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Février 1945, la Conférence de Yalta , livre ebook

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Description

Du 4 au 11 février 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein sur les théâtres européen et asiatique, Roosevelt, Churchill et Staline se réunissent dans la station balnéaire de Yalta, en Crimée, pour préparer l’après-guerre. Le sort de l’Allemagne est évidemment au cœur de cette nouvelle conférence interalliée, à laquelle la France, au grand dam du général de Gaulle, n’a pas été conviée.

Les décisions qu’y prennent les Trois Grands s’avéreront capitales pour le devenir de l’Allemagne mais aussi et surtout de la Pologne. Non content de s’entendre notamment sur le partage de l’Allemagne et de Berlin en quatre zones d’occupation, les alliés s’accordent sur une rectification majeure des frontières de l’État polonais qui se voit amputer de ses confins orientaux, au profit de l’URSS. Mieux encore, Staline obtient encore le contrôle sur le futur gouvernement polonais qui devra être constitué sur base du comité (communiste) de Lublin et non du gouvernement (légitime) de Londres.

Ce furent bien les contradictions et impasses de Yalta qui conduiront inévitablement à la guerre froide, une période organisée autour du concept d’équilibre de la terreur mais paradoxalement bien plus stable que la nôtre.



Avec les contributions de :

Antony Beevor, Stéphane Courtois, Philippe Degouis, Hervé Hasquin, Joël Kotek, John Merriman, Mikhail Narinskiy, Andrzej Paczkowski, Jan Rubes et Georges-Henri Soutou

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 7
EAN13 9782803105380
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

F ÉVRIER 1945, LA CONF ÉRENCE DE YALTA
ACTESDECOLLOQUE
Février 1945, La conférence de Yalta Géopolitique d’un désastre pour la pologne et pour l’europe
S J K OUS LA DIRECTION DE OËL OTEK
C L S LASSE DES ETTRES ET DES CIENCES MORALES ET POLITIQUES A B CADÉMIE ROYALE DE ELGIQUE
Académie royale de Belgique rue Ducale, 1- 1000 Bruxelles, Belgique www.academieroyale.be
Informations concernant la version numérique ISBN : 978-2-8031-0538-0
© 2016, Académie royale de Belgique
Mémoires de la Classe des Sciences, Collection in-8°, série IV tome XII N° 2112
Diffusion Académie royale de Belgique www.academie-editions.be
Crédits Conception et réalisation : Laurent Hansen, Académie royale de Belgique Publié en collaboration avec
Bebooks - Editions numériques Quai Bonaparte, 1 (boîte 11) - 4020 Liège (Belgique) info@bebooks.be www.bebooks.be
Informations concernant la version numérique ISBN 978-2-87569-209-2 A propos Bebooks est une maison d’édition contemporaine, intégrant l’ensemble des supports et canaux dans ses projets éditoriaux. Exclusivement numérique, elle propose des ouvrages pour la plupart des liseuses, ainsi que des versions imprimées à la demande.
