Le fractionnement de la médecine en de multiples spécialités et thérapies diverses est à la fois choquant et surprenant. Il semblerait pourtant logique qu’au lieu d’éparpiller et de diviser la médecine, il faille tout au contraire la rassembler en un seul ensemble ce qui apporterait des outils nouveaux et très profitables pour tous les malades… La connaissance du corps et de la maladie par la science ne peut tout traiter car l’être vivant n’est pas réductible au biologique. Ce constat se retrouve dans le décalage existant entre les nombreuses avancées scientifiques en médecine et en thérapeutique et le vécu subjectif du patient.Les études de médecine offrent un enseignement remarquable sur les nombreux mécanismes du corps humain. La physiologie et l’anatomie sont développées jusque dans leurs plus infimes détails. Mais la séparation de la médecine en différentes spécialités y est déjà instaurée comme une évidence. Or, si ce processus de spécialisation (division) se poursuit, il y aura dans l’avenir un accroissement important du nombre des spécialistes dans des domaines variés… Le résultat est que les médecins savent de plus en plus de choses sur de moins en moins de sujets. Ils deviennent aussi très « techniciens » et moins humains… À ce rythme, toute la médecine obéira bientôt à une standardisation complète des examens et des traitements.Dans le cursus d’enseignement médical (hors spécialisation), une place encore modeste est laissée à ce qui pourrait s’intituler la « médecine globale ». De plus, l’étude du psychisme n’y est présentée que sous l’angle de la pathologie : dépression, schizophrénie, phobies, etc. Quant aux interactions possibles entre les deux, elles sont limitées aux effets délétères du stress, le reste étant considéré comme relevant davantage de la philosophie que de la médecine… Comme si l’esprit n’influençait pas (ou très peu) l’organisme dans lequel il vit en dehors de ces quelques situations pathologiques !