Itinéraire d une vietnamienne - Mon parcours d intégration
139 pages
Français

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Itinéraire d'une vietnamienne - Mon parcours d'intégration , livre ebook

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Description

Après la parution en 2009 de son premier récit "Itinéraire d'une Vietnamienne - l'étudiante insoumise", Thi-Hien reçut de nombreuses marques d'intérêt et de soutien de lecteurs lui réclamant "la suite", qui restaient, disaient-t-ils, "sur leur faim". Elle était loin d'imaginer les hasards de l'existence, quand, à dix-sept ans, des études secondaires brillantes et un baccalauréat mérité lui valurent d'être désignée par le gouvernement vietnamien pour aller étudier dans un "pays frère", la Pologne en 1972 ! Invitée en France en 1981 par un couple franco-polonais, son retour en Pologne fut compromis pour cause de décret d'état d'urgence promulgué par le général Jaruzelski suite aux grèves organisées par le mouvement ouvrier Solidarnosc qui paralysèrent le pays durant de longs mois. Son avenir s'en trouva bouleversé Thi-Hien souffrit, au début, de la précarité, de l'indifférence, voire d'une forme de discrimination, qui sont le lot commun de ceux qui vivent d'expédients. Éloignée de son mari et de sa fille, il lui fallut se débrouiller pour survivre. Le temps passant, elle envisagea de s'intégrer et de reconstruire ici l'avenir sa petite famille. Elle s'appliqua à régulariser sa situation, puis à obtenir une carte de séjour et un permis de travail. Dans cette période d'instabilité, où ses voisins jouèrent un rôle primordial, elle se donna les moyens d'accéder à un vrai métier, prit des cours de français, puis entama une formation professionnelle qui - sa maîtrise de droit polonaise n'avait pas d'équivalence ici - lui permit, à l'issue, de décrocher un emploi. Devenue citoyenne française après de vrais efforts d'intégration, mais son attachement à son pays natal demeuré intact, Thi-Hien retourna au Vietnam, en 1991, après dix-neuf années d'absence ! Or si l'émotion des retrouvailles avec sa famille dans un Vietnam réunifié furent intenses, elle comprit cependant très vite que sa vie était en France...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 janvier 2015
Nombre de lectures 1
EAN13 9791029002021
Langue Français

Extrait

Itinéraire d’une vietnamienne
Du même auteur



Itinéraire d’une vietnamienne – L’étudiante insoumise
Paru en 2009. Réédité chez Chapitre.com en 2014
Thi-Hien TRAN
Itinéraire
d’une vietnamienne
Mon parcours d’intégration
Récit écrit avec la complicité de Pierric Le Neveu









Les Éditions Chapitre.com
123, boulevard de Grenelle 75015 Paris
© Les Éditions Chapitre.com, 2015
ISBN : 979-10-290-0202-1
Prologue
Ce récit est construit sous couvert de souvenirs tamisés par des sentiments sincères ; il est totalement dénué d’arrière-pensées politiques ou polémiques.