INTRODUCTION HERVÉ HASQUIN SECRÉTAIRE PERPÉTUEL DE L’ACADÉMIE ROYALE DE BELGIQ UE
Du 4 au 11 février 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein sur les théâtres européen et asiatique, Roosevelt, Churchill et Staline se réunissent dans la station balnéaire de Yalta, en Crimée, pour préparer l’après-guerre. Le sort de l’Allemagne est évidemment au cœur de cette nouvelle conférence interalliée, à laquelle la France, au grand dam du général de Gaulle, n’a pas été conviée. Les décisions qu’y prennent les Trois Grands s’avéreront capitales pour le devenir de l’Allemagne mais aussi et surtout de la Pologne. Non content de s’entendre notamment sur le partage de l’Allemagne et de Berlin en quatre zones d’occupation, les alliés s’accordent sur une rectification majeure des frontières de l’État polonais qui se voit amputer de ses confins orientaux, au profit de l’URSS. Mieux encore, Staline obtient encore le contrôle sur le futur gouvernement polonais qui devra être constitué sur base du comité (communiste) de Lublin et non du gouvernement (légitime) de Londres. Si cette conférence ne correspond en rien à un « partage du monde », ainsi que le présentèrent assez rapidement les Français, elle n’en reflète pas moins l’incapacité des Britanniques et des Américains à contenir les ambitions soviétiques. C’est ainsi que la Pologne qui appartenait théoriquement au camp des vainqueurs perdit près de la moitié (47 %) de son territoire d’avant la guerre au profit de l’Union soviétique. Pour les Polonais, les accords de Yalta ne pouvaient être considérés autrement que comme une trahison des Anglo-Américains. Reste que les accords de Yalta, au-delà de leur caractère injuste, reflètent avant tout un rapport de force largement favorable à Staline. Le sort de la Pologne, pour laquelle Français et Britanniques avaient déclaré la guerre à l’Allemagne, s’était scellé bien avant Yalta. Tandis que les Américains piétinaient dans les Ardennes belges, l’armée rouge était déjà à l’assaut de l’Allemagne. Seule concession soviétique, le document final prévoyait, dans une Déclaration sur l’Europe libérée, l’installation dans toute l’Europe de gouvernements démocratiques par la voie d’élections libres, promesse que Staline oubliera assez tôt. Les premières élections polonaises furent immanquablement truquées. Ce furent bien les contradictions et impasses de Yalta qui conduiront inévitablement à la guerre froide, une période organisée autour du concept d’équilibre de la terreur mais paradoxalement bien plus stable que la nôtre.
YALTA — CHURCHILL ET LA POLOGNE ANTONY BEEVOR ACADÉMIE ROYALE MILITAIRE DE SANDHURST
En 1950, pendant la première phase de la guerre froide, on appelait la conférence de Yalta « la paix perdue ». Mais aussi sous l’influence du sénateur McCarthy aux États-Unis, le mot Yalta voulait dire pour beaucoup de monde l’apaisement du communisme et la trahison de la liberté. Il faut se poser la question essentielle : la conférence de Yalta représente-t-elle une trahison ou une tragédie qui aurait pu être évitée ? Marque-t-elle l’origine de la guerre froide ? Ou bien est-ce que la guerre froide se situe uniquement dans la période d’après-guerre ? Il y a une autre manière de la poser : est-ce que les racines de l’affrontement remontent jusqu’à l’invasion soviétique de la Pologne en septembre 1939 et à l’invasion nazie de l’Union soviétique en juin 1941 ? Examinons d’abord brièvement la situation pendant les mois de décembre 1944 et janvier 1945, juste avant la conférence de Yalta. Le 16 décembre, les Allemands lancent l’offensive des Ardennes. C’est un vrai choc pour les Alliés anglo-saxons. Ils n’imaginent pas que les Allemands soient capables de rassembler une telle force, surtout en secret. Mais la réaction puissante des Américains arrête l’avancée