L invention de l exploration cardiaque moderne
184 pages
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L'invention de l'exploration cardiaque moderne

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Description


Collection : Acteurs de la Science

1916, mobilisé au front, Louis Desliens, jeune vétérinaire, a la géniale intuition d'un système d'exploration du coeur quasiment dépourvu d'agressivité qu'il qualifiera de "minuscule trouvaille". Il développe sa technique d'investigation d'une étonnante simplicité lui permettant d'importantes découvertes. Dans les années 80, le cardiologue André Cournand, prix Nobel de médecine, découvre l'ampleur de ces travaux et reconnaîtra le caractère précurseur de cet auteur resté en marge de l'histoire...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2013
Nombre de lectures 28
EAN13 9782296537149
Langue Français
Poids de l'ouvrage 9 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait


Collection : Acteurs de la Science

1916, mobilisé au front, Louis Desliens, jeune vétérinaire, a la géniale intuition d'un système d'exploration du coeur quasiment dépourvu d'agressivité qu'il qualifiera de "minuscule trouvaille". Il développe sa technique d'investigation d'une étonnante simplicité lui permettant d'importantes découvertes. Dans les années 80, le cardiologue André Cournand, prix Nobel de médecine, découvre l'ampleur de ces travaux et reconnaîtra le caractère précurseur de cet auteur resté en marge de l'histoire..." />

L’invention de l’exploration cardiaque moderne Gérard Braganti
par Louis Desliens, vétérinaire
Dès 1916, mobilisé au front, Louis Desliens, jeune vétérinaire, a la L’invention de l’exploration géniale intuition d’un système d’exploration du cœur quasiment
dépourvu d’agressivité qu’il qualifera de « minuscule trouvaille ».
Démobilisé, isolé dans la Bourgogne des années 20, il développe sa cardiaque moderne
technique d’investigation d’une étonnante simplicité lui permettant
d’importantes découvertes.
par Louis Desliens, vétérinaireDans les années 80, lors d’un séjour dans le Châtillonnais, le
cardiologue André Cournand, prix Nobel de médecine, découvre l’ampleur de
ces travaux et reconnaîtra le caractère précurseur et historique de cet
auteur resté en marge de l’histoire.
Cette reconnaissance sera pour Michel, son petit-fls, et moi-même un
moteur essentiel du travail de réhabilitation de ce scientifque méconnu,
père historique du cathétérisme cardiaque et de la coronarographie.
Tout lecteur curieux de sciences, parfois inquiet de son cœur,
peutêtre porteur de stents, est invité à poursuivre cette narration.
Gérard Braganti obtient le diplôme de docteur en médecine et la spécialité de
cardiologie au cours de son internat au sein des Hôpitaux de Strasbourg. Il a
exercé pendant dix-sept ans à Châtillon-sur-Seine.
19 €
I S B N : 978-2-336-29364-6
ACTEURS-DE-LA-SCIENCE_GF_HISTOIRE-SINGULIERE-CHERCHEUR-DE-CAMPAGNE.indd 1 11/04/13 15:42
L’invention de l’exploration cardiaque moderne
Gérard Braganti






L’invention de l'exploration cardiaque moderne




















Acteurs de la Science
Collection dirigée par Richard Moreau, professeur honoraire
à l’Université de Paris XII
et Claude Brezinski, professeur émérite à l’Université de Lille


La collection Acteurs de la Science est consacrée à des études sur les
acteurs de l’épopée scientifique moderne ; à des inédits et à des
réimpressions de mémoires scientifiques anciens ; à des textes
consacrés en leur temps à de grands savants par leurs pairs ; à des
évaluations sur les découvertes les plus marquantes et la pratique de la
Science.

Dernières parutions

Jean Louis, Mémoires d’un enfant de Colbert, 2012.
Elie Volf, Michel-Eugène Chevreul (1786-1889). Un savant doyen des
étudiants de France. Des corps gras et de la chandelle à la perception
des couleurs, 2012.
Roger Teyssou, Gabriel Andral, pionnier de l’hématologie. La
médecine dans le sang, 2012.
Yvon Michel-Briand, Aspects de la résistance bactérienne aux
antibiotiques, 2012.
Roger Teyssou, Charcot, Freud et l’hystérie, 2012.
Djillali Hadjouis, Camille Arambourg, Une œuvre à travers le monde,
2012.
Jacques Marc, Comment l’homme quitta la Terre, 2012.
Georges Mathieu, La Sorbonne en guerre (1940-1944), suivi de
Journal de la Libération de Versailles, 2011.
Norbert Gualde, L’épidémie et la démorésilience, 2011.
Jean-Pierre Aymard, Karl Landsteiner. L’homme des groupes
sanguins, 2011.
ePierre Pageot, La santé des Limousins et des Périgourdins au XIX
siècle, 2011.
Yves Delange, Conversation au bord de la Sorgue : Jean-Henri Fabre
et Louis Pasteur, 2011.
André Audoynaud, D’un pays à l’autre. Chroniques d’un médecin
colonial, 2011.
Roger Teyssou, L’Aigle et le Caducée. Médecins et chirurgiens de la
Révolution et de l’Empire, 2011.
Henri Delorna, Les Tribulations d'Henri en Pologne occupée
(19411945). Témoignage, 2010. Gérard Braganti








