provoque aucune maladie, elle est bonne pour l’épanouissement sexuel. On relève encore trop peu de pratiques masturbatoires : à l’âge de 18 ans, si 90 % des garçons et 48 % des filles disent s’être au moins masturbés une fois dans leur vie ; ils ne sont que 56 % des garçons et 10 % seulement des filles à en avoir une pratique habituelle et fréquente.
Se masturber comporte-t-il des risques ?

Absolument pas ! La masturbation participe majoritairement à la constitution d’une sexualité adulte épanouie, et sa pratique tout au long de la vie est un « baromètre » de la vitalité sexuelle. On sait en effet combien, au lieu de diminuer la fréquence des rapports dans le couple, elle est un stimulant de l’activité sexuelle conjugale. Dans une vaste étude portant sur les hommes et les femmes vivant en couple de sexe différent (sur plus de 5 000 couples, soit 2 153 hommes et 3 404 femmes), et sans parler de normalité, on observe que chez la plupart des couples épanouis, qui font par exemple l’amour une à deux fois par semaine, l’homme a une activité masturbatoire régulière une à plusieurs fois par semaine et la femme quelques fois par mois. Cette activité autoérotique de chacun permet que le désir puisse s’épanouir à tout moment, indépendamment de la présence du partenaire, mais renforce aussi le désir dans le couple dans la mesure où les pulsions ne sont pas refoulées mais librement exprimées, sans interdit ni contrainte. Il faut ici rappeler l’une des grandes règles de la sexualité humaine : « Ne rien s’obliger, ne rien s’interdire ! »
On peut tout de même encore souligner la grande asymétrie de la pratique de la masturbation entre les hommes et les femmes. Si pour les premiers, elle se poursuit avec habitude tout au cours de la vie, trop de femmes ne connaissent pas ou s’interdisent une activité personnelle pourtant utile à leur épanouissement avec un partenaire. On remarque en effet que la plupart des femmes en difficulté d’épanouissement sexuel ont peu ou pas de pratique de la masturbation. C’est d’ailleurs l’une des voies d’accès à une sexualité épanouie : se découvrir et apprendre à connaître ses propres réactions.
Si la masturbation constitue un mode d’entrée naturel dans la sexualité, il faut bien comprendre l’importance de cet autoérotisme pour l’épanouissement personnel avec soi ou un partenaire. L’interdit maintenant ancien de la masturbation n’est plus qu’un mauvais souvenir. Il est aujourd’hui important de se sentir libre avec soi-même, sans contrainte ni interdit. La masturbation est une source d’énergie pour soi et pour le couple et permet l’expression de ses pulsions intérieures. Les rares cas de masturbation compulsive exagérée sont souvent liés à des problèmes psychologiques ou des addictions, qu’il ne faut pas généraliser.

5. Homo ou hétéro, est-ce un choix ?

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