allemande le jour de Noël 1944, et la contre-offensive alliée commence le 3 janvier. Staline dit devant les représentants alliés à Moscou, que pour sauver les Américains dans les Ardennes, il avancera sa propre offensive de deux semaines, aux 12 et 13 janvier. Ce n’est pas du tout un argument vrai. Son raisonnement est beaucoup plus pragmatique. La météo prévoit un important dégel fin janvier et ses quatre armées blindées ont besoin du terrain dur pour une avancée rapide. De plus, avec la proximité de la réunion du «Big Three» à Yalta, il veut être sûr que l’Armée rouge contrôle tout le territoire polonais avant que la conférence ne commence. En outre, Staline n’admet pas une seule minute que la destruction de l’armée blindée allemande par les Américains pendant l’offensive des Ardennes, ait énormément aidé la charge vertigineuse de ses Tanks Armés de la Garde. En seize jours, sur un front de 700 kilomètres, ils ont avancé de la Vistule à la ligne Oder-Neisse, et saisi une tête de pont à soixante-dix kilomètres de Berlin. La Prusse orientale écrasée est à feu et à sang. L’avance des armées soviétiques fut si rapide que Roosevelt et son entourage eurent peur que Staline aille imposer sa propre paix sur l’Europe centrale. Surtout parce que les divisions américaines, britanniques, canadiennes et françaises avaient avancé peu pendant l’hiver. Le général Eisenhower avait estimé juste avant l’offensive des Ardennes que ses troupes ne pourraient traverser le Rhin avant le mois de mai 1945, une idée qui effrayait les Britanniques. La presse britannique a à nouveau exigé que le maréchal Montgomery prenne la commande de toutes les armées alliées sur le front Ouest. En même temps, Churchill et la Grande-Bretagne avait perdu presque toute leur influence dans les conseils alliés. Bien que la majorité des Américains traitait Churchill avec respect, on considérait que la Grande-Bretagne se battait seulement pour sauvegarder son empire et voulait que les USA paient la note. La faiblesse du pays après cinq années de guerre, malgré l’énorme contribution des États-Unis — aussi bien économique, logistique, productive et en main-d’œuvre — est déterminante pour que les Américains finissent par diriger presque tout. De plus l’égotisme fou du maréchal Montgomery provoque une explosion d’anglophobie chez les Américains. Le 8 janvier, à une conférence de presse ici même, en Belgique, il avait prétendu avoir organisé tout seul la défaite de l’offensive des Ardennes. En conséquence, pendant les réunions des chefs d’états-majors alliés sur l’île de Malte, juste avant la conférence de Yalta, les Britanniques étaient mis à l’écart des décisions. Le général Marshall et ses collègues ont rejeté toutes leurs propositions.
Le 20 janvier, Roosevelt redevient président des États-Unis pour la quatrième fois, un événement sans précédent dans l’histoire américaine. Dans son discours, il ne parle pas de la guerre, mais de l’avenir, d’une paix mondiale. Il pense à Staline, en citant la phrase d’Emerson : 1 «The only way to have a friend is to be one». Roosevelt était naïf et arrogant en même temps. Il était convaincu que lui seul était capable de gagner la confiance de Staline et il voulait prendre des distances par rapport à Churchill et à sa réputation impérialiste et anti-communiste. Roosevelt a dit au diplomate américain Robert Murphy que « la chose la plus importante était de convaincre les Russes de nous faire confiance ». Murphy a observé que la confiance de Roosevelt, selon ses propres mots « Moi, je sais m’y prendre avec Staline » faisait partie de la « théorie américaine trop répandue que l’amitié individuelle peut déterminer la politique nationale […]. Les responsables politiques et les diplomates de l’Union soviétique n’opèrent jamais avec une telle théorie. » En