Scythes, Sarmates et Slaves
193 pages
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Scythes, Sarmates et Slaves , livre ebook

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Description

Ce livre évoque une très longue histoire de contacts et d'échanges, du IXe siècle av. J.-C. aux XIIe-XIVe siècles de notre ère, qui concerne la plus grande partie des actuels pays slaves d'Europe centrale et orientale. Il fait le point sur les liens entre les peuples scythes et sarmates et les ancêtres des Slaves, une question qui suscite toujours débats et passions au moment où dans ces régions les identités sont redéfinies et les histoires nationales réécrites.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2009
Nombre de lectures 379
EAN13 9782296231450
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

PRÉSENCE UKRAINIENNE
L’Ukraine, aussi vaste et peuplée que la France, héritière d’une longue histoire intimement liée à celle du reste de l’Europe et d’une culture riche et diverse, demeure une inconnue pour le public occidental, longtemps habitué à ne la considérer que comme une partie d’un ensemble russe puis soviétique.
Fidèle à la vocation des éditions L’Harmattan, la collection Présence Ukrainienne se propose de faire découvrir les multiples facettes de ce pays à travers une documentation de qualité, comprenant aussi bien des études originales que des traductions et des rééditions de textes fondamentaux oubliés ou introuvables sur l’Ukraine.
Titres de la collection : -Iaroslav LEBEDYNSKY, Le Prince Igor, 2001. -Guillaume LE VABSEUR DE BEAUPLAN, Description d’Ukranie, 2002. Réédition du texte de 1661 ; introduction et notes de Iaroslav Lebedynsky. -Mykola RIABTCHOUK, De la « Petite-Russie » à l’Ukraine, 2003. Préface d’Alain Besançon, de l’Institut ; traduit de l’ukrainien par lryna Dmytrychyn et laroslav Lebedynsky. -Roxolana MYKHAÏLYK, Grammaire pratique de l’ukrainien, 2003. Traduit de l’ukrainien par Iaroslav Lebedynsky. -Iryna DMYTRYCHYN, Grégoire Orlyk, un Cosaque ukralnien au service de Louis XV, 2006. -Iryna DMYTRYCHYN, L’Ukraine vue par les écrivains ukrainiens, 2006. Sélection de textes, édition bilingue. -Prosper MÉRIMÉE, Bogdan Chmielnicki (fac-similé de l’édition de 1865).
Iaroslav LEBEDYNSKY, Ukraine, une histoire en questions, 2008. -Maroussia, 2009. Fac-similé de l’édition originale du classique de P. J. Stahl, avec le texte inédit de l’œuvre en français de Marko Vovtchok ; introduction d’Iryna Dmytrychyn.
Scythes, Sarmates et Slaves