L’invention de l'exploration cardiaque moderne
par Louis Desliens, vétérinaire











































Illustration de première de couverture :

Dans les années trente, une expérience de Louis Desliens dans le
Châtillonnais. Collection Michel Desliens. Avec l’autorisation de la
famille.

Illustration de quatrième de couverture :

Reconstitution de 1994 d’une expérience de 1920
- à gauche : l’auteur
- à droite : Michel, petit-fils de Louis Desliens







© L'Harmattan, 2013
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-29364-6
EAN : 9782336293646
AVERTISSEMENT




Cet essai est l’histoire d’une amitié et d’une promesse.
Après avoir découvert l’œuvre scientifique de son grand-père Louis
Desliens, j’avais promis à Michel, son petit-fils, vétérinaire, de rédiger
un essai. Entre-temps, Michel nous a quittés.

Longtemps, je me suis posé la question de la forme.
Progressivement est venue l’idée d’un récit mêlant la narration du
parcours, de l’œuvre du grand-père, l’approche très personnelle de
l’évolution des connaissances biologiques et historiques dans le
domaine de la circulation sanguine et le contexte singulier dans lequel
travaillait ce précurseur méconnu.
eDès le début du XX siècle, isolé dans la campagne châtillonnaise,
Louis Desliens, vétérinaire, inventera un système d’exploration
cardiovasculaire, « minuscule trouvaille », précurseur des techniques
actuelles.
André Cournand, prix Nobel de médecine et de physiologie en 1956,
lors d’un séjour dans le Châtillonnais, reconnaîtra le caractère
historique de ses recherches.


Cet essai est dédié à la mémoire de Michel Desliens, vétérinaire à
Châtillon-sur-Seine.












7PROLOGUE


Août 2001, nous n’avions pas prévu un retour de sitôt à Châtillon-sur-
Seine. Le départ de Prusly n’avait pas été très facile. Le « petit
château » que nous habitions avait été acheté par un manufacturier
pour résidence secondaire.
La maison était tombée dans un long sommeil malgré les rénovations
entreprises à grands frais.

Michel Desliens était mort. Nous étions sur le chemin du retour ; il
n’est pas utile de décrire notre état d’esprit.
De nombreuses années auparavant, nous avions lié d’amitié, les
enfants étaient scolarisés et Michel venait régulièrement soigner
Sandie et Météor, les chevaux d’Adeline et Nicolas.
Sandie est une jument parfaitement hystérique, mais inoffensive.
Météor était un vieil hongre paisible en apparence ayant cassé
quelques clavicules et donné quelques succès au concours aux
adolescents de la région.

Le caractère très « ovarien » de Sandie nous conduisait ainsi à de
nombreuses consultations, souvent inutiles. Les liens d’amitié se
créant largement favorisés par l’intérêt commun pour la médecine et la
biologie.

Un soir, dans le petit salon de Prusly, au moment de l’apéritif, Michel
me fit cadeau d’un volumineux livre agréablement relié, édité chez
Vigot en 1935, et résumant l’œuvre de son grand-père.

Sa lecture fut un véritable choc d’autant que le sérail cardiologique
ignorait totalement ces découvertes.

Quelques années plus tard, à l’occasion des Journées « La Science en
fête », ces travaux seront un peu sortis de l’oubli.

Nous sommes sur la route, la cérémonie religieuse a lieu à l’église
Saint Nicolas à Châtillon. Cela fait cinq ans. La ville n’a pas changé,
rien ne bouge.
9Sur le portail, Jean-François Gallice, ancien associé du cabinet
vétérinaire, nous accueille puis, installés dans les bancs de la famille,
je réalise a posteriori la singularité châtillonnaise.
Le défilé des proches devant le corps me remet en tête les anciens
patients puis sur le parvis de l’église toutes les vieilles connaissances
et anciens amis.
On ne ferme pas la porte comme cela…

J’avais promis en quittant cette Bourgogne de rédiger un essai sur
l’œuvre du grand-père Desliens dans la continuité de la conférence de
la Science en fête et dans l’optique de l’ouverture du musée de
Châtillon.