tout cas, la hiérarchie soviétique considérait les Américains comme aussi 2 impérialistes et capitalistes que les Britanniques . Lors de l’arrivée de Roosevelt à Malte le 2 février, Churchill et Anthony Eden, son ministre des Affaires étrangères, se trouvent très mal à l’aise. Le président a l’air d’être gravement affaibli, et il évite toute tentative de parler d’une approche commune par rapport à Staline. Comme à Téhéran, Roosevelt ne veut pas créer l’impression à Staline qu’une conspiration existe contre lui. La fameuse amitié entre Churchill et Roosevelt est principalement le fruit de l’imagination optimiste du Premier ministre britannique. Et c’est certain que leur intimité avait beaucoup diminué. Roosevelt et la grande majorité des Américains voulaient en finir avec la guerre en Europe et se débarrasser de la politique corrompue et malsaine du vieux monde. Churchill était un homme d’émotions fortes et diverses. L’espoir et le désespoir alternaient successivement. En ce moment, il souffrait de l’illusion — ou plutôt de la folie des grandeurs — des « Trois Grands » — the «Big Three». L’ancien traducteur de Molotov, Valentin Berezhkov, appelle ce phénomène « l’état d’ivresse de grand pouvoir ». Churchill annonce à la Chambre des Communes : « J’ai de grands espoirs pour cette conférence, parce qu’elle va avoir lieu au moment où pas mal de moules peuvent être mis en place pour recevoir une grande quantité de métaux fondus ». Et il s’est fait croire à Yalta : « Nous avions le monde à nos pieds, vingt-cinq millions d’hommes marchant à nos ordres par terre et par mer. Il semblait que nous étions amis. » La phrase « Le monde à nos pieds » était doublement regrettable compte tenu du mépris total de 3 Staline pour les droits des petites nations . er Par contre, en même temps, Churchill, l’antinazi viscéral, écrit de Malte à sa femme le 1 février : « Je prends la liberté de t’avouer que je suis blessé au cœur par les histoires des femmes allemandes et enfants fuyant partout le long des routes en colonnes de 60 kilomètres vers l’ouest devant les armées qui avancent… La misère du monde m’horrifie et je crains de plus en plus que 4 de nouveaux conflits surgissent de ceux que nous sommes en train d’achever avec succès . » L’après-midi du 3 février, les délégations américaines et britanniques sont arrivées finalement en Crimée, accueillies par Andreï Vyshinsky, l’ancien procureur lors des procès de Moscou, devenu l’adjoint de Molotov. Churchill a trouvé cette station balnéaire tsariste sinistre et pleine de fantômes. Dans une autre lettre à sa femme, il décrit Yalta comme «the Riviera of Hades», « la Riviera des enfers ». Le 3 février vers minuit, Averell Harriman, l’ambassadeur américain à Moscou, est allé voir Molotov pour discuter de l’ordre du jour de la conférence. Tout le monde était d’accord pour commencer par la situation militaire et le traitement de l’Allemagne après la victoire. Les Soviétiques étaient aussi prêts à discuter le plan de Roosevelt de la fondation de l’Organisation des Nations Unies. Mais quand Molotov et Eden se sont rencontrés vers midi le 4 février, le ministre soviétique des Affaires étrangères était mécontent que son homologue britannique veuille ajouter au programme la question de la Pologne. Molotov riposte en argumentant que maintenant que le pays est libéré, il faut le laisser en paix, c’est-à-dire que la Pologne est déjà sous le contrôle soviétique et que les Anglais ne doivent pas se mêler de ses affaires internes. Eden était frustré en se rendant compte que Molotov, en outre, était convaincu que les délégations américaine et britannique avaient préparé leur position commune sur l’île de Malte. Il ne pouvait pas admettre que Roosevelt ait saboté tous les efforts britanniques destinés à se mettre d’accord.
