La gratitude qui guérit
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Description


La gratitude, c'est être reconnaissant de ce que l'on reçoit. Mais c'est aussi une disposition de l'esprit, une attitude que l'on choisit d'adopter envers la vie, les événements, les souffrances. Une qualité à cultiver. Un état de grâce à retrouver.



Christine Angelard constate quotidiennement auprès de ses patients que les blessures de l'âme provoquent de profonds déséquilibres du corps qui ne peuvent pas toujours être traités par des médicaments. A contrario, en apprenant à cultiver la gratitude, nous parvenons à influencer l'équilibre du système nerveux et la santé en général, et ressentons un sentiment de bien-être durable. Forte de ses années de pratique en santé globale et en médecine traditionnelle chinoise, Christine Angelard s'est intéressée aux vertus thérapeutiques de la gratitude et a mis au point une méthode facile et accessible basée sur la technique de guérison des cinq blessures de l'âme, de l'EFT (Emotional Freedom Techniques) et celle de la tradition hawaïenne du Ho'oponopono. Ce faisant, nous avançons alors sur ce chemin de gratitude, où la guérison passe par l'ouverture à notre vraie nature, celle du coeur.




  • L'art de la gratitude


  • Ce qu'en dit la psychologie positive


  • Médecine énergétique et gratitude


  • Avant de nourrir notre âme, faisons le ménage !


  • Des exercices pratiques


  • Une thérapie spirituelle

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 février 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782212442571
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La gratitude, c’est être reconnaissant de ce que l’on reçoit. Mais c’est aussi une disposition de l’esprit, une attitude que l’on choisit d’adopter envers la vie, les événements, les souffrances. Une qualité à cultiver. Un état de grâce à retrouver.
Christine Angelard constate quotidiennement auprès de ses patients que les blessures de l’âme provoquent de profonds déséquilibres du corps qui ne peuvent pas toujours être traités par des médicaments. A contrario , en apprenant à cultiver la gratitude, nous parvenons à influencer l’équilibre du système nerveux et la santé en général, et ressentons un sentiment de bien-être durable.
Forte de ses années de pratique en santé globale et en médecine traditionnelle chinoise, Christine Angelard s’est intéressée aux vertus thérapeutiques de la gratitude et a mis au point une méthode facile et accessible basée sur la technique de guérison des cinq blessures de l’âme, de l’EFT ( Emotional Freedom Techniques ) et celle de la tradition hawaïenne du Ho’oponopono. Ce faisant, nous avançons alors sur ce chemin de gratitude, où la guérison passe par l’ouverture à notre vraie nature, celle du cœur.
Christine Angelard a été médecin en France mais elle est également diplômée en médecine traditionnelle chinoise et naturopathe agréée. À son arrivée au Québec il y a plusieurs années, elle devient thérapeute en santé globale. Elle considère l’être humain comme un tout, où le corps et l’esprit sont interconnectés et s’influencent l’un l’autre, et traite ses patients dans cette double perspective. Conférencière, elle est aussi l’auteure de plusieurs ouvrages dont La médecine soigne, l’amour guérit.
Dr Christine Angelard
La gratitude qui guérit
Améliorez votre santé et votre bien-être grâce à une méthode unique alliant l’EFT à l’Ho’oponopono et la guérison des blessures émotionnelles
Éditions Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
© Gallimard Itée – Edito 2018
Cet ouvrage est paru en 2018 sous le titre La gratitude qui guérit : comment soigner les blessures du passé chez Edito.
Publié par l’intermédiaire de Mon Agent et Compagnie 6 rue Victor Hugo – 73000 Chambéry – France www.monagentetcompagnie.com
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Éditions Eyrolles, 2019 ISBN : 978-2-212-57121-9
Sommaire
Introduction
Chapitre 1
L’art de la gratitude
Chapitre 2
Ce qu’en dit la psychologie positive
Chapitre 3
Médecine énergétique et gratitude
Chapitre 4
Avant de nourrir notre âme, faisons le ménage !
Chapitre 5
Des exercices pratiques
Chapitre 6
Une thérapie spirituelle
Conclusion
Annexes
Remerciements
Table des matières
À mes parents, qui m’ont transmis en héritage et par leur exemple cet art de la gratitude.
À mes enfants et petits-enfants, qui me permettent de pratiquer toujours plus la gratitude.
