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Madagascar sous la 1ère République de 1960 à 1972 , livre ebook

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Description

Qu’est-ce que vous avez retenu de la Première République malgache entre 1960 et 1972 ? Certains répondent que « c’était la néo-colonisation », une colonisation sous une autre forme ou déguisée. Autrement dit « Tsiranana était une marionnette de la France, et le Pisodia une antichambre du Parti socialiste français ». Cela implique qu’il faut faire table rase de toute forme de colonisation et réclamer la « malgachisation » effective. D’autres disent que « c’était la période de décollage économique de Madagascar », « la période où l’on appelait Madagascar l’Ile Heureuse », « le niveau de vie était meilleur qu’aujourd’hui », « les PPN abondaient sur les marchés », « hafa ihany ny tamin’ny andron’i Tsiranana e ! », littéralement « ouf, le temps de Tsiranana était inoubliable ! ». Devant ces réponses contradictoires, plusieurs interrogations se posent. Nous essayons d’apporter dans ce manuel quelques éléments de réponses. Notons que ce n’est qu’une contribution à l’histoire de notre chère patrie.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2015
Nombre de lectures 2
EAN13 9782916362670
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0750€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Auteur : RAKOTONIAINA Bearisoa
Photos : ANTA et Archives nationales du monde du travail à Roubaix
Illustration couverture : Ramika
© Editions Jeunes Malgaches, 2023
Antananarivo 101 Madagascar
www.prediff.mg
ISBN : 978-2-916362-67-0


Liste des abréviations
AKFM : Antokon’ny Kongresin’ny Fahaleovantenan’i Madagasikara
(Parti du congrès de l’Indépendance de Madagascar)
BEI : Banque européenne d’investissements
CEE : Communauté économique européenne
FIDES : Fonds d’investissement économique et social
FAC : Fonds d’aide et de coopération
FED : Fonds européen de développement
FMI : Fonds monétaire international
FNDE : Fonds national pour le développement économique
GATT : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce
IEM : Institut d’émission malgache
MDRM : Mouvement démocratique pour la rénovation de Madagascar
MONIMA : Madagasikara Otronin’ny Malagasy
(Mouvement national pour l’Indépendance de Madagascar)
MRP : Mouvement républicain populaire
PADESM : Parti des déshérités de Madagascar
PCF : Parti communiste français
PPN : Produits de première nécessité
PSD : Parti social démocrate
RPF : Rassemblement du peuple français
SAVIEM : Société anonyme de véhicules industriels et d’équipements mécaniques
SFIO : Section française de l’international ouvrière
SMOTIG : Service de la main-d’œuvre pour les travaux d’intérêt général
TOM : Territoire d’outre-mer



INTRODUCTION
Après la Deuxième Guerre mondiale, tous les facteurs semblent converger vers la décolonisation. Le processus est long et complexe. A Madagascar, le futur statut de l’île fait l’objet de débats non seulement au niveau de la haute sphère de l’administration coloniale, mais surtout au sein des partis politiques malgaches ayant une sensibilité différente. L’histoire du pays s’imbrique fortement à celle de la Métropole. L’année 1958 reste très riche en événement, entre autres l’abrogation de la loi d’annexion du 6 août 1896 et la naissance de la République malgache. Les négociations relatives à l’octroi de l’indépendance se multiplient entre la France et Madagascar. Tous les paramètres entrent en jeu, tant sur le plan international qu’au niveau national. Le 26 juin 1960, la Grande Ile commence une nouvelle aventure : la Première République de 1960 et 1972. Avec le recul et d’après les archives récemment consultées, revisiter l’histoire de Madagascar pendant cette période constitue non seulement un devoir de mémoire, mais également un devoir d’histoire. Question très délicate car il s’agit d’une histoire du temps présent.
Ce manuel n’est qu’une contribution à l’histoire de Madagascar. Il comprend deux parties. La première présente la naissance de la République malgache et la trajectoire de l’histoire du pays aboutissant à son adhésion à la Communauté française. La présentation de celle-ci est également indispensable pour mieux comprendre l’histoire de la Grande Ile. La deuxième partie démontre le contexte politique et économique du pays durant le régime de Philibert Tsiranana (1960-1972). Quelques soient les impacts de la réalisation des différents plans de développement, Madagascar reste encore un pays sous-développé pendant cette période. Les Accords de coopération signés le 27 juin 1960 et qui relient d’une manière étroite la France et Madagascar sont remis en cause surtout au début des années 1970. Frustrés par la mainmise de la France, les Malgaches aspirent-t-ils à une nouvelle indépendance ?
 


PREMIERE PARTIE
L’ indépendance AU SEIN DE LA communauté française
La décolonisation aboutit à son terme vers la fin des années 1950. La République malgache est née suivant la première loi constitutionnelle du 14 octobre 1958 adoptée par les instances malgaches. Cette loi est issue du référendum de septembre de la même année qui transforme l’ancien Territoire d’outre-mer de Madagascar (Titre 8 de la Constitution de la Quatrième République française) en « Etat autonome » dans le cadre de la nouvelle Communauté (Titre 12 de la Constitution de la République française de 1958). Après quelques modifications formelles de la loi constitutionnelle pour être en relief avec la situation de l’époque, Madagascar devient un Etat indépendant à partir du 26 juin 1960. Durant cette période de la Première République malgache, les relations entre la France et Madagascar restent très étroites.
I- La naissance de la République malgache
La longue période de la décolonisation, qui commence approximativement, après la Seconde Guerre mondiale débouche à la naissance de la République malgache (1958) et par la suite à l’indépendance du pays (1960). Le 26 juin est accueilli avec une certaine euphorie qui fait appel à la cérémonie traditionnelle d’antan.

