Histoire de Poitiers
228 pages
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Histoire de Poitiers , livre ebook

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Gaston Dez fut, en son temps, le président d’une des plus prestigieuses sociétés savantes de Fran-ce : la Société des Antiquaires de l’Ouest, fondée en 1834. Son Histoire de Poitiers, « des origines jusqu’à nos jours », parue initialement en 1969, est une parfaite quintessence historique. D’une part, le texte, facile d’accès, permet à tout un chacun d’appréhender et de comprendre l’histoire véritable de la ville ; d’autre part, les notes conséquen-tes donneront les sources, les détails, les précisions anecdotiques à ceux que passionne une plongée plus en profondeur dans l’histoire de la cité poitevine.


Gaston Dez, professeur agrégé d’histoire au lycée de Poitiers, inspecteur général de l’Instruction publique, fut également l’auteur d’un Visages du Poitou. A noter que L’Histoire de Poitiers forme le tome X (4e série) des Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest (paru en 1966).

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Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782824050607
Langue Français
Poids de l'ouvrage 54 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0097€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

GASTON DEZHISTOIRE
DE
HISTOIRE
gaston
DEZPOITIERS DE
aston Dez fut, en son Gtemps, le président
d’une des plus prestigieuses
sociétés savantes de Fran- POITIERS
ce : la Société des Antiquaires
de l’Ouest, fondée en 1834.
Son Histoire de Poitiers,
« des origines jusqu’à nos
jours », parue initialement
en 1969, est une parfaite
quintessence historique.
D’une part, le texte, facile
d’accès, permet à tout un
chacun d’appréhender et
de comprendre l’histoire
véritable de la ville ; d’autre
part, les notes conséquentes
donneront les sources,
les détails, les précisions
anecdotiques à ceux que
passionne une plongée plus
en profondeur dans l’histoire
de la cité poitevine.
aston Dez, professeur Gagrégé d’histoire au lycée
prix prètz •de Poitiers, inspecteur général
21,95 €
de l’Instruction publique, ARR396-BISBN
fut également l’auteur d’un 978-2-8240-0136-4
Visages du Poitou. A noter que
L’Histoire de Poitiers forme le
e 9HSMIME*aabdge+tome X (4 série) des MéMoires
de la Société des Antiquaires de
l’Ouest (paru en 1966).
HISTOIRE DE POITIERSTous droits de traduction de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Eric Chaplain
Pour la présente édition :
© EDR/EDITIONS DES RÉGIONALISMES ™ — 2012/2013
EDR sarl : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 CRESSÉ
ISBN 978.2.8240.0136.4
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous
laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses
diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d’améliorer les
textes publiés lors de prochaines rééditions.
2GASTON DEZ
histoire
de
POITIERS

34Préface
à la réédition de 2012
aston Dez est, pour les plus anciens d’entre nous, une autorité : ne
fut-il pas l’un des auteurs du Malet-Isaac de sixième qui fit les délices Gde générations de lycéens (on ne disait pas alors collégiens) ?
C’était aussi un érudit et la Société des Antiquaires de l’Ouest fut très
honorée de pouvoir, en 1969, publier son Histoire de Poitiers. L’ouvrage a pris
quelques rides, mais il fait date et l’on y trouve toujours quantité d’informations
qui ne figurent plus chez ses successeurs et une qualité d’écriture incomparable.
Souhaitons bon vent à cette nouvelle édition qui fera la joie des amoureux
de Poitiers et de son histoire.
Jean Hiernard
Président de la Société
des Antiquaires de l’Ouest
Couverture
de la première
édition de 1969.
Vue générale de
Poitiers en 1599 :
« Pictavis, sive
Pictavia, vernaculo
idiomate Poitiers »
(Bibl iothè que
municipale, Estampes,
Poitiers, F/3) ; Voir
ici, à l’Appendice,
le n° 12. — La vue,
prise de la vallée du
Clain, est détaillée.
Elle s’étend des
« Arceaux de Parigné »
ou « de l’Ermitage »
(aqueduc romain ), à
gauche, à l’ «
HôtelDieu des pestiférés »
(ou « Hôpital des
Champs ») à droite.
5
6AVANT-PROPOS
l va s’agir ici d’une Ville chargée d’histoire. Et, concernant cette histoire,
d’un très modeste abrégé.I Histoire de Poitiers, non du Poitou. Le Poitou est une province très
vaste, qui va du Limousin à l’Atlantique. Et Poitiers, qui en a pris le nom, ou
plutôt qui a pris le nom de la peuplade gauloise qui l’habitait (car ce n’est pas
le contraire qui est vrai), n’a jamais exercé qu’un rayonnement inégal sur les
diverses parties de cette étendue. Histoire du Poitou et histoire de Poitiers
ne sont pas synonymes, du moins généralement. On a même été, ci-après,
relativement bref sur les célèbres batailles de 507, de 732 (ou 733) et de 1356,
qui se sont livrées dans les environs de la Ville, non dans ses murs. Les ignorer
eût été, bien entendu, une singulière exagération. Traditionnellement, elles sont
les « batailles de Poitiers ». Elles ont, c’est bien certain, fait battre le cœur de
ses habitants. De nombreux morts de la dernière d’entre elles reposent dans
le sol de la Ville.
La présente étude a paru, sous une forme sensiblement moins développée et
sans notes justificatives, grâce à l’intérêt qu’a bien voulu lui porter l’Autorité
Municipale de la Ville de Poitiers. Nous avons laissé inchangés les quelques mots
qu’on vient de lire. D’autre part, bien qu’ayant enrichi la matière présentée,
nous avons cru pouvoir maintenir le découpage de l’histoire de Poitiers en de
très larges « époques » — pas toujours celles qu’on retiendrait pour l’histoire
générale de la France. Nous avons même fondu, ici, en un seul ensemble dont
elles ne sont que des divisions, les « époques » mérovingienne et carolingienne.
Nous encourrons évidemment le reproche d’avoir, dans l’intérieur de telle ou
telle de ces époques (peut-être de chacune), négligé une évidente évolution. Il
nous a semblé cependant que c’était le seul moyen d’opérer des groupements
de faits suffisamment étoffés, et d’éviter le simple répertoire chronologique.
Comment, au terme de cet avant-propos, ne pas dire la dette de gratitude
contractée par l’auteur envers le bureau de la Société des Antiquaires de
l’Ouest, qui, sous les présidences successives de MM. Garaud et Villard, a
voulu que le présent travail fût publié, et prît place dans la série des volumes
de Mémoires de la Société ? Notre reconnaissance s’accroît encore d’avoir vu
admettre que l’histoire de Poitiers fût présentée « des origines jusqu’à nos
jours », par un privilège qui déroge à la règle généralement posée par la Société.
Et comment ne pas remercier aussi le Service des Bâtiments de France —
MM. Verney, directeur ; Doreau ; et l’excellent dessinateur, M. Sémionoff — qui
se sont mis si bénévolement au service de notre Société pour l’exécution des
plans joints à cet ouvrage ?
Un mot encore, cependant : l’ouvrage souffre, à l’évidence, de nombreuses
imperfections : d’une disproportion certaine (que les inégalités de la
documentation excusent peut-être) au détriment des premières et dernières périodes ;
d’une brièveté, d’une insuffisance du détail, qui décevra de légitimes curiosités :
7nous l’avons voulu de lecture courante, en accord avec des intentions que nous
avouons didactiques : et les notes, parfois peut-être surchargées, essayent de
pallier ce défaut ; — enfin, sans doute (nous avons eu peur d’un certain
romantisme), d’une timidité dans la synthèse qui dérobe au lecteur l’ « âme » de la
cité : de cette âme, transparaîtra-t-il néanmoins quelque chose ? À tout prendre,
un tel livre ne saurait, à coup sûr, représenter un point d’arrivée. Un point de
départ acceptable ? S’il en était ainsi, nous estimerions avoir atteint notre but.
