De la foi en dieu
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Description

En Islam, on nous parle souvent de châtiments, de punitions et d’interdits. On oublie par insouciance, négligence ou ignorance, combien il est essentiel de rappeler l’humain à toute cette dimension noble du pardon, à la grandeur de l’amour et à l’infinie miséricorde de Dieu. Les réflexions sur la foi sont des méditations aussi bien sur l’amour, car que vaut la foi si nous ne savons aimer? Sur l’espoir, car comment affirmer et confirmer sa foi si nous ne savons espérer en le Très Doux malgré les insuffisances et les douleurs, les peurs et les trahisons...Ce sont également des pensées sur le pardon qui libère, la générosité qui élève et le respect qui humanise...

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Publié par
Date de parution 24 juin 2015
Nombre de lectures 28
EAN13 9791022500791
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,036€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction par quelque procédé que ce soit, sont réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1434-2013
EAN : 9782841619795
D INA K ADIRI
D E LA FOI EN D IEU
Qui est plus injuste que l’homme qui M’adore pour gagner le Paradis ou éviter l’Enfer ?
Si Je n’avais pas crée le Paradis et l’Enfer, ne mériterais-Je pas que l’on M’adore ?
Psaumes 1
AVANT-PROPOS
Si nous méditons sur le monde dans lequel nous vivons, sur nous, en tant qu’êtres vivants… et, réfléchissons à la vie, au sens que chacun d’entre nous lui donne.
Si nous nous interrogeons à propos du temps, que nous maîtrisons si peu, et sur les signes, autour de nous, en nous…
Et puis aux enseignements du verset 190 de la 3ème sourate du Coran : « Il y a, dans la création des Cieux et de la terre et dans la succession de la nuit et du jour, des signes pour ceux qui sont doués d’intelligence » .
Si nous nous penchons sur les messages que nous avons reçus à travers les siècles par le biais de divers et nobles envoyés dont la parole commune qui les unit est celle de la paix … Nous saurons que c’est en Dieu qu’il faut croire. Nous comprendrons également que la religion auprès de Dieu appelle sans cesse à cette Paix.
Et lorsque nous œuvrons dans ce sens, c’est-à-dire pour et par la paix, nous accomplissons devant Dieu un acte de foi.
Cette foi est fondamentale, aussi avons-nous tenté dans cet ouvrage d’y réfléchir à travers certains thèmes qui nous semblent majeurs.
En lisant le Coran et en nous imprégnant des dires du prophète Muhammad, nous arrivons facilement à saisir le sens de “la foi” et pour nombreux d’entre nous, à la ressentir en notre cœur.
L’imam Al Bûkhari, rapporte qu’un jour, un homme nommé Jabir ibn Mu’tam, polythéiste, entendit le messager Muhammad, réciter le verset 35 de la sourate 52 - Le Mont- : « Ont-ils été créés à partir de rien ? Ou seraient-ce eux les créateurs ? » .
D’après le narrateur du hadith, Jabir confia qu’après avoir écouté ces paroles, la foi emplit son cœur pour la première fois.
Avoir la foi, c’est être convaincu de l’existence de Dieu aussi bien par la raison que par cette intuition innée, cette « Fitra » au plus profond de notre cœur, qui n’est en nous que par la grâce de Dieu et par Sa miséricorde.
Par le biais du prophète nous avons reçu différentes définitions de ce que la foi signifie et du chemin à prendre pour la vivre. Dans l’un de ses hadiths, rapporté par l’imam Muslim, le messager dit, en réponse à Jibrîl qui le questionnait au sujet de la foi : « Elle consiste à croire en Dieu, Ses anges, Ses livres, Ses messagers, au Jour du jugement, puis de croire au destin en mal ou en bien » .
Ainsi, le hadith du messager relaté par Ahmad Ibn Hanbal et rapporté par Abû Hurayra explique comment la foi est constituée de différents degrés, dont le plus élevé est la déclaration de l’unicité, « il n’y a d’autre Divinité que Dieu l’unique ». Parmi les autres degrés, il y a le simple fait d’écarter du lieu de passage des gens, ce qui peut constituer un danger pour eux.
