My Baby, ça va aller !
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Description

L'histoire en quelques mots :
Gilles Leclyan avait une vie calme avant sa rencontre avec Juliette, jeune femme victime de trafiquants d'êtres humains. Le récit témoigne de l'intégration " à la française" de Juliette après son audition dans les locaux de l'Office Central de la Répression de la Traite des Êtres Humains (OCRTEH) et du chantage des trafiquants exercé sur sa famille au Nigéria.
Se croisent au fil des pages des ministres de la république, des femmes d'associations humanitaires et une ambassadrice humanitaire, ex compagne de Monsieur.
Monsieur le Président Hollande passe en " guest star" dans cette histoire vraie.
Il aura fallu un quinquennat pour suivre la survie quotidienne de Juliette.
Je pensais bien naïvement qu'il était simple d'aider son prochain dans cette France du 21ème siècle qui crie dans les rues " Fraternité et Liberté".
Mon but n'a jamais été de publier pour être en affiche. Je veux juste que Juliette ait une vie normale.
Je veux que cette histoire ne soit plus silencieuse pour les centaines de filles prises au piège de la prostitution forcée en France. Je veux m'adresser aux hommes et aux femmes qui les payent pour un fantasme. Je veux leur dire.
" Faites le en les respectant."
Je pensais…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 octobre 2018
Nombre de lectures 3
EAN13 9782312061627
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Exrait

Se croisent au fil des pages des ministres de la république, des femmes d'associations humanitaires et une ambassadrice humanitaire, ex compagne de Monsieur.
Monsieur le Président Hollande passe en " guest star" dans cette histoire vraie.
Il aura fallu un quinquennat pour suivre la survie quotidienne de Juliette.
Je pensais bien naïvement qu'il était simple d'aider son prochain dans cette France du 21ème siècle qui crie dans les rues " Fraternité et Liberté".
Mon but n'a jamais été de publier pour être en affiche. Je veux juste que Juliette ait une vie normale.
Je veux que cette histoire ne soit plus silencieuse pour les centaines de filles prises au piège de la prostitution forcée en France. Je veux m'adresser aux hommes et aux femmes qui les payent pour un fantasme. Je veux leur dire.
" Faites le en les respectant."
Je pensais…
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My baby, ça va aller !
Gilles Leclyan et Juliet N
My baby, ça va aller !
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen

© Les Éditions du Net, 2018
ISBN : 978-2-312-06162-7
J’essaie d’aider Juliette à vivre normalement en France.
J’essaie de lui tenir son moral, de la former aux us et coutumes de la France, de l’accompagner dans sa vie d’après la prostitution forcée et de faire survivre sa famille au Nigéria après leur prise d’otages par le réseau de traite d’humaines organisé par la famille ODEH dans la ville de Bénin City au sud-ouest du pays.
J’essaie et je me heurte au silence des associations et des ministères. Je me sens terriblement incompétent et impuissant à pouvoir leur venir en aide.
Sa peau noire vue au coin d’une rue par mes yeux bleus m’ouvre le regard et l’esprit sur la réalité d’un pays aux antipodes des discours et des lois votées par quelques-uns.
J’écris ce journal en témoignage, dans l’espoir d’avoir cette aide que je demande depuis maintenant longtemps.
Dans l’attente, je dialogue avec les uns et les autres. Voilà comment ce récit s’est construit.
L’errance
Juliette arrive en France sous le nom de Stéfanny. Elle n’a pas 18 ans. Elle est achetée par les trafiquants deux milles euros au « pied de l’avion » à Roissy Charles de Gaulle. Elle est à la merci d’une proxénète nigériane dont la fille organise le trafic pour la France. Cette fille se nomme Jennifer ODEH.
Après quatre semaines de prostitution Juliette veut retourner au Nigéria mais il faut payer cinquante milles euros pour être libre. Elle n’a plus de passeport. Jennifer l’a confisqué.
Les trafiquantes font une demande d’asile auprès de l’OFPRA (dossier 2009-12-) avec l’aide involontaire des « Amis du Bus des Femmes », association de défense des prostituées, sur la base d’un dossier qui ne peut tromper personne.
Sans être un spécialiste et pour avoir vu le dossier il est évident qu’il s’agit d’un faux grossier. L’OFPRA accorde les aides qui sont directement empochées par les trafiquants. Pour Juliette et avec une compatriote nommée Mabel, leurs vies sont identiques ; prostitution, humiliation, tortures dont morsures dans le dos, etc.
Finalement l’OFPRA refuse le droit d’asile. Juliette entre dans le labyrinthe du droit français.
J’atterris en Région Champagne Ardennes le 14 juin 2010. Je débarque de Normandie. Ma boîte a fermé chez moi. J’ai attrapé un contrat que j’avais négligé quelques mois auparavant. Un contrat qui ne me fait pas plaisir.
À cinquante ans il m’est difficile de faire la fine bouche. Il y a peu de seconde chance pour les « vieux » dans cette France en crise de nerfs. Me voilà isolé la semaine et en famille le weekend en Normandie. Cela me rappelle les années « fac ». Sans les potes c’est beaucoup moins festif même si la région bulle de Champagne. Dures sont les soirées. En général un petit whisky, une télé, un whisky et au lit.
Je m’ennuie.
Un petit matin de début 2011 le groupe des travailleuses du sexe est arrêté à la descente du train de Troyes. C’est dans cette ville que Juliette est prostituée de force.
Le procès de Jennifer ODEH et sa « lieutenante » Loveth, jeune sœur de Jennifer débute le 21 mars 2011. Elles sont condamnées par le TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Troyes. Les deux sœurs proxénètes sont punies de deux ans de prison et à l’expulsion. Juliette et Mabel, camarades de misère, sont jetées à la rue par la police en banlieue parisienne.
Il n’y a pas trace de témoignage écrit. La police ayant dit qu’elles n’étaient très coopératives. Il existe pourtant une attestation de témoignage rédigée par le TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE.
La trafiquante, mère de Jennifer et Loveth sa sœur, les condamnent à mort avec le soutien d’un sorcier local si elles retournent au Nigéria pour avoir parlé à la police française. Juliette et Mabel sont à la rue, sans papier ni assistance. À cette date j’ignore que Juliette/Stéfanny existe.
Pose café au bureau, je feuillette le journal L’Est Éclair.
La Une.
« Proxénétisme : deux Franciliennes derrière les barreaux »
Publié le jeudi 24 mars 2011.
Un article :
« Bec et ongles, Jennifer et Loveth Odeh, deux Nigérianes âgées de 27 et 26 ans, placées en détention provisoire depuis début mars, contestent le proxénétisme aggravé que la Justice leur reproche. Mais sans vraiment y croire. Sans argument bien convaincant.
En face, côté parquet, les charges sont accablantes, résultant d’une enquête de neuf mois et des confidences de trois jeunes prostituées nigérianes. L’affaire examinée hier au tribunal correctionnel de Troyes a permis de mettre en lumière un peu de ces « belles de nuit » qui s’affichent chaque soir sur les trottoirs du Boulevard Gambetta. Venues de Paris par le train de 21 heures, elles y retournent au petit matin, par celui de 5 heures.
C’est à leur arrivée à la gare de l’Est que trois d’entre elles sont interpellées au matin du 1 er mars dernier, par les policiers de l’OCRETH (Office central de répression de la traite des êtres humains). Elles admettent spontanément se livrer à la prostitution mais affirment unanimement l’exercer « librement ». Pourtant, les surveillances physiques et surtout téléphoniques, réalisées depuis juin 2010, démontrent le contraire.
« Ces trois jeunes femmes ont mis longtemps avant de confier leurs conditions de vie, elles étaient terrorisées non seulement pour leur intégrité physique mais pour leur famille restée au Nigéria », souligne un peu plus tard Sofian Saboulard, représentant du ministère public.
« La Madame »
Aucune des trois n’était présente à l’audience d’hier mais aux enquêteurs, elles ont confirmé ce que révélaient leurs fréquents échanges téléphoniques : l’argent qu’elles devaient verser à une femme qu’elles n’appelaient que « La Madame », les violences qu’elles subissaient de sa part quand le tapin n’avait pas été assez fructueux, du « loyer de trois cents euros qu’elle devait verser à celle baptisée « Mama », en échange de leur bout de trottoir troyen. Jennifer Odeh est accusée d’être « La Madame ». Le 1 er mars, elle a été interpellée dans l’appartement qu’elle loue à Stains (93) et qu’elle sous-loue, à Loveth ainsi qu’à deux des trois prostituées supposées travailler pour elle.
Hier, Jennifer Odeh, elle même ancienne tapineuse – « On m’a obligée à le faire quand j’ai été amenée en France » – a maintenu ne leur avoir jamais rien demandé d’autre que le loyer et même, avoir tout ignoré de leur activité. Même Loveth pourtant la pensait au courant ! Loveth, elle, est présumée être « Mama », celle qui serait venue surveiller les filles sur place, et les aurait taxées des trois cents euros mensuels « pour la place ». La jeune femme nie catégoriquement tout rôle de mama :
« Je travaillais, tout comme elles et tout aussi librement. Je ne leur ai jamais rien pris ».
N’empêche, Loveth est bien incapable d’expliquer pourquoi « les filles » l’auraient dénoncée sans raison. Et Jennifer se montre tout aussi incapables de répondre, avec cohérence, aux questions du président Romain Leblanc sur les importants versements effectués en espèces, sur son « livret A » : cinq mille huit cents euros entre mars et juillet 2010. Les trois prostituées, elles, ont évoqué l’argent qu’elle devait remettre à « La Madame », sitôt de retour de Troyes.
La peur de la « malédiction » Toutes ont fait état de cette étrange et lourde dette, qu’elles s’évertuaient nuit après nuit à solder, pour échapper à « la malédiction » du « Djudju ». L’ensorcellement aurait été la contrepartie de l’acheminement vers la France. « La candidate doit s’engager à rembourser quand elle sera en France, la somme de cinquante milles euros. Quelques poils pubiens, un bout d’ongle et d’un peu de sang lui sont prélevés afin de l’envoûter. Si elle ne tient pas parole, elle et sa famille seront vouées à la malédiction perpétuelle », expose le président. Et quand, après Jennifer et Loveth assurent n’avoir jamais entendu parler de ces pratiques, le représentant du ministère public la prend en flagrant délit de mensonge : « Il y a quelques années, vous avez écrit de votre main à un procureur de la région parisienne pour dénoncer des faits similaires dont vous étiez victime. Cette pratique est constante dans les réseaux de prostitution nigérians ».
Toujours est-il que des trois prostituées interpellées le 1 er mars, l’une a confié avoir réussi à payer sa dette et la deuxième a confié avoir déjà versé trente cinq milles euros depuis 2008 qu’elle est arrivée.
« Quand on ramène moins de cinq cents par semaine, la Madame prend l’argent mais ne le déduit pas de la dette », a-t-elle précisé.
Relaxe plaidée :
« On assiste sur le territoire national à un développement du proxénétisme féminin. L’OCRTEH estime que 39 % des proxénètes sont des femmes et c’est un constat qui s’applique tout particulièrement aux réseaux nigérians », a fait valoir Sofian Saboulard avant de mettre l’accent sur « les contraintes physiques, financières et psychologiques » que les deux prévenues infligeaient aux trois prostituées. Il a souligné « la dimension culturelle de ce dossier », rappelant à quel point l’histoire de « l’ensorcellement terrorisait réellement les trois femmes » et il a fustigé « deux prévenues qui avaient connu les mêmes histoires avant d’exploiter à leur tour la souffrance d’autres femmes, simplement pour de l’argent facile ».
Pour la défense, Maitre Misamou, a plaidé la relaxe, invoquant « toute absence de preuve » : « Ce dossier relève de la pure construction intellectuelle ».
Le tribunal n’a pas été du même avis. Déclarées coupables, les deux prévenues ont été condamnées aux peines requises : deux ans de prison ferme pour Jennifer et un an ferme pour Loveth. Avec pour chacune, un maintien en détention et à leur sortie, une interdiction de territoire français pendant cinq ans. Elles ont écouté le jugement sans exprimer la moindre réaction.
L’Est Éclair »
Article lu, mon café bu, retour au bureau en pensant.
« Il y a des putes dans ce trou du cul du monde, même là ».
Il aura fallu une pause café dans un boulot peu attirant et un article du « canard » local pour que ma vie bascule dans une dimension insoupçonnée hier encore. Ce jour là j’aurais du rester couché pour changer avec un futur tranquille.
Je me suis levé. Innover, ne pas se contenter du train train quotidien c’est tout moi.
L’année 2011 avance, l’été arrive. Las des soirées whisky, télé, whisky, un soir je décide d’aller à Troyes renifler l’ambiance des putes. Un monde que j’ignore.
Ce soir-là, vers 23 h 00 je gare la voiture. La boule au ventre, j’ai peur de « mon aventure » au point d’aller aux toilettes publiques. Mais j’y suis. Le monde des putes est là. Près d’un feu tricolore des « slaves » s’engueulent. C’est violent. Je passe mon chemin.
Plus rien après.
Je reviens sur mes pas.
Puisque j’y suis je décide de jouer « la chose ». Dans le groupe je choisis la brune, celle qui en prend plein la tête par sa « cheffe » je suppose. Je la choisis parce qu’elle me plait.
Hôtel.
Elle garde ses chaussettes. On en rit. On ne parle pas. Personne ne connait la langue de l’autre.
Retour vers son poste de travail.
À l’arrêt au feu proche de la grande pharmacie, quartier de la gare, des ombres se confondent aux ombres de la nuit.
« Tiens, les blackes sont là. »
La saison sent l’automne. Une petite odeur de moisie qui est en phase avec mon moral. Je traine des pieds tous les matins pour aller subir un travail qui n’a jamais été le mien. Seules les couleurs des feuilles mortes dans les grandes forêts traversées et les chevreuils qui parfois jouent trop prêt de ma voiture m’égayent.
Je fais la connaissance de Juliette.
Cette rencontre a débuté un soir d’Octobre ou Novembre. Il est environ 21 h 30. Je sors de la gare de Troyes. Une fille prend son poste juste devant ma voiture. Au loin je me dis :
« Putain ! Elle va me faire chier celle là. »
J’arrive à ma voiture. Elle me demande :
« Tu veux faire l’amour. »
Banal.