Le temps s’est un peu prolongé, le musée est ouvert, mais il n’est pas
trop tard pour prendre la plume et se souvenir.

























10





LE CHATILLONNAIS
PETITE HISTOIRE
































LE CHATILLONNAIS
PETITE HISTOIRE


Rien ne nous prédestinait à vivre pendant de longues années à
Châtillon-sur-Seine.
En 1979, alors que je terminais l’internat des Hôpitaux de Strasbourg,
j’étais à la recherche d’un point de chute.
Au fil des recherches, aidés par le guide Michelin (le restaurant « La
Côte d’Or » y était encore étoilé), la ville attira notre attention. Après
un contact téléphonique avec le directeur du centre hospitalier, il fut
décidé de se rendre « en éclaireur » dans cette ville.

L’excellent accueil du sénateur-maire Michel Sordel, du directeur
et de certains membres du corps médical fut bien agréable. Nous fîmes
connaissance avec l’hôtel répertorié au guide Michelin. Je me
souviens d’une Aston Martin DB4 couleur fraise avec une petite tache
de rouille, immatriculée (of course) en Grande-Bretagne et des
louanges de la tenancière sur le pilote Olivier Gendebien, fidèle client.
L’accueil fut bon, le séjour agréable malgré quelques extras de notre
chien Jimmy.
Il faut préciser qu’un nouvel hôpital était en construction et un
cardiologue vivement recherché.
Après une impression négative sur cette région en raison de son
isolement, cet excellent accueil fut déterminant d’autant plus que nous
eûmes le coup de foudre pour un petit manoir usuellement dénommé
Château de Prusly, qui scella le pacte châtillonnais.
Le travail ne manquait pas : il fallait créer un service de cardiologie et
développer une clientèle.
La restauration du petit château fut parfois laborieuse, car souvent
disproportionnée à nos moyens, mais la vie y fut agréable. Françoise
veillait sur notre petit monde.

Le pays châtillonnais est situé loin de tout, enchâssé dans
d’immenses forêts de feuillus et de plateaux calcaires.
Cette situation est fort bien vécue par ses habitants habitués à la faible
densité de population. Cela est finalement peut-être plus un avantage
13(tout est calme, rien ne bouge) qu’un inconvénient. Inconvénient en
matière de vie économique, mais que les forêts, l’habitat et les chasses
sont beaux !
Quelques célébrités y vécurent.
La petite commune de Lignerolles a perdu le prestigieux et discret
Claude Lévi-Strauss. L’anthropologue s’était installé dans un de ces
manoirs de la région dont il était tombé amoureux. « Les arbres du
Châtillonnais ont des odeurs gallo-romaines » (30).
Cette même région avait précédemment connu Buffon, maître de
forges à Montbard et naturaliste, ainsi que Diderot de Langres.
Pour traduire du mieux possible l’esprit de la région, je ne peux
résister à l’envie de conter quelques anecdotes :
Invité avec un confrère à une cérémonie de mariage ; la réception
avait lieu dans une ancienne commanderie templière, le soleil était
ardent, la « garden-party » s’ébrouait gentiment. Légèrement en
amont du gros de la troupe, à proximité d’un petit lavoir, nous
devisions alors que les dames en chapeau œuvraient aux petits fours,
mon ami s’exprima ainsi :
« Vous voyez, mon cher, ici la Révolution française n’est pas passée ».
Cette réflexion venant d’un intellectuel rangé et respecté prenait toute
sa saveur.
En fait, si… la Révolution était bien passée. Mlle Blandine, de très
vieille noblesse d’extraction chevaleresque, élue municipale, avait, le
jour du Bicentenaire de la Révolution, planté l’arbre de la liberté.
Mademoiselle, constamment réélue, tous bords politiques confondus,
était de fait aux antipodes de ce monde prérévolutionnaire.

Cette ancienne assistante sociale, vivant en pavillon, roulant en
modeste 4x4, propriétaire terrienne, était une amoureuse de la chasse
et une grande démocrate.
Lors des chasses du dimanche matin, sur ses terres, œuvrant en bottes
à trois francs six sous, cartouchière en bandoulière, elle ne supportait
pas que l’on « rate » les renards que par ailleurs elle allait volontiers
gazer, souvent accompagnée d’une cigarette Boyard Maïs.
Elle avait toutefois quelques petites manies de l’Ancien Régime. Le
repas de chasse avait lieu au pigeonnier du château témoin de la
grandeur passée, et Blandine n’aimait pas que les cavaliers dont
faisaient partie nos enfants croisent sur ses terres.

