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Les droits de l'âme

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Description

Notre société oublie trop souvent, quand elle ne la méprise pas, le double aspect de l'âme : à la fois spiritualité (universalité) et personne unique (singularité). La thèse défendue ici est que l'âme, virtualité d'être, non seulement est une question d'intérêt public, mais aussi qu'elle doit se voir accorder des droits, de véritables droits reconnus par la communauté nationale, sinon universelle. Que nous ayons ou non une âme, telle ou telle question de société sera abordée de façon très différente.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2009
Nombre de lectures 194
EAN13 9782296213098
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sommaire

Introduction………………………………..

PREMIÈREPARTIE…………………....
Réflexions sur lavérité……………………
Lavérité estbiodégradable………………..
Le «régime de lavérité »selon
Foucault………………………………..
Lahaine de l’âme………………………….
«Dieu ?Vous le reverrezbientôt! »……..
Sartre,athée mystique?...............................
Lecrible préalable de laraison …………...
Les “Lumières” selonKant……………
«L’importance toute particulière »
de lapsyché……………………………......

DEUXIÈMEPARTIE……………………
Lanouvellecontestation…………………..
La tentationtotalitaire……………………..
Une politiquecontreproductive……………
Sectes et société : quel estle risque?...........
Une nocivité fortement exagérée.................
«Discuter de l’indiscutable »…………
Dubon usage des “sectes”………………...
Pour un “marché libre” desconvictions…...

TROISIEMEPARTIE…………………..
L’homme existe-t-il?...................................
L’homme:unsingecomme lesautres ?......

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Homme/animal:une différence de degré?.
Le présupposé métaphysique darwinien…..

QUATRIEMEPARTIE………………....
Lapaille et lapoutre……………………….
LeBien et lebien……………………...
Enquoisuis-je libre ?..................................
Le for intérieur, fort inexpugnable………...
Le « je » n’apasdesexe…………………..
Droits de l’âme…………………………….
Autonomie et responsabilité…………...
Qui est souverain:l’Etat ou l’individu ?.....
Souverain maître de monâme……………..
L’homme n’est pas gouvernable parautrui..
Les devoirs de l’âme………………………

CINQUIEMEPARTIE………………….
Undémonenchacun de nous……………..
Descartes:des « songes venus d’en haut ».
Une explication neuroscientifique………...
Recruter lecerveau préfrontal……………..
Deuxmodesde fonctionnementdumoi.
Lesfacultésde l’âme………………………
Unir loi naturelle et loi personnelle………..
Le mal ?Ne pas penser……………………
«Grâceau discernement de tonâme »..
Parerau risque de l’exaltation……………..
Apprendreàpenser par soi-même…………
Les piliers de l’honnêteté intellectuelle..
L’esprit fraternel, terreau de l’âme………..

CONCLUSION…………………………..
Conséquencesattendues……………….

BIBLIOGRAPHIE……………………….

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Introduction

Fraternité, liberté, égalité
Devise de la Républiqueuniverselle

« Vais-je vivre d’une façon ou d’uneautreaprès ma
mort ? »
C’est laquestioncentrale, majeure, première, la
1
questionquetout unchacunse pose,qu’il ne peutpasne
pas se poser.À côté d’elle,touteslesautres questions
paraissentbien superficielles oudérisoires.C’est la
question philosophique etmorale par excellence.
À cettequestion, leshommesont répondude diverses
manières toutaulong de leurhistoire.Penseurset
prophètesontdéveloppé de multiples théories,certaines
s’étantconcrétiséesenreligions.Parmicelles-ci,beaucoup
ontévoqué leconceptde l’âme, principespirituel ou vital
sensé dureréternellement.L’âme futainsiconsidérée
commecequ’il fallait«sauver» en nous, parfoismême
parcontrainte extérieurecommeau tempsde l’Inquisition.
Avecl’avènementdes Lumièresetl’essorde la
science, lanotionse dégonflecommeunebaudruche
crevée parlescalpelchirurgicalsousduquel elle
n’apparaîtpas.
Qualifiée d’« imposture de prêtre » par un d’Alembert,
l’âme finitparne plus subsister que de façonsymbolique
oudansdescroyancesprécises,commecelles, par
exemple, de larésurrectioncatholique oude la
transmigration hindoue.