Mais, pendant qu’elle me répète ses mots je vois son regard. Ce regard qui me glace encore aujourd’hui. Le regard d’un animal que tu viens d’écraser qui semble te dire en reproche :
« Pourquoi tu m’as tuée ? »
Et en même temps :
« Sauve-moi. »
Je pense.
« Je fuis ou je reste. »
Un frisson d’effroi parcourt ma colonne vertébrale et me bloque le cou et la parole.
Je pense.
« Cette fois je me mets dans la merde. »
Hôtel.
Elle me demande si elle peut appeler sa famille. J’accepte. Elle parle une langue que je ne connais pas. Même quand elle me parle anglais j’ai bien du mal à suivre.
Une langue africaine, je suis largué. Sa conversation dure. Elle rit et semble heureuse de leur parler. Je regarde la télé.
C’est un soir noir et froid.
C’est Juliette, noire, jeune, avec une fêlure dans le regard.
Elle, une à deux fois dans l’hiver qui vient. On s’estime. Aucun de nous ne connait le passé de l’autre. On vit l’instant présent. Deux solitaires involontaires qui se tiennent compagnie pour vivre à peu près bien.
Noël en famille.
Elle, en vacances dans mon appartement pendant que je bosse, ça arrive de temps en temps. Je vois bien qu’elle aime vivre loin de ses trottoirs. Des fois elle en a marre de la rue alors vers de 2 h00 du matin elle m’appelle. Je la récupère dans son quartier. Aller/ retour il est 4 h 30. Elle se couche dans mon lit. Je regarde la télé et vais bosser.
Et j’aime bien. Je ne suis pas tout seul.
C’est interdit alors j’aime bien.
J’ai enfin obtenu ma mutation. le 1 er juin 2012. Retour en région parisienne. J’ai rendu l’appartement. Juliette m’a aidé à démonter les étagères. Elle a appris à se servir d’une déviseuse.
On est triste mais c’est la vie.
Et j’en avais vraiment, vraiment marre de cette vie de merde.
Retour chez moi, en famille, c’est bien.
Avant de partir je lui promets de l’aider.
Les vacances se passent sans contact avec elle.
La rentrée.
Je l’invite dans une brasserie dans l’ouest parisien. Au cours du repas je lui dis :
« Tu dois tu faire un max de fric avec ton job. »
Réponse claquante.
« Je vais te dire mais pas là ! »
Une précision. Toutes conservations se font en anglais/français basiques.
On va à l’hôtel. Elle me raconte l’histoire connue des sans papiers, des proxénètes. Tout ce qu’on connait par l’actualité. Je prête une attention relative. Pourtant elle est convaincante. Son histoire racontée est le miroir de l’article de l’Est Éclair. As t’elle lu l’article ?
Impossible elle ne lit pas le français. J’ai pu le vérifier plusieurs fois. Je suis troublé par cette coïncidence. Je pense qu’elle est une des filles dont le journal Est Éclair a parlé.
Je reste méfiant.
On se revoit quelques temps plus tard. Elle a un dossier. La conversation de l’autre soir l’a mise en confiance. Elle veut me prouver son chemin français. Je découvre Stéfanny, l’identité inventée par les trafiquants, des formulaires de France Terre d’Asile et un tas d’amendes SNCF impayées. Pour ça je lui dis.
« Pas de souci, t’as pas d’identité. »
De plus en plus d’éléments convergent vers mon idée première. Cette fille ressemble à l’histoire du journal. Je me méfie et j’ai envie d’en savoir plus.
Juliette est arrêtée par les gendarmes de Nogent sur Seine suite à un défaut de titre de transport dans le train Paris à Troyes le 23 novembre 2012. Le préfet de l’Aube ordonne son expulsion. Elle est enfermée au centre de rétention du Mesnil-Amelot pour la deuxième fois depuis son arrivée en France.
Le lundi matin, je reçois un sms de Juliette me demandant de l’aide. Elle ne sait pas dans quelle prison elle se trouve. J’allais à un rendez vous professionnel. Je laisse tomber le rendez vous. Le sms semble alarmant. Elle me demande de lui acheter une recharge Lycamobile. Je ne sais pas ce que c’est. La galère pour les choses simples lorsqu’on est ignorant. Tu veux aider et tu ne sais rien faire. Bref, je comprends ce qu’est une recharge Lyca.
Je veux tenir ma promesse « Je te promets de t’aider. ». Aujourd’hui c’est ma mise à l’épreuve. Ou j’assume et je l’aide ou je suis un lâche et je coupe la ligne. Je me rappelle les formulaires de France Terre d’Asile dans le dossier de Juliette.
Je les contacte par mail. J’ai quelques jours pour la sortir de ce guêpier.
Envoyé : mardi 27 novembre 2012 09:13 à SAER France Terre d’Asile :
« Demande d’aide pour personne en garde à vue.
Je connais une prostituée d’origine africaine sans papier. Cette personne est en garde à vue depuis hier pour semble-t-il trois jours dans des locaux de police à Paris. Elle a fait appel à moi car je suis la seule personne avec qui elle communique hormis ses clients. Je m’adresse à vous parce qu’elle m’a montré des papiers de demande d’asile transmis par votre association en 2011. Comment puis-je l’aider ? Merci de me répondre »
Réponse de : « SAER »
Réf : ML/12/314
« Faisant suite à votre demande d’aide concernant votre amie actuellement placée en garde à vue, nous aurions besoin d’en savoir davantage sur sa situation.
En effet, comment savez-vous qu’elle a été placée en garde à vue pour une durée de trois jours ? De plus, a-t-elle été placée en garde à vue en raison de l’exercice de son activité en tant que prostituée ? Savez-vous si votre amie exerce « librement » ou si elle exerce dans le cadre d’un réseau de proxénétisme ?
Vous dites par ailleurs qu’elle a été reçue par notre association en 2011 dans le cadre d’une demande d’asile, mais savez-vous par quel service elle a été reçue ? Savez-vous également où en est sa demande d’asile (rejet OFPRA/CNDA) ?
Par ailleurs, les actions à entreprendre divergeront en fonction des suites de la garde à vue. En effet, dépendant des faits pour lesquels elle a été placée en garde à vue, elle peut être poursuivie/déferrée, placée en rétention, ou être libérée.
Aussi , êtes-vous en contact avec son avocat ? Si elle n’en avait pas, elle a eu accès à un avocat de permanence durant sa garde à vue.
Je vous invite par conséquent à nous recontacter lorsque vous aurez davantage de précisions concernant sa situation. »
Service d’aide aux étrangers retenus :
saer@france-terre-asile.org
France terre d’asile
24 rue Marc Seguin – 1 er étage
75018 PARIS
27/11/2012 16:53
Ma réponse :
« Merci de votre retour.
C’est elle qui m’a écrit par SMS lundi pour les trois jours. Je peux communiquer avec elle par sms et téléphone. J’ai pu lui transmettre par sms un crédit téléphone. Elle vient de me dire que sa « garde à vue » serait finie vendredi. Soit 4 jours. Elle a vu un avocat. Elle m’affirme que son avocat lui a dit qu’elle ne peut pas être expulsée vers son pays. Elle sera libérée vendredi.
Son histoire :
Elle vient du Nigéria à travers un réseau qui ressemble à un trafic. Elle est arrivée en France il y a trois ans. Elle est née le 20/ 06/19xx. Certains documents indiquent mai 19xx. Ce réseau (une femme) lui demande cinquante mille euros. Elle en a déjà payé vingt-cinq mille.
Elle a fait sous un nom de « princesse avec relations homosexuelles » dont je n’ai malheureusement pas retenu le nom un dossier avec fausse identité et l’adresse d’une boite postale. La demande d’asile qui a dû être suivie par quelqu’un de votre association (Je n’ai pas détaillé le dossier) a été rejetée par L’OFPRA en 2011 d’après ma mémoire. J’ai vu ces documents.
Ce dossier était organisé par le réseau. Elle est livrée à elle-même depuis. La personne du réseau ayant quitté la France avec son passeport.
Cependant elle doit toujours payer car ses parents sont sous menace ou elle est sous chantage.
Je crois que mon amie me dit la vérité.
Elle a reçu de la part de son père des papiers datant de septembre 2012 qui me semblent officiels. Là aussi j’ai vu les documents. Elle se prénomme Juliette . Malheureusement je n’ai pas noté son nom de famille parce que j’étais un peu gêné d’être indiscret.
D’après mes informations elle a dû faire l’objet d’un contrôle d’identité dans la région de Troyes (son lieu de travail) ou dans le train Paris-Troyes dans la nuit de vendredi à samedi. Elle voyage sans payer (j’ai vu des amendes pour un montant total d’environ 2400 € sous sa fausse identité). Ce contrôle a été fait par une gendarmerie nationale. Elle a dû être ramenée à Paris lundi matin. Elle ne sait pas dans quel bureau de police elle se trouve. Elle ne connait rien de Paris.
Voilà ce que je sais.
Ne pas m’appeler après 18 h30 SVP. je suis le seul à soutenir cette amie. Mon entourage n’est pas au courant.
J’aimerais savoir que sera la suite pour elle ? »
Juliette a pu savoir par l’avocat, désigné pour suivre son dossier au Mesnil - Amelot , son lieu de détention. Avec cette information l’association France Terre d’asile m’informe que c’est l’association La Cimade dont la représentante sur le centre est madame Line Rafon qui opère sur ce Centre de Rétention Administrative .
Elle est libérée à 0 h45 min le 29 novembre suite au jugement du TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Meaux – juge LEHY, ordonnance du 28/11/2012 n o 12/03-.
Elle demande à sortir au premier bus du matin. L’administration refuse cette possibilité. Je me charge de la récupérer. Une expédition de nuit ; j’arrive sur le Mesnil-Amelot. Je suis les panneaux « centre de rétention ». Je m’arrête à un parking glauque, sans éclairage.
Ça craint.
Une lumière dans un bâtiment, j’appelle. Deux bidasses chahutent. Ils me renseignent.
« C’est le vieux centre ici. Il faut aller au n o 2 ».
Je roule.
Perdu.
Je demande ma route au veilleur de nuit d’un Campanile tout neuf. Le gars est anglais et « don’t speak french ».
Pourquoi moi ? Pourquoi ça ne peut pas être simple ?
Enfin Le Centre. Tu ne peux pas le louper. Des projecteurs à gogo. Des flics bien flics, en nombre. Ça doit être des couveuses à flics ces CRA. Des barbelés tout partout. Un vrai camp de concentration, comme dans les films. Peut être plus modernes, mais sans l’électro-ménager. Ils attendent un gouvernement raciste pour passer commande.
Avec tout ça, je ne vois même pas Juliette qui grelotte sur le trottoir.
Je l’héberge pour la fin de la nuit. Au matin elle me fait lire le jugement qui l’a remis dehors. Sans lui dire que je connais le récit du journaliste je peux recouper les informations du dossier de Juliette , de ces dires et du récit du journal. Je sais maintenant qu’elle est l’une des trois prostituées citées dans l’article de l’Est Éclair . Elle est une des personnes qui a permis de faire stopper ce réseau.
Je lui promets de l’aider. Elle a gagné ma confiance.
Alors re-contact, re-mail :
Envoyé : vendredi 30 novembre 2012 14:44
À : infos@cimade.org
Objet : Juliette. Comment faire pour l’aider ?
« Je connais Juliette depuis environ un an. Nous sommes devenus amis. Le 28/11 je suis allé la chercher à Mesnil-Amelot après sa libération à une heure tardive.
Je connais toute son histoire. Je sais qu’elle vient d’être libérée « grâce » à un dossier administrativement mal rédigé de la part de la gendarmerie nationale de Nogent sur Seine. J’ai pu lire l’ensemble de son dossier n o 12/03 du 28/11/12 – Ordonnance du TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Meaux.
Les comportements scandaleux de cette brigade de gendarmerie qui déplace Juliette avec menottes et sirène hurlante, et celui d’une contrôleuse SNCF zélée m’irritent et me rappelle que certains fonctionnaires de 1942 étaient également zélés pour participer à la grande rafle. Il y a des « gênes » difficile à éradiquer.
Outre ce constat, Juliette et Mabel, toutes les deux prises au piège d’un trafic, sont sous un régime de double peine.
Pour avoir permis le démantèlement d’un trafic de proxénétisme par deux sœurs nigérianes opérant sur la ville de Troyes elles sont potentiellement menacées d’assassinat de retour au Nigéria. Leurs familles habitent Bénin City comme les deux proxénètes. En France, elles sont en précarité absolue avec menace permanente d’être expulser vers le Nigéria puisque la France ne respecte pas les ordonnances de la Cours Européenne des Droits de l’Homme.
Je sais également que vous connaissez bien son dossier. J’ai téléphoné à votre collègue sur place au Mesnil-Amelot pour m’informer.
Mes questions concernant Juliette sont :
Est-elle en danger d’expulsion à tout moment ?
Pourquoi l’OFPRA ne rend-t-il pas sa décision ?
Pourquoi Juliette n’est-elle pas protégée par l’état français (papiers, carte de séjour pour une longue période…) ?
En cas d’expulsion, peut-elle choisir son pays d’accueil autre que le Nigéria ?
Elle m’a dit qu’elle aime la Côte d’Ivoire où elle a séjourné quelques temps.
Merci de prendre en compte mes interrogations. »
Réponse de : « Line Rafon »
Date d’envoi : vendredi 30 novembre 2012 à 16 h 06
« Je suis la personne que vous avez eu au téléphone au centre de rétention.
Une info, d’abord :
Juliette est suivie par une autre association depuis longtemps, le Bus des Femmes, qui aide les personnes prostituées ayant dénoncé un réseau, etc. N’hésitez pas à voir avec elle si elle souhaite que vous contactiez sa référente qui la suit depuis plusieurs années.
Le lendemain de sa libération par le juge de Meaux , nous avons reçu, au centre de rétention, une réponse à une requête que nous avions adressée la veille à la Cour Européenne des Droits de l’Homme . La CEDH y ordonne à la France de ne pas la renvoyer au Nigeria dans l’attente d’une décision définitive de la part de la Cour .
