Partie de rien...
140 pages
Français

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Partie de rien... , livre ebook

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Description

En Alsace, sur un fond de seconde guerre mondiale, Louisa enfant de l’ennemi, est abandonnée dès l’âge de six mois par sa mère accablée par le malheur. Recueillie par la famille du garde forestier, elle mène une enfance paisible jusqu’au jour où le sort s’acharne de nouveau sur elle. Entre indifférence et soumission, les années passent et comprenant que son avenir serait dans la continuité d’une jeunesse tourmentée, empreinte de solitude et de manque, elle décide de prendre son existence en main et de lui donner un sens. Partie de rien… Louisa réalise son rêve en faisant d’elle une femme indépendante et devint ainsi une Maîtresse femme.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 février 2013
Nombre de lectures 9
EAN13 9782312008387
Langue Français

Extrait

Partie de rien…

Claudia D.
Partie de rien…
De Bellefosse aux Halles






LES ÉDITIONS DU NET 22 rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2013 ISBN : 978-2-312-00838-7
Avant-propos
Lever le voile sur un secret de vie est une aventure à laquelle je n’avais jamais songé participer au travers de l’écriture, moi qui ne me laissais aller que très secrètement à cet exercice.
C’est fin août 2011 que ce voyage à travers le temps débuta en compagnie de Louisa déjà âgée de soixante-quinze ans. Dévastée par la disparition récente de son époux, elle fit de moi sa confidente, la seule qu’elle ait eue de toute son existence. À ce moment précis, je compris qu’ensemble nous ferions un bout de chemin.
Sans réellement se connaître, était-ce ma disponibilité ou ma capacité d’écoute qu’elle perçut et qu’elle saisit pour se libérer de son vécu ?
Sans doute que les raisons qui l’ont conduites à remonter dans le passé et à me faire tant de confidences sont multiples et pour certaines inconscientes, l’essentiel est que cette femme, si pudique, si secrète éprouva l’envie ou même le besoin de se raconter, de me raconter son histoire.
Dans une grande complicité, je devins la dépositaire de son récit en me livrant sereinement au fil du temps, chaque jour un petit bout de ce qu’elle n’a jamais osé confier à quiconque, à savoir son parcours de « vies » entre autre les circonstances de son abandon par sa mère, Madeleine.
Fascinée par sa personnalité et profondément touchée par son récit, je me suis sentie happée par une irrésistible envie de l’immortaliser.
En toute modestie, j’ai suggéré à Louisa de mettre des mots sur ce que me livrait sa mémoire puis comprenant que cette femme avait besoin de se libérer d’un vécu qui lui pesait, tout en restant fidèle à ses propos, j’y ai associé au-delà de ma personnalité, ma tonalité, mon style comme si j’allais composer un morceau de musique.
C’est au fur et à mesure des pages noircies que j’ai trouvé un rythme, celui que j’ai estimé être le plus adapté.
Mon souci constant fut de toujours être en quête du mot juste et qui soit en adéquation avec l’époque, l’atmosphère.
Cet ouvrage, je l’ai écrit pour elle, pour ses petits-enfants, pour ceux de la troisième génération mais également pour moi.
Très égoïstement, je dois l’avouer, ce fut l’opportunité de mon côté d’exprimer des émotions, d’évacuer des idées reçues, des non-dits, tout simplement de me faire du bien et de me laisser aller en toute liberté. Cette liberté, je ne l’ai trouvée nulle part ailleurs.
Moi qui ignorais mes capacités à relater autre chose que mes états d’âme, et qui n’avais jamais eu ni l’idée ni l’envie de mettre ma plume au service de quiconque, je me trouvai soudain liée à Louisa par une sorte de contrat moral en lui proposant de consigner au plus près de la réalité, les épisodes de sa vie qui s’imposèrent à elle ainsi que son aptitude à toujours aller de l’avant, à observer, à prendre le meilleur de ce qui se présentait à elle.
Durant tous ces mois d’écriture, au fil des mots, des phrases, des dialogues, je me suis sentie intimement habitée par l’héroïne que j’ai eue plaisir à mettre en scène, qui m’a bouleversée, émue aux larmes et qui a suscité mon admiration.
En Alsace, sur un fond de seconde guerre mondiale, de la naissance à l’adolescence, sa vie fut émaillée d’abandon, de souffrance, d’humiliation.
Sans instruction, sans le sou en poche, difficultés auxquelles s’ajoutait une absence de modèle et de clarté sur elle-même, sur ses origines ; après des mois passés comme domestique au service des autres, Louisa comprit que le courage qu’elle déployait ne serait non seulement jamais récompensé à sa juste valeur mais ne lui permettrait pas d’être reconnue parce qu’elle était femme au sein de la société telle qu’elle était encore structurée dans les années qui suivirent la seconde guerre mondiale.
Au-delà de l’énergie, de la personnalité que cette jeune alsacienne dégageait, elle incarnait une forme de modernité assortie d’une force intérieure qui lui permit de tracer sa route telle qu’elle l’avait rêvée c’est à dire en femme libre.
Pourtant être une femme libérée dans les années cinquante était un sacré défi à relever.
Pas encore émancipée, immergée dans le monde du travail, elle comprit très tôt que le chemin serait long et que seul un esprit créatif et indépendant, une personnalité séduisante, une ambition, des rencontres ou tout simplement le grain de sel qu’elle rajouterait, feraient la différence avec les autres.
Surement que l’abandon vécu à un moment important de son développement, le sentiment de solitude et de vide affectif associé plus tard au manque d’argent lui donnèrent l’élan nécessaire pour oser braver les carcans qui maintenaient les femmes dans des rôles secondaires.
Louisa tout juste âgée de seize ans fit réellement ses premières armes comme serveuse dans différents restaurants de la capitale.
Malgré les contraintes qui allaient de paire avec ce métier, d’emblée elle s’y sentit à l’aise, et emboitant le pas des professionnels, de gargotes en maisons plus prestigieuses, elle s’appropria les bons gestes, les bonnes manières qui firent de cette jeune fille, une personne reconnue pour son savoir faire.