I.1- La décolonisation de Madagascar
Comme tous les pays colonisés durant la première moitié du XXe siècle, Madagasacar n’est pas épargnée du vent de la décolonisation qui souffle dans le monde après la guerre. C’est dans ce nouveau contexte que le pays s’émancipe.

a- La fin de l’Empire colonial
Lors de la Conférence de Brazzaville de 1944, alors que la France est encore en pleine guerre, le Général de Gaulle a écarté encore toute idée d’indépendance de ses colonies. Le fondement de la Conférence consiste à établir, sur des bases nouvelles, la mise en valeur des territoires africains, le progrès social de leurs habitants et l’exercice de la souveraineté de la métropole dans le cadre d’une communauté qui préfigure l’Union française. La Conférence recommande une large décentralisation administrative et la participation des indigènes à la gestion de leurs propres affaires. Ce qui signifie la création d’une Assemblée regroupant les élus français et ceux des pays appartenant à l’Empire. Ces mesures aboutissent par exemple à la suppression du Code de l’indigénat et les travaux forcés sous toutes ses formes, suivant la loi du 11 avril 1946 dite loi Houphouët-Boigny. Sur le plan économique, la loi du 30 avril 1946 prévoit la création du Fonds d’investissement économique et social (FIDES) pour moderniser les territoires coloniaux. Toujours dans le même ordre d’idée, Madagascar dispose de ses propres élus pour représenter la population malgache dans les institutions nouvelles créées au lendemain de la guerre. Néanmoins, toute évolution politique en dehors de la France demeure impossible. La France manifeste toujours sa volonté de maintenir ses possessions dans son sillage. La restauration de la Zone franc qui s’est disloquée pendant la guerre l’atteste.
Le nouvel ordre mondial à l’issu de la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) reste déterminant. L’URSS et les Etats-Unis d’Amérique sont devenus les maîtres du monde. Ces deux géants, en même temps rivaux, condamnent la pratique coloniale. Pour les Soviétiques, la position anticolonialisme se justifie par l’hostilité à toute forme d’impérialisme. Pour les USA, il s’agit principalement de barrer la route au communisme et d’écarter tout risque de trouble dû aux revendications nationalistes. Pourtant, il faut nuancer les faits. Les diplomaties américaines font savoir que les Etats-Unis souhaitent plutôt le maintien de l’ordre français qu’un désordre autochtone dont pourront bénéficier à peu près les éléments extrémistes hostiles aux formules politiques américaines comme le libéralisme. De plus, les responsables américains du Continent noir constatent la possible perméabilité de l’Afrique face à la propagande communiste de Moscou. C’est ainsi qu’ils pensent déjà l’Eurafrique : « l’Afrique pourrait devenir une entreprise d’exploitation commune des nations européennes ». Mais au début des années 1950, le remplacement de la souveraineté française dans les TOM n’est pas exclu.
La France, pays dévasté par le conflit mondial, est obligée de se soumettre à la réalité de l’après guerre. Elle doit se reconstruire, mais elle ne dispose pas des moyens indispensables pour relever sa tête de l’eau et redevenir une grande puissance. En tant qu’allié des USA, qui propose le plan Marshall, la France conjugue sa politique outre-mer avec celle imposée par les Etats-Unis. L’entrée des TOM, en 19, dans le processus de l’aide américaine se confirme. L’aide effectuée à chaque pays participant, permet comme en France de solder le déficit de la balance commerciale sur la zone dollar. Ces dollars servent donc à acheter aux Etats-Unis les produits dont les économies et les populations ont besoin, mais aussi des équipements dans le cadre des plans de développement des territoires. La contre-valeur de l’aide est utilisée pour financer en francs français les prêts accordés aux territoires pour le développement. Entre 19 et 1951, Madagascar obtient plus de 12 millions sur un total de 279 millions de dollars destinés pour les TOM. On peut citer également la création de la Zone d’organisation industrielle africaine (ZOIA) en 1950. L’exploitation autour du charbon de la Sakoa figure dans ce programme. Tous ces dispositifs conduisent vers la décolonisation, voir l’américanisation du monde. Les USA sont conscients du rôle stratégique joué par l’Afrique en général et Madagascar en particulier. On peut dire que la pression américaine accélère la fin de l’Empire.
b- Vers l’émancipation des colonies
Des changements en faveur de l’émancipation des colonies sont constatés un peu avant la naissance de la Quatrième République française en octobre 1946. Mais la reforme la plus importante est celle de la Loi-cadre de 1956. Cette loi proposée par Gaston Defferre, ministre SFIO de la France d’Outre-mer est adoptée par le gouvernement français dirigé par Guy Mollet. La loi Defferre accorde une assez large autonomie aux Territoires africains. Chaque territoire peut désormais élire ses représentants au sein de l’Assemblée locale appel

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