Le nouveau Théo
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Description

Tout l’univers des catholiques à la portée de tous

Comment sont choisis les saints du calendrier ? Pourquoi y a-t-il quatre évangiles ? Qui est Jésus pour les chrétiens ? Peut-on se dire croyant quand on doute ? Combien y a-t-il de chrétiens dans le monde ? Comment est organisé le Vatican ?...

Le nouveau Théo donne des réponses fiables à toutes les questions, de la plus simple à la plus profonde, sur la Bible, l’histoire religieuse, l’Église d’aujourd’hui et ce en quoi croient les catholiques…

Théo s’impose comme l’encyclopédie catholique de référence, en mettant la culture chrétienne à la portée de tous.

Avec un index interactif et des liens web !

Au sommaire :
- Les saints
- La Bible
- L’histoire de l’Église
- La foi catholique
- La situation des catholiques dans le monde
- L’Église aujourd’hui

Tous ces chapitres sont aussi vendus à l’unité en format numérique !

Le nouveau Théo, c’est :
- 90 nouveaux contributeurs sous la direction de deux évêques ;
- 3 000 articles, citations, annuaires et chronologies pour tout connaître et comprendre ;
- 620 mots de vocabulaire clairement définis ;
- 170 tableaux, cartes et graphiques pour faciliter la compréhension ;
- un index de 13 000 mots ;
- 251 entrées et des renvois simples pour circuler dans l’ouvrage.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 avril 2011
Nombre de lectures 34
EAN13 9782728914173
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0300€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

À Xavier Lesort, qui fut l’un des grands artisans de la première édition de Théo .
© Mame, Paris, 2009 www.fleuruseditions.com ISBN : 978-2-7289-1417-3
Pourquoi Théo ?

Théo est le diminutif familier du prénom Théophile. Celui-ci est lui-même la francisation du prénom grec Théophilos, qui signifie littéralement « ami de Dieu ».
Théo est du reste le préfixe d’un ensemble de mots se rapportant eux aussi au divin (théologie, théophanie, théogonie, théodicée).
Ces deux syllabes suggèrent et symbolisent tout ce que voudrait être le livre qu’elles désignent : un ami très proche du lecteur (ils s’appellent par leur prénom, et même par son diminutif) ; un ami qui ne cache rien de sa conviction de foi et de son amitié avec Dieu, mais qui respecte toute autre manière de penser et de voir ; un ami toujours disponible lorsqu’on fait appel à lui sur les sujets qui relèvent de sa compétence, et qui s’efforce alors de les exposer de manière accessible au non-spécialiste.
En somme, sous ce titre, c’est une double amitié qui se propose, sans jamais vouloir pour autant s’imposer.
Auteurs
Mgr Michel Dubost

Né en 1942 au Maroc, il est ordonné prêtre au sein de la congrégation des eudistes en 1967.
Au service des jeunes dans les aumôneries de l’enseignement public ou catholique, formateur de prêtres, curé de paroisse, il est ordonné évêque en 1989 et nommé aux armées françaises. Il a présidé l’organisation des JMJ de Paris en 1997.
Cette expérience pastorale s’ajoute à une bonne connaissance du monde des médias puisque Michel Dubost a aussi été chargé d’études à la Sofres avant de tenir une chronique sur RTL et Radio Notre-Dame, et de colla- borer à de nombreuses émissions télévisées.
Auteur de multiples ouvrages, il est évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes depuis 2000, membre du conseil Famille et Société, consulteur du Conseil pontifical pour les laïcs et président de Justice et Paix France.
Mgr Stanislas Lalanne

Né en 1948 à Metz, il est ordonné prêtre en 1975 pour le diocèse de Versailles. Formé en France et en Allemagne, il a exercé son ministère en aumônerie auprès de collégiens, de lycéens puis d’étudiants avant de prendre la responsabilité du Centre national de l’enseignement religieux. Formateur de catéchistes, il a été membre du Conseil international de la catéchèse auprès du Saint-Siège et a participé à la rédaction de plusieurs ouvrages de catéchèse et de vulgarisation théologique.
Curé de paroisse puis vicaire épiscopal, Stanislas Lalanne est nommé porte-parole de la Conférence des évêques de France en 1999. Secrétaire général de la Conférence des évêques de France de 2001 à 2007, il est ordonné évêque en 2007.
Il est aujourd’hui évêque de Coutances et Avranches, membre du Comité Études et Projets et consulteur du Conseil pontifical pour les communications sociales.
Collaborateurs de la rédaction pour la présente édition :
Coordination des livres 2, 3 et 4 : David Gabillet Coordination des livres 1, 5 et 6 : Thomas Wallut
Rédacteurs Régis Anouil Dominique Barde Matthieu Billaud Père Alphonse Borras Isabelle Brian Régis Burnet Alain Cabantous Édith Carbonneau Père Pierre de Charentenay Dominique Chivot Père Olivier de Dinechin Mgr François Duthel Père Yvon Christian Elenga Père Dominique Fontaine Père Jacques Fournier André Géraud Père Jean Hamot Père Henri de La Hougue Étienne Jacquemard Guilhem Joly Père Jean Joncheray Père Philippe Kloeckner Jean-Baptiste Lebigue Marie-Alice Loiseau Élisabeth Martin Bérangère Massignon Père Roger Michel Père Éric Morin Père Pierre-Yves Pecqueux Mgr Paul Huot Pleuroux Mgr Bernard Podvin Guillaume Riff aud Virginie Riva Ludovine de La Rochère Jean-François Rod Mgr Michel Santier Jean-Louis Schlegel Adrien de Tricornot Alain de Villemeur
Relecteurs Mgr Claude Bressolette Père Jean Camus Pasteur Marc Chambron Père Joseph Choné Père Luc Crépy Mgr Gérard Defois Père Michel Delahoutre Pierre Diarra Père Jean Dujardin Mgr François Favreau Mgr François Fleischmann Père Jean-Marie Gaudeul André Géraud Mgr Grégoire Ghabroyan Dennis Gira Mgr Clément Guillon Clothilde Lalanne Olivier Lebel Père Denis Lecompte Père Yvon Le Mince Philippe Le Vallois Stephan Lunte Père Paul Magnin Père Michel Mallèvre Bernadette Mélois Mgr Gaston Poulain Yannick Provost Père Jean Quris Joël Sérard Étienne Vallée Père Joseph-Marie Verlinde
Index Marie-Valentine Duboin Bénédicte Ducatel Philippine de Lovinfosse
Remerciements Pasteur Christian Barbery Jean-Michel Blanc Pierre-Yves Camiade Vincent Fauvel Christophe Gosselin Olivier Granier Dominique Lemau de Talancé Père Gérard Le Stang Patrick de Miribel Jean-Louis Posté Robert Rochefort Stéphanie Woringer Anne-Claire Yvet Paule Zellitch
Ont participé aux précédentes éditions :
Gilbert Adler, Mette Andresen, Jean-Louis Angué, Georges Assemaine, Jean-Marie Aubert, Michel Barnouin, Guillaume de Bertier de Sauvigny, Georges Beyron, Charles-Henri de Blavette, Jean Bonfils, Charles Bonnet, Henri Bourgeois, Michel Boullet, François Bousquet, Isabelle-Marie Brault, Félix Caillet, Claude Cesbron, Monique Chabaud, Paul Christophe, Albert Cohen, Germaine Colas, Père Corlay, Jacques Couturier, Henriette Danet, Gérard Defois, Agnès Delesalle, Marie-Georges Delmasure, Nicole Denain, Nicole Desjardins, René-Charles Dhont, Jean-Pierre Dubois-Demée, Mireille Dubost, Pierre Dubuisson, Christiane Dupouy-Camet, Jean-Michel di Falco, Pierre Faure, Paul Faynel, Jacques Fihey, Michel Fournier, Claude Fraudet, Claude Frikart, Mireille Gaillot, Pierre-Marie Galepin, Pierre Gallimard, Étienne Garin, Marie-Laure Gauliard, Colette Génichon, Jean-Clair Giraud, Philippe Gruson, Philippe Gueneley, Jean Guilmard, Paul Guiraud, Albert Guimbert, Lucien Guissard, Pierre-Marie Gy, Jean Hau, Monique Hébrard, Pierre Hoffmann, Geneviève Honoré-Lainé, Bernard Housset, Odile Hubert, Élisabeth Jousset, Michel Jullien, Jean Klein, Germaine Lacorre, Jean-Yves Lahrer, Albert Lalanne, Pierre Lambert, Simone Larrouturou, Jean-Jacques Latour, Armand Le Bourgeois, Jacques Leclerc, Guy Lecourt, Michel Leduc, Yves-Noël Lelouvier, Élisabeth le Mintier, Suzanne Lepoittevin, Jean-Baptiste Lesort, Marie-Cécile Lesort, Xavier Lesort, André Manaranche, René Marlé, Colette Marlot, Geneviève Médévielle, Marcel Merle, Pierre Moitel, Jean Monsterleet, Jean-Marie Moretti, Pierre Motte, Élisabeth Oberson, Brigitte Ogée, Paul Ollivier, Nicole Peigneguy, Benoît Pelistrandi, Danielle Penuel-Monneron, André Perrier, Jean Perronneaud, Jean-Marie Petitclerc, Bernard Peyrous, Gaston Pietri, Claude Piquemal, Adela de la Plaza-Munoz, Catherine Poisson, Charles de Pontevès, Noël Rath, André Ravier, Christophe Raymond, Émile Rideau, Dominique Régnier, Albert Rouet, Michel Rougé, Colette Rouillard, Vincent Rouillard, Françoise Rouquette, Odette Sarda, Joseph Sarat, André Sève, Christine Sinan, Aimé Solignac, Anne-Marie Tranvouez, François Trollu, François Tricard, Paula Van Eecloo, André Venard, Jacques Venard, Jean Vernette, Renée Vilain, Denis Villepelet, Ephrem Yon, A.T.D.-Quart Monde, les religieuses clarisses de Versailles.
Équipe éditoriale
Direction : Guillaume Arnaud
Direction éditoriale : Sarah Malherbe
Conception et conseil éditorial : David Gabillet
Direction artistique : Élisabeth Hebert
Chef de projet éditorial : Anne de Lilliac
Édition : Jeanne Venant, Charlotte Walckenaer Assistants d’édition : Marie-Valentine Duboin, Philippine de Lovinfosse, Martin Nielly, Camille Passot, Pauline Trémolet, Marie de Varax
Fabrication : Thierry Dubus, Marie Guibert
Correction orthographe et typographie : Correctif
Présentation


Notre époque a soif de comprendre le monde sans cesse en évolution dans lequel elle vit. Mais peut-on comprendre ce qui se passe en France et dans le monde, peut-on connaître la culture française aujourd’hui sans connaître le christianisme ?
Le nom de beaucoup de villages français, les expressions usuelles, les références historiques, le problème scolaire, l’importance du pèlerinage de Lourdes, l’impact de la figure du pape et tant de sujets d’actualité sont incompréhensibles si on ne les réfère pas à la vie de l’Église catholique dans notre pays. Théo a été conçu pour répondre à ce besoin.
Cet ouvrage est d’abord un acte de respect : né de la conviction que tous les Français, chrétiens ou non, ont le droit de connaître leur culture et donc le catholicisme, il s’efforce de présenter celui-ci de manière toujours respectueuse du croyant comme du non-croyant.
Cet ouvrage est aussi un acte de confiance dans l’intelligence de ses lecteurs : il se veut simple et accessible au plus grand nombre, mais il refuse le simplisme. Aux multiples questions qui se posent dans la vie quotidienne, à l’occasion, par exemple, d’un événement, d’une lecture, d’une émission, d’un voyage, voire de mots croisés, il apporte des réponses courtes, précises sans être techniques. Mais il va plus loin. Le catholicisme est, d’une certaine manière, une vision globale du monde née de la connaissance du Christ. Théo présente aussi cette vision et permet ainsi de resituer chaque élément dans un tout cohérent. De la sorte, les enseignants peuvent y trouver des réponses aux interrogations de leurs élèves.
Enfin, cet ouvrage se veut ouvert : présentant le catholicisme français, il le situe, bien entendu, dans l’Église universelle, mais il le situe aussi en lien avec d’autres religions et avec l’indifférence religieuse ; de plus, il présente les diverses opinions catholiques quand elles ne sont pas unanimes.
Cette encyclopédie a été écrite et dirigée par des catholiques : il fallait leur compétence pour garantir une information exacte au lecteur. Mais ceux qui en ont dirigé la rédaction sont aussi des hommes passionnés de communication et ayant une réelle expérience de tous les publics, et spécialement des jeunes, qu’ils soient chrétiens ou non. Leur constant souci a été de permettre à chacun, quelle que soit sa foi ou sa culture, de trouver facilement dans cet ouvrage tout ce qui l’intéresse à propos du catholicisme.
Depuis sa première édition en 1989, le succès de Théo a montré la justesse des choix qui avaient été faits à l’époque : présentation simple de la foi et de la vie des catholiques, objectivité, ouverture sur tous les sujets, facilité des recherches grâce à son index très détaillé, facilité de lecture par le mélange de notices, de notes, d’articles, de graphiques, etc. Entièrement revue, corrigée, augmentée et actualisée, cette nouvelle édition de Théo fait une place plus large encore à la Bible.
Avec sa présentation totalement refondue, pour améliorer le confort de lecture et l’accès à l’information, l’encyclopédie Théo se présente plus que jamais comme l’ouvrage de référence de tous ceux, quels qu’ils soient, qui se posent des questions sur la religion catholique et la foi chrétienne.
L’homme cherche le sens de la vie. Il ne peut pas vivre dans l’absurde. Dans beaucoup de cultures, cette recherche l’a conduit à penser qu’un Dieu existe, au-delà de tout.
Les chrétiens, les juifs, les musulmans ont en commun de croire que Dieu se révèle et qu’il s’intéresse à l’homme. Pour ces croyants, la foi est avant tout une confiance, une rencontre dont Dieu prend l’initiative.
Pour les chrétiens, cette rencontre se fait en la personne de Jésus de Nazareth, dont les premiers disciples ont annoncé la mort et la résurrection. Pour les compagnons de Jésus, cette résurrection dépasse l’histoire. C’est Dieu qui fait irruption dans la vie des hommes. Leur témoignage a conduit des millions de personnes à croire que Dieu est vivant, qu’il veut faire partager aux hommes sa vie d’amour. Les communautés chrétiennes ont choisi parmi les disciples de Jésus certains modèles et les ont présentés comme des exemples de recherche de Dieu, de confiance et de vie. Ce sont ces grands saints et saintes que nous présentons dans ce livre.
Livre 1

Des chercheurs de Dieu par milliers...


Les saints disent par leur vie l’essentiel de la vie chrétienne
Aujourd’ hui, qui ne connaît sœur Emmanuelle, Martin Luther King, l’abbé Pierre, mère Térésa, Padre Pio, et, déjà un peu plus lointains, monseigneur Oscar Romero, Edmond Michelet, Madeleine Delbrêl, le père Teilhard de Chardin ? Ces hommes, ces femmes sont comme des points de rendez-vous connus de l’humanité entière. En même temps, ils se reconnaissent en relation avec Dieu. À toutes les époques, des personnalités cheminent ainsi entre Dieu et les hommes. Ce sont des témoins

5 – Grands saints .
La foi est une libération
La liberté est, pour les chrétiens, le lieu obligatoire pour apprendre quelque chose sur Dieu. Ceux qui n’ont pas découvert la liberté sont, à leurs yeux, des athées, même s’ils adorent des dieux… ou Dieu ; le mot « athée » est explicitement employé par saint Paul à propos de gens croyant en Dieu, mais d’une manière telle qu’ils sont prisonniers des lois et des coutumes : ils n’ont pas encore pris conscience que Dieu est d’abord libérateur (Ép 2, 12 ss) et qu’il permet à chacun d’être soi-même, libre. « La vérité rend libre », a dit le Christ (Jn 8, 32).
Le concile Vatican II montre qu’une des conséquences de cette liberté est la variété dans la sainteté

4 – Saints populaires . Il décrit successivement quelle doit être la liberté des évêques, des prêtres, des diacres, des veuves, des laïcs, des célibataires, des couples, des travailleurs, des pauvres… Il suffit de lire ci-après quelques-unes des notices biographiques des saints pour se convaincre que, si telle est la vitrine du Dieu des chrétiens, il ne cherche pas à mettre chacun dans un moule. Il n’y a pas de modèle uniforme de vie chrétienne, mais il s’agit toujours d’assumer avec confiance ce que l’on est et d’aimer là où l’on est, comme l’on est.
La liberté, pour les chrétiens , c’est reconnaître l’amour dont ils sont nés
Ce Dieu qui libère, le Dieu des saints, est un Dieu qu’ils remercient sans cesse. Ils lui « rendent la gloire et l’action de grâce » qui, à leurs yeux, lui reviennent. Ce merci constant est toute leur théologie (étymologiquement : leur « discours sur Dieu »). Bien sûr, certains ont tenu des propos plus complexes. Mais ce qui intéresse dans un exposé, ce sont sa sincérité et sa vérité. Dans les propos des saints, cette vérité tient en quelques mots : « Mon Dieu, je sais que je ne sais rien, que je te dois tout, que tu m’as choisi et que mes forces viennent de toi. » Même pour qui ne croit pas en Dieu, une telle affirmation de liberté et de force est impressionnante. Il est frappant d’entendre les saints proclamer sans cesse que cette liberté et cette force ont leur source ailleurs qu’en eux-mêmes et qu’en conséquence, loin de s’en glorifier, ils ne peuvent qu’en remercier Dieu.
Toute définition du christianisme se doit de faire sentir l’articulation, apparemment paradoxale mais constamment affirmée par la vie des saints, entre liberté de l’homme et action de Dieu par sa grâce divine. Le concile Vatican II, reprenant en cela la tradition de l’Église, a largement souligné que cette articulation devait se comprendre à l’image du mariage, elle-même liée, dans l’Église, au concept fondamental d’Alliance. L’Alliance , c’est le pacte de liberté à liberté que Dieu propose à l’homme ; une promesse de bonheur pour l’homme qui accepte d’aimer ce Dieu qui l’a créé et qui lui révèle l’intimité de la vie trinitaire par Jésus-Christ. Le Concile emploie les mots « s’unir », « se consacrer », « devenir semblable », « suivre », « imiter », « participer ». Mais cela n’a de sens que dans un choix (le mot biblique est « élection ») réellement réciproque.
Les saints ne sont pas parfaits et le christianisme n’est pas d’abord une religion de la perfection
Le chemin vers Dieu passe fréquemment par la rencontre des saints. On apprend souvent à connaître une personne par l’intermédiaire de son conjoint. Sans tout dévoiler de la personne que l’on cherche à connaître, un conjoint nous aide à comprendre ses raisons de vivre. Pour connaître Dieu, il en est souvent de même. Les saints nous aident à mieux le rencontrer.
Ceux qui se sont employés à faire connaître leurs vies ont souvent été tentés par le merveilleux, le légendaire, le miraculeux. Ce faisant, ils contredisaient pourtant ce qui est le fond de la pensée chrétienne sur la sainteté : Dieu seul est saint, parce que lui seul est don total ; c’est-à-dire qu’il est ce qu’il dit et qu’il dit ce qu’il est.
Jésus de Nazareth

139 – Morale est saint parce que sa personne est intrinsèquement unie à Dieu. Le chrétien est saint parce qu’il est uni à Dieu par Jésus dans l’Église. La sainteté n’est ni dans l’effort moral ni dans la réussite. Elle est dans l’union à Dieu. Le modèle du chrétien n’est pas Superman ; les chrétiens ne concourent pas au grand championnat de la vertu toutes catégories. Ils sont saints, même s’ils sont faibles, dans la mesure où ils sont et restent unis à Dieu. Jésus affirmait à des gens « bien » que des femmes prostituées les devanceraient dans le royaume des cieux. Cette description de la sainteté montre que le christianisme n’est pas une simple morale, même si la vie chrétienne est porteuse d’exigences morales.
Les saints montrent, par leur vie, que le christianisme est à la fois une religion personnelle et une aventure collective
Le chrétien

158 – Vie spirituelle a un lien personnel avec Dieu, qu’il aspire « à voir face à face » (1 Co 13, 12). Mais pour lui, personnel ne veut pas dire individuel : s’unir au Christ invite à « donner sa vie pour les hommes ». Bien plus, s’unir au Christ permet au chrétien d’avancer la réalisation de ce qu’il croit être le plan de Dieu : rassembler l’humanité entière autour du Christ Jésus et en lui.

102 – Salut
Le cœur

141 – Mystique de toute vie est difficile à connaître. Le cœur de la vie chrétienne, comme la relation des saints avec Dieu, est indicible. Ce qui est certain, c’est que de nombreux saints ont marqué, voire bouleversé, leur époque. Ils n’ont pas gardé leur élan pour eux seuls. Mystérieusement, et quelquefois à leur corps défendant, ils ont été suivis ; des communautés sont nées autour d’eux, à partir de leur témoignage ou de leur souvenir. Tous, en tout cas, ont conforté l’Église.
Pour les chrétiens

76 – Église , tous ceux qui se sont unis au Christ, qu’ils soient morts ou encore de ce monde, forment un seul corps avec lui et la sainteté – la plus grande proximité de certains avec Dieu – permet au corps tout entier d’être davantage tourné vers Dieu le Père.

Comment on devient « saint »
Les procédures actuelles
La canonisation

2 – Béatifications et canonisations et la béatification ne sont décidées qu’au terme d’une procédure rigoureuse. Ce fut d’ailleurs le cas dès les premiers siècles du christianisme. Afin de faire cesser les abus populaires, les évêques s’étaient réservé le droit de déclarer qui pouvait être reconnu comme saint, au terme d’une véritable procédure. Depuis le XI e siècle, l’examen des causes se fait à la curie romaine. La dernière instruction concernant les normes des procédures canoniques diocésaines a été fixée par Benoît XVI en 2008. Ce document, intitulé Sanctorum Mater , demande aux évêques une étude approfondie et rigoureuse des causes qui leur sont présentées afin de veiller à ce que soit bien reconnue la réputation de sainteté de celui ou de celle pour qui s’ouvrirait une cause de canonisation.
Du serviteur de Dieu au béatifié
Tout baptisé ou groupe de baptisés peut demander l’ouverture d’un procès en canonisation en en saisissant l’évêque du diocèse où est morte la personne.
Deux ordres de faits doivent être démontrés pour aboutir à une canonisation : Le rayonnement spirituel du serviteur de Dieu après sa mort : c’est à la fois un signe de sa participation à la sainteté de Dieu et l’assurance que son exemple est accessible et bienfaisant au peuple chrétien ; les miracles qui peuvent lui être attribués revêtent à ce titre une grande importance. Son martyre ou ses vertus chrétiennes : le martyre , c’est-à-dire la mort subie par fidélité à la foi

6 – Grands témoins , est le suprême témoignage que peut donner un chrétien et il suffit à le rendre exemplaire quand bien même le reste de sa vie ne l’aurait pas été. Quant aux vertus chrétiennes, si elles se manifestent de façon héroïque, elles sont, en l’absence de martyre, la marque d’une foi vivante et la démonstration que la sainteté n’est pas inaccessible à l’homme.
Étape diocésaine
L’évêque, saisi par le postulateur de la cause , demande l’agrément des évêques de sa région apostolique et suscite un nihil obstat de la congrégation des causes des saints. Il institue une commission canonique d’enquête qui recourt à des experts en histoire et en théologie, et recueille les témoignages de ceux qui ont connu la personne ou en ont entendu parler. Ces experts sont chargés de rassembler la documentation nécessaire : écrits, témoignages, traces des activités pastorales, de la vie spirituelle et autres investigations nécessaires pour mettre en lumière la vie de la personne concernée, souvent désignée alors par le titre de « serviteur (servante) de Dieu ».
Pour prendre sa décision, l’évêque procède à une investigation approfondie « notamment en ce qui concerne la réputation de sainteté ou de martyre », réputation qui doit être « spontanée et non pas procurée artificiellement ». Pour le sérieux de l’enquête, l’évêque « ne doit pas confier de charge à des personnes appartenant au même institut, à la même société ou à la même association que le serviteur de Dieu ».
Au terme de ces recherches approfondies, l’ensemble du dossier, avec les conclusions de l’évêque, est transmis à Rome. La validation de toute cette enquête est en effet réservée au pape après un examen minutieux du dossier par un organisme spécialisé du Saint-Siège : la congrégation pour les causes des saints. Pendant ce travail, le « serviteur de Dieu » peut être appelé « vénérable » . Le postulateur de la cause doit alors séjourner à Rome pour pouvoir répondre aux questions de la Congrégation romaine.
Étape romaine
Cette congrégation romaine est constituée d’un collège de cardinaux et d’évêques présidé par un préfet (un cardinal) assisté d’un secrétaire (un évêque). La Congrégation dispose de rapporteurs et de consulteurs (historiens, théologiens) pour examiner chaque élément du dossier, et de médecins pour les miracles.
En 2008, la Congrégation a eu recours à la collaboration de 72 consulteurs théologiens et, pour l’étude des miracles présentés, elle a consulté 60 médecins spécialisés dans les différents secteurs de la médecine actuelle. En 2008, 2 200 causes étaient en attente à la Congrégation.
Avant tout examen d’une cause, le sous-secrétaire vérifie si le dossier a bien été établi selon les règles. Un rapporteur est nommé, qui prépare la « positio » sur les vertus, le martyre ou le miracle. Le promoteur de la foi émet un avis favorable ou non (d’où l’appellation d’« avocat du diable » qui lui est familièrement donnée).
Après délibération, la congrégation se prononce par des votes à propos du martyre, des vertus chrétiennes, des miracles. Si ces votes sont positifs, ils se traduisent par des décrets reconnaissant la réalité des éléments indispensables à la béatification ou à la canonisation.
Les décrets sont signés par le cardinal préfet et par l’archevêque secrétaire de la congrégation. La lettre apostolique qui proclame les nouveaux bienheureux est signée, par délégation du souverain pontife ( de mandato Summi Pontificis) , par le cardinal secrétaire d’État. La signature du pape apparaît en revanche sur les lettres décrétales, dans lesquelles sont proclamés les nouveaux saints. La proclamation de ces décisions, notamment les canonisations, est faite au cours d’un consistoire présidé par le pape.
Du béatifié au saint
C’est l’évêque ou le supérieur religieux qui demande la canonisation d’un bienheureux à la congrégation romaine. Il expose en particulier pourquoi le culte public devrait être proposé à l’Église universelle et non plus limité à un lieu ou à une famille religieuse.
On ne refait pas l’ensemble de la procédure. Elle est acquise. Il est seulement demandé, en plus du miracle nécessaire pour la béatification, un autre miracle obtenu par l’intercession de ce bienheureux. Ce miracle est soumis, là encore, à toutes les vérifications possibles : personnalité du miraculé, circonstances qui entourent ce nouveau miracle et, s’il s’agit d’une guérison, certitudes médicales contrôlées par des experts (médecins et psychologues).
Les délais
Habituellement, la procédure est longue : elle peut prendre plusieurs dizaines d’années parce qu’il faut recueillir toute la documentation possible et la vérifier. Quoi qu’il en soit, il est demandé d’attendre cinq ans après la mort de la personne avant d’introduire sa cause de canonisation, afin que la procédure ne soit pas trop soumise à l’émotion et que la réputation de sainteté soit bien acquise. Mais dans certains cas, le pape peut en décider autrement.
Certains saints bien connus ont attendu plusieurs siècles leur consécration. C’est le cas de Jeanne d’Arc, morte en 1431 et canonisée en 1920. D’autres ont longtemps attendu la confirmation de leur culte, comme Fra Angelico , dont le culte a été reconnu 500 ans après sa mort ou saint Meinard ), 800 ans après la sienne.
Mais l’Église catholique a connu aussi des canonisations très rapides. Parmi les records figurent saint Thomas Becket , canonisé en trois ans, et saint Antoine de Padoue, en un an.
L’étude de certaines causes a pu être accélérée pour les premiers saints ou bienheureux d’Églises particulières.
La célébration solennelle
Une fois décidée par le pape, la béatification ou la canonisation est célébrée au cours d’une liturgie solennelle, présidée par le pape pour les canonisations (Jean-Paul II a présidé aussi les béatifications). Jusqu’en 1984, ces célébrations se déroulaient toujours à Rome. Seule exception, Paul VI canonisa les martyrs de l’Ouganda au cours de son voyage en Afrique en 1964. En 1984, Jean-Paul II saisit l’occasion de ses voyages pour procéder, le plus souvent possible, à la béatification et à la canonisation des martyrs et des saints dans leur pays, donnant alors un message direct aux populations, chrétiennes ou non. Ce fut le cas lors de la béatification d’Antoine Chevrier , à Lyon en 1986, et de celle de Frédéric Ozanam, à Paris durant les JMJ de 1997.
Benoît XVI a décidé que les béatifications seraient (sauf cas exceptionnel) célébrées dans le pays ou la région du nouveau bienheureux, de façon à faire participer d’une manière plus visible et plus importante les Églises locales dont les fidèles n’ont pas la possibilité de quitter leur pays pour un voyage onéreux à Rome.
Dans le même temps, il est nécessaire que partout où se déroulent les rites de la béatification, il apparaisse de façon évidente que chaque béatification est un acte du souverain pontife. C’est pour cela que le pape, quand il autorise le culte local d’un serviteur de Dieu, rend sa décision publique à travers une lettre apostolique.
Inscription au calendrier romain
Les fêtes

3 – Saints du calendrier à célébrer par toute l’Église sont fixées par le calendrier romain pour l’Église universelle. Celui-ci ne retient qu’une sélection très restreinte. D’abord parce que l’année liturgique, comme l’année civile, ne compte que 365 jours (alors qu’il y a environ 40 000 saints). Ensuite parce que le concile Vatican II a décidé que les solennités célébrant le Christ l’emportent sur celles célébrant les saints et la Vierge Marie. La décision de Vatican II fut que seules seraient étendues à l’ Église universelle les fêtes de saints présentant une importance véritablement universelle.
Ainsi, la plupart des fêtes des saints est laissée à la décision de chaque Église particulière ou locale, nation ou ordre religieux. Après 1970, le calendrier romain ne comptait plus que 180 saints. Jean-Paul II l’a, depuis lors, complété. Ceux qui l’ont été éliminés du calendrier universel sont des saints sur qui l’on a très peu d’informations ; ainsi des saints pourtant très populaires comme Christophe, Barbe, Georges , en ont été retirés, mais n’ont pas été supprimés du Martyrologe romain .

Un renouveau d’intérêt pour les vies de saints
Le culte des saints a toujours été l’une des composantes importantes de la religion populaire

4 – Saints populaires . Le type de modèles qu’il privilégie est révélateur de l’esprit et des attentes de chaque époque. Le culte des saints offre à la vie de foi des chrétiens une référence concrète et stable, des modèles éprouvés à l’abri des perturbations ambiantes. Les fidèles ont le sentiment d’y trouver un témoignage à leur mesure de la grâce de Dieu à l’œuvre dans l’homme.
Il faut simplement remarquer que la recherche d’un modèle

117 – Dévotion stable n’empêche pas chaque époque de lire les vies de saints à sa manière propre, en y privilégiant ce qui correspond le plus à ses attentes. Le XVIII e siècle, « siècle des philosophes », éprouvait peu d’attrait pour la mystique, dont le XVI e avait, au contraire, été très avide. Les goûts du XIX e siècle le portaient vers le surnaturel le plus exubérant et tout ce qui pouvait lui paraître « édifiant ».
Aujourd’hui, les saints qui rencontrent le plus de succès sont probablement ceux qui témoignent de valeurs telles que la gratuité ou la générosité. La sympathie portée à l’esprit de pauvreté et de fraternité d’un François d’Assise , à son caractère désinstallé de pèlerin de Dieu, à sa communion avec la nature, à sa spiritualité simple et profonde, dont on retrouve maintes correspondances chez un Benoît Labre , un Maximilien Kolbe ou un Charles de Foucauld , rejoint un autre phénomène de la vie religieuse d’aujourd’hui : le renouveau des vocations contemplatives et érémitiques. Le fait est d’autant plus frappant que les vocations séculières et missionnaires, elles, diminuent. La contemplation attirerait-elle davantage que l’action ? En fait, il s’agit plus probablement d’une aspiration à mieux lier action et contemplation au sein d’un monde qui, aux yeux de beaucoup , se dessèche. Ils y cherchent ce « supplément d’âme » qui leur paraît manquer. Cela explique aussi pourquoi des incroyants s’intéressent aujourd’hui aux vies de saints.
VOIR AUSSI ENTRÉES
2 5
Entrée 1
Qu’est-ce qu’un saint ?

Au risque de surprendre, il faut affirmer que, dans la pensée catholique, un saint n’est pas d’abord un héros, un modèle de vertu, une sorte de personnage sacré.
Comme les catholiques le chantent chaque dimanche à la messe : « Dieu seul est saint »…
Si un homme ou une femme est déclaré saint, c’est parce qu’il ou elle apparaît comme un reflet de la sainteté de Dieu. Pour les chrétiens, tous les hommes, grâce au Christ, sont appelés à « refléter la gloire du Seigneur », à « être transfigurés en cette même image » (2 Co 3, 18). Saint Pierre l’affirme clairement (1 P 1, 16). Aucun humain ne peut donc être un modèle de vertu par sa propre force. En revanche, certains hommes et certaines femmes se sont progressivement ouverts davantage à la grâce de Dieu et reflètent, plus clairement que d’autres, son amour. Ce sont eux que l’on appelle les saints, au sens moderne du terme.
Par la béatification et la canonisation, l’Église catholique reconnaît donc, pour un certain nombre d’entre eux, cette relation particulière avec Dieu. La vie de ces saints est telle que l’Église peut assurer qu’ils ont réalisé en eux l’identification avec la sainteté divine. Par le cheminement de leur vie, ces chrétiens font comprendre à tous ce qu’est l’horizon du christianisme.
Le livre de l’Apocalypse réserve l’appellation de saints aux martyrs, c’est-à-dire à ceux dont la vie ressemble le plus à celle du Christ ; mais relativement vite, à la fin des persécutions, les chrétiens ont compris que l’on pouvait donner sa vie pour Dieu autrement que par les formes traditionnelles du martyre. Dès lors, la voie était ouverte à la reconnaissance ecclésiale d’autres formes de sainteté.

Être saint signifie vivre dans la proximité de Dieu, vivre dans sa famille. Et telle est notre vocation à tous, répétée avec vigueur par le concile Vatican II, et reproposée aujourd’hui de façon solennelle à notre attention.
Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’accomplir des actions et des œuvres extraordinaires, ni de posséder des charismes exceptionnels. [...] Il est nécessaire avant tout d’écouter Jésus, et de le suivre sans se décourager face aux difficultés. « Si quelqu’un me sert – nous avertit-il – qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera » (Jn 12, 26).
Plus nous imitons Jésus et demeurons unis à Lui, plus nous entrons dans le mystère de la sainteté divine.
Benoît XVI, Homélie de la Toussaint, 1 er novembre 2006.

Comment est né le culte des saints
Le culte des martyrs
Dès le milieu du II e siècle en Orient et à partir du III e siècle en Occident, les chrétiens prennent l’habitude de se réunir près des tombes des martyrs ou sur les lieux de leur supplice, en particulier le jour anniversaire de leur mort. Cet anniversaire a été très rapidement célébré comme celui de leur véritable naissance : leur naissance au Ciel. La communauté chrétienne en effet a, tout de suite et sans aucun débat, regardé comme entrés dans la gloire de Dieu ceux qui ont versé leur sang pour lui. Très tôt, l’habitude est prise de marquer fortement le lien entre leur sacrifice et celui du Christ sur la croix en célébrant l’eucharistie sur leurs tombes. Ce rassemblement est favorisé par l’usage qu’avaient les Romains de se réunir autour des tombes de leurs défunts et d’y prendre des repas ; ainsi, le « banquet eucharistique » des chrétiens autour de la tombe des martyrs était admis par leurs bourreaux eux-mêmes. Peu à peu, le martyr devient un modèle. On sollicite son intercession auprès de Dieu. Les évêques favorisent cette forme de culte, généralement local.
Le culte rendu aux martyrs engendre très vite (dès le IV e siècle) la vénération de leurs reliques . On commence à transférer des corps, des fragments de corps ou des morceaux d’étoffe ayant touché ces corps, à travers le monde chrétien (translations). On construit des églises dédiées au saint martyr dont elles conserveront les reliques (placées sous l’autel, elles sont à l’origine de la pierre d’autel contenant une relique). Ces reliques revêtent une importance extrême aux yeux du peuple chrétien. Le lieu où elles reposent est inviolable. En cas de danger (épidémies, famine, siège, etc.), on promène en procession la châsse qui les contient pour arrêter le mal.
Progressivement le culte des martyrs se répand bien au-delà des lieux où l’on vénère leurs restes ; on leur attribue un jour commémoratif célébré dans toute l’Église. On met des lieux de culte, des villes, des points géographiques sous leur patronage. Les apôtres , presque tous morts martyrs, figurent parmi ceux que l’on vénère particulièrement en leur double qualité de compagnons du Christ et de piliers de l’Église naissante.
Le culte des fondateurs
Des martyrs et des apôtres, la vénération s’étend bientôt aux évêques fondateurs d’Églises locales et aux moines évangélisateurs, ces « pères dans la foi », puis aux vierges et aux veuves consacrées, aux grands mystiques, ascètes, maîtres à penser (docteurs). Le culte des saints est parfois mis à contribution pour christianiser des lieux de culte ou des fêtes païennes (la Saint-Jean remplace les fêtes du solstice d’été).
Le culte de la Vierge Marie
Quant à la Vierge Marie, vénérée très tôt, elle est fêtée dès les IV e et V e siècles à l’occasion des fêtes du Seigneur faisant ressortir son rôle dans l’histoire du Salut : Annonciation, Visitation, Nativité, Purification ; on y ajoutera peu à peu, au fil des siècles, d’autres fêtes : Dormition ou Assomption, Immaculée Conception, etc.
Le culte des premiers saints
Pendant longtemps, le culte des saints est resté comme une simple extension de celui des martyrs : on parlait de martyre rouge pour les saints ayant versé leur sang, de martyre vert pour les saints ayant eu une vie de pénitence, et de martyre blanc pour les saints ayant eu une vie de virginité et de bonnes œuvres.
Les premières vies de saints apparaissent vers le milieu du IV e siècle. En 356, saint Athanase écrit la vie de saint Antoine quelques années seulement après sa mort. À cette époque paraissent également les premiers calendriers des saints : le plus ancien remonte à 354 (et a servi de base au calendrier liturgique romain en vigueur jusqu’à la réforme de 1969). Calendriers locaux et régionaux sont refondus pour rédiger le Martyrologe : le plus ancien parvenu jusqu’à nous – faussement attribué à saint Jérôme – date de la fin du VI e siècle.
On ne peut demander aux vies de saints écrites dans les premiers siècles de répondre aux critères historiques de notre époque. Le goût général pour le merveilleux était plutôt alors la référence. La ferveur des hagiographes, la volonté d’édifier, l’imagination des foules, les calculs de certains personnages intéressés contribuèrent à enjoliver les vies de saints, à leur attribuer des miracles extraordinaires.
Tout d’abord ce sont les chrétiens qui ont reconnu la sainteté de certains d’entre eux. Des abus ont conduit les évêques à prendre le privilège de proclamer la sainteté d’un personnage. On connaît la date de la première canonisation proclamée par un pape : celle d’Ulric , évêque d’Augsbourg, en 993. Ce n’est qu’à partir du XII e siècle que le pape s’est réservé le droit d’instruire le procès en canonisation, selon des règles qui sont devenues depuis lors de plus en plus rigoureuses.
Index : Culte des saints : Origine du – ; BENOÎT XVI (pape) : Cit. de – sur les saints ; Culte:– des martyrs ; Martyrs : Culte des – ; Reliques : Culte des – ; Culte:– des reliques ; Apôtres : Culte des – ; Culte:– des Apôtres ; MARIE (Vierge):Culte de – ; Culte:– de Marie ; Culte des saints ; Saints : Histoire du culte des – ; Saints : Premières vies de – ; ATHANASE (st, Dr de l’Église): Vie de st Antoine ; Calendrier: Premier – des saints ; Saints : Premier calendrier des – ; Martyrologe : Historique du – ; JÉRÔME (st, Dr de l’Église): Rédaction d’un martyrologe par – ; ULRIC ou ULRICH (st) ; Pape : Rôle du – dans les canonisations et béatifications ;

Le mot « saint » dans la Bible Le saint des saints : Dieu. Le peuple saint : le peuple juif élu de Dieu. La tribu sainte : la tribu de Lévi vouée à Dieu (lévites). La cité ou la ville sainte : Jérusalem. La Terre sainte : le pays d’Israël. Le Saint des Saints : cœur du sanctuaire du temple de Jérusalem ; dans le premier temple, construit par Salomon, c’est là qu’était déposée l’arche d’alliance où se trouvaient les tables de la Loi. C’était, pour les juifs, le lieu de la présence de Dieu parmi son peuple.
Index : Saints : Le mot – dans les expressions bibliques ; Saints : Saint des saints (pièce du Temple) ;

Expressions religieuses contenant « saint » Les Lieux saints : Jérusalem et les lieux où vécut Jésus. Le Saint-Sépulcre : tombeau où Jésus fut mis après sa mort. Le saint-père : le pape. Le Saint-Siège : le gouvernement pontifical. La cité sainte : la Jérusalem céleste, le Paradis. Les villes saintes (pour les musulmans) : Jérusalem, Médine et La Mecque. L’île des saints : l’Irlande. Les jours saints : les jours de la semaine sainte qui précèdent Pâques. La communion des saints : l’ensemble des fidèles vivants et morts. Les saints : nom donné aux chrétiens de Jérusalem par l’apôtre Paul dans les Actes des apôtres (Co 16, 1). Les saints du dernier jour : nom que se donnent les mormons.
Index : Saints : Le mot – dans les expressions bibliques ;

Le témoignage des martyrs
La mémoire des martyrs est un signe permanent, mais aujourd’hui particulièrement éloquent, de la vérité de l’amour chrétien. Il ne faut pas oublier leur témoignage. Ils ont annoncé l’Évangile, donnant leur vie par amour. Le martyre, surtout de nos jours, est signe du plus grand amour qui récapitule toutes les autres valeurs. Son existence reflète la parole suprême prononcée par le Christ sur la Croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34).
Jean-Paul II, Bulle d’indiction du Grand Jubilé de l’an 2000, Incarnationis mysterium .

La sainteté
Le mot « saint » vient du latin sanctus , souverainement pur, parfait. Selon la doctrine chrétienne, Dieu seul est saint. Mais parce qu’il est totalement amour, Dieu invite tous les hommes à partager sa sainteté et le bonheur dont elle est la source ; ceux qui ont répondu à cet appel peuvent être eux-mêmes appelés « saints » dès lors qu’ils se trouvent associés à la sainteté divine.
C’est pourquoi l’Église catholique propose à ses fidèles l’exemple de personnes dont la vie lui paraît avoir clairement mérité le partage de la sainteté divine. Elle reconnaît alors officiellement leurs mérites en les proclamant saints par la canonisation. Il convient de noter que, pour certains théologiens, une telle reconnaissance ne relève pas du magistère infaillible de l’Église. Cependant, pour tous, c’est un acte important du magistère du pape.
Index : Sainteté : Exemples de – proposés par l’Église ;

Qu'est-ce que ?
Acathiste
Hymne et composition poétique chantés en l’honneur de la Vierge, en souvenir de la libération miraculeuse de Constantinople par son intervention en 626.
Auréole
(du latin aureola , sous-entendu corona : couronne d’or). Cercle de rayons lumineux ou simplement cercle doré dont les artistes entourent la tête du Christ et des saints pour suggérer l’irradiation immatérielle de leur personne et l’éclat de leur gloire.
Dulie
(du grec doulos , serviteur). Prières et hommages adressés aux anges, aux saints et notamment à la Vierge Marie (hyperdulie). Le culte de dulie se différencie du culte d’adoration (latrie), rendu à Dieu seul.
Hagiographie
(du grec hagios , sacré, et graphein , écrire). Au sens strict, récit de la vie d’un saint à partir des méthodes de la science historique.
Au sens large, le mot désigne toute relation d’une vie de saint, à telle enseigne qu’il est parfois employé pour désigner toute biographie un peu trop élogieuse.
L’hagiographe est l’auteur d’une vie de saint.
Hyperdulie
(du grec uper , au-dessus, et doulos , serviteur). Le mot « dulie » désignant le culte d’honneur rendu aux saints, celui d’« hyperdulie » a été créé pour désigner celui rendu à la Vierge en raison de son éminente dignité parmi les saints. Le terme dulie rappelle toutefois que ce culte, si éminent soit-il, reste de vénération , et se distingue donc fondamentalement de celui d’ adoration (ou latrie), réservé à Dieu seul.
Icône
Image introduisant dans le mystère de la vie du Christ, de la Vierge ou des saints selon un « canon » théologique. Les icônes sont vénérées à l’égal des reliques.
Latrie
Culte d’adoration rendu à Dieu seul.
VOIR AUSSI ENTRÉES
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Entrée 2
Béatifications et canonisations

Béatification et canonisation
La canonisation , inscription d’un bienheureux au canon (catalogue) des saints, prévoit que son culte est étendu à l’Église universelle. La béatification , avant-dernière étape avant la canonisation, permet un culte restreint.
Index : Béatification ; Canonisation ;

Qu'est-ce que ?
Canon des saints
Liste officielle des saints et bienheureux reconnus par l’Église catholique. Voir aussi Martyrologe.
Cause des saints
La cause est, en termes juridiques, ce qui constitue la matière d’un procès. La béatification et la canonisation ne sont prononcées par l’Église catholique qu’au terme d’une procédure judiciaire devant les tribunaux ecclésiastiques. La cause d’un saint est donc l’ensemble des arguments présentés en vue d’obtenir la béatification ou la canonisation d’une personne. La congrégation romaine (dans l’administration du Vatican, l’équivalent d’un ministère) chargée d’instruire ces procès est appelée « congrégation pour la cause des saints ».
Confirmation du culte
Des saints vénérés depuis des siècles et reconnus comme saints par les Églises locales ont pu être insérés dans le Martyrologe romain , après enquête de la congrégation de la cause des saints et décision du pape, sans qu’il y ait eu besoin de procès de canonisation.
Il en fut ainsi pour Fra Angelico (1387-1455) en 1984 ; Thorlakur Thorhalsson , évêque islandais († 1193), en 1984 ; Jean Duns Scot, franciscain irlandais et théologien (1266-1308), en 1993 ; saint Meinard , premier évêque de Lettonie (1136-1196), en 1993.
Désormais cette confirmation officielle de la part des organismes romains demande une enquête conforme aux causes dites anciennes.
Élevé sur les autels
Équivalait jusqu’au Moyen Âge à une canonisation, puisque les reliques du saint n’étaient plus dans une tombe, mais mises à une place d’honneur sur un autel dans une châsse, pour la vénération des fidèles et un culte public, mais, bientôt, il fallut, pour contrôler les abus, la reconnaissance canonique de l’évêque du lieu.
Vénérable
(du latin venerabilis , digne d’être vénéré). Le titre purement honorifique fut d’abord accordé au serviteur de Dieu dès l’introduction officielle de sa cause. Désormais il n’est donné qu’à ceux ou celles dont l’héroïcité des vertus a été reconnue par l’Église.
La vie de la personne proclamée « vénérable » peut être proposée en exemple aux chrétiens, mais sans aucun culte public.

Nombre de béatifications et de canonisations par pape

Les saints et les papes
Avant le XIX e siècle, les béatifications et les canonisations furent peu nombreuses, et les célébrations groupées très rares – mis à part la canonisation des martyrs d’Otrante par le pape Clément XIV. Durant cette période, avec quelques membres des familles royales ou princières, ce sont surtout des évêques, des fondateurs et des fondatrices d’ordre qui sont béatifiés ou canonisés. On constate aussi la prédominance des hommes parmi les saints (79,5 %) et les bienheureux (84,3 %). Le cas de saint Isidore le laboureur, canonisé le 12 mars 1622, en même temps que saint François Xavier, saint Ignace de Loyola, saint Philippe Néri et sainte Thérèse d’Avila, est unique. On le doit au roi Philippe III d’Espagne, miraculeusement guéri par ce saint que les foules vénéraient.
Des béatifications groupées
Dans la seconde partie du XIX e siècle, les béatifications et les canonisations deviennent de plus en plus nombreuses à la suite des demandes des congrégations religieuses. Pie X initie les béatifications « groupées » des martyrs, comme les religieuses de Compiègne ou les martyrs d’Indochine , suivi en cela par Benoît XV, avec les jeunes martyrs de l’Ouganda et les 64 martyrs de Prague, par exemple. Ces béatifications de martyrs sont significatives, non plus seulement de la sainteté personnelle, mais de l’Église missionnaire avec les martyrs du Canada , de la fidélité à l’Église face aux persécutions avec les martyrs de Damas, de la Révolution française ou d’Angleterre. Pie XII béatifie ainsi, coup sur coup, 40 puis 136 martyrs anglais.
Jean-Paul II
Jean-Paul II innove. Il perpétue, à l’image de ses prédécesseurs, la mémoire des martyrs, mais il multiplie ces béatifications groupées (comme celles des martyrs du Japon, de Chine, du Mexique et surtout d’Espagne). Durant ses visites pastorales, il veut donner un modèle de vie chrétienne en béatifiant les premiers saints de ces pays, veillant à ce que des laïcs soient commémorés autant que des religieux. Il veille à ce que tous les états de vie soient reconnus comme chemins de sainteté. L’exemple en est la béatification du couple Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi en octobre 2001, premier « cas » de ce genre dans toute l’histoire de l’Église.
Index : Béatification ; Canonisation ; Martyrs:– d’Otrante ; ISIDORE LE LABOUREUR (st) ; PIE X (st, pape) ; Béatification:– collective ; Martyrs:– de l’Indochine ; Martyrs:– de l’Ouganda ; Martyrs:– de Prague ; Martyrs:– du Canada ; JEAN-PAUL II (pape):– et les canonisations ; BELTRAME QUATTROCCHI, LUIGI et MARIA (bx) ;

Qu'est-ce que ?
Avocat du diable
Nom populaire donné au promoteur de la foi. Lorsqu’un évêque demande à Rome de béatifier ou de canoniser un saint, la congrégation pour la cause des saints exige du diocèse puis de ses services une enquête rigoureuse et contradictoire pour s’assurer que l’on ne présente pas comme modèles des hommes ou des femmes qui ne le mériteraient pas vraiment. Depuis 1983, le postulateur se doit de ne rien cacher de celui ou celle qu’il présente et de répondre aux interrogations du promoteur de justice.
Avant cette réforme, le promoteur de la foi avait à la congrégation la responsabilité de mettre en avant les ombres du dossier qui pouvaient nuire à la cause. D’où le nom d’« avocat du diable » qu’on lui donne en plaisantant.
Bienheureux
(du latin beatus , heureux). Titre donné par l’Église à une personne dont la vie chrétienne est proposée en exemple et qui, pour cette raison, est béatifiée. Le terme bienheureux signifie qu’aux yeux de l’Église cette personne a été admise à partager pleinement le bonheur de Dieu. Le titre est attribué par un décret signé, par délégation du souverain pontife, par le secrétaire d’État. La célébration a lieu au cours d’une liturgie solennelle présidée par un légat du pape, habituellement le préfet pour la cause des saints. Il lit le décret pontifical de béatification pour témoigner que cette décision a été prise par le souverain pontife. La béatification est l’étape qui précède la canonisation. Un culte liturgique public mais restreint à un diocèse, un pays ou un ordre religieux peut être rendu au bienheureux dans les limites autorisées dans chaque cas par le pape.
Naissance au Ciel
Synonyme du jour de la mort, puisque le saint rejoint la gloire de Dieu et naît à la vie bienheureuse et éternelle.

Jean-Paul II et les saints
Jean-Paul II a reconnu et proclamé plus de saints à lui seul que les autres papes en 400 ans.
L’universalité de la sainteté
Il a eu à cœur de montrer le caractère universel de l’appel à la sainteté promu par le concile Vatican II. Pour cela, il n’a pas hésité à honorer, aux côtés des martyrs du XX e siècle, des personnes n’ayant apparemment rien fait d’« exceptionnel » au cours de leur vie, mais ayant su « appliquer l’Évangile au quotidien, de manière cohérente et concrète ». Certains ont critiqué son « inflation » des béatifications et des canonisations. Pour lui, la diversité des saints est la démonstration qu’il existe bien de nombreuses demeures dans la maison du Père.
Des modèles pour tous
En fait, il a eu le souci de donner des modèles de vie chrétienne aux nations, aux peuples, aux Églises ou aux différentes vocations. C’est le cas des gitans, dont le premier bienheureux est Zéphirin Gimenez Malla , martyr de la guerre civile espagnole, ou des foyers, qui ont pour modèles Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, premiers époux béatifiés ensemble par un pape et dont la fête liturgique a été fixée à la date anniversaire de leur mariage. Ouvriers, journalistes, hommes politiques, artisans, pères ou mères de famille ou encore jeunes laïcs, toutes les classes sociales et les états de vie sont ainsi représentés, même si les religieux et religieuses sont encore majoritaires.
Tous appelés à la sainteté
Tous les catholiques, sans exception, sont appelés à la sainteté dans la vie ordinaire. Les saints, reconnus ou non, sont innombrables. La prière eucharistique III le dit expressément : « Pour les hommes qui ont quitté ce monde et dont tu connais la droiture, nous te prions. Reçois-les dans ton Royaume où nous espérons être comblés de ta gloire, tous ensemble et pour l’éternité. »
Jean-Paul II nommait la Toussaint la fête du « saint inconnu ». Citant la liturgie de ce jour, il soulignait que l’Église a « la joie de célébrer en une fête unique les mérites et la gloire de tous les saints, non seulement de ceux qu’elle a proclamés au cours des siècles, mais aussi des innombrables hommes et femmes dont la sainteté, cachée en ce monde, est bien connue de Dieu et resplendit dans son Royaume éternel ».
Index : JEAN-PAUL II (pape):– et les saints ; Sainteté ; Saints ; GIMENEZ MALLA, ZÉPHIRIN (bx) ; BELTRAME QUATTROCCHI, LUIGI et MARIA (bx) ;

La vérité sur l’histoire
Les papes ont béatifié et canonisé de nombreux martyrs : ceux du génocide arménien, ceux de la Révolution du Mexique , de la Révolution française, des « pontons » de Rochefort et d’Angers , oubliés dans les cérémonies du bicentenaire, les martyrs de la guerre civile espagnole, oubliés par la plupart des manuels d’histoire, les martyrs du nazisme et ceux du communisme.
Ils n’hésitent pas à faire ainsi mémoire des martyrs de la fidélité à l’Église romaine à Kosice en Slovaquie, en Irlande et en Grande-Bretagne au XVII e siècle, en Éthiopie au XVIII e siècle ; et ceux de la fidélité à l’Église gréco-catholique d’Ukraine au XX e siècle.
Il en est de même pour les pays de missions, l’Ouganda, la Chine, la Corée, le Vietnam ou la Thaïlande. La première canonisation de Jean-Paul II hors de Rome fut célébrée à Séoul, en 1984, pour 103 martyrs de Corée . Sa première béatification hors de Rome fut célébrée à Manille, en 1981, pour les martyrs de Nagasaki au Japon.
Index : Martyrs:– du Mexique ; Martyrs:– d’Angers ; Martyrs:– du Vietnam ; Martyrs:– de la Corée ; Martyrs:– de Nagasaki ;

Quelques premières de Jean-Paul II
Pour la biographie du saint ou de la sainte marquée par le signe *, se reporter soit au calendrier de canonisations (entrée « Saints du calendrier »), soit à l’entrée « Grands saints ».

Églises orientales
En 1985, sainte Rafqa Ar-Rayes*, première religieuse maronite canonisée.
En 1986, bienheureux Kuriakose Elias Chavara, premier prêtre indien de rite syro-malabar béatifié.
En 1986, bienheureuse Alphonsine Muttathupandathu , première religieuse indienne de rite syro-malabar béatifiée.

États de vie
En 1981, bienheureuse Clelia Barbieri , la plus jeune fondatrice d’ordre religieux dans l’histoire de l’Église (à peine 21 ans).
En 2001, bienheureux Luigi Beltrame Quattrocchi et Maria Corsini , premier couple béatifié.

Peuples indigènes
En 1983, bienheureuse Kateri Tekakwika, jeune Iroquoise.
En 1990, bienheureux Juan Diego Cuauhtlatoatzin , indien Nahua du Mexique, dont la vision fut à l’origine de Notre-Dame de Guadalupe.
En 2002, bienheureux Jean-Baptiste et Jacinto de los Angeles , jeunes Indiens zatopèques d’Oaxaca.

Afrique
En 1985, bienheureuse Marie-Clémentine Anwarite, première bienheureuse zaïroise.
En 2000, sainte Joséphine Bakhita , ancienne esclave originaire du Darfour (Soudan).

Amérique du Nord
En 1980, bienheureux François de Montmorency-Laval* , français et premier évêque du Canada.
En 1982, sainte Marguerite Bourgeoys , française et première sainte canonisée du Canada.
En 1990, sainte Marie-Marguerite d’Youville, première sainte « aux racines canadiennes » (Jean-Paul II).

Amérique Latine
En 1990, bienheureux Juan Diego Cuauhtlatoatzin , indien Nahua du Mexique.
En 1993, sainte Thérèse de Jésus des Andes , première sainte chilienne.
En 1995, bienheureuse Marie de Saint Joseph Alvarado Cardozo , première bienheureuse vénézuélienne.
En 1998, bienheureux Antoine de Sainte-Anne Galvao , originaire de São Paulo, premier bienheureux brésilien.
En 2000, bienheureux Mariano de Jesus Euse Hoyos , premier bienheureux né en Colombie.
En 2000, bienheureux Cristobal, Antonio et Juan , trois enfants mexicains martyrisés à Tlaxcala, les plus jeunes catéchistes, car ils catéchisaient leurs jeunes camarades.
En 2001, bienheureux Carlos Manuel Rodrigo Santiago , premier bienheureux de Porto Rico.
En 2002, sainte Pauline du Cœur agonisant de Jésus , première bienheureuse brésilienne.
En 2002, bienheureuse Maria Romero Meneses , première bienheureuse du Nicaragua.
En 2002, bienheureuse Marie du Trépas de Jésus Sacrement , première femme argentine béatifiée.
En 2004, bienheureuse Marie-Laure de Jésus Montoya , première Colombienne béatifiée.

Asie
En 1984, saint André Kim Taegon, premier prêtre coréen canonisé.
En 1985, bienheureux Diego Luis de San Vitores, premier bienheureux martyr des îles Mariannes.
En 1987, saint Lorenzo Ruiz , laïc, premier saint philippin.
En 1993, bienheureux Maurice Tornay , premier martyr du Tibet.
En 1995, bienheureux Joseph Vaz , brahmane, originaire de l’Inde, premier prêtre béatifié du Sri Lanka.
En 2000, saint Augustin Zhao Rong , premier prêtre chinois martyrisé.

Europe
En 1986, première célébration d’une béatification en France, Antoine Chevrier *, à Lyon.
En 1996, bienheureux Otto Neururer , premier prêtre mort en camp de concentration nazi.
En 1997, bienheureux Zéphirin Gimenez Malla , premier bienheureux gitan.
En 1999, bienheureux Antoine Martin Slomsek , premier bienheureux de Slovénie.
En 2001, saint Georges Preca , premier saint originaire de Malte.
En 2003, bienheureuse Marie de Jésus crucifié Petkovic , première bienheureuse croate.

Océanie
En 1995, bienheureuse Marie de la Croix Mac Killop , première bienheureuse de l’Australie.
En 1995, bienheureux Pierre To Rot , premier bienheureux originaire de Rakunai en Papouasie.

Les saints de Jean-Paul II, qui sont-ils ?

Les saints de Jean-Paul II
Jean-Paul II a béatifié 69 % d’hommes et 31 % de femmes – ce qui montre par rapport aux totaux des béatifiés depuis 1585, un développement de la place des femmes. Ce sont notamment des martyres et des fondatrices de congrégations qui sont béatifiées.
Les martyrs représentent 80 % du total des béatifications (82 % des canonisations).
On peut à juste titre s’interroger sur le peu de laïcs non martyrs canonisés ou béatifiés : plus que le coût d’une cause introduite en vue de la reconnaissance par l’Église de la sainteté, c’est le « suivi » qui est souvent déterminant pour son introduction, pour la recherche d’une documentation sans faille et pour la poursuite d’une procédure complexe, longue et précise. C’est sans doute pour ces raisons que l’on constate que les bienheureux et les saints, même avec la volonté d’ouverture de Jean-Paul II, appartiennent encore principalement à des congrégations religieuses.

Une première de Benoît XVI
En donnant son feu vert au procès en béatification d’une fillette romaine de six ans et demi, morte en 1937 d’un cancer des os après avoir manifesté « une intense vie mystique », Benoît XVI entendait révéler que, même à cet âge, un enfant peut vivre des « vertus héroïques » qui sont celles de la sainteté.
Antonietta Meo , surnommée familièrement « Nennolina », qui avait été amputée d’une jambe après la découverte d’un ostéosarcome, devient ainsi la plus jeune bienheureuse de l’Église catholique, si l’on excepte quelques enfants « martyrs » des premiers siècles. Cette fillette, « vive et gaie » selon les actes de son procès en béatification, a écrit « plus d’une centaine de lettres » à Jésus, à Marie, à Dieu et au Saint-Esprit révélant, selon le dossier, « une vie d’union mystique avec le Christ ».
« Cher enfant Jésus, tu es saint, tu es bon, fais-moi la grâce de me rendre ma jambe. Si tu ne veux pas… que ta volonté soit faite », écrit-elle dans une de ses lettres.
Index : MEO, ANTONIETTA (bse) ;

Tous les êtres humains sont donc appelés à la sainteté qui, en dernière analyse, consiste à vivre en fils de Dieu, dans cette “ressemblance” avec Lui, à partir de laquelle il nous a créés. Tous les êtres humains sont fils de Dieu et tous doivent devenir ce qu’ils sont, à travers le chemin exigeant de la liberté.
Benoît XVI, Angélus de la Toussaint, 1 er novembre 2007.