Plusieurs auteurs, dont Al-Bayhaqî, ont consacré des ouvrages entiers à expliquer ces degrés. Il en ressort ce qu’enseigne un autre hadith : « La foi se traduit en paroles et en actes » . Il est, par suite, inconcevable de dire, comme on l’entend régulièrement, qu’il est possible de croire sans pratiquer. Mais de la même manière, il est inconcevable de condamner ceux qui ne pratiquent pas ou de les juger, et ce, au nom de notre foi en Dieu. Car au nom de celle-ci nous leur devons le respect inconditionnel.
Mais, rappeler uniquement et conseiller puis comprendre que croire en Dieu signifie faire en sorte que toute notre vie soit soumise aux prescriptions divines, sans dissocier entre la foi et l’action.
Dans le Coran, on nous avertit à la sourate 18 - La Caverne-, à son verset 30 : « Tandis que ceux qui croient, pratiquent l’œuvre salutaire… Nous ne faisons perdre son salaire au bel-agissant ».
Dieu désigne les croyants véritables comme étant ceux qui croient et font le bien, c’est-à-dire ceux qui croient et agissent en conséquence… Selon ce que Dieu a révélé, selon ce que le prophète a transmis, ce qu’il nous a enseigné, notamment le respect de toutes les vertus relatives au bon comportement.
Concernant la première partie de la foi, la plus élevée et éminente qui est celle d’attester qu’il n’y a de Dieu que Dieu, nous nous devons de faire remarquer que cette reconnaissance du Très Haut se doit d’être faite avec certitude et honnêteté, puisque étant source de toute sorte de bonheur.
C’est ainsi que nous le confirment différents hadiths du prophète. Dans le premier rapporté par l’imam Muslim, il nous est prié d’annoncer la bonne nouvelle à toute personne qui témoigne qu’il n’y a point de divinité en dehors de Dieu, avec certitude, du fond de son cœur, de lui dire qu’elle entrera au paradis…
Dans un second hadith, rapporté par Ahmad, le prophète nous informe que quiconque atteste que Dieu est la seule divinité digne d’adoration, honnêtement, en son for intérieur, entrera au paradis.
La sincérité et la certitude sont les éléments essentiels à l’instant même de notre témoignage. En réalité dire « il n’y a de Dieu que Dieu », peut sembler difficile à réaliser avec certitude dans la mesure où il faut imaginer Dieu et que Dieu transcende l’imagination.
À ce titre, pourquoi ne pas rappeler ces paroles de Marc Ouaknin qui dit dans son ouvrage « C’est pour cela qu’on aime les libellules » : « Le « pourquoi ? » est une des modalités fondamentales de l’être homme. La capacité de s’étonner, de s’interroger sur l’événement, la non-indifférence aux situations qu’il rencontre font de l’homme un être de liberté, sortant du déterminisme, des chemins tracés, où tout est décidé à sa place… La possibilité même du « pourquoi ? » est l’indice d’une conscience qui peut assumer la responsabilité de son histoire et, mieux encore, métamorphoser le destin en Histoire… »
Certes, il arrive à l’homme de s’interroger de questionner. Il lui arrive peut être de douter. Certes, s’il désire tout comprendre avec ses modestes capacités sans réaliser et prendre conscience que certaines choses de la vie il faut les ressentir, il doutera. Il faut par suite accéder à la foi par le cœur, un cœur purifier qui permet de reconnaître le Très haut dans Sa Douceur et Son Unicité. Et l’homme se doit de se souvenir que ce Dieu recommande la sincérité avant toute chose et par suite avoir confiance en Celui qui ouvre le cœur de tous ceux qui s’efforcent de parvenir à Sa proximité. Comme Il nous le dit dans la 2ème sourate du Coran, Il est proche et répond à l’appel de celui qui l’appelle quand il L’appelle.
En effet, la foi a pour repos le cœur, aussi bien comme lieu de la miséricorde ou de la bonté et comme celui d’une intelligence particulière. La foi à laquelle nous invite le Coran ne semble pas s’accorder avec le pari de Pascal reposant sur un doute sous-jacent. C’est aussi pourquoi le terme croire ne peut correctement définir la foi islamique, car là encore la part du doute est trop prégnante.