À mes patients, qui m’ont émerveillée par leur capacité à croître sur ce chemin de gratitude.
À mes amis vivants, ou partis rejoindre les étoiles : ils m’accompagnent tous sur ce chemin de gratitude.
La gratitude est la mémoire du cœur.
A TTRIBUÉ À L AO T SEU
Si la seule prière que vous ayez faite dans toute votre vie était merci, cela suffirait.
M AÎTRE E CKHART
Et si tout se terminait demain,
Si le rideau tombait pour la dernière fois,
Un seul mot résumerait tout ce qui fut : Gratitude.
J EFF F OSTER
Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur, elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries.
M ARCEL P ROUST
La gratitude est le secret de la vie. L’essentiel est de remercier pour tout. Celui qui a appris cela sait ce que vivre signifie. Il a pénétr é le profond mystère de la Vie.
A LBERT S CHWEITZER
Remercier est plus que de bonnes manières, c’est de la bonne spiritualité.
R ABBI H AROLD K USHNER
Introduction
Pourquoi écrire un livre sur la gratitude ? Parce que, d’une part, je l’ai reçue en héritage, et que, d’autre part, ma pratique de thérapeute en santé globale m’a confirmé ses bienfaits dans la vie en général et face à la maladie en particulier.
Mes parents m’ont appris à remercier pour les petites et les grandes choses. Cette orientation de l’esprit et du cœur a guidé ma vie personnelle et guide mon approche professionnelle avec mes patients. Mes diplômes de médecin, de naturopathe, de thérapeute en santé globale m’ont donné des outils divers, mais je profite de toutes les occasions possibles pour enseigner la gratitude. Je sais de façon indéniable tout ce qu’elle peut nous révéler de nous-même et les précieux changements qu’elle opère en nous.
Mon père parlait rarement des années de guerre qu’il avait vécues comme soldat. À 20 ans, il avait quitté son village du sud de la France pour aller combattre les Allemands en 1944 et 1945. Il avait été affecté au poste de conducteur de chars d’assaut. Je ne l’ai entendu qu’une fois parler des horreurs de la guerre. En revanche, il nous racontait régulièrement la beauté des paysages de la région du lac de Constance, en Allemagne ! À croire qu’il y était allé en touriste. Or, je doute qu’au volant d’un char d’assaut, le tourisme ait été l’activité principale de ces jeunes soldats. Eh bien, lui, ramenait à sa mémoire ce souvenir, cet aspect de la guerre, volontairement, plutôt que les horreurs vues ou vécues.
Déjà enfant, il m’était familier d’agir comme lui. Par mimétisme ? Par hérédité ? Je ne saurais le dire. Ce que je sais, c’est que cette attitude positive face à la vie m’est devenue naturelle. Je choisis délibérément ce que je veux retenir.
Il n’est pas question de déni. Mon père se souvenait très bien des blessures de la guerre. Elles étaient marquées au fer rouge quelque part dans sa chair ou dans sa mémoire. Il nous raconta un jour la force de la camaraderie qu’il expérimenta au cours de cette période. Dans son portefeuille, à sa mort à près de 80 ans, il avait encore une photo de l’époque, le montrant avec des amis en tenue militaire devant un char d’assaut. Face au danger, l’amitié qui se scelle est immortelle. Tous ces jeunes hommes souriaient à la vie dont ils apprirent la valeur de façon brutale. Mais il préférait, quand il pensait à cette période, revivre le souvenir du printemps blanc et rose, de la force de l’amitié, ou du sourire d’une femme.
C’est le beau qui permet de faire un pas de plus et de ne pas désespérer. Le sourire de l’infirmière ou la main de l’ami, voilà ce qui aide souvent les patients sur leur lit d’hôpital.
J’ai connu des patients qui traversaient les épreuves avec douceur et fluidité et qui remerciaient encore et toujours. D’autres sont totalement dévastés par de simples incidents de parcours. La différence tient à la portée du regard, au fait d’être capable de voir plus loin que ce qui nous arrive, de reconnaître qu’il y a du beau et du bon dans toute chose, même quand nous traversons une période difficile. « Oui, je dois être opérée, et c’est grave, mais je suis tellement bien accompagnée », me dit un jour une patiente.
Avez-vous remarqué que ce sont souvent les personnes les plus simples, voire les plus démunies ou celles qui ont traversé des épreuves difficiles qui développent naturellement cet art de la gratitude ? Lorsqu’elles ont failli perdre la vie, ou lorsqu’une épreuve les a frappées de plein fouet, elles saluent la joie d’être en vie, le bonheur de boire un verre d’eau après avoir affronté la chaleur accablante, ou encore le cadeau d’une présence bienveillante à leurs côtés.
