Un explorateur du centre de l Afrique : Paul Crampel (1864-1891)
264 pages
Français

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Un explorateur du centre de l'Afrique : Paul Crampel (1864-1891) , livre ebook

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Description

L'aventure de Paul Crampel en Afrique alors qu'il tentait de relier le Congo à la Méditerranée, aventure au cours de laquelle il trouva la mort à l'âge de 26 ans.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 1993
Nombre de lectures 271
EAN13 9782296278929
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

'UN EXPLORATEUR
DU CENTRE DE L'AFRIQUE
PAUL CRAMPEL
(1864-1891)CQIlection « Racines chLPrésent »,
dirigée par Alain Forest
BOUQUET Christian, Tchad, genèse d'un conflit.
LAKROUM Monique, Le travail inégal. Paysans et salariés sénégalais
face à la crise des années trente.
DESCOURS-GATIN Chantal, VILLIERS Hugues, Guide de
recherches sur le Vietnam. Bibliographies, archives et bibliothèques de
France.
LIAUZU Claude, Aux origines des tiers-mondistes. Colonisés et
anticolonialistes en France (1919-1939).
AYACHE Albert, Le mouvement syndical au Maroc (1919-1942).
PABANEL Jean-Pierre, Les coups d'Etat militaires en Afrique Noire.
LABORATOIRE « Connaissancedu Tiers-Monde- Paris VII»,
Entreprises et entrepreneurs en Afrique (XIXe-XXe s.), 2 vol.
INSEL Ahmet, La Turquie entre l'ordre et le développement.
WONDJI Christophe, La côte ouest-africaine. Du Sénégal à la Côte
d'Ivoire.
OLOUKPONA- YINNON Adjai Paulin, H... Notre place au soleil", ou
l'Afrique des pangermanistes (1878-1918).
BERNARD-DUQUENET Nicole, Le Sénégal et lefront populaire.
SENEKE-MODY Cissoko, Contribution à l'Histoire politique du
Khasso dans le Haut-Sénégal, des origines à 1854.
CAHSAI Berhane, E. CAHSAI-WILLIAMSON, Erythrée: un peuple
en marche (XIXe-XXe s.).
GOERG Odile, Commerce et colonisation en Guinée (1850-1913).
CHAGNOLLAUD Jean-Paul, Israël et les territoires occupés. La
confrontation silencieuse.
RAOUF WaIif, Nouveau regard sur le nationalisme arabe. Ba 'th et
Nassérisme.
Suite enfin d'ouvragePIERRE KALCK
UN EXPLORATEUR
DU CENTRE DE L'AFRIQUE
PAUL CRAMPEL
(1864-1891)
Editions L'HARMATTAN
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique
75005 ParisDu même auteur
Réalités Oubanguiennes. Préface de Barthélemy Boganda.
BergerLevrault, Paris, 1959, Prix Lucien de Reinach de l'Académie
des Sciences morales et politiques, 1961.
Histoire centrafricaine des origines à nos jours. Tome I des origines à
1900 (passé précolonial et rivalités coloniales). Tome II de
1900 à nos jours (colonisation et décolonisation) Thèse de
doctorat d'Etat ès Lettres. Paris, Sorbonne 1970.
Central African Republic, afailure in decolonisation. Pall Mall Press,
Londres, 1971.
Historical Dictionary of Central African Republic. Metuchen N.J.,
The Scarecrow Press (2e édition, 1992).
Histoire centrafricaine. des origines à 1966. L'Harmattan, Paris,
1992, Prix Georges Broel de l'Académie des Sciences
d'OutreMer, 1992.
Central African Republic. World Bibliographical Series, volume 152,
Oxford, Clio Press, 1993.
Centrafrique, Collection « A la rencontre de », L'Harmattan, Paris (à
paraître).
@L'HARMATTAN, 1993
ISBN: 2-7384-1977-1
4I
La vocation
A vingt et un ans, Paul Crampel, étudiant à la faculté des
lettres de Nancy, venait frapper à la porte de Pierre Savorgnan
de Brazza, fondateur du Congo français. A vingt-six ans, il
tombait sous les sagaies d'un sultan centrafricain.
Une aussi courte destinée allait avoir de grandes
conséquences sur le sort de la partie de l'Afrique noire, aujourd'hui
francophone, qui s'étend de Brazzaville à Alger. Personne ne
pouvait alors penser qu'un rêve d'adolescent, soutenu par un
ami journaliste, écouté un peu distraitement par le ministre
compétent, bientÔtcompromis par la logique même des
événements, finirait par devenir réalité.
Paul Crampel s'était engagé en Afrique avec toute la fougue
de sa jeunesse qui le jetait face aux obstacles. On retrouve dans
les années qui précédèrent son départ une série de motivations
qui expliquent ce saut dans l'inconnu. Il voulait dissiper les
nuages tristes de son enfance, rendre possible un grand amour
et réaliser le personnage d'explorateur pacifique incarné alors