Formule de béatification
Nous, (le Pape), accueillant le désir de notre frère N…, évêque de…, de plusieurs autres évêques et de beaucoup de fidèles, après avoir connu l’opinion de la congrégation des Causes des saints, nous déclarons, de par Notre Autorité Apostolique, que le Vénérable Serviteur de Dieu N… peut être dès à présent appelé bienheureux et que l’on peut célébrer sa fête, dans les lieux et suivant les règles établies par le droit, chaque année, au jour de sa naissance au Ciel, le… Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Formule de canonisation
Pour l’honneur de la Sainte et Indivisible Trinité, pour l’exaltation de la foi catholique, et l’accroissement de la vie chrétienne, par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et la Nôtre, (le Pape), après une mûre délibération et après avoir imploré souvent l’aide divine, et après le conseil de plusieurs de Nos Frères, Nous décrétons et définissons que le bienheureux N… est saint et que nous l’inscrivons au catalogue des saints, et Nous statuons qu’il doit être honoré avec une pieuse dévotion dans l’Église universelle.
Rituel de béatification et de canonisation

Davantage de saints laïcs ?
Pour devenir saint, toute procédure est longue et coûteuse ; toutefois la question financière n’a jamais empêché une cause d’aboutir, pas plus qu’elle n’est de nature à forcer les obstacles.
Pourtant, force est de constater qu’en dehors des martyrs, ce sont le plus souvent des religieux et religieuses, et très exceptionnellement des laïcs, qui sont béatifiés ou canonisés. Il est clair qu’une congrégation religieuse est mieux placée pour favoriser le rayonnement spirituel d’un de ses membres après sa mort, pour prendre l’initiative d’une demande et, depuis le concile Vatican II, réunir les éléments d’un dossier. Toutefois l’émergence, dans le cours du XX e siècle, de laïcs en responsabilité, et l’importance prise au sein de l’Église par les mouvements laïcs sont probablement de nature à faire évoluer rapidement cet état de choses.
Index : Canonisation:– de laïcs ;

Combien coûte une canonisation ?
Être canonisé n’est pas donné, même si la réforme de Jean-Paul II en 1983 en a réduit les frais. Un procès de béatification coûte à lui seul près de 50 000 euros, surtout à cause de l’édition des documents préparatoires. Et si « la cause » se poursuit jusqu’à la canonisation, il faut ajouter une dépense au moins équivalente.
La « thèse » rédigée par le « postulateur » pour présenter la sainteté d’un candidat est imprimée à plus de 50 exemplaires. Ils sont destinés aux experts consultés, aux cardinaux, aux théologiens, aux historiens et aux membres de la Congrégation (cardinaux et évêques). Si cela est nécessaire, il faut ajouter la recension des consultations des témoins contemporains. Chaque cause peut nécessiter deux, trois, voire une dizaine de ces volumes d’environ 1 500 pages chacun, comme ce fut le cas pour Jean XXIII ou pour Padre Pio.
À ces frais de collecte documentaire, d’archives, etc., il faut ajouter ceux qui concernent la cérémonie. Les responsables de chaque cause doivent prendre en charge toutes les dépenses des entrevues nécessaires pour les témoins et financer l’organisation des cérémonies, pour que rien ne soit à la charge des organismes romains. C’est pourquoi certaines cérémonies se célèbrent pour plusieurs saints simultanément afin de réduire les frais pour chacun.
Quant aux recettes, elles sont de plusieurs types : dons des fidèles et des fondations, droits d’auteur pour les éditions, droits de reproduction pour les télévisions, participation des agences organisatrices du voyage des pèlerins, etc.
Le déroulement de chaque procédure et de chaque cérémonie est si particulier qu’il est difficile de donner des chiffres significatifs. On peut penser que le coût de beaucoup de cérémonies de béatification se situe autour de 25 000 euros (s’il y a plusieurs bienheureux dans une même célébration à Saint-Pierre). Par exemple, les frais pour la procédure et les cérémonies de béatification de Charles de Foucauld ont coûté, entre 1953 (date d’ouverture) et 2006, près de 125 000 euros (frais de constitution du dossier de postulation, de déplacements, de correspondance, duplication des dossiers, etc., puis cérémonies à Rome et création des reliquaires…). L’essentiel est pris en charge par des dons et par les droits d’auteur. Le coût de certaines canonisations et cérémonies peut monter jusqu’à 300 000 euros (en cas de très grosse affluence : écrans dans la via della Conciliazione , etc.).
Index : Canonisation : Coût de la procédure de – ; JEAN-PAUL II (pape):Réforme de la canonisation par – ; JEAN XXIII (pape):Canonisation de – ; PADRE PIO DA PIETRELCINA (st) (FRANCESCO FORGIONE) ; FOUCAULD DE, CHARLES (bx):Béatification de – ;

Jésus invite chacun de nous à le suivre, comme ces saints, sur le chemin de la Croix, pour recevoir ensuite la vie éternelle dont il nous a fait don en mourant. Que leurs exemples nous servent d’encouragement ; que leur enseignement nous guide et nous réconforte ; que leur intercession nous soutienne dans les peines du quotidien, pour que nous puissions arriver un jour à partager avec eux et avec tous les saints la joie du banquet éternel dans la Jérusalem céleste.
Benoît XVI, Homélie du 12 octobre 2008.

Qu'est-ce que ?
Légende
(du latin legenda , choses à lire, ce qui doit être lu).
À l’office monastique des matines est lue chaque jour, sous forme de « leçon », l’évocation de la vie du saint dont on célèbre la fête ; ce récit « à lire » (en latin legenda ) est pour cette raison appelé « légende ». Très tôt, des recueils de vies de saints furent composés pour répondre aux besoins de ces célébrations. Puisqu’il s’agissait avant tout d’édifier et non de réaliser une œuvre scientifique (bien étrangère aux mentalités de l’époque), le fonds historique reçut maints embellissements et le merveilleux domina volontiers, comme cela se fera dans les chansons de geste ou les romans de chevalerie. C’est ainsi que le mot « légende » prit le sens de récit populaire plus ou moins fabuleux.
Parmi les nombreux recueils de vies de saints, on peut citer le Martyrologe ( VI e s.) fictivement attribué à saint Jérôme et les Acta Sanctorum entrepris par le jésuite Bolland ( XVIII e s.) et ses successeurs, les bollandistes.
Mais, le plus célèbre est connu sous le titre de Légende dorée ( Legenda aurea ) qui lui fut donné au XV e siècle. Il a été en réalité rédigé vers 1260 par le dominicain italien Jacques Vorazzo , dit de Voragine , sous le titre Historiae ou Legenda Sanctorum ; ce fut le recueil le plus complet et le plus utilisé. Mêlant faits authentiques et merveilleux, il connut un immense succès et fit l’objet de nombreuses éditions, souvent illustrées de miniatures. Il figura parmi les premiers ouvrages imprimés et inspira une abondante iconographie.
Depuis lors, la rigueur des sciences historiques a gagné la relation de la vie des saints, ce qui a valu à plusieurs d’entre eux d’être rayés du cycle sanctoral de la liturgie.
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Saints du calendrier

Comment sont choisis les saints du calendrier ?
Proposés par l’Église à la vénération et à l’imitation des chrétiens, mais à des époques et dans des circonstances fort diverses, les saints constituent en réalité un monde très diversifié.
Qui sont-ils ?
Parmi les quelque 40 000 que l’on peut recenser dans le Martyrologe de l’Église romaine et dans les synaxaires des Églises orientales, on relève d’abord les très grands saints. Leur rôle dans le témoignage, la transmission et l’approfondissement de la foi sont reconnus comme primordiaux.
Il y a ensuite la masse imposante de ceux qui sont universellement vénérés et dont on connaît avec précision les mérites et les faits essentiels de leur vie.
Il y a enfin une foule de saints plus obscurs, soit parce que leur rayonnement est resté très local, soit parce que l’on ne sait plus grand-chose d’eux. Beaucoup ont très certainement été d’authentiques témoins de l’Évangile, quelques-uns en revanche sont probablement nés de l’imagination populaire, comme du désir bien compréhensible pour une communauté humaine de se réclamer d’origines ou de patronages flatteurs.
Par surcroît, en des siècles où la rigueur historique et le sens critique n’étaient guère affinés, des confusions se sont faites, ou ont pu se faire, entre des noms, des personnes, des lieux, des événements.
Des critères plus exigeants
Aujourd’hui, l’Église est devenue très exigeante à l’égard de l’authenticité des vies de saints. Ses critères sont très stricts pour la reconnaissance de nouveaux saints.
Lorsqu’elle propose un saint à la vénération des fidèles, elle ne cautionne pas pour autant les aspects légendaires dont les siècles ont parfois embelli sa vie. Elle ne met pas non plus tous les saints sur le même plan. Pour une bonne pédagogie de la foi, il fallait absolument faire une sélection dans l’immense foule des personnes admises au rang des saints.
La manière dont est conçu le calendrier liturgique est révélatrice à cet égard. Une première distinction est faite entre les saints dont la fête est à célébrer par l’ensemble de l’Église dans sa liturgie quotidienne et les autres saints.
Les saints admis au calendrier
Les fêtes à célébrer par toute l’Église sont fixées par le calendrier romain pour l’Église universelle. Celui-ci ne retient qu’une sélection très restreinte. D’abord parce que l’année liturgique, comme l’année civile, ne compte que 365 jours (alors qu’il y a environ 40 000 saints). Ensuite parce que le concile Vatican II, pour éviter que les fêtes des saints ne l’emportent sur celles célébrant le Christ, a décidé que le plus grand nombre d’entre elles serait laissé à la décision de chaque Église locale, nation ou ordre religieux ; seraient seules étendues à l’ Église universelle les fêtes de saints présentant véritablement une importance universelle (n. 111 de la Constitution sur la liturgie de Vatican II ).
Depuis 1970, date de mise en application de la réforme réalisée sur ce point par Paul VI, le calendrier liturgique romain ne compte donc plus que 226 saints, avec ceux que Jean-Paul II a ajoutés au calendrier universel pour y marquer la présence de régions ou de situations qui n’y étaient pas représentées. On peut ainsi citer Juan Diego en décembre pour l’Amérique latine, Joséphine Bakhita , esclave soudanaise, en janvier, les martyrs du Mexique en mai, Augustin Zhao et les martyrs de Chine en juillet, Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein ) en août, Lorenzo Ruiz et les martyrs du Japon en septembre.
Ceux qui ont été éliminés étaient d’abord ceux qui étaient peu connus ou bien ceux dont on ne pouvait « établir avec certitude les fondements historiques de leur culte » ; ainsi des saints pourtant très populaires comme Christophe , Barbe , Catherine ont été supprimés du calendrier liturgique universel, mais ils restent inscrits au calendrier du Martyrologe romain .
Au sein même de la sélection du calendrier romain, les fêtes font l’objet d’un classement hiérarchisé selon l’importance que l’Église veut attribuer à chacune d’elles.
Les saints des autres calendriers
Quant aux fêtes non inscrites au calendrier romain, leur célébration liturgique est laissée aux Églises locales, aux pays, aux diocèses, aux ordres religieux. Mais, bien sûr, chacun peut, pour sa part personnelle, vénérer plus particulièrement tel ou tel saint, quel que soit le rang auquel l’Église a mis sa fête.
Qu’ils figurent dans le calendrier romain ou dans des calendriers locaux, les saints authentiques forment en effet une société d’une extrême diversité ; tout homme, toute femme peut trouver parmi eux ceux qui correspondent le mieux à son tempérament, à sa situation, à sa vocation.
Quant aux calendriers utilisés dans la vie courante (agendas, calendriers des postes, etc.), leurs éditeurs s’attachent généralement à y faire figurer les noms les plus courants. Tous ne se trouvent pas pour autant dans le calendrier romain. Ils font alors l’objet de fêtes locales. Référencés dans telle ou telle Église locale, reconnus par l’autorité diocésaine, ils ne sont pas répertoriés dans le Martyrologe universel.
Index : Saints : Fêtes des – ; Saints : Choix des – du calendrier ; Calendrier: Choix des saints du – ; CUAUHTLATOATZIN, JUAN DIEGO (st) ; BAKHITA, JOSÉPHINE (ste) ; Martyrs:– du Mexique ; ZHAO RONG, AUGUSTIN (st) ; Martyrs:– de Chine ; THÉRÈSE-BÉNÉDICTE DE LA CROIX (bse) (ÉDITH STEIN) ; RUIZ, LORENZO (st) ; Martyrs:– du Japon ; CHRISTOPHE (st):Calendrier liturgique et – ; BARBE (ste):Calendrier liturgique et – ; CATHERINE D’ALEXANDRIE (ste) ;

Une hiérarchie des fêtes des saints
L’année liturgique est fondée sur deux cycles qui se combinent entre eux selon des règles précises : un cycle principal, celui des temps liturgiques, qui fait revivre les grands événements du salut (Noël, la Passion, Pâques, etc.), c’est le temporal ; un cycle secondaire, consacré aux fêtes des saints, c’est le sanctoral (voir Calendrier liturgique).
Le calendrier liturgique sanctoral , déterminé le plus souvent par la date de la mort des saints (ou, plus exactement, dans la perspective chrétienne, de leur « naissance au Ciel »), établit lui-même une hiérarchie dans l’importance des fêtes des saints.
En tête arrivent celles qui sont mises au rang des solennités , les très grandes fêtes de l’Église ; elles l’emportent sur toutes les autres, y compris les dimanches. Dans les 15 solennités de l’année, 5 saints se trouvent ainsi mis en avant : la Vierge Marie (qui est de tous les saints et saintes celle qui est honorée le plus souvent et le plus solennellement), saint Joseph , saint Jean-Baptiste , les saints Pierre et Paul ; la Toussaint honore tous les saints connus et inconnus, tous les hommes et les femmes qui ont été admis dans la béatitude divine.
La seconde catégorie de célébrations de saints porte le nom de fêtes . Rappelant soit un personnage soit un événement, elles prennent place, dans l’ordre d’importance, après les solennités et les dimanches ; au nombre de 25, elles concernent 21 saints, dont 3 déjà honorés dans le cadre des solennités. On y trouve notamment les apôtres, les évangélistes, les tout premiers martyrs.
Au-delà de ces deux catégories viennent les mémoires (ce qui veut dire commémoration), au nombre de 71. La quatrième et dernière catégorie, celle des mémoires ad libitum (c’est-à-dire facultatives), concerne un peu plus d’une centaine de saints.
Ce sont donc au total environ 226 noms qui figurent au calendrier universel de l’Église, soit une très petite proportion de la grande foule des saints plus ou moins connus. 226 environ car, à certains jours, plusieurs saints sont fêtés simultanément, par exemple pour les martyrs de Chine, du Mexique, de la Corée, etc.
Il faut cependant ajouter que les Églises de tel ou tel pays et les diocèses peuvent inscrire à leur calendrier propre (solennités, fêtes, mémoires) des saints ne figurant pas au calendrier romain et faisant chez eux l’objet d’un culte traditionnel. Ainsi, en France, sainte Geneviève , saint Remi , sainte Bernadette , saint Yves , sainte Jeanne d’Arc, saint Césaire d’Arles figurent au calendrier national ; en Belgique, c’est le cas de saint Amand , saint Lambert , saint Hubert ; au Canada, la célébration de sainte Anne a rang de fête, etc.
Index : Fêtes: – des saints ; Saints : Fêtes des – ; Temporal ; Liturgie : Calendrier et – ; Calendrier:– liturgique ; Sanctoral ; Solennité (calendrier liturgique) ; MARIE (Vierge):Fêtes de – ; JOSEPH (st): Fête ; Sœurs de St-Joseph-de-Cluny ; JEAN-BAPTISTE (st):Solennité de – ; PAUL (apôtre, st):Solennité de – ; PIERRE (apôtre, st):Solennité de – ; Toussaint : Calendrier liturgique ; Fêtes: Calendrier liturgique ; Mémoire: Calendrier liturgique ; GENEVIÈVE (ste):Calendrier liturgique et – ; RÉMI ou RÉMY (st):Calendrier liturgique et – ; BERNADETTE SOUBIROUS (ste):Calendrier liturgique et – ; YVES (st):Calendrier liturgique et – ; JEANNE D’ARC (ste):Calendrier liturgique et – ; CÉSAIRE D’ARLES (st):Calendrier liturgique et – ; AMAND (st):Calendrier liturgique et – ; LAMBERT (st):Calendrier liturgique et – ; HUBERT (st):Calendrier liturgique et – ; ANNE (ste):Fête de – au Canada ;

Calendrier romain pour l’Église universelle et calendrier des pays francophones
**** Solennité
*** Fête
** Mémoire
* Mémoire facultative
AN Afrique du Nord
B Belgique
C Canada
EU Europe
F France
L Luxembourg
S Suisse

Janvier
1 Marie Mère de Dieu****
2 Basile le Grand** ; Grégoire de Nazianze** ; Saint nom de Jésus*
3 Geneviève - F*
7 Raymond de Peñafort*
12 Marguerite Bourgeoys - C*
13 Hilaire*
15 Remi - F*
17 Antoine le Grand**
20 Fabien * ; Sébastien *
21 Agnès **
22 Vincent *
24 François de Sales**
25 Conversion de saint Paul***
26 Timothée ** ; Tite **
27 Angèle Merici*
28 Thomas d’Aquin**
31 Jean Bosco **
Dimanche entre 2 et 8 janvier : Épiphanie****
Dimanche après le 6 janvier : Baptême du Seigneur***

Février
2 Présentation du Seigneur***
3 Blaise * ; Anschaire *
5 Agathe **
6 Paul Miki et ses compagnons martyrs au Japon ** ; Amand - B*
8 Jérôme Émilien* ; Joséphine Bakhita *
10 Scholastique **
11 N.-D. de Lourdes *
14 Cyrille et Méthode ** - EU***
17 Sept fondateurs de l’ordre des Servîtes*
18 Bernadette Soubirous - F*
21 Pierre Damien*
22 Chaire de saint Pierre***
23 Polycarpe **

Mars
4 Casimir *
7 Perpétue ** et Félicité **
8 Jean de Dieu *
9 Françoise Romaine*
17 Patrick ou Patrice *
18 Cyrille de Jérusalem *
19 Joseph****
23 Turibe ou Toribio *
25 Annonciation****

Avril
2 François de Paule *
4 Isidore de Séville*
5 Vincent Ferrier*
7 Jean-Baptiste de la Salle**
11 Stanislas **
13 Martin I er *
21 Anselme *
23 Georges* ; Adalbert *
24 Fidèle de Sigmaringen*
25 Marc***
27 Pierre Canisius - S*
28 Pierre-Marie Chanel* ; Louis-Marie Grignion de Montfort*
29 Catherine de Sienne ** - EU***
30 Pie V*
Samedi après le 4 e dimanche de Pâques : Vierge Marie, consolatrice des affligés****

Mai
1 Joseph*
2 Athanase**
3 Philippe *** ; Jacques***
12 Achille * ; Nérée * ; Pancrace *
13 N.-D. de Fatima *
14 Mathias ***
18 Jean I er *
19 Yves - F*
20 Bernardin de Sienne *
21 Christophore Magallanes et les martyrs mexicains*
22 Rita de Cascia*
25 Bède le Vénérable* ; Grégoire VII* ; Marie-Madeleine de Pazzi*
26 Philippe Néri**
27 Augustin de Cantorbéry *
30 Jeanne d’Arc - F**
31 Visitation de Marie***
1 er dimanche après la Pentecôte : Sainte-Trinité****
2 e dimanche après la Pentecôte : Saint-Sacrement****
Vendredi après le 2 e dimanche après la Pentecôte : Sacré Cœur de Jésus****
3 e samedi après la Pentecôte : Cœur Immaculé de Marie*

Juin
1 Justin **
2 Marcellin * ; Pierre (exorciste)* ; Pothin , Blandine et leurs compagnons - F*
3 Charles Lwanga et ses compagnons en Ouganda**
4 Clotilde - F*
5 Boniface**
6 Norbert *
9 Éphrem *
11 Barnabé**
13 Antoine de Padoue**
16 Cœur Immaculé de Marie
19 Romuald *
21 Louis de Gonzague**
22 Paulin de Nole* ; Jean Fisher * ; Thomas More*
24 Nativité de Jean-Baptiste****
27 Cyrille d’Alexandrie *
28 Irénée**
29 Pierre et Paul ****
30 Premiers martyrs de l’Église de Rome*

Juillet
3 Thomas ***
4 Élisabeth de Portugal*
5 Antoine-Marie Zaccaria *
6 Maria Goretti *
9 Martyrs de Chine *
11 Benoît de Nursie** - EU***
13 Henri *
14 Camille de Lellis*
15 Bonaventure**
16 N.-D. du Mont-Carmel *
20 Apollinaire *
21 Laurent de Brindisi*
22 Marie-Madeleine **
23 Brigitte de Suède *
24 Charbel Makhlouf *
25 Jacques le Majeur***
26 Anne ** - C*** ; Joachim **
29 Marthe **
30 Pierre Chrysologue *
31 Ignace de Loyola**

Août
1 Alphonse-Marie de Liguori" important="0" type="nompropre"/>**
2 Eusèbe de Verceil* ; Pierre-Julien Eymard*
4 Jean-Marie Vianney**
5 Dédicace de Sainte-Marie Majeure*
6 Transfiguration***
7 Sixte II et ses compagnons* ; Gaétan * ; Julienne du Mont-Cornillon - B*
8 Dominique **
9 Thérèse-Bénédicte de la Croix** - EU***
10 Laurent***
11 Claire**
12 Jeanne -Françoise de Chantal*
13 Pontien* ; Hippolyte *
14 Maximilien Kolbe **
15 Assomption de la Vierge****
16 Étienne de Hongrie*
19 Jean-Eudes*
20 Bernard**
21 Pie X**
22 Marie, Reine**
23 Rose de Lima*
24 Barthélemy***
25 Louis* ; Joseph de Calasanz *
26 Césaire d’Arles - F*
27 Monique **
28 Augustin**- AN***
29 Martyre de Jean-Baptiste**
31 Marie médiatrice - B*

Septembre
3 Grégoire le Grand**
8 Nativité de la Vierge ***
9 Pierre Claver *
12 Saint nom de Marie*
13 Jean Chrysostome **
14 Exaltation de la Croix (ou Croix glorieuse)***
15 N.-D. des Douleurs**
16 Corneille **, Cyprien ** - AN****
17 Robert Bellarmin* ; Lambert - B*
19 Janvier
20 André Kim et les martyrs de Corée**
21 Matthieu***
22 Maurice et ses compagnons - S*
23 Pio da Pietrelcina**
25 Nicolas de Flue - S****
26 Côme et Damien *
27 Vincent de Paul**
28 Venceslas * ; Lorenzo Ruiz et les martyrs du Japon *
29 Michel, Gabriel, Raphaël ***
30 Jérôme**

Octobre
1 Thérèse de l’Enfant-Jésus **
2 Anges gardiens**
4 François d’Assise**
6 Bruno *
7 N.-D. du Rosaire**
9 Denis et ses compagnons* ; Jean Leonardi *
14 Calixte ou Calliste I er *
15 Thérèse d’Avila**
16 Edwige ou Hedwige * ; Marguerite-Marie Alacoque* ; Marie-MargueriteÏ d’Youville - C*
17 Ignace d’Antioche**
18 Luc***
19 Jean de Brébeuf , Isaac Jogues et leurs compagnons*- C** ; Paul de la Croix *
23 Jean de Capistran *
24 Antoine-Marie Claret *
25 ou dernier dimanche d’octobre : Dédicace des églises dont on ne connaît pas la date de consécration****
28 Simon et Jude ***

Novembre
1 Toussaint****
2 Commémoration de tous les fidèles défunts****
3 Martin de Porrès* ; Hubert - B**
4 Charles Borromée**
7 Willibrord - L***
9 Dédicace de la basilique du Latran***
10 Léon le Grand**
11 Martin**
12 Josaphat **
15 Albert le Grand*
16 Marguerite d’Écosse* ; Gertrude *
17 Élisabeth de Hongrie**
18 Dédicace des basiliques romaines Saint-Pierre et Saint-Paul*
21 Présentation de la Vierge**
22 Cécile **
23 Clément* ; Colomban *
24 André Dung Lak et les martyrs du Tonkin**
25 Catherine d’Alexandrie *
26 Jean Berchmans - B*
30 André***
Dernier dimanche du temps ordinaire : Christ-Roi****

Décembre
3 François Xavier**
4 Jean Damascène ou de Damas*
6 Nicolas*
7 Ambroise **
8 Immaculée Conception de la Vierge****
9 Juan Diego *
11 Damase I er
12 N.-D. de Guadalupe *
13 Lucie ou Luce**
14 Jean de la Croix**
21 Pierre Canisius **
23 Jean de Kenty *
25 Nativité du Seigneur ****
26 Étienne ***
27 Jean***
28 Saints Innocents***
29 Thomas Becket *
31 Silvestre ou Sylvestre I er *
Dimanche dans l’octave de la Nativité ou 30 décembre en l’absence de ce dimanche : Sainte Famille***
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Saints populaires

Les saints et les noms de lieux
La géographie humaine de l’Europe a été profondément marquée par l’influence chrétienne, tout au moins à partir du moment où le christianisme y eut acquis droit de cité (édit de Milan de l’empereur Constantin en 313) et plus encore à partir de l’essor démographique des X e et XI e siècles venant après la période troublée des invasions.
Ce que nous constatons pour la France est tout aussi vrai pour la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie.
Un village, une église
En France, l’image familière qu’offrent aujourd’hui les villages serrés autour de leur clocher est, bien sûr, la manifestation la plus immédiatement repérable de cette imprégnation chrétienne du terroir. Mais la toponymie, c’est-à-dire l’étude des noms de lieux est au moins aussi révélatrice. Nombreux sont en effet les villes, villages, lieux-dits, points remarquables de la topographie (monts et collines, forêts, plans d’eau, etc.) dont le nom évoque quelque référence chrétienne.
Les noms les plus anciens ayant une valeur religieuse sont dérivés du latin cella employé dans le sens d’ermitage – d’où la cellule du moine – ou de sanctuaire (La Celle-Saint-Cloud, etc.). Mais bien d’autres termes religieux influencent les noms de lieux : ainsi basilica ou ecclesia , église (d’où Bazoches, la Bazoges, Églisolles, Griselles, Neuvéglise, Colombey-les-Deux-Églises), sans oublier les noms basques en eliça (Élissagaray), ni les noms germaniques dérivés de kirihha (Dunkerque, Altkirch, etc.), qui désignent également l’église ; tels encore oratorium , oratoire (d’où Oroux, Ouroux, Oradour, etc.) ; capella , chapelle (d’où La Capelle, La Chapelle, etc.) ; monasterium , monastère (Moutiers, Faremoutiers, Montreuil, Münster, etc.) ; martus , martyr (Montmartre, La Martre, Le Martrois, etc.). Il faudrait aussi évoquer les noms provenant d’établissements fondés par des ordres religieux (L’Hôpital, La Maladrerie, La Commanderie, Le Temple, Pont-l’Abbé, etc.).
Des noms du séculier au sanctoral
Mais ce sont surtout les noms de saints qui marquent la toponymie occidentale. L’usage de tels noms pour les lieux remonte au VI e siècle et s’est surtout développé à partir de l’époque carolingienne ( VIII e - IX e siècles). À l’origine, c’est le mot dominus (seigneur, maître) et non celui de sanctus , qui précédait le nom du saint ; d’où Dommartin, Domrémy, Dannemarie, etc.
À l’époque féodale, les attributions de noms de saints se multiplient, sanctus se substituant désormais à dominus.
Cette multiplication est telle, notamment dans le Massif central, qu’aujourd’hui en France 4 376 communes sur un total de 36 433, soit une sur huit (ou 12 %), portent un nom commençant par Saint ou Sainte. C’est dans les départements de l’Ardèche et de la Loire que la proportion est la plus forte (29 %), à tel point que l’historien d’art Émile Mâle a pu parler d’une véritable litanie des noms de villes.
À ces 4 376 communes, il faudrait ajouter toutes celles, nombreuses, dont le nom fait référence à Notre-Dame, ainsi que celles qui évoquent de quelque façon les personnes divines (Villedieu, Saint-Sauveur, La Trinité, etc.), ou qui comportent dans leur libellé le nom d’un saint (La-Côte-Saint-André, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Montmartin, etc.). Et tout ceci est encore à compléter par les localités non négligeables qui ne sont pas des communes, par exemple Saint-Charles (54), dans la commune d’Hautcourt, ou Saint-Nicolas-de-Brem (85) dans celle de Brem-sur-Mer.
Il faudrait aussi tenir compte des communes dont le nom, formé dans la langue ou le dialecte locaux, fait référence à quelque saint local. La Bretagne, en partie évangélisée par des moines venus des îles Britanniques, a souvent conservé leur nom associé aux vocables lann (abbaye, église, terre consacrée), loc (lieu, cellule, monastère), ou plou (paroisse). Ainsi s’expliquent les noms de Landivisiau (l’abbaye de saint Thivisiau, évêque de Dol au VIII e siècle), Locronan (la cellule de saint Ronan , moine du V e siècle), Ploërmel (la paroisse de saint Armel , ermite du VI e siècle), etc. Et les noms de lieux commençant par lann, loc, plou se comptent par centaines en Bretagne ! On compte lann 56 fois : par exemple, Lanvezeac, Lann-Bihoué, Lanvallay, etc. On compte Loc 28 fois et Plou , (ou Plu, ou Plé ) 149 fois : par exemple, Planguenoual.
Les personnages (authentiques ou légendaires) qui marquent la toponymie française
Plusieurs saints distincts portent le même nom (on compte plus de 300 saints ou bienheureux Jean , 64 saints Paul , 25 saints Bernard, etc.) et il n’est pas toujours possible de savoir lequel d’entre eux a été pris pour patron. Parfois, au contraire, les traditions ont donné un caractère exclusivement local à des personnages honorés en fait en plusieurs lieux distincts, parfois sous des noms modifiés par la phonétique locale (saint Aignan ou saint Chinian). Pour les périodes antérieures au X e siècle, on ne dispose que de très peu de documents permettant d’éclaircir ces points. Au total, on peut compter plus de 3 000 personnages différents honorés par les noms des communes françaises.
Les saints les plus sollicités dans les communes françaises
Si l’on se réfère aux seules communes dont le nom commence par Saint ou Sainte, on dénombre : Martin (248), Jean (189), Pierre (163), Germain (130), Laurent (103), Julien (99), Hilaire (79), Georges (84), Étienne (72), André (69), Michel (69), Maurice (65), Paul (61), Marie (49) (d’après l’ Atlas routier Michelin ).
On voit qu’au « hit-parade » des noms de communes, c’est saint Martin, évêque de Tours ( IV e siècle), le grand évangélisateur de la campagne gauloise, qui arrive de loin en tête ; sa popularité fut et reste en effet considérable.
On observe aussi que ce peloton de tête se recrute en fait dans trois catégories de saints :
1. Parmi les grands évangélisateurs de la Gaule : outre Martin, c’est le cas de Germain, évêque d’Auxerre ( IV e siècle) et, à un moindre degré, de Germain, évêque de Paris ( VI e siècle), ainsi que d’Hilaire, évêque de Poitiers ( IV e siècle), celui-là même qui ordonna saint Martin exorciste, puis le soutint dans son action évangélisatrice.
2. Parmi les grands fondateurs de l’Église : Jean (et Jean-Baptiste ), Pierre, André, Paul, Étienne, le premier martyr, et bien sûr, Marie.
3. Parmi les saints dont la popularité doit beaucoup à la légende qui s’est très vite emparée d’eux : Laurent, Julien, Georges, Maurice, etc. Mais il y a plusieurs saints Julien : saint Julien l’Hospitalier, le plus connu ; saint Julien de Brioude, très populaire dans le centre de la France ; saint Julien, évêque du Mans, etc.
Quant à saint Michel (un des saints patrons de la France), il tient une place à part parmi les saints, puisqu’il appartient à la milice céleste des archanges. Symbolisant la victoire de Dieu sur le mal, il est évidemment un protecteur tout indiqué.
Comment le paysage a-t-il été baptisé ?
On a d’une part attribué de nouveaux noms à des localités antérieures à la christianisation (surtout si le nom ancien évoquait quelque culte païen) et d’autre part attribué des noms chrétiens dès l’origine à de nouvelles localités. Il faut en effet rappeler que la France a connu un développement démographique considérable par rapport à ce qu’était la Gaule.
Beaucoup de bourgs et de villes doivent leur origine à la mise en valeur de régions incultes par des moines, à la fondation d’abbayes, à l’établissement d’oratoires ou d’églises pour abriter le tombeau ou les reliques de saints, à des lieux de pèlerinage ou aux étapes des grands pèlerinages comme celui de Compostelle. Il allait de soi que les groupes d’habitats qui se formaient ainsi se mettent sous un saint patronage, surtout si celui-ci était lié à leur origine.
Quant aux fondations dues à des initiatives d’ordre profane (châteaux, cités féodales ou royales, villes neuves et villes franches) ou au développement économique (foires, marchés, ports, etc.), c’était tout aussi spontanément que fondateurs ou habitants tenaient à les placer sous l’égide de quelque modèle de vie chrétienne, à tout le moins sous celle de quelque célébrité locale dont on était fier, quand ce n’était pas de quelque protecteur céleste jugé efficace. Car il est vrai que le culte des saints, à très forte résonance populaire, a souvent vu se mêler les démarches les plus authentiquement spirituelles et les motivations les plus intéressées.
Beaucoup de localités prirent tout simplement le nom du saint sous le patronage duquel leur église avait été placée à sa fondation. Il est même souvent arrivé que, dans les bousculades de l’histoire, des églises disparues soient remplacées par de nouvelles constructions placées sous un patronage différent (plus authentique, plus prestigieux ou plus en rapport avec la spiritualité du temps), tandis que la localité conservait son nom d’origine. Ainsi peut s’expliquer le fait que, dans un certain nombre de cas, on ne trouve aucune église placée sous le patronage du saint qui a donné son nom à la ville.
Le plus souvent son souvenir se trouve conservé dans l’église sous une forme ou une autre (chapelle, statue, vitrail…).
Bien des communes sont restées fidèles à leur saint patron, en fixant, par exemple, la fête communale à la même date que la fête de leur saint patron.
Il existe d’autres manières d’exprimer cette fidélité, ne serait-ce que la connaissance des origines du nom de la cité et les efforts entrepris pour la faire partager par ses habitants. La mémoire d’une communauté est une des sources de sa cohésion et de sa personnalité.
Index : Noms de lieux ; Toponymie et les saints ; Christianisme:– et toponymie ; Saints:– et noms de lieux ; Saints patrons : – des villes et villages ; RONAN (st):– et la toponymie ; ARMEL (st):– et la toponymie ; JEAN (apôtre, st):– et la toponymie ; PAUL (apôtre, st):– et la toponymie ; AIGNAN (st):– et la toponymie ; MARTIN DE TOURS (st):– et la toponymie ; JEAN (apôtre, st):– et la toponymie ; PIERRE (apôtre, st):– et la toponymie ; GERMAIN (st):– et la toponymie ; LAURENT (st):– et la toponymie ; JULIEN (st):– et la toponymie ; HILAIRE (st):– et la toponymie ; GEORGES (st):– et la toponymie ; ÉTIENNE (st, chef des diacres):– et la toponymie ; ANDRÉ (apôtre, st):– et la toponymie ; MICHEL (archange):– et la toponymie ; MAURICE (st):– et la toponymie ; PAUL (apôtre, st):– et la toponymie ; MARIE (Vierge):– et la toponymie ; JEAN-BAPTISTE (st):– et la toponymie ; JULIEN L’HOSPITALIER (st):– et la toponymie ; JULIEN DE BRIOUDE ou d’AUVERGNE (st):– et la toponymie ;

Les saints patrons
Le choix d’un saint patron par un corps de métier remonte aux corporations médiévales. Il a pu être suggéré par son activité professionnelle (saint Joseph pour les charpentiers), par quelque circonstance de sa vie ou de sa légende (sainte Marie-Madeleine pour les parfumeurs, saint Huber pour les chasseurs, saint Laurent pour les cuisiniers, etc.). Lorsque l’Église propose aujourd’hui un saint patron, il s’agit toujours d’un choix de portée spirituelle.
Index : JOSEPH (st): St patron ; MARIE-MADELEINE (ste) ;

Qu'est-ce que ?
Céphalophore
Ce mot venu du grec et formé de kephalê , tête, et phorein , porter, signifie « qui porte sa tête ». La tradition chrétienne a désigné de la sorte ceux des saints qui, ayant été décapités, auraient porté leur tête après leur décollation, par exemple saint Denis . Ils sont souvent représentés dans cette attitude. Chez les Francs, le geste de couper la tête était symbolique : on détruisait l’avenir des descendants et on empêchait toute succession. Dans ce contexte, pour un saint, reprendre sa tête signifiait que sa pensée et l’avenir de son Église n’étaient pas interrompus.
Châsse
(du latin capsa , coffre). Coffre en matières précieuses pouvant contenir le corps d’un saint ou une partie importante de ses restes.
Les trois châsses les plus connues en France sont modernes :
Celle de sainte Geneviève à l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris est vide, les restes de la sainte ayant été brûlés à la Révolution. Le fond de l’ancien sarcophage sert de base au nouveau tombeau.
La grande châsse de sainte Thérèse de Lisieux , dans la chapelle du carmel de la ville, est vitrée, permettant de voir une statue de marbre représentant Thérèse que l’on a revêtue de l’habit des carmélites ; les reliques, contenues dans un coffret d’argent dans le soubassement, sont exposées lors de circonstances solennelles dans une châsse en argent et émaux, dite « châsse du Brésil », offerte par ce pays.
La châsse de sainte Bernadette se trouve au couvent de Saint-Gildard à Nevers.
Parmi les œuvres d’art anciennes, on peut citer la châsse de saint Étienne de Muret à Ambazac (Haute-Vienne) du XIII e siècle ; celle de sainte Ursule à Bruges, décorée de peintures de Memling, du XV e siècle ; celle de sainte Gertrude de Nivelles du XIII e siècle.
Patron
(du latin patronus , protecteur, dérivé de pater , père). Dans l’Antiquité romaine, le terme désignait l’ancien maître d’un esclave affranchi, vis-à-vis duquel il conservait des droits et des obligations ; il s’est aussi appliqué à des patriciens riches qui se faisaient les protecteurs d’une « clientèle » d’hommes libres de condition inférieure.
L’Église a repris le terme lorsque l’usage s’est établi, dès les origines, de placer sous la protection d’un saint une personne (qui en reçoit le nom au baptême), une église, un diocèse, une confrérie, une corporation, une ville, un pays…
Thaumaturge
Ce mot, venu du grec et formé de thauma , prodige et ergon , œuvre, signifie faiseur de miracles.
Il est fréquemment appliqué à des saints par la tradition chrétienne.

Quelques-uns des lieux, en France, où tombeaux et reliques de saints font ou ont fait l’objet de la vénération populaire

Les saints qui font la pluie et le beau temps
Attention : le calendrier romain et celui des Églises locales ont éliminé certains de ces saints ou modifié des dates de fête. De plus, un même nom peut être porté par plusieurs saints différents.

Janvier
15 : S’il gèle le jour de la Saint-Maur , la moitié de l’hiver est dehors.
17 : À la Saint-Antoine , les jours augmentent de la barbe d’un moine.
22 : À la Saint-Vincent , l’hiver monte ou descend.
25 : De saint Paul la claire journée nous dénote une bonne année.

Février
3 : Si le jour de la Saint-Blaise est serein, bon temps pour le grain.
12 : Vers la sainte-Eulalie , souvent le temps varie.
19 : Saint Boniface brise la glace.
23 : À la Saint-Florent , l’hiver va ou reprend.

Mars
1 er : Quand il pleut à la Saint-Aubin , il n’y aura ni foin ni lin.
12 : Le jour de saint Pol (de Léon), l’hiver se rompt le col.
17 : Sème tes pois à la Saint-Patrice , tu en auras à ton caprice.
19 : À la Saint-Joseph revient l’aronde (l’hirondelle).

Avril
4 : Quand saint Ambroise fait neiger, de huit jours froids gare au danger.
23 : Si mouillée est la Saint-Georges , les cerises lui restent dans la gueule.
25 : À la Saint-Marc , s’il tombe de l’eau, il n’y aura pas de fruits à couteau.

Mai
3 : S’il pleut à la Saint-Philippe , remise tonneaux et pipe.
12 : Saints Pancrace , Gervais et Boniface apportent souvent glace (« les saints de glace »).
23 : Qui sème des haricots à la Saint-Didier les récolte par poignées.
31 : Pluie de sainte Pétronille change raisin en grappilles.

Juin
8 : Quand il pleut à la Saint-Médard , il pleut 40 jours plus tard.
13 : Saint Antoine clair et beau emplit cuves et tonneaux.
19 : S’il pleut le jour de la Saint-Gervais , il pleut 40 jours après.
24 : Pluie de la Saint-Jean , pluie pour longtemps.
29 : Saint Pierre et Paul pluvieux, pour 30 jours dangereux.

Juillet
22 : À la Sainte-Madeleine , la moule est pleine.
25 : Si saint Jacques est serein, l’hiver sera dur et chagrin.
26 : S’il pleut à la Sainte-Anne , il pleut un mois et une semaine.

Août
10 : À la Saint-Laurent , qui trouve une pomme, une poire la prend.
15 : La Vierge du 15 août arrange ou défait tout.
24 : Pluie de la Saint-Barthélemy , chacun s’en fait fi.
28 : Fine pluie de Saint-Augustin , c’est comme s’il pleuvait du vin.

Septembre
1 er : S’il fait beau à la Saint-Gilles , ça dure jusqu’à la Saint-Michel .
14 : Qui n’a pas semé à la Sainte-Croix au lieu d’un grain en mettra trois.
17 : Saint Lambert pluvieux, neuf jours dangereux.
21 : À la Saint-Matthieu , les jours sont égaux aux nuits dans leurs cours.
29 : Les hirondelles à Saint-Michel , l’hiver s’en vient après Noël.

Octobre
4 : Sème à la Saint-François , tu auras du blé bon poids.
9 : S’il pleut à la Saint-Denis , tout l’hiver sera pluie.
24 : Saint Florentin , brouillards dans le croissant, signe de beau temps.
28 : À la Sainte-Simone , faut avoir rentré ses pommes.

Novembre
1 er : À la Saint-Mathurin , bois le vin et laisse l’eau pour le moulin.
3 : À la Saint-Hubert , les oies sauvages fuient l’hiver.
11 : La température de la Saint-Martin doit être celle de l’hiver.
25 : À la Sainte-Catherine tout arbre (ou tout bois) prend racine.

Décembre
4 : À la Sainte-Barbe , soleil peu arde.
10 : Si le soleil luit à la Sainte-Eulalie , pommes et poires à la folie.
13 : À la Sainte-Luce , les jours avancent du saut d’une puce.
25 : Noël au perron, Pâques aux tisons. Noël humide, greniers et tonneaux vides. À la Noël les moucherons, à Pâques les glaçons.

Quelques proverbes

À chaque saint sa chandelle : Pour assurer le succès d’une entreprise, il faut se rendre favorable chacun de ceux qui contribuent à sa réussite.
Comme on connaît ses saints, on les honore : On traite chacun selon ses mérites ou son caractère.
Il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints : Il vaut mieux avoir affaire au maître qu’à ses subalternes.
Avoir la patience d’un saint : Avoir beaucoup de patience.
Selon le saint, l’encens : Il faut proportionner l’hommage au mérite.
La fête passée, adieu le saint : Une fois le plaisir passé, on oublie qui l’a fait naître.
Prêcher pour son saint : Louer ou conseiller quelque chose en visant son intérêt personnel.
Un pauvre saint : Quelqu’un de peu de mérite.
Découvrir saint Pierre pour habiller saint Paul : Remédier à un inconvénient en en créant un autre.
Un saint qu’on ne chôme plus : Personne qui a perdu tout crédit ou tout pouvoir.
Une sainte-nitouche : Personne qui affecte l’innocence ou la piété.
Un saint de bois : Personne hypocrite qui n’a pas la sainteté qu’on lui attribue.
Toute la sainte journée : Une journée tout entière, sans arrêt.
Ne plus savoir à quel saint se vouer : Avoir perdu toute ressource.
À la saint-glinglin : Dans un temps indéterminé.
Des malices à faire damner un saint : Des procédés habiles.
Se donner des airs de petit saint : Se dit d’un hypocrite.
Le saint-frusquin : Ce qu’on a d’argent et d’effets ; et plus généralement, après une énumération : et tout le reste.
Une sainte colère : Une colère justifiée.
La sainte-touche : Jour de la paie.

Connaissez-vous le saint patron de votre ville ?
Savez-vous qui il est, quand il a vécu, ce qu’il a fait, pourquoi il a donné son nom à votre commune ou à votre église ?
Si vous ne le savez pas et que le renseignement ne figure pas dans le présent ouvrage, faites votre enquête : questionnez le maire de la commune, le secrétaire de mairie, le curé de la paroisse, les connaisseurs de la région (corps enseignant, bibliothécaires, sociétés historiques locales, archivistes municipaux ou départementaux…).
Quand vous aurez recueilli ces renseignements, vous pourrez peut-être suggérer qu’un panneau explicatif soit apposé dans la mairie, dans l’église ou dans le centre-ville ; ou encore qu’une notice soit établie et mise à la disposition des habitants et des visiteurs de la ville ou de l’église.
Index : Saints patrons ;

Les patrons des métiers et des états de vie
Légende :
T Patron selon une tradition ancienne.
E Patron proposé par l’autorité ecclésiastique durant les cent dernières années.
R Saint aujourd’hui retiré du calendrier romain.


Acteurs, Guy , 12 septembre
Adolescentes, Maria Goretti E, 6 juillet
Agriculteurs, Médard , 8 juin
Alpinistes, Bernard de Menthon E, 28 mai
Amoureux, Valentin , 13 février
Animaux, Roch T, 16 août – François d’Assise T, 4 octobre
Apprentis, Jean Bosco E, 31 janvier
Archéologues, Damase T, 11 décembre
Archers, Sébastien T, 20 janvier
Architectes, Thomas, 3 juillet
Archivistes, Laurent T, 10 août
Ardoisiers, Lézin , 13 février
Armuriers, Michel , 29 septembre
Artificiers, Barbe T R, 4 décembre
Artilleurs, Barbe T R, 4 décembre
Artistes, Fra Angelico E, 18 mars
Aubergistes, Julien l’Hospitalier T, 27 janvier
Aumôniers militaires, Jean de Capistran E, 23 octobre
Automobilistes, Christophe R, 25 juillet
Aviateurs, Joseph de Copertino , 18 septembre
Avocats, Yves T, 19 mai
Banquiers, Matthieu , 21 septembre
Bateliers, Julien l’Hospitalier T, 27 janvier – Honorine T, 27 février
Bâtiments, Thomas , 3 juillet
Bergères, Geneviève , 3 janvier
Bergers, Germaine Cousin , 15 juin – Loup ou Leu , 29 juillet
Bibliothécaires, Laurent T, 10 août
Bijoutiers, Éloi, 1 er décembre
Bimbelotiers, Claude du Jura, 6 juin
Blanchisseurs, Blanchard , 10 mars
Bonnetiers, Fiacre , 30 août
Bouchers, Barthélemy T, 24 août
Bouffons, Mathurin T, 1 er novembre
Boulangers, Honoré T, 16 mai – Michel T, 29 septembre
Brasseurs, Arnoul T, 14 août – Médard , 8 juin
Brodeurs, Clair , 16 juillet
Brossiers, Barbe R, 4 décembre
Candidats au permis de conduire , Expédit , 19 avril
Candidats aux examens, Joseph de Copertino , 18 septembre
Cardeurs, Blaise T, 3 février
Carriers, Roch , 16 août
Carrossiers, Guy d’Anderlecht T, 12 septembre
Catéchistes, Robert Bellarmin E, 17 septembre
Cavaliers, Georges , 23 avril
Chantres, Grégoire le Grand , 3 septembre
Chapeliers, Jacques le Mineur, 3 mai
Charbonniers, Maur , 15 janvier
Charcutiers, Antoine le Grand, 17 janvier
Charpentiers, Joseph T, 19 mars
Charrons, Éloi, 1 er décembre
Chasseurs, Hubert T, 3 novembre
Chaudronniers, Maur , 15 janvier
Chauffeurs de taxi, Fiacre, 30 août
Chirurgiens, Côme et Damien , 26 septembre .
Cloutiers, Cloud , 7 septembre
Cochers, Guy d’Anderlecht T, 12 septembre
Coiffeurs, Louis , 25 août
Comédiens, Genès , 25 août
Commissaires, Martin , 11 novembre
Comptables, Matthieu, 21 septembre
Cordiers, Paul , 29 juin
Cordonniers, Crépin et Crépinien T, 25 octobre
Couteliers, Jean-Baptiste , 24 juin
Couvreurs, Vincent Ferrier, 5 avril
Cuisiniers, Laurent T, 10 août
Curés et responsables de paroisses, Jean-Marie Vianney E, 8 août
Débardeurs, Christophe R, 25 juillet
Délinquants (jeunes), Dominique Savio, 9 mars
Dentellières, Anne , 26 juillet
Dentistes, Apolline T, 9 février
Doreurs, Clair T, 16 juillet
Douaniers, Matthieu, 21 septembre
Ébénistes, Joseph, 19 mars
Écoles populaires chrétiennes, Joseph de Calazanz E, 25 août
Écoles et universités catholiques, Thomas d’Aquin E, 28 janvier
Écoliers, Charlemagne R, 23 janvier - Nicolas T, 6 décembre
Écologie, François d’Assise , 4 octobre
Écrivains, François de Sales , 24 janvier
Éditeurs, Jean Bosco , 31 janvier
Éducateurs, Jean-Baptiste de la Salle E, 7 avril
Électriciens, Lucie , 13 décembre
Éleveurs, Marc , 25 avril
Enseignants, Jean-Baptiste de la Salle E, 7 avril
Épiciers, Nicolas, 6 décembre
Escrimeurs, Michel, 29 septembre
Étudiants, Catherine R, 25 novembre
Faïenciers, Antoine de Padoue, 17 janvier
Fantassins, Maurice , 22 septembre
Femmes en couches, Marguerite T R, 20 juillet
Fermiers, Isidore le Laboureur, 15 mai
Filles repenties, Marie-Madeleine T, 22 juillet
Fleuristes, Thérèse de Lisieux , 1 er octobre
Fondeurs, Étienne , 26 décembre
Forestiers, Hubert , 3 novembre
Forgerons, Éloi T, 1 er décembre
Gantiers, Marie-Madeleine T, 22 juillet
Gaufriers, Michel T, 29 septembre
Gendarmes, Geneviève, 3 janvier
Gens de loi, Yves T, 19 mai
Grainetiers, Marcel , 16 janvier
Hôpitaux, Camille de Lellis E, 14 juillet
Horlogers, Éloi T, 1 er décembre
Hôteliers, Marthe T, 29 juillet
Imprimeurs-libraires, Jean , E T, 6 mai
Infirmiers et infirmières, Camille de Lellis E, 14 juillet
Jardiniers, Fiacre T, 30 août – Phocas T, 22 septembre
Jeunes filles, Catherine T R, 25 novembre
Jeunesse, Louis de Gonzague E, 21 juin
Jeunesse abandonnée, Jérôme Émilien , 8 février
Jeunesse agricole chrétienne féminine, Germaine Cousin , 15 juin
Journalistes, François de Sales , 24 janvier
Laboureurs, Isidore le Laboureur, 15 mai – Guy d’Anderlecht T, 12 septembre
Lavandières, Marthe , 29 juillet
Libraires, voir Imprimeurs
Lingères, Véronique , 4 février
Luthiers, Cécile , 22 novembre – Grégoire de Nazianze , 9 mai
Maçons, Pierre , 29 juin – Thomas, 21 décembre
Maîtres d’école, Cassien , 13 août
Malades, Camille de Lellis E, 14 juillet – Jean de Dieu E, 8 mars
Maquignons, Éloi, 1 er décembre
Maraîchers, Fiacre T, 30 août
Maréchaux-ferrants, Martin , 11 novembre
Marins, Nicolas , 6 décembre – Érasme ou Elme , 2 juin
Médecins, Côme et Damien T, 26 septembre – Luc T, 18 octobre
Mendiants et SDF, Alexis T, 17 juillet
Menuisiers, Joseph T, 19 mars
Métallurgistes, Éloi T, 1 er décembre
Meuniers, Blaise , 3 février – Catherine R, 25 novembre
Mineurs, Barbe T R, 4 décembre
Missionnaires, François Xavier, 3 décembre
Missions, Thérèse de l’Enfant-Jésus E, 1 er octobre
Monnayeurs, Éloi T, 1 er décembre
Musiciens, Cécile T, 22 novembre – Grégoire le Grand , 3 septembre
Notaires, Yves T, 19 mai – Marc, 25 avril
Nourrices, Agathe T, 5 février
Œuvres charitables, Vincent de Paul E, 27 septembre
Orateurs chrétiens, Jean Chrysostome , 13 septembre
Orfèvres, Éloi T, 1 er décembre
Orphelins, Jérôme Émilien , 8 février
Ouvriers, Joseph E, 19 mars et 1 er mai
Palefreniers, Marcel , 16 janvier
Parachutistes, Michel , 29 septembre
Parfumeurs, Marie-Madeleine T, 22 juillet
Passementiers, Louis , 25 août
Pâtissiers, Michel T, 29 septembre – Honoré T, 16 mai
Pêcheurs, Pierre T, 29 juin – André , 30 novembre
Peintres, Fra Angelico, 18 mars – Luc T, 18 octobre
Pèlerins, Jacques le Majeur T, 25 juillet
Personnel de radios, télévision et moyens de communication, Gabriel E, 29 septembre
Philosophes, Catherine T R, 25 novembre
Photographes, Véronique , 4 février
Plombiers, Éloi T, 1 er décembre
Poètes , Cécile , 22 novembre
Poissonniers, Pierre, 29 juin
Pompiers, Barbe T R, 4 décembre
Porteurs, Christophe T R, 25 juillet
Potiers d’étain, Fiacre, 30 août
Prisonniers, Sébastien , 20 janvier – Léonard de Noblat, 6 novembre
Publicitaires, Bernardin de Sienne , 20 mai
Relieurs, Barthélemy T, 24 août
Rémouleurs, Jean-Baptiste , 24 juin
Rôtisseurs, Laurent T, 10 août
Sacristains, Guy d’Anderlecht T, 12 septembre
Sapeurs, Barbe T R, 4 décembre
Savants, Albert le Grand E, 15 novembre
Scieurs de long, Simon et Jude , 28 octobre
Scouts, Georges , 23 avril
Sculpteurs, Luc T, 18 octobre
Secrétaires, Cassien , 13 août
Serruriers, Éloi, 1 er décembre – Galmier , 27 février
Servantes, Marthe , 29 juillet
Soldats, Martin , 11 novembre – Georges, 23 avril – Jeanne d’Arc, 30 mai
Sourds-muets, François de Sales , 24 janvier
Speakers, Jean Chrysostome , 13 septembre
Tailleurs d’habits, Clair , 2 janvier – Casimir , 4 mars
Tailleurs de pierre, Blaise , 3 février – Claude , 6 juin
Tanneurs, Barthélemy T, 24 août
Tapissiers, Geneviève , 3 janvier
Taverniers, Vincent , 22 janvier
Télévision, Claire E, 11 août
Tisserands, Blaise , 3 février – Barnabé, 11 juin
Tonneliers, Jean-Baptiste, 24 juin – Michel, 29 septembre – Nicolas, 6 décembre
Touristes, Christophe R, 25 juillet
Tourneurs, Claude du Jura, 6 juin
Traducteurs, Jérôme , 30 septembre
Travailleurs, Joseph artisan E, 1 er mai
Tuiliers, Fiacre, 30 août
Typographes, 6 mai
Universitaires, Thomas d’Aquin E, 28 janvier
Vanniers, Paul l’Ermite, 15 janvier
Verriers, Clair , 2 janvier
Vignerons, Vincent T, 22 janvier
Vinaigriers, Vincent , 22 janvier
Vitriers, Marc, 25 avril
Voyageurs, Julien l’Hospitalier T, 27 janvier – Christophe T R, 25 juillet

Les saints patrons des militaires

Arme blindée et Cavalerie, Georges, 23 avril
Artilleurs et Sapeurs, Barbe, 4 décembre
Aviateurs, N.-D. de Lorette, 10 décembre
Commissariat des Armées, Martin de Tours, 11 novembre
Gendarmerie, Geneviève, 26 novembre
Hélicoptéristes, ALAT, Clotilde , 4 juin
Infanterie, Maurice , 22 septembre
Légion, Antoine , 17 janvier
Matériel, mécaniciens de l’air et de la marine, Éloi, 1 er décembre
Parachutistes, Michel, 29 septembre
Renseignement, Raphaël , 29 septembre
Service de santé, Luc, 18 octobre
Train, Christophe, 25 juillet
Transmissions, Gabriel , 29 septembre
Troupes de montagne, Bernard de Menthon , 28 mai

Qu'est-ce que ?
Ostension
(du latin ostensio , action de montrer, dérivé de ostendere , mettre en avant, présenter). Exposition d’une relique à la vénération des fidèles.
Dans le Limousin, par exemple, le culte des reliques est l’occasion de solennelles ostensions qui se font tous les sept ans. Les châsses (de saint Martial , saint Loup , saint Aurélien , etc.) sont portées en procession.
Reliquaire
Boîte, coffret, cadre où l’on conserve les reliques d’un saint. Certains reliquaires peuvent atteindre des proportions importantes, jusqu’à devenir un bâtiment entier. La Sainte-Chapelle de Paris, par exemple, a été édifiée par saint Louis, en 1242, pour conserver la couronne d’épines du Christ. Beaucoup de reliquaires sont des œuvres remarquables d’orfèvrerie.
Reliques
(du latin reliquiae , restes). Ce qui reste d’une personne honorée comme un saint (éléments corporels, objets lui ayant appartenu ou ayant touché son tombeau, instruments de son supplice) et que l’on conserve avec vénération.
Le culte rendu aux reliques, culte qui s’adresse en réalité aux saints, est un culte de dulie et non d’adoration (ou latrie), réservé à Dieu seul. Il remonte aux martyrs des premiers siècles sur les tombeaux desquels les chrétiens venaient prier et célébrer la messe. Dans l’histoire, il est arrivé que les reliques, vraies ou fausses, fassent l’objet d’un véritable trafic.
Le culte des reliques n’est aucunement lié à la question de savoir si de tels restes participeront à la résurrection, comme certains ont pu le soutenir.

Les prénoms à la mode

Les prénoms à la mode
En Occident, le choix du prénom d’un enfant résulte de considérations très variables selon les familles et les époques. De tout temps, cependant, les familles chrétiennes ont choisi comme nom de baptême pour leurs enfants celui d’un saint patron qui leur soit à la fois un protecteur et un modèle. D’où la fréquence des noms des grands saints universellement connus : Pierre, Paul, Jean, Jacques, Marie, François, Thérèse ; et ceux de saints en honneur dans un pays ou une région, par exemple, Martin, Geneviève, Louis, Jeanne en France, ou Anne, Yves, Hervé en Bretagne.
Les usages régionaux ou familiaux ont très longtemps eu une grande importance : les aînés recevaient souvent le prénom de leur père ou de leur mère de génération en génération, les filleuls celui de leur parrain ou marraine. Le souci de rejoindre ses racines se fait jour, même si aujourd’hui le palmarès des prénoms régionaux ressemble beaucoup à celui de la France entière. De la Picardie à la Provence, en passant par l’Auvergne, le top 20 des régions fait place belle aux vedettes du classement national. Ainsi, Emma, Léa, Enzo et Mathis figurent aux dix premiers rangs des classements des régions. Cela ne signifie pas que les prénoms à forte identité régionale aient disparu.
Au contraire, ces derniers sont en plein essor, notamment en Bretagne, au Pays basque et en Provence. Ils sont redécouverts et attribués chaque année par davantage de parents. Certains gardent une identité régionale très marquée. La provençale Naïs , le basque Iban et les bretons Malo et Lenaïg sont presque exclusivement attribués dans leurs régions respectives. D’autres, comme Maël , Maëlys ou Carla , revendiquent une identité régionale tout en se propageant en dehors de leurs frontières. D’autres enfin connaissent tant de succès que leurs origines en sont pratiquement oubliées . Mathéo , Léna et Inès ne sont plus spécifiquement bretons, basques ou occitans : c’est sur l’ensemble du territoire national qu’on les rencontre aujourd’hui.
Alors qu’au début du XX e siècle le nombre des prénoms en usage en France était encore restreint et leur usage très stable ( Louis et Jean l’ont emporté chez les garçons pendant 25 ans, Marie chez les filles pendant 35 ans), le renouvellement des usages tend à être plus fréquent pour les filles quelques années avant la seconde guerre mondiale et pour les garçons aussitôt après celle-ci. On voit apparaître Victoire dans les années 1945-1950. À partir de 1965-1970, la fréquence de renouvellement s’accélère. Aujourd’hui, un prénom ne reste guère en faveur plus de cinq ans : Nicolas comme Sébastien ont connu leur apogée entre 1970 et 1975. La liste des dix prénoms les plus fréquents se renouvelle d’un tiers ou d’une moitié tous les cinq ans. Dès qu’un prénom devient trop courant, il est abandonné, si l’on en croit les relevés de l’Insee.
De manière générale, jusqu’à ces dernières années, la mode se lançait dans le milieu des cadres parisiens, atteignant les milieux ruraux en dernier, différemment selon les régions où la foi chrétienne restait vivante, en particulier pour le prénom de Marie ou les composés de Marie , pour les garçons comme pour les filles d’ailleurs.
Index : Saints patrons ;
VOIR AUSSI ENTRÉES
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Entrée 5
Grands saints

Il faut distinguer les expressions : Martyrologe romain et calendrier liturgique , car tous les saints reconnus par l’Église et inscrits dans le Martyrologe ne sont pas inscrits au calendrier.
Ceux qui sont inscrits au calendrier liturgique le sont avec ces notations : solennité, fête, mémoire, mémoire facultative . Ainsi qu’on l’a vu plus haut (entrée 3 – Saints du calendrier), l’Église fête saints et bienheureux selon une certaine hiérarchie.
Dans les pages qui suivent, les saints qui figurent au Martyrologe sont indiqués par les initiales MR.
Mais les Églises locales peuvent reconnaître la tradition d’un culte local de tel ou tel saint. Dans ce cas, la mention « fête loc. » précède la date de cette fête.
Pour ce qui est de l’évocation des vies de saints dans les pages qui suivent, ont été retenus :
1. Des saints figurant au calendrier romain pour l’Église universelle. L’importance de leur fête est précisée par les signes suivants : solennité ****, fête ***, mémoire obligatoire **, mémoire facultative *.
2. Parmi les saints ou bienheureux faisant l’objet d’une fête locale , ont été retenus : d’une part, ceux dont l’histoire intéresse plus particulièrement la France ou un pays francophone, et d’autre part, ceux dont les noms sont plus couramment attribués comme prénoms. Il n’a cependant pas été possible de retenir tous les saints locaux, dont pourtant les noms ont souvent été attribués à de multiples localités ou paroisses de France : ils étaient trop nombreux.
Chaque fois qu’il l’a paru utile, on a signalé les diverses formes sous lesquelles un prénom de même origine peut être attribué aujourd’hui, afin de permettre à ceux de leurs titulaires qui l’ignoreraient de savoir qui est leur patron ; de même, en ce qui concerne la forme féminine d’un nom masculin.