1
Une fois satisfaitslesbesoinsdebasequesontlanourriture, le
logement, lasanté etlasécurité.

9

Dans le langage moderne, essentiellement
matéria2
liste ,elleaperdu toute signification réelle.Le droit
l’ignore et laremplace,au mieux, par l’idée de
« personne ».
Ai-je,avons-nous uneâme ?
Poserpubliquementla questionsembleaujourd’hui
déplacé.Ou, dumoins, inconvenant:«C’est du ressort de
lavie privée ! ».Dans notre société laïque, l’âme,concept
philosophique ou religieux, n’aplusdroit decité. Dece
fait, laquestion de lasurvieaprès lamort etcelle de
l’éternitésont reléguéesauxréunions decatéchisme des
églises, des temples, des synagoguesoudes cercles
philosophiques.
Lathèseque nous voulonsdéfendre ici estque l’âme,
nonseulementest unequestion d’intérêtpublic, maisaussi
qu’elle est virtuellement et qu’elle doit sevoiraccorder
des droits, de véritables droits reconnus par la
communauté nationale,sinonuniverselle.
En effet,selonque nous avonsounonuneâme,telle
ou tellequestion desociétésera abordée de façontrès
différente.
Quecesoitlafin devie, lestatutduftus, leclonage,
lasanté de façon générale, l’orientation de larecherche
scientifique, lerapportentre l’espritetlecorpsoula
matière, le problème desguérisseursetdesmédecines
complémentaires, laquestion des religions, des secteset
de lalaïcité, lajustice, ladifférence entre l’homme etla
femme, entre l’Homme etl’animal, etc.,tousces thèmes
seront traitésdifféremment selonque l’onreconnaîtou
nonune existence, oudumoins,une possibilité
d’existence,àun principevitalspécifiqueàl’homme.

2
Dumoinsdansnotresociété occidentale.

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Affirmer simplement qu’elle n’existe pasn’est
satisfaisantni sur le plan philosophique, ni sur le plan
politique, lesdeuxplans qui nousintéressent ici.

*

3
Nn’est potre thèseas ladéfense d’unequelconque
religion mais d’un droit nouveau («Chacunale droitàla
reconnaissance en tous lieuxdesapersonnalitéunique» et
«Chacunale droitde mener sa vieselon sa conscience »)
fondésurla convictionque,son âme étant son bien le plus
précieux, l’homme n’est pas gouvernable par une autre
autorité que par l’autorité de sa conscience.
L’âme, pardelàdesconceptions religieuses, estdéfinie
icicommel’ensemble des facultés permettant
4
l’accomplissement de l’individu,cetaccomplissement
n’étantpossibleque dansl’amouretla liberté de choisir
ses pensées et d’agir en conséquence.
Nous verronsplusloin enquoiconsistent cesfacultés.
À ce“droit”corresponduneresponsabilité etdes
“devoirs”:respecter les droits d’autruietêtre juste.
Et, pourque le droitaux Lumièrespuissevraiment
porter sesfruitsdevie, il doit s’accompagnerenchaque

3
«Notre »:pluriel de plume.
4
Autre formulation possible:l’âme estl’organevirtuel (le germe
spirituel) permettantlanaissance, facultative et volontaire, de l’être
réel (qu’il survive ou non après la mort).CarlJung emploie
l’expression «individuation » pour« désignerle processusparlequel
un être devient un“in-dividu”psychologique,c’est-à-direuneunité
autonome etindivisible,unetotalité ».Selon lui, «lavoie de
l’individuationsignifie:tendreàdevenir un êtreréellementindividuel
etdanslamesure oùnousentendonsparindividualité laforme de
notreunicité laplusintime, notreunicité dernière etirrévocable, il
s’agitde laréalisation de son Soi danscequ’ilade pluspersonnel et
de plus rebelleàtoutecomparaison », inC.Jung,Ma Vie, souvenirs,
rêves et pensées,Gallimard,Paris, 1967.

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individu (cela aététrop longtempsnégligé) dudevoir de
s’informersurl’évolution desconnaissances généraleset
de s’éclairer.
Devoiréthiquebiensûr,qui ne peutdoncjamaisêtre
imposé pard’autreque par sapropreconscience.
Voilàl’essentiel deceque nousallonsdévelopperdans
lespages quisuivent.