Malheureusement, certains, habitués à avoir reçu beaucoup depuis leur enfance sans connaître la véritable valeur des choses, celle qui correspond au travail effectué pour les créer, ceux-là sont souvent profondément perdus dès que rien ne va plus, dès que leurs repères sont ébranlés. Et pourtant, les apprentissages sont nécessaires. Tout ne nous est pas dû, mais tout est don.
Je vous propose d’emprunter un chemin peut-être connu ou inconnu, rassurant ou déconcertant, riche en trouvailles et en trésors, et de vous mener à la chambre du cœur, qui est le lieu de notre vraie nature.
Chapitre 1
L’art de la gratitude
Le mot « gratitude » vient du latin gratus, qui signifie remercier. Ce terme implique l’idée de reconnaissance, de rendre grâce pour quelque chose que l’on reçoit, de remercier pour un don qui nous est fait. L’expression « art de la gratitude » comprend notre faculté de recevoir et de reconnaître la valeur de ce que l’on reçoit. L’art de la gratitude se conjugue donc avec l’art de recevoir.
La gratitude ouvre notre cœur et nous ouvre à l’amour. Elle nous plonge dans l’essence même de la Vie, c’est-à-dire dans une vibration d’amour inconditionnel.
Quand nous pratiquons l’art de la gratitude, l’énergie de Vie circule en nous et accomplit son œuvre. Dans La médecine soigne, l’amour guérit , je parlais de cette capacité à ressentir le plus grand en nous pour prendre le dessus sur notre quotidien. L’énergie du cœur, « le pâle reflet de l’énergie céleste qui est en nous » selon la médecine traditionnelle chinoise, est l’énergie guérissante qui, par sa libre circulation, apaise notre mental inquiet, peureux, compliqué ou tout simplement malhabile. La gratitude est cet état de grâce que nous avons tous intérêt à retrouver et à développer, car c’est par elle que l’âme va se révéler, les émotions s’apaiser et le corps se sentir mieux.
La psycho-neuro-immunologie a démontré la puissance des interrelations entre le système nerveux central, le système neuroendocrinien et le système immunitaire : autrement dit, nos états d’âme et notre environnement tant émotionnel que physique ont un impact certain sur notre physiologie et entraînent des conséquences cliniques ou pathologiques.
Les liens entre la physiologie et la psychologie et entre la physiologie et la spiritualité sont étudiés depuis de nombreuses années par les scientifiques. Nous sommes plus que des corps mécaniques et hypersophistiqués. Nous sommes ébranlés, mus par des émotions (au sens étymologique, le mot « émotion » signifie « mis en mouvement »), et nous sommes aussi animés d’un souffle, d’une âme, diront certains, voire même de quelque chose de plus grand que nous, pour d’autres.
Nous prenons conscience de notre participation au grand Tout par notre composante biologique autant que par nos composantes émotionnelles et sacrées. Si nous avons longtemps cherché le sacré à l’extérieur, il est temps de le retrouver, en fait, bien ancré à l’intérieur de nous-même.
Un outil de guérison
Nous sommes bien plus que ce que nous croyons être. Notre corps physique obéit certes à des lois précises, mais il est dépendant des émotions qui le font réagir et nous savons maintenant que notre chimie interne, celle de l’intestin notamment, est liée de façon directe à nos émotions. Il existe une interdépendance entre matière et sentiments.
La médecine traditionnelle chinoise l’affirme depuis longtemps, avec ses correspondances émotions/organes. Mais au-delà de ce lien émotions/corps physique, pouvons-nous reconnaître aussi que le corps possède en lui un germe de lumière, trop souvent ignoré, qui ne demande qu’à grandir ? Nous avons un rôle primordial à jouer pour notre bien-être. Le mot le définit bien : le bien-être, c’est être bien. Sortons des schémas assimilant notre corps à une mécanique qu’il faut garder en forme et bien huilée à coups d’heures de musculation et de cocktails de pilules afin d’en régler tous les problèmes.