Le premier verset de la seconde sourate du Coran nous enseigne que : « Ce livre (le Coran) ne contient rien de douteux » . Et qu’ainsi, l’aspirant à Dieu peut ne pas reconnaître Dieu dans Sa grandeur et ne pas comprendre entièrement les enseignements de référence, mais il ne peut douter de leur vérité foncière car il ressent du tréfonds de son cœur cette intimité à Dieu. C’est en ce sens que sa quête sera dès lors une recherche et un voyage vers Dieu.
La foi, à l’image des autres vertus traditionnelles, est une vraie énergie de l’être dans laquelle le croyant pense le Puissant de la manière dont Dieu dit de le faire, de la façon dont Il s’est décrit Lui-même. Le verset 35 de la sourate 24 -La lumière-, nous révèle : « Dieu est la lumière des cieux et de la terre. Semblance de Sa lumière : une niche où brûle une lampe, la lampe dans un cristal ; le cristal, on dirait une étoile de perle : elle tire son aliment d’un arbre de bénédiction, un olivier qui ne soit ni de l’est ni de l’ouest, dont l’huile éclaire presque sans que la touche le feu. Lumière sur lumière ! Dieu guide à Sa lumière qui Il veut…
-- Et Il use, à l’intention des hommes, de semblances, car Dieu est Connaissant de toute chose… »
Une énergie douce et solide qui permettrait de méditer sur ce hadith fréquemment cité par les soufis : « J’étais un Trésor caché et J’ai voulu être connu, à cette fin J’ai produit la création et par elle Je fus connu ».
Peu importe, le chemin qui nous mènera à attester qu’il n’y a de Dieu que Dieu, l’essentiel est que cette attestation soit faite avec croyance, du tréfonds de notre cœur, car Dieu dans Sa grande générosité récompense ceux qui témoignent ainsi, de Son unicité.
L’imam Muslim rapporte ces hadiths du prophète Muhammad : « Quiconque proclame qu’il n’y a point de divinité en dehors de Dieu et renie tout ce qui est adoré en dehors de Lui l’Unique, aura les biens et le sang inviolables. Et son compte sera imputé à Dieu l’Exalté et le Très Haut » .
« Quiconque meurt en sachant qu’il n’y a point de divinité en dehors de Dieu entrera au Paradis ».
Dieu commande aux hommes de croire … Il demande à ceux qui croient, de toujours garder espoir en Lui, et en qui d’autre pourraient-ils placer leur confiance ?
Dieu protège Son serviteur à qui Il recommande d’être plus attentif, plus réceptif aux innombrables manifestations divines…
Parmi les significations dérivées de la racine du mot foi en arabe : amana, nous trouvons celle d’amân, sécurité, celle d’amîn, fidèle, digne de confiance. C’est le nom par lequel les citoyens de la Mecque qualifiaient le Prophète avant l’avènement de sa mission divine. Mais c’est plus précisément la signification du mot amana, dépôt de confiance, qui nous intéresse ici. Ce terme renvoie à un verset coranique dont l’importance est centrale pour le thème de la foi. De même racine que le terme foi imân, le dépôt de confiance amana est la connaissance intégrale de la tradition donc du verbe divin que synthétisent les branches de la foi.
Vue sous cet angle, la foi, pour être vécue, nécessite une proximité à soi, une intimité à Dieu et une confiance et une espérance infinies. Un hadith nous demande de : « Goûter le festin de la foi », la notion de goût renvoie à celle de vécu personnel. Sans cette dimension, il est impossible de savoir réellement ce qu’est la foi. Et pour parvenir à un niveau de foi élevé, de nombreuses années d’étude et de pratique peuvent être nécessaires comme une seule et simple seconde peut suffire avec l’aide du Très généreux qui n’abandonne jamais ses humbles serviteurs qui s’en remettent à Lui dans la confiance et l’amour.
Il faut probablement une vie entière pour apprendre à aimer, ou encore un instant pour vivre la vérité de l’amour… Ce qui est triste surtout c’est de rester sans amour, sans foi… Comme le dit si bien Ibn ‘Arabî : « La foi que je professe est celle de l’amour ». Un cœur où naît la foi voit poindre l’aube de l’amour et un cœur où la foi s’est épanouie a consumé la présence de tout autre que Lui.