De sa condition féminine elle n’en fit ni une faiblesse ni un handicap, elle ne nourrissait aucun complexe face à ses collègues du sexe opposé. En revanche être l’égal de l’homme fut son combat, une lutte individuelle de tous les instants, être reconnue comme femme actrice de sa propre vie fut sa ligne de conduite.
Elle n’eut de cesse de cultiver son indépendance financière et professionnelle.
Le parcours de Louisa jalonné de surprenantes rencontres mit en éveil l’envie de s’attarder davantage sur la nature humaine et la conforta dans l’idée qu’elle ne se cantonnerait pas dans un rôle de seconde classe comme serveuse de restaurants ou autre sous fifre.
Qu’ils aient été dans les affaires, la magistrature, les finances ou artistes, le dénominateur commun qui unissait ces gens qu’elle servait, était leur capacité à agir, la volonté d’être maître d’eux même, d’aller de l’avant, de s’exprimer librement en brisant parfois des interdits, des barrières ne seraient ce que celles du langage ou de la tenue vestimentaire.
Les rencontres les plus insolites qu’elle fit, furent à Saint Germain des Prés où elle croisa de drôles de dames connues sous le nom de Françoise Sagan et Coco Chanel qui lui prodiguèrent quelques leçons de liberté non seulement par des mots mais par des comportements. Jamais elle ne s’investit collectivement dans la marche pour la libération de la femme, il n’en n’est pas moins vrai qu’en côtoyant ces « femmes du monde » elle s’appropria les valeurs, les manières qui lui permirent de quitter un statut social auquel elle avait décidé de ne plus appartenir.
Autre rencontre déterminante dans son ascension sociale et professionnelle fut dans le quartier de la Bastille, celle des bougnats qui n’appartenaient à aucune de ces catégories mais qui étaient les pionniers de la profession et qui détenaient une forme de pouvoir, de savoir-faire qu’ils déclinèrent auprès de Louisa dont elle s’empara sans sourciller.
Pour résister au monde d’hommes dans lequel elle évoluait, elle apprit à s’imposer, à imposer sans vergogne ses valeurs morales, à faire admettre sa touche féminine, à revendiquer ses droits et à saisir les occasions qui auraient un impact positif dans sa vie.
À tout juste vingt et un ans en 1957, elle remporta sa première victoire professionnelle en s’installant comme tenancière de bar dans le quartier des Halles.
Émancipée par le mariage à dix-huit ans, mère d’un garçon à dix-neuf ans ; dans cet îlot de Paris où l’existence y était particulièrement rude, elle devint le pilier du « café du commerce ». Une de ses plus belles revanches sur le passé, c’est là qu’elle la connut. Ce fut la première, d’autres su

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