8ÉLÉMENTS DE BIBLIOGRAPHIE
Au niveau de généralité où se situe ce travail, il ne sera cité que de l’imprimé
— comme d’ailleurs dans les notes du bas des pages, sauf rares exceptions.
L’histoire du Poitou est présentée dans un petit nombre d’ouvrages, où Poitiers
n’a que la part qui lui revient, et que nous utiliserons assez peu :
1) A.H. Thibaudeau, Histoire du Poitou, 1782, 7 vol. - Nouvelle édition
continuée jusqu’en 1789 par M. de Saint-Hermine, Niort, 3 vol., 1839-1840. Quelques
e epièces justificatives, notamment pour les XVI - XVII siècles ;
2) Chanoine Auber, Histoire...du Poitou, 9 vol., 1885-1893 (le t. IX commence...
eà la fin du XIII siècle !) ;
e3) P. Boissonnade, Histoire du Poitou, 8 édit., 1941 ;
4) R. Crozet, Histoire du Poitou, collection « Que sais-je ? », 1949 ;
Encore plus résumé, l’abrégé donné par G. Dez dans J. Chagnolleau, G. Dez,
eR. Crozet, J. Lavaud, Visages du Poitou, 2 édit., 1965 (P 58-93).
L’histoire des « Villes entre Loire et Gironde » a été écrite par R. Crozet,
Publications de l’Université de Poitiers, série Sciences de l’homme, n° II, 1949,
133 p.
Ces divers ouvrages ne comportent pas d’appareil critique.
L’histoire de Poitiers a été écrite par B. Ledain, étude publiée à part, en 1889,
sous le titre : « Histoire sommaire de la Ville de Poitiers » ? et incorporée en
outre au tome I (1890) des « Paysages et monuments du Poitou » de J.
Robuchon. (Ce tome I est consacré à Poitiers : histoire, monuments — données
historiques — sites). B. Ledain s’est inspiré de points de vue essentiellement
politiques et administratifs, et suit pas à pas la chronologie.
Citons encore ce résumé : Poitiers, history and guide, by Peter Crool (Miss
George Erwin Williams), 1920, non traduit ; et Jehan Pictave (abbé Bleau) :
Poitiers, ses monuments, son histoire, 1909.
Indications à glaner dans Brothier de Rollière, Nouveau guide du voyageur
à Poitiers, 1907. Étude rue par rue (de la seule ville du promontoire). Mais
souvent approximatif, voire contradictoire.
Tableau d’ensemble de l’évolution de la ville : R. Crozet, Poitiers (La Vie Urbaine,
nov.-déc. 1938, p. 325-362). V. aussi : Poitiers, dans : Annales du Centre régional
de documentation pédagogique de P Études géographiques, 1963 (ouvr.
collectif, ronéotypé).
Trop tard parue (1967) pour être utilisée ici, la « Bibliographie d’histoire
des villes de France » de Ph. Dollinger et Ph. Wolff (art. Poitiers : p. 421-426)
ajoutera, quoique bien brève, quelques références à celles que nous donnons
dans le présent ouvrage.
Nous citerons souvent les ouvrages suivants, sous les abréviations ci-après :
B. Ledain, Histoire sommaire de la Ville de Poitiers, 1889 : B. Ledain, H.P.
eP. Boissonnade, Essai sur l’organisation du travail en Poitou du XI siècle jusqu’à
la Révolution, 2 vol. — Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest,
92° série, t. XXI-XXII, 1898-1899 — (Utile par la masse des renseignements,
parfois médiocrement raccordés entre eux ; les travaux de Boissonnade sur
ela vie économique du XVII siècle sont quelque chose de mieux (malgré L.
Goubert, Louis XIV et vingt millions de Français, 1966, p. 86) que de « pénibles
enfantillages ») : P. Boissonnade, O.T.P.
P. Boissonnade (et divers), Histoire de l’Université de Poitiers (1432-1932),
1932 (écrit avec quelque précipitation, mais très utile) : P . Boissonnade. H.U.P .
Surtout, nous citerons les incomparables sources de renseignements que
constituent les :
Bulletins de la Société des Antiquaires de l’Ouest : B.S.A.O., année ....,
page ....
Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest : M.S.A.O., t. .., série
...., année ...., p. ....
(Le présent travail se réfère à ces Bulletins et Mémoires de façon
fondamentale).
L’inventaire des Archives de la Ville de Poitiers, établi en 1842 par L. Rédet,
epublié en 1882 par A. Richard et A. Barbier, fait l’objet de : M.S.A.O., 2 série,
t. V , 1882.
Très utiles aussi les Archives historiques du Poitou (recueil de textes) : A.H.P.,
tome .., ann. .., p. ..
On tire grand parti :
e- pour la période comprise entre le VI siècle et 1562, de : R. Crozet, Textes
et documents relatifs à l’Histoire des Arts en Poitou (paru dans A.H.P., t. LIII,
1942) : R. Crozet, Documents ...., p. ..
- pour la période 1200-1608, envisagée d’un point de vue politique et
administratif, de : B. Ledain, Les Maires de Poitiers (M.S.A.O., 2’ série, t. XX, 1897) :
B. Ledain, Maires ...., p. ..
On est quelquefois amené à se reporter à la collection manuscrite de
Mémoires, etc..., recueillis par dom Fonteneau (déjà très exploitée par les
historiens du Poitou). Elle comprend 59 vol. (Bibliothèque municipale). Table
chronologique des vol. 1 à 27 (les plus intéressants) publiée par L. Rédet dans :
M.S.A.O., t. IV, 1839. Inventaire sommaire de la suite : M.S.A.O., t. XXXII, 1867,
p. 172-511 — Nous indiquerons seulement : Dom Fonteneau, t..., .. p. ..
Enfin, pour les deux derniers siècles de l’Ancien Régime, la période
révoelutionnaire (surtout) et, quelquefois, ce qui suit jusqu’au milieu du XIX , on
peut glaner, à la Bibliothèque municipale, dans le Recueil de documents intitulé
Recueil poitevin — ou « Mélanges » — ou « Nouveaux Mélanges » (poitevins),
et coté RP in-8°, 1... 114, RP in-12, 1... 28, RP in-4°, 1... — Nous le désignerons
par : RP, t..., pièce (ou section) n°..., p... — Ce recueil est extrêmement
désordonné et touche à tout.
La présente étude ayant trait à l’histoire, non à l’archéologie, se borne, en
ce qui concerne les principaux monuments de Poitiers, à signaler, quand c’est
possible, leur apparition... et, éventuellement, leur disparition. Le lecteur sait
que, pour leur description, il doit se reporter à trois volumes des « Congrès
10Archéologiques » parus en 1903 (Congrès de Poitiers), 1912 (Angoulême,
t. I), 1951 (Poitiers) ; et, plus rapidement, mais pour des mises au point très
sûres, au magnifique ouvrage de F. Eygun, Art des Pays d’Ouest, 1965 (avec un
excellent index). — Naturellement (dans un domaine particulier) : R. Crozet,
l’Art Roman en Poitou, 1948. Secondairement, ne pas négliger : B. Ledain, Musée
de la S.A.O., Catalogue de la galerie lapidaire, 1884. Enfin, il faut signaler les
deux petits albums de photographies commentées, signés par E. de Varona,
1967, et R. Crozet, 1967, et intitulés : « Poitiers ».