L’ ESPOIR DONNE SENS À LA VIE
Le philosophe suisse Frithjof Schuon dit qu’il est précieux d’être intimement persuadé et des choses vers lesquelles nous tendons, et de notre capacité de les atteindre avec l’aide de Dieu. Il s’agit là, bien évidemment, de l’espoir. Ce sentiment fort et doux, étrange et reposant, qui donne sens à la vie. Ce sentiment intime qui alimente nos rêves, illumine nos esprits et oxygène nos cœurs. En effet, l’espérance est un véritable acte de foi en Dieu. Comme l’enseigne le prophète Muhammad, seuls désespèrent ceux qui ont peu de foi. Le Messager encourageait à travers ses paroles à l’espérance en Dieu. À maintes reprises, alors que les uns s’apprêtaient à juger les autres ou à les condamner, lui-même rappelait avec fermeté que le jugement final est à Dieu et à Lui seul.
Combien de fois, dans le but d’éduquer, a-t-il narré l’histoire d’individus ayant péché et commis des fautes et qui, malgré le fait d’être critiqués et désavoués par leur entourage, n’ont eu de cesse de se repentir auprès de Dieu jusqu’à obtenir Son pardon ? Car la miséricorde de Dieu précède Sa colère.
On rapporte à ce titre ce que Dieu révéla à David : « Ô David ! annonce la bonne nouvelle aux pécheurs et mets en garde les saints véridiques.
Annonce aux pécheurs la bonne nouvelle qu’aucun péché n’est trop grand pour que Je le pardonne, et préviens les saints véridiques de ne pas admirer leurs propres œuvres, car si je devais imposer Ma justice et Mon jugement à quiconque, il serait inévitablement ruiné. Ô David ! Je Me suis prescrit la miséricorde et J’ai décrété le pardon pour ceux qui le demandent. Je pardonne tous les péchés, petits ou grands, qui ne peuvent être ni trop nombreux ni trop grands pour Moi. Aussi, ne vous exposez pas à la ruine et ne désespérez pas de Ma miséricorde, car Ma miséricorde enveloppe tout ce qui existe… » 2
Parmi les différentes histoires qui nous ont été narrées afin de nous encourager à l’indulgence et à la compréhension, il y a celle d’un homme qui n’arrêtait pas de sermonner son frère afin qu’il prie. Chaque jour que Dieu créait était un jour durant lequel il lui reprochait son manque de piété et lui en tenait rigueur. Son emportement était tel, qu’un jour, irrité et en colère, il dit impudemment à son frère : « Dieu ne te pardonnera pas ! » Ce jour-là, il eut l’impudence de juger son frère au nom de Dieu. Il eut la maladresse de désespérer son frère de la miséricorde de Dieu. Il eut l’arrogance de condamner son frère au nom de Celui qui sait nos fragilités, pardonne nos erreurs et aime tout simplement.
Ce que nous enseigne le Prophète à travers ce récit, c’est de ne point juger et de toujours espérer.
Dans l’histoire des deux frères, Muhammad annonce que le pécheur fut pardonné de ses manques, insuffisances et faiblesses, mais que l’homme pieux, prompt au jugement et à la condamnation, ne fut pas pardonné de son insolence et de sa prétention. En effet, parler au nom de Dieu et donner des sentences sans y être invité est excessif devant Dieu. Cet homme avait omis le plus important, à savoir, parler de clémence, d’indulgence et de transmettre l’amour et la compréhension. Comme le confirme un proverbe soufi : « L’optimisme vient de Dieu, le pessimisme est né dans le cerveau de l’homme ».
On entend parfois les croyants se plaindre de leur manque de foi et exprimer leur désir de la voir augmenter en se sentant satisfaits de leurs actions devant Dieu. En fait, si ces croyants ressentaient et comprenaient la signification profonde de l’espérance en Dieu, ils ne sentiraient pas leur foi diminuer. Lorsque l’être est habité par l’espoir, lorsque nous sommes continuellement en train d’espérer en Dieu, notre foi ne faiblit pas. Notre crainte en Dieu habille uniquement le respect et l’amour que nous Lui devons. Ainsi, quelles que soient nos fautes ou nos erreurs, nous sommes conscients de nos faiblesses et de nos fragilités et les assumons devant le Tout-Puissant et le Miséricordieux. Car quel que soit le nombre d’erreurs, il y aura toujours un nombre supérieur de clémences et de pardons pour celui qui espère en Dieu…
Le croyant qui s’élève dans sa foi ne compte pas lorsqu’il s’en remet à Dieu. Il ne calcule pas le nombre de bonnes actions effectuées, ni celui des mauvaises. Ce serait certes prétentieux d’en décider à la place de Dieu… Il ne décide pas non plus du sort de son prochain et cesse de juger autrui. Il ne condamne pas. Le croyant sincère se doit de s’occuper de ce qui le concerne.