Il s’agit en fait d’une procédure où l’on demande en urgence à la Cour de suspendre l’éloignement en expliquant qu’il y a un risque de traitement inhumain et dégradant au pays ; la Cour prend une première décision dans un délai très bref ; puis la procédure dite « au fond » s’étale sur deux ans en moyenne ; Juliette est donc désormais protégée contre l’éloignement pendant toute cette période.
J’ai transmis la décision de la Cour au Bus des Femmes qui prend le relai avec une avocate spécialisée pour suivre la procédure au fond devant la CEDH.
Sur la lenteur de l’OFPRA, je ne sais pas mais le Bus des Femmes me dit que la femme de l’OFPRA qui l’a reçue en entretien est connue pour être très lente à rendre les décisions. Ce n’est pas forcément négatif, c’est peut-être qu’elle prend bien le temps de creuser les dossiers… mais je ne peux pas vous en dire plus.
Pour votre question « pourquoi l’État français ne la protège pas ? », sans rentrer dans les détails :
Parce que les gouvernements successifs ont restreint de plus en plus et le droit au séjour et le droit d’asile. »
… Les gouvernements ont restreints le droit d’asile… Une fille a aidé la justice française et n’a pas de protection… Je reste un moment à relire cette réponse de Line Faron . Quel est la vérité de mon pays ?
Le père de Juliette est amputé des deux jambes le 4 décembre suite à un accident de la route à Bénin city, Nigéria. Il était chauffeur de taxi. Juliette me demande une aide financière pour payer les frais d’hôpitaux. À partir de ce jour je la finance au mieux de mes possibilités afin qu’elle puisse vivre sans trop se prostituer.
Le lendemain ; 10 h 03 : demande de prise de contact avec l’association du Bus des Femmes (email)
« Bonjour,
Je suis ami avec Juliette. J’essaie de l’aider. Je sais qu’elle avait un rendez-vous avec votre association hier. Je vous mets en copie d’une conversation par mail que j’ai eu avec madame Rafon de l’association La CIMADE.
Je m’adresse à vous pour avoir confirmation de l’absence d’expulsion à court terme de Juliette lié à la procédure CEDH.
Je la vois ce soir pour parler de son rendez-vous avec vous.
PS : A t-elle une chance d’obtenir une régularisation suite aux démarches OFPRA et CEDH ? »
Depuis 2009 elle paye sa dette de cinquante milles euros selon les aléas des trottoirs troyens. Depuis la condamnation de Jennifer , la famille de Juliette habitant à Benin City , état d’Edo au Nigéria , est régulièrement menacée et battue pour contraindre Juliette à payer.
Elle est suivie par l’association « Le Bus des Femmes » dont la coordinatrice pour Juliette est madame Vanessa SIMONI depuis 2010. Cette association reste impuissante à aider Juliette encore aujourd’hui.
Depuis ce 5 décembre 2012 je doute de la réalité de la France terre d’asile. Depuis ce jour j’ai commencé à douter de l’organisation multipolaires des associations « droit de l’homme ».
J’ai appris le silence en réponse.
Je fouille sur Internet pour comprendre la situation de Juliette. D’après les fiches OFPRA et Public. Gouv elle est bien dans la catégorie « victime de traite d’humaines risquant la mort ou des violences si elle retourne au Nigéria » ayant témoignée.
Alors qu’est ce qu’elle fout là ?
Pourquoi pas d’aides « allocation d’attente, carte de séjour de six mois (depuis mars 2011), pas de logement » … ?
Un article d’Amnesty International m’indique peut être l’astuce de la France « pays des droits de l’homme », surtout si tu ne demandes rien.
« Mars 2012
SF 12 C2 04
France.
Protection des victimes de la traite des êtres humains au titre de l’asile.
La traite des êtres humains à des fins d’exploitation constitue un crime au regard du droit international.
L’exploitation comprend, au minimum : l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes. Toutes les formes de traite ont pour caractéristique commune que les victimes sont traitées comme de la « marchandise » et considérées comme la « propriété » des trafiquants.
La traite des êtres humains est un phénomène d’ampleur mondiale, qui touche aussi bien les hommes et les jeunes garçons que les femmes et les fillettes.
C’est une violation des droits humains qui s’accompagne d’une série d’atteintes comprenant notamment torture, traitements cruels, inhumains et dégradants, privation de liberté, du droit à la santé du droit à l’intégrité physique et psychique, et des droits à la vie, à la sécurité de la personne et de l’accès à la justice.
Bien souvent, les victimes sont également soumises à des menaces psychologiques ou sont réduites en esclavage sexuel.
L’identification des personnes victimes de la traite des êtres humains : un élément crucial de la protection.
La question de l’identification des victimes de la traite reste cruciale pour leur protection. En effet, de l’identification des victimes en tant que telles, dépend leur accès à l’aide, l’assistance et la protection. Les victimes qui ne sont pas identifiées comme telles se retrouvent en danger.
De plus, si elles sont étrangères et en situation irrégulière, elles risquent d’être sanctionnées pour séjour irrégulier ou d’être reconduites vers des pays où elles peuvent être à nouveau victimes de la traite ou d’autres atteintes à leurs droits fondamentaux. Les victimes de la traite restent très souvent sous l’emprise des auteurs de ces agissements, dont elles craignent les menaces et les violences, physiques ou psychologiques. Leur peur des représailles explique qu’elles hésitent généralement à se faire connaître et révéler qu’elles sont victimes de la traite. Elles restent des victimes invisibles.
Dans le système actuellement en vigueur en France, il n’existe pas de dispositif national d’identification des victimes de la traite des êtres humains et ces dernières sont souvent stigmatisées en tant que « prostituées », suspectées d’être des immigrées « clandestines » ou d’être « exploitées volontairement ».
La Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains définit la traite des êtres humains comme étant « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation, notamment par le travail forcé ou la prostitution forcée » (article 4a).
Amnesty International, Déclaration publique du 30 janvier 2008, Une avancée significative pour la protection des droits des victimes de la traite,
AI : IOR 61/003/2008.
« À chaque étape de cet enfer, c’est la dignité même des personnes victimes de la traite qui est bafouée. Les victimes de la traite sont généralement soumises à des violations multiples des droits humains. Nombre d’entre elles sont enlevées, gardées contre leur gré dans des conditions précaires, frappées, soumises à des violences sexuelles et à d’autres formes de torture. Souvent, elles sont privées de leur droit à l’intégrité physique et mentale ; de leur droit à la liberté et la sécurité de leur personne ; de leur droit de ne pas être soumises à l’esclavage ou à des pratiques similaires ; de leur droit de ne pas être torturées ou soumises à d’autres formes de traitements inhumains ou dégradants ; de leur droit à une vie de famille ; de leur droit de circuler librement ; de leur droit au respect de leur vie privée ; de leur droit au meilleur état de santé possible ; et de leur droit à un logement sûr et stable ».
Le principe français « protection contre coopération ».
Les personnes exploitées rencontrent de nombreux obstacles lorsqu’elles cherchent à faire valoir leur droit à une protection et à une assistance. Ces obstacles sont essentiellement la conséquence de la priorité donnée par les pouvoirs publics aux poursuites contre les trafiquants plutôt qu’au respect des droits des victimes. En France, une victime de la traite peut faire valoir ses droits à une protection et à une assistance de l’État à expiration d’un délai de réflexion de 30 jours, mais seulement si elle accepte de « coopérer » avec les autorités dans le cadre d’éventuelles poursuites contre les exploiteurs présumés.
Amnesty International France déplore qu’en France , les droits des victimes exploitées par les trafiquants ne soient trop souvent ni respectés, ni protégés et que la protection et l’assistance qui leur sont accordées soient conditionnées à leur acceptation de témoigner.
En outre, Amnesty International France rappelle que la délivrance du titre de séjour prévu par la procédure de la loi du 18 mars 2003 relative à la sécurité intérieure doit être sans préjudice du droit de chercher asile et d’en bénéficier. En effet, une victime qui a déjà un titre provisoire de séjour en raison de sa coopération avec les autorités policières et judiciaires, a toujours le droit de déposer une demande de protection au titre de l’asile en raison des risques qu’elle encourt en cas de retour dans son pays.
La protection des victimes au titre de l’asile.
Si toutes les victimes avérées ou potentielles de la traite des êtres humains ne sauraient prétendre à la protection internationale accordée aux réfugiés, certaines peuvent relever de la définition énoncée à l’article 1A(2) de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés : « toute personne : (…) Qui craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. »
Pour le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), les actes associés à la traite constituent des violations graves des droits humains et sont considérés comme des persécutions et l’application du motif de persécution en raison de l’« appartenance à un certain groupe social » est donc particulièrement pertinente pour protéger les victimes de la traite.
Diverses situations de craintes fondées de persécutions peuvent relever d’une demande de protection internationale.
Certaines victimes de la traite deviennent des cibles privilégiées en raison de leur situation de vulnérabilité celle-ci ayant un lien avec l’un des motifs énumérés à l’article 1A de la Convention de 1951 : exploitation de certains groupes ethniques ou nationaux, membre d’une communauté religieuse, victime appartenant à un certain groupe social (femme, enfant séparé ou non accompagné, enfant des rues).
La collaboration avec les autorités du pays d’asile ou d’origine lors d’enquête pour plainte contre les trafiquants peut exposer la victime ou ses proches à des représailles en cas de retour.
La personne peut faire l’objet de mesures d’ostracisme, de discrimination ou de punitions à son retour, de la part de sa famille, sa communauté ou les autorités (notamment en cas de traite à des fins d’exploitation sexuelle). Ce rejet peut accroître les risques d’une reprise de la traite.
Certaines personnes peuvent craindre des persécutions en raison d’un motif antérieur à la situation de victime de la traite, motif qui relève de la Convention de 1951 (opinion politique, religion, appartenance ethnique ou nationale) et qui se surajoute aux craintes en cas de retour, en raison de la situation de victime de la traite.
Décret n o 2007-1352 du 13 septembre 2007.
Article L. 316-1 du CESEDA.
Principes directeurs sur la protection internationale : Application de l’Article 1A de la Convention de 1951 et/ou du Protocole de 1967 relatifs au statut des réfugiés aux victimes de la traite et aux personnes risquant d’être victimes de la traite (7 avril 2006).
Les conditions de la demande d’asile.
Très souvent, ce sont les trafiquants qui déposent une demande d’asile fictive pour la victime, notamment pour régulariser son séjour sur le territoire pendant quelques mois, facilitant ainsi son exploitation forcée. Ces demandes d’asile sont donc faites sous la contrainte, parfois sous un faux nom et les faits évoqués ne correspondent pas aux réelles circonstances à l’origine du départ de leur pays. À ce moment, les victimes sont constamment surveillées, accompagnées systématiquement dans tous leurs déplacements et menacées de représailles si elles parlent.
Lorsqu’elles arrivent à échapper au réseau de traite et qu’elles rencontrent des personnes qui vont les accompagner dans leur demande de protection, certaines peuvent déjà être déboutées d’une première « fausse » demande d’asile. En conséquence, c’est au moment du recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) ou dans le cadre d’un réexamen de leur demande d’asile qu’elles vont pouvoir révéler les éléments relatifs aux persécutions qu’elles ont subies en tant que victimes de la traite.
L’accès à la procédure d’asile.
Cependant , les services préfectoraux, responsable de l’admission au séjour, lorsqu’ils permettent l’accès à la demande d’asile, la considèrent généralement selon la procédure « accélérée ». Ils ne tiennent pas compte de la situation de contrainte dans laquelle ces personnes se sont trouvées lors de leur première demande, les empêchant de révéler leur situation de victime de la traite. Or , dans le cadre de la procédure « accélérée », le recours devant la CNDA n’est pas suspensif et la victime ne dispose d’aucun des droits économiques et sociaux réservés aux demandeurs d’asile.
Pour Amnesty International France , la demande d’asile des victimes de la traite (première demande ou réexamen) devrait toujours être examinée dans le cadre d’une procédure avec accès au séjour.
Recommandations d’Amnesty International France
… »
Voilà, c’est chiant à lire !
La messe est dite !
Juliette peut crever la gueule ouverte. La France peut la prendre pour un paillasson.
J’aime bien les parties extraites. Ça résume « les droits de l’homme à la française ».
J’écris à madame TRIERWEILER fraîchement nommée Ambassadrice de « France LIBERTES » association fondée par Danièle Mitterrand et compagne de Monsieur le Président. J’ai peut être une occasion sérieuse d’avoir un contact, un début d’aide.
« Le 17 décembre 2012,
Madame l’ambassadrice,
Je sollicite votre aide.
Je suis ami avec Juliette, nigériane de 21 ans, prostituée arrivée en France sous une fausse identité par un réseau de proxénètes.
Juliette a permis en 2011 à la justice française de faire arrêter et condamner les proxénètes agissant sur la ville de Troyes. Cette affaire a été jugée par le TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Troyes. Elle a été relatée par le journal « l’Est Éclair ». C’est grâce à cet article que j’ai fait connaissance de Juliette.
Depuis Juliette est errante en France en attente d’un avis de l’OFPRA et de la CEDH. Je vous joins quelques échanges de mail que j’ai eu avec les associations « France terre d’asile » et « La Cimade ».
Pendant cette attente elle exerce toujours le seul « travail » qu’elle puisse réaliser.
Parce que sans papiers, pas de travail régulier,
Pas de travail, pas de logement, etc.
Elle a été arrêtée le 23/11/12 sur la ligne SNCF Paris-Troyes et relâchée « grâce » à un formulaire mal rédigé. L’ensemble de son histoire est écrite dans l’ordonnance n o 12/03 du 28/11/12 – TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Meaux – juge LEHY.
Juliette est suivie par l’association « les amis du bus des femmes ».
Elle est en sursis en France en attente de l’avis de La CEDH et de L’OFPRA. Elle est condamnée à mort par les proxénètes expulsées au Nigéria. Ces personnes habitent la même ville de Bénin City que sa famille.
Juliette doit toujours envoyer de l’argent car les proxénètes menacent sa famille au Nigéria.
Début décembre, son père a été victime d’un grave accident de voiture. Elle doit fournir encore plus d’argent pour payer les soins médicaux. Sur ce point, je n’ai pas de preuves de la réalité de l’accident mais j’ai confiance en Juliette.