1112ER CHAPITRE I :
Préhistoire
et Période Gallo-Romaine
« Poitiers, Ville de tous les âges ». C’est en tous cas, fort loin dans le passé
que remonte, sur le site de Poitiers, la présence de l’homme, puisque quelques
outils « moustériens » et néolithiques ont été récoltés sur le « plateau », et,
récemment, sous le Baptistère, quelques silex, une hache, et que le dolmen
de la Pierre-Levée, tombe de chef, est approximativement contemporain des
derniers, donc remonte bien à 3.000 ans avant notre ère : de même, le menhir
dont la base a été retrouvée dans le jardin de l’« hypogée ». Mais nous ne
savons rien de l’agglomération, de l’« oppidum » celtique, qui se forma ici, au
cœur du pays des « Pictons » ou « Pictaves » (les deux formes coexistent
dans nos documents, tous d’époque gallo-romaine, la première plus rare que la
seconde), en un lieu naturellement (et peut-être artificiellement ?) fortifié ; rien,
jusqu’aux jours de la conquête romaine, où un parti ami des Romains, dirigé
par un certain Duratius, livra la Ville aux lieutenants de César, en 51 avant J.-C.
Il y avait bien des résistants, car les Pictaves (toute la peuplade) envoyèrent
8.000 hommes au secours de Vercingétorix, à Alésia. Un chef « andécave »
(angevin), Dumnacus, essaya de libérer Poitiers des Romains : les lieutenants de
César l’arrêtèrent, l’écrasèrent. On a retrouvé à Poitiers et dans la région des
monnaies portant la légende Durat et, au revers, Julios, signe de la dépendance
(1)du Pictave envers le vainqueur .
(2)Le Poitiers gallo-romain , chef-lieu de la « Cité » (civitas) qui prenait la
1. Poitiers avant l’histoire, puis gallo-romain : B. LEDAIN, H.P ., pp. 1-14. — Tableau de Poitiers
à l’époque celtique, dans E. GINOT, Introduction à la topographie historique de la ville de
Poitiers, 1921 (extr. de B.S.A.O.), pp. 4-6. Ce tableau se réfère, par force, à ce qu’on peut savoir
des oppida de ce temps en général : à peine des « agglomérations », avec leurs cabanes dispersées ;
habitations, refuges pour temps de guerre, ateliers ; leurs terrains cultivés, leur, chemins non
empierrés. — Sur la Pierre-Levée, petite brochure de F. EYGUN, signalant aussi le menhir.
Celuici est en grès gris, apporté de loin ; la Pierre Levée, en calcaire local ; elle a été brisée, et s’est
eeffondrée par un bout, au milieu du XVIII siècle. Voir encore à son sujet, ci-dessous, la note 163.
Les appellations :
a) Pour la « cité »., Pictones ou Pictavi : GOESSLER, dans Pauly-Wissowa, Real-Encyclopädie,
t. XXI,  1941,  col.  1203  sqq.  Étymologie  et  sens  diffciles  à  établir :  JULLIAN  (d’après  L UC AIN , 
Pharsale, I, v. 398) dit : « Ceux qui peignent leurs armes » ; le celtisant ERNOUT (1884) et,
d’après lui, L. FAYOLLE, B.S.A.O., 1930, pp. 752-753, disent : « Les hommes réservés, attentifs » ;
b) Pour la ville :
2— d’abord Limonum (CRAMER, Pauly-Wissowa, t. XII , 1925). — Table de Peutinger ;
Lemunum ; Ptolémée II, 16 : Limonon). Étymologie celtique : la ville de l’ormeau (même radical
dans Lemovices, Limoges) ;
— ensuite Pictavi, et plus généralement (ablatif employé de manière indéclinable) Pictavis.
Sur les formes successivement dérivées de ce mot, jusqu’à (1266) Peyters et (1394) Poictiers,
cf. L. RÉDET, Dictionnaire topographique du département de la Vienne, 1881, au mot Poitiers.
e eL’érudition des XVI -XVIII siècles inventera l’appellation : Augustoritum Pictonum (plus.
exemples dans le catalogue de la Bibliothèque de la ville, par A.-F. LIEVRE) ; cf. B.S.A.O., 1927,
pp. 744.745, 748-762.
Le nom du Clain (cf. L. RÉDET, ouv. cité, au mot) serait peut-être à rapprocher de celui du
dieu gaulois Grannus (g = c ; r = 1), comme d’ailleurs le nom de la ville de Glanon, aujourd’hui
13suite de la peuplade des temps indépendants, ne reçut pas, à la différence de
tant d’autres villes comme Limoges, Tours ou Angers, un nom spécifiquement
romain. Il s’appela, de son ancien nom (tout juste, sans doute, romanisé),
eLimonum, et, à partir du III siècle après J.-C., comme la peuplade même, Pictavi
(3)ou, mieux, Pictavis. Ville, non pas « libre », ni même « immunis » (détaxée) ,
à la différence des voisins du Sud, les Santons ; mais c’étaient là des privilèges
théoriques, et assez vite disparus dans les mots eux-mêmes. Et c’est peut-être
cependant Poitiers, et non Bordeaux, qui fut la capitale de la grande province
d’Aquitaine étendue de la Loire aux Pyrénées : Poitiers possède l’inscription
funéraire de Claudia Varenilla, épouse du « légat » ou gouverneur M.
Censorius Paulus. Mais cette preuve unique est insuffisante, car le légat pouvait être
simplement en tournée à Poitiers quand sa femme y est morte ; ou encore
e eoriginaire de la Ville ? Aux IV et V siècles, c’est de deux Aquitaines qu’il s’agit, et
elles sont commandées par Bourges et Bordeaux, Poitiers, au civil, dépendant
successivement de l’une et de l’autre métropoles.
Malgré cela, malgré son nom indigène, Poitiers a partagé avec Saintes l’honneur
(contesté par certains : nous n’en discuterons pas ici) de guider le «
CentreOuest » dans la voie de la romanisation. Sa propre métamorphose dans ce sens
s’atteste par les institutions : administratives (présence d’un duumvir, magistrat
municipal ; d’un percepteur de l’impôt du vingtième, vicesima hereditatium).
religieuses (un flamine perpétuel, flamen perpetuus in urbe ; un haruspice : nous
Saint-Rémy (Vaucluse) : ceci, d’après DAVRILLÉ, Revue des Études anciennes, 1927, p. 56, n. 3.
F. FALC’HUN, Les noms de lieux celtiques, 1966, rattache ce nom au celtique clun (= prairie) :
cf. C.R. dans Norois, n° 52, oct.-déc. 1966, p. 612.
La Boivre (Bibera, Biberis : cf. L. RÉDET, ouv. cité) est certainement la « rivière des castors ».
(Le Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, de DAUZAT et ROSTAING, 1963,
confrme la fliation Lemo-Limonum et se tait sur les autres étymologies.)
Voici encore quelques étymologies intéressant divers points du territoire de Poitiers :
Montbernage dériverait de Maubrenage, et ce « mauvais Brenage » aurait été un « ruisseau
eboueux », disparu après le XVII siècle (encore signalé dans A.H.P., t. LIV, 1947, n° 65).
Dans les appellations : Cueille-Aiguë, Cueille-Mirebalaise (et autrefois Cueille-Blanche,
s’appliquant a Montbernage), le mot Cueille dérive (par le bas-latin « Collia ») du latin Collis,
colline ;
Le nom du faubourg de Bellejouanne est une corruption de Belle-Jeanne.
2.  La  conquête  romaine :  C .  JULLIAN , Histoire de la Gaule, t. III, 1909, pp. 304, 422, 424, 518
(d’après  J .  CÉSAR, Commentaires..., VII, 46 ; VII, 75 ; VIII, 26-27). — Médailles de Duratius :
B.S.A.O., 1834-1837, pp. 212, 251, 469 (fg.).