Qu'est-ce que ?
Docteur de l’Église
L’Église attribue officiellement ce titre à des théologiens et à des théologiennes auxquels elle reconnaît une autorité certaine de témoins de la doctrine, en raison de l’orthodoxie de leur pensée (exactitude de leur doctrine), de la sainteté de leur vie et de l’importance de leur œuvre.
Quelques-uns sont des Pères de l’Église ; les autres sont postérieurs à l’époque patristique. Les Docteurs de l’Église sont actuellement au nombre de 33. Par ordre alphabétique, ce sont les saints et saintes suivants : Albert le Grand , surnommé Doctor Universalis (1193-1280), Alphonse de Liguori (1696-1787), Ambroise (340-397), Anselme (1033-1109), Antoine de Padoue (1195-1231), Athanase (295-373), Augustin (354-430), Basile de Césarée (329-379), Bède le Vénérable (673-735), Bernard de Clairvaux, surnommé Doctor Mellifluus (1090-1153), Bonaventure, surnommé Doctor Seraphicus (1221-1274), Catherine de Sienne (1347-1380), Cyrille d’Alexandrie (380-444), Cyrille de Jérusalem (315-387), Éphrem (306-373), François de Sales (1567-1622), Grégoire le Grand (540-604), Grégoire de Nazianze (330-390), Hilaire de Poitiers († 367), Isidore (560-636), Jean Chrysostome, c’est-à-dire en grec « bouche d’or » (345-407), Jean de la Croix (1542-1591), Jean Damascène († 749), Jérôme (345-420), Laurent de Brindisi (1559-1619), Léon le Grand († v. 461), Pierre Canisius (1521-1597), Pierre Chrysologue (406-450), Pierre Damien (1007-1072), Robert Bellarmin (1542-1621), Thérèse d’Avila (1515-1582), Thérèse de Lisieux (1873-1897), Thomas d’Aquin, surnommé Doctor Angelicus (1225-1274).
En Espagne, on range au nombre des Docteurs de l’Église les saints Léandre de Séville (549-596), Ildefonse (607-667) et Fulgence d’Ecija (580-633). Sainte Thérèse d’Avila a été la première femme proclamée Docteur de l’Église, par Paul VI en 1970.
Les Églises non catholiques d’Orient ne vénèrent que trois Docteurs, les saints Basile, Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome .
Plusieurs théologiens du Moyen Âge, sans porter le titre de Docteur de l’Église, sont rangés parmi les grands Docteurs de la Foi : Grégoire de Rimini ( Doctor Acutus , † 1358), Jean Gerson ( Doctor Christianissimus , 1363-1429), Jean Ruysbroek ( Doctor Indivicibilis , 1293-1381), Roger Bacon ( Doctor Admirabilis , 1561-1626), Jean Duns Scot ( Doctor Subtilis , v. 1270-1308). Ces surnoms n’ont aucun caractère officiel.

Qu'est-ce que ?
Docteur de la Foi
Terme rappelé par le concile Vatican II ( Lumen Gentium ). L’ordination épiscopale confère la plénitude du sacrement de l’Ordre et fait de l’évêque le successeur des apôtres, lui donnant ainsi mission d’enseigner, de sanctifier et de gouverner. À ce titre le cérémonial de son ordination lui rappelle que, parmi les obligations de son ministère pastoral, il est « docteur de la foi », chargé de l’enseigner et de la transmettre avec fidélité. Au jour de son ordination, le cérémonial prévoit d’ailleurs que le livre de l’Évangile lui soit posé sur la tête pour signifier sa responsabilité.
Le titre de « Docteur de la Foi » est aussi donné, sans être officiel, à des théologiens ou à des figures de la transmission de la foi.
Stigmate - Stigmatisé
(du grec stigma , piqûre, piqûre au fer rouge, tatouage). Dans le langage religieux, les stigmates sont des blessures ou des cicatrices apparaissant mystérieusement et durablement sur le corps de certains mystiques aux emplacements des plaies du Christ (mains, pieds, côté), leur occasionnant souvent de vives souffrances rebelles à tout traitement médical et rappelant celles que Jésus a endurées.
Les plus célèbres stigmatisés sont saint François d’Assise (1181-1226), sainte Catherine de Sienne (1347-1380), sainte Gertrude (1256-1302), sainte Rita de Cascia (1386-1456), sainte Colette (1380-1447) et sainte Catherine de Ricci (1522-1589). Parmi les stigmatisés contemporains, on peut citer Anna-Katharina Emmerick (1774-1824), Thérèse Neumann (Allemagne, 1898-1962), saint Francesco Forgione, dit Padre Pio (Italie, 1887-1968), Marthe Robin (France, 1902-1981).
L’Église manifeste toujours une grande réserve à l’égard des stigmates ; elle n’en reconnaît le caractère miraculeux qu’à l’occasion d’un procès de canonisation, après une minutieuse enquête.
Dans le cas de Thérèse Neumann, qui passionna l’opinion et mobilisa les médias, la commission de six évêques et médecins qui, après maintes difficultés suscitées par sa famille, put enfin l’examiner les jeudi et vendredi saints 1938 (elle entrait en extase tous les vendredis saints), conclut : « état d’hystérie grave avec tous les phénomènes inhérents à la maladie, y compris la part habituelle de simulation… »
A

AARON
(† 552) MARTYR – MR 22 juin. Il souffrit sous Dioclétien pour sa fidélité au Christ.

ABBON
(† 860) ABBÉ – MR 3 décembre. Abbé de Saint-Germain à Auxerre, il est évêque de cette ville en 857.

ABBON
(† 1004) ABBÉ – MR 13 novembre. Moine de Saint-Benoît-sur-Loire. Il est appelé en Angleterre, puis martyrisé à La Réole par des moines qu’il avait tenté de réformer.

ABDON
( III e siècle) MARTYR – MR 30 juillet. Citoyen de Rome, il est martyrisé avec saint Sennen.

ABEL
(† v. 750) ÉVÊQUE – MR 5 août. D’abord moine à l’abbaye de Lobbes en Belgique, il succède à saint Rigobert au siège archiépiscopal de Reims vers 743. Évincé par un concurrent, il se retire dans son abbaye.

ABRAHAM
(† v. 480) ERMITE – MR 15 juin. D’origine perse, il fuit la persécution dans son pays pour s’établir près de l’actuelle Clermont-Ferrand, en Auvergne, dans un ermitage qui deviendra le noyau d’un monastère dédié à saint Cyr ou Cirgues.
On l’invoqua longtemps pour guérir la fièvre en se rendant à une source locale considérée comme miraculeuse.
Neuf autres saints portent le nom d’Abraham, dont le patriarche Abraham (MR 9 octobre).

ACACE
(† 250) ÉVÊQUE – MR 31 mars. Évêque d’Antioche de Pisidie, il est très vénéré en Orient et en Arménie où on l’appelle aussi Agathange, le « bon ange ».

ACHAIRE
(† 640) ÉVÊQUE – MR 27 novembre. Moine de Luxeuil, il fut ami du roi Dagobert et évêque de Noyon-Tournai.

ACHEUL
(Dates indéterminées) DIACRE – Fête loc. 1 er mai. Il est vénéré en Picardie et dans le diocèse d’Amiens.

ACHILLE ou ACHILLÉE
( IV e siècle) MARTYR – MR 12 mai*. Lui et son frère Nérée (dont la fête se célèbre en même temps que la sienne) seraient des soldats romains qui auraient été martyrisés durant la persécution de Dioclétien, vers 304.
Selon l’inscription laissée par le pape Damase (mort en 384), c’est en martyrisant eux-mêmes des chrétiens qu’ils se seraient subitement convertis. Deux basiliques sont dédiées aux deux frères à Rome.
Trois autres saints portent le nom d’Achille ou Achillée.

Bienheureux ADALBÉRON
(† 1128) ÉVÊQUE – MR 1 er janvier. Successivement chanoine de Metz et évêque de Liège.
Trois autres saints ou bienheureux portent ce nom, dont l’un († 1005 – MR 15 décembre) fut évêque de Verdun puis de Metz.

ADALBERT ou ALBERT DE BOHÊME
(† 997) ÉVÊQUE – MR 23 avril*. Évêque de Prague et évangélisateur des Hongrois et des Prussiens, il fut martyrisé à Gdansk en Pologne.

ADÉLAÏDE
(v. 931-999) ABBESSE – MR 16 décembre. Fille du roi de Bourgogne, d’abord mariée à Lothaire, roi d’Italie, puis en secondes noces à Othon I er , le fondateur du Saint-Empire romain germanique, elle reçoit avec lui à Rome, en 962, de la main du pape Jean XII, la couronne impériale. Elle met son influence auprès de l’empereur au service de l’Église et des pauvres et favorise la réforme clunisienne. À la mort de son fils, l’empereur Othon II, elle assure la régence de l’empire jusqu’à la majorité de son petit-fils Othon III. Elle meurt à l’abbaye de Seltz (Bas-Rhin) dont elle est la fondatrice.
Deux autres saintes portent le nom d’Adélaïde.
Dérivés : Alice , Alix.

ADÈLE
(† v. 730) ABBESSE – MR 24 décembre. Fille du roi Dagobert II, elle fonde après la mort de son mari le monastère de Pfalzel, près de Trèves, et en est la première abbesse. Son petit-fils, le futur saint Grégoire d’Utrecht, alors âgé de 15 ans, vit à ses côtés lorsque saint Boniface, de passage, l’ouvre à sa vocation missionnaire. Il en fait son disciple et l’associe à sa tâche d’évangélisation.

ADELINE
(† v. 1125) ABBESSE – MR 20 octobre. Elle est la première abbesse des bénédictines de Mortain, en Normandie, lesquelles, en raison de la couleur de leur habit, sont appelées « les dames blanches », d’où le nom d’Abbaye Blanche.
Dérivés : Aline , Line .

ADOLPHE
(v. 1185-1224) ÉVÊQUE – MR 30 juin. Moine cistercien, puis évêque d’Osnabrück (Allemagne), il est connu pour sa très grande attention aux pauvres et aux lépreux.

Bienheureux ADOLPHE, ou ADOLF, KÖLPING
(1813-1865) PRÊTRE DIOCÉSAIN – MR 4 décembre. Il naît le 8 décembre 1813 dans une famille de bergers. Faute d’argent, il ne peut fréquenter d’école susceptible de lui dispenser un haut niveau d’enseignement. En tant que compagnon cordonnier, il découvre les déficits sociaux et religieux de son corps de métier. Il répond à l’appel du Seigneur et devient prêtre. En raison de ses origines, il voit dans la fondation des associations d’artisans catholiques une contribution importante à la résolution de la question sociale du XIX e siècle. Infatigablement, il se dépense pour promouvoir une vision chrétienne de l’homme et aide les jeunes gens à rechercher ce qui dans leur existence peut leur tracer une perspective d’avenir. Dans la fidélité envers l’Église, l’enracinement de l’individu dans une famille chrétienne et dans une qualification professionnelle, Adolphe Kölping voit les fondements d’un nouvel ordre social illuminé par la foi chrétienne. Il meurt le 4 décembre 1865 à Cologne.
Aux membres de l’œuvre Adolphe-Kölping, Jean-Paul II a déclaré : « Le bienheureux Adolphe Kölping dit un jour : "Il est important de porter le christianisme en esprit et en pratique dans la réalité de la vie sociale". Cette phrase de votre fondateur est aujourd’hui plus actuelle que jamais. Je me réjouis du fait que, par le monde entier, plus de 5 000 familles Kölping l’ont adoptée comme devise. »

ADRESSE
Sainte légendaire qui aurait été invoquée par les marins pour entrer au port situé au pied de l’actuelle ville de Sainte-Adresse en Normandie.

ADRIEN et son épouse Natalie
(v. 300) MARTYR – MR 8 septembre. La tradition veut qu’il se soit converti au christianisme à Nicomédie (actuelle Turquie) en voyant des chrétiens conduits au supplice, et qu’il ait été lui-même martyrisé sous Dioclétien avec 23 autres chrétiens. De la basilique qui lui est dédiée à Rome partaient les processions en l’honneur de la Vierge, notamment le 8 septembre (d’où la date de sa fête). Saint Adrien est l’un des cinq saints que l’on invoquait contre la peste.
Dérivé : Adrienne .

AFFRIQUE
( VI e siècle) ÉVÊQUE – MR 28 avril. Il évangélise la Gascogne et devient évêque de Comminges, un ancien diocèse du Sud de la France.

AGATHE
(† v. 250) VIERGE et MARTYRE – MR 5 février**. Les détails de sa vie sont légendaires mais son culte fut célébré très tôt. Palerme et Catane en Sicile se disputent l’honneur d’être son lieu de naissance, mais c’est à Catane qu’elle aurait été martyrisée pour avoir repoussé les avances du gouverneur Quintianus. La tradition rapporte qu’on lui coupa les seins avant de la mettre sur un brasier. Elle est donc devenue la patronne des nourrices et est invoquée contre les douleurs causées par le feu. La protection qu’elle aurait assurée aux habitants de Catane lors d’une éruption de l’Etna a contribué à la popularité de cette patronne de la ville. Trois basiliques romaines lui sont dédiées.

AGATHON
(† 681) PAPE – MR 10 janvier. On rapporte que ce Sicilien avait 103 ans lorsqu’il fut élevé au pontificat en 678. Il eut à régler divers conflits ecclésiastiques (Ravenne, York) et fit condamner l’hérésie monothélite par le III e concile de Constantinople (680), pendant la tenue duquel il mourut à Rome. Il est le patron de Palerme.

AGIL
(† 650) ABBÉ – Fête loc. 31 août. Il fonde en Champagne française le monastère de Rebais qui connut un grand rayonnement.

AGNÈS
( IV e siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 21 janvier**. Au tout début du IV e siècle, Agnès, une fillette romaine de douze ans, subit le martyre plutôt que de renoncer à son vœu de virginité. Elle est, depuis lors, vénérée pour sa vertu de pureté. Selon le récit plus tardif de son martyre, elle aurait été conduite de force dans une maison close – où sa virginité aurait été préservée miraculeusement – jetée dans un feu qui se serait éteint, et enfin décapitée. Sainte Agnès, l’une des saintes les plus populaires, a une basilique à Rome dès l’époque constantinienne. C’est là qu’aujourd’hui sont bénis chaque année les deux agneaux dont la laine sert à tisser les palliums , ornements que portent autour du cou le pape, les primats et les archevêques.

Bienheureuse AGNÈS DE LANGEAC GALAND
(1602-1634) VIERGE – MR 19 octobre. Sœur Agnès de Jésus Galand est née le 17 novembre 1602. Dès l’âge de huit ans, elle est admise à la première communion, ce qui est exceptionnel à cette époque. Jésus Eucharistie devient le Tout de sa vie. En 1621, elle est reçue dans l’ordre de saint Dominique, comme tertiaire. En 1623, elle participe à la fondation du monastère Sainte-Catherine-de-Sienne à Langeac et revêt l’habit des moniales le 4 octobre. Dès 1627, elle exerce la charge de prieure. Par sa prière et ses conseils, elle guide Jean-Jacques Olier vers la fondation des premiers séminaires de Saint-Sulpice. Elle meurt le 19 octobre 1634, laissant à ses sœurs la vocation particulière de prier pour les prêtres. Elle a témoigné par toute sa vie que « Dieu aime toujours ». Elle est béatifiée à Rome le 20 novembre 1994.

AGNÈS DE POITIERS
(† 588) ABBESSE – MR 13 mai. Abbesse de la Sainte-Croix à Poitiers. Son amitié spirituelle avec saint Venance Fortunat est connue.
Dix autres saintes ou bienheureuses portent le nom d’Agnès, dont Agnès de Bohème († 1282).

AGRÈVE
(† v. 602) ÉVÊQUE – Fête loc. 1 er février. Cet évêque du Puy en Auvergne se fixe en un lieu qui deviendra plus tard la ville de Saint-Agrève (Ardèche), pour y évangéliser la région. C’est là qu’il finit ses jours.
D’autres localités en France, vouées au même patron, sont appelées Saint-Égrève.

AGRICOL
(† 700) ÉVÊQUE – MR 2 septembre. Né à Avignon, il est moine à Lérins avant d’être élu évêque d’Avignon vers 660.
La ville et le diocèse d’Avignon en ont fait leur patron. Il est invoqué pour la pluie ou le beau temps.

AICHARD
(† 687) ABBÉ – MR 15 septembre. Né à Poitiers, il passe sa vie en Poitou comme moine à Ansion puis abbé de Saint-Benoît à Quinçay. Il succède à saint Philibert comme abbé de Jumièges en Normandie.

AIGNAN
(† 453) ÉVÊQUE – MR 17 novembre. Élu évêque d’Orléans, il évangélise la région et sauve sa ville en négociant avec Attila, le chef des Huns.
Dérivé : Chinian.

AIGULPHE
(† 676) ABBÉ – MR 3 septembre. Il est appelé aussi saint Ay. Moine de Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire) puis abbé de Lérins, il meurt martyr, tué par quatre de ses moines dans une île de l’archipel corse.
On connaît aussi saint Aigulphe, évêque de Bourges (MR 22 mai).

AIMÉ , AMÉ ou AMET
(† v. 628) ABBÉ – MR 13 septembre. Ermite durant 30 ans près de l’abbaye d’Agaune (actuelle abbaye de Saint-Maurice, dans le Valais, en Suisse), il rejoint l’abbaye de Luxeuil (dans l’actuelle Haute-Saône) fondée par saint Colomban. Avec Romaric , un grand de la cour du roi d’Austrasie Théodebert II, il fonde près de Remiremont ( Romarici Mons ), dans les Vosges, deux monastères jumelés, l’un d’hommes et l’autre de femmes. Aimé en est l’abbé, mais il revient bientôt à sa vie d’ermite dans une grotte du voisinage.

Bienheureuse AIMÉE D’ASSISE
(† v. 1250) VIERGE – Fête loc. 20 février. Nièce de sainte Claire, elle se fait clarisse chez sa tante après une jeunesse dissipée.

AIRALD
( XII e siècle) ÉVÊQUE – MR 2 janvier. Chartreux devenu évêque de Maurienne. Son culte est confirmé en 1863.

Bienheureux ALAIN DE LA ROCHE
(v. 1428-1475) RELIGIEUX – Fête loc. 8 septembre. Ce Breton entre chez les dominicains à Dinan (Côtes-d’Armor).
Puis, après des études à Paris, il est envoyé en Flandre et aux Pays-Bas. Il promeut la dévotion mariale du rosaire.

ALAIN DE SOLMINIHAC
(1590-1659) PRÊTRE – MR 4 novembre. Entré à 20 ans chez les chanoines réguliers de Saint-Augustin à l’abbaye de Chancelade en Dordogne, il en devient l’abbé en 1623. Puis il est nommé évêque de Cahors en 1636.

ALBAN
( III e siècle) MARTYR – MR 22 juin. Vivant à Verulanium (Grande-Bretagne), aujourd’hui Saint-Alban, il accueille un missionnaire chrétien recherché par la police.
Converti par lui, il se livre à la place du missionnaire : c’est le premier martyr d’Angleterre.

ALBAN
( IV e siècle) MARTYR – Fête loc. 21 juin. Il est martyrisé à Mayence.
De nombreuses localités, notamment dans le Sud de la France, portent le nom de Saint-Alban ou Saint-Auban.
Dérivés : Albane , Albe .

ALBÉRIC DE CÎTEAUX
(† 1109) ABBÉ – MR 26 janvier. Il est l’un des trois fondateurs de Cîteaux et en fut l’abbé.
Cinq autres saints portent le nom d’Albéric.

ALBERT LE GRAND
(v. 1200-1280) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 15 novembre*. Né en Souabe (Allemagne), Albert de Bollstaedt fait ses études à Padoue. Entré dans le jeune ordre des dominicains, il enseigne la philosophie et la théologie à Cologne, à Fribourg, à Ratisbonne, à Strasbourg et à la prestigieuse Université de Paris (où son nom de Maître Albert, contracté en Maubert, a été donné à une place qui subsiste aujourd’hui). Esprit universel, il se passionne pour toutes les disciplines. Entreprise très audacieuse et très risquée pour l’époque, il ouvre la voie à une synthèse entre la philosophie et la physique d’Aristote d’une part, la théologie d’autre part. C’est la voie que suivra l’un de ses élèves, Thomas d’Aquin, dont il se fera le défenseur jusqu’à sa mort. En 1248, il est régent du studium général (lieu d’étude d’un ordre religieux, ici dominicain) récemment créé à Cologne, ville qui sera désormais sa résidence, à l’exception des deux années pendant lesquelles il est évêque de Ratisbonne.
Libéré sur sa demande de la charge épiscopale, il reprend son enseignement et ses travaux, dans lesquels il se juge plus utile. Surnommé Doctor Universalis (docteur universel), Albert est proclamé Docteur de l’Église en 1931 par Pie XI, et patron des scientifiques, des naturalistes et des chimistes en 1941 par Pie XII.
Dérivés : Albéric , Alberta, Alberles , Alberte.

Seigneur Jésus-Christ, suprême père de famille qui m’as appelé dès le matin dans ta vigne, où tu m’as conduit dès ma jeunesse à travailler dans mon ordre pour le salaire de la vie éternelle ; quand plus tard je serai mis au jugement et devrai rendre des comptes, que me donneras-tu, à moi, qui non seulement sur la place publique du siècle, mais encore dans la vigne elle-même de mon ordre, suis demeuré oisif tout le jour ?
Saint Albert le Grand


ALBERT DE BRABANT
(v. 1165-1192) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 24 novembre. Né à Louvain, membre de la famille ducale de Brabant, il devient évêque de Liège à 25 ans, à son retour de la troisième croisade. L’empereur d’Allemagne, Henri VI, refusant de le reconnaître, Albert se rend à Rome où le pape Célestin III le confirme dans sa charge, demandant à l’archevêque de Reims de l’ordonner. Henri VI s’obstinant dans son hostilité, Albert se fixe à Reims où il est assassiné par trois gentilshommes allemands sur le tombeau de saint Remi.
En 1612, l’archiduc Albert de Brabant donne ordre de transférer de Reims à Bruxelles les restes de son saint patron. Mais l’on se trompe de corps. C’est en 1921, sous le règne d’Albert I er de Belgique, que les reliques de l’évêque de Liège parviennent enfin dans son pays natal.
14 autres saints ou bienheureux portent le nom d’Albert.

ALBIN, voir Aubin


ALDEGONDE
(† 684) ABBESSE – MR 30 janvier. Résolue très jeune à se consacrer à Dieu, cette fille d’une famille noble du Hainaut refuse le mariage arrangé par ses parents et rejoint le monastère de Mons avant de se retirer dans un ermitage qui deviendra l’abbaye double de Maubeuge, elle-même origine de la ville. Toute une légende s’est développée autour de la vie de sainte Aldegonde et de sa sœur, sainte Waudru, abbesse de Mons. Aldegonde, dont les reliques sont conservées dans deux châsses à l’église Saint-Pierre à Maubeuge, est la patronne de la ville.

Bienheureuse ALETH
(† 1105) VEUVE – MR 4 avril. Elle est la mère de saint Bernard de Clairvaux.

ALEXANDRE
(† 177) MARTYR – MR 2 juin. D’origine grecque et vivant à Lyon, Alexandre est secrètement chrétien avec son ami Épipode. Dénoncés, Épipode est torturé et décapité et Alexandre, flagellé et crucifié.
46 autres saints, dont 30 martyrs des premiers siècles, portent le nom d’Alexandre, dont saint Alexandre Sauli († 1593), évêque d’Aléria en Corse.
Dérivés : Alexandra, Axel , Axelle, Sacha .

Bienheureuse ALEXANDRINA MARIA DA COSTA
(1904-1955) LAÏQUE – MR 13 octobre. Mystique portugaise, elle ne vit que de l’Eucharistie pendant 13 années de grandes souffrances. Elle demande à Pie XII de consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie.

ALEXANDRINE
(1385-1458) ABBESSE – Fête loc. 2 avril. Religieuse italienne, elle fonde un monastère de clarisses à Foligno en Italie.
Dérivés : Sandrine , Sandra.

ALEXIS
( V e siècle) LAÏC – MR 17 juillet. Noble romain, il aurait quitté sa femme avec son consentement le jour de leur mariage, pour aller vivre en mendiant en Orient.
Revenu à Rome sans se faire reconnaître, il obtient de s’installer sous l’escalier de ses parents où il aurait vécu 17 ans dans la sainteté et la pauvreté. Son identité aurait été découverte après sa mort, grâce à un message mystérieux du pape Innocent I er . Il inspira un des premiers textes de la littérature française, le Poème de saint Alexis , du XI e siècle.

ALEXIS FALCONIERI
(1200-1310) LAÏC – Fête loc. 17 février*. Alexis appartient à un groupe de sept marchands florentins qui quittent tout pour fonder en 1233 l’ordre des Servites de Marie, voué à la fois à la contemplation et à l’action (prédication, enseignement, mission).
Alexis, le seul qui soit resté laïc, meurt plus que centenaire.
Dérivé : Alex .

ALFONSO RODRIGUEZ, voir Roque Gonzalez


ALFRED LE GRAND
(849-889) LAÏC – Fête loc. 28 octobre. Son culte n’a jamais été ratifié officiellement par l’Église. Ce roi de Wessex (Grande-Bretagne) lutte avec énergie contre les Danois, parvenant à faire baptiser leur chef, dont il est le parrain. Il affermit l’autorité royale et donne une nouvelle impulsion à son Église locale.
On connaît aussi saint Alfred († 874 – MR 15 août), évêque et moine à Hildesheim.

Bienheureux ALFREDO ILDEFONSO SCHUSTER
(1880-1954) CARDINAL et ARCHEVÊQUE – MR 30 août. D’abord moine bénédictin, il devient cardinal et archevêque de Milan.
On lui doit un remarquable ouvrage de théologie et d’histoire de la liturgie, le Liber Sacramentorum en sept volumes. Il est béatifié en 1996 par Jean-Paul II.

ALGIS
(† 670) ERMITE – Fête loc. 3 juin. Son rayonnement fut si grand que son ermitage donna naissance à la localité qui porte son nom.

ALICE, ALIX, voir Adélaïde


ALINE, voir Adeline


Bienheureuse ALIX LE CLERC
(1576-1622) VIERGE – MR 9 janvier. Née à Remiremont (Vosges), elle devient la fille spirituelle de saint Pierre Fourier , curé de Mattaincourt. Avec lui, elle fonde en 1597 la congrégation de l’Union Notre-Dame (reliée en 1622 à l’ordre des chanoinesses de Saint-Augustin), pour l’éducation des filles. Elle meurt à Nancy dans l’une des maisons qu’elle a fondées.

ALLEAUME
(† 1100) ABBÉ – MR 30 janvier. Né à Loudun (Vienne) et moine à La Chaise-Dieu (Haute-Loire), il est appelé en Espagne par les souverains de Castille. Il dirige ensuite un hôpital pour les pèlerins près de Burgos.

ALLYRE
(† 385) ÉVÊQUE – MR 5 juin. Quatrième évêque de Clermont en Auvergne. Saint Grégoire de Tours en parle avec grande vénération.

ALOÏS, voir Louis


Bienheureux ALOÏS (LOUIS) STÉPINAC
(1898-1960) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 10 février. Né à Zagreb et d’origine croate, il s’est toujours occupé des pauvres et crée pour eux la Caritas de Zagreb. Il devient évêque de Zagreb en 1937. En 1941, quand les Oustachis, inféodés aux nazis, arrivent au pouvoir, M gr Stépinac prend la défense des juifs. Tito prend le pouvoir en 1945 et veut créer une Église croate séparée de Rome, mais M gr Stépinac refuse. Les communistes lui intentent un procès factice à la suite duquel il est emprisonné pendant cinq ans, puis assigné dans une résidence surveillée dans son village natal de Krasic où il exerce les fonctions de vicaire, entendant les confessions pendant des heures entières. Pendant plus de 13 ans, il subit des persécutions physiques et morales. Il meurt en 1960, victime de son attachement au Saint-Siège. Au cours de ses premiers jours à Krasic, un journaliste lui demande : « Comment vous sentez-vous ? — Ici, comme là-bas à Lepoglava, j’accomplis mon devoir. — Quel est votre devoir ? — Souffrir et travailler pour l’Église. » Il est béatifié le 7 août 1998.

ALPHONSE-MARIE DE LIGUORI
(1696-1787) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 1 er août**. Né à Naples dans une famille de l’aristocratie, docteur en droit et avocat, il renonce au barreau pour se faire prêtre. Ordonné à 30 ans, il se consacre à l’apostolat dans les milieux populaires, très délaissés et ignorants. Six ans plus tard, en 1732, il fonde la congrégation du Très-Saint Rédempteur (Rédemptoristes) dont la spiritualité veut s’inspirer de l’exemple du Rédempteur dans la manière de vivre et d’annoncer l’Évangile. En 1762, le pape Clément XIII l’oblige à accepter la charge d’évêque du petit diocèse de Sainte-Agathe-des-Goths dans la région napolitaine. Devenu infirme à 72 ans, il obtient trois ans plus tard d’être déchargé de sa fonction et de retourner dans sa congrégation. Il y connaît épreuves et humiliations, avant de mourir douze ans plus tard. Il laisse une œuvre écrite considérable, complément et couronnement d’une intense activité de confesseur et de prédicateur. Il s’est ainsi fait le témoin d’un christianisme d’amour et de miséricorde à l’encontre des conceptions rigides et pessimistes de la morale janséniste, très en honneur jusque-là. Canonisé en 1839, il est proclamé Docteur de l’Église par Pie IX en 1871 et patron des confesseurs et des professeurs de théologie morale par Pie XII en 1950.
Huit autres saints ou bienheureux portent le nom d’Alphonse.

ALPHONSINE DE L’IMMACULÉE CONCEPTION
(1910-1946) RELIGIEUSE – MR 28 juillet. Elle est la première sainte dans l’histoire de l’Église catholique en Inde. Par sa congrégation, elle appartient à l’Église catholique de rite et de tradition syro-malabars.
Née le 10 août 1910, Anna Muttathupandathu, originaire de Kottayam, au Kerala, situé au sud-ouest de l’Inde, perd sa mère alors qu’elle n’a que trois mois. Jeune fille, elle décide de consacrer sa vie au Christ. En 1928, elle entre chez les clarisses, à Bharananganam.
En raison de ses multiples soucis de santé, ses supérieures envisagent de la renvoyer dans sa famille, mais sa piété est si intense qu’elles acceptent de lui faire prononcer ses vœux perpétuels en 1936. Son chemin de sainteté est celui de la croix à travers la maladie et la souffrance spirituelle dans lesquelles elle rend grâce à Dieu, avec une paisible sérénité.
Elle n’aime pas la souffrance en tant que telle, bien au contraire, mais l’accepte parce qu’elle est convaincue que Dieu lui demande ainsi de vaincre son égocentrisme pour s’unir à son Divin époux. « Je comprends que Dieu a voulu que ma vie soit une oblation, un sacrifice de souffrance », écrit-elle le 20 novembre 1944. Elle aime tant le Christ qu’elle ne peut que s’attacher à lui jusque dans cette expression de son amour crucifié pour les hommes. Elle sait qu’ainsi avec lui, elle participe à la mission de l’Église, s’inspirant de saint Paul : « Ce qui a manqué aux souffrances du Christ, je l’achève dans ma chair pour son corps qui est l’Église » (Col 1, 24).
Dieu lui a donné un caractère affectueux et joyeux, avec une extraordinaire capacité de se réjouir de toutes choses, même les plus simples. Et cette joie paisible, elle la transmet aux pauvres, aux miséreux, aux blessés de la vie, leur faisant découvrir, au travers de ses paroles et de l’expérience de son vécu quotidien, l’amour de Dieu pour chacun d’eux.
Aujourd’hui encore ils viennent en foule, à Bharananganam, en pèlerinage auprès d’elle.
Elle est béatifiée le 8 février 1986 et canonisée le 12 octobre 2008.

ALPINIEN
( III e siècle) PRÊTRE – MR 30 juin. Il est le compagnon de saint Martial de Limoges, missionnaire envoyé par Rome pour évangéliser cette région.

ALTIN
( I er siècle) MARTYR – Fête loc. 19 octobre. La légende fait vivre ce martyr au temps du Christ comme l’un des 72 disciples dont parle l’Évangile. Il est aussi le premier évêque de l’Église d’Orléans.

ALVÈRE
( IX e siècle) MARTYR – Fête loc. 9 mars. Jeune fille martyrisée par les Normands, d’après les Bollandistes, elle est vénérée en Périgord.

ALYPIUS
(† 430) ÉVÊQUE – MR 15 août. Disciple et ami de saint Augustin, il est évêque de Thagaste (Souk Ahras en Algérie) et ardent défenseur de la foi.

AMADOUR ou AMATOR
(Dates indéterminées) – Fête loc. 20 août. On ne sait rien sur ce saint. Des légendes et des hypothèses diverses en font soit un familier de la Vierge Marie, soit le mari de Véronique, soit Zachée , soit un évêque d’Auxerre… Seule certitude, Rocamadour veut dire « Roc d’Amadour ». Au XIII e siècle, on crut avoir découvert son tombeau qui devint un centre de pèlerinage d’autant plus fréquenté qu’il se trouve sur l’une des routes de Saint-Jacques-de-Compostelle. Aux grands pardons, les foules et les personnages illustres (saint Bernard, saint Dominique, saint Louis, Philippe le Bel, etc.) affluaient. Rocamadour est resté un lieu de pèlerinage marial (Vierge noire), favorisé par le caractère exceptionnel du site.

AMAND
(† 679) ÉVÊQUE – MR 6 février (en Belgique**). D’abord moine à l’île d’Yeu, puis ermite à Bourges, Amand s’illustre surtout pendant plus d’un demi-siècle par une vie itinérante à travers ce qui sera plus tard la Flandre (actuels Belgique et Nord de la France) pour évangéliser les populations. Vers 646, il est élu évêque de Tongres, siège bientôt transféré à Maastricht. Trois ans plus tard, il reprend sa mission mobile, tout en multipliant, sous forme d’abbayes, les points d’ancrage de cette christianisation de la région. C’est dans l’une d’elles, à Elnone sur la Scarpe, qu’il meurt presque centenaire. Cette abbaye sera à l’origine de la ville de Saint-Amand-les-Eaux (Nord). Soutenu par les rois mérovingiens, et notamment Dagobert, il rachète aux Germains beaucoup de captifs qu’il regroupe en communautés chrétiennes.

AMANT ou AMANS
( IV e ou V e siècle) ÉVÊQUE – MR 4 novembre. Il est le premier évêque de Rodez.
Neuf autres saints portent le nom d’Amand, Amant ou Amans, dont le premier évêque de Strasbourg ( IV e siècle) et un évêque de Bordeaux ( V e siècle).
De nombreuses localités de France portent, sous diverses orthographes, le nom de l’un de ces saints.

AMARIN
(† 676) ABBÉ et MARTYR – MR 25 janvier. Moine de Luxeuil, il vient évangéliser la vallée de la Thur en Alsace. De là il rejoint à Volvic saint Prix , évêque de Clermont. Tous deux sont assassinés par les ennemis de l’évêque. Ses reliques ont été ramenées au VIII e siècle au couvent de Droangus, autour duquel s’est établie la ville de Saint-Amarin (Haut-Rhin).

AMAURY, voir Maur


AMBROISE
(v. 340-397) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 7 décembre**. Né à Trèves, il est consulaire (gouverneur) romain de Ligurie et d’Émilie, résidant à Milan. Encore catéchumène, il est élu évêque par le peuple de la ville. L’événement se produit alors qu’il est venu, en fonctionnaire impérial, assurer l’ordre d’élections épiscopales agitées. Il est baptisé et ordonné évêque en huit jours (7 décembre 374).
Il lui faut alors apprendre le grec et se donner une formation théologique et littéraire. Ses nombreuses prédications, son abondante œuvre écrite visent soit l’instruction des fidèles, soit la réfutation de l’arianisme qu’il combat avec intelligence et détermination. Par son influence, il contribue à la conversion de saint Augustin, auquel il donne le baptême en 387. Il impose une pénitence publique à l’empereur Théodore après la sanglante répression d’un soulèvement de la population de Thessalonique (390). Ambroise est, avec saint Augustin, saint Jérôme et saint Grégoire le Grand, l’un des quatre Docteurs de l’Église latine.

Sur les Pharisiens
En la personne des Pharisiens, Jésus reprend sévèrement et condamne au châtiment futur tous ceux qui se chargent d’enseigner la connaissance de Dieu en empêchant les autres d’atteindre le Seigneur. Jésus condamne ceux qui alors ne connaissent pas eux-mêmes ce qu’ils font profession de proclamer.
Sur les saints
La naissance des saints est un événement qui réjouit beaucoup de monde parce que le bien est contagieux et que la sainteté est une force communicative.
Saint Ambroise


AMBROIX
(† 770) ÉVÊQUE – Fête loc. 16 octobre. Évêque de Cahors, il se retire dans les solitudes du Berry.

AMÉ
(† v. 629) ABBÉ – MR 13 septembre. Il évangélise la région de Remiremont, dans les Vosges. Il est l’ami et le compagnon de saint Romaric, fondateur de Luxeuil.

AMÉDÉE D’HAUTECOMBE
(† 1159) ÉVÊQUE – MR 27 août. Moine de Clairvaux puis abbé de Hautecombe en Savoie, il est élu évêque de Lausanne.

Bienheureux AMÉDÉE IX DE SAVOIE
(1435-1472) LAÏC – MR 30 mars. Le duc Amédée IX de Savoie, né à Thonon et mort à Verceil (Italie du Nord), époux de la sœur de Louis XI, fait de sa cour un modèle de vertu et devient très vite l’objet d’une grande vénération de la part des populations alpines. Il est appelé « le Père des pauvres » et est béatifié en 1677.

AMÉLIE, voir Émilie


ANACLET, voir Clet


ANAÏS, voir Anne


ANASTASE
(† 976) ÉVÊQUE – Fête loc. 7 janvier. Archevêque de Sens, il est l’initiateur de la construction de la cathédrale.
13 autres saints et bienheureux portent ce nom.

ANASTASIE
( IV e siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 25 décembre. Cette jeune martyre de Sirmium, aujourd’hui Mitrovitza, était commémorée à Rome par la colonie grecque byzantine et le pape se rendait dans son église pour la messe de l’aurore du 25 décembre.
Trois autres saintes, martyres, portent le nom d’Anastasie, dont une ermite du désert de Scété en Égypte, qui mena jusqu’à sa mort une vie de total renoncement.

ANATOLE
(† 458) ÉVÊQUE – MR 3 juillet. Archevêque de Constantinople, il correspond avec le pape saint Léon au sujet des deux natures en Jésus-Christ et participe au concile de Chalcédoine (451) qui définit cette doctrine.
Quatre autres saints portent le nom d’Anatole. L’un d’eux aurait vécu au V e siècle en ermite au sommet d’un rocher qui domine la vallée de Salins (Jura) ; un autre fut martyr en Ouganda.

ANDÉOL
(† 208) SOUS-DIACRE et MARTYR – MR 1 er mai. Il aurait été envoyé à Lyon par l’Église de Smyrne, aurait évangélisé la région de Carpentras, puis fondé une église locale à Bergoïata (future commune de Bourg-Saint-Andéol, Ardèche), où il aurait été décapité sur l’ordre de l’empereur Septime Sévère .

ANDOCHE
(† 347) PRÊTRE – MR 24 septembre. Venu d’Asie Mineure, il évangélise la Bourgogne et le Morvan, où il est vénéré à Saulieu.

ANDRÉ
( I er siècle) APÔTRE – MR 30 novembre***. Frère de Simon-Pierre, il est comme lui originaire de Capharnaüm, au nord du lac de Tibériade. Les deux frères sont pêcheurs. Ils sont en train de jeter leurs filets lorsque Jésus les invite à tout laisser pour se joindre à lui et devenir pêcheurs d’hommes (Mt 4, 18-22). Ils ne le quitteront plus. Selon l’ Évangile de Jean , André était un des disciples de Jean-Baptiste qui lui avait désigné Jésus comme « l’Agneau de Dieu ». André avait alors suivi Jésus puis, conquis, était allé chercher son frère Simon en lui disant : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 35-43). André et Simon-Pierre, Jacques et Jean, forment le petit groupe des apôtres les plus proches de Jésus. Sur la vie d’André après la Pentecôte, on ne dispose que de récits apocryphes et de légendes. Si l’on ne doit pas exclure que, comme le rapporte la tradition, il ait évangélisé la région de Patras en Grèce, qu’il y soit mort martyr et qu’il y ait été enterré, on ne dispose d’aucun fait attesté à ce sujet. Encore moins à propos de la croix en forme de X sur laquelle il serait mort. Ses reliques, en tout cas, connaissent une histoire mouvementée. C’est ainsi que le chef (la tête) du saint se retrouve successivement à Constantinople en 357, puis à nouveau à Patras, d’où il est envoyé à Rome au moment de la conquête turque de la Grèce ( XV e siècle), pour être enfin solennellement restitué par le pape Paul VI à l’Église de Patras en un geste symbolisant les efforts mutuels de réconciliation des Églises chrétiennes. Saint André, en effet, est le patron de l’Église de Constantinople comme saint Pierre est celui de l’Église de Rome. Il est aussi le patron de la Grèce, de la Russie, de l’Écosse et du diocèse de Bordeaux.

Bienheureux ANDRÉ BESSETTE
(1845-1937) RELIGIEUX – MR 6 janvier. « Démuni de tout, sauf d’une grande confiance en Dieu », a dit de lui Jean-Paul II. Né dans la campagne à quelques kilomètres de Montréal, André perd à douze ans son père bûcheron. À 20 ans, il émigre vers les États-Unis pour y travailler, puis il revient à Montréal et demande à entrer dans la congrégation de la Sainte-Croix. En raison de ses problèmes de santé, les supérieurs hésitent, puis lui confient la charge de portier au collège Notre-Dame sur la Côte-des-Neiges. Il l’occupe pendant près de 40 ans.
En 1904, parce qu’il veut que saint Joseph soit honoré, le frère André débute la construction d’une petite chapelle sur le versant du Mont-Royal en face du collège. Les guérisons inexpliquées qu’il opère font de lui un héros populaire et il devient connu comme le thaumaturge du Mont-Royal. Il est alors la cible d’attaques et de critiques, mais il conserve l’appui de son Église diocésaine. La construction de l’oratoire Saint-Joseph commence en 1924, près de la chapelle du frère André. Ce haut lieu de pèlerinage reçoit chaque année plus de deux millions de visiteurs qui viennent se recueillir, prier ou tout simplement profiter de ce havre de paix pour se ressourcer. La basilique peut accueillir 10 000 personnes. Frère André est béatifié le 23 mai 1982.

ANDRÉ-HUBERT FOURNET
(1752-1834) PRÊTRE – MR 13 mai. Prêtre, il refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé, imposé par l’Assemblée constituante en 1790 et se réfugie en Navarre. Après la Révolution, il fonde en Poitou, avec Élisabeth Bichier des Anges, qui sera elle aussi canonisée, la congrégation des Filles de la Croix, dites Sœurs de Saint-André, pour l’instruction des enfants pauvres et le soin des malades.
44 autres saints ou bienheureux portent le nom d’André.

ANGE
(1185-1225) MARTYR – MR 5 mai. Né à Jérusalem, il entre chez les carmes du Mont-Carmel (Palestine). Il vient à Rome en 1218 et prêche en Sicile où il est assassiné.

Bienheureuse ANGÈLE DE FOLIGNO
(1260-1309) VEUVE et MONIALE – MR 4 janvier. Née à Foligno (Italie), elle y passe toute sa vie. Après avoir perdu son mari et ses enfants, elle entre dans le tiers ordre franciscain. Ses visions et les réflexions qu’elles lui inspirent, révélées après sa mort par son confesseur, la mettent au rang des grandes mystiques en même temps qu’elles font d’elle une des représentantes les plus significatives de l’esprit franciscain.

Allons à l’hôpital, peut-être aurons-nous l’avantage d’y trouver Notre Seigneur Jésus-Christ dans le rang des pauvres.
Bienheureuse Angèle de Foligno


ANGÈLE MERICI
(1474-1540) VIERGE – MR 27 janvier*. Née à Desenzano, sur le lac de Garde (Italie), elle se consacre, après une vision, au service et à la catéchèse des pauvres. Dans le but de préparer les jeunes filles à faire de leur foyer un centre de vie chrétienne, elle fonde avec un groupe de femmes une congrégation de religieuses enseignantes et éducatrices qu’elle met sous le patronage de sainte Ursule (ou Union Sainte-Angèle-Merici). Historiquement, c’est la première congrégation enseignante, aujourd’hui répandue sur les cinq continents.
Outre Angèle de Foligno et Angèle Merici, quatre autres saintes portent le nom d’Angèle.
Dérivé : Angélique.

Bienheureux FRA ANGELICO
(1387-1455) RELIGIEUX – MR 18 mars. Fra Angelico, frère Jean de Fiesole, doit sa réputation à sa sainteté autant qu’à l’expression de son art. Guido di Pietro , né en Toscane, entre chez les dominicains et n’abandonne pas pour autant ses pinceaux. Bien au contraire, car la peinture est considérée dans les monastères comme un moyen puissant d’élever l’âme. Frère prêcheur, c’est par la peinture que Fra Angelico veut exercer son ministère, même quand il devient prieur de sa communauté. Des témoins racontent qu’il ne se mettait jamais à peindre sans avoir fait oraison. Son œuvre tout entière est un grand Magnificat.
Son Couronnement de la Vierge (au Louvre) ou son Jugement dernier sont de véritables visions célestes, des assemblées joyeuses d’anges et de saints, main dans la main, contemplant leur Dieu. Mais, comme saint Paul, il prêche aussi « Jésus et Jésus crucifié ». Quand il décore le couvent Saint-Marc à Florence, ses couleurs se font austères, toutes en fines harmonies. Ses personnages sont plus réalistes et expressifs. L’ange de l’Annonciation regarde avec tendresse la Vierge à laquelle il porte son message ; François d’Assise, la joue appuyée sur une main, ou Dominique, les traits contractés par la douleur, communient réellement à la souffrance du Christ en croix. Mais Fra Angelico ne connaît pas la haine : il ne représente pas les bourreaux de la Passion, mais seulement des mains qui soufflètent, une bouche qui crache, un bâton qui enfonce la couronne d’épines. Quand il peint le Jugement dernier pour le dôme d’Orvieto, il montre la douleur des damnés rejetés du Ciel et non leurs vices ou leurs turpitudes, comme tant d’autres artistes. La renommée de Fra Angelico est telle que les papes eux-mêmes l’appellent au Vatican. Il peint les vies de saint Laurent et de saint Étienne pour la chapelle de Nicolas V, très belles fresques à la fois pathétiques et sereines. C’est en peignant ces scènes que Fra Angelico meurt à Rome, où il est enterré. Jean-Paul II le proclame bienheureux, patron des artistes et plus spécialement des peintres, en 1984.

ANGERS (martyrs d’)
(† 1793-1794) MARTYRS – MR 1 er février. Ce sont les 16 hommes, prêtres et laïcs, et les 83 femmes exécutés sous la Terreur pour avoir voulu « conserver leur foi et leur religion ».

ANGILBERT
(† 814) ABBÉ – MR 18 février. Il fut ministre de Charlemagne, puis abbé de Saint-Riquier en Picardie où il développa le chant continu de l’office monastique.

ANICET
( II e siècle) PAPE – MR 20 avril. D’origine syrienne, il est pape de 155 à 166. Avec l’évêque de Smyrne, saint Polycarpe, il essaie sans succès de régler le conflit entre l’Orient et l’Occident sur le mode de calcul de la date de Pâques, qui empoisonne alors les relations au sein de l’Église (la question ne sera tranchée qu’au concile de Nicée en 325). L’évêque de Rome, à l’époque, n’en apparaît pas moins déjà investi d’une très grande autorité sur l’ensemble de l’Église.

ANNA MICHELOTTI
(1843-1888) RELIGIEUSE – Fête 1 er février. Savoyarde, née à Annecy, sœur Jeanne Françoise de la Visitation fonde à Turin la congrégation des Petites Servantes du Sacré-Cœur.

Bienheureuse ANNA-KATHARINA EMMERICK
(† 1824) RELIGIEUSE – Fête loc. 9 février. Née dans une famille nombreuse d’agriculteurs, Anna-Katharina Emmerick doit, dès sa plus tendre enfance, aider aux travaux domestiques et agricoles. Elle ne fréquente que quelque temps l’école. Quand elle demande à être admise dans divers monastères, seules les clarisses de Münster l’acceptent, à la condition qu’elle apprenne à jouer de l’orgue. En 1802, elle réussit finalement à entrer au monastère des augustines d’Agnetenberg, près de Dülmen. Elle prononce ses vœux l’année suivante, participant à la vie monastique avec ferveur, toujours prête à accomplir les travaux les plus durs que personne ne veut faire. Mais, de 1802 à 1811, elle tombe fréquemment malade et doit supporter de grandes douleurs. En 1811, quand le monastère d’Agnetenberg ferme, elle devient domestique chez un prêtre, tombe à nouveau malade et ne quitte plus son lit.
C’est au cours de cette période qu’elle reçoit les stigmates et qu’elle cesse de se nourrir, ne vivant plus que de l’Eucharistie. Le docteur Franz Wesener qui l’examine est profondément impressionné et devient son ami fidèle. Sans pouvoir se lever de son lit, elle coud des vêtements pour les enfants pauvres. De nombreuses personnalités, qui participent au mouvement de renouveau de l’Église en ce début du XIX e siècle, cherchent à la rencontrer. Sa rencontre avec Clemens Brentano est particulièrement significative. À partir de 1818, il lui rend visite chaque jour pendant cinq ans, dessinant ses visions qu’il publie ensuite. Ce livre eut un succès immédiat et fut tout autant critiqué. Mel Gibson s’en est inspiré en 2004 pour réaliser son film La Passion du Christ .
Anna-Katharina, malgré les souffrances qui la clouent au lit, a le souci d’exercer la charité envers son prochain par ses travaux de couture, ses charismes et ses nombreux contacts. Selon les paroles de Jean-Paul II : « Elle a crié la passion douloureuse de Notre Seigneur Jésus-Christ et elle l’a vécue dans son corps. » Ses visions décrivent la vie de Jésus avec un luxe de détails impressionnant qui contraste avec la brièveté des Évangiles. Au cours de l’été 1823, la santé d’Anna-Katharina décline et, la mort approchant, elle décide d’unir sa souffrance à celle de Jésus, en l’offrant pour la rédemption des hommes. Elle meurt le 9 février 1824.
« J’ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu, disait-elle. Dans ma jeunesse, j’ai prié Dieu afin qu’il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d’être utile. À présent je sais qu’il a exaucé ma prière. »

ANNE
MÈRE DE LA VIERGE MARIE – MR 26 juillet** (au Canada***). Elle est l’épouse de saint Joachim , fêté le même jour. Ce sont les parents de la Vierge Marie. On ne sait rien d’eux. Les récits les concernant sont rapportés par des textes apocryphes ( Protévangile de Jacques, Évangile du pseudo-Matthieu, Évangile de la Nativité de Marie. ) Mais parce qu’ils ont donné la vie à la mère du Sauveur et l’ont formée spirituellement, ils sont vénérés de longue date en Orient et, à partir des croisades, en Occident. On sait en particulier l’importance du culte rendu à sainte Anne par la Bretagne dont elle est la patronne, très spécialement au sanctuaire Sainte-Anne-d’Auray édifié à l’emplacement où, à la suite d’apparitions de la sainte en 1624, un paysan, Yves Nicolazic , découvrit une statue provenant d’un sanctuaire beaucoup plus ancien. Sainte Anne est la patronne de la province du Québec au Canada.
Dérivés : Anaïs , Anita, Annabelle , Annette, Annick, Annie , Anouck, Nancy .

Bienheureuse ANNE-MARIE JAVOUHEY
(1779-1851) RELIGIEUSE – MR 15 juillet. Née à Jallanges (Côte-d’Or), on la voit dès l’âge de 15 ans soigner les malades et instruire les enfants de son village natal. Après deux essais de vie religieuse, elle groupe quelques jeunes filles et fonde, en 1805 à Châlon-sur-Saône, une congrégation nouvelle pour l’éducation des enfants, qui prendra le nom de Société de Saint-Joseph-de-Cluny. Elle établit des fondations en France, mais s’intéresse surtout aux missions, envoie ses religieuses à l’île Bourbon, au Sénégal, en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique… C’est le premier ordre de femmes missionnaires, initiative fort audacieuse pour l’époque.

Bienheureuse ANNE-MARIE TAÏGI
(1769-1837) LAÏQUE – MR 9 juin. Née à Sienne, mariée et mère de sept enfants, elle mène efficacement de front, avec des moyens financiers très modestes, les soins du ménage, l’éducation des enfants, l’épanouissement de son foyer, tout en ayant une vie spirituelle très élevée. Elle est honorée comme un modèle d’épouse et de mère.
15 autres saintes ou bienheureuses portent le nom d’Anne ou d’Anne-Marie.

ANNE-THÉRÈSE GUÉRIN, voir Théodora Guérin


ANSBERT
(† 685) ÉVÊQUE – MR 9 février. Tout d’abord chancelier du roi Clotaire III et conseiller de la reine sainte Bathilde, il fut abbé de l’abbaye de Fontenelle (Saint-Wandrille) puis évêque de Rouen, où il succéda à saint Ouen.

ANSCHAIRE , ANSGAIRE ou OSCAR
(801-865) ÉVÊQUE – MR 3 février*. Ce bénédictin de l’abbaye de Corbie, en Picardie, est envoyé au Danemark en 826 pour poursuivre avec Harald, chef danois chrétien, l’évangélisation du pays. En 829, il passe en Suède. En 832, il devient le premier évêque de Hambourg. Le pape le nomme alors légat pontifical auprès des peuples nordiques. En 845, les Danois ruinent tout le travail d’évangélisation du Schleswig-Holstein et détruisent Hambourg. Anschaire est alors nommé archevêque de Brême par Louis le Pieux. Puis, sans se laisser rebuter par les difficultés, il repart en 852 au Danemark, puis en Suède, où il convertit le roi Olaf et les populations du Russland. Il meurt à Brême, dont le siège archiépiscopal est réuni à celui de Hambourg.

ANSELME
(1033-1109) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 21 avril*. Né à Aoste (Italie), il s’attache à un maître renommé, Lanfranc, qu’il suit jusque dans l’abbaye bénédictine du Bec (Bec-Hellouin, Eure), où il se fait moine. Il y reste lorsque Lanfranc est appelé comme archevêque de Cantorbéry (Angleterre) par Guillaume le Conquérant. En 1078, Anselme succède comme abbé du Bec à Hellouin, son fondateur. En 1093, il est appelé par le roi Guillaume II le Roux à succéder à Lanfranc au siège de Cantorbéry. Mais il se heurte très vite aux prétentions des rois d’Angleterre et ne cesse plus dès lors de lutter avec détermination pour l’indépendance de l’Église. Cela lui vaut l’exil à deux reprises. Théologien et philosophe au vaste rayonnement, il laisse une œuvre considérable, son souci constant ayant été de faire accéder l’intelligence de l’homme aux vérités de la foi : « comprendre ce que l’on croit ». Il est l’auteur du célèbre argument dit « ontologique » sur l’existence de Dieu.

Faites, ô mon Dieu, que je vous connaisse, que je vous aime et que je me réjouisse à cause de vous. Et si, en cette vie, je ne le puis faire pleinement, que j’en approche chaque jour davantage, jusqu’à ce que j’arrive à cette plénitude.
Saint Anselme


ANTHELME
(1107-1177) ÉVÊQUE – MR 26 juin. Né au château de Chignin, près de Chambéry, il entre à la Chartreuse près de Grenoble. Il en devient le prieur avant de devenir premier supérieur général de l’ordre des chartreux, puis en 1163, évêque de Belley dans le Jura français. Dans le même temps, l’empereur d’Allemagne le fait prince d’Empire. Ses reliques sont conservées à la cathédrale de Belley.

ANTIDE
(† 465) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 17 juin. Évêque de Besançon, il est martyrisé lors de l’invasion des Vandales.

ANTOINE LE GRAND
(v. 250-356) ABBÉ – MR 17 janvier**. Ce saint éminemment populaire est égyptien. Il est souvent accompagné d’un petit cochon, pour rappeler qu’il sait éloigner de lui toute tentation impure. Très jeune, il répond à l’appel évangélique de renoncement absolu en se retirant dans la solitude de Thébaïde (désert des environs de Thèbes, en Haute-Égypte). Il y subit de nombreuses tentations, dont la légende s’est emparée avec complaisance et qu’ont popularisées bien des peintres (Jérôme Bosch, Bruegel, etc.) ainsi que le poème en prose de Flaubert La Tentation de saint Antoine. Contre ses tentations, Antoine essaie de lutter en s’enfonçant toujours davantage dans le désert et le renoncement. Il en sort finalement vainqueur par la prière. L’influence d’Antoine est, de son temps, considérable et renforcée par le soutien de son ami saint Athanase, évêque d’Alexandrie. Nombreux sont les autres solitaires qui viennent se mettre sous sa direction. Ainsi naissent les premiers groupes d’ermites vivant dans une même contrée sous la conduite d’un abbé ; on les appelle anachorètes, par opposition aux cénobites ou moines vivant ensemble. Antoine n’hésite pas à quitter un moment sa solitude pour venir à Alexandrie témoigner de sa foi en Jésus-Christ Fils de Dieu contre l’hérésie arienne. Il est véritablement le fondateur du monachisme chrétien et plus spécialement d’un type de vie resté en honneur dans certains monastères orientaux (par exemple au Mont Athos).
La renommée et l’influence du grand ermite s’exercent très loin et très longtemps après sa mort, en Orient comme en Occident, grâce à la Vie de saint Antoine écrite peu après sa mort par saint Athanase et aussitôt traduite du grec en latin, qui se répand comme un best-seller.
La translation en France des reliques du saint, au XI e siècle, à la suite de la conquête arabe de l’Égypte, accroît sa popularité dans notre pays. L’abbaye de Saint-Antoine, près de Saint-Marcellin (Isère), est édifiée pour les recevoir.
Saint Antoine a longtemps été invoqué pour la guérison de diverses maladies, et spécialement d’une grave inflammation appelée « feu Saint-Antoine » par rapprochement avec les tentatives du démon pour entraîner le saint en enfer. Cette maladie suscite la fondation de l’ordre hospitalier des Antonins, absorbé par l’Ordre de Malte au XVIII e siècle.

La vraie solitude purifie l’âme et l’ouvre grande aux quatre vents de la générosité. La fausse solitude ferme sa porte à tous les hommes et s’absorbe dans ses niaiseries.
Thomas Merton, à propos de saint Antoine le Grand, Nul n’est une île.


ANTOINE DE PADOUE
(1195-1231) PRÊTRE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 13 juin**. Né à Lisbonne, et d’abord chanoine régulier à Coïmbra, Fernando prend le nom d’Antoine lorsque, changeant d’ordre en 1220, il entre chez les franciscains pour répondre à sa vocation missionnaire. Après un séjour au Maroc où sa santé ne lui permet pas de rester, il gagne Assise, foyer de la vie franciscaine. Ses dons d’orateur et de controversiste, sa culture théologique, l’ardeur de sa foi le vouent à une intense activité de prédication, d’abord en Italie (où déjà il combat l’hérésie cathare), puis, entre 1225 et 1227, dans le Midi de la France (Toulouse, Montpellier, Le Puy, Brive, Limoges) à travers les régions gagnées par la même hérésie (les Albigeois). Un moment provincial d’Italie du Nord, il se retire à Padoue où il meurt à 36 ans, ayant acquis une réputation populaire de sainteté qui le fait canoniser un an plus tard par Grégoire IX. Son tombeau devient immédiatement un lieu de pèlerinage très fréquenté. En 1946, Pie XII le déclare Docteur de l’Église.
Une tradition populaire le fait invoquer pour retrouver les objets perdus (le mot « épave » vient de Pave, ancien nom de Padoue), alors qu’il s’est évertué à prêcher contre l’usure et l’avarice ! L’origine de cette pratique se trouve dans l’histoire d’un novice qui avait quitté son couvent en dérobant le psautier de saint Antoine et qu’une apparition fit revenir avec le psautier.
Saint Antoine est souvent représenté avec l’enfant Jésus, un lys, un livre – symbole de sa connaissance et de son amour de l’Écriture –, quelquefois aussi avec un âne : la légende affirme en effet qu’un de ces animaux s’était agenouillé devant le saint Sacrement porté par le saint, alors que la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie était contestée par un interlocuteur, qui s’était trouvé ainsi convaincu.
Dérivé : Anthony.

Bienheureux ANTOINE CHEVRIER
(1826-1879) PRÊTRE – MR 2 octobre. Antoine est né le 16 avril 1826, en plein cœur de Lyon, fils unique de parents chrétiens, de condition modeste, émigrés du Dauphiné. Son père, homme bon et doux, travaille à l’octroi ; sa mère, ouvrière en soie, exploite un petit atelier à domicile. Elle nourrit pour son fils unique de grandes ambitions. Elle veut en faire un « Monsieur » et l’élève avec sévérité dans une conception rigoriste de la religion et de l’éducation. Il fréquente jusqu’à 14 ans l’école des Frères de la doctrine chrétienne de son quartier. Un prêtre de sa paroisse lui propose alors de s’orienter vers le sacerdoce. Il accepte, malgré la réticence de sa mère, car il veut devenir un bon prêtre pour les hommes. Il écrit : « Un prêtre est un homme qui sait s’oublier soi-même, qui sait disposer de tout pour l’Évangile… Pour convertir, il faut la prière, le chemin de Croix, le bréviaire. Il faut croire que tout est possible, ne jamais se décourager et donner le bon exemple. » Généreux et dévoué, il se dépense sans compter auprès des jeunes.
Il est attiré par une vie pauvre et modeste, mais souffre de voir que son ministère porte peu de fruits, se rendant compte que la majeure partie de la population est très éloignée de l’Église et coupée de la paroisse. Il comprend aussi qu’en raison de la vie qu’il mène au presbytère les gens du quartier de La Guillotière le considèrent comme un monsieur, donc un étranger. Il découvre la distance qui sépare l’Église de ce monde des travailleurs né de la révolution industrielle. En mai 1856, des inondations lui montrent toute l’ampleur de la misère et, la nuit de Noël 1856, méditant sur la pauvreté et l’humilité de Jésus-Christ dans son incarnation, il reçoit la grâce d’entrer plus profondément dans le mystère du Christ, verbe de Dieu. Il réalise que Dieu, pour sauver l’humanité, a choisi la pauvreté, le dénuement, l’extrême humilité. Le père Chevrier décide de prendre ce chemin et de se consacrer à l’annonce de l’Évangile aux plus déshérités.
En 1860, il loue un ancien dancing de quartier, Le Prado , et y organise un centre de catéchèse des enfants pauvres. Il veut aller plus loin, susciter des prêtres parmi les pauvres, vivre en pauvre parmi les pauvres. C’est la naissance de la Société du Prado. Il croit que la formation et la présence d’apôtres pauvres pour les pauvres sont un besoin de l’Église et de son temps, aussi cherche-t-il toute sa vie à partager cette grâce et à s’associer des prêtres, des frères, des sœurs, des laïcs. Si elle ne compte à sa mort que quatre prêtres et quelques sœurs, la famille du Prado est, aujourd’hui, présente dans une quarantaine de pays. L’idéal évangélique d’Antoine Chevrier est exposé dans son livre Le Véritable Disciple de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
54 autres saints et bienheureux portent le nom d’Antoine.

ANTOINE-MARIE CLARET
(1807-1870) ÉVÊQUE – MR 24 octobre*. Né dans une famille pauvre de Catalogne, il exerce d’abord son ministère dans cette région, notamment par sa prédication et ses écrits. Puis il passe 15 ans aux îles Canaries. À son retour en 1849, il fonde la congrégation des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie, ou clarétains. La même année, le pape Pie IX le nomme archevêque de Santiago-de-Cuba où il poursuit une activité inlassable, notamment en faveur des esclaves noirs, ce qui lui vaut de solides inimitiés et de nombreux attentats. Revenu en Espagne, il devient le confesseur de la reine Isabelle. Lors de la révolution de 1868, il la suit en France. Il meurt au monastère cistercien de Fontfroide (Aude).