Pour payer il faut qu’elle gagne de l’argent, alors elle se prostitue !
Le 13 décembre, elle a été arrêtée par la police de Troyes. Elle est maintenant « interdite de séjour » dans cette ville.
Juliette ne connait de la France que la ligne Paris-Troyes et les trottoirs de Troyes. Même si je la soutiens au maximum de mes possibilités, elle ne pourra pas survivre longtemps sans être de nouveau à la merci de trafics d’humains.
Je n’ai pas les moyens de résoudre ses problèmes.
Je ne veux pas l’abandonner.
Je vous appelle au secours !
J’espère de vous, l’espoir pour elle. »
J’ajoute l’article de l’Est Éclair et les échanges de mails avec la Cimade. Envoi en courrier normal.
Et…
Pas de réponse !
Noël 2012.
Nouvel an 2013.
Pendant les congés de fin d’année je découvre que madame VALLAUD BELKACEM est ministre des droits des femmes.
« Tiens pas mal pour Juliette. »
J’écris donc et j’envoie en courrier normal.
« Madame VALLAUD BELKACEM
Ministère du Droit des Femmes
35, rue Saint-Dominique
75700 Paris SP 07
3 janvier 2013,
Madame la ministre,
J’ai adressé le 17 décembre 2012 la lettre jointe à madame TRIERWEILER, ambassadrice de l’association « FRANCE LIBERTES » dans l’espoir de faire évoluer la situation de mademoiselle Juliette.
Je n’avais pas imaginé m’adresser à vous par simple manque d’informations sur vos fonctions de ma part.
Vous trouverez dans les éléments joints l’histoire de cette jeune Nigériane qui a aidé la justice en témoignant contre un réseau de proxénètes et qui est maintenant prise au « piège » des procédures et lois concernant les sans papiers et prostituées.
Je n’ai à ce jour aucun retour de « FRANCE LIBERTES » concernant la réception du courrier.
À la situation sociale très dégradée de Juliette s’ajoute un drame familial. Son père ayant été amputé des deux jambes va mourir.
Elle est convoquée pour une assignation à résidence en janvier au commissariat du 8 ème arrondissement de PARIS.
Je ne vois pas comment elle peut espérer vivre dans l’ensemble du contexte que j’ai décrit dans la lettre ci jointe.
Mais je reste déterminé à l’aider.
Est-il possible d’envisager un statut de « témoin protégé » en attendant que les procédures OFPRA et CEDH se prononcent ?
Est-il possible de créer un statut pour les personnes « hors repentis » dont le témoignage contribue à juger et condamner des trafiquants d’humains ?
Pour Juliette, est-il possible de lui attribuer la naturalisation tout simplement ?
Je sais qu’elle sera une citoyenne française parmi les plus heureuses de notre pays !
J’espère de vous, l’espoir pour elle.
Je me répète, mais c’est vraiment un souhait profond pour moi.
Je vous souhaite mes meilleurs vœux en 2013 pour nos projets dans ce ministère, pour vous-même et vos proches. »
En annexe : la lettre adressée à madame TRIERWEILER, l’article de presse et les mails échangés avec La Cimade.
Aucune réponse aujourd’hui encore.
J’informe Line Rafon de La Cimade de l’état du dossier de Juliette.
Le 4 janvier 2013 14:30,
« Bonjour Line,
Ce message pour vous informer que Juliette est convoquée le 10/01/13 à la préfecture de police du 8 ème arrondissement de Paris suite à l’acceptation de sa demande auprès de l’OFPRA. »
Réponse de Line Rafon :
« Bonjour,
Merci pour les nouvelles ; a-t-elle obtenu la protection subsidiaire (Carte de séjour d’un an) ou le statut de réfugié (carte de résident de 10 ans) ?
Dans les deux cas c’est une très bonne nouvelle !
Bonne continuation, »
Vous allez rire. Je ne sais pas ce qu’est la protection subsidiaire.
« Alors Internet est à toi comme Lagardère prend tout ».
Me voilà projeté vers la toile. Maintenant je sais.
Je reprends contact avec le « Bus des Femmes ». Après le premier test soldé par un échec je retente l’approche.
« Bonjour,
Je soutiens financièrement depuis plusieurs mois Juliette afin de lui permettre de limiter le recours à la prostitution pour sa survie. Mais mes ressources ne permettent plus d’assurer dans la durée une ressource suffisante pour elle. Depuis le 14/01/2013 elle bénéfice de la protection subsidiaire qui peut être lui donne droit au RSA. Hier j’ai vu Juliette qui pense pouvoir recevoir trois cents euros par mois d’aide. Je vais lui permettre de vivre avec un apport supplémentaire d’argent afin qu’elle arrête la prostitution. Pouvez-vous me contacter afin de me rassurer sur la réalité des aides pour elle ? Ma démarche est personnelle. Elle n’est connue de personne.
Bien cordialement »
Réponse :
« Une demande de contact a été formulée par e-mail via http://www.lesamisdubusdesfemmes.org/ de la part de Leclyan : »
Yes. Un accusé de réception automatique.
On y croit gamin.
Ou Pas !
En fait, mis à part La Cimade, personne ne me répond.
Alors je décide d’écrire au ministère des droits des femmes à chaque événement de la vie de Juliette sur le site de contact du ministère. Pour me défouler après avoir utilisé le site « Contactez moi » de la ministre sans jamais avoir de réponse et ayant perdu les premiers écrits.
Le premier message sauvegardé :
« Depuis mon dernier message la légalisation de Juliet par l’obtention de la protection subsidiaire à titre provisoire ne lui permet pas d’améliorer sa vie quotidienne.
Le 30 janvier 2013, elle m’a informé que la police était « descendue » dans l’immeuble où elle sous louer une chambre pour faire sortir l’ensemble des occupants. Elle avait 48 heures pour « vider » les lieux.
Je croyais qu’il n’y avait pas d’expulsion avant le mois de Mars !
Bref, dans l’urgence, elle a trouvé à sous louer ailleurs. Elle a fait appel à un « déménageur » qui a profité de sa situation pour la surtaxer.
Compte tenu qu’elle n’a pas d’argent, je finance ses aléas.
Elle pensait retourner sur les trottoirs de Troyes pour payer…
Elle survit dans l’illégalité une fois de plus. Celle de sous louer un studio me parait très peu immoral compte tenu de l’ensemble de sa vie en France.
Cela fait-t-il parti de la condition de vie des femmes en 2013 ?
Elle me vénère pour l’aide que je lui apporte.
J’espère que sa situation est exceptionnelle.
Un point positif : elle a pu s’inscrire pour obtenir l’accès aux soins avec l’aide du « bus des femmes ».
Cela prendra effet dans deux mois…
Sans retour de réception ou lecture de mes messages et courrier, je ne perds pas l’espoir que ces morceaux d’actualités de Juliette – victime de trafic d’humain ayant témoigné contre ses proxénètes-vous soient portés à connaissance. »
J’ai amorcé la pompe à messages ils sortent à chaque fois que la situation de Juliette me touche. Et cela va durer bien au-delà de mon imagination.
Messages pour les droits d’une noire
21 février.
« J’écris ce jour une nouvelle page de ce journal concernant Juliette.
Compte tenu des pressions familiales et de la proxénète dénommée Jennifer (voir l’ordonnance du TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Meaux du 28/11/12) Juliette envoie mille euros par mois au Nigéria. Elle doit faire face à son logement et survivre en France. Je lui apporte huit cent euros par mois. Vous comprenez facilement qu’elle continue de se prostituer pour vivre.
Il lui reste environ vingt cinq milles euros à régler pour son « contrat d’avenir » auprès de cette Jennifer.
La protection subsidiaire lui apporte aujourd’hui la « tranquillité » vis-à-vis de la police. C’est déjà ça !
Ma contribution n’aura pas permis de l’extraire de la prostitution.
Le 11 avril 2013 elle aura la prolongation de la protection pour un an sous sa véritable identité et seulement à partir de cette date elle pourra obtenir des aides.
Pour une personne qui a témoigné le 23 mars 2011 contre ses proxénètes le temps d’errance en attente de statut me parait une « éternité ». Il s’agit aussi de « fantômes de la république » comme les enfants en France mis en quarantaine parce qu’issus d’un processus de gestation pour autrui (GPA) elles ne peuvent pas accéder à la nationalité française après avoir témoignées. J’espère que votre projet de loi – flash d’information du 18/12/2012 sur RTL – permettra l’espoir à toutes ces personnes errantes sur les trottoirs.
L’engagement que j’ai pris auprès d’elle va sans doute m’exploser à la figure un jour, mais je reste déterminé à l’aider.
C’est une personne qui ne mérite pas cette vie ! »
Le flash information a dit :
« Najat Vallaud-Belkacem au secours des prostituées. Selon les informations de RTL, la ministre des droits des femmes souhaite abroger la loi sur le racolage passif. Cette loi, votée sous l’impulsion du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy en 2003, punit de 3.750 euros d’amende et deux mois de prison celles qui s’adonnent au racolage. Or depuis cette loi, l’état de santé des prostituées s’est considérablement dégradé. Elles subissent de plus en plus de violence, se cachent, certaines n’osent même pas porter sur elles des préservatifs au cas où elles seraient arrêtées. Et le dernier rapport de l’inspection générale des affaires sociales est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Elles sont victimes de toutes sortes de maladies liées à leur sexualité et à leur précarité. »
Madame Vallaud Belkacem veut protéger les filles. C’est très bien pour l’avenir de Juliette.
7 Mars.
« Madame la ministre,
Je vous ai adressé plusieurs messages dont les deux derniers ci dessus et un courrier datant de début janvier 2013 au sujet de Juliette. Son histoire est décrite dans l’ordonnance n o 12/03 du TGI de Meaux du 28/11/12. Je me suis adressé par courrier à Madame Trierweiler (le 17/12/12) et vous-même le (4/01/13) suite à la rétention administrative de Juliette du 23/11 au 28/11/12 au centre du Mesnil Amelot. Je suis allé la chercher en milieu de nuit car sa libération était effective à 00 h 45 min le 29/11/12. Compte tenu du lieu cette méthode m’a « agacé ». J’ai eu le sentiment que notre démocratie abandonnait des êtres humains comme on peut abandonner des animaux au moment des vacances.
Je n’ai aucune raison de lutter pour ou contre une ou des politiques. Je trouve « juste » injuste qu’une personne victime de trafic d’humains ayant aidée à l’arrestation de proxénètes ne soit pas prise en charge par l’état.
J’ai contacté les associations Cimade et Bus des femmes. Je sais que le dossier de Juliette avance à « pas mesuré ». J’aimerai qu’elle soit reconnue dans un futur proche citoyenne française. Ce serait un merveilleux cadeau pour elle.
À défaut, pouvez-vous m’informer si vous avez reçu mes messages laissés sur votre site Najat Vallaud Belkacem. com « contactez-moi » ? Vous pouvez également me transmettre votre avis sur ma démarche.
Bien cordialement »
22 mars :
Bonjour madame la ministre,
Juliette va perdre pied.
En marge de son histoire les événements qu’elle subit sont sombres.
Après l’accident de son père en décembre 2012 qui a été amputé des jambes, sa mère est hospitalisée à Benin City (Nigéria) pour un cancer des seins.
Le Nigéria n’a pas notre système de santé.
En décembre j’avais pu aider Juliet en lui versant mon 13 ème mois. Cette fois c’est beaucoup plus difficile.
En début de semaine elle m’a informé en pleurant qu’elle devait aller « travailler » à Troyes pour payer les dépenses médicales de 1 600 €.
Je suis très affecté par sa situation.
Je vais l’aider pour 2 tiers de la somme car je ne peux pas faire plus.
L’argent qu’elle va gagner est au prix de la prostitution. 1 600 € c’est 30 à 40 clients qu’elle devrait « voir » en une semaine sans mon aide.
Il reste aussi 18 000 € à régler auprès de la proxénète. Et le loyer, la nourriture.
Ni l’état, ni vous et moi sommes en capacité d’arrêter les menaces sur sa famille.
J’en arrive à imaginer la disparition de ses parents. Ce qui permettrait de stopper cet odieux chantage.
Je sais ; ma réflexion est cruelle. Que faire ?…
J’espère de l’état qu’il fasse évoluer la protection des personnes ayant participé à la condamnation de proxénètes et trafiquants d’humains à travers le texte que vous défendrez en mai prochain.
J’espère de vous le suivi bienveillant de son dossier allant au-delà de la protection subsidiaire pour 1 an renouvelable 1 fois.
J’espère de moi pouvoir poursuivre mon action de « banquier ONG » au mieux de mes possibilités sachant que j’aide Juliette à l’insu de ma famille. Parce que, aider une prostituée n’est pas une cause simplement explicable.
Je vous affirme que tous mes messages sont « témoins » de la réalité de la vie de Juliette.
Un détail positif : L’OFPRA lui a transmis la semaine dernière son acte officiel de naissance.
Je supplie la personne qui ouvrira ce message de vous le transmettre. »
Une parenthèse dans le défilé des messages à destination de la ministre du droit des femmes. Je découvre Twitter et ses excès.
« Sale Con ‏@Sale_Con : 1 avr. 2013
Je veux être enterré à 60 mètres sous terre avec une peau de bête. Je refuse que les générations futures croient que je traînais avec vous. »
Message d’un archéologue dépressif.
Juliette obtient la protection subsidiaire ce début avril. Elle est inscrite à la CMU et à Pôle Emploi suite aux recommandations de la CEDH je suppose.
11 avril.
« Bonjour madame la ministre,
Sans doute je n’aurai jamais l’occasion de converser directement avec vous. Cependant aujourd’hui je souhaite vous faire part de la joie de Juliette d’avoir une identité à son nom de baptême.
Après quatre ans en France sans identité elle a des papiers.
C’est pour trois mois et renouvelable un an selon la procédure, mais c’est bien pour elle.
Elle existe administrativement !
Elle passe du noir à la lumière !
Même si elle est toujours prostituée.
Même si elle n’a pas d’autre ressource.
Même si sa situation est dégradante et intolérable.
Elle existe !
Je voulais aujourd’hui vous faire partager sa joie !