Tableaux d’ensemble du Poitiers gallo-romain :
a) En dernier lieu, R. THOUVENOT, Poitiers à l’époque gallo-romaine, B.S.A.O., 1965, pp. 7-22 ;
b) Du point de vue de la topographie historique, E. GINOT, ouv. cité, n. 1, pp. 6-13.
Pour les inscriptions : B. LEDAIN : 1° Musée de la S.A.O., Catalogue de la galerie lapidaire, 1884 ;
e ie2° Épigraphie romaine du Poitou, M.S.A.O., 2 S , t. IX, 1886 (donne notamment l’épitaphe de
Claudia Varenilla, pp. 156-159), revu et complété par E. ESPÉRANDIEU, Épigraphie romaine
osdu Poitou et de la Saintonge, 2 vol., 1888-1889. Textes dans le t. I (Poitiers : n 35, 36, 48, 49,
53, 55, 56, 59, 60, 61, 62, 77, 79, 80, 81, 83, 84, 85, 86, 88. 89. 90, 91, 92, 95, 96. 97, 98, 154, 162,
163,  165,  167,  168,  172).  P armi  les  planches  du  t.  II :  pl.  XX  (inscription  du  famine),  pl.  XXVIII 
(inscription en l’honneur de Pavius Lentulus Censorinus). Sur la tombe de l’haruspice, étude
de l’abbé COUSSEAU, M.S.A.O., t. VIII, 1841, pp. 121-135
B. LEDAIN, ouv. cité, p. 147, signale une inscription en celtique sur lame d’argent trouvée en
1858, au coin des rues Saint-Denis et Riffault (une incantation).
3. M. GARAUD, Une révision des rôles de l’impôt personnel... en Poitou à l’époque mérovingienne
(589), B.S.A.O., 1941, p. 576. — LUCAIN, Pharsale, I, v. 436, dit : « Pictones immunes », mais
e ecela paraît être une scolie des XIII - XIV siècles.
14trouvons le nom de C. Fabius Sabinus, originaire de Teanum en Campanie,
chevalier romain) ; on voit même un citoyen de Poitiers, Lentulus Censorinus,
qui avait passé par toutes les charges municipales, chargé de contrôler la
caisse de l’Association des trois provinces de Gaule, à Lyon, et, en
récompense de ses services, recevoir dans cette ville, par décision de l’Assemblée
représentative desdites provinces, l’honneur d’une statue. Les Dieux romains
ont été intronisés à Poitiers : témoin la découverte de statues de Minerve, de
Mercure, et de monuments prouvant les cultes rendus à Hercule, à Apollon
— et à l’Empereur-dieu. Il est vrai qu’une certaine prédominance de Mercure
atteste — cas très général en Gaule — la parenté établie dans l’esprit des
Gallo-Romains entre lui et le vieux dieu national Teutatès. Il est vrai aussi que
ce Mercure est, dans une inscription, qualifié « Adsmerius », et Apollon, dans
(4)une autre, « Matuicius » ; si ce dernier vocable n’a pas encore été rencontré
ailleurs, ce genre de qualificatifs, rattachant la religion romaine à la celtique,
est absolument courant. Et, tout autant, la présence des « Déesses-Mères »
dont on a découvert en assez grand nombre les petites statues (symboles de
fécondité ; à Poitiers, elles ne tiennent pas d’enfants sur leurs genoux). Epona,
divinité spécifiquement gauloise ? Sans doute, mais présente un peu partout
dans la Gaule romanisée —. Poitiers eut-il, pour compléter la romanisation sur
le plan religieux, son « Capitole » dédié à la triade : Jupiter (Optimus Maximus),
Junon, Minerve ? Le nom de « Chadeuil » donné par le Moyen Âge au
quartier environnant le Palais de Justice doit dériver de « Capitolium» ; mais pris
dans son sens originel et précis ? Ou dans le sens, dérivé, de « grand édifice »,
comme cela arrive aussi, sans allusion à un vrai Capitole ? Les fouilles n’ont pas
(5)fait découvrir sous le Palais de vestiges d’un temple antique . Enfin, la religion
impériale s’est bien implantée ici (comme on le constate, explicitement, dans
onze autres cités de la Gaule romaine), puisque nous y rencontrons son «
flamine ». — Attestent encore, en tous cas, l’adoption de la civilisation romaine
les monnaies, les poteries (cette poterie rouge « sigillée » fabriquée en Gaule
— pas à Poitiers — mais inspirée originellement de l’Italie), et surtout les
constructions dont on a retrouvé les vestiges : les maisons, qui ont cessé d’être
des huttes de bois calfatées de terre pour devenir, par une révolution totale,
des constructions maçonnées et comportant des éléments de plan ; et d’autre
part, les monuments : des temples, des Arènes (qu’on appellera très longtemps,
4. Adsmerius : sur un vase votif trouvé dans un puits qui dépendait d’un sanctuaire proche de la
route de Nantes ; Matuicius : base d’une statue découverte dans le jardin de l’Union chrétienne,
derrière la cathédrale, en 1964 (incompréhensible, pour nous, le génie ailé qui est représenté le socle, debout sur un serpent muni de nageoires). — Temples de Mercure : a) près
de la route de Nantes, sur la gauche (en montant) du raccourci dits de Sainte-Loubette ; b) aux
Trois-Piliers (B.S.A.O., 1911, p. 251) ; c) à l’entrée de la route de Nouaillé (ibid., p. 246). Sur
e ieces temples, étude du P. Camille DE LA CROIX, M.S.A.O., 2 S t. X, 1887, pp. 487-546. — Les
statues  des  déesse s  mères  trouvées,  comme  le  rappelle  THOUVENOT ,  entre  nos  rues 
Jacquesde-Grailly et de l’Ancienne-Comédie ; une, aussi, rue E. Grimaux ; en plus, peut-être, une au
voisinage immédiat de la Minerve (B.S.A.O., 1914, p. 169). — Epona ? Statuette trouvée dans
le puits du temple de Mercure Adsmerius.
5. L. FAYOLLE, Le Chadeuil ou le Capitole de Poitiers, B.S.A.O., 1929, pp. 538-539. — Fouilles
du Palais : F. EYGUN, Rapport..., B.S.A.O., 1943, pp. 321-331.
15au Moyen Âge et à l’époque moderne, « Palais Gallien »), des aqueducs, des
thermes (le principal établissement de ce genre — trois hectares — situé dans
l’actuel quartier Saint-Germain, derrière l’église, avec piscines de marbre blanc,
mosaïques même sur les murs, et incrustations de coquillages marins : on y a
trouvé une monnaie de Claude dans un bloc de béton) proche des Arènes, un
arc monumental (un « arc de triomphe », selon l’expression consacrée) dont
le musée de l’Échevinage possède des morceaux, décorés de bas-reliefs assez
mous : génies ailés, emblèmes nautiques. Non moins romains que ceux-ci, les
morceaux de sculptures tels que les fragments de bas-reliefs qu’on a retrouvés
insérés dans la maçonnerie des remparts, la belle base de la statue dédiée à
Apollon Matuicius et à la « Tutelle » des Augustes (ce pluriel prouvant qu’elle
est contemporaine de Marc-Aurèle et Lucius Verus : 161-169 ap. J.-C.) ; enfin et
ersurtout l’admirable Minerve en marbre ivoirin, datant sans doute de la fin du I
siècle ap. J.-C., mais volontairement apparentée par son style à l’archaïsme grec,
(6)qu’on a exhumée en janvier 1902 au bas de la rue du Moulin à Vent : statue
de temple ? de bibliothèque ? A-t-elle été enfouie chrétiennement, pour faire
disparaître une idole ? ou (c’est plus probable, car on semble avoir opéré avec
quelque précaution) païennement, pour la sauver ? Elle est devenue le symbole
de Poitiers ville savante. — Et il faut bien enfin que la floraison artistique ait
été liée à une certaine richesse pour qu’on ait employé dans les édifices, non
seulement des marbres pyrénéens, mais du porphyre vert apporté d’Égypte
(7)et des bords de la Méditerranée .