ANTOINE-MARIE ZACCARIA
(1502-1539) PRÊTRE – MR 5 juillet*. Né à Crémone (Italie), constamment animé par l’amour des pauvres, il est d’abord médecin, puis devient prêtre. Il s’installe à Milan et fonde les clercs réguliers de Saint-Paul (religieux soumis à une règle et à des vœux mais vivant dans le monde), appelés Barnabites parce que le centre de leurs activités se trouve à l’église Saint-Barnabé à Milan. Ils se consacrent au ministère paroissial, à l’éducation de la jeunesse, à la prédication, aux missions. Antoine-Marie fonde aussi les Sœurs de Saint-Paul.

ANTOINETTE
(† 1472) RELIGIEUSE– MR 28 février. Devenue clarisse après son veuvage, elle fonde le monastère du « Corps du Christ » à Florence.
Beaucoup d’Antoinette ont pour patron l’un des saints Antoine.
Dérivé : Antonia.

ANTONIN
(1389-1459) ÉVÊQUE – MR 2 mai. Né à Florence, il entre à 16 ans au couvent des dominicains où il se lie d’amitié avec Fra Angelico . Il participe au mouvement de réforme de son ordre, mouvement dit de « l’observance ». Prieur du couvent de Rome, alors que le grand schisme d’Occident afflige la chrétienté, il manifeste sa fidélité au pape légitime. Il revient à Florence où il dirige le couvent Saint-Marc à l’époque où son ami Fra Angelico le décore de ses célèbres fresques. Le pape Eugène IV, qui a apprécié sa sagesse lors du concile de Florence (1439), le nomme archevêque de cette ville. Il s’y dépense jusqu’à sa mort, à la fois pasteur, réformateur, prédicateur, canoniste, théologien, directeur d’âmes. On l’appelle Antonin le Conseiller, ou encore « le protecteur des pauvres ». Sa Somme le situe parmi les grands théologiens moralistes de son temps.
13 autres saints, dont 10 martyrs des premiers siècles, portent le nom d’Antonin. L’un d’eux est le patron du diocèse de Pamiers (Ariège) ; ses reliques ont été transportées au monastère de Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne), origine de cette petite ville.

APOLLINAIRE
(† v. 200) ÉVÊQUE – MR 20 juillet*. Venu d’Asie, il évangélise la région de Ravenne, dont il a peut-être été le premier évêque. Sa légende, qui remonte au VII e siècle, le fait arriver en Italie en même temps que saint Pierre. Les deux églises Saint-Apollinaire de Ravenne sont célèbres pour leurs mosaïques byzantines.
Ne pas confondre saint Apollinaire avec saint Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont (voir Sidoine).
Huit autres saints portent le nom d’Apollinaire, dont le patron du diocèse de Valence, frère de saint Avit (évêque de Vienne à partir de 490).

APOLLINE
(† 249) VIERGE et MARTYRE – MR 9 février. Diaconesse d’Alexandrie, on la martyrise pour la forcer à adorer les dieux païens. On lui arrache d’abord les dents et, pour éviter de renier sa foi, elle se jette volontairement dans le bûcher préparé pour elle. Elle a été longtemps invoquée pour la guérison des maux de dents.
Dérivé : Apollonie.

AQUILA et PRISCILLE
( I er siècle) LAÏCS – MR 8 juillet. Fabricants de tentes, ces époux juifs hébergèrent saint Paul lors de son séjour à Corinthe (Ac 18, 3).

AQUILIN
(† 695) ÉVÊQUE – MR 19 octobre. Évêque d’Évreux, il devint aveugle. Ses reliques furent transférées en cette localité lors des invasions normandes.

ARCONCE
(† 745) ÉVÊQUE – MR 10 janvier. Évêque de Viviers, il fut martyrisé.

ARDON
(† 843) ABBÉ – MR 7 mars. Originaire du Languedoc, il fut le compagnon et l’ami de saint Benoît d’Aniane.

AREY ou ARIGE
(† 604) ÉVÊQUE – MR 1 er mai. Évêque de Gap, il lutte contre les « simoniaques », en particulier lors du concile de Mâcon, et est l’un des grands pasteurs de son temps.

ARIELLE, voir Eurielle


ARISTIDE
(† 150) MARTYR – MR 31 août. Philosophe d’Athènes converti au christianisme, il écrit à l’intention de l’empereur Hadrien (117-138) une Apologie du Christianisme qui contribue à adoucir les persécutions contre les chrétiens. Il serait peut-être mort lui-même martyr.

ARLETTE, voir Charlotte


Bienheureux ARMAND
(† 1164) ÉVÊQUE – MR 23 décembre. De son vrai nom Hartman, il est évêque de Bressanone, près de Trente en Italie du Nord, et fondateur du couvent de Novacella.
Dérivé : Armande.

ARMAND DE PONTBRIAND
(† 1792) PRÊTRE – MR 2 septembre. Vicaire général d’Arles à 38 ans, il meurt à Paris, victime des « massacres de septembre » sous l’Assemblée législative.

ARMEL
(† 570) ABBÉ – MR 16 août. Originaire de Grande-Bretagne, il fonde l’abbaye de Plouarzel (Finistère-Nord). Persécuté, il se réfugie à Paris puis revient en Bretagne à l’actuel Saint-Armel-des-Bochaux (Ille-et-Vilaine). Il fonde le monastère qui donnera naissance à la ville de Ploërmel (Morbihan), où il finit sa vie. (En breton plo : paroisse, d’où Ploërmel, église ou paroisse d’Armel).
Dérivé : Armelle.

ARNOLD ou ARNOUL
(† 1087) ÉVÊQUE – MR 14 août. Né en Flandre, chevalier devenu moine puis abbé du monastère Saint-Médard de Soissons et enfin évêque de Soissons en 1080, il fonde un monastère à Oudenbourg (Belgique) où il finit ses jours. Il est le patron des brasseurs de bière.

ARNOUL ou ARNOULD
(† 640) ÉVÊQUE – MR 18 juillet. Né à Lay-Saint-Christophe (Meurthe-et-Moselle), il est précepteur du futur roi Dagobert. À 32 ans, bien que laïc et père de famille (il est l’ancêtre des Carolingiens), il est élu évêque de Metz en 614. En 627, il renonce à l’évêché et se retire au Saint-Mont près de Remiremont (Vosges).

Bienheureux ARNOULD-JULES RÈCHE
(1838-1890) RELIGIEUX – MR 23 octobre. Frère des Écoles chrétiennes, il marque ceux qu’il rencontre par sa fidélité à sa vocation dans le détail de sa vie quotidienne.

ARNOULT
(† 535) ÉVÊQUE – Fête loc. 18 juillet. Comte de Reims, il devient évêque missionnaire, évangélise la région de Tours et meurt à Reims. La tradition rapporte que, conformément au désir d’Arnoult de reposer à Tours, son cortège funèbre se dirigeait vers Chartres lorsqu’une force surnaturelle l’arrêta à Hibernes (Rochefort-en-Yvelines). Arnoult fut inhumé à proximité, en un lieu qui est devenu Saint-Arnoult-en-Yvelines.

ARNOUX
(† 1075) ÉVÊQUE – MR 19 septembre. Né à Vendôme (Loir-et-Cher), il est moine à l’abbaye de la Trinité, puis évêque de Gap en 1063 et patron du diocèse.

ARSÈNE
(† 450) ERMITE – Fête loc. 19 juillet. Peut-être né à Rome, il aurait été le précepteur des fils de l’empereur Théodose avant de se retirer pour vivre en ermite en Égypte. Ses maximes et ses récits édifiants font de lui un des Pères du désert. Il est également connu pour son « don des larmes », manifestation de repentir du péché.
Deux autres saints portent le nom d’Arsène.

Bienheureux ARTHAUD
(† 1206) ABBÉ – MR 6 octobre. Moine de la chartreuse de Portes, il fonde la chartreuse de Valromey en Franche-Comté puis devient évêque de Belley.

ARTHÈME
(† 396) ÉVÊQUE – Fête loc. 24 janvier. Légat impérial, il se rendait en Espagne quand la maladie le fait s’arrêter à Clermont-Ferrand en Auvergne. Il y reste et en devient l’évêque.
Deux autres saints portent ce nom.

Bienheureux ARTHUR
(† 1539) MARTYR – MR 15 novembre. Il meurt à Glastonbury, victime de la persécution déclenchée par le roi Henri VIII contre ceux qui refusent la séparation entre l’Église d’Angleterre et Rome.

ASSIA, dérivé russe d’Alexia


ASTIER
( VI e siècle) RELIGIEUX – Fête loc. 21 octobre. Né dans une famille païenne et élevé par un prêtre, il part pour Angoulême où il devient religieux. Il revient se faire ermite près du lieu de sa naissance, soulageant et guérissant les malheureux. La ville de Saint-Astier (Dordogne) s’est bâtie au pied de la colline où il vécut.

ATHANASE
(295-373) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 2 mai**. Né à Alexandrie (Égypte) et plus tard élu patriarche de cette ville (328), il est surtout connu pour sa longue lutte, énergique et périlleuse, contre la doctrine d’un prêtre originaire d’Alexandrie, Arius, qui niait la divinité du Christ. Malgré sa condamnation par le concile de Nicée en 325, l’arianisme s’était en effet rapidement diffusé dans tout le monde chrétien qu’il divisait profondément et dont il mettait en cause un aspect essentiel de la foi. L’hérésie avait même gagné l’empereur Constantin. À cinq reprises Athanase est exilé par lui ou par ses successeurs, sans cesser pour autant de proclamer par la parole et les écrits la divinité du Christ. Il revient définitivement à Alexandrie en 366. Son action est décisive pour la défense de l’orthodoxie définie par le concile de Nicée contre l’hérésie arienne. Il laisse une œuvre importante qui en fait l’un des plus illustres Pères grecs de l’Église. Dans son De Incarnatione , il montre comment la parole de Dieu incarnée dans le Christ restaure en l’homme l’image de Dieu et comment la mort du Christ détruit la mort conséquence du péché. Par le soutien qu’il apporte à saint Pacôme et à saint Antoine, il est l’un des promoteurs du monachisme.
Neuf autres saints portent le nom d’Athanase.

ATTALAS
(† 626) ABBÉ – MR 10 mars. Moine de Lérins, il rejoint saint Colomban à Luxeuil et l’accompagne dans la fondation de l’abbaye de Bobbio dont il devient l’abbé.

AUBERT
(† v. 725) ÉVÊQUE – MR 10 septembre. Évêque d’Avranches, c’est à lui que l’on doit, à la suite d’une vision, la construction en 709 d’un premier oratoire en l’honneur de saint Michel sur le mont Tombe, l’actuel Mont-Saint-Michel.

AUBIN
(† 554) ÉVÊQUE – MR 1 er mars. Né d’une famille noble à Vannes (Morbihan), il se fait moine et devient abbé du monastère de Tintillac près de Guérande (Loire-Atlantique). Élu malgré lui évêque d’Angers, en 529, à l’âge de 60 ans, il combat les mœurs dissolues de la noblesse. Après sa mort, il est très vite honoré comme un saint. Une importante abbaye s’établit autour de son tombeau.
Dérivé : Albin.

AUBIN
(† 390) ÉVÊQUE – MR 15 septembre. Il fut évêque de Lyon où il construisit l’église Saint-Étienne.

AUDE
( VI e siècle) RELIGIEUSE – Fête loc. 18 novembre. Originaire de Meaux (Seine-et-Marne), elle appartient au groupe des moniales constitué à Paris par sainte Geneviève.

AUGUSTE
(† v. 560) ABBÉ – MR 7 octobre. Ami de saint Germain de Paris et fondateur du monastère de Brives, aux portes de Bourges, il était infirme et fut guéri par l’intercession de saint Martin.

Bienheureux AUGUSTE CHAPDELAINE
(1814-1856) PRÊTRE et MARTYR – MR 29 février. Prêtre en 1843, il entre dans la Société des missions étrangères à Paris. Envoyé en Chine en 1851, il est arrêté avec 25 chrétiens, torturé et décapité en 1856.

AUGUSTIN D’HIPPONE
(354-430) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 28 août** (en Afrique du Nord***). Né à Thagaste (actuelle Souk-Ahras) près de Constantine en Algérie, d’une mère chrétienne et d’un père païen, il fait ses études à Carthage, capitale de l’Afrique romaine, où il mène une vie dissipée. Il a un fils, Adéodat, de celle qui est restée sa femme pendant 15 ans. Devenu professeur de rhétorique, il enseigne d’abord à Carthage même, puis à Rome et à Milan. Conquis puis déçu par le manichéisme, il quitte l’Afrique, devient néo-platonicien puis chrétien grâce à la prédication du grand évêque de Milan, saint Ambroise, à qui il demande bientôt le baptême. Il le reçoit en 387 en même temps que son fils Adéodat. Sa mère, sainte Monique , connaît ainsi la joie de voir récompensée la persévérance de ses prières.
Revenu en Afrique, il vend tous ses biens et s’installe à Thagaste avec quelques chrétiens pour y mener une vie de prière, de méditation et de pauvreté. L’évêque d’Hippone (près d’Annaba, ex-Bône, en Algérie) lui confère le sacerdoce à la demande du peuple, lui confie la prédication, normalement réservée à l’évêque, et en fait bientôt son coadjuteur. Augustin lui succède en 396. Tout en continuant à mener une vie de religieux, il dirige activement son diocèse. Il ne cesse jusqu’à sa mort de prêcher, de catéchiser, d’écrire, de correspondre, laissant une considérable œuvre théologique et spirituelle écrite en latin qui a fait de lui le « Docteur de la Grâce » et l’un des quatre grands Pères latins de l’Église. Sa lutte contre les hérésies du temps, le manichéisme, le donatisme et surtout le pélagianisme est à l’origine d’une grande part de son activité de prédicateur et d’écrivain.
Ses célèbres Confessions relatent son itinéraire spirituel et constituent une véritable hymne de louange à Dieu. Le De Trinitate chante la prééminence de Dieu en tout, tandis que La Cité de Dieu (413-426) explique que la chute de l’empire romain devant les barbares n’est pas due à l’abandon des dieux romains. Augustin meurt tandis que les Vandales assiègent sa ville épiscopale d’Hippone. Sur ses ruines est édifiée, à la fin du XIX e siècle, une basilique en l’honneur de saint Augustin.
Dérivé : Augustine.

Voici ce que prescrit l’ordre naturel, voici l’homme tel que Dieu l’a créé. Car il dit : « Qu’il domine sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et les reptiles qui rampent sur le sol » (Gn 1, 26). II a donc voulu que l’être raisonnable fait à son image ne dominât que sur des êtres irraisonnables, non pas l’homme sur l’homme, mais l’homme sur la bête.
Saint Augustin, La Cité de Dieu.

Tard je t’ai aimée, beauté si ancienne et toujours nouvelle, tard je t’ai aimée.
Saint Augustin, Confessions .

Si le bienheureux Étienne n’eût pas été soutenu par la pensée de la récompense future, comment aurait-il pu supporter cette grêle de pierres qui pleuvaient sur lui ? Mais il portait gravés dans son cœur les préceptes de Celui dont il contemplait la présence dans les cieux ; l’amour dont il était embrasé par Jésus-Christ soulevait son âme au-dessus de la terre ; il désirait se dépouiller au plus tôt de sa chair, et prendre son essor vers lui.
Saint Augustin, Sermons.


AUGUSTIN DE CANTORBÉRY
(† 604 ou 605) ÉVÊQUE – MR 27 mai*. En 596, alors qu’il est prieur du monastère bénédictin Saint-André à Rome, le pape Grégoire le Grand l’envoie avec 40 autres moines chez les Angles (actuelle Angleterre), que les Bretons récusaient comme envahisseurs, pour en entreprendre l’évangélisation. De passage à Arles, il y est consacré évêque. S’adaptant aux mœurs des Angles et à leur culture, il donne le baptême au roi de Kent Ethelbert, bientôt suivi de son peuple. Il est le premier évêque de Cantorbéry dont il bâtit l’abbaye et la cathédrale. Plus tard, Cantorbéry sera le siège des primats d’Angleterre.

Bienheureux AUGUSTIN THEVARPARAMPIL
(1881-1973) PRÊTRE – MR 16 octobre. Le père Thevarparampil appartient à l’Église catholique syro-malabare. Il a dédié sa vie aux intouchables, les « dalits », et plus particulièrement aux dalits chrétiens, car ce sont eux les plus rejetés de tous. Même les dalits hindous rejettent les dalits chrétiens qui ne reçoivent aucune aide éducative ou professionnelle du gouvernement.
Né le 1 er avril 1891 à Ramapuram, village situé dans l’État du Kerala, il est ordonné prêtre en 1921 mais doit quitter la paroisse de Kadanad et retourner dans son village natal pour raisons de santé. C’est là, à Ramapuram, qu’il commence son apostolat auprès des intouchables, analphabètes et souvent astreints à des travaux d’esclaves.
Pour vaincre les préjugés et donner confiance aux dalits qui sont victimes de croyances et de pratiques superstitieuses, il leur rend visite, les écoute et les réconforte. D’une douceur imperturbable, il ne se fâche pas quand il se heurte à la contradiction de certains dalits. Il rencontre aussi de l’opposition à l’extérieur, même auprès de certains chrétiens d’une caste supérieure, mais il tient bon, car il voit en chacun, même le plus petit, le visage du Christ. C’est ainsi que, dans l’humilité et une grande disponibilité de cœur et de temps, il vit jusqu’à l’âge de 82 ans, dont 52 années de prêtrise et de mission auprès des dalits. Il est enterré dans l’église de Ramapuram.
Il peut être considéré comme un modèle en matière de réforme sociale, puisqu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour améliorer la condition des personnes les plus marginalisées de la société indienne.
Il est béatifié le 30 avril 2006 à Ernakulam, en Inde.

AUGUSTIN ZHAO RONG et les 118 martyrs de Chine
(† 1815) MARTYR – MR 9 juillet*. Augustin est soldat au moment de la persécution qui frappe les communautés chrétiennes. Accompagnant à Pékin un prisonnier, saint Gabriel Dufresne, il est bouleversé par son comportement et le témoignage qu’il rend au Christ.
Il se fait baptiser à 30 ans et devient prêtre. Il évangélise la province du Sichuan, est à son tour arrêté et meurt d’épuisement en raison des mauvais traitements qu’il subit en prison. Il est le premier prêtre chinois martyr.
En le canonisant en octobre 2000, Jean-Paul II l’inscrit en tête de la liste de 120 autres martyrs, évêques, prêtres, laïcs, religieux et religieuses missionnaires qui ont aussi donné leur vie pour le Christ en Chine.
16 autres saints ou bienheureux portent le nom d’Augustin.

AURÉLIE ou AURÈLE
(† 1027) VIERGE – Fête loc. 15 octobre. Fille de Hugues Capet et sœur du roi Robert le Pieux, elle préfère le Christ à la vie mondaine. Pour cela elle quitte sa famille et rejoint saint Wolfgang, évêque de Ratisbonne, qui accepte sa vocation de solitaire et lui fait construire un ermitage. Elle est vénérée à Strasbourg.

AURÉLIEN
(† 551) ÉVÊQUE – MR 16 juin. Évêque d’Arles, il y fonde un monastère d’hommes.

AURORE, voir Lucie


AUSONE
( IV e siècle) ÉVÊQUE – MR 22 mai. Disciple de saint Martial de Limoges, il est le premier évêque d’Angoulême. À ne pas confondre avec le poète du même nom.

AUSTREBERTE
(† 704) ABBESSE – MR 10 février. Née en Artois, elle devient abbesse d’Abbeville, puis de Pavilly, en Normandie.

AUSTREGISILE
(† 624) ABBÉ – MR 20 mai. Moine de l’abbaye de Saint-Nizier de Lyon, il devient par la suite évêque de Bourges.

AUSTREMOINE
( III e siècle) ÉVÊQUE – MR 1 er novembre. Selon une tradition non confirmée, il serait l’un des sept premiers missionnaires envoyés par saint Pierre en Gaule où il devient le premier évêque de Clermont-Ferrand.

AVENTIN
(† 732) MARTYR – Fête loc. 7 juin. Ermite dans les Pyrénées, il est mis à mort par les Sarrasins.

AVIT
(† 518) ÉVÊQUE – MR 5 février. Né à Vienne (Isère), il est le fils d’un sénateur romain qui sera élu évêque de Vienne vers 475. Veuf à 40 ans, Avit se retire dans un monastère. En 490, il succède à son père comme évêque de Vienne. Ce grand lettré fut d’abord préoccupé par le sort des pauvres et par la lutte contre l’arianisme.

AVIT
(† 595) ÉVÊQUE – Fête loc. 21 août. Il est le premier constructeur de la basilique Notre-Dame-du-Port et le maître de saint Grégoire de Tours.

AXEL, AXELLE, voir Alexandre


Bienheureux AYMAR
(† 1242) MARTYR – MR 29 mai. Alors qu’il parcourt les diocèses du Midi de la France avec un groupe d’inquisiteurs, il est mis à mort par les Albigeois près d’Avignonnet (Haute-Garonne).

AYMERIC, voir Émeric
B

BABOLEIN
(† 677) ABBÉ – Fête loc. 26 juin. Moine de Luxeuil, il est le fondateur de plusieurs abbayes, en particulier celle de Saint-Pierre (Saint-Maur-les-Fossés) en Île-de-France, dont il est le premier abbé.

BAIN
(† 710) ÉVÊQUE – Fête loc. 20 juin. Abbé de Fontenelle (Saint-Wandrille) et évêque de Thérouanne en Artois, il est le patron principal de la ville de Calais.

BAPTISTE, voir Jean le Baptiste


BARBANT , voir Barbe
Le nom de sainte Barbe en Poitou s’est contracté en Barbant et est devenu masculin.

BARBE , voir aussi Viviane
(Dates indéterminées) MARTYRE – MR 4 décembre. On ne sait rien sur elle. Le calendrier romain la commémore comme vierge et martyre à Nicomédie. Selon la légende, son père l’aurait enfermée dans une tour pour mettre sa beauté à l’abri des convoitises. Comme elle était devenue chrétienne dans sa prison, son père la livra au gouverneur. Celui-ci la fit décapiter par son père lui-même sur qui la foudre tomba immédiatement. C’est pourquoi sainte Barbe est la patronne de tous ceux qui ont à affronter le feu : artilleurs, artificiers, mineurs, sapeurs-pompiers.
Dérivés : Barbara , Barberine.

BARNABÉ
(† v. 60) APÔTRE – MR 11 juin**. Né dans l’île de Chypre, Joseph, surnommé Barnabé (en hébreu, fils d’encouragement), ne fait pas partie des douze apôtres, mais l’Église lui en attribue le titre pour son rôle dans la diffusion de l’Évangile. Un des premiers convertis, il met tous ses biens à la disposition des apôtres. Il sait discerner la vocation de saint Paul et en favorise la réalisation en le faisant admettre par les responsables de la jeune Église, alors que la brusque conversion de cet ancien persécuteur des chrétiens leur paraissait des plus suspectes. Barnabé accompagne Paul dans ses premières missions chez les païens. Il s’en sépare sur un désaccord quant à la composition de leur équipe. Il se retire dans son île de Chypre où il serait mort martyrisé par les juifs. Son tombeau y est conservé (aujourd’hui dans la partie turque de l’île).

BARNARD
(v. 778-842) ÉVÊQUE – MR 22 janvier. Né à Lyon, officier de Charlemagne, il se fait bénédictin avec le consentement de sa femme. En 810, il devient archevêque de Vienne (Isère). Il meurt à Romans, dans l’abbaye qu’il a fondée.

BARTHÉLEMY
( I er siècle) APÔTRE – MR 24 août***. Dans la liste des douze apôtres donnée par les trois évangiles synoptiques, Barthélemy est toujours associé à Philippe . Or, dans l’ Évangile de Jean , on voit Philippe conduire à Jésus un Nathanaël d’abord réticent, puis conquis, qui lui déclare même : « C’est toi le Fils de Dieu, le roi d’Israël » (Jn 1, 45). Plus loin dans le même évangile, on voit Nathanaël figurer parmi les apôtres (Jn 21, 2). C’est pourquoi, à partir du IX e siècle, on a souvent identifié Barthélemy avec ce Nathanaël, originaire de Cana. Selon les évangiles apocryphes et les diverses légendes, après la Pentecôte, Barthélemy aurait évangélisé soit la Phrygie (Asie Mineure), soit les Indes orientales, soit la Mésopotamie ou la Perse, ce qui rejoint la tradition de l’Église arménienne. Il serait mort écorché vif. Il est devenu le patron des bouchers, des tanneurs et des relieurs.
18 autres saints ou bienheureux portent le nom de Barthélemy.
Dérivés : Bartolomé , Nathanaël , Nathanaëlle.

BASILE , ou VASSILI , LE GRAND
(v. 329-379) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 2 janvier**. Il naît à Césarée de Cappadoce (Asie Mineure) dans une famille qui comptera de nombreux saints : son père, sa mère, sa sœur, ses deux frères, dont le plus illustre est Grégoire de Nysse. À Athènes où il termine ses études, Basile se lie d’amitié avec l’un de ses compatriotes, le futur saint Grégoire de Nazianze, fêté le même jour que lui. Il se retire du monde en même temps que quelques amis près de Césarée. La communauté qu’il fonde, et surtout les conceptions très équilibrées qu’il se fait de la vie monastique, exercent à travers sa célèbre règle une grande influence sur le monachisme tant oriental qu’occidental. À partir de 365, il prend une part croissante dans la lutte contre l’arianisme, qui est favorisé par l’empereur Valens. Élu évêque de Césarée en 370, il s’impose face au pouvoir impérial qui persécute les adversaires de la foi arienne. Son œuvre théologique, très vaste, est dominée par un traité capital sur le Saint-Esprit. Encore aujourd’hui, les Orientaux célèbrent les dimanches de Carême, la vigile de Pâques et la fête de saint Basile avec une liturgie qu’il a inspirée. Basile le Grand, son frère Grégoire de Nysse et son ami Grégoire de Nazianze forment, au sein des Pères grecs de l’Église, le groupe des Pères cappadociens.
15 autres saints portent le nom de Basile (dont son père, Basile l’Ancien).

Les biens présents, d’où te sont-ils venus ? Si tu dis : du hasard, tu es un athée, car tu ne reconnais pas le Créateur, et tu ne sais pas gré à celui qui t’a pourvu. Si tu confesses qu’ils viennent de Dieu, dis-nous la raison pour laquelle tu les as reçus. Est-ce que Dieu serait injuste, lui qui nous partage inégalement les biens nécessaires à la vie ? Pourquoi es-tu riche et celui-là pauvre ? Toi qui enveloppes tous tes biens dans les plis d’une insatiable avarice, tu penses ne faire tort à personne en dépouillant tant de malheureux ? Quel est donc l’avare ? Celui qui ne se contente pas de ce qui suffit. Quel est le spoliateur ? Celui qui enlève les biens de chacun. Et tu n’es pas un avare ? Tu n’es pas un spoliateur, toi qui, de biens dont tu as reçu la gestion, fais ton bien propre ? Celui qui dépouille un homme de ses vêtements aura nom de pillard, et celui qui ne vêt pas la nudité du malheureux alors qu’il peut le faire, est-il digne d’un autre nom ?
À l’affamé appartient le pain que tu mets en réserve ; à l’homme nu, le manteau que tu gardes dans tes coffres ; au va-nu-pieds, la chaussure qui pourrit chez toi ; au besogneux, l’argent que tu conserves enfoui. Ainsi tu commets autant d’injustices qu’il y a de gens à qui tu pourrais donner.
Saint Basile


Bienheureux BASILE-ANTOINE MARIE MOREAU
(1799-1873) PRÊTRE – MR 20 janvier. Basile-Antoine Moreau naît dans le petit village de Laigné-en-Belin, près du Mans, le 11 février 1799. Il arrive dans un monde marqué des troubles engendrés par la Révolution de 1789. En 1835, il rassemble quelques prêtres du diocèse sous le nom de « prêtres auxiliaires » voués à la prédication de retraites paroissiales. La même année, il accepte la direction des Frères de Saint-Joseph fondés 15 ans auparavant. Le 1 er mars 1837, il joint les prêtres et les frères en un seul groupe, ébauche de l’Association de Sainte-Croix. Les frères s’adonnent principalement à l’enseignement primaire dans les villages de la région, les pères à la prédication des retraites paroissiales en lien avec les curés desservants. Cette décision d’unir les prêtres auxiliaires et les frères donne lieu à un modèle alors inhabituel dans l’histoire de l’Église. En 1838, l’abbé Moreau donne une règle de vie à un petit groupe de femmes qu’il a rassemblées et qu’il oriente par la suite vers l’éducation. Dès l’origine, le père Moreau voit dans cette Association de Sainte-Croix une communauté religieuse apostolique au service de l’Église, bien au-delà des frontières de son pays. Durant les 15 premières années, il étend les champs d’apostolat hors de France, dans d’autres pays d’Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et au Bengale-Oriental (Inde). En 1841, un groupe part pour les États-Unis, en 1847, un autre pour le Canada. Six ans plus tard, Sainte-Croix prend en charge la mission du Bengale (Bangladesh). Dès 1869, la province des Marianites de l’Indiana acquiert son autonomie et devient la congrégation des Sœurs de la Sainte-Croix.
L’année 1857 est un sommet dans la vie et dans l’œuvre du père Moreau : le pape Pie IX approuve officiellement la congrégation de Sainte-Croix (pères et frères). Celle des Marianites de Sainte-Croix ne recevra son approbation que dix ans plus tard.
Commence alors une douloureuse période pour le fondateur. Dissensions à l’intérieur de la congrégation, graves déboires financiers, accusations de mauvaises administrations le conduisent à offrir sa démission de supérieur général au chapitre général de 1860 qui la refuse.
Ce n’est qu’en 1866, après une aggravation des difficultés et des injustices commises à son endroit, que sa démission est acceptée par le pape.
Rejeté par la communauté qu’il a fondée, le père Moreau se retire. Il passe ses dernières années à donner des prédications dans les paroisses des environs du Mans. Il tombe malade le 1 er janvier 1873 et meurt 20 jours plus tard. Quelques religieux, des membres du clergé diocésain et quelques amis assistent aux funérailles du père Moreau. Ce n’est que 20 ans après sa mort que les supérieurs généraux cherchent à ranimer une dévotion à sa mémoire, alors que les congrégations qu’il a fondées continuent à se développer et à s’étendre partout dans le monde.
Il est béatifié le 15 septembre 2007 au Mans.

BASTIEN, voir Sébastien


BATHILDE ou BALTHILDE
(† 680) REINE – MR 30 janvier. Née en Grande-Bretagne, vendue en 641 par des pirates comme esclave au maire du palais de Neustrie, elle devient reine des Francs en épousant Clovis II (le premier des « rois fainéants »), fils et successeur du roi Dagobert. À la mort de Clovis II en 656, elle assure la régence durant la minorité de son fils aîné, Clotaire III.
Entourée de conseillers comme saint Léger et saint Ouen , elle favorise le développement de la vie monastique, lutte contre la simonie et l’esclavage. À la majorité de Clotaire III, le maire du palais, Ébroïn, la contraint à se retirer au couvent de Chelles près de Meaux. C’est là qu’elle meurt à l’âge de 45 ans.

BAUDILE
(† II e siècle) LAÏC – MR 20 mai. Laïc et père de famille, originaire d’Orléans, il est martyrisé à Nîmes, où il annonçait l’Évangile. Plus de 400 églises lui sont consacrées en France.

BAUDOIN ou BAUDOUIN
(† v. 680) MARTYR – Fête loc. 17 octobre. Frère de sainte Anstrude , il aurait été archidiacre de Laon et serait mort martyr, assassiné sur les ordres d’Ébroïn, maire du palais de Neustrie.

BAVON
(† v. 659) ABBÉ – MR 1 er octobre. De son vrai nom Allowin , il naquit dans la principauté de Liège et vécut en ermite dans les forêts. Il a donné son nom à un ancien monastère qui fut à l’origine de la ville de Gand. Il est le patron de ce diocèse ainsi que de celui de Haarlem, aux Pays-Bas.

BÉAT
( VII e siècle) ERMITE – MR 9 mai. Ermite semi-légendaire, il est considéré comme l’un des apôtres de la Suisse. Ses reliques sont conservées dans l’église de Saint-Béat (Haute-Garonne), alors qu’il aurait vécu à Vendôme.

Bienheureuse BÉATRICE D’ORNACIEUX
(v. 1260-1309) ABBESSE – MR 25 novembre. Née à Ornacieux (Isère), elle entre en 1273 à la chartreuse de Parménie. Puis elle fonde un monastère à Eymeux (Drôme) où elle vit dans le plus total dénuement mais aussi dans de grandes expériences mystiques.

BÈDE LE VÉNÉRABLE
(672-735) PRÊTRE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 25 mai*. Ce bénédictin anglais, appelé « le Vénérable » par ses contemporains, a laissé des trésors d’érudition : commentaires de la Bible, théologie, histoire, grammaire, poésie, etc. Son De Temporibus a préparé la décision de dater tous les événements à partir de l’incarnation du Christ. Mais il est aussi et surtout un apôtre de l’Eucharistie, incitant à la communion fréquente.

BÉNÉDICTE
(v. 1214-1260) ABBESSE – Fête loc. 16 mars. Elle succède en 1253 à sainte Claire comme abbesse des clarisses d’Assise au couvent de Saint-Damien.
Beaucoup de Bénédicte ont pour patron saint Benoît ( Benedictus , en latin).

BÉNEZET ou BENOÎT DU PONT
(1165-1184) BERGER – MR 14 avril. Selon une légende qui remonte au XIII e siècle, le berger Bénezet, ou « petit Benoît », aurait entendu une voix lui commander de construire un pont sur le Rhône. Il s’agit du pont d’Avignon, qu’il a commencé et qui est appelé de son nom et terminé après sa mort. Le corps de Bénezet est alors déposé dans une chapelle élevée sur le pont avant d’être transféré en l’église Saint-Didier d’Avignon. Depuis le XVIII e siècle, il ne reste que quatre arches du célèbre pont. Bénezet a formé un groupe de Frères pontifes (c’est-à-dire constructeurs de ponts). Il est l’un des patrons d’Avignon.

BÉNIGNE
( III e siècle) MARTYR – MR 1 er novembre. Le récit de la vie de ce saint dijonnais, rapporté dans l’ Histoire des Francs de saint Grégoire de Tours ( VI e siècle), est fort sujet à caution. Ce qui est certain, c’est que son culte s’est répandu très tôt en Bourgogne et à Dijon, dont la cathédrale, ancienne abbatiale, lui est dédiée. Son tombeau y est conservé et fait l’objet d’un pèlerinage annuel. Saint Bénigne est le patron du diocèse de Dijon.

BÉNILDE
(1805-1862) RELIGIEUX – MR 13 août. Pierre Romançon naît le 14 juin 1805 à Thuret, dans le Puy-de-Dôme, en Auvergne. Il est le troisième enfant sur six d’une famille d’agriculteurs. Élève des Frères des Écoles chrétiennes à Riom, il apprend à les connaître et entre dans la communauté en 1810. Il prend alors le nom de Bénilde. Il enseigne à Aurillac, Moulins, Clermont-Ferrand, dirige l’école communale de Billom (Puy-de-Dôme), puis celle de Saugues (Haute-Loire). Ce pédagogue modeste est un grand éveilleur de vocations sacerdotales et religieuses. Il est béatifié par le pape Pie XII qui résume sa vie dans la formule : « Il fit les choses communes d’une manière non commune. » Le pape Paul VI le canonise le 29 octobre 1967.

BENJAMIN
(† 422) MARTYR – MR 31 mars. Diacre en Perse, il est torturé et empalé en même temps que son évêque Abdas, qui avait brûlé un temple païen. Il figure également au calendrier arménien.

BENOÎT D’ANIANE
(v. 750-821) ABBÉ – MR 12 février. Fils d’un comte wisigoth de Maguelonne (dans l’actuel département de l’Hérault), élevé à la cour de Pépin le Bref et de Charlemagne, il entre à l’abbaye de Saint-Seine (dans l’actuelle Côte-d’Or). Devenu son abbé et ne parvenant pas à la réformer, il se retire en 780 dans son pays natal, à Aniane (Hérault), où il fonde bientôt une nouvelle abbaye. Il lui donne la règle de saint Benoît de Nursie, qui n’était pas encore généralisée. Par la qualité de sa vie monastique, le nombre de ses moines et son rayonnement, cette abbaye devient la première de l’empire carolingien. Avec l’aide de Charlemagne et de son fils et successeur Louis le Pieux, Benoît d’Aniane multiplie les fondations d’abbayes (Orléanais, Touraine, Limousin, Berry, Auvergne, Albigeois, Languedoc, etc.) et s’emploie à les faire vivre selon la lettre et l’esprit de la règle bénédictine. Il parvient ainsi à rénover une vie monastique qui en avait grand besoin. Aussi, en 817, le concile d’Aix-la-Chapelle (capitale de l’empire carolingien) impose-t-il les coutumes d’Aniane à tous les monastères de l’empire. En outre, Louis le Pieux installe Benoît à proximité d’Aix-la-Chapelle, à Inden, afin d’assurer l’unité d’observance des monastères à travers l’empire. Benoît y rédige un Codex regularum et une Concordia regularum qui contribueront à répandre et soutenir l’esprit de réforme. Mais après sa mort, celui-ci se relâche et il faudra la réforme apportée par l’abbaye de Cluny au X e siècle pour donner un nouveau souffle à la vie monastique.

BENOÎT DE NURSIE
(v. 480-547) ABBÉ – MR 11 juillet** (Europe***). Appelé « le patriarche des moines de l’Occident », il est né à Nursie, en Ombrie (Italie). Après l’étude des belles-lettres et du droit à Rome, il se retire dans une grotte de la montagne près de Subiaco, non loin de Rome, pour y vivre sous le regard de Dieu. Sollicité par des moines pour devenir leur supérieur, mais ne parvenant pas à les réformer, il retourne dans sa grotte où affluent à nouveau des disciples. Il fonde alors douze petits monastères de douze moines. Vers 529, il vient s’installer avec un petit groupe de moines dans l’ancienne forteresse du Mont-Cassin , entre Naples et Rome. Bientôt, il bâtit une grande abbaye, appelée à un rayonnement considérable. Il lui donne une règle brève, souple et pleine de sagesse, basée sur la prière, le travail, l’amour fraternel, la pauvreté, l’obéissance, l’hospitalité, sous la direction d’un abbé ( abba , père). C’est l’origine de l’ordre de saint Benoît (OSB) , ou bénédictins. La plupart des ordres monastiques d’Occident se sont inspirés de cette règle. Benoît meurt au Mont-Cassin. Ce couvent ayant été détruit par les Lombards en 580, les bénédictins français de Fleury-sur-Loire (actuellement Saint-Benoît-sur-Loire) viennent en 703 chercher dans les ruines le corps de saint Benoît qu’ils ramènent dans leur couvent et qu’ils inhument le 11 juillet, désormais date de la fête du saint. Toutefois, les moines du Mont-Cassin continuent de célébrer sa fête le 21 mars, date de son décès. En 1964, Paul VI proclame Benoît patron de l’Europe pour avoir apporté à ce continent le progrès chrétien par la croix, le livre et la charrue. Il est le patron des spéléologues, des architectes, des agriculteurs, des cavaliers, des conducteurs de machines.
23 autres saints portent le nom de Benoît.

Quoi de plus doux, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite. Voici que le Seigneur lui-même en sa tendresse nous montre le chemin de la vie.
Saint Benoît, Règle.


BENOÎT-JOSEPH LABRE
(1748-1783) LAÏC – MR 16 avril. Il est né à Saint-Sulpice d’Amettes, près de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Ayant successivement cherché sa voie chez les chartreux, les trappistes et les cisterciens, il décide, à 24 ans, de suivre une vocation de pèlerin perpétuel et de mendiant, parcourant l’Italie, l’Allemagne, la Pologne. Après une vie d’errance, de contemplation devant le Saint-Sacrement, de prière et de dénuement volontaire, il meurt à Rome à 35 ans. Il est le patron des personnes déplacées et des gens inadaptés.

BENOÎT MENNI
(1841-1914) RELIGIEUX – MR 21 novembre. Il est italien. Après avoir été brancardier à la bataille de Magenta, il entre à 19 ans chez les Frères de Saint-Jean-de-Dieu, restaure l’ordre en Espagne et l’étend au Portugal et au Mexique. Il fonde la congrégation des Sœurs hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus qui se consacrent aux malades mentaux. Il meurt à Dinan le 24 avril 1914 et est canonisé le 21 novembre 1999.

BERCAIRE
(† 685) ABBÉ – MR 26 mars. Moine de Luxeuil, puis abbé d’Hautvillers en Champagne, il fonde le monastère de Moutier-en-Der où il meurt assassiné par un moine durant la célébration de la Cène du jeudi saint. « Il rejoint le ciel le jour de la Résurrection », écrit le Martyrologe romain .

BÉRENGER
(† 1093) MOINE – MR 26 mai. Originaire de Toulouse, il entre au monastère bénédictin de Saint-Papoul (Aude), où il vit dans sa communauté avec une grande patience et une grande charité.
Dérivé : Bérengère.

BÉRÉNICE, voir Véronique


BERNADETTE SOUBIROUS
(1844-1879) MONIALE – MR 18 février (en France*). Née à Lourdes (Hautes-Pyrénées) dans une famille pauvre d’anciens meuniers, cette petite fille ignorante et illettrée est témoin, à l’âge de 14 ans, en 1858, de 18 apparitions de la Vierge Marie. Elles se produisent dans une grotte, au bord du Gave de Pau, au lieu-dit Massabielle. Pressée de questions par son curé, Bernadette se hasarde à demander à la « dame » qui lui apparaît qui elle est : « Je suis l’Immaculée Conception », répond en patois béarnais la Vierge lors de sa seizième apparition, sans que Bernadette comprenne le sens de ces mots. L’événement paraît alors d’autant plus saisissant que le dogme de l’Immaculée Conception a été défini quatre ans plus tôt par le pape Pie IX. Le jaillissement d’une source ajoute à l’extraordinaire de l’apparition. Après une longue enquête chargée de soupçons, l’évêque se décide à construire l’église souhaitée par la Vierge. À l’âge de 22 ans, Bernadette entre au noviciat des Sœurs de la Charité à Nevers. C’est là qu’elle meurt, à l’âge de 35 ans, après avoir connu beaucoup d’humiliations et d’incompréhension. Elle est canonisée sous son nom de religieuse, Marie-Bernard, en 1933. Lourdes attire très vite les foules, notamment les malades. De nombreuses guérisons s’y produisent. C’est aujourd’hui le premier sanctuaire marial en Europe par la fréquentation. Le tombeau de Bernadette à Nevers est lui aussi un centre de pèlerinage. Elle est la première sainte dont on ait eu la photographie, prise par l’abbé Bernardou en 1862.

BERNARD DE CLAIRVAUX
(1090-1153) ABBÉ et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 20 août**. Né au château de Fontaine-lès-Dijon (Côte-d’Or) dans une famille noble, il commence, à la mort de sa mère, une évolution spirituelle qui le conduit à 22 ans à l’abbaye de Cîteaux où il entraîne avec lui 30 compagnons. L’abbaye, dirigée par Étienne Harding, est le foyer d’une réforme profonde de l’ordre bénédictin, marquée par une grande austérité : ce sont les débuts de l’ordre cistercien. Après trois années passées dans la prière, l’étude et des mortifications qui ruineront à jamais sa santé, Bernard est envoyé en 1115 fonder une abbaye à Clairvaux (près de Bar-sur-Aube, dans l’Aube). Sous son impulsion, elle prend très vite un développement considérable et essaime 160 filiales. Sans cesse déchiré entre sa vocation contemplative et les charges impératives qui lui incombent, Bernard doit, jusqu’à sa mort, déployer une activité intense. Animateur de son ordre et grand fondateur d’abbayes, prédicateur, théologien et auteur spirituel, il est aussi le conseiller recherché et écouté des évêques, des papes et des princes. Il est sans cesse sur les routes d’Europe et entretient une active correspondance avec tous les grands de son époque. C’est lui qui, à Vézelay, prêche la seconde croisade (qui fut d’ailleurs un échec). Sa pensée, sa spiritualité, son souci de rigoureuse orthodoxie exercent leur influence à travers tout l’Occident. Il arbitre les conflits, combat les hérésies et les divisions au sein de l’Église, défend l’indépendance de celle-ci vis-à-vis des princes, s’élève contre les évêques et les abbayes (notamment Cluny) trop attachés au pouvoir ou à l’avoir, dénonce les abus de Rome. L’impulsion qu’il donne à son ordre cistercien se prolongera à travers les siècles par l’activité des « moines blancs », défricheurs, agriculteurs, bâtisseurs, et surtout témoins d’une vie donnée à Dieu dans la prière et la pauvreté. Bernard, qui n’a jamais ménagé une santé chancelante, meurt, épuisé, dans son abbaye de Clairvaux. C’est le véritable fondateur de l’ordre des cisterciens.

Saint Pierre et saint Paul étaient hommes et pécheurs, et grands pécheurs ; ils purent apprendre en eux-mêmes et par eux-mêmes qu’ils devaient être comparés aux autres pécheurs et mêlés à eux. Ceux qui ont commis de grandes fautes donneront en effet le pardon plus facilement aux grandes fautes et, selon la mesure dont on s’est servi à leur égard, ils sauront nous mesurer à notre tour. Il convenait que fussent donnés au genre humain de tels pasteurs et docteurs : à la fois doux et puissants, et sages aussi…
Saint Bernard , Sermon pour la fête des saints Pierre et Paul.


BERNARD DE MENTHON ou DEMONT-JOUX
(† 1081) RELIGIEUX – MR 15 juin. Né au début du XI e siècle au château familial de Menthon (actuellement Menthon-Saint-Bernard), sur les bords du lac d’Annecy, il refuse le mariage que lui a préparé son père pour devenir chanoine régulier d’Aoste. Chargé de l’aide aux pèlerins, il fonde les hospices des cols du Grand et du Petit-Saint-Bernard pour subvenir aux besoins des voyageurs et des pèlerins qui franchissent les Alpes. Il y installe des chanoines réguliers suivant la règle de saint Augustin : c’est l’origine de la congrégation hospitalière du Grand-Saint-Bernard. Il meurt à Novare (Italie), au cours d’un voyage, où se trouve toujours son tombeau. Pie XI le proclame patron des skieurs et des alpinistes en 1923.
23 autres saints et bienheureux portent le nom de Bernard, dont saint Bernard d’Abbeville († 1117) et saint Bernard de Rodez.

BERNARDIN DE SIENNE
(1380-1444) PRÊTRE – MR 20 mai*. Entré chez les Frères mineurs (franciscains), il se révèle un prédicateur coloré, enflammé, infatigable. Élu vicaire général des couvents italiens, il les réforme et multiplie les maisons. Déchargé de sa responsabilité, il reprend ses prédications et propage la dévotion au saint nom de Jésus, symbolisé par les trois lettres IHS , initiales de l’expression latine Iesus Hominum Salvator (Jésus sauveur des hommes).
Ce culte pour des initiales le fait un moment accuser d’hérésie. Il meurt le 20 mai 1444.

Comment un esprit clairvoyant peut-il penser que l’Esprit Saint ait uni d’une union si étroite à l’âme d’une Vierge si grande quelque autre âme, sans que celle-ci lui fût très semblable par la pratique des vertus ? Je crois donc que saint Joseph fut le plus pur des hommes en virginité, le plus profond en humilité, le plus ardent en amour de Dieu et en charité, le plus élevé en contemplation.
Saint Bernardin de Sienne , Sermon sur saint Joseph.


BERNON
(† 1054) ABBÉ – MR 19 juillet. Il est le fondateur de Cluny et de nombreuses abbayes.

BERTAUD
(† 540) ERMITE – Fête loc. 16 juin. Il fut ermite dans les Ardennes françaises, à Chaumont-Portien.
Un autre Bertaud ( VII e siècle – Fête 13 octobre) fut évêque de Cambrai.

BERTHE
(† 725) ABBESSE – MR 4 juillet. Veuve, elle fonde en 686 l’abbaye de Blangy en Artois, où elle se retire avec ses filles Gertrude et Deotila.

BERTHE
( VII e siècle) MARTYRE – Fête loc. 11 mai. Épouse en secondes noces du prince Gombert, elle décide avec lui de vivre dans la continence. Gombert part évangéliser la Frise où il meurt martyr. Berthe fonde une abbaye à Avenay, près de Reims, et lui consacre tous ses biens. Les fils de son mari, furieux, l’assassinent.
En 950, les corps de Gombert et de Berthe sont réunis à Avenay. Les deux saints y sont vénérés comme martyrs.
Trois autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Berthe.

Bienheureux BERTHOLD
(† 1195) MOINE – MR 29 mars. Étudiant à Paris, il part à la croisade. Devenu moine du Mont-Carmel, il y est nommé supérieur. Il est considéré comme fondateur de l’ordre du Carmel.

BERTILLE
(† v. 705) VIERGE – MR 5 novembre. Moniale du monastère de Jouarre, près de Meaux (Seine-et-Marne), elle est appelée par sainte Bathilde (femme de Clovis II) comme première abbesse de Chelles, non loin de là, vers 670.

Bienheureux BERTILON
(† 888) ABBÉ – Fête loc. 26 mars. Il fut abbé de Saint-Bénigne à Dijon et martyr.

BERTIN
(† 698) ABBÉ – MR 5 septembre. Il fut moine de Luxeuil puis abbé de Sithin en Artois, dont l’abbaye prit plus tard son nom.

BERTRAND DE COMMINGES
(v. 1050-1123) ÉVÊQUE – MR 16 octobre. Né à L’Isle-Jourdain (Gers), apparenté aux comtes de Toulouse et à Robert le Pieux, il est évêque de Comminges vers 1073. Il redonne vie à cette ville détruite par les barbares et abandonnée depuis 585 (actuellement Saint-Bertrand-de Comminges, Haute-Garonne). Il réforme son diocèse et organise sa protection contre les incursions maures. Il est invoqué pour la paix dans les familles.

Bienheureux BERTRAND DE GARRIGUES
(† 1230) RELIGIEUX – MR 6 septembre. Né à Garrigues (Gard), il est l’un des premiers compagnons de saint Dominique. C’est lui qui fonde à Paris, en 1217, le couvent dominicain Saint-Jacques (actuellement 20, rue des Tanneries, Paris 13 e ). En 1221, il est prieur provincial à Toulouse. Il meurt en 1230 à l’abbaye cistercienne du Bouchet, près d’Orange, où il était venu prêcher aux moines.

BETTINA ou BETTY, voir Élisabeth


BEUVE
( VII e siècle) ABBESSE – Fête loc. 24 avril. Elle fut abbesse du monastère de Saint-Pierre à Reims, fondé par saint Baldéric.

Bienheureuse BIENVENUE
(† 1292) VIERGE – MR 30 octobre. Tertiaire dominicaine originaire de Vénétie, elle est la dernière de sept filles et ses parents l’appelèrent pour cette raison Bienvenue. Elle passe sa vie au service de sa famille, se souciant du bien-être de ses parents avec une infinie patience. Son culte est confirmé en 1765.

BILLY, voir Guillaume


BLAISE
( IV e siècle) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 3 février*. D’abord évêque de Sébaste en Arménie, il se retire ensuite en un lieu isolé. Sommé de sacrifier aux idoles, il refuse, est torturé puis décapité. Sa légende le présente comme un saint très populaire : les chrétiens de son diocèse mais aussi les animaux sauvages venaient se faire bénir dans sa grotte. On lui prête beaucoup de miracles, notamment la guérison d’un enfant mourant étouffé par une arête de poisson. Au cours de son martyre, il aurait été déchiré avec des peignes de fer. Pour ces diverses raisons, il est le patron des animaux, des cardeurs, et on l’invoque pour la guérison des maux de gorge.
Quatre autres saints, dont trois martyrs des premiers siècles, portent le nom de Blaise.

BLANCHE, voir Candide


BLANDINE
(† 177) MARTYRE – MR 2 juin (en France*). Cette esclave de 18 ans fait partie du groupe des 48 martyrs de Lyon dont l’histoire nous est bien connue par la lettre circulaire adressée aux Églises d’Asie par les Églises de Lyon et de Vienne aussitôt après l’événement. Cette lettre a peut-être été rédigée par saint Irénée , successeur de saint Pothin, évêque de Lyon, martyrisé en même temps que Blandine. Celle-ci est d’abord torturée sans qu’on obtienne d’elle une renonciation à sa foi et exposée aux bêtes féroces sans qu’aucun animal la touche. On la fait alors assister, plusieurs jours durant, au supplice de ses compagnons dans l’amphithéâtre : elle les exhorte à rester fidèles à leur foi. Le dernier jour des jeux du cirque, on la livre enserrée dans un filet à un taureau furieux, puis on l’égorge. Après avoir brûlé son corps, on jette ses cendres dans le Rhône. Elle est fêtée en même temps que saint Pothin et leurs compagnons martyrs.

BOGDAN MANDIC ou frère LEOPOLDO DE CASTELNOVO
(1866-1942) PRÊTRE – MR 30 juillet. Né en Croatie, il est canonisé le 16 octobre 1983.

BOHAIRE
(† 623) ÉVÊQUE – MR 2 août. Ermite près de Blois, il devint évêque de Chartres.

BONAVENTURE
(1221-1274) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 15 juillet**. Giovanni Fedanza, né près de Viterbe, en Italie, vient étudier les lettres et la théologie à Paris. Puis il entre chez les Frères mineurs (franciscains), prenant alors le nom de Bonaventure. En 1257, à 36 ans, il est élu ministre général de son ordre. Il lui faut jouer un rôle ardu de pacificateur entre les deux tendances qui divisent gravement les franciscains : l’une en faveur d’une adaptation aux conditions du temps, l’autre, celle des « spirituels », intransigeante dans la fidélité aux dispositions prises à l’origine par saint François. Bonaventure écrit de nombreux ouvrages de théologie et de spiritualité, qui lui valent le titre de « docteur séraphique ». À l’encontre de saint Thomas, il pense que la raison permet de démontrer la création du monde par Dieu. Sa théologie a pour fondement l’illumination mystique chrétienne. Ses idées, qui connaissent un vif succès au XIII e siècle, seront pour une part éclipsées par l’aristotélisme thomiste au siècle suivant. En 1273, il est nommé cardinal et évêque d’Albano. À ce titre, il prend part en 1274 au concile de Lyon qui parvient à réconcilier provisoirement orthodoxes et catholiques. Mais, épuisé, il meurt pendant le concile, à 53 ans. Son tombeau se trouve dans l’église Saint-François à Lyon.

BOND
(† 552) ERMITE – Fête loc. 7 novembre. Converti par saint Arthème, il se fait ermite. Il est vénéré à Sens en Bourgogne.

BONIFACE
(v. 673-754) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 5 juin**. Né en Grande-Bretagne, Wynfrith entre chez les bénédictins. Son esprit missionnaire le conduit en Germanie évangéliser les Saxons. Un moment avec saint Willibrord, puis seul, il parcourt le pays, évangélisant les païens et commençant à fonder des abbayes.
Le pape Grégoire II, qui lui a déjà donné le nom de Bonifacius (qui a bon visage) en référence à un martyr romain, le sacre évêque à Rome. Retourné en Allemagne, il multiplie les fondations de monastères avec le concours de moines et de moniales venus d’Angleterre. En 732, Grégoire III le nomme archevêque de Germanie, avec mission d’établir un réseau d’évêchés. Boniface les confie à des moines. Dès 740, il peut tenir le premier synode de Germanie. En 744, il fonde l’abbaye de Fulda, qui deviendra le centre de la vie religieuse allemande. En 747, le siège de son archevêché est fixé à Mayence. À la mort de Charles Martel, Pépin le Bref et Carloman le sollicitent afin d’organiser l’Église franque. Il réunit plusieurs synodes dans ce but. En 751, à Soissons, il sacre Pépin roi des Francs, confirmation solennelle de l’avènement de la dynastie carolingienne. Toujours dévoré d’un zèle missionnaire, il repart évangéliser les païens frisons (nord des Pays-Bas). Il se fait massacrer en même temps que ses 52 compagnons. Son corps est ramené à Fulda qui devient un haut lieu du christianisme allemand. Boniface est souvent désigné comme l’apôtre de la Germanie. Il est aussi l’un des patrons de la Grande-Bretagne.

BONIFACE DE SAVOIE
(† 1270) ÉVÊQUE – MR 4 juillet. Fils du comte de Savoie, il est évêque de Belley puis archevêque de Cantorbéry. Il est inhumé à l’abbaye de Hautecombe en Savoie.
Douze autres saints portent le nom de Boniface.

BONNET
(† 710) ÉVÊQUE – MR 15 janvier. Chancelier de France, il devient évêque de Clermont en Auvergne et meurt à Lyon au retour d’un pèlerinage. Paris l’honore sous le nom de saint Bon.

BRÉVIN
(† 762) ÉVÊQUE – Fête loc. 24 août. Né en Saxe dans une famille chrétienne, il fait des études de lettres puis vient en Angleterre étudier les sciences. Redevenu moine, il est élu en 759 archevêque de Cantorbéry.

BRIAC
(† 627) ABBÉ – Fête loc. 17 décembre. Ce serait un moine irlandais, compagnon de saint Tugdual. Il aurait fondé une abbaye au lieu devenu Bourbriac (Côtes-d’Armor), dont l’église conserve un mausolée du XVI e siècle en son honneur et où des pèlerins viennent l’invoquer contre les maladies nerveuses (procession le jour de l’Ascension).

Bienheureux BRIAN ou BRYAN
(1591) MARTYR – MR 10 décembre. Anglais, il est martyrisé pour sa foi et sa fidélité à l’Église catholique romaine au temps de la persécution anticatholique en Grande-Bretagne.

BRICE
(† v. 444) ÉVÊQUE – MR 13 novembre. Connu pour son tempérament excessif, ce disciple de saint Martin, avec lequel il a d’ailleurs des relations passablement orageuses, lui succède cependant comme évêque de Tours en 397. Mais victime de graves accusations, il est obligé de rester sept ans à Rome pour se justifier. Lorsqu’il reprend sa charge, c’est un homme transformé, devenu d’une sainteté extraordinaire.

BRIEUC
(† 500) ABBÉ et ÉVÊQUE – MR 1 er mai. Né au pays de Galles, il aurait été converti au christianisme par saint Germain d’Auxerre et l’aurait suivi en Gaule où il aurait été ordonné prêtre. Revenu dans son pays, il en aurait été chassé par une invasion saxonne. Réfugié en Armorique, il y aurait fondé un monastère qui serait à l’origine de la ville de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) et aurait évangélisé le pays.

BRIGITTE DE SUÈDE
(1303-1373) RELIGIEUSE – MR 23 juillet* (en Europe***). Née dans une noble famille suédoise et mariée très jeune, elle a huit enfants (dont sainte Catherine de Suède). Au retour d’un pèlerinage à Compostelle, elle et son époux décident d’embrasser la vie religieuse. Brigitte est bientôt veuve. Dans sa vie de prière et de pauvreté, ses méditations se traduisent par une abondante œuvre spirituelle qui, connue sous le nom de Révélations , la rendront célèbre. Les plus réputées se rapportent à la passion du Christ, au jugement dernier, à l’enfer. Comme Catherine de Suède, Brigitte presse les papes d’Avignon de regagner Rome. Vers 1363, elle fonde l’ordre du Saint-Sauveur . Elle meurt à Rome au retour d’un pèlerinage en Terre sainte et sa fille Catherine prend sa suite à la tête de la nouvelle congrégation. Elle est la patronne de la Suède.
Une autre sainte Brigitte ou Brigide ( V e - VI e siècle – Fête loc. 1 er février) est la patronne de l’Irlande.

Après la Bible, n’ayez rien de plus cher que la lecture de la vie des saints.
Sainte Brigitte


BRUNO DE HARTENFAUST
(v. 1030-1101) PRÊTRE – MR 6 octobre*. Né à Cologne dans une famille noble et ordonné prêtre, il est d’abord chanoine dans sa ville natale. Puis il vient à Reims enseigner les sciences, les lettres et les Écritures. Un de ses élèves, Eudes de Châtillon, deviendra le pape Urbain II. Un moment retiré à l’abbaye de Molesmes, il est encouragé par son fondateur, saint Robert, dans son aspiration à une vie d’ermite propice à la recherche de Dieu. En 1084, avec six compagnons conduits par l’évêque de Grenoble, saint Hugues, il s’établit dans le massif montagneux, alors sauvage, de la Chartreuse. Bientôt s’y élève un monastère dont les moines vivent isolés dans des demeures individuelles. Ils y mènent une existence austère et laborieuse, ne se réunissant que pour l’office. Le couvent de la Grande-Chartreuse est la première fondation de l’ordre des chartreux. Quatre ans plus tard, le pape Urbain II, son ancien élève, l’appelle et sollicite ses conseils sur les réformes à entreprendre dans l’Église. Mais Bruno ne pense qu’à reprendre sa vie d’ermite. En 1092, il se retire à La Torre, en Calabre. Il meurt neuf ans plus tard dans une chartreuse filiale de La Torre. Saint Bruno n’est pas l’auteur de la règle des chartreux, mais celle-ci est fidèle aux orientations qu’il a données à l’ordre.
Cinq autres saints portent le nom de Bruno.
C

CALAIS
( VI e siècle) ERMITE – MR 1 er juillet. Né à Riom (Puy-de-Dôme) dans une famille riche et cultivée, il vient vivre en ermite dans la région du Perche. Ses reliques sont conservées dans l’église de Saint-Calais (Sarthe).

CALIXTE ou CALLISTE I er
(† 222) PAPE et MARTYR – MR 14 octobre*. Ancien esclave chrétien, il est d’abord diacre du pape Zéphyrin et chargé à ce titre de l’organisation des cimetières chrétiens romains : c’est à lui que l’on doit les catacombes Saint-Calixte, premier cimetière chrétien officiel.
Élu pape en 217, il a le souci d’adapter l’Église aux conditions de son époque, notamment en ce qui concerne le pardon à accorder aux anciens apostats, les lapsi (qui ont renié leur foi sous la torture ou la menace). Il est dès lors l’objet des très vives attaques d’un grand théologien, Hippolyte, qui n’hésite pas à se dresser en antipape en se faisant élire par des dissidents. Calixte aura également à faire face aux accusations du théologien Tertullien. Contre l’hérésie sabellianiste, Calixte définit l’unité divine et la distinction entre le Père et le Fils. Il reconnaît la validité du mariage entre femmes libres et esclaves.
Il meurt probablement au cours d’une émeute antichrétienne.

Credo quia impossibile – Je crois parce que c’est impossible.
Tertullien, De Carne Christi.


CAMILLE DE LELLIS
(1550-1614) PRÊTRE – MR 14 juillet*. Né à Chieti dans les Abruzzes (Italie), il est d’abord soldat et passionné de jeu. Converti, il se fait franciscain et devient infirmier à Rome. Devant le spectacle de la situation lamentable des malades dans les hôpitaux, il crée en 1582 l’ordre des Clercs réguliers pour les malades, appelés couramment Camilliens. Leur signe distinctif est une croix rouge sur leur habit noir. Sur le conseil de Philippe Néri, il devient prêtre en 1584. Le pape Léon XIII le déclare protecteur, avec saint Jean de Dieu, des infirmes, des infirmiers et infirmières et des hôpitaux.
Trois autres saints ou bienheureux et trois saintes ou bienheureuses portent le nom de Camille, dont une martyre d’Auxerre (fête loc. 26 novembre).