Après la parution de son premier récit « Itinéraire d’une Vietnamienne - l’étudiante insoumise », Thi-Hien reçut de nombreuses marques d’intérêt et de soutien de lecteurs lui réclamant « la suite », qui restaient, disaient-t-ils, « sur leur faim ». Elle rencontra à de nombreuses reprises son lectorat lors de séances de dédicaces organisées par des libraires, par le service culturel de communes à l’occasion de fêtes du livre ou par des associations franco-vietnamiennes, un peu partout en France, franchissant même une frontière sur invitation de la FNAC de Bruxelles. Ces manifestations ont chaque fois été l’occasion de rencontres mémorables, tant elle éprouvait un véritable bonheur à partager des expériences qui ont toujours eu pour dénominateur commun, chez ceux qui l’approchaient, ce capital sympathie mêlé de curiosité sincère que leur inspire l’Asie en général, l’Indochine encore pour certains, et le Vietnam , en particulier.
Comme elle était loin d’imaginer les hasards de l’existence, quand, à dix-sept ans, des études secondaires brillantes et un baccalauréat mérité lui valurent d’être désignée par le gouvernement vietnamien pour aller étudier dans un « pays frère », la Pologne ! Comme ils lui manqueraient, son pays, sa famille, les rizières et les buffles, dont un voyage interminable en train à travers la Chine et l’URSS allait l’éloigner pour de longues années, en 1972, pendant que les bombardements de l’armée américaine continueraient de rythmer le quotidien de son village ! Comme elle fut fière et déterminée à apprendre pour revenir, maîtrise de droit en poche, reconstruire – mais elle différera au dernier moment son retour – son pays bien aimé !
Thi-Hien a été encouragée tant par ses collègues de travail, fonctionnaires au Ministère de la Justice, que par des magistrats venus assister, un soir, à une conférence autour de son livre organisée au Palais de Justice par la Présidence du TGI de Paris. Elle s’est donc remise à la tâche pour relater cette fois-ci la période écoulée depuis l’arrivée de son mari et de sa fille en France, en 1982, jusqu’à ces récentes années au sein de l’Administration.
Un désir de raconter porté par son enthousiasme naturel la fit avancer par à-coups en fonction de son emploi du temps et selon les caprices de son inspiration, devant conjuguer vie professionnelle, écriture, et l’action associative que nous menons depuis 2012 en faveur des victimes de l’Agent Orange/Dioxine au Vietnam.
Les souvenirs se moquant souvent des projets comme d’une guigne, elle notait dans un petit cahier dont elle ne se séparait jamais, craignant de les voir s’échapper aussi vite qu’ils lui étaient apparus, ces quelques mots, lieux, dates, ou les traits de caractère de ceux qui peupleraient son récit. Quand elle eut estimé avoir suffisamment engrangé, elle essaya de construire un plan, de penser à la forme : récit ou roman ?
J’étais de mon côté un peu réticent pour avoir souvent failli me perdre dans ses notes à l’occasion de la rédaction du précédent ouvrage, puis je me suis lancé à ses côtés dans l’aventure, dans la « suite » de « son » aventure.
Thi-Hien se raconte, et ses rapports avec les autres, de façon directe et naturelle. Elle nous apprend que même ceux qu’on croit distants et peu communicatifs finissent par laisser entrevoir des qualités qu’ils enfouissaient, par timidité, par modestie, ou inconsciemment, au plus profond d’eux-mêmes. Au fil des lignes elle s’est rendue compte que raconter la vie des gens n’était pas une mince affaire, devant s’inspirer, ne pouvant tout évoquer, des faits les plus significatifs. La vie en compagnie de ses voisins, rue Lamarck est à cet égard un concentré d’existence parisienne, un recueil de personnages et de faits aussi marquants qu’originaux, inoubliables que différents, mais composants d’une vie sociale ordinaire et finalement représentatifs de la société.
Elle a choisi, après hésitation, de ne pas parler de « l’Administration », n’étant pas certaine de devoir inclure des aspects de sa vie de fonctionnaire dans son récit, tant les lieux communs ou les plaisanteries véhiculés par les médias et par l’inconscient collectif donnent de la fonction publique une image floue dans laquelle chacun ne voit souvent, en fin de compte, que ce qu’il veut bien voir. Son expérience est probablement différente, située pour l’essentiel à la base d’une justice de proximité qui touche au quotidien des citoyens. Il n’est pas question pour elle de dénoncer qui que ce soit ou de créer des polémiques inutiles à propos d’une administration dans laquelle le pire côtoie parfois le meilleur, qui lui offrit de constater, chez le personnel, à tous les niveaux de responsabilités, l’extrême conscience et la disponibilité, bien plus souvent que le laisser-aller.
*
Quitter la banlieue en 1983, et ses compatriotes farouchement anti-communistes qui l’avaient « adoptée », pour emménager dans un petit appartement aux pieds de Montmartre, représenta pour elle un premier pas vers l’intégration autant qu’un changement radical de la vie qu’elle avait menée depuis son arrivée en France. Ces premières années depuis son départ de Pologne et son retour devenu impossible pour cause de décret d’état d’urgence promulgué par le général Jaruzelski suite aux mouvements de grève organisés par Solidarnosc sous l’impulsion de Lech Walesa , virent planer instabilité et incertitude sur son quotidien et sur son avenir. Elle devra prendre une direction et faire des choix qu’elle n’avait pas anticipés. Il lui faudra se débrouiller pour survivre et trouver le moyen de reconstituer sa petite famille, gérant son existence au jour le jour en attendant d’improbables éclaircies susceptibles de découvrir un horizon que seule sa capacité d’adaptation aux évènements lui permettra d’atteindre.
Elle connut, la première année, seule face à des difficultés multiples, de fréquents moments de découragement, regrettant à plusieurs reprises de ne pouvoir retourner en Pologne auprès de sa fille, de son mari et de cette belle-famille compréhensive et généreuse qui n’a jamais manqué de la soutenir.
Arrivée en France dans des conditions un peu rocambolesques avec son passeport « valable uniquement pour les pays socialistes », un visa de tourisme et un certificat d’hébergement, invitée pour quelques jours par une camarade d’études polonaise qui avait épousé un Français, Thi-Hien découvrit, éberluée, toutes ces « richesses » exposées dans les vitrines illuminées des magasins, les automobiles rutilantes, les victimes de la mode et cette vie qui paraissait si facile dans un « pays capitaliste ».
Et la France devint, malgré elle, mais aussi un peu parce qu’elle le voulut bien, son pays d’adoption.
Elle comprit qu’elle devait, pour s’intégrer, ne pas se cantonner dans des petits boulots mal payés et non déclarés. Elle s’imposa une feuille de route : d’abord tenter de régulariser sa situation, puis obtenir une carte de séjour de longue durée, condition indispensable à l’obtention d’un permis de travail. Commencer une vie dans un pays étranger n’est pas chose aisée ainsi qu’elle l’avait appris à son arrivée en Pologne où, pourtant, un encadrement très strict lui « facilitait » la tâche en même temps qu’il réduisait considérablement sa marge de manœuvre. Après ses études, son existence avait été de nouveau chamboulée par son mariage et par la naissance de sa fille qui l’avaient amenée à évoluer dans un

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