L’après-midi du 4 février, Staline rend visite à Churchill au Palais Vorontsov — le Château d’Alupka. Tout est très aimable en surface, mais sans aucune subtilité. Staline souligne que l’Armée rouge est capable de prendre Berlin d’un jour à l’autre. Le message est très clair. Acceptez les faits accomplis. Mais, en même temps, il exige un grand effort militaire à l’Ouest 5 pour empêcher le transfert des divisions allemandes sur le front Est . Staline s’amuse en taquinant Churchill. La stratégie militaire favorite de Churchill était d’attaquer toujours du nord-est de l’Italie vers l’Autriche par l’interstice de Ljubljana. Churchill prétend que l’objectif est d’assister l’Armée rouge, mais Staline sait très bien que le vieil anti-communiste veut prévenir une occupation soviétique de l’Europe centrale. Les Américains 6 étaient toujours opposés à ce plan, parce qu’ils voulaient tout concentrer sur l’Europe du nord . Staline, d’un air innocent, demande pourquoi il n’emploie pas sa chère stratégie à Ljubljana. Churchill, sans doute gêné, répond que c’est trop tard. En effet, les deux armées alliées en Italie ne sont même pas arrivées sur le Pô en Lombardie, tandis que les armées soviétiques se battent déjà dans le centre de Budapest. Mais son rêve le tente toujours. Tout de suite après, quand Staline rend visite au président Roosevelt au Palais de Livadia, son comportement change complètement. Il devient respectueux, et presque affectueux. Son compte rendu des événements change lui aussi complètement. Il exagère beaucoup la force de la résistance allemande et les difficultés de la traversée de l’Oder. Roosevelt cherche à s’attirer les bonnes grâces de Staline en parlant de tous ses désaccords avec Churchill. Il suggère à Staline, ce qui est à peine croyable, qu’il répète la scène de Téhéran quand il avait levé son verre, en demandant le massacre de 50 000 officiers allemands. Le Premier ministre britannique était alors sorti de la salle complètement dégoûté. Connaissant la francophobie de Staline, il fait aussi des remarques désobligeantes sur le général de Gaulle. Tous les deux restaient très sceptiques quant à une participation française à l’occupation de l’Allemagne, contrairement à l’avis passionné de Churchill. Staline ne faisait aucune confiance à Churchill, mais son attitude envers Roosevelt n’était pas, au fond, si différente. Il avait dit à Milovan Djilas que Churchill était toujours prêt à voler même un kopeck de votre poche, mais que Roosevelt, par contre, n’y mettrait sa main que pour voler 7 des pièces de monnaie importantes . Avant le début de la conférence, Staline avait planifié soigneusement sa tactique pour diviser ses deux alliés, afin de mieux régner. Il jouissait d’un grand avantage. Les espions du NKGB à l’étranger avaient obtenu pour lui les memoranda américains et britanniques exposant leurs stratégies de négociation à Yalta. Staline voulait aussi avoir des détails de leurs conversations privées à Yalta. Ni Churchill ni Roosevelt n’avaient imaginé que Sergo Beria, le fils du chef du NKVD, cacherait des micros partout dans leurs appartements et même dans les jardins, comme il l’avait fait à Téhéran. Sans doute l’idée que les Américains considéraient Staline comme un libéral, et voyaient Molotov comme un dur, devait beaucoup amuser le dictateur soviétique. La conférence commence officiellement à cinq heures de l’après-midi dans la salle de bal du Palais de Livadia. Staline demande à Roosevelt d’ouvrir les débats, un honneur qui flatte le président, selon son entourage. Il saisit l’occasion pour jouer le rôle d’arbitre entre Churchill et Staline. Pendant cette session militaire, le général Antonov, ainsi que Staline, prétendent, de manière peu sincère, que l’offensive soviétique avait sauvé la situation dans les Ardennes. Staline joue le rôle de l’allié fidèle pour faire payer cher sa coopération. Churchill a du mal à contrôler ses propres discours. Ses appels émouvants et sa rhétorique théâtrale n’impressionnent pas Staline. Même Eden reconnait que Staline se moquait du Premier 8 ministre : « Staline le faisait parfois marcher, » écrit-il . Roosevelt, la bouche ouverte, donne souvent l’impression de comprendre très peu de choses, mais est capable de réaliser ses deux objectifs principaux, c’est-à-dire la garantie soviétique de participer à la guerre contre le Japon et la création de l’Organisation des Nations Unies. Roosevelt est déterminé à réussir là où Woodrow Wilson et son projet de la Ligue des Nations avaient déçu. Maintenant, ayant gagné l’élection présidentielle, l’opinion des communautés polonaises et baltes aux États-Unis ne joue plus aucun rôle dans ses calculs. Et pour lui le sort de la Pologne est donc relégué au second rang. Staline aussi tient froidement à ses priorités. Il est de toute évidence le maître de la situation. Il sait exactement ce qu’il veut obtenir et tout aussi exactement ce qu’il est prêt à concéder. Il parle
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