*

Cetteconception impliqueune prise en compte
politiquede l’intériorité humaine.
Ilserait temps,carlareprésentation nationale
ellemêmecommence, plusoumoinsdirectement,àse
préoccuperde laquestion.
Deuxdéputés,AlainClaeys(PS),connupour ses
travaux surl’appropriation du vivant,
etlebiologisteJean5
SébastienVialatte (UMP), élaborentactuellementdes
propositionsdansle domaine desneurosciences, dansle
cadre de larévision desloisdebioéthique.Pourles
préparer, ilsontauditionnéquinze experts, philosopheset
sociologues, ouporteursde débatsdanscechamp.
Certaines questionsontabordéunterrainàlafrontière
entre lascience etlaphilosophie,siège précisémentdufor
intérieur.
Ainsi,
faceauxavancéesdesconnaissancesphysicochimiques, neurologiquesetbiologiquesducerveau, nous
allonsnous trouver, disentlesdéputés, devantlanécessité
de définirparexemplequelsera« le statut de la
conscience, de la pensée, de l'âme ou de la volonté ».
Un effort supplémentaire doncdevientnécessaire, de
lapartdesphilosophes, des religieuxetdeshumanistesen
général pourapprofondiretaffinerleurspositions.Ilva

5
Àl’heure oùnousécrivons, octobre2008.

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leur falloir mieux connaître etcomprendre lesdécouvertes
actuellespourasseoir leurs théories et leursconvictions.
En effet, il ne faudrait pas que les scientifiquesdictent
seulsles basesdesfuturesdécisions politiques surce sujet.
Lecitoyen doitêtre tenu très informédesénormesenjeux
quisecachentderrièrecesprojetspourpouvoirexprimer
ensuitesesopinions.
Notre ouvragea ainsi pourobjetde participerà cette
réflexioncollective.Il proposequelquesidéespouvant
préfigurer un futur« droitde l’âme »,ànotreavis
indispensable pourpréserver, faceaudéveloppement
exponentiel desmoyensd’agir surlecorps, lecerveauet
lapensée de l’homme.

*

Quesait-on doncvraimentdecequ’estl’homme?
Les religionsetlesphilosophiesnesontpasd’accord
entre elles surl’existence etla survie d’unprincipe
psychique individuel.Résurrection,retours successifs sur
la Terre,refonte dansleGrandTout, passage dansle
purgatoire ou résidence définitive enEnferouauParadis,
disparition pure,simple etdéfinitive:leconsensusn’apas
ététrouvésurcetaspectmajeurqui poseun problème,soit
diten passant,àlaseule espèce humaine.
Nous sommes tousd’accordque nousdevons tous
manger,boire, dormir, etc., maisnousnousopposonsles
unslesautres surl’idéeque nousnousfaisonsde
nousmêmesetde notre humanité.
Déjà, nousn’avonsmême pas trouvé le moyen de
savoiravec certitudesi ladifférence entre l’homme et
l’animal est une différence dedegré,comme le pensent
Darwin et,aveclui, de nombreux contemporains, oude
nature,comme l’affirmentde nombreuses religionset
philosophies.

13

Cettequestion, pourtantcruciale, est finalement laissée
àl’appréciation dechacun.
Trèsbien.
Saufqu’aujourd’hui les sciences et des technologies
permettent l’exploration de nos organes les plus intimes et
de noscellules les plus infimes.L’imagerie par résonance
magnétique (IRM), parexemple, faitentrer l’il du
médecin jusque dansl’organe où semble siéger notre
“principe individuel”, lecerveau.Elle fait entrer sonil,
maisaussi samain, par le truchement de ses outils et des
substances qu’ila concoctées.
En laissantla science, etnotammentlamédecine et
sonacadémie, décider decequ’estounon l’âme humaine,
ne risquons-nouspasde nousdéposséderd’un pourvoir
essentiel,celui de maîtriser notre vie, nos pensées, notre
destin, notre être ?Si, par exemple, l’âme existe maisn’est
pasdécelable parles instrumentsactuellement en notre
possession,qui peut affirmeravec certitudequ’elle n’est
pas atteinte d’une façon oud’uneautre par tel ou tel mode
opératoire ?
Qui peut dire lesconséquencespour l’âme, par
exemple, d’une transplantationcardiaque, d’une
transfusion sanguine, de laprise desmédicaments, de la
procréation médicalementassistée?
Qu’on nouscomprennebien.Il nes’agitpasderefuser
lesbénéficesoffertsparlesextraordinairesdévelop-
pements scientifiqueset technologiques que nous
connaissons.Ilsont sauvétellementdevieset soulagétant
desouffrances qu’ilseraitabsurde de lescontester.
Maisles richesapportsdecesavancéespeuventêtre
interrogés sous unangle jusqu’à aujourd’hui ignoré,celui
de leursimpacts surnotreâme,sicelle-ci existe.
Maispourquoi nousinterroger sur uneréalité
hypothétique et sansdouteàjamaisindémontrable?Neserait-ce
pas une perte detemps, et une naïveté,que deréfléchirà

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