Et puis,
En période d’actualité politique très compliquée vous faire partager ce moment, cela ne peut pas nuire au moral.
Je rends également hommage aux personnes qui travaillent pour améliorer la condition de vie des plus pénalisés d’entre les êtres humains.
Cela n’annule en rien mes sentiments quant à la protection des personnes aidant à la condamnation de trafiquants.
Pour Juliette, cela n’annule en rien mon souhait le plus cher qu’elle puisse posséder une carte d’identité nationale ou selon la procédure une carte de séjour « longue durée ».
Madame la ministre,
La France sans procédures ; ce serait comme nos campagnes sans vin ni fromages… Ce n’est pas culturel !
Je sais que ma communication n’est pas « réglementaire ».
Je remercie par avance la personne qui vous transmettra cette nouvelle page de vie de Juliette.
Bien Cordialement, »
12 avril.
« Madame la ministre,
Lorsqu’on cherche à aider les personnes les plus socialement démunies on est toujours sur la brèche.
Hier je vous écrivais pour partager la joie de Juliette.
Aujourd’hui elle m’apprend qu’elle vient de se faire escroquer.
Un propriétaire d’appartement à Troyes lui a proposé un appartement en échange de cinq cents euros. Il lui a remis des clés. Elle a déposé ses vêtements et son matelas.
Il a changé la serrure et ne répond plus aux appels de Juliette.
J’ai suggéré à Juliette d’appeler le Bus des Femmes pour l’aider à reprendre ses biens. Juliette me dit que ce n’est pas possible parce que pour être aidée par les Bus des Femmes il faut qu’elle soit enregistrée à l’adresse de l’association.
Elle ne peut donc pas être aidée.
Je ne comprends plus rien !
Je ne connais pas les méandres de nos procédures et règlements. Elle ne sait pas quels sont ses droits et devoirs.
Nous formons une équipe de « bras cassés » comme la plupart des français face aux droits et lois.
J’ai demandé à Juliette d’aller au commissariat de police de Troyes pour pouvoir récupérer ses affaires. Je ne sais même pas si c’est une bonne idée !
Elle ira au commissariat de Troyes demain car elle a confiance en moi. J’espère avoir raison en lui disant qu’elle n’est coupable de rien et qu’elle peut faire cette démarche.
Je n’ose pas appeler le Bus des Femmes de peur de compromettre son dossier.
Voilà un exemple parmi d’autres pour lequel madame la ministre je vous demande s’il est possible de protéger les personnes dans la situation de Juliette.
Plus généralement pour l’ensemble des français je pense que nous souhaitons comprendre des règles pragmatiques de vie. Nous ne comprenons pas l’ensemble des règles au nombre de 400 000 (je crois).
Si vous voulez être entendue, appréciée, faites des règles simples et claires. Les grands débats « presse / politique » nous ne les comprenons pas. Ils ne correspondent pas à notre vie.
Comme nous ne les comprenons pas ; on imagine, on borde, on débat. Vous perdez votre autorité, votre pouvoir.
Chacun a besoin d’une idée « phare » pour vivre.
Fin de parenthèse généraliste !
Pour revenir à Juliette, est-il possible de faire intervenir le commissariat de Troyes pour l’aider à récupérer son « patrimoine » ? Ce commissariat la connait pour de nombreux passages dans ses locaux compte tenu de l’activité de Juliette.
Merci, comme j’ai maintenant coutume de le faire, à la personne qui vous transmettra ce message.
Bien cordialement »
24 avril.
L’Assemblée nationale a adopté définitivement, hier, le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels. Christiane Taubira, qui a défendu ce texte face au Parlement, s’est dite « submergée par l’émotion ».
Najat Vallaud belkacem passe à la télé au journal de la nuit. Les mots du jour « Tous égaux ».
« Bonjour madame la ministre,
Tous égaux !
Je vous ai vue hier sur I Télé portant l’échappe arc-en-ciel qui soulignait votre élégance.
Tous égaux !
J’ai regardé un reportage la semaine dernière. Le sujet était la délinquance au cœur du 16 ième arrondissement. Des policiers traquaient un gang de voleurs d’anoraks. Un individu était recherché pour vol à l’arraché. Il portait un anorak blanc. La BAC de Paris était en « alerte générale ». Après trois jours de recherche intensive. Un homme est arrêté. Pas le bon…
Tous égaux !?
Juliette dort à même le sol depuis dix jours parce qu’un français lui a promis un appartement à Troyes sans faire les documents réglementaires. Il lui a volé cinq cents euros de « caution », tous ses vêtements et son matelas. Son patrimoine.
Elle a porté plainte le samedi 13 avril auprès du commissariat de Troyes. Aucun retour de leur part à ce jour.
Tous égaux ???
Pour Juliette, prostituée noire et sans papier ou presque, cela sera très difficile.
Ce soir je vais acheter un kit de couchage chez Décathlon pour Juliette.
C’est sans doute mon côté « tous égaux »…
… Tous égaux ???
Bien cordialement »
La loi n o 2013-404 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe est accueillie par la jeune ministre épanouie. Cette loi sera publiée le 17 mai.
30 mai.
« Bonjour madame la ministre,
Le 23/3/2011 le TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Troyes a reconnu la collaboration de Juliette avec la justice pour établir la condamnation des trafiquants d’humains qui l’exploitait.
À la sortie du TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE la police a fait expulser Juliette et sa collègue de l’appartement qu’elle partageait pendant la période sous « tutelle » des proxénètes.
Aucune prise en charge n’était proposée. C’est seulement après deux années d’errance, un recours auprès de la CEDH toujours en instruction et un passage au centre de rétention du Mesnil-Amelot que la prise en charge par les services sociaux a débuté.
C’est bien !
Mais beaucoup trop long pour une personne sans aucune ressource.
Pourquoi cette prise en charge n’est elle pas intervenue dès la sortie du TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE ?
Ce serait moralement et humainement beaucoup plus positif qu’une aide tardive proposée du bout des lèvres.
Je pense que cela n’aurait pas eu plus d’impact financier en 2011 que maintenant.
Je ne sais pas si je dois imaginer que l’état ne l’a pas accompagnée à l’époque parce qu’elle était « sans papier » ; qu’elle est prostituée et noire.
Je n’ose pas retenir cette hypothèse.
Quand j’ai croisé la vie de Juliette je ne me suis pas posé la question de sa nationalité, de son activité et de sa couleur de peau.
J’ai vu une personne en misère sociale.
Bientôt elle pourra se former à un métier. Si Pôle Emploi l’accompagne sérieusement.
Elle souhaite devenir nurse – sage femme pour nous. Je sais que la « mode » est à la formation de nurse pour l’Afrique afin de réduire la mortalité infantile. Là encore c’est bien !
Elle est heureuse de pouvoir faire cette formation. J’espère qu’elle pourra accéder à une formation diplômante.
Bien qu’elle soit toujours contrainte de rembourser la responsable du trafic, elle aura un espoir de vie sociale plus normale. Elle sera sans doute toujours prostituée occasionnelle jusqu’à remboursement complet de sa dette.
C’est aussi un problème, la condamnation n’a rien changé pour les sommes dues.
En fait, la seule différence entre le trafic et maintenant c’est qu’elle est « libre » d’être seule, sans vie sociale et sans logement décent.
Madame la ministre vous militez pour l’abolition de la prostitution. C’est une belle mission. Que je crois, en l’état actuel de l’accompagnement des personnes en errance, bien utopique.
Madame la ministre, Juliette est une personne digne d’être aidée.
Aidez-la, s’il vous plaît !
Aidez les femmes en même situation.
Bien cordialement »
4 juin.
« Bonjour madame la ministre,
Je continue à témoigner du quotidien de Juliette pour « enrichir » à mon modeste niveau ce qu’est la vie de Juliette.
Je sais qu’une mission interministérielle ( MIPROF ) est mise en place pour prendre en compte les violences faites aux femmes dont celles prises par des trafiquants d’humains. Mes messages ne sont que simples témoignages d’un cas particulier qui peut aider à comprendre la détresse des femmes après jugement de leurs proxénètes.
Hier, Juliette m’a téléphoné en pleurs parce que la proxénète à de nouveau menacer sa famille au Nigéria. Elle a du envoyer mille euros en urgence.
Elle n’a plus de quoi manger et payer son logement.
Juliette en a marre de réciter « les onze milles verges » pendant son « odyssée troyenne ».
Je fais une métaphore littéraire pour éviter de parler de façon trop triviale.
Je vais lui verser demain huit cents euros pour aide.
Je ne pourrai pas tenir longtemps le rôle de banquier. Ma bourse n’est pas une corne d’abondance. J’ai aussi besoin d’aide pour soutenir Juliette.
Je ne sais pas comment et par qui mais la situation ne peut pas rester en l’état.
Il est facile de comprendre qu’en aidant Juliette c’est la proxénète Jennifer que je soutiens !
Juliette paye Jennifer.
Je finance en partie Juliette pour l’extraire de la prostitution.
Alors, indirectement, je finance Jennifer. Spirale dangereuse !
Arrêter signifierait abandonner Juliette à sa misère.
Madame la ministre je suis prêt à témoigner sous anonymat devant la MIPROF si vous le jugez nécessaire. Je suis prêt à convaincre Juliette du bien fondé de son témoignage si vous le souhaitez.
Bien cordialement.
PS : Demandez à votre patron de faire une pose pour les impôts, s’il vous plait !
Je plaisante mais ma déclaration 2013 est lourde à digérer. »
Voilà deux mois que je largue des messages dans le tube du ministère sans aucune réaction. Ils ont sorti les Kways. C’est sûr ! Ils ne se mouillent pas. À l’inverse de leur Président qui se trempe sous les averses. Ce gouvernement n’a vraiment aucune cohésion.
Histoire de les encercler j’adresse une seconde lettre dont voici le texte. Lettre en « suivie » n o 1K 004 735 7262 2 pour suivre la réaction.
« Le 04 juin 2013,
Madame la ministre,
Je vous adresse depuis janvier 2013 des messages par vos sites de contact sur Internet (ministère et « contactez-moi ») dans l’espoir de faire évoluer la situation de mademoiselle Juliette, victime d’un trafic d’être humain.
Je ne sais pas si vous êtes informée de cette démarche.
Je vous adresse en copie papier l’ensemble des messages de cette période.
Aidez Juliette, s’il vous plaît !
Avant que sa situation ne se dégrade totalement.
Avant qu’elle meure ! Ce serait mieux.
Bien cordialement »
Pièce jointe : ensemble des messages envoyés à ce jour.
Lettre « suivie » pour suivre la réaction disais-je.
Ben !
Rien !
Réaction conforme.
Alors reprise des envois de messages.
17 juin.
« Bonjour madame la Ministre,
Ce jeudi 20 juin 2013 Juliette aura 22 ans. Elle est arrivée en France il y a 4 ans.
Pouvez-vous lui faire souhaiter son anniversaire ?
Son adresse est :
Juliette,
Chez les Amis du Bus des Femmes
58, rue des Amandiers
75 020 PARIS
Je sais que vos moyens sont faibles en cette période de crise mais une petite carte pour lui dire qu’elle n’est pas seule ; ce serait bien.
Bien cordialement »
28 juin.
« Bonjour madame la Ministre,
Juliette va recevoir trois cent trente euros par mois à partir de juillet 2013. C’est bien.
Son loyer mensuel est de trois cent cinquante euros.
L’assistante sociale qui la suit lui dit qu’il ne faut pas qu’elle retourne à Troyes pour se prostituer. Cette assistante lui dit d’oublier sa vie antérieure. Elle lui dit de ne pas payer sa dette restante de quatorze milles euros aux trafiquants.
Juliette, en témoignant, s’est condamnée à l’exil.
Croyez-vous qu’il soit possible pour une personne sans soutien de tout oublié ?
Sa dette a été réduite en juin grâce à la « bonté » de la patronne du trafic. Celle-ci lui a fait « cadeau » de deux milles euros. La dette de Juliette reste donc maintenant de douze milles euros.
Compte tenu de l’énoncé des sommes à payer et sans omettre le quotidien, pensez-vous que Juliette pourra s’extraire de la prostitution ?
Comment espérez-vous lutter contre cette activité sans avoir une structure d’accompagnement des victimes et témoins de ces trafics ?
Bien sûr, je l’aide toujours à équivalence de huit cents euros par mois (plutôt plus) mais mes réserves financières s’épuisent.
En septembre, Juliette commencera une formation de neuf mois pour espérer avoir un métier. Elle sera indemnisée trois cent trente par mois. Elle suivra cette formation car elle veut sortir de cette misère.
Comment fera-t-elle pour suivre des cours de 9 h00 à 17 h00 et avoir nécessaire pour vivre ? Une bourse d’études peut-elle être mise en place ?
Elle souhaite devenir nurse. Les personnes de l’association lui disent que c’est impossible.
Pourquoi ne pas la laisser rêver ?
Elle verra elle-même ce qu’elle peut faire.
Je la côtoie depuis presque deux années. C’est une personne intelligente à qui il faut donner une chance.
Madame la Ministre, il semble que l’habitude des ministères soit de ne jamais répondre aux personnes qui vous interpellent. C’est un choix qui éloigne sans doute de plus en plus les français de leurs élus. C’est peut être dangereux pour une démocratie.
Une nouvelle fois, Madame la Ministre, je vous demande d’aider Juliette.
S’il vous plait.
Bien cordialement, »
17 juillet.
« Bonjour madame la ministre,
J’étais bien naïf.
Je pensais que Juliette n’avait rien parce que rien n’était prévu par la loi française. Je pensais qu’il fallait faire bouger le « système ».
Aujourd’hui je suis en colère !!!
En fait, et à lire beaucoup de textes, je m’aperçois que :
Il existe une ATA : allocation temporaire d’attente (11.20 €/ jour)
Il existe une ALS : allocation logement sociale (selon région du logement mais à cent euros par mois pour le cas de Juliette).
Ces deux allocations auraient pu être attribuées à Juliette si elle avait été prise en charge par les services sociaux dès le lendemain du jugement du TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Troyes en date du 23/3/2011.