Il n’est bien sûr pas question de remplacer la médecine classique, dite allopathique, ou les soins complémentaires par des attitudes de prières, de méditation ou de gratitude, mais bien de voir comment celles-ci peuvent optimiser l’état de l’individu, que ce soit au niveau de son corps, de ses émotions ou de son âme. L’art de la gratitude s’inscrit dans cette voie. Ce temps de gratitude est pour moi un retour au centre, à notre véritable essence. C’est à partir de là que se créent des modifications physiologiques dans notre corps, ce que nous confirme la cohérence cardiaque, une technique respiratoire dont nous reparlerons dans un chapitre ultérieur.
La maladie n’est pas que le résultat d’un défaut mécanique. J’ai l’habitude de dire aux personnes qui me consultent que la maladie est l’ultime moyen qu’a trouvé l’être pour s’exprimer en passant par sa dimension incarnée : le corps. Le travail du thérapeute consiste donc à accompagner son patient dans l’exploration des trois dimensions de son être (le physique, l’émotionnel et le spirituel), sans rien négliger et sans imposer quoi que ce soit, mais plutôt en les interrogeant.
Danielle est venue me consulter pour des symptômes de fatigue chronique. Elle me raconta ses antécédents médicaux et je l’interrogeai sur sa vie depuis l’enfance. Elle me révéla avoir été abusée sexuellement, un drame que son cerveau rationnel avait bien pris soin, afin qu’elle puisse survivre, de cacher dans sa mémoire. Le fait que nous ayons pris le temps de revisiter son histoire a permis au traumatisme de remonter à la surface, douloureusement, et nous a donné l’opportunité d’y aller voir de plus près.
Lors de ce premier entretien, ainsi que je le fais pour chaque personne qui vient me consulter, une fois que la conversation est bien engagée et la confiance établie, je lui ai posé cette question : « Avez-vous une spiritualité vivante ? » Je n’ai pas trouvé meilleure formule pour englober cet aspect essentiel et actif qui touche à l’être sans enfermer les patients dans une pratique religieuse plutôt qu’une autre. Les personnes parleront souvent de croyance en quelque chose de « plus grand que nous », de force d’amour qui unit l’univers, de pratique personnelle en lien avec la nature ou, parfois, d’une pratique religieuse bien précise. Ce qui importe dans cette question, c’est l’idée de quête, d’attitude ouverte sur une dimension plus vaste que la dimension strictement humaine. Cette question n’est jamais mal perçue ; au contraire, pour bien des personnes, cette petite phrase a l’effet d’un électrochoc bienveillant.
J’ai aidé Danielle à sortir de son état de fatigue avec des outils de naturopathie appropriés, et nous avons également procédé au « nettoyage » émotionnel qui s’imposait. Elle a pu faire la paix avec elle-même et avec les abus dont elle avait été victime. Elle a retrouvé, au cours des mois et des années qui ont suivi, un chemin de cohésion intérieure et une cohésion physiologique se traduisant par un retour à une bonne forme, physique autant que psychologique. C’est en revenant sur le travail effectué qu’elle a pu goûter à l’art de la gratitude qui la nourrit encore aujourd’hui. Ce retour à son intériorité apaisée a potentialisé considérablement son traitement et son mieux-être en général.
De même, j’ai aidé Joseph qui, lui, était suivi en ophtalmologie pour des problèmes récurrents. En faisant un bilan de santé globale, il a pris conscience du désespoir qui l’habitait quant au non-amour de ses parents, en particulier de sa mère. Les yeux appartiennent au foie en médecine traditionnelle chinoise, et le foie est le siège des émotions associées à la perte et à l’abandon. Nous parlons ici de ressenti : que l’abandon soit réel ou non n’a pas vraiment d’importance ; c’est l’émotion de l’abandon ressenti par la personne qui importe.
Au bout de plusieurs séances, Joseph a fait la paix avec les limites affectives de ses parents et a redécouvert la beauté de sa culture juive qu’il vivait jusque-là dans les contraintes, les restrictions et les peurs transmises par sa famille rigoriste. Tout d’un coup, sa foi s’est éclairée… et son foie, moyennant un accompagnement naturopathique approprié, s’en est trouvé mieux. Il a pris la mesure de la richesse de sa culture et est entré dans la gratitude de cet héritage, malgré les maladresses et les failles avec lesquelles cela lui avait été transmis. Les soins ophtalmologiques prescrits par son médecin ont enfin eu des effets positifs.