Iaroslav Lebedynsky
Du même auteur (travaux relatifs à l’histoire de l’Ukraine)
Aux éditions de l’Harmattan :
Le Prince Igor, 2001.
[Introduction et notes pour :] Guillaume Le Vasseur de Beauplan, Description d’Ukranie, 2002.
Ukraine , une histoire en questions, 2008.
Aux éditions Errance :
Les Scythes, 2001.
Les Sarmates, 2002.
Les Cimmériens, 2004.
Les Cosaques, une société guerrière entre libertés et pouvoirs. Ukraine, 1490-1790, 2004.
Les Alains (avec V. Kouznetsov), 2 ème édition, 2005.
Les Nomades, les peuples nomades de la steppe des origines aux invasions mongoles, IXe siècle av. J.-C. - XIIIe siècle apr. J.-C, 2 ème édition, 2007.
Les Indo-Européens, faits, débats, solutions, 2 ème édition, 2009 [sous presse].
Chez d’autres éditeurs :
Histoire des Cosaques. Terre Noire, Paris, 1995.
© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296092907
EAN : 9782296092907
Sommaire
PRÉSENCE UKRAINIENNE Page de titre Page de Copyright INTRODUCTION I — MYTHES ET THÉORIES SUR L’ORIGINE « SCYTHIQUE » DES SLAVES II — LES RAPPORTS ENTRE PEUPLES SCYTHIQUES ET SLAVES D’APRÈS L’HISTOIRE ET L’ARCHÉOLOGIE III — L’EMPREINTE SCYTHIQUE CHEZ LES SLAVES CONCLUSION ANNEXES Les alphabets cyrilliques BIBLIOGRAPHIE
A la mémoire de Tadeusz Sulimàrski (1898-1983)
« Sous l’enveloppe des vieux Sarmates qu’ils n’ont pas encore déposée, ils conservent les âpres instincts de leurs aïeux. »
G. Boué, à propos des « Ruthènes » (Ukrainiens) des Carpathes, in La Hongrie historique, Paris, 1851.
INTRODUCTION
Partons d’un constat : durant plus d’un millénaire (IXe siècle av. J.-C. - premiers siècles de notre ère), une grande partie du territoire peuplé aujourd’hui de Slaves — principalement l’Ukraine et le sud de la Russie — a été dominé par des peuples de cavaliers nomades de langue majoritairement iranienne. Après les énigmatiques Cimmériens, les Scythes, Sarmates, Alains y ont vécu au contact des civilisations méditerranéennes classiques, grecque puis romaine, mais aussi de différents peuples « barbares » parmi lesquels devaient figurer les ancêtres des Slaves, dont le foyer primitif est habituellement localisé en Europe centre-orientale. Les derniers représentants de cet ensemble de peuples « scythiques » dans la région sont attestés jusqu’en plein Moyen Age.
Le prestige de ces peuples, bien connu par les sources antiques, a beaucoup pesé dans la recherche des origines des Slaves, particulièrement de ceux des Slaves Orientaux qui occupent désormais les anciennes « Scythie » et « Sarmatie ». Au cours des siècles, cet intérêt a inspiré de véritables mythes. L’exemple le plus achevé en est le Sarmatisme polonais, devenu à l’apogée de la Pologne classique une source d’inspiration culturelle et un programme politique. Cette mythogenèse a survécu à l’avènement des disciplines scientifiques, notamment de la linguistique qui a démontré dès le XIXe siècle que Scythes et Sarmates avaient parlé des langues iraniennes et non slaves ; elle connaît même une nouvelle jeunesse en Ukraine, en Bulgarie, en Croatie... à la faveur du besoin de racines et d’identité des peuples de l’espace post-communiste.
Mais tout en démentant l’idée simpliste d’une continuité directe entre les anciens peuples scythiques et les Slaves, la science moderne a mis en lumière bien des éléments qui suggèrent des rapports étroits et durables entre eux, et de fortes influences des premiers sur les seconds.
De ces rapports, de ces influences, l’inventaire n’est pas terminé. Leur importance dans la formation et l’évolution initiale des populations slaves est controversée. La question, d’ailleurs, est étudiée séparément dans le cadre de diverses disciplines (histoire, archéologie, linguistique, anthropologie physique, histoire culturelle et histoire de l’art...), dont les résultats sont rarement collationnés.
La présente étude propose une synthèse des connaissances, des hypothèses et des interrogations actuelles sur le problème.
Nous rappellerons d’abord les conceptions pré-scientifiques de la question, et évoquerons certains de leurs prolongements para- ou pseudo-scientifiques modernes.
Nous détaillerons ensuite les faits, tels que l’histoire et l’archéologie permettent de les reconstituer.
Nous examinerons enfin l’empreinte laissée par les peuples scythiques en milieu slave.
Nous proposerons, en conclusion, une évaluation du rôle réel des peuples scythiques dans le destin des Slaves.
Une difficulté classique de ce type de travail réside dans la nécessité de comparer entre eux des ensembles inégalement connus et qu’il convient ici de définir : les peuples scythiques d’Europe, et les Slaves.
Les premiers sont les populations de tradition nomade (certains groupes se sont sédentarisés à un stade de leur histoire) qui se sont succédé dans les steppes d’Ukraine et de Russie méridionale entre le début du ler millénaire av. J.-C. et le milieu du Ier millénaire apr. J.-C. - avec, comme on l’a dit, des survivances beaucoup plus tardives. Ces populations étaient apparentées par le mode de vie et la culture et, comme nous le savons aujourd’hui, par la langue. Leurs parlers se rattachaient en effet à la branche iranienne de la famille linguistique indo-européenne, plus précisément à son rameau dit oriental. Il faut souligner dès à présent que cette affiliation linguistique ne signifie absolument pas que ces peuples « venaient d’Iran », encore moins qu’ils parlaient, comme on peut le lire dans certains textes de vulgarisation, le persan ! Bien au contraire, la branche appelée « iranienne » de l’indo-européen s’est probablement individualisée à l’âge du Bronze dans les steppes eurasiatiques, et n’a gagné que plus tard le plateau iranien. Les peuples iranophones nomades des steppes dans l’Antiquité sont groupés sous la dénomination générale de peuples scythiques ou « Scythes » au sens large — dont les Scythes au sens strict n’étaient qu’une partie.
Les peuples scythiques d’Europe, qui nous intéressent ici, comprennent ces Scythes stricto sensu (VIIe-IIIe siècles av. J.-C.), les Sauromates (Vlle-IVe siècles av. J.-C.) puis Sarmates (IVe siècle av. J.-C. - Ve siècle apr. J.-C.), enfin les Alains (Alains nomades aux Ier-Ve siècles, puis leurs descendants sédentarisés). Pour des raisons qui seront détaillées plus loin, on peut vraisemblablement leur rattacher les nomades pré-scythes identifiés aux « Cimmériens » des sources antiques. Ce groupe de peuples est aujourd’hui éteint à la notable exception des Ossètes du Caucase central, qui prolongent une partie des Alains fixés dans la région après les invasions hunniques des IVe-Ve siècles.
Nos connaissances sur ces populations antiques sont abondantes mais fragmentaires. Elles n’avaient pas d’écriture, si bien

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