Donc, une ville romaine. Et, toutes proportions gardées, une ville importante.
Témoin la vaste étendue — à peu près toute la surface du promontoire, et
quelques prolongements — où se rencontrent les vestiges. Témoin le nombre
des balnéaires — au moins trois, — le nombre et l’importance des aqueducs
desservant non seulement ceux-ci, mais les maisons privées : il y en avait trois,
convergeant de Fleury (à 25 km. Ouest), de Basse-Fontaine et du Cimeau (13
km. environ au Sud) vers deux points voisins l’un de l’autre à l’entrée Sud-Ouest
de la ville : un peu avant d’y atteindre, l’aqueduc du Cimeau présentait une
sec(8)tion à ciel ouvert qui s’offre encore à nos yeux par les « Arcs de Parigny » .
eLes Arènes, datant du II siècle, pouvaient contenir 30.000 spectateurs : 156
mètres de grand axe, 130 de petit, dimensions très rares. Considérons encore
6. En dernier lieu : F. EYGUN, Art des pays d’Ouest, 1965, p. 28, qui défend très justement cette
très belle œuvre (p. 28) contre ses détracteurs, malgré son style un peu maniéré. — Charles
PICARD a donné, sur la Minerve, une conférence (1952) que résume le Bulletin des Amis des
Musées de Poitiers dans le n° 6, fév.-avr. 1952, pp. 2-7.
7. Exemples de ces beaux matériaux : ceux qui ont été remployés plus tard (à l’époque
m é r ov i n g i e n n e )   da n s   l e s   col on n e s   e t   col on n e tte s   du   b a p ti s tè r e   S a i n t-J e a n  :   F .   E Y G UN ,   Le 
baptistère Saint-Jean, Gallia, t. XXII, 1964, fasc. I, pp. 163-165.
e8. Aqueducs : A. GRENIER, Manuel d’archéologie gallo-romaine, 4 partie, 1960, pp. 164-171
(plan hors de Poitiers). Une carte un peu plus détaillée avait été donnée par l’ingénieur des Ponts
et Chaussées DUFFAUD à la suite d’une étude parue dans M.S.A.O., t. XXI, pp. 55-84. Cf. Bibl.
munic., Estampes, Poitiers, F/4 (plan détaillé, 1846). — Éléments des trajets en ville : MANGON
DE LA LANDE, M.S.A.O., 1836, pp. 350 sqq. ; R.P. DE LA CROIX, B.S.A.O., 1884, p. 377. V.
aussi : B.S.A.O., 1925, pp. 73, 77 ; 1926, p. 255 ; 1927, pp. 534, 535 ; 1931, pp. 80, 81 ; 1934, pp.
e352, 356 ; 1935, p. 464 (les aqueducs ne dateraient que du III siècle ? Cf. B.S.A.O., 1926, p. 534 ;
eil est possible que celui de Fleury ait été le plus ancien, et qu’au III siècle l’augmentation de la
16le nombre, parfois l’étendue, des cimetières : au moins cinq (accompagnant,
comme toujours, les routes à leur départ), et l’on a découvert dans celui des
« Dunes » environ 400 tombes, allant du temps d’Auguste jusqu’au milieu du
eIV siècle (on enterrait plus qu’on n’incinérait, sans doute par raison
d’écono(9)mie) . Considérons enfin le large étoilement de routes qui rayonnaient vers
l’estuaire de la Loire, vers Tours et Paris — par la rive droite du Clain, — vers
(10)Bourges, Limoges et Saintes .
Trois bons siècles de paix romaine... et puis, en 276 ap. J.-C., la terrible invasion
germanique : une nuée de pillards... — Poitiers compta certainement parmi
(11)les soixante-dix « civitates nobilissimae » qui furent atteintes et dévastées .
Peut-être n’y eut-il pas simplement passage des hordes dévastatrices : elles
ont pu s’attarder sur place, empêchées qu’elles étaient par les manœuvres
mêmes de l’Empereur Probus de regagner rapidement la Germanie, et
s’acharner quelque temps dans leur besogne de destruction. Poitiers fut entièrement
brûlé, « rasé par le cataclysme ». Les fouilles, là où elles ont eu lieu, ont retrouvé
population ait entraîné la construction des deux autres). — Thermes du quartier Saint-Germain :
264 m. du N. au S., plus de 100 de l’E. à l’O. : R.P. DE LA CROIX, Bulletin monumental, 1878,
p. 462 ; plan dressé par lui : Bibl. munic., Estampes, Poitiers, F/4. — Pour les Arènes (étude
de BOURGNON DE LAYRE dans M.S.A.O., 1843, t. X, pp. 137-274, 6 pl. jointes), on compare
par exemple avec celles de Nîmes, notablement plus petites (134 m. et 104) et que des calculs
ont montrées capables de recevoir... 21.956 spectateurs (DE CHERGÉ, Guide du voyageur à
Poitiers, 2° édit., 1872, p. 123). Pour Poitiers, BROTHIER DE ROLLIÈRE, Nouveau guide...,
dit : 40.000 personnes assises et 12.000 debout A la Bibl. munic., Estampes, Poitiers, F/4, un
plan détaillé dressé en 1846. — Elles ont été trop pillées pour livrer sculptures ou inscriptions ;
mais on y a trouvé des dents de bœufs, de chevaux, de porcs, de sangliers, animaux utiles aux
spectacles. R. CROZET, dans une communication à la S.A.O. (nov. 1967) non encore publiée, a
étudié « l’empreinte de l’amphithéâtre de Poitiers sur le plan de la ville ».
9. Tombes reconnues : au-delà du pont de Rochereuil (départ de la route de Buxerolles)
(B.S.A.O., 1937, p. 375) ; — au-delà du Pont-Saint-Cyprien ; — sur une partie de l’emplacement
de Blossac (jusqu’à Saint-Hilaire : cette nécropole se développant vers le Nord lorsque la ville,
elle, se contracta, comme on l’indiquera ci-après) ; — vers la route de Nantes ; — le plus vaste
e ieaux Dunes : F. EYGUN, Le cimetière gallo-romain des Dunes, M.S.A.O., t. XI, 3 S , 1933. Il
y  eut  peut-être  un  petit  cimetière  au  bas  de  notre  Grand-Rue :  E.  GINOT ,  Le  pont  Joubert..., 
B.S.A.O., 1936, p. 269, n. 3 (de là viendrait la pierre funéraire de Claudia Varenilla — ci-dessus,
même chapitre — retrouvée au Baptistère ?). E ESPÉRANDIEU (ouv. cité, note 2), n° 86, pp.
244-244, indique la découverte de débris funéraires au plan Saint-Simplicien.
10. TOURNEUR-AUMONT, La hiérarchie des cinq réseaux de voies romaines autour de Poitiers,
B.S.A.O., 1945, pp. 635-644 ; ESPÉRANDIEU, Épigraphie... (ouv. cité, n° 2), t. I, pp. 67-70. —
dtVoies vers le Nord-Ouest, bifurquant à La Cueille-Mirebalaise : C MARIÉ, B.S.A.O., 1952, pp.
79-82 ; cf. B.S.A.O., 1930, pp. 571, 642-643 (ESPÉRANDIEU, p. 67, fait partir la ou les routes
du Nord-Ouest du pont Achard). — Pour aller vers Bourges ou Limoges (cf. B.S.A.O., 1940, pp.
338-339),  franchis sait-on  le  Clain  vers  notre  pont  Joubert  ou  notre  pont  Saint-Cyprien ?  —  V ers 
Tours — Paris, on n’a emprunté la rive gauche du Clain qu’après la fondation de Châtellerault
eau X siècle.