CANDIDE
(Premiers siècles) MARTYRE – MR 3 octobre. Cette jeune Romaine fut martyrisée sur la voie d’Ostie. Ses reliques sont à Sainte-Praxède de Rome.
Dérivé : Blanche.

CANNAT
( V e siècle) ÉVÊQUE – Fête loc. 19 octobre. Fils d’un consul d’Aix, il aurait vécu dans la solitude sur le territoire de la commune actuelle de Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône). Il aurait été évêque de Marseille, mais la liste épiscopale de ce diocèse ne le mentionne pas.

CANUT ou KNUT
(1040-1086) MARTYR – MR 10 juillet. Ce roi du Danemark a une carrière politique passablement mouvementée. Profondément chrétien, il soutient de tout son pouvoir les prescriptions ecclésiastiques, non sans soulever bien des oppositions. Il est tué au cours d’un soulèvement aristocratique. Il est le patron du Danemark.
Un autre Canut ou Knut, assassiné en 1171, neveu du précédent, a également été canonisé (fête loc. 7 janvier).

CAPRAIS
(† 430) ABBÉ – MR 1 er juin. Il fut d’abord ermite dans l’île de Lérins en Provence. Il aurait succédé comme abbé à saint Honorat, fondateur de la célèbre abbaye.

CAPRAIS
(† 303) MARTYR – MR 20 octobre. Honoré dans le Midi de la France, il aurait été martyrisé à Agen, stimulé par le courage de sainte Foy.

CARINE ou CARINAS
( IV e siècle) MARTYRE – Fête loc. 7 novembre. Elle fut probablement martyrisée avec son mari et son fils au lieu où se trouve aujourd’hui Ankara (Turquie), sous le règne de Julien l’Apostat.

CARL, CARLOS, voir Charles


Bienheureux CARLOMAN
(† 755) MOINE – Fête loc. 17 août. Fils aîné de Charles Martel, il est roi d’Austrasie. Il aide saint Boniface dans l’évangélisation de l’Allemagne. Sur le conseil de ce dernier, il abdique en faveur de son frère Pépin le Bref et se fait moine, d’abord au mont Sorocte puis au mont Cassin, où il devient berger.

Bienheureuses CARMÉLITES DE COMPIÈGNE
(† 1794) MARTYRES – MR 17 juillet. Ce sont 16 religieuses du carmel de Compiègne, guillotinées à Paris, pendant la Terreur révolutionnaire.

CARMEN
Prénom espagnol donné en référence à Notre-Dame du Mont-Carmel , laquelle est fêtée au calendrier romain le 16 juillet. Ce culte est lié à la spiritualité carmélitaine, dont l’ordre des carmes et carmélites est le foyer.

Bienheureux CARMES (Martyrs des)
(† 1792) MARTYRS – MR 2 septembre. Ce groupe de 191 martyrs est mis à mort le 2 septembre 1792 (« massacres de septembre »), durant la Révolution française, parce qu’ils refusent de prêter le serment de la Constitution civile du clergé. 120 ecclésiastiques sont tués dans l’église des carmes à Paris (aujourd’hui près de l’Institut catholique). D’autres le sont à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés et d’autres encore là où ils étaient emprisonnés. Ils sont tous béatifiés en 1926.

CAROLE, CAROLINE, voir Charlotte


CASIMIR
(1458-1484) ROI – MR 4 mars*. Fils du roi de Pologne Casimir III, il naît au palais royal de Cracovie. Surnommé « frère et défenseur des pauvres », fuyant les honneurs et ayant fait vœu de virginité, il mène une vie austère et pieuse. Il meurt de phtisie à 25 ans. Il est le patron de la Pologne et de la Lituanie.

Rien ne fait plus d’honneur aux grands que d’honorer Jésus-Christ dans la personne des pauvres.
Saint Casimir


CASSIEN
(† v. 300) MARTYR – MR 13 août. Il est connu par le récit de son martyre écrit par le poète Prudence. Professeur à Imola, en Italie, il est livré par les bourreaux à ses élèves, qui écrivent dans sa chair à l’aide de stylets.
Une dizaine d’autres saints portent le nom de Cassien, dont un évêque d’Autun († 350) et Jean Cassien, fondateur à Marseille (v. 415) de deux monastères, masculin et féminin, honoré comme saint dans cette ville et connu comme auteur spirituel marqué de semi-pélagianisme.

CASTOR
(† 426) ÉVÊQUE – MR 21 septembre. Né à Nîmes, il se fait moine après son veuvage et devient évêque d’Apt (Vaucluse).

CATHERINE D’ALEXANDRIE
(Dates incertaines) VIERGE et MARTYRE – MR 25 novembre*. Les faits que l’on rapporte à son sujet relèvent d’une légende qui ne remonte pas au-delà du X e siècle. Fille de roi, cette jeune chrétienne instruite et même savante s’oppose avec autorité aux arguments des philosophes païens envoyés par l’empereur romain Maxence ( IV e siècle) pour la confondre. L’empereur la fait alors torturer au moyen d’une machine constituée de roues armées de pointes de fer et de lames coupantes. Mais la foudre tombe sur la machine et aveugle les bourreaux. Catherine est finalement décapitée. Toute une littérature et une iconographie se sont emparées de sainte Catherine, brodant sur sa vie et sa mort (son corps aurait été transporté par les anges au Sinaï, où existe toujours le couvent orthodoxe Sainte-Catherine). Il est de coutume de couronner sa statue le 25 novembre, le privilège de « coiffer Sainte Catherine » étant réservé aux jeunes filles. La tradition des catherinettes, jeunes filles célibataires fêtées l’année de leurs 25 ans et coiffant à cette occasion un bonnet plus ou moins fantaisiste, est restée vivace dans bien des professions, des entreprises, des communes. Catherine est la patronne des filles célibataires, des philosophes et, à cause des roues de l’instrument de son supplice, des charrons, meuniers, rémouleurs et tourneurs.

CATHERINE DE GÊNES
(1447-1510) LAÏQUE – MR 15 septembre. Appartenant à l’une des grandes familles de l’aristocratie gênoise, les Fieshi, Catherine est mariée contre son gré à un jeune patricien dont elle aura beaucoup à souffrir mais qui finira par se convertir. Elle cherche l’oubli dans les mondanités, lorsqu’en 1473 une révélation mystique bouleverse sa vie. Elle se consacre désormais à la contemplation, à la pénitence et au service des malades. À partir de 1475, on lui permet la communion quotidienne, ce qui est très rare à l’époque. Les œuvres mystiques attribuées à Catherine de Gênes ( Dialogue spirituel, Traité du purgatoire ) ne sont probablement pas de sa plume, mais certainement inspirées par elle. Elle a exercé une grande influence sur l’école française de spiritualité au XVIII e siècle.

Bienheureuse CATHERINE JARRIGE
(1754-1836) LAÏQUE – Fête 4 juillet. Tertiaire dominicaine française, elle risqua sa vie pour sauver les prêtres persécutés durant la Révolution française.

CATHERINE LABOURÉ
(1806-1876) VIERGE – MR 31 décembre. Née dans une famille nombreuse de cultivateurs aisés à Fain-les-Moutiers (Côte-d’Or), elle ne parvient qu’à 24 ans à vaincre la résistance paternelle pour entrer chez les Filles de la Charité. Dès sa première année de vie religieuse (1830), alors qu’elle est au noviciat de la rue du Bac à Paris, la Vierge lui apparaît, lui demandant notamment de faire frapper une médaille portant l’inscription : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » Elle en informe seulement son confesseur qui, sans la prévenir, engage le procès canonique de ces apparitions. Catherine accomplit jusqu’à la fin de sa vie des tâches obscures au service des malades et des vieillards dans un hospice de la rue de Picpus à Paris. Sa vision n’est divulguée qu’après sa mort. La médaille dite « miraculeuse », gravée dès 1832 sur les instructions de l’archevêque de Paris, M gr de Quélen, et selon les indications données par Catherine à son confesseur, connaît une extraordinaire diffusion à travers le monde. Elle est notamment à l’origine de la conversion, en 1842, d’Alphonse de Ratisbonne , un israélite qui fonde avec son frère l’ordre de Notre-Dame -de-Sion. Catherine Labouré est canonisée par Pie XII en 1947.

CATHERINE-MARIE DREXEL
(1858-1876) RELIGIEUSE – Fête 3 mars. Religieuse des États-Unis, elle est la fondatrice des Sœurs du Très-Saint-Sacrement, au service des Noirs et des Indiens. Elle est canonisée le 1 er octobre 2000.

CATHERINE DE RICCI
(1522-1590) MONIALE – MR 2 février. Religieuse dominicaine, visionnaire étonnante, elle passe plusieurs années de sa vie en extase du jeudi soir au vendredi 16 heures, revivant en elle-même la passion du Christ.

CATHERINE DE SIENNE
(1347-1380) VIERGE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 29 avril** (en Europe***). Catherine Benincasa naît à Sienne (Italie). Tertiaire dominicaine à l’âge de 16 ans, elle commence par mener une vie volontairement recluse chez elle pendant trois ans. Puis ayant repris sa vie normale, elle voit se constituer autour d’elle un groupe de personnes attirées par son ascendant spirituel et sa gaieté : on l’appelle « le cercle de Fontebranda », du nom du quartier. L’influence croissante de sa sainteté la conduit à agir au plus haut niveau de l’Église. La papauté est installée à Avignon depuis plus de 60 ans, le malaise est général en Italie. Les Florentins, soulevés contre les légats du pape Grégoire XI, sollicitent Catherine pour aller plaider leur cause à Avignon. Elle y arrive en 1376. Mais, par-delà les démêlés des Florentins avec les légats, c’est de la situation très dégradée de l’Église que Catherine se met très vite à traiter avec le pape, le pressant de revenir à Rome et d’engager l’indispensable réforme de l’Église. Malgré la vive opposition d’un entourage pontifical attaché à la douceur et au luxe de la cour avignonnaise, Catherine parvient à décider Grégoire XI, qui se met enfin en route. À peine est-il arrivé à Rome qu’il y meurt (1378). La grande et grave crise du schisme d’Occident s’ouvre alors, avec l’élection de deux papes opposés, l’un résidant à Rome, l’autre à Avignon. Le pape de Rome, Urbain VI, fait appeler Catherine pour bénéficier de ses conseils et de son influence. Elle investit toute son énergie dans la cause de celui qu’elle reconnaît comme le seul pape légitime. Deux ans plus tard, elle meurt épuisée, à 33 ans. Ne sachant pas écrire et ignorant le latin, elle laisse pourtant une œuvre spirituelle considérable entièrement dictée, les Dialogues , les Lettres , souvent fruit de ses extases. Cette œuvre lui vaut d’être la seconde femme proclamée Docteur de l’Église par Paul VI en 1970, aussitôt après Thérèse d’Avila. Elle est la seule laïque Docteur de l’Église.
Elle est patronne de l’Europe, de l’Italie en 1939 et des infirmiers italiens en 1943.

CATHERINE DE SUÈDE
(v. 1330-1381) VEUVE – MR 24 mars. Fille de sainte Brigitte de Suède, elle est mariée, jeune encore, contre son gré. Son mari et elle conviennent de vivre dans la continence. Elle rejoint sa mère à Rome en 1349 et, devenue veuve, vit dès lors avec elle. À sa mort, elle ramène son corps en Suède, au monastère de Wadstena fondé par sainte Brigitte. Elle prend la suite de sa mère à la tête de l’ordre du Saint-Sauveur et en assure l’organisation.
15 autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Catherine.

CÉCILE
( I er siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 22 novembre**. Tout ce que l’on sait de cette sainte, c’est qu’elle est honorée à Rome depuis le V e siècle comme vierge et martyre et que les Coecilii constituaient une très illustre famille romaine. Quant au récit légendaire de la Passion de sainte Cécile , il est très postérieur. Selon cette légende, Cécile, vierge romaine, prévient son mari Valérien , la nuit de ses noces, qu’un ange veille sur sa virginité et qu’il ne pourra voir cet ange avant de se faire baptiser. Valérien, ayant reçu le baptême, est arrêté et supplicié en même temps que le frère de Cécile, Tiburce. Cécile, de son côté, refusant de sacrifier aux dieux, est condamnée à être brûlée dans son installation de bain. Elle échappe d’abord à la mort puis, blessée, finit par expirer.
Au XV e siècle, on fait d’elle la patronne des musiciens en tirant argument d’un passage de sa Passion : « Pendant que retentissaient les instruments de musique de ses noces, elle chantait en son cœur pour le Seigneur. »
Quant à la basilique Sainte-Cécile au Transtévère, longtemps supposée bâtie à l’emplacement de la maison de Valérien, elle a pour fondatrice une Coecilia étrangère à la sainte.
Quatre autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Cécile.
Dérivés : Célia , Sheila.

CÉLESTIN I er
(† 432) PAPE – MR 27 juillet. Élu au siège de Pierre en 422, il combat l’hérésie des pélagiens, puis celle de Nestorius, évêque de Constantinople, qu’il fait condamner aux conciles de Rome (430) et d’Éphèse (431).

CÉLIA, voir Cécile ou Céline


CÉLINE DE REIMS
(† 458) LAÏQUE – MR 21 octobre. Épouse d’Émile, comte de Laon (Aisne), et mère de saint Remi , cette mère de famille est morte près de Laon.

CÉRAN
(† 614) ÉVÊQUE – Fête loc. 26 septembre. Évêque de Paris, il a le souci du culte des saints.

CÉSAIRE D’ARLES
(v. 470-543) ÉVÊQUE – MR 27 août (en France*). Né à Chalon-sur-Saône, religieux au monastère de Lérins qui fut un véritable séminaire d’évêques, il est ordonné prêtre à Arles vers 499 et en devient évêque vers 503. Il le reste jusqu’à sa mort, déployant une activité considérable. Il combat le semi-pélagianisme et affirme son autorité lors du concile d’Orange II en 529 qui, à l’encontre de cette hérésie, définit la doctrine de la grâce et du péché originel.
Outre ses 150 sermons, on conserve de lui une règle qui restera en vigueur dans les abbayes de femmes pendant deux siècles, jusqu’à ce que celle de saint Benoît la supplante.
Six autres saints portent le nom de Césaire, dont saint Césaire de Clermont († 627).
Dérivés : César, Césarine.

Chaque fois, frères très chers, que nous célébrons les fêtes des saints martyrs, espérons, par leur intervention, recevoir la grâce du Seigneur afin qu’en imitant ces martyrs, nous méritions d’obtenir un jour les récompenses éternelles. Car seuls célèbrent dans la vérité les joyeuses solennités des martyrs ceux qui suivent leurs exemples… Pour nous, nous voulons bien partager la joie des saints, mais non supporter avec eux les épreuves de ce monde. Cependant, seul parviendra à la béatitude des saints martyrs celui qui aura accepté de les imiter dans la mesure du possible.
Saint Césaire d’Arles, Sermon sur les saints.


Bienheureux CÉSAR DE BUS
(1544-1607) RELIGIEUX – MR 15 avril. Originaire de Cavaillon, sur les bords de la Durance, il vit à la cour frivole de la reine Catherine de Médicis. Il participe au massacre des protestants, le jour de la Saint-Barthélemy. L’arrivée d’Henri IV lui fait quitter Paris en 1568, et il se réfugie en Avignon où il mène une vie mondaine. C’est là qu’il se convertit grâce aux conseils du sacristain de l’église où, chaque matin, il entend la sainte Messe. Il renonce à sa vie de gentilhomme mondain et, en l’année jubilaire 1575, après une rencontre intérieure avec Jésus crucifié, il décide de se faire prêtre. La lecture du catéchisme du concile de Trente lui donne alors l’idée de créer une société de prêtres qui se feraient catéchistes, en particulier pour les gens sans instruction et les habitants des campagnes. Le 29 septembre 1592, il fonde à L’Isle-sur-Sorgue la congrégation des Pères de la doctrine chrétienne, qu’il installe ensuite à Avignon. Le 27 avril 1975, il est béatifié par Paul VI qui déclare alors avec humour : « Il n’a pas toujours suivi les préceptes de l’Évangile. »

CÉSARIE
(† 530) ABBESSE – MR 12 janvier. Elle est la sœur de saint Césaire d’Arles. Grégoire de Tours et Venance Fortunat font son éloge. Prière, pénitence et travail, telle fut sa vie.

CHAFFREY ou CHAFFRE
(† 752) ABBÉ – Fête loc. 18 octobre. Abbé du monastère de Carmeri, dans le Velay, il est tué par les Sarrasins et vénéré comme martyr.
La ville de Monastier-Saint-Chaffre (Haute-Loire) s’est formée autour de Carmeri.

CHAMOND
(† 658) ÉVÊQUE – Fête loc. 28 septembre. Courtisan de Clovis II, il devient un évêque de Lyon, et meurt assassiné par Ébroïn, maire du palais.

CHANTAL, voir Jeanne de Chantal


CHARBEL MAKLHOUF
(1828-1898) MOINE – MR 24 juillet*. Né dans un village de la montagne de Beka’kafra, le plus haut village du Proche-Orient, dans une famille maronite pauvre, il entre à 23 ans au monastère de Notre-Dame de Mayfouk (au nord de Byblos). Après deux années de noviciat, en 1853, il est envoyé au monastère de Saint-Maron où il prononce les vœux monastiques, puis il est transféré au monastère de Kfeifan où il étudie la philosophie et la théologie. Son ordination sacerdotale a lieu en 1859, après quoi il est renvoyé au monastère de Saint-Maron. Pendant les 19 années qu’il y passe, Charbel réalise son ministère sacerdotal et monastique d’une manière édifiante. En 1875, il obtient l’autorisation de vivre à l’ermitage Saint-Pierre-et-Paul, proche du monastère. Au terme de ces 23 années de vie solitaire, le 16 décembre 1898, en récitant la prière « Père de Vérité », il a une attaque. Il meurt la veille de Noël à l’âge de 70 ans.
Il est béatifié le 5 décembre 1966 et canonisé le 9 octobre 1977.

Bienheureux CHARLES D’AUTRICHE
(1887-1922) EMPEREUR – Fête 1 er avril. Empereur d’Autriche-Hongrie, homme de paix, il est qualifié ainsi : « la sainteté dans l’action politique ». Il meurt pauvre en exil.

CHARLES BORROMÉE
(1538-1584) ÉVÊQUE – MR 4 novembre**. Né sur les bords du lac Majeur en Italie, il a 22 ans lorsque le cardinal de Médicis, son oncle, élu pape sous le nom de Pie IV, le nomme cardinal et l’appelle à ses côtés à Rome. Il prend alors une part prépondérante dans la reprise du concile de Trente et sa conduite à bon terme en 1563. Il est nommé archevêque de Milan en 1564. À l’avènement de Pie V, à l’élection duquel il a largement contribué, il regagne son diocèse et déploie toute son énergie à y mettre en application les réformes décidées par le concile, créant en 1564 un des premiers séminaires pour la formation des prêtres, développant l’enseignement religieux, fondant les missionnaires diocésains sous le nom d’oblats de saint Ambroise, visitant systématiquement son territoire. De nombreux évêques prendront modèle sur son action et son diocèse, typiques du mouvement de la réforme catholique. Il se dépense sans compter lors de la peste qui ravage son diocèse en 1576-1578 et meurt à 46 ans. Il est proclamé patron des œuvres catéchistiques par Pie XI en 1934.

Frères, nous sommes tous faibles, je le reconnais ; mais le Seigneur Dieu nous a donné des moyens où nous pouvons facilement trouver du secours si nous le voulons… Tel, qui entre au chœur pour la psalmodie ou qui va célébrer l’Eucharistie, se plaint de ce que mille pensées se présentent aussitôt et le distraient de Dieu. Mais avant d’aller au chœur ou de célébrer la Messe, qu’a-t-il fait ? Comment s’est-il préparé ? Quels moyens a-t-il pris pour maîtriser son attention ? Veux-tu que je t’enseigne comment progresser sans cesse spirituellement, veux-tu savoir comment l’être davantage encore pour que ta louange plaise mieux au Seigneur ? Écoute-moi bien ! Si un petit feu d’amour divin est déjà allumé en toi, ne le montre pas tout de suite, ne l’expose pas au vent ; garde fermée la porte de ton four, pour ne pas laisser perdre la chaleur. Cela veut donc dire : fuis, autant qu’il t’est possible, les distractions, demeure recueilli en Dieu, évite pour cela les conversations frivoles. As-tu la charge de prêcher et d’enseigner ? Étudie, applique-toi à tout ce qu’il faut pour bien exercer cette charge. Soucie-toi d’abord de prêcher par ta vie et par ta conduite ; évite qu’en te voyant dire une chose et en faire une autre, les gens ne se moquent de tes paroles en hochant la tête.
Saint Charles Borromée


Bienheureux CHARLES DE FOUCAULD
(1858-1916) ERMITE – Fête loc. 1 er décembre. Orphelin à l’âge de six ans, il est élevé par son grand-père officier qui le gâte beaucoup. À 18 ans, il entre à Saint-Cyr, puis à l’école de cavalerie de Saumur. Aristocrate fortuné, ce jeune officier mène joyeuse vie et supporte mal la discipline militaire. À cause d’une liaison qu’on lui reproche, il est mis en non-activité. Quelques semaines plus tard, il demande sa réintégration dans son régiment mais est muté dans une unité du Sud oranais où une insurrection a éclaté. En mars 1882, il démissionne de l’armée et décide d’aller explorer le Maroc, alors interdit aux étrangers, sous le costume et l’identité d’un rabbin. Ses études géographiques et linguistiques de tout premier ordre lui confèrent une grande réputation. C’est au cours de ce voyage qu’il se familiarise avec l’Afrique du Nord. Installé à Paris près de sa famille, il revient peu à peu à la foi qu’il avait perdue, sous l’influence notamment de l’abbé Huvelin, directeur spirituel de sa cousine. En 1890, il se retire à la trappe Notre-Dame-des-Neiges, en Ardèche. Puis il part en Syrie, où il mène une vie ascétique et communautaire pendant sept ans.
Ordonné prêtre à 43 ans, il part à Béni-Abbès, dans le Sud algérien, y fonde une « fraternité » ouverte à tous, chrétiens et musulmans. « Allant où le pousse l’Esprit », il accompagne au Hoggar le commandant Laperrine, pacificateur des oasis, qui devient son ami. Il s’installe en 1905 à Tamanrasset, dans l’extrême Sud algérien, « là où il n’y a pas de tabernacle, afin que Jésus y soit présent ». Dans son ermitage, il prie et reçoit tous ceux qui frappent à sa porte. Il se met totalement à l’écoute des Touaregs si isolés du reste du monde. Il s’intéresse de très près à leur culture et à leur civilisation, recueillant leurs poèmes, leurs chants, les éléments de leur langue (Paul VI mentionnera ce « frère universel » dans son encyclique sur le développement des peuples). Seul parmi des non-chrétiens, il réfléchit longuement à la naissance d’une fraternité où prêtres, religieux et laïcs des pays chrétiens deviendraient Frères et Sœurs du Sacré-Cœur, prêts à tout donner pour la conversion des infidèles.
Lorsque la guerre éclate en 1914, on lui demande de rester présent au Sahara qui s’agite. Le 1 er décembre 1916, le père de Foucauld est assassiné à la porte de son ermitage, par des rebelles qui voulaient le prendre en otage. En 1897, il avait écrit ces lignes prémonitoires : « Pense que tu dois mourir martyr, dépouillé de tout, étendu à terre, nu, méconnaissable, couvert de sang et de blessures, violemment et douloureusement tué, et désire que ce soit ce soir… »

Ma foi a été complètement morte pendant des années : pendant douze ans (de 1874 à 1886), j’ai vécu sans aucune foi. Rien ne me paraissait assez prouvé. Je demeurai douze ans sans rien nier et sans rien croire, désespérant de la vérité et ne croyant même pas en Dieu, aucune preuve ne me paraissant assez évidente. Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui. Ma vocation religieuse date de la même heure que ma foi : Dieu est si grand, il y a une telle différence entre Dieu et tout ce qui n’est pas Lui… Dans les commencements, la foi eut bien des obstacles à vaincre. Moi qui avait tant douté, je ne crus pas tout en un jour.
Charles de Foucauld, Lettre à Henry de Castries , 14 août 1901.


Bienheureux CHARLES LE BON
(† 1127) LAÏC – MR 2 mars. Quatrième fils du roi de Danemark, saint Canut, et comte de Flandre en 1119, il mène une vie d’ascète en se consacrant au bien de ses sujets, rendant la justice, soulageant les pauvres, moralisant le commerce en temps de famine, imposant le respect de la Trêve de Dieu. Il meurt assassiné dans l’église de Bruges. Il est proclamé patron secondaire de la Belgique par Léon XIII.
Dérivés : Carl , Carlos, Charley , Charly.

Bienheureux CHARLES ou KARL LEISNER
(1915-1945) PRÊTRE – MR 12 août. Au début des années trente, Karl Leisner est lycéen à Clèves. Dès 1933, il s’oppose fermement à Hitler et à son régime. Avant même de passer le baccalauréat, en 1934, il choisit de faire des études de théologie pour devenir prêtre. Au cours de son premier semestre à Münster, il se voit confier la responsabilité des mouvements de jeunesse diocésains. Il essaie de réunir les jeunes pour qu’ils soient capables de résister au nazisme. Déjà, ses activités sont surveillées par la Gestapo. Il est ordonné diacre le 25 mars 1939 à Münster. Mais peu de temps après, atteint de tuberculose, il interrompt toute activité pour se faire soigner en Forêt-Noire.
Dénoncé à la Gestapo à cause de propos imprudents contre le régime, il est emprisonné à Fribourg-en-Brisgau avant d’être conduit au camp de Sachsenhausen, puis transféré au camp de Dachau où sont incarcérés environ 2 800 prêtres allemands, autrichiens, polonais et d’autres pays d’Europe, ainsi que des pasteurs protestants. Il y a là des prêtres de 144 diocèses et des religieux de 40 ordres différents. Ils ont le droit de célébrer la messe tous les jours dans une chapelle, le matin à cinq heures, avant l’appel. Karl Leisner s’accroche toujours à l’espoir d’être ordonné prêtre. L’arrestation et le transfert à Dachau de M gr Piguet, évêque de Clermont-Ferrand, en 1944, rendent possible une ordination dans le camp. Un père jésuite, grâce à la complicité de la comptable du camp, obtient les autorisations de l’évêque de Münster. Un déporté russe façonne un anneau en laiton portant l’effigie de Notre-Dame de Dachau, un père bénédictin allemand fabrique une crosse en bois de chêne portant l’inscription Victor in vinculis (vainqueur dans les chaînes), un prêtre du diocèse de Trêves confectionne dans de l’étoffe violette, prise dans les magasins des SS, les ornements épiscopaux. L’ordination a lieu le 17 décembre 1944, le troisième dimanche de l’Avent, celui de la joie. Karl s’agenouille devant l’évêque qui lui impose les mains ainsi que les prêtres de son diocèse de Münster.
Prêtre, il ne l’est que huit mois et ne célèbre qu’une seule messe. Il bénit les prêtres du camp et rencontre les pasteurs protestants. Il est libéré le 4 mai 1945, mais sa maladie empire et il meurt à Münich le 12 août 1945. Jean-Paul II célébre sa béatification en 1996, dans le stade olympique de Berlin, devant 42 000 jeunes.
14 autres saints ou bienheureux portent le nom de Charles.

CHARLES LWANGA et ses compagnons
(† 1886 et 1887) MARTYRS – MR 3 juin**. Ces 22 jeunes gens de l’Ouganda sont les premiers martyrs de l’Afrique noire. Convertis par les Pères blancs, ils refusent de renier leur foi et sont livrés par leur souverain à d’atroces supplices, la plupart le 3 juin 1886 à Namugongo, aujourd’hui haut lieu de l’Église ougandaise. Charles Lwanga, chef des pages du roi, est proclamé patron de la jeunesse noire catholique par Pie XI en 1934.

Bienheureuse CHARLOTTE
(1715-1794) MARTYRE – MR 17 juillet. Elle est la plus âgée (80 ans) des carmélites de Compiègne guillotinées à Paris sous la Terreur, le 17 juillet 1794 (épisode évoqué dans la pièce Dialogues des Carmélites de Bernanos ).
Bien des Charlotte ont un des saints Charles pour patron.
Dérivés : Arlette , Caroline, Carole.

CHEF ou THÉODORE
(† 575) ABBÉ – MR 29 octobre. Il est disciple de saint Césaire d’Arles et reclus à Vienne.

CHELY ou HILAIRE DE MEUSE
(† 535) ÉVÊQUE – MR 25 octobre. Baptisé adolescent, il veut devenir ermite mais se fait moine à Lérins. Devenu évêque de Mende, il défend activement les populations du Gévaudan contre toutes les ingérences des princes.

CHÉRON
( V e siècle) ÉVÊQUE – MR 28 mai. Évêque de Chartres, martyrisé ou assassiné, il est représenté sur un vitrail du XIII e siècle dans la cathédrale.

CHILIAN, CILIAN ou KILIEN
(† 639) ÉVÊQUE – MR 13 novembre. D’origine irlandaise, il est parent de saint Fiacre. Missionnaire en Artois, il est aussi évêque de Wurzbourg.

CHINIAN, voir Aignan d’Orléans


CHLOÉ, voir Clélia


CHRISTIAN et ses frères camaldules
(† 1003) MARTYRS – MR 12 novembre. Christian fait office de cuisinier au sein d’un groupe d’ermites camaldules chargés par le roi Boleslas d’évangéliser la Pologne. Ils sont massacrés par des brigands dans leur ermitage sur les bords de la Warta. Leur fête est célébrée dans toute la Pologne et l’ermitage est devenu un lieu de pèlerinage.
Dérivé : Christiane.

CHRISTINE
Plusieurs saintes sont honorées sous ce nom, dont la patronne de Palerme, vierge et martyre du IV e siècle, fêtée le 24 juillet au Martyrologe romain ; une autre martyre, fêtée le 6 février, qui serait morte à Césarée de Cappadoce (Asie Mineure) ; sainte Christine « l’Admirable », née vers 1150, qui finit sa vie au couvent Sainte-Catherine de Saint-Trond (Belgique) vers 1224 et aurait eu une existence remplie de prodiges mystérieux, fêtée le 24 juillet au Martyrologe romain.
Dérivés : Christel, Christelle.

CHRISTOL, déformation de Christophe


CHRISTOPHE
(Dates incertaines) ERMITE – MR 25 juillet. Personnage populaire à l’existence incertaine, il est le patron des voyageurs et des automobilistes. Vénéré depuis le V e siècle en Asie Mineure, son culte s’est répandu dans tout l’Occident. Son nom, qui signifie en grec « Porte-Christ », vient de la légende selon laquelle, passeur auprès d’un fleuve, il aurait eu un jour à le faire traverser à un petit enfant, sous le poids duquel il faillit succomber, et qui n’était autre que le Christ portant le monde. Il serait mort martyr. Son histoire en a fait le patron des arbalétriers, des portefaix, des forts des halles, des foulons et des fruitiers.
Parmi les pèlerinages traditionnels en l’honneur de saint Christophe, l’un des plus célèbres est celui de Saint-Christophe-le-Jajolet (Orne), où des reliques du saint sont vénérées de très longue date et où, le dimanche suivant le 25 juillet, on procède à la bénédiction des automobiles.
Une archiconfrérie de Saint-Christophe y est instituée en 1912 par Pie X.
Dérivé : Christol.

CHRISTOPHE MAGALLANÈS et 26 autres martyrs du Mexique
(† 1927) MARTYR – MR 25 mai. Durant la période d’anticléricalisme et de persécutions, des centaines de jeunes hommes sont condamnés sans procès, souvent torturés puis exécutés en proclamant : « Vive le Christ-Roi ! »
Christophe est prêtre et défend la liberté religieuse en soutenant les laïcs chrétiens arrêtés, jusqu’au jour où il l’est lui-même et donne ainsi le témoignage de sa fidélité.
Trois autres saints ou bienheureux portent le nom de Christophe, dont saint Christophe de Cordoue, décapité en 852, victime de sa fidélité à sa foi, et le bienheureux Christophe de Cahors († 1272), disciple de François d’Assise qui l’envoie en 1216 en France pour y fonder des couvents de Frères mineurs.
Ainsi furent créés ceux de Mirepoix (Ariège) et de Cahors (Lot).

CLAIR DU DAUPHINÉ
(† v. 660) ABBÉ – MR 1 er janvier. Né dans un village qui porte actuellement son nom, Saint-Clair-du-Rhône (Isère), il fut abbé du monastère de Saint-Marcel à Vienne (Isère) où il mourut.
Plusieurs autres saints Clair, vivant à des époques différentes, ont laissé des traces dans l’histoire locale : l’évangélisateur de Nantes au III e siècle, un ermite au mont Saint-Clair près de Sète, un prêtre martyr du IX e siècle, originaire de Rochester, passé dans le Vexin et patron des doreurs et des brodeurs (fête 16 juillet).

CLAIRE D’ASSISE
(1193-1253) VIERGE – MR 11 août***. Claire Offreduccio , née à Assise dans une famille de la noblesse, est conquise par l’idéal de pauvreté évangélique prêché par saint François . À 18 ans, le jour des Rameaux de 1212, ayant fait profession religieuse devant François, elle coupe sa longue chevelure blonde et revêt la bure. Bientôt rejointe par sa sœur Agnès, elle s’initie d’abord à la vie religieuse chez les bénédictines. Puis, à la demande de François, elle fonde l’ordre des Pauvres dames (ou clarisses) sur le modèle des Frères mineurs. Avec ses compagnes, elle s’installe au couvent Saint-Damien d’Assise, poussant jusqu’à l’héroïsme l’amour de la pauvreté par amour du Christ. La règle de Claire bannit toute propriété individuelle ou collective. Nombre de ses amies et parentes, y compris sa mère, la rejoignent peu à peu. Elle meurt à 60 ans, après avoir dirigé pendant 42 ans son couvent et l’ordre des clarisses qui en est né. Le pape Innocent IV et la curie romaine viennent assister à ses obsèques. Elle est proclamée patronne de la télévision dans le monde par Pie XII en 1958.
Sept autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Claire.

CLARISSE , CÉCILE ou SIGEBERGE
( VII e siècle) RELIGIEUSE – MR 12 août. Elle est la première abbesse de l’abbaye de femmes établie par Romaric et saint Aimé sur le Saint-Mont, à côté d’une abbaye d’hommes. Ces deux abbayes sont à l’origine de Remiremont (Vosges).
Une autre Clarisse est fêtée le même jour. Il s’agit d’une religieuse franciscaine italienne morte en 1640 qui, après avoir été objet de scandale par le luxe dans lequel elle menait sa vie monastique, se convertit à l’austérité la plus rigoureuse et organisa à Viterbe des fraternités vouées aux pauvres et aux malades.

CLAUD
Il s’agirait soit d’un ermite du VIII e siècle, dont le tombeau est conservé dans l’église de Saint-Claud (Charente), soit de la transposition du nom de saint Cloud , petit-fils de Clovis et sainte Clotilde (voir Cloud).

CLAUDE DU JURA
(† 703) ÉVÊQUE – MR 6 juin. Évêque de Besançon, il se retire dans l’abbaye de Condat fondée au V e siècle (Saint-Oyan-de-Joux), qui prend son nom au XII e siècle et autour de laquelle s’est développée la ville de Saint-Claude (Jura), siège d’un évêché depuis le XVIII e siècle. Il est le patron des tourneurs, des bimbelotiers (industrie de la région de Saint-Claude).
Dérivés : Claudette , Claudie, Claudine, Claudius.

CLAUDE LA COLOMBIÈRE
(1641-1682) RELIGIEUX – MR 15 février. Né à Saint-Symphorien-d’Ozon dans le Dauphiné, il entre chez les jésuites et fait ses études de théologie à Paris tout en étant précepteur des enfants de Colbert. Nommé supérieur du collège de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), il devient le confesseur des visitandines de la ville. Parmi elles se trouve sainte Marguerite-Marie Alacoque. Au cours des visions qu’elle a fréquemment, le Christ l’incite à lutter contre l’indifférence des hommes à son égard en répandant la dévotion au Cœur de Jésus. Le père La Colombière, témoin de la sainteté et de l’équilibre de la religieuse, est convaincu de l’authenticité des apparitions et des confidences dont elle est l’objet, et il en rédige le récit. Après un séjour en Grande-Bretagne au cours duquel, jeté en prison lors de la vague de persécutions anticatholiques de 1678, il perd la santé, il revient à Paray-le-Monial pour y mourir à 40 ans. Il est canonisé le 31 mai 1992.

CLAUDINE THÉVENET
(1774-1837) RELIGIEUSE – MR 3 février. Claudine Thévenet naît en 1774 à Lyon. On la surnomme Glady. Elle a 19 ans quand, un matin de janvier 1794 (en pleine Révolution), elle reconnaît ses deux frères Louis et François dans un cortège de condamnés à mort. Elle prend le risque de les accompagner jusqu’au pied de l’échafaud. Ils lui disent : « Pardonne comme nous pardonnons. » Après la fusillade, elle a le courage de se glisser à côté des victimes. On achève à coups de sabre les survivants parmi lesquels elle reconnaît Louis et François. C’en est trop pour ses nerfs : toute sa vie elle en conservera une prédisposition à la migraine. Cette expérience traumatisante influence sa vocation. Désormais, face à toute misère, elle ne donne jamais d’autre réponse que l’amour. Et cette misère est indicible à Lyon après la Révolution et les guerres napoléoniennes. En 1816, un prêtre lui confie deux petites orphelines qu’il vient de découvrir abandonnées et grelottantes. Elle les accueille. Puis d’autres arrivent. Pour s’en occuper, Claudine s’organise avec quelques amies et, deux ans plus tard, en 1818, elle fonde la congrégation des Sœurs de Jésus-Marie, vouée à l’éducation de la jeunesse. Au bout de trois mois elles sont déjà douze pour s’occuper de 20 orphelines. En 1837, elle est frappée d’hémiplégie et elle meurt la même année. Elle est canonisée le 21 mars 1993.

CLELIA BARBIERI
(1847-1870) RELIGIEUSE – MR 13 juillet. Italienne, née près de Bologne, elle est la fondatrice des Sœurs de l’Addolorata et canonisée le 9 avril 1989.
D’autres Clélia ont pour sainte patronne Claire.
Dérivé : Chloé.

Bienheureuse CLÉMENCE
(† 1176) MONIALE – MR 21 mars. Clémence de Hohenberge (Allemagne), devenue veuve, se fait moniale bénédictine. Elle meurt à Trèves après avoir été toute sa vie un modèle de bonté.

Bienheureux CLEMENS AUGUST VON GALEN
(1878-1946) ÉVÊQUE – MR 22 mars. Clemens August naît le 16 mars 1878 dans une famille noble, au château de Dinklage, dans le diocèse de Münster. Il est le onzième de 13 enfants. Son éducation est austère mais animée par une foi catholique ardente. Sa mère lui apprend à imiter Jésus-Christ et à regarder la vie terrestre comme une préparation à la vie éternelle.
Ordonné prêtre en 1904, il est envoyé à Berlin, et lors de la crise financière de 1923, il secourt les plus nécessiteux en prenant sur ses revenus personnels : « Il serait vraiment inutile, disait-il, qu’il me reste encore des biens après ma mort ! »
Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est nommé chancelier. Clemens August n’a aucune confiance dans le chef du parti national-socialiste, malgré la signature d’un concordat. Le 3 avril, au cours de la messe d’intronisation du conseil municipal de Münster (comptant de nombreux dignitaires nazis), il rappelle les deux fondements de l’ordre social chrétien : la justice et la fraternité. Consacré évêque la même année, il commente devant 500 000 fidèles sa devise Nec laudibus, nec timore : « Ni la louange, ni la crainte. » Un an plus tard, il condamne un ouvrage d’Alfred Rosenberg, Le Mythe du XX e siècle , qui exalte la pureté de la race et le sang allemand, source d’une humanité supérieure. Dans sa lettre pastorale, il rappelle que seul le Sang précieux répandu par Jésus-Christ au calvaire a le pouvoir de nous sauver, parce que c’est le sang de Dieu fait homme. Pie XI le consulte en 1937 pour l’encyclique Mit Brennender Sorge (« Avec une brûlante inquiétude »), où le pape condamne la divinisation du peuple et de la race. Clemens August, dans le plus grand secret, en fait imprimer 120 000 exemplaires et, le dimanche 21 mars, chaque curé, sur ordre de l’évêque, lit en chaire ce texte à la grand-messe.
À partir de la deuxième moitié de 1940, les mesures persécutrices contre l’Église se succèdent : arrestation et déportation de nombreux prêtres, invasion des monastères dont les occupants sont expulsés. M gr von Galen, le 13 juillet 1941, proteste contre ce régime d’arbitraire et de terreur. Le 3 août, à la cathédrale, il dénonce le massacre des aliénés et l’euthanasie. Hitler envisage de faire pendre l’évêque qui ose lui résister. Mais Goebbels l’en dissuade. Toutefois, 40 prêtres du diocèse de Münster sont arrêtés, dont 10 mourront en déportation. En 1944, c’est le propre frère de l’évêque, Franz, qui est déporté au camp d’Oranienburg.
Vers la fin de la guerre, il doit quitter Münster. Quand il y revient après l’armistice, le 16 mars 1946, il est accueilli par 50 000 personnes qui l’acclament. Il meurt quelques jours plus tard, le 22 mars.
Le jour de sa béatification, le 9 octobre 2006, le pape Benoît XVI dit de lui : « Son message toujours actuel, c’est que la foi ne se réduit pas à un sentiment privé, qu’il faudrait peut-être même cacher lorsqu’elle dérange, mais implique la cohérence et le témoignage également dans le domaine public, en faveur de l’homme, de la justice et de la vérité. » Pour souligner son message, le pape décide que la cérémonie sera célébrée dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

CLÉMENT
(† 97) PAPE et MARTYR – MR 23 novembre*. Une lettre adressée vers 95 à l’Église de Corinthe par ce troisième successeur de saint Pierre (88-97) montre quelle autorité on reconnaissait déjà à l’évêque de Rome. Selon saint Irénée et saint Jérôme, Clément aurait été ordonné par saint Pierre.
D’après des textes du IV e siècle très sujets à caution, il aurait été exilé en Chersonèse, sous l’empereur Trajan, et jeté à la mer. C’est sans doute pourquoi il est le patron des bateliers. Dès le IV e siècle, une basilique romaine lui est dédiée.

CLÉMENT-MARIE HOFBAUER
(1751-1820) RELIGIEUX – MR 15 mars. Ce rédemptoriste viennois exerce une influence profonde sur la vie religieuse de l’Europe centrale à la charnière des XVIII e et XIX e siècles. Représentant actif de la réaction romantique religieuse qui caractérise la première partie du XIX e siècle, il contribue à faire reculer le joséphisme (mainmise de l’État sur l’Église) et à promouvoir l’évangélisation des milieux populaires par la fondation de maisons de son ordre, notamment en Pologne.
Onze autres saints ou bienheureux portent le nom de Clément.

Bienheureuse CLÉMENTINE ANWARITE
(1939-1964) MARTYRE – MR 1 er décembre. Née le 29 décembre 1939, elle est baptisée en 1941. À 15 ans, elle déclare à sa mère : « Je veux faire le travail de Dieu » et entre dans la congrégation de la Sainte-Famille. Sa mère s’incline devant le fait accompli. Malgré son caractère bouillant, ou peut-être à cause de lui, la nouvelle religieuse se montre d’une totale fidélité à sa vocation.
En 1964, le Congo, devenu indépendant depuis quatre ans, est en proie à la guerre civile. Les partisans de Patrice Lumumba, chef rebelle assassiné en 1961, ont organisé une « armée populaire de libération ». Celle-ci est commandée par le général Olenga qui recourt aux services d’une tribu du pays, les Simba.
Le 29 novembre 1964, à midi, les Simba (qui ont tué l’évêque de Wamba, M gr Wittehois, le 26 novembre) arrivent au couvent des sœurs de la Sainte-Famille. Le commandant des Simba rassure les religieuses terrorisées : il vient pour les conduire, dit-il, en lieu sûr, à Wamba. Mais l’homme qui les conduit a reçu l’ordre de garder sœur Anwarite, car le colonel Ngalo veut l’avoir pour femme. On la fait entrer de force dans sa voiture. Elle refuse : « Je ne veux pas aller commettre ce péché ; si vous voulez, tuez-moi ! » crie Anwarite. On la frappe. Elle a un bras cassé, le visage tuméfié, et tombe inanimée. Le colonel ordonne : « Transpercez cette sœur, enfoncez le couteau dans son cœur ! » Elle expire le 1 er décembre 1964. Elle est béatifiée le 15 août 1985 à Kinshasa.

CLET
(† v. 88) PAPE – MR 26 avril. Clet (distingué du pape Anaclet ou confondu avec lui selon les historiens) est le deuxième successeur de Pierre sur le siège épiscopal de Rome, vers 76. Martyrisé vers 88, il aurait été enseveli aux côtés de saint Pierre sur la colline du Vatican.
Dérivé : Anaclet.

CLOTILDE
(v. 470-545) REINE – MR 4 juin (en France*). Née à Lyon, elle est la fille de Chilpéric, roi des Burgondes. Celui-ci, comme tout son peuple, est arien. Mais les évêques de la région, au premier rang desquels saint Avit de Vienne, exercent une grande influence sur la famille royale. Clotilde, nièce du roi Gondebaud, est élevée par sa mère dans la foi catholique. Son mariage avec le jeune roi des Francs Clovis, qui est païen comme l’ensemble de ses sujets, est probablement favorisé par l’épiscopat (492). Il aura des conséquences historiques considérables puisque, sous l’influence conjuguée de son épouse et de saint Remi, Clovis se convertit en 496 et, avec lui, c’est tout le peuple franc qui adopte la foi catholique. Veuve, Clotilde voit mourir son fils Clodomir, puis massacrer deux enfants de celui-ci par ses deux autres fils, Childebert et Clotaire. Elle se retire à Tours pour y finir ses jours. Elle est enterrée aux côtés de sainte Geneviève et de Clovis dans l’église qu’il avait édifiée près de l’actuel Panthéon à Paris.

CLOUD ou CLODOALD
(† 560) ÉVÊQUE – Fête loc. 7 septembre. Petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde et fils de Clodomir, roi d’Orléans, il échappe au massacre dont ses deux frères sont victimes de la part de leurs oncles, Childebert, roi de Paris, et Clotaire, roi de Soissons, en vue de s’emparer de leur héritage. Ordonné prêtre en 551 par l’évêque Eusèbe (ce qui rassure ses oncles), il y construit un monastère où il se retire. C’est l’origine de la ville de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), lieu de pèlerinage jusqu’à la Révolution pendant laquelle les cendres de saint Cloud sont dispersées. Saint Cloud est le patron des cloutiers.

CLOVIS , nom germanique de Louis
Ce roi des Francs fut baptisé par saint Remi de Reims en 496 (voir Louis).

COELIA, voir Céline


COLETTE
(1381-1447) VIERGE – MR 6 mars. Née à Corbie (Somme) de parents âgés qui avaient prié saint Nicolas pour avoir un enfant, on l’appelle Nicolette, d’où Colette. Attirée par la vie religieuse, elle est orientée par l’abbé bénédictin de Corbie vers la spiritualité franciscaine. Déçue par les adoucissements que les clarisses ont apportés à leur règle, elle se fait tertiaire de Saint-François et se retire, quatre années durant, dans un ermitage qu’elle s’est aménagé contre la collégiale de Corbie. Elle y prend conscience de sa vocation : ramener l’ordre des clarisses à la rigueur de la règle établie par sainte Claire. Encouragée par son directeur spirituel, un franciscain, elle va trouver à Nice le pape Benoît XIII (en réalité un des antipapes d’Avignon). Il la confirme dans sa mission, la nomme abbesse des couvents qu’elle réforme ou fonde, et la charge même de la réforme des trois ordres de la famille franciscaine (franciscains, clarisses, tiers ordre). Après la fin du grand schisme d’Occident, le pape Martin V la confirme à son tour dans la tâche à laquelle elle s’est vouée. Les vives oppositions auxquelles elle se heurte la conduisent à fonder de nouveaux monastères régis par des constitutions particulières, notamment en Franche-Comté, en Bourgogne, en Bourbonnais, au Puy. Peu à peu, d’anciens monastères se joignent au mouvement. Ces clarisses de stricte observance sont appelées « colettines ». Finalement c’est l’ordre entier des clarisses qui revient progressivement à l’esprit de la règle d’origine. Colette meurt à Gand dans l’un des monastères qu’elle a réformés. Elle est inhumée à Poligny (Jura) dans l’un de ceux qu’elle a fondés.
Dérivés : Nicole, Nicolette.

COLIN, voir Nicolas


COLOMBA
(521-597) FONDATEUR – MR 9 juin. Il fonde, en Écosse, le monastère d’Iona qui joua un rôle important dans la conversion de l’Écosse du Nord. Son Cathach , un psautier écrit de sa main, existe encore.

COLOMBAN ou Colomba
(v. 540-615) ABBÉ – MR 23 novembre*. (À ne pas confondre avec le précédent.) Né en Irlande où il se fait moine, Colomban part évangéliser le Nord-Est de la Gaule à la tête de douze autres moines. Après avoir fondé une première communauté monastique dans les Vosges, il en fonde une seconde à Luxeuil (Haute-Saône), puis une troisième à proximité, à Fontaine. Par sa sainteté personnelle et celle de ses trois monastères régis par une règle d’une extrême rigueur, Colomban exerce une influence spirituelle profonde sur toute la région. Ayant dénoncé les scandales du roi Thierry II d’Austrasie et de son aïeule, la reine Brunehaut, il est chassé. Il s’établit finalement sur les bords du lac de Constance, à Bregenz, puis en Italie. Il meurt au monastère de Bobbio qu’il a fondé. Colomban, tout en fondant des monastères et en évangélisant les populations, n’a cessé de conduire d’ardentes campagnes tant pour réformer le clergé que pour combattre l’hérésie arienne.

Seigneur Dieu, détruis et déracine tout ce que plante en moi l’adversaire. Ces semences de mort une fois détruites, mets dans ma bouche et en mon cœur de penser et d’agir selon le bien : que mon action et ma volonté ne servent que toi ; que je comprenne tes commandements ; que je te cherche.
Donne-moi la mémoire, donne-moi la charité ; donne-moi la chasteté ; donne-moi la foi ; donne-moi tout ce que tu sais être utile à mon âme, Seigneur. Fais en moi le bien, et accorde-moi ce que tu sais être opportun, toi qui règnes éternellement.
Saint Colomban


COLOMBE
( IV e siècle) MARTYRE – MR 31 décembre. Espagnole, elle fuit la persécution de son pays mais meurt martyre près de Meaux. Ses reliques furent longtemps vénérées à Sens.

Bienheureux COLUMBA MARMION
(1858-1923) ABBÉ – MR 30 janvier. Originaire de Dublin en Irlande, il fait ses études théologiques à Rome. De retour vers son Irlande natale, il s’arrête pour saluer un compagnon de cours dans la toute jeune abbaye bénédictine de Maredsous, près de Namur. Il est immédiatement séduit par l’atmosphère liturgique du lieu. Il veut entrer dans ce monastère, mais son évêque lui demande d’attendre et le nomme vicaire à Dundrum, puis professeur au grand séminaire de Clonliffe. En 1886, il reçoit enfin la permission de s’engager dans la vie monacale. À 30 ans, il ne lui est pas toujours facile de trouver sa place au milieu d’une bande de jeunes novices. La tâche est d’autant plus ardue qu’il doit changer de coutumes, de culture et de langue. Mais comme il affirme être au monastère pour chercher l’obéissance, il ne peut que serrer les dents et se laisser former à la discipline monastique, à la vie fraternelle et à la prière chorale jusqu’à sa profession solennelle. En 1909, Dom Columba est élu troisième abbé de Maredsous. À 51 ans, il se trouve ainsi à la tête d’une communauté de plus de 100 moines, avec, à leur charge, un collège secondaire, une école de métiers d’art et une grande ferme. Il doit en outre préserver et nourrir la réputation déjà bien établie de l’abbaye en poursuivant recherches et travaux sur les sources de la foi. La guerre de 1914-1918 le met à l’épreuve dans une communauté composée d’Irlandais et d’Allemands.
Lorsqu’il meurt, victime d’une épidémie de grippe, le 30 janvier 1923, il laisse une œuvre spirituelle qui aura immédiatement un grand impact dans la spiritualité de ses contemporains, car elle est un message pour vivre l’union à Dieu dans l’intimité du Christ Jésus. En fait, Columbia Marmion n’a rien écrit en vue d’une publication. Ses trois premiers livres consacrés au Christ ont été édités par l’un de ses moines, à l’aide de notes prises par ses disciples.

CÔME
(Dates indéterminées) MARTYR – MR 26 septembre*. Il est fêté en même temps que son frère Damien avec lequel il subit le martyre (à Cyr, près d’Alep en Syrie, vers 300 ?). La tradition en fait des anargyres, c’est-à-dire des médecins donnant leurs soins gratuitement. Leur culte est très vivant dès le V e siècle tant en Orient qu’en Occident, où des églises leur sont dédiées. Ils sont les patrons des médecins, des chirurgiens, des pharmaciens et des sages-femmes.
Trois autres saints ou bienheureux portent le nom de Côme.

CONRAD
(† 975) ÉVÊQUE – MR 26 novembre. Évêque de Constance, en Suisse, il ne se préoccupe que des affaires de son église et du bien de la population locale.
16 autres saints portent le nom de Conrad, dont Conrad de Bavière, disciple de saint Bernard et moine à Clairvaux.

CONSTANCE
(† 1794) MARTYRE – MR 17 juillet. Elle est l’une des carmélites de Compiègne guillotinées pendant la Terreur révolutionnaire à Paris.

CONSTANTIEN
(† 529) ABBÉ – MR 1 er décembre. Auvergnat, il est d’abord moine de Micy, près d’Orléans puis premier abbé de l’abbaye de Javron en Auvergne.

CONSTANTIN
(† 529) ÉVÊQUE – MR 12 avril. Il est le troisième évêque de Gap en Haute-Provence.

CONTEST
(† 510) ÉVÊQUE – MR 19 janvier. Évêque de Bayeux en Normandie, il rencontra bien des adversités durant son ministère.

CONVOYON
(† 868) ABBÉ – MR 5 janvier. Archidiacre de Vannes et abbé fondateur du monastère Saint-Sauveur à Redon, il meurt chassé par les Vikings.

CORA, CORALIE, CORINNE, voir Dioscore


CORBINIEN
(670-750) ÉVÊQUE – MR 8 septembre. Il naît à Châtres, près d’Arpajon. Dès son adolescence, Corbinien s’impose la règle des moines, résumée ainsi : étudier les écritures saintes, mépriser les vaines ambitions de la gloire, choisir la psalmodie, veiller souvent la nuit et prier, pratiquer l’hospitalité. Il fait construire une maison où il vit en reclus avec une petite communauté qu’il forme aux exercices du christianisme et avec lesquels il célèbre les offices. Il décide de se rendre à Rome pour y recevoir les conseils et la bénédiction du pape Grégoire II. Le pape, impressionné par la ferveur qui brûle le cœur de cet homme, décide de l’ordonner prêtre et de le sacrer évêque afin qu’il puisse, partout dans le monde, annoncer la parole de Dieu. Alors qu’il a fait halte dans une forêt la nuit, lors d’un voyage en Alémanie et en Bavière, un ours dévore son cheval. Corbinien le gronde, puis charge la bête sur son bagage et l’emmène jusqu’à Rome comme un animal domestique. Il ne le relâche qu’à l’arrivée. Revenu en Bavière, il décide de s’y établir. Il y fait bâtir une église qui deviendra la cathédrale de Freising. C’est là qu’il meurt, le 8 septembre de l’an 730. Il est inhumé dans l’église de Sainte-Marie, Mère de Dieu. Il est l’un des saints patrons du diocèse d’Évry, où il vécut 15 ans en ermite, à Saint-Germain-lès-Arpajon. Le pape Benoît XVI, ancien archevêque de Münich-Freising, a mis l’ours dans ses armoiries pontificales.

CORÉE (Martyrs de la)
Fête le 20 septembre. André Kim Taegon (1821-16 avril 1846), premier prêtre coréen, Paul Chong Hasang (1795-22 avril 1839) et leurs 101 compagnons coréens et français meurent martyrisés en 1839.
Les dix Français étaient des missionnaires de la Société des Missions étrangères, trois évêques et sept prêtres : Laurent Imbert , Siméon Berneux , Pierre Maubant , Louis Beaulieu , Jacques Chastan , Pierre Aumaitre , Pierre Dorie , Just de Brétonnières, Antoine Daveluy .
Ce sont les premières canonisations proclamées en dehors de Rome, au cours du voyage de Jean-Paul II en Corée, le 6 mai 1984 à Séoul.

CORENTIN
(† 490) ÉVÊQUE – MR 12 décembre. Il serait le premier évêque de Quimper et l’évangélisateur de la région, aidé en cela par les saints Tugdual et Guénolé. La cathédrale de Quimper lui est dédiée. Il est le patron du diocèse.
Dérivé : Corinne.

CORINNE, voir Corentin


CORNEILLE
(† 253) PAPE et MARTYR – MR 16 septembre**. Durant son bref pontificat (251-253), le pape Corneille lutte contre un antipape redoutable, Novatien. Ce dernier est partisan du refus du pardon aux anciens apostats (on est en pleine persécution des chrétiens), Corneille au contraire, soutenu par un concile et par son ami saint Cyprien, évêque de Carthage (fêté en même temps que lui), se prononce pour la réconciliation. Une violente épidémie de peste survenant sur ces entrefaites déclenche une nouvelle vague de persécutions antichrétiennes. Corneille est arrêté et exilé à Civitavecchia où il meurt. Il est honoré comme martyr. Ses reliques se trouvent à Sainte-Marie-du-Transtévère à Rome.
Deux autres saints, dont le centurion Corneille (Ac 10), portent ce nom.

CRÉPIN et CRÉPINIEN
( III e siècle) MARTYRS – MR 25 octobre. Selon une légende du IX e ou X e siècle, ces deux frères, des cordonniers qui chaussaient les pauvres gratuitement, seraient venus de Rome à Soissons pour y prêcher l’Évangile et y seraient morts martyrs sous l’empereur Maximien ( II e - III e siècles). Leur culte est attesté dès le IV e siècle par saint Grégoire de Tours. Ils sont les patrons des cordonniers, d’où le nom traditionnel de saint Crépin pour désigner l’ensemble des outils du cordonnier et même le sac dans lequel les cordonniers nomades les transportaient.

CRESCENT
( II e siècle) ÉVÊQUE – Fête loc. 27 juin. Originaire de Galatie, disciple de saint Paul (2 Tm 4, 10) et évêque en Galatie (Asie Mineure), Crescent serait venu prêcher l’Évangile en Gaule sous l’empereur Trajan ( I er - II e siècles) et aurait fondé le siège épiscopal de Vienne (Isère).

CUNÉGONDE ou KUNIGONDE
(† 1033 ou 1039) IMPÉRATRICE – MR 3 mars. Épouse d’Henri de Bavière élu empereur d’Allemagne à la mort d’Otton III, elle donne en même temps que lui un témoignage de vertu qui leur vaudra à tous deux la canonisation. D’un commun accord, ils auraient notamment fait vœu de continence. Ils fondent le monastère et le diocèse de Bamberg. Devenue veuve, l’impératrice se retire dans le couvent de Kaufungen, en Hesse, l’un de ceux qu’elle a fondés.

CUNÉGONDE (KINGA)
(1234-1292) VEUVE et RELIGIEUSE – MR 24 juillet. Épouse du prince Boleslas de Pologne qui aida son peuple lors de l’invasion tartare, Cunégonde entre chez les clarisses à la mort de son mari.

CUTHBERT ou HERBERT
(† 687) ÉVÊQUE – MR 20 mars. L’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande se disputent l’honneur de lui avoir donné le jour. Berger puis moine, prieur pendant douze ans et ermite pendant huit ans, il est élu malgré lui évêque d’Hexam et décide l’évêque de Lindisfarne à échanger sa charge contre la sienne. Un an avant de mourir, il abdique et se retire sur un îlot désert. Il est le patron des marins anglais.

CYPRIEN DE CARTHAGE
(v. 200-v. 258) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 16 septembre** (en Afrique du Nord****). Cet avocat d’Afrique romaine, converti au christianisme à 40 ans, est ordonné prêtre et, peu après, élu évêque de Carthage (248). Les dix années de son pontificat se déroulent dans la tourmente et se concluent tragiquement.
À peine Cyprien élu, l’empereur Dèce déclenche une vague de persécutions contre les chrétiens. Cyprien, recherché comme tous les évêques, parvient à se cacher. Mais, le calme revenu, un problème aigu se pose à toute l’Église : quelle attitude adopter vis-à-vis des lapsi (ceux qui, sous la menace, ont renié leur foi) ? Sévérité ou indulgence ? Partout l’Église se trouve divisée. À Carthage, la scission menace même. Devant ce risque, et malgré sa propension personnelle à l’intransigeance, Cyprien adopte une position mesurée : la pénitence sera proportionnée à la faute. En 255, surgit un nouveau conflit, à propos du baptême donné par les hérétiques.
L’Église d’Afrique, soutenue par celle d’Orient, impose un nouveau baptême aux hérétiques convertis tandis que l’Église de Rome admet la validité du premier baptême. À ce sujet, Cyprien s’oppose avec vigueur au pape Étienne I er . En fait, la controverse est très vite balayée par le déferlement d’une nouvelle vague d’hostilité aux chrétiens, lancée par l’empereur Valérien. Cyprien, refusant de sacrifier aux dieux, témoigne devant son peuple de sa fidélité à la foi et meurt décapité. Ses dix années d’épiscopat auront été exemplaires : à l’animation de son Église locale, au témoignage de sa foi s’ajoute son œuvre de théologien, dont l’influence fut grande dans tout l’Occident et qui a fait de lui un des Pères latins de l’Église. Parmi ses œuvres, citons le De Lapsis et le De Catholicae Ecclesiae Unitate : « On ne peut avoir Dieu pour père si l’on n’a pas l’Église pour mère. » Sa définition de l’Église sera reprise par le concile Vatican II (Const. sur l’Église n. 4) : un peuple rassemblé dans l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit.
Saint Cyprien est le patron principal de l’Église d’Afrique du Nord, qui le fête solennellement.

CYPRIEN DE PÉRIGORD
( VI e siècle) ABBÉ – MR 9 décembre. Limousin d’origine et abbé du monastère de Genouillac, son nom reste attaché à la petite ville de Saint-Cyprien (Dordogne), où la tradition le fait vivre dans la grotte de Roque-Fournière. Il est vénéré en Périgord dès le VI e siècle.

CYPRIEN DE TOULON
(† v. 545) ÉVÊQUE – MR 3 octobre. Disciple et ami de saint Césaire d’Arles, moine de Saint-Victor de Marseille, il est évêque de Toulon dès avant 517.
Cinq autres saints portent le nom de Cyprien.

CYR
( IV e siècle) MARTYR – MR 16 juin. Cet enfant de trois ans est martyrisé avec sa mère Juliette, à Tarse en Cilicie.
40 localités en France se sont mises sous la protection de saint Cyr.