Souvent, les gens s’occupent des autres pour oublier la médiocrité dans laquelle ils vivent. Celui ou celle qui sait embellir sa vie en l’imprégnant du message prophétique y trouve du plaisir, à tel point que le regard porté sur autrui ne peut être que fraternel et humain. Celui ou celle qui vit dans le souvenir de Dieu sait rêver, rêve et prend du plaisir à rêver.
Il est dit que ce n’est pas une calamité de mourir sans avoir réalisé ses rêves, mais c’en est une de ne pas rêver…
En effet, il est bien triste de ne point oser rêver, de ne point s’offrir le bonheur d’espérer, d’imaginer, de croire tout simplement en un avenir meilleur ou désiré. La présence de Dieu devrait permettre à tout un chacun de garder espoir jusqu’aux derniers instants de sa vie, et bien plus peut-être… Le fait que Dieu nous ait dotés de la capacité de pouvoir rêver, imaginer, ambitionner et espérer est un grand cadeau pour nous. Une grâce…
Rappelons l’histoire de cet homme qui tue plus de quatre-vingt-dix personnes et qui désire ardemment le pardon de Dieu. À cette fin, il consulte un savant religieux de l’époque préislamique. Ce dernier lui avoue qu’en raison de ses crimes, il ne croit pas qu’un pardon divin puisse lui être octroyé. Toutefois, emporté par une lueur d’espoir, cet homme est bel et bien décidé à entendre un tout autre avis. Il rencontre au cours d’un voyage un second érudit en sciences religieuses, qui lui affirme que l’un des pires péchés est de désespérer un être de la miséricorde de Dieu. Conséquemment, il lui conseille de quitter les lieux qui lui sont familiers et de commencer une nouvelle vie ailleurs afin de rompre avec son passé. Décidé à suivre les recommandations de ce sage, l’homme voyage jour et nuit et meurt en cours de route. C’est alors que Dieu envoie les anges mesurer la distance qui le sépare des lieux où il avait commis ses crimes, et celle qui le sépare du lieu où il comptait se rendre. Étant plus proche de l’endroit auquel il se rendait, Dieu annonce qu’il sera pardonné.
En fait, l’envie, le désir sincère d’obtenir le pardon de Dieu, ainsi que l’espoir, sauvent l’homme.
Ce qui nous sauve, ce qui nous élève, ce qui nous fait exister c’est l’espoir, la confiance en Dieu et la conviction que tout ce qu’Il nous offre est ce qui nous convient. Comme le dit ‘Umar Ibn al- Khattab : « Peu m’importe dans quel état je suis car j’ignore dans lequel gît le bien. »
Ainsi, quel que soit notre état, notre situation… ayons toujours la lucidité suffisante pour nous dire que ce n’est qu’un état et qu’une situation, que tout peut être dépassé avec l’aide de Dieu : il suffit d’espérer.
Albert Einstein n’a-t-il pas dit : « Il n’existe que deux façons de vivre sa vie. La première en pensant que les miracles n’existent pas. La seconde en pensant que tout est miracle. »
Or, pour celui qui sait, pour celui qui a la foi, le seul fait d’espérer est déjà un miracle. Et ce n’est pas simple de croire en ce que nous ne voyons pas, de ressentir et de reconnaître ce qui est caché, et puis d’espérer toujours malgré les peines, les blessures et les souffrances… S’accrocher à l’amour de Dieu, y puiser ses forces, en dégager les rêves et les désirs…
La sérénité, le calme, la paix et la félicité nous entourent quand on espère en Dieu.
Ad-Dârânî n’a-t-il pas dit lors de l’un de ses apartés :
« Seigneur, si Tu me demandais des comptes sur mes péchés, assurément je ferais appel à Ton indulgence ; si Tu me demandais des comptes sur mon avarice, assurément je ferais appel à Ta générosité ; et si Tu me faisais entrer en enfer, assurément j’en profiterais pour informer ses occupants que je T’aime. »
Ces paroles sont emplies d’espoir, de confiance, d’espérance, d’amour… Et, c’est ce qui rapproche le plus de Dieu.