Selon la règle, les milliaires indiquent la distance :
1° De Limonum (ou, plus tard, « Civitas Pictonum ») LIM, C.P. ;
2° De la frontière de la civitas (fnes, F.).
Le P. DE LA CROIX (notes manuscrites, carton L. A. 10), suivie par E. GINOT, ouv. cité, n° 1,
p. 8, place les passages des rivières, à gué : 1° par la Boivre, aux emplacements de notre pont
Achard et de notre porte de Paris ; 2° pour le Clain, à quelques mètres en amont de notre pont de
R ochereuil  (on  a  retrouvé  le  pavage  du  gué),  et  sur  les  emplacements  exacts  des  ponts  Joubert 
et Saint-Cyprien.
11. Histoire Auguste (sous le nom de Vopiscus) ; Vie de Probus, ch. 14. À vrai dire, l’indication
est vague, et F. LOT, La Gaule, s.d. (1947), pp. 326-327, la critique : 70 ? ce serait la totalité des
capitales de « cités ». Cependant Tours fut sauvée, comme déjà remparée, ainsi que des villes
du Midi qui l’étaient depuis plus longtemps.
17pêle-mêle, dans « les gravats, la couche d’incendie, ... les objets antiques, les
monnaies, les verres fondus, les vases brisés, les ferronneries, ou les bronzes
calcinés ... ». Et la ville péniblement renaissante prit, comme tant de ses sœurs
(certaines, comme Tours, l’avaient précédée) une tardive précaution : s’enfermer
dans le rempart auquel nous avons déjà fait allusion plus haut, parce qu’il reçut
comme matériaux, en plus des pierres de carrière, des débris provenant de
monuments ruinés : n’en concluons pas nécessairement à une hâte forcenée,
ni à des destructions opérées tout exprès (ce n’était, hélas ! sûrement pas
nécessaire) : seulement, on s’interdisait ainsi des restaurations, qui, peut-être,
étaient de toute manière impossibles, qui l’étaient même sûrement dans le cas
de monuments extérieurs au périmètre défendu. Jullian et Grenier ont été
d’accord pour estimer que ce genre de constructions s’est placé à des dates
variables entre les règnes de Probus et de Dioclétien (inclus). En tous cas, six
mètres d’épaisseur à la base, en gros blocs, le reste en petit appareil avec
blocage intérieur et chaînage de briques. Le tracé dessinait à peu près un losange
découpant une partie du « plateau » et de sa pente orientale : de notre rue
Sylvain Drault au Nord à celle de l’Arceau au Sud (cet « Arceau » étant une
porte de l’enceinte) et de notre Palais de Justice à l’Ouest jusqu’aux approches
immédiates de Sainte-Radegonde à l’Est : laissant curieusement en-dehors le
grand axe Nord-Sud, et aussi la future « rue de Paille » (via Palea) descendant
vers notre pont St-Cyprien. Avec ses 2.600 mètres de développement, ce qui
nous semble peu, elle fit de Poitiers « la principale forteresse de la Gaule ». Il
fallut que la Ville s’y resserrât, et pour longtemps : ce qui assombrit la vie, et
peut-être détermina, avec le retour provisoire à la sécurité, un certain exode
(12)vers la campagne . La ville reprit cependant une grande importance relative,
epuisque vers la fin du IV siècle Ammien Marcellin la mettait, en Aquitaine, sur
(13)le rang de Bordeaux, Clermont et Saintes . Et c’est même alors que nous y
décelons un foyer intellectuel, ou plus précisément scolaire, grâce à Ausone,
12. Effets de l’invasion : F. EYGUN, Art des pays d’Ouest, 1965, p. 40 (nous lui empruntons les
citations). — L’enceinte : B. LEDAIN, Mémoire sur l’enceinte gallo-romaine de Poitiers (avec
album), M.S.A.O., t. XXXV, 1870-1871, pp. 157-221 (et Bulletin monumental, 1873, pp. 223,
sqq.) ; A. BLANCHET, Les enceintes romaines de la Gaule, 1907 (Poitiers : pp. 176-180). Plan
détaillé des vestiges : Bibl. munic., Estampes, Poitiers, F/4. L’ « Arceau » sera abattu en 1757
comme menaçant ruine (reg. des délib. municipales, n° 172, juillet 1757). — On a cru autrefois à
l’existence dans l’enceinte de casemates construites par les Wisigoths : MANGON DE LA LANDE,
M.S.A.O., 1835, t. I, p. 49 ; 1836, t. II, p. 44, y a vu avec raison des caves datant du moyen âge.
La surface circonscrite (environ 45 ha) était, comme à Sens (la pierre étant facile à trouver
dans les environs ?), relativement considérable : bien plus qu’à Bordeaux, Paris, etc... (cf. F. LOT,
ouv. cité n. 11, p. 397). En se référant à la densité de la population sur cette surface à sa propre
époque, DUFFAUD (ouv. cité n. 8, p. 79) aboutissait à un chiffre de 5.355 habitants. C’est peu,
si on considère la ville d’avant 276, que tant d’indices nous ont indiquée fortement peuplée
(tenir compte cependant, par exemple pour la grandeur des arènes, de la volonté de prestige).
Quel autre chiffre adopter ?
13. Ammien MARCELLIN, Rerum gestarum, 1. XV, ch. II : « Omissis aliis multis, Burdigala et
Arverni  excellunt,  et  Santones  et  Pictavi »  (écrit  vers  390  ap.  J .-C .).  On  se  demande  d’après  quel 
critère la Notitia Galliarum (publ. p. Otto SEECK à la suite de la Notitia Dignitatum, 1876),
sur six « Cités » composant l’Aquitaine seconde, nomme la civitas Pictavorum (pp. 270-271)
en cinquième lieu.
18qui y mentionne comme professeurs d’un certain renom le « grammairien »
(14)Ammonius Anastasius et le « rhéteur » Rufus .
On voudrait, soit avant, soit après la catastrophe de 276, pouvoir dessiner les
grands axes de la circulation dans Poitiers. On ne le peut que par hypothèse, en
se guidant sur la disposition du relief, sur l’emplacement des gués périphériques,
sur celui de quelques édifices repérables. Il est impossible qu’il n’y ait pas eu
un axe Nord-Sud tendu (plus ou moins) du gué de Rochereuil (route de Paris)
à la « Tranchée » (route de Saintes - Bordeaux), un axe Ouest-Est descendant
au gué de l’actuel Pont Joubert. Le relief commandait aussi des voies suivant
approximativement les courbes de niveau (notre rue Arsène Orillard-Riffault).
Où pouvait être le Forum ? À l’emplacement de la future place
Notre-Damela-Grande ? Ou de la future Place d’Armes (précédemment « Marché Vieux ») ?
Ce qui complique les choses, c’est qu’après 276 « la nouvelle cité qui renaît sur
(15)les ruines ne tient même plus compte de l’ancienne et ignore ses rues » .
Mais quel degré de généralité accorder à cette observation ? Elle ne peut
ruiner radicalement la base des hypothèses, telle qu’on vient de la formuler...
Vers 400, face à la menace extérieure, Poitiers devenait « préfecture »
militaire, commandant à des contingents de troupes « auxiliaires — de recrutement
(16)barbare — cantonnées à travers la région . Le déferlement de 407- 410
(Suèves, Alains, Vandales) dut passer plus au Sud. Mais dès 418, les Wisigoths,
qui, eux, venaient d’envahir la Gaule par le Sud-Est pour y fonder un royaume
sous l’égide théorique de l’Empire romain, mettaient la main sur Poitiers, où
(17)rien ne subsiste aujourd’hui qui les rappelle .