Ces prises de conscience ne remplacent pas les suivis médicaux qui s’imposent, mais elles permettent aux traitements d’avoir les effets escomptés, de boucler la boucle. Quelque chose a été abîmé, déstabilisé au niveau émotionnel, et cela a entraîné un changement de vibration électromagnétique en rapport avec l’organe qui porte la résonance émotionnelle. Si rien n’est fait pour prendre en considération le problème émotionnel, la manifestation néfaste dans le corps perdurera.
Nos parents font du mieux qu’ils peuvent, avec les moyens qui sont les leurs à l’époque où ils nous élèvent. Nous sommes les enfants de nos parents biologiquement parlant, mais nous sommes aussi des énergies vibratoires incarnées et nous avons à retrouver, durant notre incarnation, cette dimension vibratoire plus élevée d’où part et où retourne toute matière. Einstein disait que la matière est de l’énergie, de la lumière, dont la vibration a été considérablement abaissée afin de devenir perceptible pour nos sens.
Voici un dernier cas, celui de Thibault, la trentaine, qui avait un problème récurrent de reflux gastro-œsophagien. Bien sûr, il aurait pu prendre des antiacides pour se soulager, mais il était un peu jeune pour commencer ce traitement à vie. Bien sûr, le gel d’aloe vera ou des granules homéopathiques pouvaient l’aider. Mais c’est la prise de conscience du fait qu’il se sentait « gavé » (le terme est de lui) par ses parents, chez qui il habitait, qui a fait la différence. Il savait qu’il devait devenir plus autonome, mais il hésitait encore, repassant en boucle dans sa tête les possibilités qui s’offraient à lui en fonction de la fin de ses études, du confort désiré et de la souffrance qu’il endurait. Le reflux est venu sonner l’alarme. Rumination intellectuelle, soucis remâchés mettent à mal l’énergie de l’estomac et du pancréas. Dans son cas, les médecines complémentaires pouvaient aider à équilibrer les sécrétions acides, mais c’est en travaillant sur son système neuro-végétatif qu’il a réussi à calmer son mental hyperactif. Thibaut fut capable de prendre du recul. Au lieu de ruminer une situation qui lui paraissait bloquée, il s’est attaché à mettre en place un plan d’action pour devenir autonome. Ce faisant, il a aussi pris conscience de la chance qu’il avait eue jusque-là.
Prendre du recul, changer son angle de vision, c’est ainsi que l’on peut dénouer une situation et bien souvent voir l’autre versant de la montagne que l’on avait créée avec nos peurs et nos limitations. Il s’avère souvent que cet autre versant n’est pas aussi escarpé qu’on le pensait. Les médecines complémentaires, en travaillant autant sur la matière que sur l’émotionnel, permettent d’accélérer ce cheminement libérateur.
Les exemples de Danielle, Joseph et Thibaut parlent de prises de conscience par le patient de ce qui se passe en profondeur, dans son être, et de l’élargissement de son champ de vision sur la situation problématique. Lorsque le patient comprend mieux ce qui se passe, lorsque la voie s’éclaire, il arrive plus vite à un soulagement, avec l’aide de la pharmacopée, naturelle et parfois même chimique lorsque nécessaire.
Cette attitude face à la maladie dans nos consultations fait du patient un partenaire thérapeutique à part entière. Sa participation active lui permet aussi de vivre pleinement et avec un ressenti plus profond ce sentiment de gratitude lorsque la situation se dénoue.
Avant d’aller plus loin, il me paraît important de discuter de ce que signifie le verbe « guérir ».
En tant que patients, lorsque nous sommes malades, nous espérons tous un retour à l’état normal, comme s’il ne s’était rien passé dans le corps, comme si la maladie, une fois traversée, n’avait laissé aucune trace de son passage. C’est rarement le cas. Nos maladies, accidents et épreuves viennent transformer quelque chose en nous. Si nous les appréhendons sur le plan uniquement physique, les pathologies ne seront résolues qu’en superficie, et risquent de ne pas donner la vraie « valeur » de leurs survenues.
Guérir, c’est traverser une épreuve et rapporter sur l’autre rive un enseignement personnel, enseignement qui est source de croissance. Une fois sur l’autre rive, le chemin se poursuit, mais sur un nouveau territoire. Certaines de nos perceptions ou de nos certitudes ont changé, peu ou radicalement. Notre vision s’est élargie, des situations ou des comportements qui nous paraissaient auparavant immuables ne le sont plus. Des souvenirs, des chagrins ou encore des souffrances ont été nettoyés. Nous nous sentons apaisés, plus légers.