Logiquement, j’en déduis que Juliette aurait pu être aidée dès l’été 2011 ; soit depuis deux ans. Elle aurait pu recevoir dix mille cinq cents euros d’aides, les soins et le soutien phycologique.
Dix mille cinq cents euros, c’est pour elle deux cent soixante passes !
Deux cent soixante humiliations !
Pensez-vous pouvoir traiter la violence des réseaux de trafiquants avec une telle « politique » d’aide ?
Il a fallu qu’elle soit arrêtée dans un train pour défaut de billet.
Il a fallu qu’elle soit envoyée en centre de rétention du Mesnil-Amelot.
Comme il était obligatoire de « traiter » son cas par la loi alors l’état a commencé à bouger.
Comment voulez-vous évoquer des droits des femmes et de l’égalité homme femme avec un système aussi peu impliqué ?
À moins que,
À moins que cette « mécanique » soit orchestrée, calculée !
Après tout, une noire, sans papier… C’est peut être comme un juif en 1942.
Drancy et le Mesnil-Amelot sont des villes proches. Les habitants sont historiquement habitués.
Madame la ministre, je n’ai rien contre vous.
Aujourd’hui, je suis triste à pleurer pour notre pays qui met toujours en avant 1789 et les droits de l’homme.
La France ne serait-elle qu’un géant de carnaval ?
Madame la ministre,
Vous avez tout pouvoir pour me broyer.
Vous avez tout pouvoir pour broyer Juliette.
Si c’est votre choix, faites-le ! Vite !
Parce que pour elle, le statut quo est une torture chronique. »
La ministre m’épuise par son silence. Je chatte sur les toits du ministère. Elle jacasse sur les radios. J’ai envie de voler dans les plumes de cette pie.
Je tente le CNIDFF. Encore un groupement d’associations « droits de l’hommiste »
« Bonjour,
J’ai pris contact avec votre association pour le cas de Juliette.
Je vous affirme que l’ensemble des éléments que je vous ai adressé est vérifiable.
Elle est arrivée en France avec des trafiquants du Nigéria dont la patronne est la mère de Jennifer, condamnée pour proxénétisme par le TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Troyes.
Lors de la rétention de Juliette au centre du Mesnil-Amelot fin novembre 2012 j’ai eu quelques échanges avec madame Line Rafon de l’association La CIMADE. C’est elle qui m’a rassuré sur l’impossibilité pour la France d’expulser Juliette parce qu’une procédure CEDH est en cours. C’est par elle que j’ai su que Juliette était suivie par « Les Amis du bus des femmes ». Association qui n’a jamais répondue à mes messages, comme le ministère du droit des femmes et peut être vous même.
C’est lors du jugement du TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Meaux dont le jugement effectué par le juge LEHY – ordonnance dossier n o 12/03 du 28/11/2012 – a permis la libération de Juliette sur vice de procédure que j’ai eu le détail du « recrutement » de Juliette par le réseau de traite d’humains. À cette époque Juliette avait le nom de Stéfanny. L’OFPRA a régularisé son identité depuis.
Juliette, née à Benin City, erre en France depuis son expulsion d’appartement qu’elle occupait avec sa collègue de galère pendant le trafic – Jugement du 23/03/2011 TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Troyes.
Je l’ai rencontré fin d’automne 2011. Elle se prostituait sur le parking de la gare de Troyes (voir article de l’Est Éclair du 24/03/2011 que j’avais lu). En discutant dans une chambre d’hôtel j’ai compris qui elle était.
Une relation de confiance c’est faite entre nous.
Je lui ai promis de l’aider.
Ce que je fais au moins financièrement et moralement depuis plusieurs mois.
Cet huis clos que nous partageons a donné naissance à des sentiments plus forts que la simple entraide. Etant marié, je me suis mis en faute.
Mais je reste déterminé à aider Juliette.
J’ai impression d’être un poisson qui crie dans son bocal face à une foule qui ne le voit même pas.
Alors suivant mes humeurs, les informations que me transmet Juliette, j’écris à madame la ministre du droit des femmes autant de messages témoins.
Je continuerai !
Il ne faut pas oublier que Juliette est une victime. Que sa vie est en danger si les trafiquants décident de l’éliminer. Pour le moment, ils menacent de mort de façon régulière les parents de Juliette qui habitent à Benin City comme la trafiquante.
Quand j’ai connu Juliette elle devait aux trafiquants dix huit milles euros, aujourd’hui elle doit douze milles.
Cette fois encore je pense écrire pour rien…
Mais je persiste. »
Et devinez la réponse…
Vous ne devinez pas ?
Ben, c’est rien ; bande de bêtas !
Certains diront que je n’ai pas mis la forme. Mais seul le fond compte pour moi. Le fond est torture, esclavage, chantage, condamnation à mort.
Alors, les effets de manche en palais, je m’en fous !
Et pendant ce temps je ne relâche pas la pression sur ma ministre « adorée ».
23 juillet.
« Bonjour madame la ministre,
Brièvement,
J’ai donné à Juliette, la semaine dernière, mille quatre cents euros pour la location, la caution et le déménagement dans un nouveau « studio ».
L’affaire ne s’est pas conclue.
Etant donné que les trafiquants ont une nouvelle fois menacé sa mère en l’égratignant avec un couteau, j’ai autorisé Juliette a utilisé l’argent pour satisfaire les proxénètes.
Elle a versé mille euros aux proxénètes basés au Nigéria, deux cents euros pour sa famille et cent quatre vingt cinq pour le passeur d’argent.
Voilà un exemple de ce que je nomme « torture chronique ».
De plus, à la fin de ce mois, elle n’a plus « d’appartement ».
12 août.
« Bonjour madame la ministre,
De retour de congés pendant lesquels je suis resté en contact avec elle, Juliette m’informe que l’ATA (allocation temporaire d’attente) lui a été versée au prorata temporis de la création de sa protection subsidiaire en son nom propre. Soit le 18 juillet 2013.
En conséquence, elle a touché en juillet que quatorze jours à 11.20 €.
Pour la période du 11/04/2013 au 18/07/13, elle avait déjà des papiers provisoires à son nom ; mais « allocation interdite ».
Je félicite la rigueur de notre administration.
Mais je suis surpris que la « fonction publique » soit déficitaire. Avec une telle rigueur gestionnaire, ne devrions-nous pas être au moins à l’équilibre ?
156.80 € pour vivre, payer un loyer et accessoirement régler une dette de « chantage » de onze milles euros.
Vous allez me dire qu’en Août il y a trente et jours ; soit 347.20 €. Waouh !!!
Je rends hommage à la patrie des droits de l’homme pour cette extrême générosité.
Etant donné que j’ai puisé dans mes économies et mes primes 2013, j’ai les poches vides. Je ne peux plus aider Juliette à hauteur de huit cents par mois. Je vais réduire à six cent cinquante-sept cents.
Je me rends hommage pour avoir sorti Juliette des trottoirs de Troyes depuis plusieurs semaines.
Madame la ministre, même si vous êtes différente de Joséphine « Ange Gardien », pouvez-vous nous faire un petit claquement de doigts pour aider Juliette ?
PS : J’oubliais, en août j’ai financé le nouveau « toit » pour Juliette. Heureusement qu’elle est débrouillarde.
Elle, sur le terrain de la débrouille, et moi au budget à jongler entre les délais cartes bancaires « personnelle » et « entreprise » formons une bonne équipe « ministérielle ».
Ne trouvez-vous pas ! »
Il faut bien me rendre à l’évidence, ce monologue est stérile. Juliette est toujours prostituée et torturée. Fin de la période Contact Ministère.
Ils s’en fichent. Juliette n’a jamais reçue d’allocation régulière et sérieuse pour cette période à ce jour. Chaque piste était un bon début et puis une mauvaise chute. À l’arrivée, des miettes pour la Juliette .
Le « Bus des femmes », j’ai des gros doutes…
Le pire, ma voiture est une Citroën C4 modèle 2010 avec afficheur à « LED ». Depuis début février j’ai un double affichage espacé par une lettre de mon répertoire téléphonique. Mon téléphone est-il « cloné » ?
Plus des numéros « bizarres » qui apparaissent sans appeler.
Bon, de qui je dois avoir peur :
Des méchants trafiquants ?
Des flics ?
Je penche pour la deux. Et je suis certain que ça va durer. Bof, ils s’amusent ! Je n’ai rien à cacher. Ils vont encore dépenser mes impôts pour rien. Ce n’est pas nouveau.
Sans réponse et devant tant de misère pour la vie de Juliette j’écris à RTL.
« RTL
La Matinale
22 Rue Bayard
75 008 PARIS
« Le 14 Août 2013
Madame, Monsieur,
Objet : Demande d’aide pour Juliette – victime de trafiquants d’êtres humains
Je m’appelle Gilles Leclyan . Je connais Juliette depuis fin 2011.
J’essaye de l’aider à vivre normalement en France. J’ai écrit à mesdames TRIERWEILER et VALLAUD BELKACEM (lettres en pièce jointe) pour plaider la cause de Juliette. Son nom d’entrée en France était Stéfanny.
Juliette a témoigné dans le procès (Article « Proxénétisme » joint).
Après de nombreux messages en témoignage que j’ai écrit sur le site du ministère des droits des femmes, je n’ai jamais eu de contact. (Messages sur site ministère joints)
Juliette est aujourd’hui en mauvaise santé. Elle vient de faire une occlusion intestinale (le 13/08/13). Elle vient juste d’être acceptée sous protection subsidiaire. Elle n’a pas de ressource (hormis cent euros versés par Pôle Emploi en juillet 2013) depuis mars 2011.
Il y a toujours une procédure CEDH en cours pour son dossier. Elle est suivie pour l’association « les amis du bus des femmes ».
Dans l’ensemble des messages que j’ai adressé au ministère, vous trouverez l’image de son quotidien depuis fin 2012.
En plus des éléments joints à ce courrier j’ai également écrit au CNIDFF (site infofemmes. com – le 22/07/13) et à un cabinet d’avocats spécialisés CEDH le 13/08/2013
(Avocats Vincent Niore pris au hasard sur Internet). Sans réponse de leur part, mais cette fois il est trop tôt pour juger l’absence de réponse.
Je n’ai pas une grande confiance en la presse pour le respect de l’anonymat.
J’écoute « la matinale » de 7 h 30 à 9 h 00 sans perdre l’épisode Laurent GERRA avec un réel plaisir et le sentiment d’être objectivement informé.
Alors je prends le risque de croire en la non-diffusion de documents, si cette lettre retient votre attention, avant l’accord de Juliette et de moi-même.
Après vérifications des documents cités dans mes écrits pouvez-vous aider Juliette ?
Cordialement »
Et re pour la diffusion de l’histoire. Encore et encore pour essayer de faire aboutir une aide pour Juliette. Parce que sans aide, elle est morte !
De : « relations auditeurs antenne RTL. fr »
Date d’envoi : jeudi 22 août 2013 à 10 h 34
« Bonjour,
À qui est adressé votre mail ?
Cordialement,
Dominique Dantin des Relations Auditeurs NH »
« J’ai adressé mon courrier du 14/08 à la matinale. Je ne sais pas quelle personne l’a réceptionné.
Cordialement »
« Bonjour,
Merci pour votre réponse ! Nous faisons suivre à la matinale.
RTL vous remercie de votre écoute et de votre fidélité.
Cordialement,
Dominique Dantin des Relations Auditeurs. »
J’ai un contact téléphonique et mail avec le ministère (monsieur Patrick GIVYR ) dans la fin de matinée pour assistance à Juliette .
Email du ministère. Cette fois j’ai la preuve qu’ils savent.
« Monsieur,
Suite à notre conversation téléphonique, je vous remercie de bien vouloir me communiquer l’adresse de Madame Juliette pour que l’on puisse intervenir le plus rapidement possible.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
Le secrétariat
Ministère des droits des femmes et porte-parolat du Gouvernement
35, rue Saint-Dominique
75007 PARIS
patrick.givyr@pm.gouv.fr
01 42 75 77 03 »
Je mets en contact Juliette et monsieur GIVYR mais pas de suite pour deux raisons :
– Elle a trop peur des flics et d’être expulsée qu’elle fuit l’aide tenue.
– Le ministère trouve qu’elle ne parle pas français. C’est compliqué pour eux.
Je vous jure que c’est vrai.
Les mots sont :
« Mais, elle ne parle pas français votre amie. »
Je pense :
« Ben non… et c’est foutu. »
Néanmoins plus jamais ils ne pourront dire qu’ils ne savent pas.
Et ça c’est bien une victoire.
Sans nouvelle de la radio et ayant eu le contact avec monsieur GIVYR du ministère je relance RTL dont l’échange est le suivant.
« Je vous ai adressé le 14 août 2013 un courrier concernant Juliette.
Il y a quelques informations erronées :
– En juillet 2013, elle a touché cent euros de la part de pôle emploi.
– Sa formation débutant en septembre n’a lieu que les après midi.
Hier j’ai vu Juliette . Elle s’est fait tabasser en août par un homme qui en voulait à son argent pendant qu’elle travaillait à Troyes . Il lui a volé son sac avec ses accessoires de travail mais pas d’argent. Les filles sont prudentes et ne mettent pas l’argent sur elles.
Pour la petite histoire, Juliette avait dans son téléphone une photo de mon lapin nain regardant la télé dans mon appartement proche de Troyes à l’époque. Elle tenait à cette photo.
Je sais, c’est banal. Mais quand on n’a rien « pas grand-chose » est déjà beaucoup.
Juliette est toujours en petite santé et je crains que la procédure CEDH soit très longue si elle a toutes les chances d’aboutir à la condamnation de la France compte tenu du dossier monté par l’association « les amis du bus des femmes ».
Cette lenteur procédurale est l’ennemi pour la vie de Juliette. Aujourd’hui, elle n’a toujours aucune ressource.
De plus, une fille de la proxénète patronne du réseau nigérian s’est fait kidnapper. Le réseau doit beaucoup d’argent aux kidnappeurs pour récupérer la fille.
Alors le réseau accentue la pression sur ces « employées ». Les parents de Juliette en font les frais. Juliette, étant malade, ne peut pas honorer sa dette.
Une sorte « d’effet papillon »
Nigéria, Pays Merveilleux… !