Monsieur Eugène était un vrai paysan « du temps ».
14Lors de ses multiples séjours hospitaliers, sa hanche prothétique se
luxant à répétition, nous revivions sa vie.
« Entends-tu », nous disait-il. La terre, rare en Châtillonnais, était
sacrée, fruit du travail d’une vie.
Ainsi, vous aviez l’invitation de remettre cet élément collé à vos
bottes dans le champ que vous veniez de traverser en sa compagnie.

Cette étrange région si traditionnelle et attachante, nous y avons
vécu 17 ans.

Notre première leçon d’histoire eut lieu sur le Mont Lassois à
proximité duquel fut découvert en 1953 le vase de Vix.
« Les fouilles n’ayant rien donné, les travaux devaient être suspendus
et grâce à la ténacité de M. MOISSON le trésor fut découvert ». M.
Th. Desliens – 19/05/2012.
Nous rencontrons alors d’une manière fortuite, un soir de mai 1979,
un jeune Californien et sa compagne véhiculés par un antique Ford
Transit bleu, probablement vestige post-soixante-huitard. Ce charmant
couple en cours de thèse d’histoire nous explique alors l’histoire du
lieu :
Ce site était le point cardinal de la route de l’étain. En effet, au cours
du premier millénaire avant J.-C., l’étain était un métal stratégique,
son alliage avec le cuivre donnant le bronze. La région de Vix, à
quelques kilomètres au nord de Châtillon, était un passage obligé pour
l’acheminer, venant des mines de Cornouailles vers le monde grec et
étrusque.
La Seine cessait d’être navigable à Vix, les convois empruntaient
ensuite la route pour rejoindre Marseille via la Saône puis le Rhône.
C’est à cet endroit que reposait la dame de haut rang âgée d’une
trentaine d’années, « princesse de Vix », parée d’un torque d’or,
collier favori des Celtes, accompagnée d’un important trésor dont le
fameux cratère ou vase de Vix.
Cette région était un pays de Celtes où la tradition druidique se
pérennisera longtemps, y compris sous la domination romaine. Le site
consacré le plus célèbre est la source de la Douix située en ville.

L’ouvrage de Nesle édité en 1860 (48) donne une excellente
description de la région dont beaucoup de détails restent d’actualité.
En voici quelques extraits :
15« Les deux vastes et arides plateaux qui entourent cette ville, et
auxquels elle vient heureusement faire diversion, sont des plus
monotones […]. Mais si le pays, sous le rapport des sites, est moins
bien partagé, il en est largement récompensé par son industrie et son
commerce qui ont un très grand développement. »
À l’aube de la révolution industrielle, E. Nesle met toutefois le doigt
sur la faiblesse de la région :
« Ce qui le rend plus spécialement florissant, ce sont ses importantes
usines métallurgiques. Les immenses forêts qui couvrent une partie de
l’arrondissement, et qui en font le plus boisé de France, facilitent
beaucoup l’exploitation de ces établissements auxquels il ne manque
que la proximité de la houille » […] La seconde source de prospérité
est l’agriculture, qui, grâce aux soins de quelques hommes éclairés et
d’initiatives, a pris un tel essor, qu’elle occupe aujourd’hui dans notre
département le rang le plus distingué. »

La sidérurgie s’éteindra progressivement, tuée par la révolution
industrielle et l’absence de houille.
L’activité se concentrera sur les céréales, l’élevage des bovins, la
vigne restant marginale.

Ainsi persiste la vivace race brune du Châtillonnais chère à Henri
Matrat, ancien maire de Prusly.

En lisant cet ouvrage fort plaisamment écrit, je suis étonné de n’y
trouver que peu de place pour les chevaliers de l’Ordre du Temple. Or,
parmi les grands maîtres, Hugues de Payns était Sire de Montigny,
seigneurie située non loin de Montbard.
André de Montbard signe ses origines et Jacques de Molay fut le
dernier Grand Maître. (Mais il y avait dans l’ancienne Bourgogne
plusieurs villages ainsi dénommés).
Le nom de certains villages, anciennes commanderies, ravive nos
souvenirs :
- Voulaine les templiers
- Bure les templiers
- La commanderie
C’est dans ce monde que va exercer Louis Desliens.



16







e LE VETERINAIRE DE CAMPAGNE À L’AUBE DU XX
SIÈCLE
LES ETUDES ET LA « GRANDE GUERRE »

























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