par le seul Brazza. Avecune énergie et une rapidité de décision
peu communes, il devait en un rien de temps transformer un
rêve d'étudiant en un grand dessein.
fi est intéressant de relever que plusieurs grandes
explorations africaines de l'époque ont trouvé une origine dans une
5enfance empreinte de morosité. Crampel évoquait souvent,
dans ses lettres d'Afrique, des souvenirs familiaux.
Son père, Victor Crampel, strasbourgeois sombre et digne,
avait obtenu un baccalauréat qui ne lui avait pas donné la
situation sociale à laquelle il pouvait prétendre. Surnuméraire de
culture à l'administration des tabacs en 1858, il était devenu
vérificateur. En 1863, il avait épousé (avec l'autorisation de son
administration, comme il était de règle à l'époque) Elizabeth
Pierret. Le jeune Paul naissait à Nancy le 17 novembre 1864.
Victor Crampel sera victime des consignes données pour
ralentir la carrière de tous les fonctionnaires entrés dans
l'administration avant 1860 et dont les sentiments républicains étaient
d'emblée considérés comme douteux. Nous avons retrouvé
dans son dossier la note confidentielle qui enjoignait, quels que
fussent les mérites de Victor Crampel et sa manière de servir,
de ne le faire avancer qu'à l'ancienneté. Ses supérieurs ne
trouvaient d'autres griefs à son encontre qu'une trop grande
bienveillance vis-à-vis des agents qui étaient placés sous ses ordres.
Quant à sa mère, Elizabeth Crampel, elle se réfugiait dans
une piété excessive que le jeune garçon ressentait comme
frustratoire. Les Crampel devaient avoir un second enfant, Marie,
de constitution chétive.
Paul Crampel devait effectuer ses études secondaires au
collège (aujourd'hui lycée Paul Crampel) de la petite ville de
Belvès en Dordogne, dans laquelle avait été muté son père.
Brillant élève, mais supportant mal une discipline qu'il jugeait
d'un autre âge, le jeune garçon passait en 1880 à Périgueux son
baccalauréat avec dispense d'âge. Son père l'envoyait au lycée
Henri IV à Paris pour y préparer le concours d'entrée à l'Ecole
normale supérieure.
La déception de Victor Crampel fut grande de voir son fils
abandonner « khâgne» pour s'inscrire à Bordeaux en faculté
des lettres, puis manifester bientôt le désir d'abandonner la
licence de philosophie pour le théâtre. Paul Crampel était à la
recherche d'un rôle, d'un grand rôle qui le sauverait de
l'étouffement que représentait pour lui le cercle familial. Ce jeu le
mènera rapidement jusqu'au centre de l'Afrique.
Cette réaction n'était cependant pas une fuite. La
correspondance de l'explorateur montre que Crampel, à aucun moment,
6ne s'estimait en rupture avec sa famille. « Nous sommes d'une
race où les attaches sont solides », écrira-t-il à plusieurs reprises
à une famille qu'il devait rêver d'associer à son succès. Ses
lettres des bords de l'Ogoué ou de l'Oubangui sont des analyses
du cercle familial. Elles remémorent les patenÔtres abusives de
la mère de famille, les difficultés de la jeune sœur, les brimades
imposées au père par une administration « consommatrice de
vie» et remplie de « phylloxeras et autres sous-inspecteurs ».
Peut-être Crampel se serait-il contenté du dérivatif que
constituait une carrière d'acteur pour échapper à la morosité
familiale. Le coup de foudre qu'il éprouva en 1883 à Bordeaux
pour une jeune cousine le conduisit à abandonner le rôle pour
l'exploit. Un de ses condisciples de faculté, fils du colonel
Lamey, ancien officier d'ordonnance de l'empereur Napoléon
III, et ancien aide de camp du prince impérial, avait reconnu le
jeune nancéien comme un parent et il l'avait présenté aux siens.
Pallie Lamey, atteinte alors d'une sorte de maladie de langueur,
s'éprit du jeune étudiant. Ce fut pour elle une sorte de
résurrection. « Si nous ne nous étions rencontrés, il est vrai, je serais
sous terre et lui au théâtre », écrira-t-elle plus tard. Chez lui,
cette rencontre fera naître le désir de l'exploit. Paule Lamey,
devenue en 1889 Paule Crampel après le retour du Gabon et
avant le départ pour l'Oubangui, pouvait légitimement
considérer la grande entreprise de son mari comme son enfant. Elle
survivra à l'explorateur soixante-douze longues années,
en

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