Entre temps, une grande révolution religieuse s’était produite : l’introduction
en Poitou du christianisme. Introduction tardive, dont on n’a aucune preuve
avant le quatrième siècle. Et, alors que plusieurs cités d’Aquitaine avaient déjà
e e14. M. GARAUD, Les écoles et l’enseignement à Poitiers du IV   siècle  à  la  fn  du  XII siècle,
B.S.A.O., 1946, pp. 82-98. Ammonius Anastasius avait d’ailleurs quitté Bordeaux parce qu’il s’y
sentait éclipsé, et Ausone lui prête peu de prestige (« famam habuit tenuem ! »). Ausone n’est
pas tendre pour lui dans son poème sur « les professeurs » — et guère plus pour Rufus dans
quatre de ses « épigrammes ».
15. Constructions barrant des sections de voies plus anciennes ; voies établies sur des vestiges
de constructions incendiées : rue de l’Ancienne-Comédie ; rue de l’Éperon (B.S.A.O., 1924, pp.
498-499, 504-505, 576-577, 580-581) ; rue de la Petite Roue (ibid., 1925, p. 200) ; 16, rue Gambetta
(Gallia, t. XXI, 1963, fasc. 2, p. 468). — (Observations de E. GINOT et F. EYGUN.)
16. « Praefectus Sarmatarum gentilium et Taifalorum gentilium Pictavis in Gallia » : Notitia
Dignitatum, éd. O. Seeck, 1876, p. 219 ; cf. A. LIÈVRE, Les Taifales du Poitou, extr. du Bulletin
de géographie historique et descriptive, 1896.
17. M. GARAUD, L’occupation du Poitou sous les Wisigoths, B.S.A.O., 1947, pp. 548-563.
Dans la dégradation totale des institutions municipales, le chef de la « cité » (c’est-à-dire tout
le Poitou) était sans doute alors ce tuteur que le Bas-Empire avait institué partout : le curator
rei publicae (pp. 558-559) ; à côté de lui, avec quelques attributions de police et justice, le
defensor civitatis. L’évêque, lui, dut, à un certain moment, se retirer à Retz (Ratiacum), en
pays nantais : un document de 511 nomme Adelphus, episcopus ratiatensis (dom BEAUNIER,
Abbayes et prieurés de l’ancienne France, t. III, 1910, p. 217). — Disparition, en 419, du préfet
des auxiliaires : M. GARAUD, dans Études mérovingiennes, 1953, p. 139. — Les Wisigoths n’ont
rien construit ; ils ont laissé se détruire les aqueducs, le baptistère (dont nous allons parler), sans
doute d’autres monuments ; v. observations de F. EYGUN, B.S.A.O., 1968, pp. 401 et 406 (n. 7).
C’est la fuite, devant eux, des moines de Saint-Hilaire qui donna naissance à l’abbaye de
SaintMaixent (THIBAUDEAU, Hist. du Poitou, éd. 1839-1840, I, p. 34).
19leur évêque avant le célèbre concile d’Arles, de 314, Poitiers attendit à peu près
sûrement le milieu du siècle pour en élire un, qui fut d’ailleurs un personnage
(18)prestigieux : saint Hilaire, de notable famille . Prédicateur, écrivain sacré, et
si bien engagé, quelque temps, dans la lutte contre l’hérésie arienne, qui
dimi(19) nuait la stature du Christ et le sens de la Rédemption que l’empereur arien
Constance l’exila en Phrygie, où il resta quatre ans (automne ? 356 - printemps ?
360) : c’est l’empereur païen Julien qui le rendit à son siège épiscopal d’où il
ne s’écarta plus (sauf volontairement et pour peu de temps) jusqu’à sa mort
en 368. Par lui, Poitiers avait été une capitale de la catholicité, d’où était même
partie à l’adresse du pape Libère, moins ferme que st Hilaire sur les positions
(20)orthodoxes, l’ardente apostrophe : « Anathème sur toi » . Saint Hilaire avait,
à Poitiers, son domicile — sa « cella » — sur l’emplacement où devait s’ériger
18. Évêchés aquitains antérieurs à 314 : Bordeaux, Éauze, Bourges, Clermont, Tours, et sans
doute Limoges et Saintes : E. GRIFFE, La Gaule chrétienne à l’époque romaine, 1947, pp. 84-85.
En 314, nous sommes déjà loin de cette date de 177 où surgit pour nous la chrétienté lyonnaise !
Pas de représentant de Poitiers à Arles (non plus qu’au Concile de Sardique, en 343-344). On
n’a rien trouvé de chrétien au cimetière des Dunes (F. EYGUN, ouv. cité, n° 9). Pour Poitiers,
donc, la Gallia christiana, t. II, 1720, p. 1139, fait preuve d’une juste prudence (non imitée par
H. BEAUCRET-FILLEAU, Pouillé du diocèse de Poitiers, 1868, introduction) quand, après avoir
émis des doutes sur la réalité des prédécesseurs d’Hilaire (une hésitation moindre pour Agon ?)...
elle place décidément celui-ci en tête de liste. Même opinion : E. GRIFFE, ouv. cité, p. 127. V.
aussi : L. DUCHESNE, La liste épiscopale de Poitiers, Rev. poitevine et saintongeaise, 1886, pp.
193, sqq. ; Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie (publié sous la direction de dom
CABROL et de dom LECLERCQ), 1938, fas. 156-161 (art. Poitiers), pp. 1270-1277 (donne la
liste authentique des évêques jusqu’à Ebroïn) ; Mgr AUTEXIER, Des origines du diocèse de
Poitiers, B.S.A.O., 1959, pp. 9-25. L’épitaphe d’un certain Nectarius, trouvée aux abords nord
de l’église Saint-Hilaire, dans la crypte de l’ancienne chapelle Saint-Barthélemy (Hic requiescit
e eNectarius antistes), serait du V siècle, voire du VII , et ne concerne pas un évêque. E. GINOT,
Formation du bourg Saint-Hilaire de Poitiers, 1935, pp. 14-15 (extr. de B.S.A.O.), considère
comme possible qu’Hilaire ait eu pour prédécesseurs Nectaire et Agon, mais ajoute : « Vienne
saint Hilaire, et plus un doute ne subsiste. »
Après saint Hilaire, Poitiers demeurera toujours le siège d’un évêché — relevant de l’archevêché
de Bordeaux. V . chan. AUTEXIER, B.S.A.O., 1962, p. 570. Petit résumé de l’histoire des évêques
jusqu’en 1909, dans Jehan Pictave, Poitiers..., 1909, pp. 113 sqq.
19. Sur la vie d’Hilaire, bonne Vita sancti Hilarii ex ipsius potissimum scriptis collecta de la
P atrologie   de  Migne,  IX,  col.  125-184.  Saint  JÉRÔME,  « Commentaire  de  l’épître  aux  Galates », 
II, préface, et saint FORTUNAT dans sa « Vie de saint Hilaire », précisent bien : « Pictavis
genitus » ; « natus... Pictavis in urbe. » Elevé païennement, il a dit sa conversion dans son De
Trinitate, I, 1-2. — Vie et œuvre : E. GRIFFE, ouv. cité, pp. 156-197. Également, sur l’œuvre
(écrite pour une part en Phrygie : le « Ad Constantium », le « De Trinitate ») : R. AIGRAIN,
B.S.A.O., 1938, pp. 691-710 (« Où en est l’étude des œuvres de saint Hilaire ») et BARDY, Un
humaniste chrétien, saint Hilaire, Rev. de l’Hist. de l’Église de France, 1941, pp. 5-25. — Les
qualités  de  l’écrivain ?  « Le  Rhône  de  l’éloquence  chrétienne »,  d’après  saint  Jérôme ;  mais  F . 