Si vous souhaitez mettre un visage sur le nom de Juliette , tapez… Vous trouverez sa frimousse sur sa page d’accueil Facebook .
Je suis inquiet pour elle et je ne sais pas comment lui apporter de l’aide (hormis morale et pécuniaire).
Cordialement »
Juliette est convoquée chez une avocate travaillant avec le « Bus des femmes ». Malheureusement rien n’aboutit et reste à ce jour sans explication. Cette journée du 22 Août respire l’échange de coups de téléphone entre la radio, le ministère et l’association. Quels sont les échanges ? Je ne le saurai jamais.
Je reprends le défilé des messages. 6 septembre 2013
Échange sur RTL
« Bonjour,
Pour faire suite à mes envois par lettre du 14/08/2013 et message du 22/08, je vous adresse le seul message de contact que j’ai eu avec le ministère des droits des femmes.
Depuis, aucune évolution de la situation de Juliette ni de nouveaux contacts avec aucune personne.
Compte tenu de la détresse de Juliette. Et en l’absence de signe permettant de croire en la prise en considération de sa situation, j’ai décidé de payer la dette de chantage s’élevant encore à dix mille cinq cents euros.
J’ai une partie de négociation à jouer avec ma banque. Ce qui devrait être acté la semaine prochaine.
Une part d’une épargne retraite qui s’envolera vers le Nigéria.
Comme on nous promet de travailler toujours plus longtemps cela ne me posera peu de difficulté à rattraper cette « légère ponction ».
Je fais cette démarche pour libérer Juliette et sa famille de la « rançon » demandée par la proxénète, mère de Jennifer, nommée dans mes messages.
Je fais cette démarche parce qu’il n’est pas possible que la situation de Juliette reste en l’état.
Je comprends qu’il soit difficile de prendre des décisions concernant la Syrie en raison du contexte international. Mais en France… Pour quelques personnes !
Cordialement »
Accusé de réception :
« Bonjour,
Nous faisons suivre à notre Rédaction. »
J’ai compris que moi seul aiderai Juliette. Je ne peux pas la laisser se prostituer jusqu’à la fin du remboursement de sa dette. Elle ne touche toujours aucune allocation d’aide. Elle va de temps en temps sur les trottoirs de Troyes pour payer sa nourriture car je ne peux plus faire face au paiement du loyer et à la nourriture. J’ai privilégié le paiement du loyer. Comme je l’ai écris dans mon mail du 6 septembre, je rassemble l’argent pour le paiement de la dette de Juliet auprès de la mère de Jennifer. Il me reste 3000 € à trouver dans mon budget et 300 € pour les frais de l’agent financier.
Juliet ayant annoncé avec joie à sa famille le règlement du solde de sa dette (10 500 € sur 50 000 € au mois d’octobre 2009) elle doit maintenant faire son cadeau de départ auprès de la patronne. La mère de Jennifer demande 10 habits africains dont j’ai oublié le nom.
Je paie pour elle, pour libérer sa famille, pour qu’ils puissent vivre, tous. Un emprunt est signé avec mon banquier, fin de paiement des échéances le 5 Octobre 2016. Autant dire que Juliette sera peut être morte avant que je ne finisse de payer la banque.
Une adolescente de 15 ans est arrivée sur les trottoirs de Troyes avec une dette à payer de 60 000 €. La remplaçante de Juliette …
Je m’attaque à la forteresse de la première radio de France qui appartient aux allemands et est appelée Radio Télévision Luxembourgeoise. Elle est faite pour les bourgeois. C’est le seul lien avec la France.
« Le 1 octobre 2013
Mesdames, messieurs de l’équipe de monsieur Bazin (pas Hervé, Laurent !)
Voilà quelques vingt deux mois que je côtoie Juliette. Depuis onze mois, j’essaye en vain de comprendre pourquoi elle ne bénéfice pas des aides accordées aux personnes ayant témoigné dans un procès aboutissant à la condamnation des proxénètes.
J’ai 53 ans. Je suis français « génétiquement affilé à la race normande et beauceronne ».
Je croyais vivre dans un pays qui affiche fièrement aux frontons des mairies et églises depuis une certaine année 1789 « liberté, égalité, fraternité ».
Foutaises !
Les gamines qui se prostituent sous contrainte d’une entreprise légale avec pression sur la famille dans leur pays et sous mafia dans le notre sont-elles otages « culturelles » ?
Où est cette fraternité ? Cette liberté ?
Pour l’égalité ; entre nous, c’est déjà pas terrible. Les étrangers attendront quelques décennies.
Juliette ne peut toujours pas manger sans présenter sa compagnie « Pussy and Ass » à une clientèle excitée par sa vitrine.
Continuez de m’informer et me faire rire le matin, s’il vous plait ! »
« Bonjour,
Nous vous remercions de votre mail, celui-ci a bien été transmis à Monsieur Bazin.
Cordialement,
Dominique Dantin »
Comme si cela ne suffisait pas après l’arrivée foudroyante de Juliette dans mon champ de gentillesse il y a l’arrivée d’Elvis, frère ainé de Juliette, dans le débat des migrants
« Bonsoir Dominique DANTIN,
J’ai une faveur à demander à votre radio.
Juliette a un frère qui est arrivé dans un camp près de Rome en Italie via la Lybie.
Je pense que se serait bien si le frère et la sœur pouvait se revoir après ces cinq ans d’isolement à la frontière Franco-Italienne. Le frère de Juliette est en attente de titre de séjour italien. Procédure qui semble plus rapide qu’en France.
Juliette serait vraiment joyeuse de revoir son frère. »
Et pour Juliette la nuit reste la torture.
Son frère, en rétention italienne, se prénomme Elvis, il a 32 ans. Un second frère, prénommé Kennedy, dont le contrat de travail fini le mois prochain voulait tenter l’aventure française. Juliette lui a bien fait comprendre que l’Europe en générale et la France en particulier est une « bad idea ».
« Parce qu’en France, tu dors dehors !!! »
Même les pauvres de l’étranger ont conscience de notre hospitalité.
Pourquoi personne ne souhaite répondre concernant Juliette ?
Cette question, cela fait mille fois qu’elle me tourne en tête.
Pourquoi personne ne souhaite répondre concernant Juliette ?
« Je me suis dit que :
a) Juliette est une dangereuse criminelle !
b) Juliette n’est pas reconnue comme témoin !
c) Son cas est banal !
d) Son cas est « gênant » !
e) Son cas ; tout le monde s’en fout !
f) C’est une pute !
g) Une pute, c’est le purin pour la France d’en haut !
Au point a :
Je pense que depuis le temps où j’ai commencé à écrire à ces « dames » avec toutes les précisions suffisantes pour arrêter Juliette il y a longtemps qu’elle serait hors jeu. Je pense possible d’avoir été « écouté » parce que j’ai eu quelques numéros de téléphone « bizarre » sur mon portable. Des numéros qui sonnaient dans le vide ou dont j’entendais des voix non distinctes en février – avril 2013 quand je rappelais. Période où mes comptes bancaires ont pu être regardés parce qu’ils apparaissaient déjà consultés quand je les ouvrais.
Je n’ai jamais rien vu de tel depuis que je possède téléphone portable et suivi bancaire informatisé.
Bref ! Pas de parano…
Et puis, je n’ai rien à cacher. Je souhaite simplement mettre à l’écart ma famille de cette aventure dont je suis le seul responsable.
Avec tous les moyens policiers possibles, Juliette n’est pas une criminelle.
Au point b :
Les flics semblent dire qu’elle n’a pas été coopérative. Que c’est l’écoute de son téléphone portable qui a permis l’arrestation des proxénètes.
Alors pourquoi le juge du TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE de Troyes a-t-il rédigé une attestation de témoignage ?
Je rappelle juste que Juliette n’a pas été vue par un psychologue lors de ses auditions. Qu’elle était apeurée.
Les flics restent des flics.
Le trait d’union entre démocratie et dictature.
Au point c :
Pendant une procédure policière les sans papiers interrogés en temps que témoins et victimes bénéficient de la protection subsidiaire pour six mois.
Pourquoi Juliette n’a-t-elle bénéficié de ce droit ? Est-ce parce qu’elle est noire nigériane ? Qu’elle ne connait pas la langue et encore moins nos lois ?
Est-ce parce qu’il est facile d’abuser de témoins sans défense ? Juste pour faire du chiffre !
Les victimes ! Chacun sa merde.
Au point d :
Si on imagine que personne n’a respecté son statut de témoin.
Quelle condamnation la CEDH va-t-elle prononcer comme la France ? Y aura-t-il condamnation ?
Pourquoi après m’avoir contacté monsieur GIVYR, du ministère des droits des femmes, n’a-t-il donné aucune nouvelle alors qu’il semblait très motivé pour présenter le dossier au directeur de cabinet ?
Pourquoi l’association du bus des femmes refuse d’écouter les personnes hors prostitution (féminine et masculine) ? Est-ce un milieu sectaire ? Est-ce pour entretenir un « fond de commerce » ?
Plus de cas résolus, moins de subventions !
Pourquoi existe-t-il environ vingt cinq associations en France pour ce seul sujet ? Pourquoi n’est ce pas les services sociaux qui gèrent ces personnes ?
Au point e :
Il est possible que tout le monde se foute du quidam moyen dans notre « beau pays ».
Aux points f et g :
Pute ! 4 lettres P ! U ! T ! E !
4 lettres et tout est dit.
La lie de la lie. Les « niers » des derniers.
Un accessoire de soirées pour politiques et autre FMIste.
Ce qui m’a écœuré est mon expédition au Mesnil-Amelot.
C’est là que je me suis dit en voyant le camp de « rétention-concentration » de nuit.
« Ca ressemble au Struthof ! »
Je l’ai visité il y a quelques années.
Je me dis qu’un imbécile, sbire des extrêmes, peut se servir de cette structure pour en développer une autre finalité.
Savez-vous qu’une rétention, en milieu industriel, est faite pour isoler une pollution éventuelle du milieu naturel ?
En concentrant les polluants en un lieu restreint et clairement défini il est plus facile de les traiter.
L’élimination se fait par traitement physico-chimique ou incinération.
Juliette va toujours la nuit sur la route de Paris à Troyes juste pour pouvoir manger et pour envoyer de l’argent à sa famille parce que c’est bientôt Noël. Elle veut que sa famille puisse se payer des vêtements et quelques cadeaux. Je vous rappelle qu’elle est de confession chrétienne anglicane. Que sa mère est pasteure. Que Juliette est croyante. Qu’elle rit quand je lui dis qu’une église est un monument qu’on peut visiter, sans plus.
Il me manque toujours trois milles euros pour finir de payer la rançon et trois cents euros pour le pourcentage de l’agent de change. Je vais acheter un manteau à Juliette car elle est frigorifiée la nuit.
Ca ne nous fait même pas plaisir d’avoir pu régler sept mille cinq cents euros à la mère de Jennifer.
Son avocate, qui a les mêmes écrits que je vous ai passés, a dit que c’est bien mais n’a jamais donné suite à ma demande de contact. Elle demandait à Juliette de me faire arrêter les messages vers le ministère. J’ai obéis.
Prochaine étape le 16 Janvier 2014, commission d’indemnisation des victimes d’infractions.
Si Juliette peut vivre jusqu’à cette date.
Les réfugiés coulent en repos sous les ondes de la méditerranée. Sur terre les esclaves restent des esclaves.
Encore un midi où mon humeur vagabonde. Je tourne le bouton de la radio.
« Bonjour la radio que j’aime !
À 14 h00, au flash info, j’ai entendu que madame VALLAUD BELKACEM attendait que toute la lumière soit faite pour se prononcer sur le cas de Léonarda.
Je comprends !
Ils n’ont pas payé la note d’électricité au ministère des droits des femmes…
C’est pour ça qu’ils ne m’ont jamais répondu concernant Juliette .
Pas de lumière !
Pas de réponse !
Normal !
Vous pourrez remercier de ma part madame VALLAUD BELKACEM pour cet éclairage du dossier de Juliette.
NB : Je sais que je peux vous agacer à toujours vous solliciter. Mais, comment ferais-je pour évacuer la lourdeur du quotidien de Juliette si je n’avais pas « un ami » ?
Pas de chance pour vous, j’aime bien votre radio.
Au revoir la radio que j’aime ! »
Un autre jour d’octobre, le 25.
« Bonjour à tous,
Je vous adresse à un point sur la situation de Juliette.
Celle-ci semble évoluer de façon positive vers une normalisation de sa vie en France.
Hier , elle avait rendez-vous avec l’assistante sociale de l’association du « bus des femmes ». Ce sont en fait trois assistantes qui l’ont prise en charge pour faire le point sur son parcours français.
Toute son histoire a été réentendue, y compris le paiement de la dette par mes soins à la proxénète.
Elles ont eu conscience de la grande précarité de Juliette et de l’absence de sérieux de l’agence de Pôle Emploi qui avait oublié au fond d’une pile le dossier de demande d’allocation.
Je m’interroge un peu sur l’aspect « service commandé » de cette réunion. Est-ce pour vérifier mes écrits transmis à l’avocate et les dires de Juliette ?
Ce qui est très bien puissent qu’ils sont identiques.
Ils sont identiques parce que c’est la vérité.
En conséquence, Pôle Emploi a été sommé de se bouger le cul.
Juliette va pouvoir démarrer une formation de français et de travail de « sage femme » en Janvier 2014.
L’association demande la possibilité de faire déménager la famille de Juliette de Bénin City à Lagos car elle craint des représailles même après le paiement de la dette.
Juliette ayant témoigné pour dénoncer le réseau, je suis aussi de cet avis.
L’association envisage de payer une année de location à la famille de Juliette selon le coût.
Si j’ai bien compris ce que m’a dit Juliette.
Il y a cependant un bémol à cette perspective réjouissante.
Il faut que je trouve les trois mille trois cents euros restant au remboursement de la dette. Deux mille deux cents euros début décembre que je prendrai sur mon treizième mois et mille cent euros début Janvier.
Les mille cent euros, je ne sais pas où aller les chercher. Avec mon banquier, je n’ai pas pu faire exactement comme mon souhait.
Il me reste trois mois pour trouver une solution. Juliette n’est pas au courant de cette difficulté.