Il s’agit de croire non pas par crainte uniquement mais par amour complètement.
Alors que tous les êtres de la terre nous décourageront de l’amour de Dieu et de Son pardon, il est un être au-dessus de tous les êtres qui, malgré Sa grandeur et Sa majesté, malgré Sa puissance et Son unicité, est très miséricordieux avec Ses créatures, indulgent et longanime.
Quand on vous dira qu’il y a des erreurs qui ne se pardonnent pas, Dieu vous dit qu’Il pardonne toutes les fautes, sauf celle de Lui associer un autre dieu. Quand les gens sont avares de pardon, le Très-Miséricordieux, Lui, est généreux.
Ad-Dârrânî, quant à lui, avait compris tout cela, l’essentiel, le fondement même de notre religion, et l’a dit par ces belles paroles. Face à ses péchés, il ferait appel à l’indulgence de Dieu, sans arrogance ni persistance mais par pur amour et confiance. Face à son avarice, il clamerait la générosité divine. Et même s’il venait à sombrer en enfer, il en profiterait toujours pour crier son amour pour Dieu. C’est-à-dire que quelles que soient les épreuves, il patienterait et ne cesserait pas de perdre l’espérance et la confiance en Celui qui n’abandonne jamais Ses serviteurs.
V OYAGER CONTINUELLEMENT VERS D IEU
Jalâl al-Dîn Rûmî, grand maître spirituel, était vraiment une lumière pour son entourage, à l’image de son père qui s’occupa avec dévouement, affection et énergie de sa complète éducation, et il sut propager, enseigner et diffuser les plus belles paroles d’amour qui aident forcément à une meilleure compréhension de l’Islam. Il légua, à ce titre, une multitude de poésies, magnifiques et brillantes, qui illustrent pleinement et admirablement bien notre proximité à l’Éternel. Parmi celles-ci, il en est une particulièrement belle et édifiante qui concerne le voyage, le mouvement…
En effet, à travers ce texte, Rûmî rappelle, enseigne et instruit que seuls ceux qui sont en mouvement, qui voyagent dans leur esprit et aussi par le biais de leur corps, sont réellement vivants. Ceux-là seuls sont proches également de la réalité de Dieu, de Son message et, conséquemment, de Lui, entièrement, intimement et pleinement.
Chez Rûmî, le mouvement aussi bien spirituel que physique est synonyme de vie et de purification, mais également d’élévation, d’ascension, de triomphe et de réussite.
Pour lui, les prophètes n’auraient pas pu illuminer le monde s’ils ne s’étaient pas eux-mêmes inscrits dans cette force du voyage et dans cette dynamique du mouvement. D’ailleurs, il exprime parfaitement tout cela dans le poème où il dit :
« Si l’arbre était en mouvement d’un lieu à un autre, il ne subirait ni les souffrances de la scie, ni de la cruauté les blessures.
Ni le soleil ni la pleine lune ne donneraient de lumière s’ils étaient immobiles comme la pierre de granit.
Si l’eau dans le puits reste stagnante, elle devient poison. Vois comme nuit à sa nature l’absence d’air.
Quand cesse le vacillement des flammes dans le feu, celui-ci se réduit en cendres et va au néant, à la mort.
Regarde : Joseph a quitté son père pour aller en Égypte et devenir hors pair.
Regarde : Moise, éloigné de sa mère, est arrivé au palais et est devenu seigneur.
Regarde : Jésus, à force de voyages, est devenu eau d’immortalité ressuscitant les morts.