CYRILLE D’ALEXANDRIE
(† 444) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 27 juin*. D’abord ermite, il succède à son oncle Théophile comme patriarche d’Alexandrie en 412. Il est l’âme de la lutte contre l’hérésie de Nestorius, patriarche de Constantinople, qui soutient qu’en Jésus il y a deux personnes distinctes, l’humaine et la divine. Il fait condamner cette doctrine par le synode d’Alexandrie (430) puis par le concile d’Éphèse (431) au cours duquel est proclamée l’unité de la personne de Jésus, avec deux natures, respectivement divine et humaine. Marie peut, dès lors, à bon droit être appelée Théotokos (en grec, Mère de Dieu). Cyrille est proclamé Docteur de l’Église par Léon XIII en 1883.

N’est-il pas évident pour tous qu’il s’est abaissé à la condition d’esclave, sans en retirer aucun profit pour lui-même, mais pour nous faire don de lui-même, afin que nous soyons enrichis de sa pauvreté, élevés, par notre ressemblance à lui, à son bien propre et excellent, et que nous apparaissions par la foi dieux et enfants de Dieu ?
Saint Cyrille d’Alexandrie, Commentaire de Jean.


CYRILLE DE JÉRUSALEM
(v. 315-386) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 18 mars*. Né à Jérusalem, il est déjà un spécialiste de la formation religieuse des adultes lorsqu’il est élu évêque de sa ville en 348. Ses Catéchèses , qui nous sont parvenues, sont destinées aux catéchumènes et aux nouveaux chrétiens. À trois reprises, il est chassé de son siège épiscopal sous l’influence des ariens, mais c’est dans sa ville qu’il finit sa vie. Il est proclamé Docteur de l’Église en 1882 par Léon XIII.

CYRILLE DE THESSALONIQUE
(827-869) MOINE – MR 14 février** (en Europe***). Né à Thessalonique, Cyrille reçoit au baptême le nom de Constantin, ne prenant celui de Cyrille qu’à la fin de sa vie, comme nom de moine. Lui et son frère Méthode , que l’on fête ensemble, sont les apôtres des pays slaves. Moines en Asie Mineure, ils sont envoyés en 863 en Moravie (dans l’actuelle République Tchèque) par l’empereur de Byzance pour en évangéliser la population. Il leur faut donc traduire la Bible et les livres liturgiques dans la langue autochtone de l’époque, le slavon. Il créent un alphabet, le slave étant jusqu’alors une langue exclusivement orale. Ils s’inspirent principalement de l’alphabet grec (celui de leur langue maternelle), et accessoirement d’alphabets orientaux pour exprimer les sons inconnus du grec. C’est l’alphabet glagolitique, dont des disciples tireront plus tard l’alphabet cyrillique adopté par la Russie, la Bulgarie, la Serbie. Le slavon figure, depuis lors, parmi les langues considérées comme sacrées : il est la langue liturgique des chrétiens de rite byzantin en pays slave. Dénoncés auprès du Saint-Siège par l’épiscopat germanique pour employer dans la liturgie une langue courante au lieu du grec et du latin, Cyrille et Méthode viennent à Rome en 868 et y reçoivent l’approbation du pape Adrien II. C’est là que meurt Cyrille. Méthode, pour sa part, nommé archevêque et légat du pape en pays slave, poursuit sa mission et meurt à Velherad en Moravie. Les deux frères sont vénérés dans toutes les Églises, qu’elles soient romaine ou orthodoxe. Ils sont patrons de l’Europe.
Douze autres saints portent le nom de Cyrille.
D

DALMACE ou DALMAS
(† 580) ÉVÊQUE – MR 13 novembre. Il est le troisième évêque de Rodez, dont saint Grégoire de Tours vante la générosité envers les pauvres.

DAMASE I er
(v. 305-384) PAPE – MR 11 décembre*. Diacre et collaborateur du pape Libère, il lui succède en 366. Aux prises dès son élection avec un antipape, Ursinus , son pontificat est troublé par les menées de toutes sortes d’hérétiques et par les schismes qui éclatent à Antioche, à Constantinople, en Sardaigne et à Rome même. Sur les incitations de saint Athanase, il réunit à Rome un synode qui confirme la position du concile de Nicée vis-à-vis de l’arianisme. En 382, il promulgue la définition du Canon des Écritures. La même année, il obtient de l’empereur de Rome, Théodose , la séparation de l’État et du paganisme, symbolisée par la suppression au Sénat de l’autel de la Victoire. Il affirme avec beaucoup de vigueur la primauté du siège apostolique. Ayant pris saint Jérôme comme secrétaire, il lui confie la révision de la traduction latine de la Bible : c’est l’origine de la Vulgate.

DAMIEN
(Dates indéterminées) MARTYR – MR 26 septembre* (fêté en même temps que saint Côme ). La tradition veut que Damien et son frère Côme aient été des médecins refusant toute rémunération (anargyres), allusion probable aux guérisons obtenues par la prière. Martyrisés, peut-être vers 300 (à Cyr, près d’Alep en Syrie), ils font l’objet d’un culte très vivant dès le V e siècle et sont les patrons des médecins, chirurgiens, pharmaciens et sages-femmes.

Bienheureux DAMIEN DE VEUSTER
(1840-1889) RELIGIEUX – MR 15 avril. Joseph De Veuster naît dans une famille chrétienne à Trémolo, village près de Louvain, en Belgique. Prêtre dans la congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie (dite « de Picpus », nom de la rue de Paris où elle a pris naissance), il reçoit le nom de « père Damien ».
En 1862, à 23 ans, il part comme missionnaire à Hawaï, dans le Pacifique. Les premiers missionnaires catholiques y sont arrivés en 1827 mais n’ont pu y établir durablement la foi catholique qu’aux alentours de 1840. Dix ans plus tard, en 1872, il se porte volontaire pour aller vivre au milieu des lépreux de l’île de Molokai, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de la grande île d’Hawaï. « Me voici prêt à m’ensevelir tout vivant avec des infortunés », déclare-t-il à son évêque. 17 ans plus tard, victime à son tour de la lèpre, une maladie alors non seulement incurable mais volontiers considérée comme un châtiment de Dieu, le père Damien choisit d’aller avec ces exclus pour se faire, parmi eux, le témoin de l’Évangile. Ce faisant, il ne lui faut pas seulement surmonter la barrière des préjugés sociaux et moraux ainsi que celle de l’isolement, mais aussi un autre type d’épreuve : la répulsion naturelle que provoquent les lépreux. Les premiers mois sont difficiles mais conduisent le père Damien à la constatation que, pour sauver les âmes, il faut sauver les corps afin de redonner leur dignité aux personnes humaines.
Le père Damien, tout en soignant les lépreux et en organisant l’entraide des soins entre eux, s’emploie dès lors à susciter avec eux et pour eux une authentique vie sociale. Il met en route la construction de maisons entourées de jardins, d’un orphelinat, d’une église, d’une conduite d’eau courante.
Il est béatifié le 4 juin 1995 à Bruxelles par Jean-Paul II.
Sept autres saints ou bienheureux portent le nom de Damien.

Bienheureux DANIEL BROTTIER
(1876-1936) PRÊTRE – MR 28 février. Très jeune, Daniel Brottier se sent appelé au sacerdoce. Né dans une famille modeste près de Blois, il est ordonné prêtre en 1899 et entre dans la congrégation des Pères du Saint-Esprit. Il part comme missionnaire au Sénégal, où il exerce son ministère avec humour et dynamisme jusqu’en 1911. La maladie l’obligeant à quitter la terre d’Afrique, il se consacre aussitôt à recueillir des fonds pour construire la cathédrale de Dakar en utilisant des méthodes, alors révolutionnaires, de publicité dans les journaux et le métro. Aumônier volontaire pendant la guerre de 1914, il fonde, après les hostilités, l’Union nationale des combattants (qui rassemble vite 600 000 hommes de tous bords) pour « qu’ils restent unis comme au front ».
En 1923, le père Brottier est nommé directeur de l’Œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil , fondée en 1866 par l’abbé Roussel. Devenu « le brasseur des affaires de Dieu », il consacre désormais à cette œuvre son énergie et son cœur. Disciple fervent de Thérèse de l’Enfant-Jésus, il commence par construire une chapelle qui lui est dédiée et aussitôt les dons d’argent affluent. Le dynamisme, le sens de l’organisation et le travail acharné du père Brottier – fidèle à sa devise : « Aide-toi, le ciel t’aidera » – donnent un essor extraordinaire à cette œuvre qui éduque et prépare à leur futur métier des milliers de jeunes gens en difficulté familiale ou sociale.

DANIEL COMBONI
(1831-1881) ÉVÊQUE – MR 10 octobre. Daniel Comboni naît en 1831 au nord de l’Italie, dans une famille paysanne. Ordonné prêtre en 1854, il part trois ans plus tard au Soudan pour le « salut des âmes les plus abandonnées du monde ». En 1864, alors qu’il est en prière à Saint-Pierre de Rome, il a l’intuition du « Plan de régénération de l’Afrique » dont l’idée maîtresse est le salut de l’Afrique par les Africains eux-mêmes. Il note aussi l’importance de la femme africaine dans cette œuvre. Pour faire connaître la mission de l’Afrique centrale, il fonde une revue missionnaire, crée un institut de prêtres et frères missionnaires (1867), les comboniens actuels, et un institut de sœurs (1872). Entre-temps, il assiste au concile Vatican I comme théologien et fait signer par 70 pères conciliaires une pétition en faveur de l’évangélisation de l’Afrique centrale. En 1877, il est nommé vicaire apostolique de l’Afrique centrale et, un mois plus tard, il est ordonné évêque de Khartoum. Il connaît bien des épreuves : en douze ans, il perd 24 de ses compagnons. Ni les incompréhensions ni les calomnies ne lui sont épargnées, mais il reçoit ces croix avec un esprit de foi, jusqu’à sa mort à Khartoum. Béatifié le 17 mars 1996, il est canonisé le 5 octobre 2003.

DANIEL LE STYLITE
(409-493) RELIGIEUX – MR 11 décembre. Né en Syrie, il se fait moine dès l’âge de douze ans. Plus tard, il rend visite à Syméon, moine stylite dans un monastère près d’Antioche (stylite : du grec stylos , colonne ; par esprit de pénitence, les moines stylites se retiraient du monde en vivant au sommet d’une colonne). À la mort de Syméon, Daniel décide de suivre son exemple. Ainsi établi près de Constantinople en 460, il y reste jusqu’à sa mort 30 ans plus tard. On vient de très loin pour s’édifier de ses pénitences et de ses exhortations.
Un autre Daniel ( IV e siècle – Fête loc. 10 juillet) a été martyrisé en Arménie.
Dérivés : Danièle, Dany.

DAVID
(† v. 970 av. J.-C) ROI et PROPHÈTE – MR 29 décembre. Nous connaissons sa vie par les Livres de Samuel et sa vie spirituelle par les Psaumes . Il est roi (1S 16, 1-13) et préfigure le Christ.

DAVID
(† 601) ÉVÊQUE – MR 1 er mars. Ce patron du pays de Galles est un moine, devenu évêque, qui donna une vive impulsion et un caractère très rigoureux au monachisme gallois et breton. Il est l’un des créateurs de la liturgie celtique.
Sept autres saints portent le nom de David.

DELPHIN
(† 404) ÉVÊQUE – MR 24 décembre. L’un des premiers évêques de Bordeaux, il fait progresser la foi en Aquitaine. Il lutte contre l’hérésie priscillianiste, née en Espagne, dont nous connaissons mal la nature. Il est l’ami de saint Paulin, évêque de Nole en Italie, lui-même originaire de Bordeaux, avec lequel il échange une grande correspondance.

Bienheureuse DELPHINE DE SABRAN
(v. 1282-1360) VIERGE – MR 26 novembre. Elle est née dans la montagne du Lubéron (Vaucluse). Lorsqu’elle épouse Elzéar de Sabran, ils décident d’un commun accord de garder leur virginité. Après la mort de son mari en 1323, elle adopte une vie de pauvreté et de prière. Elle meurt à Apt. Son tombeau se trouve à la cathédrale.

DENIS ou DENYS
(† v. 250) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 9 octobre* (fêté en même temps que ses compagnons martyrs). Premier évêque de Paris, il meurt décapité sous le règne de l’empereur Dèce (249-251), en même temps que le prêtre Éleuthère et le diacre Rustique. Denis est un des saints céphalophores, ce qui signifie que, selon la légende, il porta sa tête après sa décollation ; il est souvent figuré de la sorte. Une Vie de sainte Geneviève , publiée vers 520, atteste qu’à cette époque Denis faisait déjà l’objet d’un culte ancien. Ce récit fixe le lieu du supplice au vicus Catulliacus , aujourd’hui Saint-Denis, où une basilique fut édifiée très tôt en son honneur sur le lieu de sa sépulture. Une autre tradition le fait mourir sur la colline de Montmartre ( mons Martyrum ), autrefois dédiée au dieu Mars. Malgré la confusion faite jusqu’au XVII e siècle, Denis de Paris n’a rien de commun avec Denis l’Aréopagyte, converti par saint Paul à Athènes au I er siècle, que le Martyrologe romain mentionne au 3 octobre.
Saint Denis est le patron des diocèses de Paris, de Saint-Denis en France et de Saint-Denis de la Réunion.
21 autres saints ou bienheureux portent le nom de Denis ou Denys. 49 localités en France portent son nom.

À Paris, sur les traces de saint Denis
Le culte rendu à saint Denis, premier évêque de Paris ( III e siècle), est très ancien. Il s’est trouvé stimulé par une Passion rédigée au IX e siècle décrivant le supplice de Denis en utilisant probablement les éléments d’une tradition orale. Les pèlerinages sur les lieux de son martyre et de sa sépulture rassemblèrent longtemps les foules. On en retrouve maints témoignages dans le Paris d’aujourd’hui.
Au 25 de la rue Henri-Barbusse (5 e arrondissement), dans la cour intérieure, se trouvent les vestiges d’une chapelle qui aurait marqué lemplacement de l’oratoire où Denis et ses compagnons Rustique et Éleuthère furent arrêtés. Par la voie romaine dont la rue Saint-Jacques occupe le site, ils auraient été conduits au cœur de l’ancienne Lutèce (l’île de la Cité), torturés à la « maison de justice » située à l’emplacement de l’actuel chevet de Notre-Dame, jetés dans un cachot à l’emplacement de l’actuel Hôtel-Dieu, et condamnés à mort. Ils auraient alors été conduits sous escorte au Mons Martis , le mont du dieu Mars, dont on a fait le Mons Martyrum , le mont des Martyrs, Montmartre. Les pèlerinages qui se rendaient sur les lieux du supplice suivaient le tracé des actuelles rues Montmartre et du Faubourg-Montmartre, de la rue des Martyrs et de la place des Abbesses. L’exécution aurait eu lieu à la hauteur du 9 de la rue Yvonne-Le-Tac, en un point appelé depuis lors le Martyrium , où a été édifiée une chapelle. C’est dans sa crypte qu’en 1534 saint Ignace et ses sept premiers compagnons firent le vœu de se consacrer au service de l’évangélisation, vœu dont est sortie la Compagnie de Jésus (les Jésuites).
Selon la tradition, le bourreau, après avoir décapité Denis, lui mit la tête dans les mains en lui disant : « Tiens ceci, Denis, je te la donne. » Denis, prenant sa tête, alla jusqu’à une source pour en laver le sang. Une fontaine, dans le square Buisson, avenue Junot, est honorée comme le lieu de cette purification et une statue de Denis décapité y a été placée.
De là, Denis serait allé jusqu’à la localité de Catulliacum, devenue depuis Saint-Denis, où il aurait été inhumé. Sur son tombeau, au V e siècle, sainte Geneviève édifie une chapelle, agrandie par Dagobert au VII e siècle. Suger, au XII e siècle, la remplace par l’actuelle basilique, coup d’envoi de l’architecture gothique, où les rois de France se feront inhumer. La basilique est aujourd’hui la cathédrale du diocèse de Saint-Denis.

DENISE ou DENYSE
( III e siècle) MARTYRE – MR 15 mai. Le Martyrologe romain fait état à cette date d’un groupe de chrétiens d’Asie Mineure arrêtés pendant les persécutions de Dèce ( III e siècle) et sommés sous peine de mort de sacrifier aux dieux. L’un d’eux n’ayant osé se soustraire à cet ordre, une jeune fille de 16 ans, qui était présente, s’indigna. Aussitôt arrêtée, elle fut exécutée en même temps que ceux qui avaient refusé de sacrifier.
Deux autres martyres ( III e et IV e siècles) portent le nom de Denise ou Denyse. Beaucoup de Denise ont pour patron l’un des saints Denis.

DÉSIRÉ
(† v. 550) ÉVÊQUE – MR 8 mai. Né près de Soissons et gardien du sceau royal sous les rois Clotaire et Childebert, il succède à saint Arcade en 543 comme évêque de Bourges. Il prend part à des conciles locaux où sont condamnées les hérésies de Nestorius et Eutychès. Il est enterré à Bourges.
Plusieurs autres saints portent le nom de Désiré, dont Désiré ( VI e siècle), évêque de Clermont, Désiré († 655), évêque de Cahors et Désiré († 700), fondateur de l’abbaye de Fécamp.

DÉVOTE
( III e siècle) MARTYRE – MR 3 novembre. Fête loc. 27 janvier. Elle est une martyre corse dont la légende remonte au XI e siècle et dont le culte est ancien dans son île natale. La tradition rapporte qu’une colombe, sortie de sa bouche après sa mort, aurait guidé jusqu’à Monaco la barque transportant son corps. Elle est la patronne de la principauté de Monaco et de la Corse.

Bienheureuse DIANE D’ANDALO
(1201-1236) VIERGE – MR 10 juin. Née à Bologne, elle entre à 20 ans chez les chanoinesses de Saint-Augustin. Les siens l’en font sortir de la manière la plus brutale, si l’on en croit les relations historiques. Persévérant dans sa vocation, elle fonde deux ans plus tard un couvent de dominicaines où elle meurt à l’âge de 35 ans.

DIDACE ou DIEGO
(† 1463) RELIGIEUX – MR 12 novembre. Franciscain espagnol, il est d’abord portier d’un couvent près de Cordoue où sa renommée de sainteté se répand. Envoyé comme missionnaire aux îles Canaries et bien que « frère lai » ou frère laïc, il est « gardien », c’est-à-dire supérieur de la mission. En 1450, il se rend à Rome avec de nombreux frères pour la canonisation de saint Bernardin. Là, le dévouement qu’il déploie pendant une épidémie le fait désigner pour diriger l’hôpital de l’ Ara Coeli . Rentré en Espagne, il meurt au couvent d’Alcala de Henarès (près de Madrid), avec la réputation d’être l’un des plus grands mystiques de son temps.

DIDIER ou DÉSIRÉ
(† 606) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 26 mai. Évêque de Vienne (Isère), il indispose le roi mérovingien Thierry II par ses remontrances à l’égard de sa conduite. Déposé par un concile réuni à Chalon à l’initiative du roi, il est un moment exilé puis lapidé et achevé à coups de bâton au lieu qui deviendra Saint-Didier-sur-Chalaronne (Ain).
Le même jour, fête de saint Didier, évêque de Langres, martyrisé par les Vandales vers 355.
Neuf autres saints portent le nom de Didier, dont un évêque d’Auxerre († 623 – MR 26 octobre).

DIÉ , DÉODAT ou DIEUDONNÉ
(† 679) ÉVÊQUE – MR 19 juin. Il aurait été d’abord évêque de Nevers puis se serait retiré pour mener une vie d’ermite dans les Vosges. Tout en restant fidèle à ce mode de vie, il fonde un monastère en un lieu qu’il appelle Val de Galilée et en assure la direction. Par la suite, le monastère sera voué à saint Dié et donnera son nom à la ville qui se développera autour de lui. Saint Dié est le patron du diocèse dont cette ville est le siège.
Deux autres saints portent le nom de Dié, dont un abbé du VI e siècle dans le Blésois (MR 24 avril).

DIEGO CUAUHTLATOATZIN
(† 1548) BERGER – MR 9 décembre*. Selon une tradition difficile à justifier, l’existence de Juan Diego est celle d’un homme de foi et d’humilité. Cet Indien du Mexique est un pauvre berger. Le 9 décembre 1531 à Tepeyac, près de Mexico, il aurait eu la vision de Notre-Dame de Guadalupe, qui se présente à lui sous les traits d’une Indienne à la peau foncée. Il lui construit un sanctuaire, qui devient un lieu de pèlerinage. Toute l’Amérique latine vient y prier en foules immenses celle qui est la patronne protectrice de tout ce continent. Juan Diego est béatifié le 6 mai 1990 et canonisé le 31 juillet 2002.
Les historiens restent sceptiques sur l’existence réelle de Juan : aucune mention historique le concernant ne remonte avant 1648, et une expertise scientifique de la chemise-relique, conservée dans la basilique, conclut en 1982 qu’il s’agit d’une peinture. Le supérieur de la basilique de Guadalupe envoie au pape un message demandant de ne pas canoniser Juan Diego Cuauhtlatoatzin car « l’existence de l’Indien n’a pas été démontrée ». Cette canonisation provoque une certaine réticence d’une partie du clergé mexicain qui considère que l’existence historique du nouveau saint n’est pas assez confirmée. Le secrétaire de la conférence des évêques mexicains déclare même : « Juan Diego Cuauhtlatoatzin a-t-il existé ou pas ? A-t-il fait des miracles ? L’important, c’est que notre peuple mexicain croit en la Vierge de Guadalupe. C’est peut-être cela le plus grand des miracles ! » Juan Diego devient ainsi le premier saint indien de l’Église catholique et cette canonisation ne fait que renforcer la popularité de la Vierge de Guadalupe dont l’image est présente dans la quasi-totalité des appartements, des taxis, des commerces et des maisons du Mexique.

DIOSCORE
(† 303) MARTYR – MR 18 mai. Il meurt à Alexandrie brûlé par des lames de métal rougies au feu avant d’être décapité.
Dérivés : Cora, Coralie , Corinne .

DISMAS
(† 33) LAÏC – MR 25 mars. La tradition appelle ainsi le bon larron crucifié à côté du Christ (Luc 23, 33-43). On peut le considérer comme le premier saint canonisé.

DODON
(† 750) ERMITE – MR 29 octobre. Originaire de la région de Laon en France, il est abbé du monastère de Walers-en-Faigne, dans le Cambrésis.

DOLORÈS
MR 15 septembre**. Nom donné dans les pays de culture hispanique aux personnes ayant pour patronne Notre-Dame-des-Douleurs ( Dolores ).

DOMINIQUE
(1170-1221) PRÊTRE – MR 8 août**. Dominique Guzman , né dans la province de Burgos (Espagne), entre, après des études à Palencia, chez les chanoines réguliers d’Osma (Vieille-Castille). Devenu sous-prieur, il accompagne son évêque dans une mission au Danemark et, traversant le Midi de la France, découvre toute la gravité de la situation provoquée par l’hérésie albigeoise. Peu après, il se rend à Rome, où le pape Innocent III, très préoccupé des progrès rapides de l’hérésie, l’envoie dans les régions où elle se développe, afin d’y prêcher la foi catholique. Dominique, conscient des raisons du succès des Cathares dans la région (austérité de vie de leurs cadres, en contraste avec le relâchement et l’ignorance du bas clergé et la richesse de l’Église), s’emploie lui aussi, avec quelques compagnons, à inciter les populations à revenir à l’esprit évangélique, mais dans la fidélité à l’Église. Ils donnent eux-mêmes le témoignage d’une vie de pauvreté, de chasteté, d’obéissance et de prière.
Dominique suscite à Prouille (Aude) une communauté de femmes venues de la foi cathare. En 1215, il fonde à Toulouse le premier couvent de Frères prêcheurs (nom qu’il donne à ses religieux qui seront d’ailleurs plus couramment appelés dominicains). Ainsi naît le nouvel ordre, voué essentiellement à la prédication, auquel Dominique donne comme règle celle de saint Augustin, qui permet de concilier vie religieuse et tâche apostolique. Tandis que se poursuit la sanglante croisade des Albigeois, Dominique et ses compagnons parcourent la région, prêchant et organisant des débats. Il envoie des frères en dehors de la région, dans les grandes villes universitaires, foyers de la culture contemporaine, où ils multiplient les fondations. Dès 1216 le pape Honorius III approuve l’ordre, dont le premier chapitre général établit les constitutions en 1220. Dominique meurt prématurément l’année suivante ; ses couvents sont déjà assez nombreux en France, Espagne, Italie, pour former alors huit provinces. Le nom de Dominique vient du latin dominicus , voué au Seigneur.
Une quarantaine de saints et bienheureux portent le nom de Dominique. Parmi eux : Dominique, abbé de Silos en Espagne († 1073, MR 20 décembre), Dominique Savio (1842-1857), jeune élève de saint Jean Bosco (MR 9 mars), et de nombreux martyrs chinois, vietnamiens et japonais.

DOMITIEN
(† I er siècle) ÉVÊQUE – MR 9 août. Il est évêque de Châlons-en-Champagne.

DOMNIN
(† v. 370) ÉVÊQUE – Fête loc. 13 février. Peut-être venu d’Afrique et considéré comme le fondateur de l’Église de Digne, il est le patron de ce diocèse.
Un autre Domnin, fêté le 3 novembre, a été évêque de Vienne (Isère) au VI e siècle. Enfin, on honore au Puy un enfant portant le nom de Domnin, originaire d’Avrillé (Vendée), qui aurait été martyrisé au III e siècle à l’âge de dix ans.

DOMNOLE
(† 581) ÉVÊQUE – MR 1 er décembre. Il est abbé du monastère Saint-Laurent près de Paris, puis évêque du Mans.

DONALD
( VIII e siècle) RELIGIEUX – MR 15 juillet. Moine écossais, il entre dans les ordres en même temps que ses neuf filles.

DONAT
( VI e siècle) ERMITE – MR 19 août. Il aurait vécu en ermite dans une grotte au Val-Saint-Donat, près de Sisteron. À l’époque de l’invasion des Sarrasins, ses reliques auraient été transportées à Saint-Donat-sur-l’Herbasse (Drôme).
Un autre saint Donat, archevêque de Besançon au VII e siècle, dota les monastères de son diocèse d’une règle inspirée de saint Benoît, saint Colomban et saint Césaire.

DONATIEN et ROGATIEN
(† 304) MARTYRS – MR 24 mai. Ces deux frères, souvent appelés « les enfants nantais » , sont en effet morts martyrisés à Nantes. Donatien avait converti Rogatien. Ce sont les patrons du diocèse de Nantes.
Quatre autres saints portent le nom de Donatien, dont trois martyrs des premiers siècles ; l’un d’eux est saint Donatien ( IV e siècle), deuxième évêque de Châlons-en-Champagne.

DORA, DORIANE, DORINE, voir Dorothée


DORMANTS D’ÉPHÈSE (Les sept)
( II e siècle) – MR 27 juillet. Sept jeunes hommes, emmurés vivants dans un arbre où ils s’étaient réfugiés pour fuir la persécution, se réveillèrent au V e siècle, rendant ainsi témoignage à la résurrection.
Ils sont vénérés à Plouaret en Bretagne et ils sont mentionnés dans la sourate 18 du Coran, d’où l’existence d’un pèlerinage islamo-chrétien.

DOROTHÉE
( IV e siècle) MARTYRE – MR 6 février. Elle est martyrisée à Césarée de Cappadoce (actuellement Kayseri en Turquie) en même temps qu’un jeune avocat, Théophile, converti à la suite d’un miracle. Des reliques de sainte Dorothée sont honorées à Arles.
Dérivés : Dora , Doris , Dorine , Doriane.

DOUAI (Martyrs de)
( XVI e et XVII e siècles) MARTYRS – 160 prêtres anglais formés à Douai moururent martyrs en Angleterre de 1568 à 1679. La plupart sont fêtés sous leur nom à la date de leur martyre.

DOULCHARD
( VIII e ou IX e siècle) ERMITE – Fête loc. 25 octobre. Ermite dans les environs d’Orléans, il a donné son nom à partir du XI e siècle à Saint-Doulchard (Cher) en raison des services rendus à la population locale.

DROCTOVÉE ou DROTÉ
(† 580) ABBÉ – MR 10 mars – Fête loc. 30 août à Paris. Il est d’abord abbé de Saint-Symphorien à Autun. Saint Germain de Paris en fait le premier abbé de ce qui deviendra le monastère parisien de Saint-Vincent-et-de-la-Sainte-Croix, appelé plus tard Saint-Germain-des-Prés.

DRUON ou DROGNON
(† 1186) ERMITE – MR 16 avril. Fils du seigneur local, Druon naît près de Carvin (Nord). Renonçant à tous ses biens, il se retire pour vivre en ermite à Sebourg près de Valenciennes. C’est là qu’il meurt, après avoir accompli de nombreux pèlerinages. Son culte est associé à celui du bienheureux Pierre de Luxembourg , allié à sa famille.

DYMPHNA ou DYMPNA
( IX e siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 30 mai. C’est une Irlandaise venue en Belgique, près d’Anvers, où elle fut martyrisée. Elle est invoquée contre l’épilepsie.
E

EBBON
(† 740) ÉVÊQUE – Fête loc. 27 août. Abbé du monastère Saint-Pierre-le-Vif à Sens, il devint l’évêque de cette ville qu’il sauva lors de l’invasion des Sarrasins.

EDEYRN ou EGEYRN
( V e siècle) ERMITE – Fête loc. 6 janvier. La légende associe cet ermite breton aux faits et gestes du roi Arthur.

EDGAR LE PACIFIQUE
(† v. 975) ROI – Fête loc. 8 juillet. Fait rare à cette époque, c’est un règne de paix qui caractérise celui de ce roi des Anglo-Saxons, père de sainte Édith de Wilton et de saint Édouard le Martyr.

ÉDITH
(v. 961-984) VIERGE – MR 16 septembre. Fille du roi des Anglo-Saxons, saint Edgar, elle passe l’essentiel de sa brève vie au monastère de Wilton (Angleterre) où elle meurt à 23 ans.

ÉDITH STEIN , voir Thérèse-Bénédicte de la Croix


EDMOND RICH , EDME en Bourgogne
(† 1240) ÉVÊQUE – MR 16 novembre. Après avoir étudié à Oxford puis à Paris, il revient enseigner à Oxford. Élu archevêque de Cantorbéry et primat d’Angleterre en 1234, il entend réduire les bénéfices du clergé et préserver l’indépendance de l’Église vis-à-vis du pouvoir royal. Il entre alors en conflit avec les moines de son chapitre, avec le roi Henri III et même avec le Saint-Siège. Incorruptible et inflexible, il préfère s’exiler en France, d’abord à l’abbaye cistercienne de Pontigny (Yonne), puis à Soisy près de Meaux (Seine-et-Marne), où il meurt. Son corps se trouve dans une châsse de l’église de Pontigny.
Cinq autres saints ou bienheureux portent le nom d’Edmond.
Dérivés : Edma, Edmée , Elme.

ÉDOUARD III LE CONFESSEUR
(v. 1002-1066) ROI – MR 5 janvier. Roi d’Angleterre en 1042, il est le dernier souverain anglo-saxon avant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Édouard fait recueillir les meilleures lois et coutumes des comtés anglais en un code resté célèbre sous le nom de Lois d’Édouard le Confesseur , que Guillaume promet à la noblesse de conserver. Pieux et aimé de son peuple, il construit la première abbaye de Westminster, où il meurt. De nombreux monarques et hommes illustres ont, depuis lors, leur tombeau à Westminster Abbey.

EDWIGE, voir Hedwige


EFFLAM
(† 700) ABBÉ – Fête loc. 6 novembre. Prince britannique, il fonda un monastère en Bretagne et donna son nom à la localité qui en naquit.

ÉGLANTINE , voir Rose


ÉLAPHE
(† 580) ÉVÊQUE – Fête loc. 19 août. Nous connaissons la vie de cet évêque de Châlons-en-Champagne par saint Grégoire de Tours.

ÉLÉONORE
(1222-1291) VEUVE – Fête loc. 25 juin. Comtesse de Provence et belle-sœur de saint Louis, elle épouse le roi Henri III d’Angleterre et finit sa vie comme moniale bénédictine.
Dérivé : Énora .

ÉLEUTHÈRE
(† 189) PAPE – MR 26 mai. Il est le douzième successeur de saint Pierre. Les martyrs de Lyon lui envoyèrent une lettre de la prison où ils attendaient leur martyre.

ÉLEUTHÈRE
(† 531) ÉVÊQUE – MR 20 février. Probablement le premier évêque de Tournai (Belgique), son culte est très populaire en Wallonie et dans le Hainaut. Sa châsse se trouve toujours à Tournai, où de grandes fêtes ont célébré son quatorzième centenaire, en 1931.
Dix autres saints portent le nom d’Éleuthère.

ÉLIANE, voir Élisabeth


ÉLISABETH
( I er siècle) MÈRE DE SAINT JEAN-BAPTISTE – MR 5 novembre. On ne sait rien d’autre sur elle que ce qu’en dit l’ Évangile de saint Luc. Elle est l’épouse de Zacharie, prêtre au service du temple de Jérusalem. Elle est stérile jusqu’au jour où l’ange Gabriel apparaît à Zacharie pour lui annoncer que, malgré leur âge avancé, Élisabeth va donner le jour à un enfant nommé Jean. Il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère, marchera devant Dieu avec l’esprit et la puissance du prophète Élie et préparera au Seigneur un peuple disposé à l’accueillir.
Six mois plus tard, alors qu’Élisabeth est enceinte, le même ange Gabriel apparaît à Marie, cousine d’Élisabeth, pour lui annoncer qu’elle va être la mère du Sauveur. Dans son émotion et sa joie, Marie accourt auprès d’Élisabeth et, alors qu’elle la salue, le futur Jean-Baptiste « tressaille aussitôt d’allégresse » dans le sein de sa mère, qui reconnaît en sa cousine « la mère de son Seigneur ».

ÉLISABETH DE HONGRIE
(1207-1231) VEUVE – MR 17 novembre**. Fille du roi André II de Hongrie, elle épouse à 14 ans le landgrave Louis IV de Thuringe. Elle est mère de trois enfants lorsque, à 20 ans, elle perd son mari. Elle subit alors de multiples humiliations, qu’elle supporte avec douceur.
Chassée du château de Louis IV, elle se fait tertiaire de Saint-François, se consacrant au service des pauvres et des malades. Elle meurt à 24 ans à Marburg (Allemagne).
Très populaire, elle est canonisée quatre ans plus tard.

ÉLISABETH, ou ISABELLE , DE PORTUGAL
(1271-1336) VEUVE – MR 4 juillet*. Fille du roi d’Aragon Pierre III et de la bienheureuse Constance, elle est la petite-nièce de sainte Élisabeth de Hongrie. Elle épouse à douze ans le roi Denis de Portugal. Celui-ci est un souverain remarquable mais un époux volage. Si Élisabeth supporte avec abnégation ses infidélités, leur fils Alphonse se révolte à deux reprises contre ce père indigne et prend les armes contre lui. À chaque fois Élisabeth rétablit la paix. Denis meurt en 1325. Élisabeth mène dès lors une vie de prière au service des pauvres, comme tertiaire franciscaine à Coïmbre.

Bienheureuse ÉLISABETH DE LA TRINITÉ
(1880-1906) RELIGIEUSE – MR 9 novembre. Née près de Bourges où son père est en garnison, Élisabeth Catez mène d’abord la vie de toutes les jeunes filles bourgeoises de son temps. Son caractère est vif, enthousiaste et sensible. À 13 ans, elle obtient le premier prix de piano au conservatoire de Dijon. Mais, depuis deux ans déjà, elle a décidé de se faire religieuse. Sa mère s’oppose à cette vocation si précoce et lui demande d’attendre sa majorité pour entrer au carmel. « Qu’importe, écrit Élisabeth dans son journal, je puis être carmélite en dedans. »
Sa vie de carmélite, à Dijon, ne dure que cinq années. Tout en raccommodant humblement les robes de la communauté, Élisabeth étudie saint Paul. Elle y découvre les mots « être louange de gloire » qui seront l’expression de toute sa spiritualité. Elle écrit beaucoup, à sa famille, à ses amis, et tient un journal spirituel. L’écoute de la parole de Dieu la conduit au silence intérieur : « Ce n’est pas tout d’entendre cette Parole, il faut encore la garder. »
La maladie d’Addison emporte prématurément Élisabeth, après de grandes souffrances pendant lesquelles elle ne cesse d’exprimer son désir de communion totale avec Dieu : souffrir avec Jésus, c’est sauver avec lui.
Le 21 novembre 1904, juste deux ans avant sa mort, elle écrit la prière à la Sainte Trinité qui résume tout son message spirituel et sa compréhension du mystère de la Trinité.
En 1980, au cours de son voyage en France, Jean-Paul II a dit d’Élisabeth qu’elle « était l’une des filles de la nation française qui avaient exercé la plus grande influence sur sa vie ». Elle est béatifiée par ce pape le 25 novembre 1985.
Douze autres saintes ou bienheureuses portent le nom d’Élisabeth.
Dérivés : Babette , Bettina , Betty, Éliane , Élise , Elsa , Elsy, Leslie , Lilian , Lilianne, Lily, Lisbeth , Lise, Lisette, Lizzie.

Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité.
Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère !
Élisabeth de la Trinité, Écrits spirituels .


ELISABETH-ANNA SETON
(1774-1821) VIERGE – Fête le 17 septembre. Née à New York dans l’Église épiscopalienne, elle devient catholique à 29 ans et fonde les Sœurs de la Charité de Saint-Joseph. C’est la première sainte américaine. Elle est canonisée en la Journée internationale de la Femme le 14 septembre 1975.

ELME , voir Edmond ou Érasme


ÉLODIE , ou ALODIE, et sa sœur NUNILONE
(† 851) MARTYRES – MR 22 octobre. Nées d’un père sarrasin et d’une mère chrétienne à Huesca en Espagne, ces deux jeunes Wisigothes refusent la loi qui les oblige à suivre la foi de leur père. Elles acceptent le martyre pour rester fidèles à Jésus-Christ.

ÉLOI
(v. 588-660) ÉVÊQUE – MR 1 er décembre. Né à Chaptelat (Haute-Vienne), il fait son apprentissage d’orfèvre à Limoges. Venu à Paris, il acquiert la confiance du trésorier du roi Clotaire II, Bobbon. On raconte qu’à la surprise de tous, il exécute deux trônes avec l’or qu’on lui avait remis pour n’en fabriquer qu’un. On lui confie l’atelier monétaire de Marseille. Il devient le conseiller intime de Dagobert, fils de Clotaire II, qui lui facilite la fondation de monastères (notamment Solignac, en Haute-Vienne).
Appelé à l’épiscopat, il succède à saint Médard sur le siège de Noyon-Tournai en 641. Il est sacré à Noyon par saint Ouen, récent évêque de Rouen et autre conseiller de Dagobert.
Il continue à fonder des monastères (Noyon, Tournai, Saint- Quentin) et va jusqu’en Frise évangéliser les païens.
C’est là qu’il meurt. Ses reliques sont ramenées des Pays-Bas à Noyon en 1952.
Saint Éloi est patron des orfèvres, maréchaux, forgerons, charrons, vétérinaires, selliers, couteliers, chaudronniers, mineurs, serruriers, horlogers, carrossiers, batteurs d’or, taillandiers, monnayeurs, ferblantiers, cochers, fermiers, maquignons, valets de ferme, laboureurs.

ELSA, voir Élisabeth


ELVIRE
(† 1936) MARTYRE – MR 19 août. Religieuse carmélite, elle rend témoignage de sa fidélité au Christ avec plusieurs autres sœurs, durant la guerre civile espagnole.

ELZEAR
(1285-1323) LAÏC – MR 24 septembre. Elzear de Sabran, comte d’Arian, est né à Robians (Vaucluse).
Il épouse à 14 ans sainte Delphine de Glandèves, qui en a 16. Ils décident d’observer la continence et se font tertiaires de Saint-François. Ambassadeur en France du roi Robert de Naples, il meurt durant sa mission.
Son tombeau et celui de son épouse se trouvent à la cathédrale d’Apt (Vaucluse). Il est canonisé en 1369, du vivant de sa femme.

ÉMEBERT
(† 645) ÉVÊQUE – MR 15 janvier. Frère de sainte Gudule, il fut un jeune homme humble et tout au service des pauvres. Grâce à toutes ses vertus, il fut choisi pour être le cinquième évêque de Cambrai et d’Arras.

ÉMERIC , AYMERIC , ou IMRE en hongrois
(† 1301) ROI – MR 4 novembre. Il est le fils de saint Étienne, roi de Hongrie. Bon père de famille et bon chrétien, il ne monte pas sur le trône puisqu’il meurt avant son père. Quand il rendait visite à un monastère, son intuition spirituelle le portait vers les plus fervents et il ne saluait que d’un simple baiser de paix les religieux sans ferveur.

ÉMILE
( III e siècle) MARTYR – MR 22 mai. Lui et son compagnon Caste, chrétiens d’Afrique, ont d’abord faibli devant le supplice. Ayant repris courage et affirmé leur foi, ils sont jetés aux flammes. Nous les connaissons par un écrit de saint Cyprien.
Quatre autres martyrs des premiers siècles portent le nom d’Émile.

ÉMILIE DE RODAT
(1787-1852) VIERGE – MR 19 septembre. Elle naît à Druelle, près de Rodez (Aveyron). En 1819, elle fonde à Villefranche-de-Rouergue les Sœurs de la Sainte-Famille, au service des plus pauvres et des plus démunis. Son corps repose au couvent de la Sainte-Famille dans la ville. Sa congrégation poursuit aujourd’hui ses activités dans de multiples domaines : enseignement, catéchèse, service des malades, services sociaux, présence auprès de handicapés, de gitans, de prostituées, etc. Son confesseur, Pierre-Marie Fabre, publie sa biographie en 1858.

ÉMILIE DE VIALAR
(1797-1856) VIERGE – MR 24 août. Née à Gaillac (Tarn), elle y mène pendant 20 ans une vie déjà consacrée aux pauvres et aux malades avant de constituer sur place, avec trois amies, en 1832, la congrégation hospitalière et enseignante de Saint-Joseph de l’Apparition (en référence au mystère de l’Incarnation révélé à saint Joseph par un ange). En 1833, à Gaillac, Émilie et ses compagnes prononcent leurs vœux. Leur congrégation se répand rapidement à travers le monde, comptant déjà plus de 40 maisons à la mort de sa fondatrice.
Dérivé : Amélie .

ÉMILIEN
(† 574) ABBÉ – MR 12 novembre. Berger espagnol devenu curé en milieu rural, il veut vivre comme ermite, mais est appelé à devenir l’abbé du monastère où se regroupent ses nombreux disciples. Il est considéré comme l’un des protecteurs de l’Espagne sous le nom de San Milla de la Cogolla, « saint Émilien au capuchon ».

ÉMILIENNE
( VI e siècle) LAÏQUE – MR 5 janvier. Tante du pape saint Grégoire le Grand qui nous a donné le récit de sa sainte vie.

ÉMILION
( VIII e siècle) ABBÉ – Fête loc. 16 novembre. Originaire du pays de Vannes, il vit d’abord en solitaire à Saujon près de Saintes en Saintonge, puis il groupe quelques disciples sous la règle bénédictine. Le monastère édifié après sa mort se trouve à l’origine de la ville de Saint-Émilion (Gironde), au centre du célèbre vignoble.

EMMANUEL
Le mot hébreu Emmanuel signifie « Dieu avec nous ». L’évangéliste saint Matthieu (1, 21-23) applique au Christ l’annonce faite par le prophète Isaïe (7, 14) d’une vierge qui donnerait naissance à un enfant portant ce nom.

Bienheureux EMMANUEL RUIZ
(1804-1860) MARTYR – MR 10 juillet. Franciscain espagnol, gardien du couvent de Damas, il est massacré par les Druzes, avec trois frères maronites et onze frères franciscains, pour avoir préféré le Christ à l’islam.

ÉNIMIE
( VII e siècle) VIERGE – Fête loc. 5 octobre. Fille du roi mérovingien Clotaire II et sœur du roi Dagobert I er , elle voit son histoire relatée par un moine du XIII e siècle. Vouée à Dieu, elle aurait évité, par une lèpre soudainement contractée, un mariage arrangé par son père. Retirée dans la région sauvage du Gévaudan, elle aurait vécu d’abord dans une localité qui deviendra Bagnols-les-Bains (Lozère), puis en un lieu-dit Burlatis, sur les bords du Tarn. Elle y construisit un monastère, qui prit au XI e siècle le nom de Sainte-Énimie, conservé par la ville née à cet endroit.

ÉNORA, voir Éléonore


ENZO, diminutif familier de Vincenzo (Vincent en italien)


ÉPHREM
(v. 306-373) DIACRE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 9 juin*. Né à Nisibe (actuellement Nusaybin en Syrie), ce théologien et poète, resté diacre par modestie, fonde à Édesse (actuellement Urfa en Turquie) une célèbre école de théologie, très fréquentée par les chrétiens perses alors persécutés dans leur pays. On conserve de lui des écrits en syriaque, des commentaires de la Bible, des homélies, des hymnes (notamment en l’honneur de la Vierge), dont la qualité et l’énorme volume lui ont valu à la fois le surnom de « Lyre du Saint-Esprit » et le titre de Docteur de l’Église. Le jugement dernier l’a beaucoup inspiré et bien des images populaires à son propos viennent de son imagination débordante.
Deux autres saints des premiers siècles portent le nom d’Éphrem.

ÉPIPHANE
(† 403) ÉVÊQUE – MR 12 mai. Né en Palestine, il mène quelque temps la vie d’ermite en Égypte, puis fonde un monastère dans son pays. Devenu évêque de Salamine (Chypre) en 367, il participe au concile de Constantinople I (381) et combat violemment les hérésies arienne et origéniste. Saint Jérôme a traduit ses œuvres du grec en latin.

ÉPIPODE
(† 177) MARTYR – MR 22 avril. Ami de saint Alexandre de Lyon, il est martyrisé en même temps que lui, les deux hommes s’exhortant mutuellement devant le supplice. Ils sont fêtés le même jour.

ÉRASME ou ELME
(† v. 303) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 2 juin. La légende raconte que cet évêque de Formiae (région de Naples), après avoir été fouetté puis arrosé de plomb fondu et d’huile bouillante, aurait été éventré, encore vivant, ses intestins étant tirés à l’aide d’un treuil. Il figure parmi les 14 saints invoqués pour les maux de ventre. Il est, en outre, patron des marins en raison de la similitude entre le treuil de son supplice et le cabestan des navires.

ÉREMBERT
(† 674) ÉVÊQUE – MR 14 mai. Moine de Fontenelle (l’actuelle abbaye Saint-Wandrille en Normandie), il devint évêque de Toulouse, mais préféra se retirer dans son monastère d’origine.

ÉRIC ou ERIK
(† 1161) MARTYR – MR 18 mai. Roi de Suède en 1150, il christianise le nord de son pays et tente de convertir les Finlandais par une croisade. À la sortie d’une messe, il est tué à Uppsala par un prince danois prétendant à la couronne. Il est considéré par les Suédois comme un saint et un martyr.

ERMELINDE
( VI e siècle) VIERGE – Fête loc. 29 octobre. Recluse belge de Meldaert, dans le diocèse de Malines, elle mène une vie contemplative si lumineuse que son culte devient très populaire.

ERMIN
(† 737) ÉVÊQUE – MR 25 avril. Moine à Lobbes dans le Hainaut, il est également évêque itinérant, à l’initiative de saint Ursmer.

ERNEST
(† 1147) ABBÉ – Fête loc. 7 novembre. Abbé du monastère de Zwiefalten près de Constance, il se joint à l’armée de l’empereur Conrad III partant pour la deuxième croisade (qui fut un échec). Il trouve la mort en Turquie.
Dérivé : Ernestine.

ERWAN, ERWIN, voir Yves


ESTELLE
( III e siècle) VIERGE et MARTYRE – Fête loc. 11 mai. Estelle ou Stella (étoile) est honorée à Saintes comme martyre du III e siècle. Elle est surtout célèbre grâce au poète Mistral. Son nom est en fait Eustelle (du grec eu, beau, bien et stello , parer, orner). Gouverneur de la région de Saintes, son père est un Romain de naissance illustre et sa mère descend d’une antique et puissante famille de druides. La curiosité de son esprit cultivé la place sur le chemin de saint Eutrope, premier évêque de la région. Après avoir entendu ses enseignements, elle demande le baptême. Il la baptise et la consacre à Dieu. Comme elle se refuse à tous les prétendants et qu’elle s’obstine dans sa foi, son père la fait mettre à mort dans les arènes de Saintes.

ESTÈVE, déformation catalane d’Étienne


ÉTHAN
Fête le 5 novembre. Prénom biblique qui se trouve dans le premier livre des Rois.

ÉTHÈRE
(† 602) ÉVÊQUE – Fête loc. 27 août. Il accueille saint Augustin de Cantorbéry qui se rendait chez les Angles pour les convertir, à la demande du pape Grégoire le Grand.
Plusieurs autres évêques portent ce nom, dont un évêque d’Auxerre († 573 – Fête loc. 27 juillet).

ÉTIENNE
(† v. 36) DIACRE et MARTYR – MR 26 décembre***. Ce que l’on sait de ce premier diacre et premier martyr de l’Église est rapporté par les Actes des Apôtres . Son nom fait supposer qu’il s’agit d’un juif helléniste (de culture grecque) de Jérusalem. Faisant partie des sept diacres désignés par la jeune communauté chrétienne pour soulager les apôtres dans leur tâche et veiller notamment à une équitable répartition des biens, Étienne se révèle tout de suite un vigoureux témoin du Christ par la puissance inspirée de sa prédication. Il appelle avec audace les juifs à se convertir, proclamant que celui qu’ils ont crucifié est vivant. Irrité et inquiet, le Sanhédrin (le Grand Conseil juif) le convoque. La profession de foi enflammée qu’Étienne fait alors est reçue par l’assemblée comme une provocation. Il est aussitôt lapidé et meurt en demandant le pardon de ses bourreaux. Un jeune juif assiste à la lapidation en gardant les vêtements des lanceurs de pierres : Saul , le futur saint Paul.
À partir du V e siècle, la nouvelle de la prétendue découverte du corps d’Étienne suscite un intense mouvement de vénération pour ce martyr. Ses reliques se multiplient et se répandent, et des églises se construisent de tous côtés en son honneur.
Saint Étienne est le patron des diocèses d’Agen, Bourges, Cahors, Meaux, Metz et Toulouse.

ÉTIENNE HARDING
(† 1134) ABBÉ – MR 28 mars. D’origine anglaise, il vient en France, à Molesmes, se joindre aux moines de saint Robert. En 1098, il participe avec lui à la fondation de l’abbaye de Cîteaux (Côte-d’Or), berceau de l’ordre cistercien. Né d’une volonté de réaction contre le laxisme et l’opulence de l’ordre de Cluny, cet ordre adopte un type de vie caractérisé par la pauvreté et la plus extrême austérité. Étienne, devenu abbé de Cîteaux en 1109, donne à l’ordre cistercien sa Charte de Charité (1119). C’est lui qui accueille en 1112 le jeune saint Bernard et ses 30 compagnons, et qui lui confie trois ans plus tard la mission de fonder une nouvelle abbaye à Clairvaux : c’est le point de départ de l’étonnante histoire de Bernard de Clairvaux.

ÉTIENNE DE HONGRIE
(v. 970-1038) ROI – MR 16 août*. Fils du duc des Magyars et d’une princesse chrétienne, il reçoit le baptême vers l’âge de 15 ans, en même temps que son père, et prend alors le nom chrétien d’Étienne. Succédant deux ans plus tard à son père, il entreprend de fonder l’unité du pays sur la foi chrétienne par l’évangélisation de sa population. Il recourt alors aux moines de Cluny. En l’an 1000, il se fait reconnaître « roi apostolique de Hongrie » par le pape Sylvestre II et reçoit le sacre à Esztergom, résidence de la dynastie et bientôt centre religieux du pays. La couronne de saint Étienne est restée le symbole de l’unité nationale. Étienne donne à son pays une solide organisation civile et religieuse. Il meurt à Bude, après avoir consacré le royaume à la Vierge.

ÉTIENNE DE MURET ou DE GRANDMONT
(1045-1124) ERMITE – Fête loc. 8 février. Ermite à Muret, près d’Ambazac (Haute-Vienne), il se fait des disciples qui, après sa mort, transportent son corps à Grandmont, où s’élève alors une abbaye. C’est l’origine de l’ordre grandmontain, très répandu dans l’Aquitaine médiévale. La règle de l’ordre est tirée d’un recueil des Pensées d’Étienne composé par ses disciples.
Sa châsse du XII e siècle, dans l’église d’Ambazac, est une œuvre d’art.
40 autres saints ou bienheureux portent le nom d’Étienne, parmi lesquels saint Étienne d’Aubazine, fondateur en 1135 de l’abbaye cistercienne de cette localité (Corrèze), qui conserve son tombeau.
69 localités portent en France le nom de Saint-Étienne, en référence le plus souvent au diacre martyr, mais parfois à un autre Étienne honoré localement.
Dérivés : Stéphane , Stéphanie, Fanny , Éstève .

EUCHER
(† 738) ÉVÊQUE – MR 20 février. Originaire d’Orléans, il est d’abord moine à Jumièges, puis, en 716, est élu évêque d’Orléans. Mais Charles Martel déteste sa famille et, en 732, il exile Eucher à Cologne. Celui-ci finit pieusement sa vie à l’abbaye bénédictine de Saint-Trond (Limbourg belge).
Deux autres saints portent le nom d’Eucher : l’un des plus illustres évêques de Lyon († 450 – MR 16 novembre) et un évêque de Maastricht ( VI e siècle).

EUDES
(† 700) ABBÉ – MR 19 novembre. Né à Orange, il s’engage dans la vie religieuse au monastère Saint-Honorat de Lérins et devient ensuite premier abbé de Monestier en Auvergne. Les moines deviennent de plus en plus nombreux dans cette abbaye, appelée aussi Saint-Chaffre.

EUGÈNE I er
(† 657) PAPE – MR 2 juin. Il est élu pape en 654, alors que son prédécesseur Martin I er a été déporté en Crimée par l’empereur Constant II, qui entend imposer l’hérésie monothéiste. Eugène à son tour entre en conflit avec l’empereur à ce sujet. Menacé du sort de son prédécesseur, il meurt avant que l’empereur ne passe à l’acte.

EUGÈNE DE CARTHAGE
(† v. 501) ÉVÊQUE – MR 13 juillet. Élu évêque de Carthage en 477 sous la domination des Vandales qui sont ariens, il affirme sa foi catholique lors du colloque des évêques africains tenu en 484 et est aussitôt déporté dans le désert par le roi Huneric. Revenu à Carthage après la mort du roi en 484, il est à nouveau banni en 496. Retiré en Gaule près d’Albi, il y meurt.
20 autres saints ou bienheureux portent le nom d’Eugène, dont l’un, Eugène de Paris ( III e siècle) aurait été le premier évêque de Tolède, serait ensuite venu en Gaule comme disciple de saint Denis et y serait mort martyr à Deuil-en-Parisis (aujourd’hui Deuil-la-Barre, Val d’Oise).

EUGÈNE DE MAZENOD
(1782-1861) ÉVÊQUE – Fête le 21 mai. Né à Aix-en-Provence en 1782, il vit en exil en Italie durant la Révolution française. À son retour, après une période de réflexion, il entre en 1808 au séminaire Saint-Sulpice de Paris. Trois ans après, il est ordonné prêtre et revient à Aix exercer son ministère auprès des pauvres. En 1816, il fonde les Missionnaires de Provence qui deviendront les Oblats de Marie Immaculée. Nommé vicaire général de son oncle, archevêque de Marseille, il lui succède en 1837 et, tout en s’occupant des oblats, il développe la vie de son diocèse, marqué par les suites de la Révolution et les secousses sociales de l’époque.
Il dirige les oblats vers les missions les plus difficiles comme celles du Grand Nord.
Il est canonisé le 3 décembre 1995.

EUGÉNIE MILLERET , voir Marie-Eugénie de Jésus


Bienheureuse EUGÉNIE SMET , voir Marie de la Providence


EULALIE DE MÉRIDA
(† 304) VIERGE – MR 10 décembre. Très populaire dans l’Église médiévale, elle est surtout connue par sa légende qui la dit martyrisée à Mérida (Espagne) à l’âge de douze ans. La Cantilène de sainte Eulalie , composée au IX e siècle à l’abbaye de Saint-Amand, est l’un des plus anciens textes en langue d’oïl.
Une autre Eulalie , de Barcelone, martyrisée à la même époque et fêtée le 12 février, est peut-être la même que celle de Mérida. Elle est une des patronnes du diocèse de Perpignan.

EULOGE
(† 859) PRÊTRE et MARTYR – MR 11 mars. Prêtre à Cordoue sous la domination sarrasine, il est emprisonné avec quelques fidèles qu’il exhorte à accepter le martyre.
À sa sortie de prison, il écrit son Mémorial des saints et son Apologétique des martyrs . Élu évêque de Tolède, il ne peut rejoindre cette ville. Ayant protégé une jeune musulmane convertie, il est arrêté en même temps qu’elle et décapité.
Six autres saints portent le nom d’Euloge.

EUPHRASIE
(† v. 412) VIERGE – MR 24 juillet. Originaire de Lycie, en Asie Mineure, où son père est gouverneur, elle se retire avec sa mère dans le désert égyptien de Thébaïde après la mort de son père. Elle y meurt à 30 ans, après s’être imposé une vie d’une extrême austérité. Son culte est très populaire dans l’Église grecque.
Une martyre du IV e siècle porte le même nom.

Bienheureuse SŒUR EUPHRASIE DU SACRÉ-CŒUR
(1877-1952) RELIGIEUSE – MR 29 août. Rose Éluvathingal naît en 1877 à Kattoor dans le diocèse de Trichur, au Kerala, un État de l’Union indienne, situé à l’extrême sud-ouest du pays en bordure de l’océan Indien. Sa vie n’est qu’une vie religieuse toute simple, mais l’intensité de sa vie quotidienne dans la présence divine fut si grande qu’elle fut appelée mobile tabernacle, une expression anglaise que l’on pourrait traduire par « tabernacle vivant ».
Elle est élevée très pieusement par sa mère qui lui inculque une grande dévotion à la Vierge Marie. Elle lui parle aussi de sa patronne sainte Rose de Lima. La petite Rose désire l’imiter dans une vie cachée. Ainsi est-elle initiée au détachement des choses terrestres, et cela surtout après qu’elle a reçu, à neuf ans, une vision de la Sainte Vierge. Lorsqu’elle manifeste son désir de vie religieuse, son père s’y oppose. Rose mène alors chez elle une vie de prière et de pénitence. Après la mort de sa jeune sœur, son père change d’avis et l’emmène au couvent à Koonamma, chez les Sœurs de la congrégation de la Mère du carmel (carmélites apostoliques de rite syro-malabar).
Malheureusement, Rose est affligée de plusieurs maladies, accompagnées de douleurs intenses, et les sœurs songent à la renvoyer. Guérie miraculeusement par une apparition de la sainte Famille, elle continue sa vie religieuse. En 1898, elle reçoit le nom de sœur Euphrasie du Sacré-Cœur de Jésus et fait ses vœux perpétuels le 24 mai 1900. Elle est nommée au couvent Sainte-Marie d’Ollur près de Trichur comme maîtresse des novices, puis comme supérieure jusqu’en 1916.
L’humble vie de mère Euphrasie se passe presque tout entière au pied du saint Sacrement, le rosaire à la main. Les gens l’appellent « la Mère qui prie » et lui confient de multiples intentions. Elle réconforte chacun avec tendresse par des mots de l’Évangile. Quand on lui fait un don, à chaque fois elle répond : « Je ne l’oublierai jamais, même après ma mort. » Sa piété se traduit aussi par une charité active qui se manifeste notamment lors d’une épidémie de choléra. Mère Euphrasie meurt en 1952 et depuis, sa tombe n’a cessé d’être un lieu de pèlerinage. Elle est béatifiée à Trichur le 3 décembre 2006.

EUPHRASIE PELLETIER, voir Marie de Sainte-Euphrasie


EUPHRONE
(† 573) ÉVÊQUE – MR 4 août. Évêque de Tours, il reconstruit sa ville qui avait été presque entièrement détruite par un incendie. Il est le prédécesseur de saint Grégoire de Tours.
On connaît également saint Euphrone, évêque d’Autun († 475).

EURASIE ou EUROSIE
(† 714) MARTYRE – MR 25 juin. Née à Bayonne, elle est tuée à Jacca en Aragon par les Sarrasins.

EURIELLE
VIERGE – Fête loc. 1 er octobre. Elle est la sœur de saint Judicaël, roi breton devenu moine, dont la Bretagne garde la mémoire.
Dérivé : Arielle.

EUSÈBE DE VERCEIL
(† 371) ÉVÊQUE – MR 2 août*. (Du grec eusèbès , pieux). Né en Sardaigne, il est élu en 345 évêque de Verceil en Piémont (Italie). Soutenant activement saint Athanase dans la lutte contre l’hérésie arienne, à laquelle adhère l’empereur Constance, il est banni par celui-ci. Revenu à Verceil après huit ans d’exil, il sacre le premier évêque d’Embrun (Hautes-Alpes).
21 autres saints portent le nom d’Eusèbe, dont un pape ( IV e s.).

EUSÉBIE ou YSOIE
(† 680) ABBESSE – MR 16 mars. Élevée par sa mère, sainte Rictrude, à l’abbaye de Hamaye, elle en devient à son tour abbesse à l’âge de douze ans. Elle meurt à 23 ans, après avoir gouverné sa communauté dans la paix.

EUSTACHE
(Dates indéterminées) MARTYR – MR 20 septembre. Sa légende raconte que, général de l’empereur Trajan ( II e siècle) sous le nom de Placidas , il était un jour à la chasse lorsque le cerf qu’il poursuivait se retourna, portant une croix lumineuse entre ses bois. Placidas se fit baptiser en prenant le nom d’Eustache (en grec, fertile). Il serait mort martyr, enfermé avec les siens dans un taureau de métal chauffé à blanc.
Six autres saints et bienheureux portent ce nom, dont un évêque de Tours († 461).

EUTHYME LE GRAND
(377-473) MOINE – MR 20 janvier. D’origine arménienne, ce moine établi en Palestine attire à lui beaucoup de disciples. Actif défenseur du concile de Chalcédoine (451) qui condamne le monophysisme et proclame la double nature du Christ, il ramène à la foi catholique l’impératrice Eudoxie. La liturgie grecque lui doit également beaucoup.

EUTROPE
( III e siècle ?) ÉVÊQUE – MR 30 avril. Premier évêque de Saintes en Saintonge (Charente-Maritime), il a évangélisé cette région. Son culte était déjà vivace au VI e siècle, mais sa vie nous est mal connue en dehors des faits légendaires rapportés par saint Grégoire de Tours ( VI e siècle). Il serait mort martyr. Son sarcophage, qui est conservé dans la crypte de l’église Saint-Eutrope de Saintes, est retrouvé en 1842. Saint Eutrope est le patron du diocèse de La Rochelle.
Quatre autres saints portent ce nom, dont un évêque d’Orange ( V e siècle – MR mai).

EUVERTE
(† 340) ÉVÊQUE – MR 7 septembre. Évêque d’Orléans, il y est encore vénéré.

ÉVANGÉLINE, voir Jean l’Évangéliste


ÉVARISTE
(† 108) PAPE – Fête loc. 27 octobre. Sans doute originaire de Grèce et non de Bethléem comme le veut la légende, il nous est connu par saint Irénée.