Elle m’a avoué hier que l’idée du suicide pour ne plus avoir à payer l’avait accompagnée. Le paiement de soixante dix pourcents de sa charge lui a fait chasser une idée noire.
Un petit détail : son permis de conduire nigérian est valable en France. Elle pourra donc conduire le jour où sa vie sera cool !
Je vous ai écrit quand la situation était lourde.
Je tiens aujourd’hui à vous informer quand les perspectives deviennent plus conformes.
Mais je croise les doigts car je n’ai aucune confiance dans Pôle Emploi – ANPE. J’ai vingt ans d’expérience de recrutement. Pôle Emploi est la plus mauvaise chance de trouver du travail. »
« Bonjour,
Nous avons bien pris connaissance de votre courrier, celui-ci a été transmis à la rédaction.
Bien cordialement.
Dominique Dantin des Relations Auditeurs VJ »
Encore et encore. Je continue pour rien sans doute et je continue.
« Le 12 novembre 2013
Je vous adresse à un point sur la situation de Juliette. Ce samedi, la famille de Juliette a été attaquée par quatre hommes de main travaillant pour la mère de Jennifer. Les deux parents sont à l’hôpital. La mère, main cassée. Le père, tête fracassée.
Pour mémoire le père était en fauteuil roulant. Il est amputé depuis décembre dernier. Pourquoi cette violence ?
Parce que La proxénète veut l’ensemble de l’argent maintenant. Elle veut aussi le « cadeau » de fin de métier de Juliette. Le « cadeau », les vêtements dont j’ai déjà parlé il y a quelques temps. Soit une somme de 1 200 €. Une proxénète, ça s’habille chique au Nigéria.
Donc il reste nos fameux 3 000 € et maintenant 1 200 € de « cadeau ». Juliette est effondrée. Je la vois ce soir. Jeudi elle a rendez-vous avec son assistante sociale. Et Pôle Emploi a encore oublié de lui verser son allocation !
Quand j’entends la ministre des droits des femmes revendiquer son l’abolition de la prostitution, je suis perplexe.
En faisant un retour sur l’histoire de Juliette :
2008 ou 2009 : attaque de la famille pour voler les économies. Ils étaient vendeurs de vêtements et cachaient leur économie chez eux. Ruinés !
2009 : Juliette est projetée dans le réseau de trafiquants avec des rêves de diplômes français. Elle est formée à la prostitution avec un « petit viol » initiatique.
Octobre 2009 : Elle arrive en France, à Paris, travail troyen. En 3 semaines elle a compris et veut repartir.
Novembre 2009 : l’étau s’est refermé. Personne ne l’oblige à rester mais elle est contrainte de payer 50 000 €.
Pas l’argent, elle est séquestrée. Elle doit payer.
Février 2011 : Jennifer, Loveth, Juliette et une autre fille sont arrêtées. Auditions, témoignages, condamnations. L’autre fille paie le solde de sa dette. Aucun problème pour elle. Je crois qu’elle est rentrée au pays. Juliette se retrouve à la rue, sans papier, avec 25 000 € à rembourser et avec chantage sur sa famille. Je fais sa connaissance en octobre ou novembre 2011. Elle était à côté de ma voiture en train de travailler. Après une période d’observation de quelques jours étalés sur une année j’ai compris qu’elle était l’une des témoins du procès de Troyes (article de l’est éclair que j’avais lu à la pause café).
Novembre 2012 : Arrestation à Nogent sur Seine dans le train Paris – Troyes. Prise en charge par une gendarmerie qui fleure bon l’extrême droite. Direction le Mesnil Amelot. Je cherche son point de chute à travers les associations « France terre d’asile » et « Cimade ». Je comprends à demi mot que la situation de Juliette est connue, anormale. Je vous passerai les premiers échanges de mails, un jour, si vous êtes sages… Je plaisante.
Je comprends qu’elle est en sursis « grâce » à l’examen de son cas par la CEDH. Que cela peut durer deux ans. Au Nigéria, si son recours est rejeté auprès de la CEDH, elle est condamnée à mort par le Clan Jennifer. J’agite mes neurones pour trouver une solution. Ces « dames Trierweler et Belkacem » restent sans voix. La seule issue possible est le paiement de la dette.
Nous voilà donc à aujourd’hui !
Je vous fais grâce :
Des nombreuses nuits de garde à vue à Chatelet, Gare de l’Est, Troyes…
Des vols et agressions dont Juliette a été victime.
De l’extrême lenteur de l’examen de son dossier par l’OFPRA.
De la nullité légendaire de Pôle Emploi.
Juliette est toujours pauvre, victime de trafic d’être humains. Elle n’a aucune ressource normale. Elle doit encore 3000 € et le cadeau.
Elle n’a jamais été aidée par l’état ou les services sociaux. C’est seulement depuis Août 2013 et le contact « miraculeux » avec monsieur Givyr du ministère que l’association et une avocate étudie sérieusement son cas. Son quotidien n’a pas évolué.
Elle ne cesse pas de me répéter : « I want to fall under the train », « I shall can’t to pay ».
Ou à peu près ces mots. Je suis un bon français, ne l’oublions pas…
Donc,
Quand j’entends la ministre des droits des femmes revendiquer son l’abolition de la prostitution je suis perplexe. Cela ne sert à rien de se répéter des promesses en se tapant le cul sur une chaise. La France n’est pas capable de stopper la traite des êtres humains. Elle n’est même pas capable de protéger des témoins vivants sur notre sol dont les familles sont aux mains des mafieux. La France n’est même pas capable de respecter les règles établies par L’EU. Ces règles pourtant transcrites en droit national.
Alors, Juliette sera martyre.
Comme Jésus qui pensait, semble-t-il, au bien de l’humanité.
Jésus , sur une croix. Heureusement , comme disait Coluche , que les romains ne l’ont pas noyé. On aurait eu un aquarium au dessus du lit. Difficile d’avoir des nuits agitées sans prendre une douche froide.
Heureusement, les romains ont choisi la croix.
Finalement le choix du supplice est déterminant pour les générations futures. Juliette finira peut être sous un train. C’est plus dispersif. Les temps changent. Le progrès sans doute. »
Ouf, je ne suis pas fou !
Nous voici arrivés au 20 novembre. La pile des messages a grossi sans aucun résultat en retour. J’ai lu, sur le site du ministère des droits des femmes, l’allocution de madame la ministre au congrès INTERPOL du 14 novembre 2013. Elle évoque les retards de la France dans la lutte des trafiquants d’êtres humains. Elle parle de la lenteur à la mise en place par la France de la convention de Varsovie. C’est le constat que je relate depuis onze mois auprès de son ministère et de RTL depuis Août. J’aurais même pu participer à l’écriture de son discours tant les constats sont proches.
Je ne suis pas fou ! Ouf !
J’entends le discours des 343 salauds. J’entends le discours des défenseurs de la nouvelle loi contre la prostitution entrant en débat parlementaire à la fin de ce mois. Dans la nouvelle loi, il est prévu la pénalisation des clients. Si je me réfère à la vie de Juliette et à notre rencontre ; je suis un client pénalement redevable d’une amende de 1 500 € pour avoir donné de l’argent à Juliet. Sans cet argent, que serait devenue Juliette ?
La notion de sanction contre les clients est peut être bonne si elle n’est pas trop répressive. Il faudrait peut être un système d’amende « radar sexuel » mais combien de familles seraient détruites à la réception de l’amende par voie postale ?
Si la sanction est massive, la prostitution s’enfoncera dans la clandestinité. D’un côté les prostituées auront le droit de racoler après l’abrogation du délit, de l’autre les clients ne pourront pas « marchander » dans la rue. Le contact de la rue sera un numéro de téléphone. La rencontre se fera en hôtel, en forêt ou autre. Les « p’tiotes » arrivant avec une charge de 50 000 voire 60 000 € en France seront esclaves pour longtemps. Personne n’ira les aider. Autant rouvrir les maisons closes avec un service d’assistance aux femmes. Avec une taxe d’état à la passe. Cette taxe collectée servirait aux soins, à la formation à un autre métier, à la lutte contre les réseaux et aux paiements des rançons en cas de chantage sur les familles.
Là, c’est moi qui rêve !
En exemple budgétaire de ma rencontre avec Juliette :
D’octobre 2011 à aujourd’hui, je l’ai soutenue pour un budget de 20 000 à 25 000 €, allant du financement d’un matelas au paiement du solde de la rançon auprès du clan Jennifer. Pendant cette période l’État l’a aidée à hauteur de 100 € en Août 2013.
Donc, je rêve !
Mais je trouve que cette idée de maison close assistée n’est pas idiote. À la condition que les femmes puissent y avoir accès. Celles séquestrées en réseaux ????
Madame la ministre souligne l’importance de la lutte contre les réseaux dans son discours de Lyon. Le clan Jennifer a quatre filles en France, cinq en Italie et une vingtaine au Nigéria. Comment faire pour mettre hors d’usage ce clan ?
L’assistante sociale ne parvient pas obtenir le paiement de l’allocation due par Pôle Emploi pour Juliette. Cette allocation de 336 € par mois aurait du être versée depuis l’instruction de son dossier par l’OFPRA. Soit depuis janvier 2013.
Je vais pouvoir réunir le solde de 3 000 € pour la fin novembre afin de clore la rançon. Je réfléchis à trouver une solution pour le « cadeau ». J’espère boucler ce dossier financier pour la fin d’année.
Juliette et moi sommes fatigués par cette lenteur et par l’absence de soutien. Je l’ai convaincu d’attendre l’issue de la convocation devant la commission d’indemnisation le 16 janvier 2014. Après cette date, si aucune avancée n’est faite, elle me fournit l’ensemble du dossier ( OFPRA , CEDH , jugement du Tribunal de Grande Instance de Meaux , etc.) pour l’aider à faire valoir ses droits.
Ce dossier est en dépôt à l’association du bus des femmes. Je vais rechercher un contact avec un avocat qui pourrait reprendre ce dossier en janvier 2014.
Noël approche. Nous n’avons pas d’informations sur le frère de Juliette, Elvis. Il est en rétention en Italie. Ce serait bien pour son moral si elle pouvait voir son frère. J’ai le cafard. Je m’accroche aux personnes avec qui j’ai conversé un peu, si peu.
« Bonsoir Line,
Peut être avez-vous oublié nos échanges datant d’un an bientôt. Je vous avez contacté suite à l’arrestation de Juliette et sa mise en rétention au Mesnil Amelot entre le 23 et 28 novembre 2012.
Une année est passée.
Juliet est sous protection subsidiaire depuis janvier 2013. Elle n’a jamais été aidée jusqu’à aujourd’hui. Une avocate dont j’ignore le nom et qui travaille avec le bus des femmes a obtenue une convocation le 16 janvier 2014 devant la commission d’indemnisation des victimes d’infractions. J’espère que cela sera positif pour elle. J’ai témoigné de son cas auprès de mesdames Trierweiler et Vallaud Belkacem depuis décembre 2012. J’ai transmis l’ensemble de mes écrits auprès de ces dames à RTL . Je n’ai jamais eu de retour. Seul RTL a accusé réception de mes messages.
En août 2013, monsieur GIVYR du ministère des droits des femmes m’a contacté par mail et téléphone. Aucune suite favorable n’a suivi cette prise de contact. Compte tenu des chantages et violences qu’exerce le réseau de proxénètes sur la famille de Juliette au Nigéria j’ai décidé de payer la dette de Juliette. Ce solde sera réglé à la fin de novembre. L’année dernière vous m’avez laissé entendre que Juliette avait des difficultés pour obtenir une protection de l’état français compte tenu de la politique migratoire des gouvernements successifs. En fait, aucun gouvernement n’a pris en charge les victimes de trafic. C’est seulement cet été que la convention de Varsovie, datant de 2005, a été transcrite en droit français. Aujourd’hui Juliette et moi sommes fatigués par les faux espoirs. Notamment Emploi Pôle qui dit versé L’ATA et qui ne l’a jamais versée. L’assistante sociale du bus des femmes est aussi fatiguée. Je n’ai jamais compris pourquoi cette association n’a jamais donné suite à mes demandes téléphoniques et mails. J’ai la copie de la lettre des 25 associations demandant à monsieur Fillon en 2010 de transcrire la convention de Varsovie en droit national. Sans l’avoir transmise, elle m’a guidé avec d’autres documents dans ma réflexion sur la faiblesse de l’état français quant à la protection des personnes victimes de trafic et leur famille. Cette faiblesse est avouée par madame la ministre des droits des femmes lors de son allocution devant INTERPOL. Le pays des droits de l’homme est nul en matière de protection des êtres humains. Le débat autour de cet esclavagisme semble tabou. Est ce pour raison de subventions d’associations ? »
Madame Rafon ne me répond pas. Elle n’oublie pas de transmettre les informations du jour à l’association du Bus des Femmes. Madame Simoni téléphone à Juliette pour l’avertir fermement qu’elle aura des ennuis si je continue à vouloir faire connaitre son histoire. Juliette, apeurée, est en colère contre moi. Je lui explique qu’elle n’a rien à craindre. Il s’agit d’intimidation.
Pourquoi l’association craint-elle la vérité sur la situation de Juliette ?
Pourquoi les flics n’ont ils pas assassiné Juliette ?
Un témoin étranger « ignorant et black » mort ça coûte zéro pour le pays des droits de l’homme.
Pourquoi les flics ne l’ont ils pas assassinée après son témoignage en mars 2011 ?
Une audition, une arrière cours de commissariat, une tête, une balle… Personne pour témoigner de la lâcheté d’un état qui se veut Grand.
La France est Grande mais lâche. Alors, on vire les témoins sans nom. À la rue, ce n’est plus le problème de tel ou tel service, c’est le retour au hasard. Voire l’espérance de l’abime drogué ou sidaïque. Assassiner Juliette aurait été responsable. Horrible mais responsable. Tous les peoples et politiques qui discutent autour de la nouvelle loi ont-ils conscience de la vie de ces p’tiotes ?
Madame Vallaud Belkacem reste muette. Depuis le début je pense qu’elle est « saine ». Même si elle ne m’a jamais contacté. Les politiques envoient au casse pipe – C’est bien nommé pour une loi sur la prostitution – une députée Don Quichotte .

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