LOT, La fn du monde antique..., 1927, p. 180 : « On aurait tort de l’expulser entièrement de
la littérature. »
Nous nous bornerons à ces indications sur un personnage qui appartient tellement à l’histoire
générale. Au moment où nous mettons sous presse, Poitiers s’apprête à fêter dignement l’année
« hilarienne » 1968.
Nous permettra-t-on de signaler que 80 communes de France sont placées sous le vocable de
saint Hilaire ?
20. L’anathème contre Libère est rappelé par exemple par PIGANIOL. L’empire chrétien
2(Histoire générale, de G. GLOTZ, Histoire romaine, t. IV , 1947, p. 102, avec note 75). Exactement,
il s’agit d’un « Honte sur toi ! » entrecoupant la publication par Hilaire lui-même de lettres
(qu’il  condamne)  de  Libère.  —  Hilai re  a  pu  affrmer  qu’en  Orient  il  était  « resté  en  communion 
avec toutes les églises de Gaule » (E. GRIFFE, ouv. cité, I, p. 163). Il en rapporta, exprimant la
pensée des Orientaux, une lettre pour l’examen de laquelle se tint à Paris un Concile. En 364,
pour continuer son combat, il se rendait à Milan.
20l’Église St-Hilaire de la Celle, et il avait édifié, hors les murs, en l’honneur des
saints Jean et Paul, le sanctuaire où il devait être inhumé avec sa femme et sa
(21)fille Abre, et qui devait être à l’époque mérovingienne placé sous son vocable .
Il semble bien qu’autour de lui le clergé de Poitiers menait une vie
communautaire. Et c’est auprès de st Hilaire qu’était venu se former cet autre grand
homme : st Martin, bientôt évêque de Tours (en 370), mais, auparavant,
fondateur, presque sous les murs de Poitiers, du premier en date des monastères
(22)d’occident : celui de Ligugé . Et la tradition a voulu que, l’un à Ligugé, l’autre
(23)à Poitiers, st Martin et st Hilaire aient ressuscité chacun un enfant .
Comment ne pas signaler le rayonnement que Poitiers devra, siècle après
siècle, à la mémoire d’Hilaire et au prestigieux sanctuaire dont relèveront plus
de cent églises de France et d’Angleterre ?
Il est bien prouvé enfin que le baptistère St-Jean remonte, pour les parties
basses de sa construction et pour sa piscine, donc dans ce rôle même de
baptistère (par immersion), à ce quatrième siècle où la romanité près de mourir
(24)a pris un dernier éclairage .
21. La première église Saint-Hilaire : E. GINOT, ouv. cité n. 18, pp. 438-462 ; DE LONGUEMAR,
Essai historique sur la collégiale de Saint-Hilaire-le-Grand, M.S.A.O., t. XXIII, 1856. Un
recueil de documents pour l’histoire de ce sanctuaire prestigieux forme le t. XV (1852) des
M.S.A.O. Le sanctuaire sera desservi par un collège, non de moines, mais de « chanoines, sous
le gouvernement d’un abbé ».
La tradition veut que le siège de l’évêché se soit trouvé sur le petit passage menant de la
cathédrale au baptistère : cf. F. EYGUN, Art des pays d’Ouest, 1965, p. 44.
22. Ce n’est pas ici le lieu de parler de Ligugé et des dernières fouilles, si révélatrices : cf. F.
EYGUN dans Gallia, t. XXI, 1963, fasc. 2, pp. 471-467.
Il est vraisemblable que Martin, attiré par la réputation de celui dont « on célébrait la foi à
toute épreuve dans les choses de Dieu » (SULPICE SÉVÈRE), vint le trouver juste avant son
départ pour l’exil. Lors de son retour, il vint au-devant de lui jusqu’à Rome (E. GRIFFE, ouv.
cité, I, pp. 164, 206). Martin, dans l’église de Poitiers, fut fait au moins exorciste (ibid., II, 1967,
pp. 178, 205) : assez probablement, prêtre, si on considère l’autorité avec laquelle il alla exposer
aux  évêques  d’Illyrie  la  vraie  doctrine  (J .  ZEILLER, Les origines chrétiennes dans les provinces
danubiennes de l’empire romain, 1918, p. 299).
Le caractère communautaire de la vie menée par la petite société ecclésiastique de Poitiers
se déduit d’un passage de la Vie de saint Martin par SULPICE SÉVÈRE (ch. V). D’autre part,
auprès de saint Hilaire, avait bâti sa cellule sainte Triaise (Troecia) sur le tombeau de qui s’est
élevée une petite église aujourd’hui disparue.
eN oton s  e n cor e   que   pa r a î t  ê tr e   n é   à   P oi ti e r s  (f ai t  adm i s   pa r   J .   LA V A UD ,  Visages du Poitou, 2 édit.,
1965, p. 215) saint Paterne, évêque de Trèves, mort en 359 ; frère en tribulations de saint Hilaire,
et appelé par celui-ci « frater et comminister meus » (Gallia christiana, XIII, 1785, p. 376).
23. (Ici, un bébé noyé dans sa baignoire) : cf. BROTHIER DE ROLLIÈRE, Nouveau guide...,
pp.  54-55.  —  Source :  Jean  B OUCHET , Annales d’Aquitaine, 1524,  partie,  ch.  VII ;  et  déjà,  fn 
eXI siècle, le liber Terraconensis (observations de G. LE BRAS, Mélanges Crozet, 1966, t. I,
p. 239 : on a voulu exalter saint Hilaire en réponse à l’accusation d’hérésie portée contre lui
par Bérenger). — Monument commémoratif : ci-dessous, chap. V .  —  Pèlerinage,  vers  la  fn  du 
eXI siècle, à Saint-Hilaire, des malheureux atteints du « mal des ardents » : E.-R. LABANDE,
e eRecherches sur les pèlerins dans l’Europe des XI et XII siècles, dans Cahiers de civilisation
médiévale, t. I, 1958, p. 345 (d’après le livre des Miracles de saint Hilaire).
Sur le rayonnement du culte de saint Hilaire, pendant le haut moyen âge dans les pays rhénans :
E. Ewio, L’Aquitaine et les pays rhénans au haut moyen âge, dans Cahiers de civilisation
médiévale, t. I, 1958, p. 44.
Paraît entièrement du domaine de la légende sainte Loubette, soi-disant contemporaine de
Constantin, et populaire à Poitiers (légende détaillée par BROTHIER DE ROLLIÈRE, Nouveau
guide..., pp. 362-363 ; indications sur son culte).
24. F. EYGUN, Gallia, t. XXII, 1964, fasc. I (démonstration décisive ; résumée par le même
auteur, Art des pays d’Ouest, 1965,  pp.  44-48).  Il  n’y  a  pas  lieu  de  retenir  la  thèse  de  J .  HUBER T ,
21Le baptistère de Poitiers et l’emplacement du premier groupe épiscopal, Cahiers archéologiques.
eVI, 1952, pp. 135-147 (le baptistère, cathédrale primitive) : ni la datation tardive (VII s.) proposée
par le même. G. FOURNIER, Les Mérovingiens (coll. « Que sais-je ? », 1967, p. 51) a tort d’hésiter.
F. EYGUN, B.S.A.O., 1968, pp 399-402, revient vigoureusement à la charge. — Notons d’autre
epart  que  le  baptistère  a  été  édifé  sur  un  habitat  gallo-romain,  détruit  vers  la  fn  du  III siècle,
e— Mgr AUTEXIER a résumé ce qu’on peut savoir du « quartier ecclésiastique à Poitiers au IV
siècle ». La population chrétienne, d’abord cantonnée dans le suburbium, secteur Est, aurait,
au temps d’Hilaire, pénétré dans le castrum (Rev. du Bas-Poitou, 1967, pp. 180-191).
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