Tous les patients qui ont pris le temps de réfléchir sur le sens des épreuves qu’ils ont traversées témoignent d’une forme d’enseignement apporté par la maladie, parfois brutal, mais toujours nécessaire. Ils parlent d’un changement de regard. C’est dans l’épreuve, le plus souvent, que s’ouvrent les portes d’un cheminement intérieur. Ce fracas est inéluctable à l’ouverture d’un espace plus grand au sein de notre conscience. C’est dans la découverte de cette intériorité que nous accédons à notre vraie nature et, paradoxalement, l’épreuve de la maladie révèle ce sentiment de gratitude.
Parfois, la gratitude est une seconde nature chez ceux que nous appelons nos « anges » humains : ces personnes merveilleuses que nous croisons dans nos vies, simples, bienveillantes, le sourire ou le bon mot aux lèvres quelles que soient les circonstances. Nous allons voir aussi comment cela pourra se manifester dans nos vies grâce à une conscience éclairée et une pratique appliquée.
La gratitude est aussi un outil précieux pour contrebalancer le flot d’énergie négative générée par les souffrances de beaucoup d’hommes et de femmes. Si nous sommes nombreux à développer cette énergie qui vient du cœur, la gratitude s’exprime sur un plan vibratoire plus vaste. Ce faisant, elle participe à contrer l’énergie négative issue du fléau de la peur et de la violence qui essaie de s’insinuer dans notre monde, dans nos vies et nos communautés. L’onde d’amour peut à elle seule inverser l’onde de peur et de violence. Cela dépend de chacun de nous. N’attendons pas la maladie ou l’épreuve pour la manifester. Que l’on me comprenne bien : il ne s’agit pas d’angélisme naïf, mais bien d’ondes de forces. Il faut choisir ce que l’on veut alimenter, comme l’illustre bien la légende amérindienne des deux loups, que voici : un vieil homme expliquait à son petit-fils qu’il y avait en tout humain deux loups, un loup aimant, calme, et un autre belliqueux, agité. L’enfant lui demanda comment faire pour que ce soit le bon loup qui l’emporte. Le vieil homme lui répondit : « Cela dépend de celui que tu choisis de nourrir. »
Il est de notre responsabilité de nourrir le « bon loup » en nous. Nous serons les premiers à en ressentir les bénéfices, en plus de participer positivement au destin commun de ce qui nous entoure. Ce que nous faisons, ce qui vibre en nous a une résonance à l’extérieur de nous. Nos choix déterminent notre vie jusqu’à un niveau cellulaire, tout en influençant notre environnement. Comme ces pierres lancées qui ricochent sur l’eau en créant des cercles concentriques, nos actes et nos choix entraînent une cascade de réactions.
Dans le même ordre d’idées, nous savons maintenant que nos comportements ont une action directe sur notre santé. C’est ce que vient nous confirmer une nouvelle approche scientifique : l’ épigénétique . L’épigénétique est la science qui étudie la façon dont se fait la régulation de l’expression des gènes de l’individu. La science a fini par s’intéresser aux 98 % des brins d’ADN que l’on avait d’abord relégués aux oubliettes en les qualifiant en anglais de junk DNA ou d’ ADN poubelle . Les scientifiques ont longtemps pensé que ces 98 % ne servaient à rien, alors que 2 % seulement étaient reconnus comme utiles au fonctionnement des cellules vivantes.
Il existe à chaque époque des hommes qui considèrent les connaissances acquises avant eux comme des dogmes immuables, et d’autres, de vrais scientifiques, qui cherchent là où personne ne s’aventure. Ces esprits curieux ouvrent des brèches où s’engouffre plus tard toute la communauté scientifique. C’est ce qui s’est produit pour ces 98 % qualifiés de junk DNA . On sait maintenant que, loin d’être des rebuts, ils agissent en fait comme contrôleurs de l’activité de l’autre 2 %. Le plus intéressant, c’est que ce panneau de commande répond à certains de nos comportements :
1) Alimentaires : la qualité de ce que l’on mange a un rôle non négligeable sur l’expression génique ;
2) Émotionnels : la façon dont nous gérons nos émotions a aussi un impact sur l’expression ou non de nos gènes ;
3) Physiques : la manière dont nous prenons soin de notre corps intervient également dans l’expression ou non d’une pathologie potentielle ;
4) Relationnels : la qualité de notre réseau social, qu’il soit familial ou amical, influence également l’expression de nos gènes ;
5) Attitude : la capacité à éprouver de la joie dans ce que nous faisons intervient aussi dans l’expression ou non de certains gènes.