Bienheureuse ÈVE DU MONT-CORNILLON
(† 1265) VIERGE – MR 14 mars. Recluse à Liège, elle propage la célébration de la Fête-Dieu, avec sainte Julienne, sa prieure.
Dérivés : Éva , Évelyne .

ÉVRARD
(† 958) ABBÉ – Fête loc. 14 août. Prévôt du chapitre de la cathédrale de Strasbourg, il est appelé par saint Bennon, ancien évêque de Metz devenu ermite sur les bords du lac de Constance, qui lui demande de rassembler les nombreux ermites de ce lieu en une communauté, à Einsiedeln (Suisse). Ce monastère est devenu, depuis lors, le centre d’un célèbre pèlerinage marial (Notre-Dame-des-Ermites).

EXUPÈRE, voir Spire
F

FABIEN
(† 250) PAPE et MARTYR – MR 20 janvier*. Né à Rome, laïc élu pape en 236, on lui doit la division de la ville de Rome en sept secteurs confiés chacun à un diacre, ainsi que l’aménagement des cimetières chrétiens de la ville (notamment celui de Saint-Calliste où il sera inhumé). Il est martyrisé lors de la persécution de l’empereur Dèce.
Dérivé : Fabienne .

FABIOLA
(† 400) VEUVE – MR 27 décembre. D’une grande famille romaine, la gens Fabia , elle fonde à Rome après son veuvage, le premier hôpital pour indigents. En 394, elle suit saint Jérôme en Palestine. Revenue à Rome en 395, elle fonde à Ostie une auberge destinée à être un « accueil aux étrangers pauvres ». Il ne faut pas la confondre avec l’héroïne du roman de Wiseman Fabiola ou l’Église des catacombes (1854).

FABRICIEN
(Dates indéterminées) MARTYR – Fête loc. 11 juillet. Il rendit témoignage du Christ avec saint Flour et saint Florentin , à Chelles en Île-de-France.
Dérivé : Fabrice .

FANCHON, voir Françoise


FANNY, voir Étienne


FARGEAU
Déformation de Fergeux, compagnon de saint Ferréol († 211).

FARON
(† 670) ÉVÊQUE – MR 28 octobre. Il est chancelier du roi Dagobert, puis moine à Luxeuil et évêque de Meaux où il développe la vie monastique. Il fonde en particulier le monastère de Faremoutiers avec sa sœur sainte Fare (MR 7 décembre).

FAUSTE
(† 490) ÉVÊQUE – MR 28 septembre. Moine puis abbé à Lérins, il est choisi comme évêque de Riez en 459 et travaille activement contre l’arianisme.
15 autres saints portent ce nom.

FAUSTINE, voir Marie-Faustine Kowalska


Bienheureuse FÉLICIE
(† 1666) VIERGE – MR 6 juin. Religieuse de la Visitation à Autun-en-Bourgogne, elle était liée d’amitié avec la fondatrice de cet ordre.

FÉLICITÉ DE CARTHAGE
(† 203) MARTYRE – MR 7 mars. Voir Perpétue.

FÉLICITÉ DE ROME
( II e siècle) MARTYRE – MR 23 novembre. Sa légende, qui voit en elle une veuve romaine martyrisée en même temps que ses sept fils, lui attribue arbitrairement un lien maternel avec sept martyrs romains réels, pris pour des frères car ils étaient honorés le même jour (10 juillet).

FÉLIX
(† 582) ÉVÊQUE – MR 6 janvier. Premier évêque de Nantes, il est pendant 33 ans l’une des grandes figures de l’épiscopat mérovingien. À la fois missionnaire et organisateur, il réalise une œuvre considérable d’évangélisation des campagnes, en même temps qu’il prend une part active à l’administration de la ville et à son développement portuaire (un canal de la ville porte son nom). On lui doit la première cathédrale de Nantes.

FÉLIX I er
(† 274) PAPE – MR 30 décembre. Il défendit ardemment la foi catholique face aux erreurs de Paul de Samosate qui niait la divinité du Christ.
Le nom latin de Félix (fécond, heureux), très courant dans l’Antiquité, se retrouve chez 70 saints ou bienheureux, la plupart martyrs des premiers siècles. Parmi les plus récents, Félix de Cantalice († 1587 – MR 18 mai), franciscain italien, et Félix de Valois († 1212 – MR 4 novembre), l’un des fondateurs de l’ordre des trinitaires.

FERDINAND III
(1199-1252) ROI – MR 30 mai. Fils du roi Alphonse IX de León et de la reine Bérangère de Castille, il est proclamé roi de León à la mort de son père (1230), réunissant définitivement les deux royaumes de Castille et de León. Il poursuit activement cette œuvre d’unification politique de l’Espagne en faisant progresser de manière remarquable la « reconquête » des territoires musulmans (Cordoue, Murcie, Jaen, Séville). À sa mort, seul subsiste le royaume de Grenade, à l’extrême sud. En même temps qu’il réalise cette œuvre historique, Ferdinand ne cesse de donner l’exemple d’une vie chrétienne.
Il existe un autre Ferdinand ou Fernand (1402-1443), prince portugais, prisonnier des Maures, martyrisé à Tanger.
Dérivés : Fernand , Fernande.

FERRÉOL et FERJEUX
(† 211) PRÊTRES – MR 16 juin. Il s’agit peut-être d’un seul et même personnage. La tradition, qui remonte à Grégoire de Tours ( VI e siècle), époque où s’affirme leur culte, en fait deux prêtres envoyés par saint Irénée, évêque de Lyon, pour évangéliser la région de Besançon, où, après un long apostolat, ils auraient été martyrisés.
Plusieurs autres saints portent le nom de Ferréol, dont un tribun romain martyrisé à Vienne en Isère ( III e siècle – MR 18 septembre), un évêque d’Uzès, dans le Gard († 581 – MR 4 janvier), et un évêque de Limoges ( VI e siècle – MR 18 septembre).

FIACRE
(† v. 670) MOINE – MR 30 août. Moine d’origine irlandaise, il vécut en ermite dans la forêt de Breuil, à l’emplacement actuel de Saint-Fiacre-en-Brie en Île-de-France, partageant son temps entre la prière, le souci des pauvres et le travail manuel, notamment la culture des fruits et des légumes. Son tombeau, but d’un pèlerinage annuel, se trouve dans l’église du village. Il est patron de la Brie, des maraîchers, des potiers d’étain, des bonnetiers et des tuiliers.

FIDÈLE DE SIGMARINGEN
(† 1622) PRÊTRE et MARTYR – MR 24 avril*. Marc Rey, né à Sigmaringen en Allemagne occidentale, d’abord précepteur dans une famille princière puis avocat, se fait capucin à 35 ans sous le nom religieux de Fidèle.
Après des études théologiques à Constance, il entreprend une prédication en milieu protestant suisse. Envoyé en mission à l’est du pays, dans les Grisons, où les protestants se soulèvent contre l’archiduc d’Autriche, il obtient beaucoup de conversions mais meurt assassiné.
Quatre autres saints ou bienheureux portent le nom de Fidèle.

FIDOLE ou PHAL
(† 540) ABBÉ – MR 16 mai. Fils de militaire romain, vendu comme esclave, il est acheté par l’abbé du monastère d’Aumont, dans la région de Troyes, dont il devient lui-même abbé.

FIRMIN
(Fin du III e siècle) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 25 septembre. Il est, selon la tradition, le premier évêque d’Amiens. Un portail de la cathédrale lui est consacré ainsi qu’à ses successeurs. Un ensemble de sculptures sur pierre décorant le mur de clôture du chœur retrace son histoire légendaire. Il est le patron du diocèse.

FIRMIN
(† 552) ÉVÊQUE – MR 11 octobre. Ami et disciple de saint Césaire d’Arles, il aurait été nommé à 22 ans troisième évêque d’Uzès (Gard).
Six autres saints portent le nom de Firmin.

FLAVIEN
(† 610) ÉVÊQUE – MR 23 août. Il fut évêque d’Autun. Un autre Flavien fut également évêque d’Autun en 544.

Bienheureuse FLEUR DE BEAULIEU
(v. 1300-1347) VIERGE – MR 5 octobre. Née à Maurs (Cantal), elle se consacre au service des pauvres dans l’ordre des Hospitalières de Saint-Jean de Jérusalem.
Elle connaît de nombreuses expériences mystiques au cours de sa vie.

FLORA ou FLORE
(† 851) MARTYRE – MR 24 novembre. Après avoir été longtemps prisonnière, elle périt décapitée à Cordoue pour avoir refusé de devenir musulmane.
Elle est la patronne de toutes celles qui portent un nom de fleur et qui n’ont pas de patronne canonisée : Bleuette ou Bluette, Capucine , Dahlia, Hortense , Myrtille , Pâquerette, Pervenche, Violaine, Violette , Iris, etc.

FLORENCE
( IV e siècle) VIERGE – MR 1 er décembre. Convertie par saint Hilaire , évêque de Poitiers, elle se retire vers 360 à Celle-Lavescault (Vienne) en Poitou. Elle y meurt à 29 ans.

FLORENCE
(Dates indéterminées) MARTYRE – Fête loc. 10 novembre. Martyre à Agde (Hérault), elle est honorée en même temps que ses compagnons de martyre, Tibère et Modeste .

FLORENT
( V e siècle) ÉVÊQUE – MR 4 juillet. Il est le troisième évêque de Cahors. Saint Paulin de Nole lui écrit en 405 pour le féliciter de son travail apostolique.

FLORENT
(† 614) ÉVÊQUE – MR 7 novembre. Avant d’être le septième évêque de Strasbourg, il vécut en ermite à Niederhaslach (Bas-Rhin). Il y attira des disciples bientôt groupés en un monastère dont subsiste la dernière des églises successives, avec des vitraux retraçant la vie du saint.
Onze autres saints portent le nom de Florent, dont un évêque d’Orange ( VI e siècle – MR 17 octobre) et un évêque de Vienne en Gaule († 377 – MR 3 janvier).

FLORENTIN
( V e siècle) MARTYR – MR 27 septembre. Il est vénéré à Amboise et à Saint-Florentin en Bourgogne où il fut martyrisé avec son compagnon saint Hilaire.

FLORENTIN
(† 553) ABBÉ – Fête loc. 25 avril. Il est le premier abbé du monastère des Saints-Apôtres à Arles, fondé par l’évêque saint Aurélien. Son épitaphe, en vers, sur son tombeau-reliquaire à l’église Sainte-Croix d’Arles, est un des plus anciens exemples chrétiens du genre.

FLORIAN
(† 304) MARTYR – MR 4 mai. Officier romain, il fut noyé, une pierre au cou, dans une rivière à Lorch pour sa fidélité au Christ. Il est le patron de la Basse-Autriche.

FLOUR
( IV e siècle) ÉVÊQUE – MR 1 er juin. Il est le premier évêque de Lodève (Hérault) et l’évangélisateur d’une région s’étendant du Languedoc à l’Auvergne. On trouve sa trace dans les annales du diocèse dès le IV e siècle. Il est enterré en Auvergne et son tombeau est à l’origine d’une abbaye fondée au XI e siècle par saint Odilon , cinquième abbé de Cluny. C’est autour de cette abbaye que se développe la ville de Saint-Flour, aujourd’hui siège de l’évêché du diocèse coïncidant avec le département du Cantal. Saint Flour est le patron de ce diocèse.

Bienheureux FOULQUES DE NEUILLY
(† 1202) PRÊTRE – Fête loc. 2 mars. Prêtre de paroisse à Neuilly-sur-Marne, en Île-de-France, il est chargé par Innocent III de prêcher la quatrième croisade.

Bienheureux FOULQUES DE TOULOUSE
(† 1231) ÉVÊQUE – Fête loc. 25 décembre. Ménestrel originaire de Gênes, il est abbé de l’abbaye du Thoronet en Provence, puis évêque de Toulouse où il aide saint Dominique dans ses fondations.

FOY ou FOI
(† III e siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 6 octobre. Sainte très populaire au Moyen Âge, elle fut vraisemblablement martyrisée à Agen dans les débuts du christianisme local. Mais le récit de son martyre remonte au X e siècle : fille d’un haut fonctionnaire, elle aurait été torturée et décapitée pour être restée fidèle à sa foi, incitant saint Caprais au même courage. Au IX e siècle, les reliques de Foy sont transportées à Conques-en-Rouergue (Aveyron) où elles deviennent l’objet de pèlerinages d’autant plus nombreux et importants que Conques se trouve sur l’une des grandes routes de Saint-Jacques ]?> -de-Compostelle. Des reliques de la sainte seraient aussi à l’origine de Sainte-Foy-la Grande (Gironde), où des moines venus de Conques auraient bâti un oratoire, origine de l’église actuelle. Son culte s’est largement répandu dans toute la France.

FRA ANGELICO, voir Angelico


FRANCE, FRANCELINE, FRANCETTE, FRANCINE, voir Françoise


Bienheureux FRANCISCO DE JESUS MARTO, voir Jacinta de Jesus Marto


FRANÇOIS D’ASSISE
(1186-1226) RELIGIEUX – MR 4 octobre**. Jean Bernardone naît à Assise d’un riche marchand drapier qui, par sympathie pour la France où il a voyagé, prend l’habitude de l’appeler François. Il a peu de goût pour le négoce familial et mène une vie frivole tout en nourrissant des rêves chevaleresques. Une guerre entre Assise et Pérouse, au cours de laquelle il est blessé et fait prisonnier, lui donne à réfléchir. Peu à peu se précise sa vocation : se mettre au service de Dieu « en épousant Dame Pauvreté ». C’est l’occasion d’un vif conflit et d’une rupture avec son père.
Aux yeux de son entourage, François semble avoir perdu la raison. Il vit désormais en ermite aux environs d’Assise, dans le plus total dénuement. Des disciples viennent progressivement rejoindre celui qu’on appelle le poverello , le petit pauvre. L’esprit franciscain se développe : louange à Dieu, annonce de sa parole et de son amour, pauvreté, chasteté, humilité, joie dans la paix.
Cet idéal, qui paraît tout à fait utopique à l’époque, répond pleinement en fait aux exigences spirituelles de l’heure, dans une Église trop prospère, trop installée, trop dominatrice, contre laquelle de vives réactions se manifestent (vaudois, cathares…).
En 1210, le pape Innocent III approuve le principe de la règle des Frères mineurs, nom que, par modestie, François donne à son ordre.
En 1212, la belle et jeune Claire d’Assise vient se mettre sous la direction spirituelle de frère François et fonde, avec l’aide de ses conseils, l’ordre des Pauvres Dames, les futures clarisses, second ordre franciscain.
Un peu plus tard, est institué un troisième ordre, un « tiers ordre », pour des laïcs désirant rester dans le monde. Avec l’afflux des disciples, il faut songer à donner à l’ordre une structure un peu plus élaborée. François y voit une atteinte à l’esprit de simplicité, si bien qu’en 1219, au retour d’un voyage en Égypte dans l’espoir de convertir le sultan, il abandonne à son second, Pierre de Catane, la direction de l’ordre.
Il se retire dans sa cabane de la Portioncule, près d’Assise, et poursuit sa prédication. En 1224, au cours d’une retraite dans la montagne de l’Alverne, il reçoit les stigmates de la passion du Christ. À Assise, il tombe malade, perd la vue, et au milieu de ces grandes souffrances, compose son admirable Cantique de Frère Soleil , premier grand poème de la langue italienne. Il meurt à la Portioncule. Il ne s’est jamais jugé digne d’être ordonné prêtre. Son tombeau, dans la basilique édifiée à Assise par les franciscains, est vite devenu un centre de pèlerinages.
Saint François d’Assise a inspiré de nombreux artistes. Olivier Messiaen lui a consacré un opéra créé au Palais Garnier à Paris le 28 novembre 1983. On peut rappeler, à ce propos, que le compositeur Messiaen, qui fut organiste de l’église de la Trinité à Paris dès l’âge de 31 ans, a toujours été un passionné des chants d’oiseaux : ce fut peut-être son point de rencontre avec le frère François.
Dérivés : Francelin, Francis, Francisque, Franck , Paco, Paquito, Paquita , Soizic .

On considère que ce poème de saint François d’Assise a été écrit dans la petite église Saint-Damien à Assise.
Très Haut, Tout-Puissant, Bon Seigneur, À Toi sont les louanges, la gloire, l’honneur et toute bénédiction.
À Toi seul, Très-Haut, ils conviennent et nul homme n’est digne de te nommer.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, avec toutes les créatures, spécialement messire le frère soleil, par qui tu fais le jour et nous éclaires.
Et il est beau et il rayonne à grande splendeur : de Toi, Très Haut, il est le signe. Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour sœur lune et les étoiles ; dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses et belles.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour frère vent, et pour l’air et le nuage, le serein et tout temps, par lesquels à tes créatures tu donnes le soutien.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour sœur eau qui est fort utile et humble, précieuse et chaste.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour frère feu, par qui tu éclaires la nuit, il est beau et joyeux, robuste et puissant.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour notre maternelle sœur la terre, qui nous porte et nous mène, et produit la variété des fruits et l’herbe.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour Toi, soutenant injustice et tribulation.
Bienheureux sont-ils de persévérer en paix, car par Toi, Très-Haut, ils seront couronnés.
Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour notre sœur la mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheureux ceux-là seuls qui meurent en péché mortel !
Bienheureux ceux qui ont accompli tes très saintes volontés car la seconde mort ne pourra leur nuire.
Cantique des créatures, dit aussi Cantique du soleil, XIII e siècle, cité dans C. Carretto, Moi, François d’Assise .

L’auteur anglais G.K. Chesterton décrit comme suit la scène au cours de laquelle, le 16 avril 1209, François d’Assise décide de vivre dans le dénuement absolu ; son père, riche drapier, excédé de ses largesses envers les pauvres, l’avait cité devant le tribunal de l’évêque.
François se dresse devant tous et dit : « Jusqu’à ce jour j’avais appelé Pietro Bernardone père, mais désormais je suis le serviteur de Dieu. Non seulement l’argent, mais tout ce qui peut être dit sien, je le rendrai à mon père, jusqu’aux habits qu’il m’a donnés ! » Et il arracha tous ses vêtements sauf un, et l’on vit que c’était un cilice. Il jeta les vêtements sur le plancher et lança l’argent sur le tas. Puis il se tourna vers l’évêque et reçut sa bénédiction, comme quelqu’un qui tourne le dos à la société ; et d’après la légende, il sortit tel qu’il était dans le monde glacé. En vérité, c’était littéralement dans la circonstance un monde glacé et la neige couvrait la terre… ll était sans argent, il était sans parents, il était selon toute apparence sans métier, sans projet, sans espoir en ce monde ; et tandis qu’il avançait sous les arbres givrés, il se mit soudain à chanter.
Gilbert Keith Chesterton, Saint François d’Assise , DMM, 1979.


FRANÇOIS BORGIA
(1510-1572) PRÊTRE – MR 30 septembre. Descendant du roi Ferdinand V d’Aragon, il est admis à 18 ans à la cour de Charles Quint. Vice-roi de Catalogne (1539-1543) et duc de Gandie (près de Valence), il fait la connaissance du tout nouvel ordre des jésuites et fonde avec eux un collège à Gandie. Devenu veuf et ayant établi ses huit enfants, il entre en 1550 à la Compagnie de Jésus. En 1555, il en devient provincial pour l’Espagne, et en 1565, est élu général de la Compagnie (le troisième après saint Ignace). Il contribue grandement à son développement, notamment en Amérique. Il est depuis 1934 patron de l’Espagne et, avec saint Antoine de Padoue, celui du Portugal.

FRANÇOIS CARACCIOLO
(1563-1608) RELIGIEUX – MR 4 juin. Il est, avec Augustin d’Adornole, le fondateur en Italie des Clercs réguliers mineurs qui mènent une vie à la fois contemplative et active.

Bienheureux FRANÇOIS DE MONTMORENCY-LAVAL
(1623-1680) ÉVÊQUE – MR 6 mars. Né le 30 avril 1623, il est le fils d’Hugues de Montmorency-Laval, seigneur de Montigny. Adolescent, François de Laval fréquente le collège des jésuites de La Flèche, nouvellement créé sous l’impulsion d’Henri IV. Il est ordonné prêtre le 1 er mai 1647. Nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-France en 1658, il est sacré évêque en l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris, et arrive à Québec le 16 juin 1659. Il y fonde la communauté des prêtres du Séminaire de Québec le 26 mars 1663, met sur pied le Grand Séminaire de Québec et ouvre en 1668 une résidence pour les futurs prêtres, le Petit Séminaire de Québec, qui deviendra en 1765, après la conquête anglaise, un collège ouvert à tous.
En 1674, le diocèse de Québec est créé et il en devient le premier évêque. Pasteur infatigable, il fait trois voyages en France dans des conditions difficiles. Il parcourt aussi en canot, à pied et en raquettes son vaste diocèse, qui s’étend des rives du fleuve Saint-Laurent et de l’Acadie jusqu’au Mississipi, pour visiter les gens chez eux. Il porte une attention particulière aux Amérindiens dont il défend la dignité en combattant les commerçants qui leur vendent de l’alcool pour les exploiter par la suite. En 1685, François de Laval démissionne de son poste d’évêque de Québec. Il obtient du roi Louis XIV la permission de venir terminer ses jours en Nouvelle-France. Il se retire au séminaire de Québec et se met au service du nouvel évêque qui lui succède en 1688. Décédé à Québec le 6 mai 1708, il est inhumé dans la cathédrale qui est la basilique Notre-Dame de Québec. Son nom est donné à la ville de Laval, au Québec, à l’Université-Laval et à l’Hôpital-Laval à Québec. Il est béatifié le 22 juin 1980 par Jean-Paul II.

FRANÇOIS DE PAULE
(1436-1507) ERMITE – MR 2 avril*. Originaire de Paola en Calabre, il est séduit très jeune par l’idéal franciscain et rejoint les Frères mineurs. Mais il recherche un dépouillement plus absolu, une humilité plus radicale encore. Il se retire pour une vie d’ermite dont la sainteté lui attire des disciples. Il les regroupe en leur donnant le nom le plus modeste possible, les « minimes », dont la règle est d’une extrême austérité. Le roi Louis XI, malade et redoutant la mort, obtient du pape que François vienne jusqu’à lui, à Plessis-lez-Tours, dans l’espoir qu’il obtienne la guérison. En fait, François le prépare à achever chrétiennement sa vie. Il reste ensuite à Plessis-lez-Tours, d’où il donne un vigoureux développement à son ordre.

FRANÇOIS DE SALES
(1567-1622) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 24 janvier**. Né au château de Sales, près de Thorens (Haute-Savoie), d’une famille de la noblesse rurale, il fait ses études supérieures à Paris et à Padoue. C’est le moment où l’Église romaine, animée d’un puissant esprit de renouveau après les sombres années du déclin qui a suscité la réforme protestante, se lance dans le mouvement de la contre-réforme. François se fait prêtre. L’évêque de Genève, réfugié à Annecy, le charge de ramener au catholicisme, par la prédication, le Chablais (nord de la Savoie) conquis au protestantisme. Son succès, obtenu malgré des difficultés de toutes sortes, le fait bientôt choisir comme coadjuteur de l’évêque de Genève (toujours en résidence à Annecy). Il lui succède en 1602 à 35 ans. À la tête de son diocèse, prenant exemple sur saint Charles Borromée, archevêque de Milan, il est un des grands promoteurs de la réforme catholique (visites pastorales, prédication, catéchèse, formation du clergé…). Il fonde avec Jeanne de Chantal, en 1610, l’ordre de la Visitation Sainte-Marie. Par sa parole comme par ses écrits, il exerce une énorme influence spirituelle bien au-delà de son diocèse et jusqu’à Paris. Parmi les nombreux ouvrages qu’il a laissés, les plus célèbres sont son Introduction à la vie dévote (1604), constamment rééditée jusqu’à nos jours, et son Traité de l’amour de Dieu (1616), qui constituent des chefs-d’œuvre de la littérature française et font de lui un humaniste chrétien. Nombre d’ordres et de congrégations s’inspireront de l’esprit salésien. Le corps de François de Sales repose dans la basilique de la Visitation à Annecy, de même que celui de Jeanne de Chantal. Il est le patron des diocèses d’Annecy et de Chambéry, celui des écrivains et de la presse catholique.

Je ne connais d’autre perfection que d’aimer Dieu de tout son cœur et son prochain comme soi-même ; toutes les autres pratiques ne sont que des moyens d’arriver à la charité, mais ne sont point la charité qui seule fait la perfection.
Saint François de Sales


FRANÇOIS XAVIER
(1506-1552) PRÊTRE – MR 3 décembre**. Né au château de Javier en Navarre, il vient faire ses études à l’Université de Paris, puis enseigne la philosophie. À Paris, il fait la connaissance d’Ignace de Loyola. Le 15 août 1534, avec cinq étudiants, Ignace et François Xavier se consacrent à Dieu dans une petite chapelle de Montmartre : c’est le début de la Compagnie de Jésus. François achève ses études de théologie, est ordonné prêtre en 1537 et, lorsque le roi du Portugal demande au pape des missionnaires pour évangéliser les Indes orientales, Ignace désigne François Xavier. Il s’embarque en 1541 pour Goa, la capitale des Indes portugaises et, arrivé en Extrême-Orient, y déploie une activité inlassable, parcourant en 10 ans plus de 100 000 km dans des conditions extrêmement difficiles. Il se rend notamment à Ceylan, à Malacca, dans les Moluques, au Japon, où il séjourne deux ans. Partout il fonde des communautés chrétiennes. Malgré son très vif désir de faire connaître l’Évangile à la Chine, il ne peut entrer dans ce pays et, épuisé par les fièvres, meurt solitaire dans la petite île de Sancian, face au continent. Il a 46 ans. François Xavier est le patron des missions.
Près de 70 autres saints ou bienheureux portent le nom de François.
Dérivé : Xavier .

Bien que je sois devenu très pâle, je suis pourtant plus robuste que jamais. Les fatigues qu’on prend pour éduquer une nation qui aime tant la vérité et qui désire tant son propre salut donnent bien de la joie.
Saint François Xavier


Bienheureux FRANCOIS-RÉGIS CLET
(† 1820) MARTYR – MR 9 juillet. Lazariste missionnaire en Chine, il est torturé, mis en croix et étranglé.
À ne pas confondre avec saint Jean-François Régis.

FRANÇOISE ROMAINE
(1384-1440) VEUVE – MR 9 mars. Née à Rome dans une famille patricienne et mariée très jeune, elle a plusieurs enfants, dont la plupart meurent en bas âge. Elle se dépense au service des malades durant la peste de 1414, bientôt rejointe par d’autres dames romaines. C’est le point de départ d’une communauté non cloîtrée d’oblates bénédictines, à laquelle se joint Françoise après la mort de son mari. Durant le grand schisme d’Occident, qui oppose les papes de Rome et d’Avignon, elle joue un rôle médiateur.
Dérivés : Fanchon France, Franceline, Francette, Francine .

Bienheureux FRANZ JÄGERSTÄTTER
(1907-1943) MARTYR– MR 9 août. Il naît en 1907, à Sankt Radegund à quelques kilomètres de Braunau, ville où Hitler est né en 1889. Il est dès les premiers jours un antinazi et vote contre l’Anschluss en 1938. « Ma vision catholique du monde, disait-il alors, est incompatible avec le national-socialisme. » Mobilisé en 1943 dans la Wehrmacht, il se déclare objecteur de conscience en citant la parole de saint Pierre : « Mieux vaut obéir à Dieu qu’aux hommes. » Il refuse, même sous la torture, d’être enrôlé dans l’armée hitlérienne car sa foi catholique lui interdit de servir le régime nazi. Déféré à la prison de Berlin-Plötzensee, il refuse, pendant un an, d’obtempérer aux « ordres » nazis, soutenu par son épouse Franziska qui consent à élever seule leurs enfants dont la plus petite n’a que six ans. Le 16 juillet 1943, il est condamné à mort par un tribunal militaire à Berlin pour « obstruction aux principes de la Wehrmacht » et pour avoir « délibérément refusé, pour des raisons personnelles, de remplir son devoir patriotique dans la difficile lutte engagée par l’Allemagne pour sa survie ». Il écrit alors à sa femme : « J’écris avec mes mains liées. Il vaut mieux que ce soit les mains, plutôt que la volonté. » Il est guillotiné dans la prison de Brandeburg-a-der-Havel, à Berlin, le 9 août 1943, à l’âge de 36 ans, « pour subversion de la force armée ».
L’Autriche, longtemps divisée dans son histoire, n’annule le verdict de Berlin qu’en 1997. Elle craignait d’offenser ainsi des milliers d’anciens soldats de la Wehrmacht qui estimaient « avoir fait leur devoir » en se battant pour leur pays annexé par l’Allemagne hitlérienne. Benoît XVI veut aller plus loin qu’une simple réhabilitation. Il décide de promouvoir sa béatification comme martyr, ratifiant ainsi l’incompatibilité du national-socialisme avec la foi chrétienne. « Il a donné sa vie, la conscience honnête, en fidélité à l’Évangile et pour le respect de la personne humaine », déclare le cardinal Saraiva Martins au jour de sa béatification dans la cathédrale de Linz, le 26 octobre 2007.

Ni la prison, ni les chaînes et non plus la mort peuvent séparer un homme de l’amour de Dieu et lui voler sa libre volonté. La puissance de Dieu est invincible. Soyez obéissants et soumettez-vous aux autorités : ces mots arrivent aujourd’hui de tous côtés, même de la part de gens qui ne croient presque pas du tout en Dieu et aux Écritures sacrées… Il y a toujours ceux qui tentent de t’opprimer la conscience en te rappelant l’épouse et les enfants. Est-ce que les actions qu’on accomplit deviennent-elles plus justes seulement parce qu’on est marié et qu’on a des enfants ? Ou alors est-ce que l’action devient-elle meilleure ou pire seulement parce que l’accomplissent d’autres milliers de catholiques ? Je crois que l’on peut prêter obéissance aveugle, mais seulement dans les cas où on ne cause aucun dommage à personne. Si aujourd’hui les hommes étaient un peu plus sincères, il devrait exister aussi quelques catholiques pour dire : « Oui, je me rends compte que ce que nous sommes en train d’accomplir n’est pas bien, cependant je ne me sens pas encore prêt à mourir ». Être disposé à mourir pour sa propre foi. Celui-ci aura plus de mérite que celui qui est condamné pour ne pas abjurer l’Église publiquement, parce qu’en ce dernier cas on a tout simplement le devoir de mourir plutôt qu’obéir, si on ne veut pas commettre péché grave.
Franz Jägerstätter, juillet-août 1943.


FRÉDÉRIC
(† 838) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 18 juillet. Évêque d’Utrecht (Pays-Bas) vers 825, il participe au concile de Mayence (839), fait évangéliser la Frise par saint Odulphe et meurt probablement assassiné sur l’ordre de la reine Judith, épouse de Louis le Pieux, à laquelle il avait reproché sa conduite.

Bienheureux FRÉDÉRIC JANSSOONE
(1838-1916) PRÊTRE – Fête le 4 août. Prêtre fransiscain français, il est envoyé en Terre sainte où la misère des chrétiens le conduit à se faire mendiant. Puis il est envoyé au Canada pour y quêter en faveur de la custodie de Terre sainte.

Bienheureux FRÉDÉRIC OZANAM
(1813-1853) LAÏC – MR 9 septembre. Frédéric Ozanam naît le 23 avril 1813 à Milan, où son père tient un cabinet médical. Revenu à Lyon, il est élève au collège royal. Après deux années de stage chez un avoué lyonnais, il gagne Paris en novembre 1831 pour y poursuivre ses études de droit. Le jeune étudiant trouve à se loger chez le physicien André-Marie Ampère, lyonnais d’origine. Il accumule diplôme sur diplôme. Une épidémie de choléra qui, en 1832, frappe surtout les quartiers pauvres de Paris le convainc que les paroles sont insuffisantes quand on se dit charitable car la charité doit se vivre en actes. Il rencontre Chateaubriand, Lammennais, Montalembert, Lamartine et Emmanuel Bailly. Ce dernier est proche de l’abbé Migne, éditeur inépuisable de la patrologie, d’encyclopédies historiques et théologiques. Ensemble, ils décident de créer une « conférence de charité ». Ils prennent contact avec sœur Rosalie Rendu, qui, dans le quartier Mouffetard, un des quartiers les plus pauvres de Paris, entre la montagne Sainte-Geneviève et la rivière de le Bièvre, accueille toutes les misères dans son dispensaire. Le 23 avril 1833, ils placent la « conférence de charité » sous le patronage de saint Vincent de Paul. Ils sont sept ; ils seront plusieurs millliers dix ans plus tard.
Frédéric Ozanam quitte Paris pour s’inscrire au barreau de Lyon, mais il préfère l’enseignement, se présente à l’agrégation et est nommé suppléant à la chaire de littératures étrangères à Paris, en octobre 1840. Son enseignement, très érudit, est aussi très original car, face au scepticisme ambiant, il veut montrer que la vérité du christianisme repose sur des fondements scientifiques.
Impressionné par les conférences de carême de Notre-Dame de Paris, il partage avec les jeunes catholiques de son temps le souci de donner et recevoir des connaissances religieuses solides et adaptées aux préoccupations contemporaines. Il milite pour la justice sociale, prônant l’alliance du christianisme et de la liberté. En 1848, avec enthousiasme, il prend position pour la démocratie et la République. À partir de 1852, il doit suspendre ses cours en raison de sa santé fragile, et en profite pour créer des « conférences de Saint-Vincent-de-Paul ». Il meurt à Marseille le 8 septembre 1853.
« Cet universitaire, a déclaré Jean-Paul II, vise avant tout la recherche et la communication de la vérité, dans la sérénité et le respect des convictions de ceux qui ne partagent pas les siennes. Il comprend que la charité doit conduire à travailler au redressement des injustices. Charité et justice vont de pair. Il a le courage lucide d’un engagement social et politique de premier plan, car aucune société ne peut accepter la misère comme une fatalité sans que son honneur n’en soit atteint. » Frédéric Ozanam est béatifié par Jean-Paul II lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Notre-Dame de Paris en août 1997.
Dérivés : Freddy, Frédérique, Frida .

FRIDOLIN
( VIII e siècle) ABBÉ – MR 6 mars. Le déroulement de sa vie reste plein d’incertitudes. Moine de Luxeuil d’origine irlandaise, il aurait été abbé de l’abbaye Saint-Hilaire-de-Poitiers, avant de fonder une abbaye à Seckingen, entre Bâle et Constance. Il est le patron du canton suisse de Glaris, région qui, bien que située à l’est de la Suisse, dépendit longtemps de cette abbaye.

FRONT
( III e siècle) ÉVÊQUE – MR 25 octobre. De ce premier évêque de Périgueux, la tradition fait un disciple de saint Pierre qui l’aurait envoyé évangéliser la Gaule. Il est le patron du diocèse et la cathédrale de Périgueux lui est dédiée.

FRUMENCE
( IV e siècle) ÉVÊQUE – MR 20 juillet. Selon le récit de son contemporain, l’écrivain chrétien Rufin (340-410), c’est en partant évangéliser l’Inde que le jeune Frumence, venant de Tyr, serait resté en Éthiopie après le massacre de ses compagnons par des barbares. Recueilli par le roi puis devenu son secrétaire, il aurait ainsi pu introduire le christianisme en Éthiopie, dont il est considéré comme l’apôtre. Premier évêque d’Axsum, il aurait été sacré par saint Athanase , évêque d’Alexandrie. Latins, Grecs et Coptes lui vouent une égale vénération.

FULBERT
(v. 960-1029) ÉVÊQUE – MR 10 avril. Venu d’Italie, il est disciple à Reims du théologien Gerbert (le futur pape Sylvestre II), avant d’aller diriger à Chartres une école dont la renommée devient bientôt internationale. Brillant philosophe, il compte parmi ses anciens élèves bien des grands noms de son époque. Élu évêque de Chartres en 1006, cet esprit universel mène de front une multitude de tâches : prédicateur et pasteur de son peuple, professeur, écrivain, poète et musicien, conseiller des rois de France. Il engage la reconstruction de l’actuelle cathédrale de Chartres après l’incendie de 1020.

FULGENCE
(v. 467-533) ÉVÊQUE – MR 1 er janvier. Ce moine, originaire de Carthage, est élu en 507 évêque de Ruspe (dans l’actuelle Tunisie). Aux prises avec l’arianisme des Vandales qui ont conquis le pays, il est exilé à deux reprises en Sardaigne. Ses écrits le classent parmi les grands théologiens de son siècle.
Le bourg Saint-Fulgent en Vendée est une déformation de Fulgence.

FULRAD
(† 784) ABBÉ – Fête loc. 17 février. Né en Alsace, il entre au monastère bénédictin de Saint-Denis en Île-de-France, dont il est élu abbé en 750. Tout en développant le patrimoine foncier de l’abbaye, qui deviendra considérable, il soutient la réforme de l’Église franque par saint Boniface et contribue à l’avènement et à la puissance de la dynastie carolingienne.

FURCY ou FURSY
(† 650) ABBÉ – MR 16 janvier. Issu de la noblesse irlandaise, il passe en Angleterre, où il fonde deux abbayes. Puis, comme tant d’autres moines irlandais évangélisateurs, il vient sur le continent et, avec l’aide du maire du palais de Clovis II, fonde l’abbaye de Lagny en Île-de-France puis celle de Péronne en Picardie. Frohen, où il est mort, est un lieu de pèlerinage.

FUSCIEN
( IV e siècle) MARTYR – MR 11 décembre. Les saints martyrs Victoric, Fuscien et Gentien, venus de Rome, évangélisèrent la région d’Amiens, de la Thérouane et de la Picardie.
G

GABRIEL
ARCHANGE – MR 29 septembre***. Fêtés ensemble par l’Église le jour anniversaire de la consécration de la basilique romaine de Saint-Michel, les archanges Gabriel, Michel et Raphaël nous sont connus par la Bible qui les présente comme des êtres célestes envoyés par Dieu, sous des formes humaines, pour délivrer de sa part certains messages ou accomplir certaines missions. Gabriel, dont le nom signifie en hébreu « Dieu s’est montré fort », annonce les interventions de Dieu pour le salut des hommes et la venue du Messie. Il s’adresse au prophète Daniel (Dn 8, 16 ; 9, 21-27), à Zacharie et à la Vierge Marie (Lc 1, 11-38). La célébration de Gabriel est apparue au X e siècle. En 1951, Pie XII fait de lui le patron des techniciens et des professionnels des moyens de communication (radio, télévision, téléphone, etc.).
Dérivé : Gaby .

GABRIEL DE L’ADDOLORATA
(1838-1862) RELIGIEUX – MR 27 février. Né à Assise, François Possenti découvre sa vocation religieuse à l’occasion de la mort de sa sœur et entre à 18 ans chez les religieux passionistes sous le nom de Gabriel de l’Addolorata (en italien « celle qui a du chagrin »). Sa dévotion à la Vierge et la sainteté de sa vie exercent une profonde action sur son entourage. Il meurt de la tuberculose à 24 ans, à la veille d’être ordonné prêtre.

GABRIEL LALLEMANT
(1610-1649) PRÊTRE et MARTYR – MR 19 octobre. Né à Paris, il entre à 20 ans dans la Compagnie de Jésus et, après avoir enseigné en France, obtient malgré sa mauvaise santé d’être envoyé au Canada. Il participe avec le père Jean de Brébeuf à l’évangélisation des Hurons. Il est pris par les Iroquois, torturé et mis à mort en même temps que sept autres martyrs jésuites.
Huit autres saints ou bienheureux portent le nom de Gabriel, dont Gabriel Perboyre, religieux lazariste, martyrisé en Chine en 1840.

GABY, voir Gabriel


GAËL, GAËLLE, voir Judicaël


GAÉTAN DE THIENE
(v. 1480-1547) PRÊTRE – MR 7 août*. Né à Vicence (Italie), il fait des études de droit à Padoue et devient protonotaire apostolique à Rome. Ce grand timide surmonte toutes ses appréhensions pour s’occuper des orphelins, des incurables et des prisonniers, dans le cadre d’une association du Divin Amour. En 1523, il fonde avec Jean-Pierre Carafa, évêque de Théato (futur pape Paul IV), les Clercs réguliers théatins, selon une formule associant le ministère sacerdotal à une vie spirituelle communautaire exigeante en vue de contribuer à la réforme des mœurs du clergé. Il passe ses dernières années à Naples au service des pauvres.

GALACTOIRE
( VI e siècle) ÉVÊQUE – MR 27 juillet. Il est le plus ancien évêque connu de Lescar au Pays basque, et était présent au concile d’Agde en 506. Il aurait été tué par les Wisigoths, alors qu’il conduisait un groupe de ses fidèles au secours des Francs.

GALL
(† 645) MOINE – MR 16 octobre. Il est l’un des douze moines irlandais qui accompagnent saint Colomban en Gaule et l’aident à fonder les abbayes de Luxeuil et de Fontaine-lès-Luxeuil. Il le suit dans son exil à Bregenz, à l’extrémité orientale du lac de Constance. Il s’en sépare ensuite pour aller vivre en ermite un peu plus à l’ouest, en un lieu où sera établie, après sa mort, une abbaye bénédictine qui portera son nom. C’est l’origine de la ville de Saint-Gall, chef-lieu du canton suisse de même nom.

GALMIER
(† v. 660) MOINE – MR 27 février. Né dans le Forez, il exerce le métier de serrurier à Lyon avant de se faire moine à l’abbaye Saint-Just de cette ville (à l’emplacement actuel de l’église de même dénomination) où il est inhumé. Ses reliques sont conservées dans l’église de Saint-Galmier (Loire). Il est le patron des serruriers.

GASPARD DEL BUFALO
(1786-1837) FONDATEUR – MR 28 décembre. Prêtre romain, il refuse de prêter serment à Napoléon et doit quitter la ville en 1808. Revenu à Rome en même temps que le pape Pie VII, après l’abdication de Napoléon, il se livre à une active prédication dans la campagne romaine, privée de prêtres depuis plusieurs années. Pour donner sa pleine efficacité à cette mission, il fonde en 1815 la congrégation des Missionnaires du Précieux-Sang puis, en 1834, celle des Sœurs du Précieux-Sang, vouée à l’éducation des jeunes filles.

GASTON, voir Vaast


GATIEN
( III e - IV e siècle) ÉVÊQUE – MR 18 décembre. Il aurait été envoyé par Rome pour évangéliser la région de Tours, dont il serait le premier évêque. Il aurait assumé cette charge pendant un demi-siècle. Il est l’un des patrons du diocèse de Tours, dont la cathédrale lui est dédiée.

GAUD
(† 648) ÉVÊQUE – MR 31 janvier. Il aurait été évêque d’Évreux avant de se retirer dans un ermitage. C’est sur son tombeau que saint Pair (ou Paterne ), évêque d’Avranches, aurait édifié au VI e siècle la première église de Saint-Pair-sur-Mer (Manche). Des reliques de saint Gaud sont conservées dans l’église actuelle.

Bienheureux GAUDEFROY
(† 1139) ABBÉ – MR 9 septembre. Abbé de Savigny en Normandie, il étend sa congrégation en Normandie, en Angleterre et en Irlande.

GAULTIER
(† 1070) LAÏC – MR 11 mai. Fils du seigneur de Confolens (Charente), il fait ses études au Dorat (Haute-Vienne) dans une communauté de chanoines au service des paroisses rurales. Il mène ensuite une vie d’ermite sous les murs du château de son père. Il dirige la collégiale des chanoines de Lesterp, à quelques kilomètres de Confolens.

GAUTIER
(† 1099) ABBÉ – MR 23 mars. Né à Andainville (Somme), il fonde l’abbaye bénédictine de Saint-Martin-de-Pontoise en Île-de-France (Val-d’Oise), aujourd’hui collège des Pères oratoriens. Sa vocation étant plutôt la solitude, il se retire d’abord à Cluny, puis dans une île de la Loire près de Tours. Chaque fois, ses moines le retrouvent et le ramènent à Pontoise, où il achève sa vie. Son tombeau ( XIII e siècle) se trouve dans l’église Notre-Dame de la ville. Il est le dernier saint à avoir été béatifié par un évêque, celui de Rouen.
Dérivé : Walter .

GÉBUIN ou JUBIN
(† 1081) ÉVÊQUE – Fête loc. 18 avril. Archevêque de Lyon, il se rend à Rome pour obtenir du pape Grégoire VII la confirmation de la primatie de Lyon sur les métropoles de Sens et de Rouen qui la contestent.

GÉLASE I er
(† 496) PAPE – MR 21 novembre. Originaire d’Afrique, membre du clergé romain, il est déjà réputé pour sa science avant son élection pontificale en 492. Il doit surmonter, durant son bref pontificat, de multiples difficultés : l’Italie est ravagée par le roi ostrogoth Théodoric, l’hérésie pélagienne divise l’Église, l’empereur et le patriarche de Constantinople contestent la primauté pontificale. Gélase y fait face avec tant d’énergie et de savoir-faire qu’on a parlé de « renaissance gélasienne ».
Six autres saints ou bienheureux portent le nom de Gélase ou Gélasius.

GEMMA GALGANI
(1878-1905) VIERGE – MR 11 avril. Cette jeune Italienne se voit refuser l’entrée dans les ordres en raison de sa santé chancelante. L’intensité de sa vie spirituelle se traduit par des extases fréquentes. Elle reçoit les stigmates de la passion du Christ, connaît des sueurs de sang comme lui et participe ainsi à ses souffrances physiques et morales. Elle offre toutes ses épreuves pour le salut des hommes. Elle meurt à 25 ans.

GENÈS , GENEST ou GENIEZ
( IV e siècle) MARTYR – MR 25 août. Greffier public à Arles, il aurait été décapité pour avoir refusé de transcrire des actes ordonnant la persécution des chrétiens. On lui donne aussi part à la légende du mime païen converti à Rome. Le tombeau de saint Genès aux Alyscamps aurait été abrité par une basilique située à l’emplacement de l’actuelle basilique Saint-Honorat ( XII e siècle). On peut penser qu’il y a interférence entre les histoires des deux Genès de Rome et d’Arles.

GENÈS ou GENEST
(Fin du III e ou au début du IV e siècle) MARTYR – Fête loc 25 août. Ce mime païen aurait été touché par la grâce tandis qu’il parodiait une cérémonie chrétienne devant l’empereur Dioclétien. Il se serait alors proclamé chrétien et aurait été décapité. Le sujet a été repris au XVII e siècle par l’auteur dramatique français Rotrou, dans une pièce intitulée Le Véritable Saint Genest.

GENÈS
(† 679) ABBÉ – Fête loc. 3 novembre. Abbé du palais de Clovis II, il est archevêque de Lyon en 668. Il échappe à un attentat organisé par le maire du palais, Ébroïn, qui avait déjà fait assassiner saint Léger, évêque d’Autun. Il participe au concile de Malay (679) et meurt en visitant le monastère de Chelles en Île-de-France.

GENÈS
(† v. 660) ÉVÊQUE – MR 3 juin. Évêque de Clermont, il serait le fondateur de Manglieu, près d’Issoire en Auvergne.

GENÈS , GENEST, GENIEZ, GENIS ou GENIX
De nombreuses communes de France sont placées sous l’égide d’un saint portant l’un de ces noms. En fait, plusieurs saints portent le nom de Genès, tout en pouvant être également connus sous un nom voisin.

GENEVIÈVE
(v. 420-v. 510) VIERGE – MR 3 janvier (propre de France*). Née à Nanterre, elle reçoit à l’âge de 15 ans le voile des vierges des mains de l’évêque de Paris. Certains disent même qu’elle a été consacrée dès l’âge de 7 ans. Elle mène alors une vie de prière et de grande abstinence. Au début de 451, Attila s’avance vers Paris et les habitants veulent s’enfuir. Geneviève les incite à la prière et leur donne l’assurance qu’il n’y entrera pas. Les faits lui donnent raison. Plus tard, pendant l’invasion de Paris par Chilpéric, elle conjure la famine en faisant ravitailler les assiégés par une flottille chargée de blé.
Après sa mort, Geneviève est enterrée aux côtés de Clovis et de sainte Clotilde dans l’église de l’abbaye que le roi franc avait édifiée au sommet de la colline, devenue depuis lors la montagne Sainte-Geneviève. Sainte Geneviève est très vite considérée par la population parisienne comme sa protectrice. Lors des grandes calamités ou des dangers les plus menaçants, sa châsse fut promenée en procession dans les rues de Paris. La sainte fut beaucoup invoquée pendant la grande peste de 1129 et on lui attribue la fin du fléau. En 1744, lors d’une maladie, Louis XV fait le vœu, s’il est guéri, de remplacer l’église à demi ruinée de l’abbaye par un édifice grandiose. À peine achevée, la nouvelle église Sainte-Geneviève est transformée en Panthéon par la Constituante (1791). Pendant la Révolution, les ossements de la sainte sont brûlés en place de Grève, ses cendres jetées à la Seine, sa châsse fondue à la Monnaie. En 1806, lors de la démolition de l’ancienne église, le fond du sarcophage de Geneviève est retrouvé et placé dans l’église voisine, Saint-Étienne-du-Mont, où il sert de base à la nouvelle châsse (vide) qui y a été symboliquement placée. Quelques reliques authentiques se trouvent dans la châsse-reliquaire qui domine le maître-autel.
Sainte Geneviève est la patronne de Paris et celle des formations chargées de veiller sur la population : la gendarmerie et la police.
Dérivé : Ginette .

GENGOUL
(† 760) ERMITE – MR 11 mai. Familier de la cour de Bourgogne, il se retire pour devenir ermite et reclus près d’Avallon où il est tué par l’amant de sa femme.

GENS
(† 1150) ERMITE – Fête loc. 16 mai. Né à Monteux (Vaucluse), il se retire comme ermite près de Beaucet où il finit sa vie. Son ermitage attirera beaucoup de monde.

GEOFFROY
(v. 1065-1115) ÉVÊQUE – MR 8 novembre. Né dans le Soissonnais, ordonné prêtre à Noyon, abbé de Nogent-sur-Coucy en 1095, il devient évêque d’Amiens en 1104. Comme évêque, il appuie les bourgeois d’Amiens qui entendent former une commune pour se libérer de l’oppression des seigneurs. Il assiste au concile de Vienne en 1112. En revenant du concile de Reims, il meurt à l’abbaye Saint-Crépin à Soissons.
Dérivé : Godefroy.

GEORGES
(† 303) MARTYR – MR 23 avril*. Soldat, il aurait été martyrisé en Palestine pendant la persécution de Dioclétien. Bien que son culte soit très ancien, les détails de sa vie et de sa mort sont inconnus, et sa légende n’a guère de fondements, à tel point que le pape Gélase (492-496) en interdit la lecture à l’église. Elle ne manque évidemment pas de pittoresque : on y voit notamment Georges triompher d’un redoutable dragon. Cette scène, reproduite sur les pièces d’or anglaises, est à l’origine des allusions à la « cavalerie de Saint-Georges », longtemps efficace moyen de la diplomatie britannique.
Le culte de saint Georges se propage d’abord en Palestine, puis en Italie, en Sicile, dans les Gaules et en Angleterre. Les croisades contribuent à étendre sa popularité, en particulier dans les armées française et anglaise. Il devient le patron des chevaliers. Benoît IV le donne également comme patron à l’Angleterre. Il est en outre devenu celui des cavaliers et des scouts.
17 autres saints ou bienheureux portent le nom de Georges , dont saint Georges († 870 – MR 9 novembre), évêque de Lodève, et saint Georges († 670 – MR 2 novembre), évêque de Vienne en Gaule. 79 localités en France portent le nom de Saint-Georges.
Dérivés : Georgette, Georgine, Youri.

GEORGETTE , GEORGIE ou GEORGINA
(† v. 500) VIERGE – Fête loc. 15 février. D’après saint Grégoire de Tours, il s’agit d’une jeune recluse, retirée non loin de Clermont-Ferrand, pour s’adonner au jeûne et à la prière. On raconte qu’au moment de ses funérailles, une volée de colombes accompagna son cercueil jusqu’à sa mise en terre.
Beaucoup de Georgette ont comme patron saint Georges.

GÉRALD
(† 1108) ÉVÊQUE – MR 5 décembre. D’abord moine à Moissac (Tarn-et-Garonne), il fut évêque de Braga, au nord du Portugal.
Dérivé : Géraldine .

Bienheureux GÉRARD
(† 1138) CONFESSEUR – MR 13 juin. C’est le frère aîné de saint Bernard . Soldat, il est grièvement blessé et emmené en captivité. À sa libération, il décide de se faire moine et rejoint son frère à Cîteaux. Pendant 30 ans il est son bras droit. Alors que tous deux sont en voyage à Rome, Gérard tombe malade et revient mourir à Cîteaux.

GÉRARD MAJELLA
(1726-1755) CONFESSEUR – MR 16 octobre. Né à Muro Lucano, dans le royaume de Naples, il est encore jeune quand il perd son père qui était tailleur. Il est alors mis en apprentissage dans la profession paternelle. Mais, après diverses tentatives infructueuses de vie religieuse, il entre comme frère convers dans la compagnie du Très-Saint Rédempteur (rédemptoristes), récemment fondée par saint Alphonse de Liguori. Comblé de grâces extraordinaires (extases, prophéties, miracles, conversions), il est en même temps l’objet de calomnies qui le mettent à deux doigts d’être exclu de sa communauté. Il souffre l’injustice en silence, et trouve un appui auprès du fondateur de l’ordre. Il meurt à 29 ans.
16 autres saints ou bienheureux portent le nom de Gérard, en particulier Gérard, moine de Corbie et fondateur de l’abbaye de Sauve-Majeure († 1095 – MR 5 avril), Gérard, évêque de Toul († 994), et Gérard de Brogne, moine de Saint-Denis-en-France († 959).

GÉRAUD
(v. 850-909) MR 13 octobre. Ce comte d’Aurillac, qui a laissé une réputation de grande simplicité, fonda une abbaye sur ses terres.

GERBAUD
(† 691) ÉVÊQUE – Fête loc. 5 décembre. Moine bénédictin, il fonde l’abbaye de Livry en Normandie, puis devient évêque de Bayeux.

GERLAND
(† 1104) ÉVÊQUE – MR 25 février. Originaire de Besançon, parent de Robert Guiscard, le fondateur du royaume de Naples et conquérant de la Sicile, il est évêque d’Agrigente en Sicile et restaure le christianisme après l’expulsion des Sarrasins.

GERMAIN D’AUXERRE
(v. 378-448) ÉVÊQUE – MR 31 juillet. Né à Auxerre dans une famille noble, marié, habile juriste et haut fonctionnaire de l’Empire, il est choisi en 418 pour être évêque d’Auxerre. Il donne ses biens aux pauvres, défend les fidèles contre les impôts excessifs et les invasions barbares. Le pape Célestin I er l’envoie comme légat en Angleterre, où il combat le pélagianisme tout en favorisant la vie religieuse. De retour en Gaule, il est envoyé en mission à Ravenne où il meurt. Son corps est ramené à Auxerre et son tombeau devient vite un lieu de pèlerinage. Plus de 120 communes en France portent son nom.

GERMAIN DE PARIS
(† 576) ÉVÊQUE – MR 28 mai. Né à Autun à la fin du V e siècle, il est prêtre et conseiller du roi Chilpéric. Celui-ci l’appelle en 556 à devenir évêque de Paris. Il y fonde le monastère appelé plus tard Saint-Germain-des-Prés, dont il consacre l’église en 558. Il essaie en vain d’arbitrer les premières luttes entre les reines Brunehaut et Frédégonde. Après sa mort, son corps est transféré dans l’église du monastère qu’il a fondé, qui lui sera alors dédiée. C’est sur son emplacement qu’au XI e siècle, après les dévastations normandes, est édifiée l’église abbatiale, depuis lors fréquemment remaniée, qui porte le nom de Saint-Germain-des-Prés.

Bienheureux GERMAIN DE TALLOIRES
( XI e siècle) ABBÉ – MR 28 octobre*. Ermite et fondateur du monastère de Talloires en Savoie, son culte est confirmé en 1886.

GERMAINE COUSIN
(v. 1579-1601) VIERGE – MR 15 juin. Fille d’un laboureur de Pibrac, près de Toulouse, elle perd sa mère très tôt. Chétive, maltraitée au foyer, elle accepte les souffrances et les humiliations avec patience et joie, trouvant son réconfort dans la prière et en particulier celle du chapelet. On raconte qu’étant soupçonnée d’avoir emporté du pain pour le donner aux pauvres, elle ouvrit son tablier d’où tombèrent des fleurs printanières. On la retrouve morte sous l’escalier, sur son lit de sarments. À Pibrac (Haute-Garonne), une basilique est élevée en son honneur. Elle est choisie comme patronne par la Jeunesse Agricole Chrétienne Féminine (JACF).

GERMER
(† 658) ÉVÊQUE – MR 16 mai. Évêque de Toulouse où il développe le culte de saint Sernin (ou Saturnin), il voit la population donner son patronyme à plusieurs localités.

GERTRUDE LA GRANDE
(† 1302) MONIALE – MR 16 novembre. Née à Helfta, en Saxe, elle entre à cinq ans à l’abbaye cistercienne de cette ville, ce qui est assez courant à cette époque. Elle y reçoit une forte éducation littéraire et théologique. Favorisée de visions, de révélations et de dons spirituels exceptionnels, elle a laissé le récit de ses faveurs mystiques dans plusieurs ouvrages (notamment le Livre de la grâce spéciale et le Livre de la divine piété ) qui, traduits en plusieurs langues, la classent parmi les grands mystiques du Moyen Âge. Sa spiritualité, qui n’est pas sans manifester des excès dus à un tempérament hyperaffectif, se situe dans le courant cistercien.
Le culte de sainte Gertrude s’est répandu bien avant d’être officialisé au XVII e siècle. Elle est la patronne des Indes occidentales.
Cinq autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Gertrude.

Seigneur mon Dieu, Tu es mon créateur et celui qui me repétrit. Renouvelle donc aujourd’hui en moi le don de l’Esprit. Compte-moi parmi tes enfants d’adoption. Fais de moi l’enfant d’une race nouvelle afin qu’avec les fils de la Promesse, je sois joyeuse que la grâce vienne enrichir la nature.
Fais-moi grandir en la foi et en la joie de l’espérance. Rends-moi patiente à l’heure de l’épreuve et radieuse à l’heure de la louange. Fais-moi toujours attachée à Toi jusqu’à ma dernière heure humaine… Seigneur Jésus, conserve-moi au profond de mon cœur la transparence de mon baptême et la rectitude de ma foi, qu’à l’heure de paraître devant toi, je te les présente intactes. Imprime en moi le sceau de ton cœur, que je puisse vivre selon Toi et dans l’allégresse de parvenir sans entraves jusqu’à Toi.
Sainte Gertrude, Exercice pour rendre grâce du Baptême .


GERVAIS
(† 386) MARTYR – MR 19 juin. Gervais et Protais sont deux martyrs dont les corps furent découverts à Milan par saint Ambroise qui les y ensevelit le 19 juin 386 sous l’autel de l’actuelle basilique San-Ambrosio. On ne sait rien de sûr à leur sujet, bien que saint Augustin les présente comme des modèles. Par contre, la légende leur attribue maints faits merveilleux. Leur culte se répand dans tout l’Occident. Ils ont notamment leur église à Paris, dont l’édifice ( XV e - XVII e siècles) occupe l’emplacement d’une basilique dédiée aux deux martyrs dès le VI e siècle. Ils sont les patrons du diocèse de Soissons.
Cinq autres saints ou bienheureux portent le nom de Gervais.
Dérivé : Gervaise .

GÉRY
(† v. 625) ÉVÊQUE – MR 11 août. Né à Carignan (Ardennes), il est remarqué par l’évêque de Trèves qui l’ordonne diacre. Après avoir exercé son ministère dans sa région natale, il est élu évêque par le peuple de Cambrai et sacré par l’archevêque de Reims entre 584 et 590. Hanté par le souci des captifs et des esclaves, il s’efforce de leur procurer soulagement et délivrance. Il assiste au concile de Paris en 614. Il est le patron du diocèse de Cambrai.

GHISLAIN
(† 680) MOINE – MR 10 octobre. Il est le fondateur de l’abbaye autour de laquelle s’est créée et développée la ville de Saint-Ghislain (Hainaut), près de Mons en Belgique.
Dérivé : Ghislaine .

GILBERT DE NEUFFONTS
(† 1152) ABBÉ – MR 6 juin. Seigneur auvergnat, il part en 1146 pour la deuxième croisade. Au retour, il embrasse la vie religieuse. Sa femme, sainte Pétronille , et leur fille, sainte Poncia, en font autant. Il fonde un monastère de prémontrés à Neuffonts (Saint-Didier-la-Forêt, dans l’Allier) où il meurt l’année suivante.
Cinq autres saints ou bienheureux portent le nom de Gilbert, dont un cistercien († 1168 – MR 17 octobre), moine de l’abbaye d’Ourscamp qui devint abbé de Cîteaux.
Dérivé : Gilberte .

GILBERT DE SEMPRINGHAM
(† 1189) ABBÉ – MR 4 février. Fils d’un soldat normand ayant participé à la conquête de l’Angleterre et reçu du roi Guillaume la seigneurie de Sempringham, Gilbert, ordonné prêtre, fonde sur ses terres un monastère de femmes (1131) puis un monastère d’hommes (1147). C’est le point de départ de l’ordre anglais des gilbertins. Ami de Thomas Becket, il est persécuté et emprisonné par le roi Henri II. Son monastère est dissout par Henri VIII en 1538.

GILDAS LE SAGE
(† 570) ABBÉ – MR 29 janvier. D’une noble famille originaire de Grande-Bretagne, il naît en Écosse et débarque vers l’âge de 20 ans en Armorique où il se fait prêtre. Après être allé prêcher dans son pays natal puis en Irlande, il s’établit dans la petite île d’Houat, au large de Rhuys, où l’afflux de disciples le conduit à venir fonder un monastère à Rhuys même. Il est l’un des apôtres de la Bretagne. Ses écrits (livres liturgiques pour les Églises celtes, histoire britannique) l’ont fait surnommer « le sage ». Il meurt sur l’île d’Houat. Il est le patron du diocèse de Vannes.

GILDUIN
(† 1077) ÉVÊQUE – MR 27 janvier. Chanoine de Dol-de-Bretagne, il est élu, encore adolescent, à l’épiscopat. Il meurt à Chartres au retour de son voyage à Rome.

GILLES
( VI e ou VII e siècle) ABBÉ – MR 1 er septembre. À Saint-Gilles-du-Gard , on vénère la mémoire d’un abbé qui y vécut et sur le tombeau duquel fut fondée une abbaye. On ne sait rien de lui, mais c’est l’un des saints les plus populaires du Moyen Âge. Une légende le montre vivant en ermite dans la forêt en compagnie d’un cerf ou d’une biche miraculeuse.

GINA, GINO, voir Louis de Gonzague


GINETTE, voir Geneviève


GIRAUD
(† 1031) ABBÉ – MR 29 décembre. Abbé de Saint-Arnoul, il est tué par l’un de ses moines.

Bienheureuse GISÈLE
(† v. 1060) VEUVE – MR 7 mai. Fille d’Henri II de Bavière et de Gisèle de Bourgogne, et sœur de saint Henri, elle épouse en 996 saint Étienne de Hongrie. Veuve en 1038, elle se retire dans le monastère allemand de Niedenburg où elle achève sa vie.