Regarde : Muhammad quitta La Mecque et, formant une armée, il y revint en vainqueur. »
Rûmî disait à ses disciples que l’homme réel, vrai et authentique est celui qui chaque jour de sa vie s’améliore en avançant à travers des efforts sur soi. Bref, l’homme réel, pour Rûmî, est celui qui progresse continuellement…
Au demeurant, même les pratiques cultuelles telles que la prière ou le jeûne n’ont pas été prescrites pour que nous nous y accommodions uniquement, ce sont certainement des rappels aux buts et aux objectifs que nous devrions nous fixer… et tenter d’atteindre. Ainsi, en prière, nous nous devons d’évoluer. Par exemple, on peut et on pourra toujours améliorer, perfectionner et parfaire la qualité de nos prosternations, de nos génuflexions et de notre récitation du Coran. De la même manière, on peut augmenter le nombre de prières en rajoutant des invocations supplémentaires à celles qui nous sont prescrites. On peut également faire après chaque prière de longues incantations par lesquelles on finira en beauté notre oraison. Et tout ceci dans le but de nous dépasser, d’être dans le mouvement, dans la dynamique du voyage et non dans la stagnation qui mène à la mort des actes eux-mêmes. Car combien de fois, à force de prier avec les mêmes sourates, de la même manière, toujours, on accomplit l’acte de façon programmée, sans émotion, sans sentiment, sans nous élever… spirituellement ?
Il est nécessaire devant une telle situation de savoir s’arrêter soi-même. S’analyser. Faire son introspection. Réfléchir. Méditer. Puis… reprendre autrement les choses afin de se dépasser dans le mouvement de la pensée et de l’action.
La prière n’est pas un condensé de gestes physiques mais une rencontre avec la Création et le Créateur, un instant d’intimité avec le Seigneur. Un moment où tout notre être voyage pour retrouver tous les êtres qui prient à ce même instant dans des lieux opposés et lointains… pour se fondre en une masse qui aime, adore et se soumet en amour au Créateur, au Tout-Puissant, à l’Unique…
Cet instant est magique. Et s’il ne l’est pas, il devrait l’être, car il peut l’être. On prie sur place, mais tandis que notre corps est visible, notre être, lui, est ailleurs, il est partout… il est en tout.
Le mouvement, le voyage, est nécessaire pour être proche de Dieu. Comme le dit si bien Rûmî dans son livre, les prophètes eux-mêmes ont dû voyager pour illuminer le monde de leur savoir et de leurs connaissances, pour les développer, les approfondir et les enrichir. Ils ont dû quitter leurs proches, émigrer et parcourir les lieux les plus éloignés. Ils ont dû se sacrifier.
Rûmî explique que même le soleil et la lune sont dans le mouvement afin de nous éclairer. Il explique comment toute chose qui est statique, immobile, va à sa perte tant qu’elle ne participe pas à la danse universelle qui est celle du mouvement spontané, naturel ou même réfléchi.
Il semble donc nécessaire de marcher sans peur, de chercher l’émotion partout, de ne pas se lasser, de ne pas perdre l’espoir et de désirer toujours, car, comme le dit Khalil Gibran : « L’espérance d’un paradis est déjà le paradis. » 3
Pouvoir espérer n’est pas chose facile, c’est une victoire que toute personne peut remporter sur elle-même. En effet, ne connaissez-vous pas dans votre entourage des êtres qui désespèrent sans cesse, de Dieu, d’eux-mêmes, des autres… de tout. Ils sont incapables de voyager, de sortir de leur peur et de leur angoisse, de voir le monde autrement et les gens différemment, d’observer Dieu avec confiance, amour et espérance.
Martin Luther dit : « Même si je savais de façon certaine que la fin du monde est pour demain, je planterais un pommier aujourd’hui. » 4
C’est cela l’Islam. Faire ce que l’on considère comme bon jusqu’au dernier souffle. Espérer jusqu’à la fin des fins. Aimer tant que le cœur y est. Voyager en cœur, en corps et en âme… mais voyager.
Comme l’exprime cette belle parole d’Albert Einstein, qui dans sa seconde partie s’inscrit totalement dans notre vision islamique de la vie : « Il existe deux façons de vivre sa vie. La première en pensant que les miracles n’existent pas. La seconde en pensant que tout est miracle. » 5
L E CROYANT : IMBIBÉ D ’ AMOUR
Lorsque nous sommes proches du Très-Proche, il est évident que nous cessons de calculer, de compter, de nous lasser de nos pratiques ou même de nous efforcer à les accomplir.
En effet, on ne compte pas quand tout se fait par amour. On ne se fatigue pas car, de la même manière, comment se lasser de ce que l’on aime ? Et l’effort accompli dans l’amour et par amour n’est plus considéré comme un effort tant il se transforme en plaisir.
En l’occurrence, lorsque nous aimons Dieu et que nous nous sentons dans Sa proximité, on prie sans compter, avec douceur, avec amour, avec envie… On j

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