Autrement dit, la façon dont nous vivons, sur le plan physique comme émotionnel, modifiera l’expression de nos gènes. Selon nos comportements, des gènes pathologiques s’exprimeront ou non. Cela laisse tout de même une place phénoménale à la responsabilité de chacun vis-à-vis de sa santé !
Voyez-vous le virage à cent quatre-vingts degrés que ces notions font prendre à nos vies d’Occidentaux bien réglées par la rationalité ? Nous vivons à une époque formidable où la science vient confirmer ce que les spiritualités d’Orient comme d’Occident affirment depuis longtemps : le cœur est l’empereur des organes. Il harmonise l’âme, les émotions et le cerveau. Jeune médecin à l’époque, cette notion de « cœur empereur » m’avait interpellée dans mes cours de médecine traditionnelle chinoise. Je me suis dit qu’il devait bien y avoir un moyen d’accéder à cette grâce intérieure, puissante médecine à elle seule, et de la rendre accessible à tous.
Je peux choisir de nourrir le « bon loup » en moi et d’avoir un impact positif sur ma santé quelles que soient mes prédispositions. Quelle espérance !
Une nouvelle discipline artistique
La gratitude a une valeur artistique indéniable. Comme pour toute forme d’art, certains sont naturellement doués pour la pratiquer, alors que d’autres le sont moins, bien qu’il soit possible de progresser en s’y exerçant.
La gratitude demande une pratique régulière, surtout au début. Ensuite, et c’est une particularité de cet art, la discipline devient « réflexe » et l’effort n’est plus perceptible. La gratitude devient une seconde nature. Je pense même qu’elle nous conduit à notre vraie nature !
La gratitude demande de l’attention et une conscience de ce qui se passe en nous lorsque nous l’exerçons. Elle nous entraîne loin dans nos profondeurs merveilleuses et nous éblouit.
La gratitude enrichit celui qui la pratique et celui qui la reçoit. Elle lui ouvre des horizons nouveaux, lumineux.
Toute forme d’art, que nous en soyons l’acteur ou le spectateur, s’adresse à notre hémisphère droit. Elle parle à la partie du cerveau capable d’appréhender à la fois le symbole et le message. Pour un droitier, le cerveau gauche est en effet celui qui analyse, qui fait intervenir la compréhension logique et rationnelle. Le cerveau droit est celui de la synthèse et de la compréhension immédiate et globale.
Lorsque nous écoutons, par exemple, le Nocturne, opus 9, numéro 2 de Chopin, nous ressentons toute la nostalgie du compositeur. Point besoin de savoir que son pays natal, la Pologne, lui manquait, ou qu’il faisait gris et froid à Paris au moment où il le composa ; ce ne sont là que des hypothèses échafaudées par nos intelligences limitées. L’essentiel est dans le ressenti de la musique. Celui qui la crée transcende ainsi son émotion et, en la partageant, nous permet de toucher à quelque chose de précieux.
Il en est de même pour la peinture ou la sculpture. L’art nous permet de dépasser nos limitations humaines et de parler directement au cœur. Tout art commence dans le travail, l’assiduité, parfois même la douleur, mais parvient à la fin à atteindre un état où l’âme se sent apaisée d’avoir livré un peu de son essence. La gratitude pratiquée régulièrement a le même effet : elle enrichit la source de joie pure et d’amour située dans nos cœurs.
Enfin, comme tout art, la gratitude apporte du bonheur et de la joie à celui qui la pratique et encore plus à ceux qui en sont témoins. Elle est un facteur multiplicateur de bonheur. Une épidémie de bonne humeur survient assez facilement en pratiquant l’art de la gratitude. Le bruit court même qu’on pourrait être heureux : entretenons cette rumeur ! Le bonheur ne se cherche pas, il se trouve instant après instant dans la façon de vivre notre quotidien. De vieux sages nous l’ont dit. Les petits enfants nous le rappellent. Quelques gens simples, des saints inconnus ayant laissé leurs auréoles au vestiaire, croisent nos routes régulièrement pour nous montrer l’exemple. L’art de la gratitude nous fera toucher à la plus belle partie de nous-même et, en cela, c’est une thérapie autant qu’un art.
Chapitre 2
Ce qu’en dit la psychologie positive
C’est aux États-Unis que les recherches sur la psychologie positive ont débuté. Cette science a vu le jour grâce à deux professeurs d’université américains : Martin Seligman (université d’État de Pennsylvanie) et Christopher Peterson (université d’État du Michigan). Ils ont étudié ce qui rend les gens heureux, pourquoi et comment le sont-ils. Ils se sont penchés en quelque sorte sur la science du bonheur, attitude innovante puisque la psychologie tentait jusqu’alors, le plus souvent, de comprendre le mal-être. La psychologie positive se définit donc comme l’étude scientifique des aspects positifs de la vie, en se focalisant sur ce qui va bien et sur les potentiels positifs d’un individu.
Pour Christophe André, psychiatre et psychothérapeute, la gratitude est « bénéfique à l’estime de soi, car elle augmente le sentiment d’appartenance à un groupe, à une lignée, à une collectivité humaine ». Robert Emmons, chercheur en psychologie à l’université de Californie à Los Angeles, a pour sa part constaté que les personnes prenant l’habitude de pratiquer une gratitude consciente étaient plus résistantes au stress. Pour Martin Seligman, la gratitude rend plus heureux.
Des études scientifiques sont venues expliquer les mécanismes de la gratitude de façon plus précise. Tout a commencé en Californie, dans les années 1990, quand le professeur Emmons a annoncé qu’il se lançait dans l’étude de la gratitude et de son impact sur la santé. Depuis, une multitude d’études ont été publiées sur ce thème.
Ainsi, récemment, des médecins hospitaliers de Boston ont constaté que 87,5 % des patients suicidaires à qui on avait demandé de pratiquer des exercices de gratitude voyaient leur désespoir diminuer de manière significative 1 .
Par ailleurs, une équipe irlandaise a montré qu’en seulement trois semaines, un groupe de personnes qui devaient noter chaque jour cinq motifs de gratitude voyaient leur niveau de stress chuter en moyenne de 14 % et leur sentiment de dépression, de 10 % 2 .
Au début des années 2000, l’étude d’Emmons portait sur près de deux cents personnes qu’il avait réparties en trois groupes 3 . Les personnes du premier groupe devaient noter chaque semaine cinq évènements positifs vécus et pour lesquels elles avaient exprimé de la gratitude. Les personnes du deuxième groupe devaient faire, au contraire, la liste des irritants vécus au quotidien. Les personnes du troisième groupe devaient simplement noter les faits importants survenus dans la semaine. Au bout de neuf semaines, il est apparu clairement que les personnes du premier groupe étaient dans un meilleur état général, plus optimistes, et se sentaient mieux que les participants des deux autres groupes. Il y avait une amélioration de leur bien-être physique et psychologique.
Les bienfaits de la gratitude sont donc importants pour notre santé.
La gratitude est un bon remède à la dépression
Il a été prouvé au cours de toutes ces études que nos circuits neuronaux sont ainsi faits que nous ne pouvons pas en même temps ressentir une émotion positive et une émotion négative. En prenant l’habitude de placer des intentions positives dans nos circuits neuronaux, en influençant positivement la plasticité neuronale, nous chassons les idées noires. C’est la raison pour laquelle les exercices dont nous allons parler plus loin sont à pratiquer régulièrement pour prendre de saines habitudes de pensée.
Ce qui a été prouvé par des études était déjà perçu par des ostéopathes capables de ressentir au toucher un cerveau pratiquant régulièrement la gratitude et un autre ne le faisant pas. Il y a une légèreté et une fluidité de l’état général chez les premiers. « C’est comme s’il y avait moins de compression dans le corps. Cela donne l’effet d’une respiration plus libre dans les phases d’expansion du mouvement intrinsèque du système nerveux central », selon les termes d’un professeur en ostéopathie.
Développer le sentiment de gratitude permet de focaliser son esprit sur des choses positives et ainsi d’éviter le repli sur soi. Lorsqu’on remercie, on tourne son attention vers l’extérieur, on sort ainsi plus facilement de son enfermement. Un patient qui aborde son traitement ou sa chirurgie, quel qu’il soit, avec une attitude positive aura plus de chance de mieux le traverser qu’une personne partant battue d’avance ou catastrophée. Les exemples sont légion : cet homme de 40 ans qui se trouvait aux soins intensifs après une chirurgie délicate au niveau de son intestin grêle a surpris tout le monde, y compris l’équipe soignante, en guérissant remarquablement vite. Rien n’était si sûr à la vue de son dossier.

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