GLADY, voir Claudine Thévenet


GLADYS
( VI e siècle) VEUVE – MR 29 mars. Épouse bretonne du roi de Clamorgan au pays de Galles, elle vécut en ermite après sa mort.

GOBAIN
(† 670) MARTYR – MR 20 juin. Gobain aurait été l’un des nombreux missionnaires irlandais passés en Gaule, où il aurait mené une vie solitaire en un lieu situé près de La Fère (Aisne). C’est là que s’élèvera la ville de Saint-Gobain. Il aurait été massacré par des envahisseurs germains.

GODEFROY, voir Geoffroy


GOHARD
(† 843) MARTYR – MR 24 juin. Évêque de Nantes, il fut tué par des pillards normands alors qu’il célébrait la messe.

GOMER
(† 775) MARTYR – MR 11 octobre. Après un mariage malheureux, ce militaire doit quitter sa femme et vivre en reclus dans le Brabant où il devient moine. Il meurt assassiné.

GOND ou GODON
(† v. 690) CONFESSEUR – Fête loc. 26 mai. Neveu de saint Wandrille , il le rejoint à l’abbaye de Fontenelle fondée peu auparavant (l’actuelle abbaye Saint-Wandrille en Normandie). Puis il fonde à son tour près de Sézanne (Marne) une abbaye qui prendra son nom.
Les marais de Saint-Gond, près de l’ancienne abbaye, sont devenus célèbres au cours de la bataille de la Marne en 1914.

GONTRAN
(† 593) CONFESSEUR – MR 28 mars. Fils du roi Clotaire I er , il règne à partir de 561 sur Orléans, la Bourgogne, le Berry et une partie de la Provence, faisant des efforts méritoires pour accorder sa vie avec sa foi, en cette époque de violence et de mœurs dissolues. Il fonde quelques monastères, dont celui de Beaume-les-Dames (Doubs) en Franche-Comté, et aide saint Colomban à fonder celui de Luxeuil (Haute- Saône). Il réunit plusieurs conciles régionaux. Il meurt à Châlons en Champagne.

GONZAGUE, voir Louis de Gonzague


GOSWIN ou GOSSUIN
(† 1165) ABBÉ – Fête le 9 octobre. Né à Douai, il fait ses études à Paris et devient moine. Il fonde plusieurs abbayes, puis devient abbé du monastère d’Anchin dans le diocèse de Cambrai.

GOULVEN
( VI e siècle) ÉVÊQUE – MR l er juillet. Après une vie de solitaire il devient évêque de Léon en Bretagne, dans l’actuel Finistère-Nord. Très populaire en Bretagne, il serait mort à Rennes et aurait été inhumé à l’abbaye Saint-Mélaine.

GRÂCE ou ZORAÏDE
(† 1180) MARTYRE – MR 21 août. Elle fut mise à mort à Alcira près de Valence en Espagne en même temps que son frère Bernard (Ahmed) et sa sœur Marie (Zaïde ), car ils refusaient de devenir musulmans.
Dérivés : Gracieuse, Graziella .

GRAT
(† après 506) ÉVÊQUE – MR 19 octobre. Premier évêque connu d’Oloron (Pyrénées-Atlantiques), il figure parmi les signataires des décrets du concile d’Agde en 506. Il est le patron de la ville d’Oloron.

GRAT
( V e siècle) ÉVÊQUE – MR 7 septembre. Évêque d’Aoste, dont il est le saint patron, il est également très vénéré en Savoie.

GRÉGOIRE DE NAZIANZE
(† v. 330) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 2 janvier**. Né à Nazianze en Cappadoce (Asie Mineure), compatriote de saint Basile, il étudie à Athènes où il enseigne l’éloquence. Revenu auprès des siens, il se laisse ordonner prêtre vers 362 par son père, évêque de Nazianze, puis rejoint Basile dans son couvent. Celui-ci, devenu évêque de Césarée en 370, fait de Grégoire l’évêque de Sasima. Mais Grégoire, effrayé par sa charge, s’enfuit. Malgré cela, en 378, il est nommé évêque de Constantinople, avec la redoutable mission d’y rétablir la foi catholique à l’encontre de l’arianisme, hérésie longtemps soutenue par l’empereur. Il s’y emploie de son mieux, se faisant le théologien de la Trinité dans des homélies qui le classent parmi les Pères de l’Église. Toutefois, son élection ayant été contestée, Grégoire, plus porté à la contemplation qu’à la lutte, se retire dans sa Cappadoce natale où il achève sa vie.

Ô Toi l’au-delà de tout, comment t’appeler d’un autre nom ? Quelle hymne peut te chanter ? aucun mot ne t’exprime. Quel esprit te saisir ? nulle intelligence ne te conçoit. Seul, tu es ineffable ; tout ce qui se dit est sorti de toi. Seul, tu es inconnaissable ; tout ce qui se pense est sorti de toi. Tous les êtres te célèbrent, ceux qui te parlent et ceux qui sont muets. Tous les êtres te rendent hommage, ceux qui pensent comme ceux qui ne pensent pas. L’universel désir, le gémissement de tous aspire vers toi. Tout ce qui existe te prie et vers toi tout être qui sait lire ton univers fait monter un hymne de silence. Tout ce qui demeure, demeure en toi seul. Le mouvement de l’univers déferle en toi. De tous les êtres tu es la fin, tu es unique. Tu es chacun et tu n’es aucun. Tu n’es pas un être seul, tu n’es pas l’ensemble ; Tu as tous les noms, comment t’appellerais-je ? Toi, le seul qu’on ne peut nommer ; quel esprit céleste pourra pénétrer les nuées qui voilent le ciel lui-même ? Aie pitié, ô Toi, l’au-delà de tout ; comment t’appeler d’un autre nom ?
Hymne attribuée à saint Grégoire de Nazianze .


GRÉGOIRE L’ILLUMINATEUR
(† 326) ÉVÊQUE – MR 30 septembre. Il évangélise l’Arménie qui devient le premier État officiellement chrétien après la conversion du roi Tiridate, avant même l’Empire romain. « Saint Grégoire fut nommé l’Illuminateur parce qu’en lui se reflétait de façon extraordinaire le visage du Sauveur. Le mot "illumination" possède aussi un autre sens dans l’acception arménienne ; il signifie la lumière qui provient de la diffusion de la culture à travers l’enseignement », déclare Benoît XVI à Rome en février 2008.

GRÉGOIRE DE LANGRES
(† 539) ÉVÊQUE – MR 4 janvier. D’abord gouverneur d’Autun et connu pour sa sévérité, il devient évêque de Langres où ses fidèles ne peuvent que louer sa délicatesse et sa compréhension.

GRÉGOIRE DE NYSSE
(† 395) ÉVÊQUE – Fête loc. 9 mars. Né à Césarée du Pont (Asie Mineure), il est le fils de saint Basile l’Ancien et le frère de saint Basile le Grand. D’abord professeur de rhétorique, il embrasse la vie monastique en 362. En 371, son frère, Basile, l’installe évêque de Nysse, en Cappadoce. Après la mort de Basile, Grégoire prend sa suite comme défenseur de la foi catholique face à l’hérésie arienne. Il se distingue en particulier au concile de Constantinople (381). Il meurt dans sa ville épiscopale de Nysse.
Théologien de la Trinité et de l’Incarnation, en même temps qu’auteur mystique, il laisse une œuvre écrite considérable qui le classe parmi les Pères de l’Église.

GRÉGOIRE I er LE GRAND
(† 604) PAPE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 3 septembre**. Né à Rome d’une famille patricienne, arrière-petit-fils du pape Félix III, il fait une brillante carrière administrative et devient préfet de Rome. En 575, il renonce à sa charge et à sa fortune et se fait moine. Il établit un monastère sous la règle de saint Benoît dans sa maison romaine. Envoyé un moment à Constantinople comme représentant du pape Gélase II auprès de l’empereur, il revient à Rome peu avant d’être élu pape malgré lui, en 590, dans une période particulièrement difficile : Rome est sous la menace des envahisseurs lombards et ne peut attendre aucun secours de l’empereur, alors que la famine et la peste ravagent le pays. En l’absence d’une autorité civile, Grégoire, déployant une fois de plus ses qualités d’administrateur et de diplomate, prend en mains les destinées de la ville, assure son approvisionnement, organise sa défense, négocie avec les envahisseurs. Mais il reste avant tout pasteur. Il conduit d’une main ferme son Église de Rome, mettant tous ses soins dans la prédication. N’hésitant pas à tourner le dos à l’empire de Byzance, il met tous ses espoirs dans les peuples barbares, Francs, Lombards, Angles, etc., qui se sont emparés de l’Europe occidentale. Pour évangéliser les Angles, il envoie en Grande-Bretagne un groupe de moines sous la conduite du futur saint Augustin de Cantorbéry. Grégoire le Grand laisse une importante œuvre écrite, plus pastorale et morale que théologique (homélies, dialogues, lettres, traité de pastorale). Bien qu’il ait à son actif une importante réforme liturgique, c’est indûment qu’on lui attribue le chant grégorien, même s’il a exercé une influence durable en donnant un caractère universel aux chants d’Église.

Il s’est fait chair, pour faire de nous des possédés de l’Esprit. Il s’est abaissé par bonté pour nous relever. Il est sorti de chez lui pour nous y introduire. Il est apparu à nos yeux visiblement pour nous montrer les choses invisibles. Il a enduré les coups pour nous guérir. Il a supporté les outrages et les moqueries pour nous délivrer de l’opprobre éternel. Il est mort pour nous donner la vie.
Saint Grégoire le Grand, Paradoxe du salut.


GRÉGOIRE VII
(v. 1015-1085) PAPE – MR 25 mai*. Né à Soarno en Toscane, moine clunisien à Rome, il est le conseiller de nombreux papes successifs avant d’être lui-même élu en 1073. Il n’est alors que diacre. Il reçoit la prêtrise et l’épiscopat en accédant au trône pontifical. Déjà, il avait œuvré avec énergie auprès de ses prédécesseurs pour promouvoir une réforme de l’Église, devenue indispensable. Pape, il donne à cette réforme une impulsion décisive : lutte contre la simonie, le trafic des bénéfices ecclésiastiques, le mariage ou le concubinage des prêtres, et surtout contre l’emprise exercée par les pouvoirs temporels sur les autorités ecclésiastiques. En vue de libérer l’Église de toute emprise des pouvoirs politiques, Grégoire VII rédige un ensemble de 27 décrets, connus sous le nom de Dictatus Papae (1074-1075), expression d’une véritable « théocratie » (les pouvoirs temporels sont soumis au pouvoir spirituel). L’empereur d’Allemagne, Henri IV, refuse cette suprématie. Un conflit aigu s’ouvre entre eux, qui débouche dans un premier temps sur le célèbre épisode de Canossa (1077), où l’empereur Henri IV vient solliciter le pardon de Grégoire. Mais un peu plus tard, l’empereur prend sa revanche en parvenant à installer un antipape, Clément III, à Rome (1084). Sans doute la ville est-elle bientôt reprise par Robert Guiscard, devenu l’allié du pape. Mais ses pillages soulèvent la population et Grégoire doit fuir Rome une nouvelle fois. Il se retire à Salerne où il meurt, meurtri et humilié. Il laisse le témoignage d’une œuvre considérable, en même temps que d’une piété et d’une charité authentiques, malgré les excès de son tempérament autoritaire.

Il faut savoir que cette dénomination d’anges désigne leur fonction et non leur nature ; car si ces bienheureux esprits de la céleste patrie sont toujours des esprits, ils ne peuvent pas toujours être appelés anges ; ils sont anges seulement lorsqu’ils annoncent quelque chose […] On nomme archanges ceux qui annoncent les plus grands mystères […] Toutes les fois qu’il s’agit d’une chose où il faut une puissance extraordinaire, c’est Michel que l’Écriture cite comme envoyé afin que son nom, aussi bien que l’acte même, donne à comprendre que nul ne peut faire ce que Dieu fait par son incomparable puissance.
Saint Grégoire, Homélie sur saint Michel.


GRÉGOIRE LE THAUMATURGE
(210-270) ÉVÊQUE – MR 19 novembre. Né à Néo-Césarée (Asie Mineure) et d’abord appelé Théodore, il reçoit au baptême le nom de Grégoire. Après avoir été l’élève du théologien Origène, il se dépouille de sa fortune et se retire dans la solitude. Élu évêque de sa ville natale (238), il se livre avec un plein succès à l’évangélisation d’une population encore largement païenne, son influence étant favorisée par un ensemble de faits miraculeux auxquels il doit le surnom de « thaumaturge » (mot grec signifiant « qui fait des miracles »). On a de lui plusieurs ouvrages de théologie.

GRÉGOIRE DE TOURS
(538-594) ÉVÊQUE – MR 17 novembre. Né à Clermont en Auvergne, dans une famille noble gauloise, il est élu évêque de Tours en 573. Pris dans les querelles entre les fils du roi mérovingien Clotaire I er , il négocie entre Childebert II, roi d’Austrasie, et Gontran, roi de Bourgogne, le traité d’Andelot qui assure la réunion des deux royaumes. Il défend avec courage les droits de l’Église sans cesse violés par les détenteurs du pouvoir et fait notamment prévaloir le droit d’asile, par exemple en faveur de Brunehaut et de Mérovée à l’encontre du roi Chilpéric. Il laisse une importante collection de vies de saints (notamment saint Martin) et une Histoire des Francs en dix volumes qui, malgré ses imperfections, reste une œuvre capitale pour la connaissance de son époque.

GRÉGOIRE BARBARIGO
(1625-1697) ÉVÊQUE – MR 18 juin. Durant ses études à Padoue, il se fait remarquer par sa science et sa prudence. En 1648 la république de Venise l’envoie au congrès de Münster où sera signé le traité de Westphalie. Nommé évêque de Bergame en 1657 et créé cardinal en 1660, il reçoit l’évêché de Padoue en 1664. Il y fonde un séminaire et consacre son patrimoine aux pauvres et à l’équipement de son diocèse. C’est en outre un mécène pour les érudits. Il se dépense pour la conversion des juifs et des païens, ainsi que pour la réconciliation des Églises d’Orient et d’Occident.
21 autres saints ou bienheureux portent le nom de Grégoire.

GRIMAUD
(† 901) ABBÉ – MR 8 juillet. Moine et prieur de Saint-Bertin, il se rend en Angleterre et devient le premier abbé du monastère de Winchester.

GUDULE
(† v. 712) VIERGE – MR 8 janvier. Élevée à l’abbaye de Nivelles (dans l’actuelle Belgique), où elle a peut-être connu sainte Gertrude qui en fut l’abbesse, elle revient chez ses parents et mène une vie d’une extrême charité. Son corps est transféré à Moorsel, où se fonde un monastère de femmes. Ses reliques seront plus tard transportées à Bruxelles dont elle deviendra la patronne. L’actuelle cathédrale Saints-Michel-et-Gudule est édifiée sur l’emplacement de l’église où avaient été déposées ses reliques.

GUENOLÉ
(† 583) ABBÉ – MR 3 mars. Ce saint, très populaire en Bretagne, passe sa jeunesse au monastère de Lavré près de l’île de Bréhat (Côtes-d’Armor) où il se fait remarquer par sa piété et par ses miracles. Avec quelques moines, Guenolé fonde une abbaye dans une région encore inculte : à Landévennec (Lann-Tevennec) au fond de la rade de Brest (Finistère). L’abbaye abritera les reliques de Guenolé et aura un grand rayonnement jusqu’à sa destruction en 1793. En 1950, les bénédictins y reviennent et y reconstruisent une abbaye non loin des ruines de l’ancienne.
Saint Guenolé est invoqué contre la stérilité des femmes et pour la sécurité des marins en mer.

GUÉRIN
(† 1150) ÉVÊQUE – Fête loc. 30 août. Fondateur de l’abbaye Notre-Dame d’Aulps, en Savoie, il devient évêque de Sion (Suisse).

GUI ou GUY
( IV e siècle) MARTYR – MR 15 juin. Fils d’un païen sicilien, il aurait eu des chrétiens pour précepteurs, Crescence et Modeste, qui l’auraient fait baptiser à l’insu de son père. Celui-ci, sur l’injonction du gouverneur Valérien, se serait employé sans succès à faire apostasier son fils. Gui, après avoir échappé miraculeusement au supplice, aurait fini par être martyrisé en même temps que Crescence et Modeste. Saint Gui a été longtemps invoqué contre la « danse de saint Gui », agitation nerveuse.

GUIBERT
(† 962) MOINE – MR 23 mai. Homme de guerre lorrain, il devient ermite dans le Brabant belge puis moine dans l’abbaye bénédictine de Gorze en Lorraine.

GUILLAUME
(† 1209) ÉVÊQUE – MR 10 janvier. De la famille des comtes de Nevers, il entre d’abord dans l’ordre des ermites de Grandmont (Haute-Vienne), puis il rejoint l’abbaye cistercienne de Pontigny (Yonne). Abbé de Fontaine-Saint-Jean (Yonne), puis de Chaalis (Oise), il doit, contre son gré, accepter l’archevêché de Bourges en 1200. Il continue à y suivre le strict régime cistercien, mais sans l’imposer à ses hôtes. Malgré la colère de Philippe Auguste, il fait exécuter dans son diocèse la sentence d’interdit lancée contre le roi par le pape Innocent III, à la suite du divorce et du remariage du monarque. Dévoué aux pauvres, il convertit par sa douceur beaucoup d’hérétiques albigeois.
45 autres saints ou bienheureux portent le nom de Guillaume.
Dérivés : Billy, William , Willy.

Si vous reprenez durement un homme pour le frisson que lui donne la fièvre, pensez-vous que vos reproches l’empêcheront de frissonner ? Prions pour les pécheurs, compatissons à leur faiblesse, plutôt que de les réprimander avec aigreur.
Saint Guillaume


GUILLAUME, ou GUILHEM, LE GRAND
(v. 755-812) MOINE – MR 28 mai. Élevé à l’école du palais de Charlemagne, où il se lie avec saint Benoît d’Aniane, il devient comte de Toulouse et duc d’Aquitaine. Après avoir pris Barcelone aux Sarrasins (801), il se retire dans la solitude des gorges de l’Hérault et y fonde une abbaye, en un lieu qui deviendra Saint-Guilhem-du-Désert (Hérault).

GUILLAUME COURTET
(† 1637) RELIGIEUX – MR 27 décembre. Il est l’un des 15 compagnons de Lorenzo Ruiz , dominicains martyrisés à Nagasaki (Japon) le 27 décembre 1637. Béatifiés le 18 février 1981 à Manille (Philippines), tous sont canonisés le 18 octobre 1987.

GUILLAUME DE DIJON
(961-1031) ABBÉ – MR 1 er janvier. Né au château d’Orta près de Novare en Italie et fils du comte de Volpiano, il se fait moine à l’abbaye de Cluny en 987. Envoyé par son abbé, saint Mayeul, pour réformer l’abbaye Saint-Bénigne de Dijon, il en fait un actif foyer de renouveau monastique : des dizaines d’autres abbayes bourguignonnes sont ainsi atteintes par le mouvement rénovateur. En même temps, Guillaume rebâtit Saint-Bénigne, qui sera l’un des chefs-d’œuvre de l’art roman (l’église actuelle, du XIII e siècle, n’en conserve pratiquement rien). Guillaume étend son action réformatrice à la Normandie, en commençant par l’abbaye de Fécamp où il meurt. Les abbayes clunisiennes normandes exercent à leur tour une influence déterminante sur les abbayes anglaises.

GUILLAUME FIRMAT
(1026-1103) CONFESSEUR – MR 24 avril. Il naît à Tours et, tout en étant chanoine de Saint-Venant, exerce la médecine. Ordonné prêtre, il se retire en solitaire dans la forêt de Concise, voisine de Laval. Parti en pèlerinage en Palestine, il est fait captif par les Sarrasins. Revenu en France, il séjourne dans la région de Vitré avant de s’établir à Mantilly (Orne).
Il meurt à Mortain en Normandie, où il est allé prier, et en devient le patron.

GUILLAUME TEMPIER
(† 1197) ÉVÊQUE – MR 29 mars. Entré jeune chez les chanoines réguliers de Saint-Augustin, il devient l’abbé du monastère Saint-Hilaire de Poitiers puis l’évêque de cette ville. Pasteur sage et intrépide protecteur de la foi, il défend héroïquement les droits de son église. Il est enterré dans l’église Saint-Cyprien à Poitiers.

Bienheureux GUILLAUME-JOSEPH CHAMINADE
(1761-1850) PRÊTRE – MR 22 janvier. Originaire de Périgueux en France, il connaît la tourmente révolutionnaire et refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Il exerce alors un ministère clandestin à Bordeaux. En 1795, il est chargé d’accueillir les prêtres qui ont consenti au serment et en réconcilie une cinquantaine, mais deux ans plus tard, il doit s’exiler pour trois ans à Saragosse.
À son retour à Bordeaux en 1800, il remet sur pied une ancienne congrégation mariale. En 1817, il fonde à Bordeaux la Société de Marie (les futurs « marianistes »), pour donner aux laïcs qui la composent une solide formation religieuse. Il leur propose des objectifs apostoliques bien précis et leur demande de s’inspirer des premiers chrétiens pour offrir à la société déchristianisée le spectacle d’un « peuple de saints ». Leur mission consiste principalement à rejoindre ceux qui ne fréquentent pas l’Église et qui sont en marge des paroisses. Les dix dernières années de sa vie sont marquées par l’épreuve : santé, problèmes financiers, défection de certains, incompréhension des autres. En 1845, il est remplacé comme supérieur général. Il meurt en paix en 1850, car « son attitude filiale envers Marie l’a maintenu dans la paix en toutes circonstances, l’aidant à faire la volonté du Christ » (Jean-Paul II). Il est béatifié le 3 septembre 2000.

GUNTHER
(† 1045) ABBÉ – MR 9 octobre. Cousin du roi de Hongrie et personnage d’un caractère ambitieux, il se convertit, devient moine quelque temps, puis se retire entre Bavière et Bohème dans la solitude de son ermitage.

GUSTAVE
(† 560) ABBÉ – MR 7 octobre. En raison de son infirmité des jambes et des mains, il ne peut marcher qu’à genoux, porté par ses frères du monastère de Bourges où il est retiré, jusqu’au jour où, par l’intercession de saint Martin, il peut à nouveau se déplacer normalement.

GUY D’ANDERLECHT
(† 1012) CONFESSEUR – MR 12 septembre. Né dans le Brabant, il est sacristain à Notre-Dame de Laeken (Belgique). Pour faire pénitence il se rend en pèlerinage à Rome, puis à Jérusalem. Sept ans plus tard, il rentre épuisé à Anderlecht près de Bruxelles, où il meurt. Il est le patron des sacristains, des laboureurs, des cochers, des carrossiers.
Huit autres saints ou bienheureux portent le nom de Guy ou Gui.
Dérivé : Guidon .

GWEN ou GWENOLA
( VI e siècle) LAÏQUE – Fête loc. 18 octobre. Elle est la mère de Guenolé et de Jacut , saints bretons.

GWENAEL ou GUENAËL
(† v. 560) ABBÉ – MR 3 novembre. Il est élevé au monastère de Landevennec dans le Finistère, y devient moine en 511 puis abbé. En 539, il se rend en Irlande avec onze de ses moines pour s’initier à la vie monastique marquée par saint Colomban. Il y reste 34 ans puis revient en Bretagne.
Dérivé : Gwenaëlle .
H

HABIB
(† 322) MARTYR – MR 2 septembre. Diacre à Édesse, il est décapité sous l’empereur Dioclétien.

HADOUIN
(† 662) ÉVÊQUE – Fête loc 20 août. Douzième évêque du Mans, il fonde plusieurs monastères dont celui de Notre-Dame d’Évron.

HANS, voir Jean


HEDWIGE
(1174-1243) RELIGIEUSE – MR 16 octobre*. Fille d’un comte bavarois, elle épouse en 1186 Henri I er , duc de Silésie, dont elle a six enfants. À partir de 1209, les deux époux décident d’un commun accord d’observer une continence perpétuelle. Tout en restant fidèle à ses tâches de mère et de princesse, Hedwige se voue au service des pauvres et des prisonniers. Devenue veuve, elle entre à l’abbaye cistercienne de Trebnitz, dont sa fille Gertrude (à ne pas confondre avec Gertrude la Grande) est l’abbesse. Elle y mène une vie humble et austère, mais sans prononcer de vœux. Son culte reste vivace en Silésie.

HEDWIGE
(1374-1399) REINE – MR 17 juillet. Reine de Pologne, où elle est très populaire, elle entraîne la Lituanie dans la foi en épousant son roi Ladislas Jagellon. Elle est canonisée le 8 juin 1997 à Cracovie (Pologne).

HÉGÉSIPPE
(† 180) LAÏC – MR 7 avril. Originaire de Jérusalem, il est, avec ses Mémoires , le premier historien de l’Église, établissant la liste de succession des évêques de Rome depuis saint Pierre.

HELDRAD
(† 842) ABBÉ – MR 13 mars. Provençal originaire de Lambesc, il vend sa fortune pour fonder plusieurs hospices dont celui du Mont-Cenis et il se retire à Novalese dans le Piémont, au pied des Alpes.

HÉLÈNE
(v. 255-327) IMPÉRATRICE – MR 18 août. Fille d’un garçon d’écurie, elle naît dans la province romaine de Bithynie (actuelle Turquie). Remarquée par le tribun Constance Chlore, Hélène devient sa concubine. De cette union naît le futur empereur Constantin. Hélène est renvoyée par Constance Chlore lorsqu’il épouse Théodora en 289, avant d’accéder à l’empire en 305. À la mort de Constance Chlore, en 306, son fils Constantin est porté au trône impérial par ses légions. Il appelle sa mère Hélène à ses côtés et il lui donne le rang d’impératrice en 325. Hélène, convertie au christianisme, se rend sur les lieux saints, où la tradition lui attribue la découverte de la vraie Croix. Elle meurt à Nicomédie en Bythinie et son corps est transporté à Rome, d’où il aurait été transféré au X e siècle à l’abbaye d’Hautvillers (Marne). De là son culte se répand dans tout l’Occident.
Huit autres saintes ou bienheureuses portent le nom d’Hélène.
Dérivés : Éline , Heliena, Léna, Lenaïc , Marlène, Milène , Nelly .

HÉLIER
( VI e siècle) MARTYR – MR 16 juillet. Né à Tongres en Belgique, il vient en Normandie se mettre sous la direction de saint Marcou (ou Marcouf), puis part vivre en ermite dans l’île de Jersey où il est assassiné par les barbares.

HÉLOÏSE ou ELWISA
(† 1066) VIERGE – Fête loc. 11 février. Elle fut moniale de l’abbaye de Coulombs en Normandie.
Ce prénom, fréquent au Moyen Âge, est une déformation de Louise.

HENRI II
(973-1024) CONFESSEUR – MR 13 juillet*. Duc de Bavière, il est couronné roi de Germanie en 1002, et empereur du Saint-Empire romain germanique à Rome sous le nom de Henri II en 1014. Il s’impose la continence avec son épouse, sainte Cunégonde . Henri propage la foi, favorise les monastères et leur réforme dans l’esprit clunisien, reconstruit des églises, crée l’archevêché de Bamberg, dont la cathédrale abrite ses restes. Il n’en est pas moins un roi batailleur et fait en outre peser la suprématie impériale sur l’Église germanique. Il est le patron des oblats bénédictins.
Huit autres saints ou bienheureux portent le nom d’Henri, dont Henri († 1156), évêque d’Uppsala, patron de la Finlande, et Henri Suso († 1366), mystique dominicain dont les écrits sont encore riches de spiritualité pour nos contemporains.
Dérivé : Henriette .

Bienheureuse HENRIETTE DE JÉSUS
(1745-1794) MARTYRE – MR 17 juillet. Marie-Gabrielle de Croissy, née à Paris, est une des carmélites de Compiègne guillotinées durant la Terreur.

HERBERT, voir Cuthbert


HERLUIN ou HELLOUIN
(† 1078) ABBÉ – Fête loc. 26 août. Après avoir porté les armes jusqu’à l’âge de 40 ans, ce seigneur flamand devient moine et, en 1034, fonde en Normandie l’abbaye du Bec, qui porte son nom : Bec-Hellouin.

HERMANN-JOSEPH
(1152-1241) CONFESSEUR – MR 7 avril. Né à Cologne de parents très pauvres, il entre chez les religieux prémontrés. Il connaît l’épreuve de souffrances très aiguës qu’il supporte sans une plainte. On lui doit un commentaire du Cantique des cantiques.
Chargé de la direction spirituelle de religieuses norbertines et cisterciennes, c’est dans l’exercice de cette fonction qu’il meurt au couvent cistercien de Haven.

HERMELAND
(† 720) ABBÉ – MR 25 mars. Échanson du roi originaire de Noyon, il devient moine à Fontenelle (aujourd’hui Saint-Wandrille) en Normandie et fondateur du monastère d’Indre dans la région nantaise.

HERVÉ
( VI e siècle) ABBÉ – MR 17 juin. La tradition populaire fait de saint Hervé un chanteur ambulant aveugle, ami des animaux sauvages. On le représente souvent accompagné d’un loup. Il est probable que, fils d’un barde venu de Grande-Bretagne et d’une Armoricaine et effectivement aveugle, Hervé se soit fait très tôt ermite, se fixant à Plouvien (Finistère) avec quelques disciples. Il refuse le titre d’abbé par humilité, tout en en assumant la fonction. Sa réputation de sainteté gagne toute la Bretagne où il reste très populaire. Son tombeau est vénéré dans l’église de Lanhouarneau (Finistère). Il est le patron des bardes bretons.

HILAIRE D’ARLES
(† 449) ÉVÊQUE – MR 5 mai. Issu d’une illustre famille des Gaules, il connaît une jeunesse assez dissipée. Mais, sous l’influence de saint Honorat , abbé du monastère de Lérins qui est aussi son parent, il se convertit et le rejoint dans son monastère. Il lui succède comme évêque d’Arles en 429 ou 430.
Hilaire est l’un des adversaires de la doctrine de saint Augustin sur la grâce.

HILAIRE DE POITIERS
(315-368) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 13 janvier*. Il naît en Aquitaine d’une noble famille païenne et reçoit une excellente éducation. Insatisfait de la sagesse antique, il se fait chrétien et reçoit le baptême. Marié, père d’une fille, il est pourtant élu évêque de Poitiers vers 354. C’est lui qui ordonne exorciste le futur saint Martin. Bien que l’hérésie arienne, soutenue par l’empereur Constance, ait peu d’impact en Gaule, Hilaire prend conscience du péril mortel qu’elle représente pour la foi chrétienne et se lance hardiment dans la controverse, donnant son appui au principal supporter de la cause catholique, Athanase d’Alexandrie. Exilé en 356 en Phrygie (Asie Mineure), il profite de cette retraite forcée pour s’initier à la théologie grecque. Il compose alors son célèbre Traité sur la Trinité à partir du prologue de l’ Évangile de saint Jean. Ayant obtenu de l’empereur son retour en Gaule, il y fait déposer les évêques ariens. Avec lui, les définitions de la foi chrétienne adoptées par le concile de Nicée s’imposent à toute la Gaule. Sa renommée, son autorité et sa popularité sont alors considérables et s’étendent bien au-delà de son pays. De nombreuses églises et villes de France portent encore aujourd’hui son nom. Il est le patron du diocèse de Poitiers. Ses reliques, qui étaient conservées dans cette ville, ont été dispersées pendant les guerres de religion. L’œuvre de saint Hilaire le range parmi les Pères latins de l’Église et il est proclamé Docteur de l’Église en 1891 par Pie IX.
15 autres saints ou bienheureux portent le nom d’Hilaire, dont un pape († 468) et un évêque de Toulouse ( IV e siècle).

HILARION
(290-371) CONFESSEUR – MR 21 octobre. Né près de Gaza, en Palestine, de parents païens, il est confié à un maître chrétien d’Alexandrie et reçoit le baptême en 306. Après avoir passé quelque temps en Égypte auprès de saint Antoine, il revient vivre en ermite à Gaza. Il meurt à Chypre. Saint Jérôme a écrit sa biographie.

HILDA
(† 680) ABBESSE – MR 17 novembre. Abbesse au monastère de Whitby en Angleterre, elle y remplace les observances celtiques de saint Colomba par les coutumes romaines et la règle de saint Benoît.

HILDEGARDE DE BINGEN
(1098-1179) VIERGE – MR 17 septembre. Mystique bénédictine allemande rendue célèbre par ses visions, elle est, à ce titre, consultée par les plus grands personnages de son temps : on l’appelle « la sibylle du Rhin ». Accusée par ses ennemis, elle est défendue par saint Bernard. Elle commence à 43 ans à consigner les visions qu’elle a depuis l’enfance, dans le Scivias (du latin sci vias Dei , « sache les voies de Dieu »). En 1147, elle fonde le monastère de Rupertsberg. L’approbation du pape Eugène III lors d’un synode réuni à Trèves (fin 1147-début 1148) encourage Hildegarde à poursuivre son activité littéraire. Elle achève le Scivias , composé en 1151. Puis elle écrit le Liber Vitae Meritorum entre 1158 et 1163 et le Liber Divinorum Operum entre 1163 et 1174. En 1165, elle fonde le monastère d’Eibingen.

HILDEMARQUE
(† v. 682) ABBESSE – Fête loc. 25 octobre. Un moine de l’abbaye de Fontenelle (actuellement Saint-Wandrille) la persuade de le suivre et la conduit à son abbé, saint Wandrille. Celui-ci la place à la tête du monastère qu’il vient de fonder à Fécamp (664).

HIPPOLYTE
(† 235) MARTYR – MR 13 août*. Prêtre de Rome, savant exégète et théologien, il s’oppose à différents papes, allant jusqu’à susciter un schisme et à se comporter en antipape. Il est exilé pour la foi en même temps que le pape Pontien qu’il combattait et meurt avec lui en Sardaigne à la suite de mauvais traitements. Tous deux sont mis au rang des martyrs et honorés ensemble à ce titre. Hippolyte laisse de précieux ouvrages exégétiques, canoniques et liturgiques.

HONORAT
(† 429) ABBÉ et ÉVÊQUE – MR 16 janvier. Il s’initie à la vie monastique puis fonde dans les îles, alors désertes, de Lérins un célèbre monastère qui deviendra une pépinière d’évêques, d’apôtres et de saints. Parmi ses nombreux disciples, le futur saint Loup , évêque de Troyes, et le futur saint Eucher , évêque de Lyon. En 427, il est élu évêque d’Arles et fonde un nouveau monastère sur une île du Rhône. En 1788, quand l’abbaye de Lérins est supprimée, une partie des reliques du saint est transférée à la cathédrale de Grasse, qui l’a pour patron. Des cisterciens redonnent vie à l’abbaye en 1869.
Six autres saints (dont un évêque de Toulouse, premier successeur de saint Saturnin) portent le nom d’Honorat.

HONORÉ
(† v. 600) ÉVÊQUE – MR 16 mai. Membre de la famille des comtes de Ponthieu, il devint évêque d’Amiens en 554. La légende, selon laquelle le Christ serait venu lui-même consacrer le pain durant une messe célébrée par Honoré, l’a fait choisir comme patron des boulangers et des pâtissiers. L’église construite au XIII e siècle par leur corporation parisienne (édifice détruit après la Révolution) a donné son nom à une rue et à un quartier au centre de Paris dans le 1 er arrondissement. Ce quartier était en effet au Moyen Âge un quartier de minotiers et de grainetiers dont le blé venait de Picardie. Il est le patron de la Picardie.

HONORÉ DE BUZANCAIS
(† 1250) MARTYR – MR 9 janvier. Selon la tradition, ce marchand de bestiaux de Buzançais dans le Berry fut assassiné par ses deux valets à Thénezay en Poitou.

HONORINE
( IV e siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 27 février. Le corps de cette martyre aurait été jeté à la Seine entre Lillebonne et Harfleur en Normandie et serait venu s’échouer à Graville, près de Harfleur, où il aurait été enseveli. En 876, ses reliques sont transférées à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Elle est la patronne des bateliers.

HORTENSE, voir Fleur ou Flora


HUBERT
(† 727) ÉVÊQUE – MR 30 mai (en Belgique**). Successivement évêque de Tongres puis de Liège (705), Hubert exerce un apostolat extrêmement actif dans ces diocèses de Belgique orientale. Un siècle après sa mort, ses reliques sont transférées au monastère d’Andage, au cœur de la forêt ardennaise : c’est l’origine de la ville de Saint-Hubert.
Sa réputation de guérir de la rage, dans ce pays de chasseurs, le fait bientôt adopter par eux comme leur patron. Aujourd’hui encore, on bénit un pain spécial, le pain de Saint-Hubert, destiné à prévenir ou à guérir la rage. C’est à partir du XV e siècle qu’est appliquée à saint Hubert une légende, reprise de celle de saint Eustache , qui le présente comme converti à la vue d’un cerf portant une croix entre ses bois.

HUGUES
(1053-1132) ÉVÊQUE – MR 1 er avril. Né à Chateauneuf-sur-Isère (Drôme) et jeune chanoine de Valence, il devient conseiller en France du légat du pape Grégoire VII, pape réformateur qui s’attaque à tous les abus dont souffre l’Église. Hugues est ainsi préparé à la tâche qui lui incombe lorsqu’il devient évêque de Grenoble en 1080. Malgré tout, son tempérament contemplatif le porte davantage vers la paix d’un monastère que vers les difficiles problèmes qu’il doit affronter dans son diocèse. Aussi renonce-t-il à plusieurs reprises au siège épiscopal, mais le pape refuse invariablement sa démission. On comprend avec quelle faveur, et sans doute quelle envie, il accueille saint Bruno et ses compagnons à la recherche d’un lieu solitaire pour ne vivre qu’avec Dieu. Il les conduit lui-même dans le massif, alors sauvage, de la Grande-Chartreuse, et vient souvent leur rendre visite. Homme austère et droit, choisi comme arbitre dans maints différends, proche des pauvres, il est persuadé de son indignité à être pasteur d’un diocèse. Il prend parti avec courage pour le pape Pascal II aux prises avec l’empereur d’Allemagne Henri IV.
15 autres saints ou bienheureux portent le nom d’Hugues, dont un abbé de Cluny (1024-1109), successeur d’Odilon, qui joua un rôle éminent non seulement dans le développement de son ordre et la construction de l’immense église abbatiale de Cluny, mais aussi dans la vie de l’Église de son temps ; et Hugues, évêque de Rouen († 730), qui cumula la charge de ce diocèse avec celui de Bayeux et de Paris.
Dérivé : Huguette .

HUMBELINE
(† 1136) ABBESSE – MR 12 février. Mariée et riche, elle se convertit à la pauvreté lors d’une visite à son frère, saint Bernard . Elle se retire chez les bénédictines dont elle devient abbesse, et qui deviendront elles-mêmes cisterciennes au monastère de Tart en Bourgogne.

Bienheureux HUMBERT III DE SAVOIE
(1136-1189) – MR 4 mars. Culte confirmé (*) en 1838. Comte de Savoie, il sacrifie son attrait pour la solitude aux devoirs de sa charge. Resté veuf et sans enfant après la mort de sa première épouse, il contracte successivement deux mariages à la demande de ses sujets qui veulent garder cette famille à la tête de leur pays, son devoir l’emportant une fois de plus sur ses goûts personnels. Valeureux dans les combats, juste et modéré dans les victoires, il conquiert l’estime de ses contemporains au point que le roi d’Angleterre le choisit comme médiateur dans son royaume. Lorsque son fils est en âge de gouverner, il se retire au monastère de Hautecombe où son assiduité aux offices, son humilité dans les tâches les plus simples et sa charité font l’admiration de tous.

Bienheureux HUMBERT DE ROMANS
(1194-1277) RELIGIEUX – Fête loc. 14 juillet. Premier maître général des dominicains, il établit le plan ( cursus ) des études des Frères prêcheurs, orientant ainsi l’ordre selon l’esprit de son fondateur.

HYACINTHE
(v. 1200-1257) CONFESSEUR – MR 17 août. Né à Kamien en Silésie, il entre chez les dominicains à Rome. Chargé par saint Dominique d’aller établir en Pologne l’ordre des Frères prêcheurs, il fonde un couvent à Cracovie et un autre à Gdansk où il revient mourir après en avoir fondé un troisième à Kiev et évangélisé la Silésie. Il est considéré comme l’apôtre de la Pologne.
Onze autres saints ou bienheureux portent le nom d’Hyacinthe.

Bienheureux HYACINTHE CORMIER
(1832-1916) RELIGIEUX – Fête le 17 décembre. Maître général des dominicains, il crée le collège universitaire de l’Angelicum de Rome. On dit de lui qu’« il donnait la paix à tout ce qu’il touchait ».
I

IDA
(† 1113) VEUVE – MR 13 avril. Comtesse de Boulogne et mère de Godefroi de Bouillon, elle vécut oblate bénédictine de l’abbaye de Saint-Vaast dans les Flandres.

IGNACE D’ANTIOCHE
(† v. 107) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 17 octobre**. Né dans la province romaine de Syrie, il serait, selon certaines traditions, le successeur de saint Pierre comme évêque d’Antioche (actuellement Antakya en Turquie), capitale de la province et troisième ville de l’Empire romain après Rome et Alexandrie. Arrêté sous le règne de Trajan, il est envoyé à Rome pour y mourir sous la dent des bêtes. Au long de son voyage, il visite les communautés chrétiennes et leur adresse une série de lettres d’encouragement, témoignage de foi qui donne un aperçu de la doctrine et la vie de l’Église à ses débuts. En particulier, elles attestent l’importance de l’évêque dans son Église locale et celle de l’Église de Rome pour l’ensemble de la chrétienté.

IGNACE DE LOYOLA
(1491 ?-1556) CONFESSEUR – MR 31 juillet**. Basque espagnol, Iñigo de Loyola, gentilhomme du vice-roi de Navarre, est blessé au siège de Pampelune en 1521. Durant sa convalescence, il se convertit et oriente d’abord sa vie vers une solitude de pénitence. Venu en pèlerinage au monastère de Montserrat, près de Barcelone, il se retire ensuite dans une grotte à Manrèse, non loin de là. Accédant alors aux sommets de la vie mystique, il découvre sa véritable vocation, de nature apostolique. Après un pèlerinage à Jérusalem, il entreprend de se donner une formation intellectuelle méthodique dans les universités espagnoles d’Alcala et de Salamanque.
Suspecté d’illuminisme, il gagne l’université de Paris où il obtient le grade de maître ès arts. Depuis Manrèse, il met par écrit le fruit de sa réflexion spirituelle, ses célèbres Exercices spirituels destinés à ceux qui veulent sincèrement se consacrer à Dieu.
Durant son séjour parisien, il recrute ses premiers compagnons, François Xavier , Pierre Fabre , Lainez , Salmeron . En 1534, dans la crypte de l’église bâtie à l’emplacement du martyre de saint Denis, sur les pentes de Montmartre, il fait avec eux le vœu d’aller en Palestine évangéliser les infidèles ou, si ce n’est pas possible, de se mettre à la disposition du pape. Ils sont ordonnés prêtres à Venise en 1537 (sauf Pierre Fabre, déjà prêtre). En 1540, ils obtiennent du pape Paul III de se constituer en ordre : la Compagnie de Jésus est fondée. Ignace en est élu général l’année suivante. Ses membres ajoutent aux vœux religieux le vœu spécial d’obéissance au pape, qui pourra leur demander toute mission qu’il jugera utile.
Du vivant d’Ignace, la Compagnie voit se diversifier ses activités (prédication, enseignement, missions en pays protestants et en pays païens…) et connaît un développement rapide. Elle joue dès lors un rôle essentiel dans l’Église, à commencer par une contribution décisive au succès de la contre-réforme catholique.
L’autobiographie d’Ignace, Journal du pèlerin , et son Journal spirituel aident à connaître sa personnalité, vouée ad majorem Dei gloriam (à la plus grande gloire de Dieu) – devise de la Compagnie – par la sanctification personnelle et l’apostolat. Il est le patron de tous les exercices spirituels.

Bienheureux IGNACE MANGIN et ses compagnons
(† 1900) MARTYRS – MR 20 juillet. Jésuite en Chine au moment de la guerre des Boxers, il se trouve dans un village fortifié où se sont réfugiés 3 000 chrétiens. Le 20 juillet 1900, les Boxers pénètrent en force dans le village et massacrent les chrétiens : le père Mangin est abattu au pied de l’autel.

IGNACE DE SANTHIA
(1686-1770) RELIGIEUX – MR 22 septembre. La spiritualité de ce capucin italien prédicateur et directeur spirituel remarquable a une grande influence sur la vie religieuse du Piémont au XVIII e siècle. Il est canonisé le 19 mai 2002.
Cinq autres saints ou bienheureux portent le nom d’Ignace, dont un patriarche de Constantinople († 877), qui fut aux prises avec un autre patriarche, Photius, à l’occasion d’une crise de l’Église tranchée par le IV e concile de Constantinople (869-870).

ILDEFONSE
(v. 607-667) ÉVÊQUE – MR 23 janvier. Né à Tolède d’une famille de sang royal, il entre au monastère d’Agali, dont il devient l’abbé. Il est élu évêque de Tolède en 657 et on le tire de force de son monastère. Recourant aux écrits plutôt qu’aux conciles pour l’animation de son clergé, il laisse une œuvre abondante, théologique, spirituelle, liturgique, qui constitue une source de grand intérêt pour la connaissance de la vie de l’Église espagnole.

Bienheureuse INÈS TAKEYA
(1577-1622) MARTYRE – MR 10 septembre. Le prénom espagnol Inès, apparenté au mot latin agnus (agneau), a été notamment porté par une chrétienne japonaise, Inès Takeya, épouse d’un Japonais converti, arrêtée en 1618 pour avoir hébergé des missionnaires catholiques. En 1622, elle est décapitée avec son mari et 30 compagnons, à Nagasaki , 25 autres étant brûlés.

INGRID
(† 1282) VEUVE et RELIGIEUSE – MR 2 septembre. Descendante du roi Knut de Suède, elle fonde, après la mort de son mari, le couvent des dominicaines de Skänninge, avec l’aide de son frère, chevalier teutonique.

SAINTS INNOCENTS
( I er siècle) MARTYRS – MR 28 décembre***. C’est le nom donné par l’Église aux victimes du massacre ordonné par le roi Hérode, selon l’évangéliste Matthieu (2, 16-18), au moment de la naissance de Jésus.
Alerté par le passage à Jérusalem de mages venus d’Orient pour « rendre hommage au roi des juifs qui vient de naître » et craignant pour son trône, Hérode fait assassiner tous les garçons de moins de deux ans dans la région de Bethléem mais Joseph et Marie réussissent à s’enfuir à temps avec Jésus.
Les saints Innocents sont fêtés comme martyrs le 28 décembre (le 29 par les liturgies byzantine et copte).
La pensée chrétienne fait volontiers le rapprochement entre ce meurtre d’innocents et celui de Jésus, l’innocent par excellence : le péché sème la mort, mais l’amour de Dieu fait surabonder la vie et offre à tous le salut.

INNOCENT I er
(† 417) PAPE – MR 12 mars. Il défendit saint Jean Chrysostome, soutint saint Jérôme et approuva saint Augustin.

Bienheureux INNOCENT V
(1225-1276) PAPE – MR 22 juin. Pierre de Tarentaise , religieux dominicain, succède à saint Thomas d’Aquin à l’Université de Paris, avant d’être archevêque de Lyon où il joue un rôle important durant le concile qui tente de réunir les Églises d’Orient et d’Occident.

Bienheureux INNOCENT XI
(1611-1689) PAPE – MR 12 août. Benoît Odescalchi, né à Côme, est élu pape en 1676, après avoir été évêque de Navarre en 1651. Il condamne le probabilisme et le laxisme de la doctrine morale alors professée par les jésuites (1675-1680), puis le quiétisme de Molinos (1685-1687). Il est surtout célèbre par ses démêlés avec Louis XIV. Ce conflit joue le rôle de révélateur de l’opposition au Saint-Siège qui caractérise les conceptions gallicanes du roi et de l’épiscopat en France. La crise, qui frise le schisme, ne sera résolue que sous le pape suivant, Innocent XII.
Neuf autres saints ou bienheureux portent le nom d’Innocent, dont un évêque du Mans († 559).

Bienheureuse IPHIGÉNIE DE SAINT-MATTHIEU et ses compagnes
(† 1794) MARTYRES – MR 7 juillet. Religieuses de Bollène (Vaucluse) appartenant les unes au couvent des ursulines, les autres à celui des sacramentaires, elles sont exécutées à Orange sous la Terreur, pour avoir refusé de prêter le serment imposé par la Constitution civile du clergé qu’elles considéraient comme une profession de foi antireligieuse.

IRÈNE
( IV e siècle) VIERGE et MARTYRE – MR 5 avril. Accusée d’avoir caché des livres saints, elle est brûlée à Thessalonique, en Macédoine, en même temps que ses sœurs Agapè et Chionia.
Sept autres saintes ou bienheureuses portent le nom d’Irène, presque toutes martyres des premiers siècles, dont Irène de Portugal († 653), vénérée à Santarem (Sainte-Irène).

IRÉNÉE
(v. 130-v. 208) ÉVÊQUE – MR 28 juin**. Né en Asie Mineure, il est disciple de saint Polycarpe , évêque de Smyrne, lui-même disciple de l’apôtre Jean. Il vient à Lyon, où il est ordonné prêtre par l’évêque saint Pothin . Envoyé à Rome en 177, il en revient après le martyre de Pothin pour lui succéder. On sait peu de chose de la vie d’Irénée. Par contre, son œuvre le classe comme le premier des grands théologiens de l’Église latine. Elle est centrée sur la réfutation d’une des graves hérésies de l’époque, la gnose, qui divisait profondément les chrétiens et ruinait leur foi. Son ouvrage principal s’intitule d’ailleurs Adversus Haereses (Contre les hérésies).
La théologie irénienne est une théologie de l’Église : Irénée montre que l’unité de celle-ci est la condition même de son existence et que son universalité ne nuit pas à cette unité, parce qu’elle est fidèle dépositaire et gardienne de la foi issue des Écritures et transmise par les apôtres. Cette unité, Irénée s’en fait le champion en apaisant la querelle survenue, à propos de la date de Pâques, entre le pape Victor et les Églises d’Asie. Les orthodoxes aiment à se recueillir dans la crypte lyonnaise.
Neuf autres saints, martyrs des premiers siècles, portent le nom d’Irénée.

IRIS, voir Fleur ou Flora


IRMA
(† v. 1089) VEUVE – MR 4 septembre. Comtesse de la maison de Luxembourg, elle se fait ermite en Allemagne. Elle meurt à Cologne.

ISAAC JOGUES et ses compagnons
(1607-1646) MARTYRS – MR 19 octobre* (au Canada**). Isaac Jogues, né à Orléans, entré chez les jésuites en 1624, ordonné prêtre en 1636, s’embarque deux mois plus tard à Dieppe pour le Canada. Évangélisant les Hurons, il est capturé en 1612 par leurs ennemis mortels, les Iroquois, affreusement torturé, retenu prisonnier un an avant de pouvoir s’enfuir et regagner la France. Il revient au Canada en 1645 avec un oblat, Jean Delalande . Ensemble, ils tentent d’évangéliser les Iroquois, mais sont massacrés l’année suivante. Avec René Goupil , Jean de Brébeuf , Gabriel Lallemant, Antoine Daniel , Charles Garnier et Noël Chabanel, ils sont les premiers martyrs du Canada. Leur action missionnaire a ouvert la voie à la christianisation effective des Iroquois et à l’unité religieuse du Canada français. Ils sont les patrons secondaires du Canada.

Bienheureuse ISABELLE DE FRANCE
(1225-1270) VIERGE – Fête loc. 22 février. Fille de Louis VIII et de Blanche de Castille, Isabelle de France est la sœur cadette de saint Louis. Elle fait des études approfondies : Écriture sainte, histoire naturelle, médecine, latin, langues orientales. Après avoir refusé plusieurs mariages, elle fonde l’abbaye de Longchamp, en face du mont Valérien (en bordure de l’actuel bois de Boulogne), et la place sous la règle de sainte Claire. Elle y passe les deux dernières années de sa vie, sans toutefois prononcer de vœux en raison de sa faible santé.

ISABELLE DE PORTUGAL, voir Élisabeth de Portugal


ISIDORE DE LOOR
(1881-1916) RELIGIEUX – Fête le 6 octobre. Belge, religieux passioniste de Saint-Paul-de-la-Croix sous le nom d’Isidore de Saint-Joseph, il est surnommé « frère de la volonté de Dieu ».

ISIDORE DE SÉVILLE
(† 636) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 4 avril*. Issu d’une noble famille de Carthagène (Espagne), élève très doué, il reçoit une remarquable formation intellectuelle et spirituelle de la part de son frère aîné, Léandre, auquel il succède comme évêque de Séville en 599. Comme évêque, il accomplit une œuvre considérable, achevant la conversion des Wisigoths de la foi arienne à la foi catholique. Il réunit et préside à Tolède des conciles nationaux qui donnent à l’Église d’Espagne son organisation et développent sa vitalité. Ses écrits, qui touchent à de multiples domaines (histoire, littérature, théologie, spiritualité, Écriture sainte, discipline ecclésiastique…), constituent une sorte de synthèse des connaissances de son temps et font parler d’une « renaissance isidorienne ». 20 ans après sa mort, le VIII e concile de Tolède le déclare « docteur éminent, gloire la plus récente de l’Église catholique ». Il est proclamé Docteur de l’Église en 1722. Au XI e siècle, ses reliques sont transférées à Léon, dans la basilique San-Isidro, bâtie en son honneur et devenue depuis lors le « Saint-Denis » espagnol.
Saint Isidore de Séville ne doit pas être confondu avec saint Isidore le Laboureur († v. 1130 – MR 15 mai), patron de Madrid où il vécut.
Onze autres saints portent le nom d’Isidore.

ISMIER , HYMER ou HIMIER
( VI e ou VII e siècle) ERMITE – MR 13 novembre. Originaire de Bâle, il est élevé dans un monastère. Au retour d’un pèlerinage, il se fixe dans un ermitage autour duquel se développera l’agglomération de Saint-Ismier (Isère).

IVAN, voir Jean
J

JACINTHE ou HYACINTHE
(† 1640) VIERGE – MR 30 janvier. Originaire de la province du Latium, en Italie, Jacinthe est une jeune fille fantasque et frivole. Son père la fait entrer de force chez les franciscaines de Viterbe. Pendant dix ans, elle scandalise les sœurs de la communauté par ses mondanités et les visites qu’elle reçoit. Mais comme elle est imposée par le seigneur de Mariscotti, on tolère toutes ses insoumissions. Une grave maladie la conduit à vivre les 25 dernières années de sa vie dans la sainteté et les grâces mystiques.

Bienheureux JACINTA et FRANCISCO DE JESUS MARTO
Francisco (1908-1919) et Jacinta (1910-1920) LAÏCS – Fête le 20 février. Le frère et la sœur sont des enfants comme les autres, des petits pâtres de caractère joyeux. Francisco est pacifique et serviable, Jacinta insouciante, vive et sensible. Les « visites » qu’ils reçoivent tous deux de la Vierge avec leur cousine Lucie changent toute leur vie spirituelle qui s’approfondit au fur et à mesure des rencontres et des messages qu’ils reçoivent de la part de Notre-Dame. Francisco veut être le consolateur de Jésus, Jacinta prie pour la conversion des pécheurs. La présence, sur le lieu des apparitions, des pèlerins qui accourent par dizaines de milliers, n’altère en rien leur humilité et leur spontanéité. L’amitié pure et simple qui unit ces trois petits bergers les fait communier de plus en plus profondément au mystère d’amour que la Vierge leur transmet et leur demande de transmettre. La veille de sa mort, Francisco a la joie de communier dans sa chambre. Il dit à sa petite sœur Jacinta : « Aujourd’hui je suis plus heureux que toi, parce que j’ai dans ma poitrine Jésus caché ». Le lendemain, au matin, il dit à sa mère : « Oh, maman ! Quelle belle lumière près de la porte ! » et il meurt en souriant. Jacinta reçoit encore plusieurs visites de la Vierge à l’hôpital, où elle meurt, seule, de la grippe espagnole, ayant appris du Ciel à offrir ses souffrances pour les pécheurs. Ils sont béatifiés à Fatima le 13 mai 2000.

JACOB
(1600 av. J.-C) PATRIARCHE – MR 5 février. Il lutta avec Dieu et conduisit sa famille en Égypte.

Bienheureuse JACQUELINE FRANGIPANI
(† 1239) VEUVE – Fête loc. 8 février. Jacqueline, qui habite Rome, est liée d’amitié avec saint François d’Assise, qui vient la voir à chacun de ses passages : il l’appelle frère Jacqueline. Elle aime à lui confectionner une pâte d’amandes pilées qui a pris son nom : la frangipane. Veuve en 1210, elle finit ses jours auprès de la tombe de saint François.
La plupart des Jacqueline ont pour patron l’un des saints apôtres Jacques.
Dérivés : Jackie, Jacquette, Jacquine, Jacquotte .

Bienheureux JACQUES BERTHIEU
(1838-1896) PRÊTRE – MR le 8 juin. Ordonné prêtre à Saint-Flour en 1865, il entre chez les jésuites en 1873 et arrive à Madagascar en 1875. Il est arrêté au cours d’une rébellion destinée à rétablir le culte des idoles et fusillé à Tananarive le 8 juin.

JACQUES LE MAJEUR
(† v. 44) APÔTRE et MARTYR – MR 25 juillet***. Fils de Zébédée et de Salomé, il est frère de saint Jean l’Apôtre, et comme lui, pêcheur à Capharnaüm (ou Bethsaïde), sur le lac de Tibériade. Ils sont appelés ensemble par Jésus, qui les surnomme « fils du tonnerre » en raison sans doute de leur caractère ardent. Ils forment avec Pierre le groupe de ses disciples les plus proches et sont notamment témoins de sa Transfiguration et de son agonie. Après la Pentecôte, tous trois apparaissent comme les chefs de l’Église primitive, souvent pourchassés par les autorités. Hérode Agrippa fait exécuter Jacques (Ac 12, 2), premier des douze apôtres à subir le martyre.
Des textes apocryphes ( Actes de saint Jacques, Passion de Jacques le Majeur ) accréditent la venue de Jacques en Espagne, mais aucun des textes authentiques n’en fait état. Quoi qu’il en soit, le pèlerinage de Compostelle, en Galice, ville où fut transporté le corps découvert en 808 par Théodomir comme étant celui de Jacques, devient, à partir du IX e siècle, l’un des plus fréquentés de la chrétienté. Saint Jacques est lui-même souvent représenté en pèlerin, portant le signe de la coquille et le bâton à la main.

JACQUES, fils d’Alphée
( I er siècle) APÔTRE – MR 3 mai***. Dans les listes des douze apôtres données par le Nouveau Testament figure, outre Jacques, frère de Jean, surnommé le Majeur, un autre Jacques, le « fils d’Alphée ». On en a longtemps fait Jacques le Mineur (ou le Petit) évoqué dans l’ Évangile de Marc (15, 40). Aujourd’hui, beaucoup d’exégètes pensent que Jacques le Mineur est le troisième des Jacques mentionnés par les Écritures, celui qu’on appelle « le frère du Seigneur », premier chef de la communauté chrétienne de Jérusalem.
Sur la vie de l’apôtre Jacques fils d’Alphée, on ne sait rien. Il est fêté en même temps que l’apôtre Philippe.

JACQUES, le « frère du Seigneur »
(† 62 ou 66 ?) – MR 3 mai***. Il n’appartient pas au groupe des douze apôtres. Il est cité dans les Évangiles (Mt 13, 55 ; Mc 6, 3) comme l’un des « frères de Jésus », expression qui, selon l’usage oriental, signifie membre de la même famille, cousin. Après Pâques, Paul l’appellera, dans son Épître aux Galates (1, 19), « le frère du Seigneur ». Selon la première épître aux Corinthiens (15, 7), il a vu le Christ ressuscité. Pour beaucoup d’exégètes, c’est à lui que s’applique l’expression « Jacques le Mineur » qui figure dans l’ Évangile de Marc (15, 40) et non point à l’apôtre Jacques fils d’Alphée.
Les Actes des apôtres le montrent comme le premier chef de l’Église de Jérusalem, bien qu’il n’ait pas fait partie des Douze. Dans la controverse sur l’opportunité d’appliquer aux païens convertis les exigences de la loi judaïque, notamment celle de la circoncision, on le voit au concile de Jérusalem (le premier concile de l’Église) soutenir les positions de Paul et de Pierre en faveur de la tolérance à l’égard des convertis (Ac 15). La décision finalement prise en ce sens marque un tournant dans l’autonomie de la jeune Église vis-à-vis du judaïsme. Les récits de la mort de Jacques « le frère du Seigneur », qui aurait été lapidé par des juifs, n’ont rien de certain. On lui attribue sans certitude l’ Épître de saint Jacques , qui fait partie du Nouveau Testament ; le Protévangile de Jacques , publié au XVI e siècle, est par contre apocryphe.
Le calendrier liturgique n’établit pas de distinction entre l’apôtre fils d’Alphée et le « frère du Seigneur », chef de l’Église de Jérusalem.

Bienheureux GIACOMO (JACQUES) ALBERIONE
(1844-1971) PRÊTRE – MR 26 novembre. Vers la fin de l’année sainte 1900, le pape Léon XIII demande de prier pour bien commencer le siècle. Après avoir prié durant quatre heures devant le saint Sacrement dans la nuit entre le 31 décembre 1900 et le 1 er janvier 1901, Jacques Alberione comprend que le Seigneur veut qu’il fasse quelque chose pour les hommes de son siècle, en utilisant les moyens nouveaux invents par l’intelligence humaine. Quelques années plus tard, en 1914, il crée un premier institut religieux : la Société de Saint-Paul, premier maillon de la grande chaîne que constituera la « Famille paulinienne », dont chaque institution répond à une mission bien caractérisée auprès des prêtres, des couples, des hommes. C’est dans ce sens qu’il crée une suite de fondations, d’instituts et de publications, dont Famille chrétienne en 1931. Pour lui, l’essentiel est que les membres de cette « famille » poursuivent en premier lieu leur « sanctification personnelle en vivant intégralement l’Évangile », et se livrent à l’apostolat par les médias. « Vivre l’Évangile, signifie le vivre intégralement, comme l’a vécu saint Paul. Cela signifie vivre le Christ Jésus complètement, comme il s’est révélé. Tout l’homme en Jésus-Christ, pour un total amour de Dieu : intelligence, volonté, cœur, forces physiques. Tout l’homme dans sa nature, sa grâce, sa vocation, s’appuie sur quatre roues : la sainteté, l’étude, l’apostolat, la pauvreté. » Les difficultés ne manquent pas, il les assume dans la foi et la patience. Bientôt une crucifiante scoliose le tourmente jour et nuit. Lors de sa dernière période de crises, Paul VI se déplace pour venir à son chevet. Il meurt à Rome en 1971 à 87 ans, et est béatifié le 27 avril 2003.

JACQUES L’INTERCIS ou LE PERSE
(† v. 420) MARTYR – MR 27 novembre. Jacques l’Intercis (le découpé) est persan. Il apostasie, mais affirme à nouveau sa foi. Pour le faire une nouvelle fois apostasier, on lui coupe successivement tous les membres. Il résiste et on lui coupe finalement la tête.

JACQUES DE TARENTAISE
(† 430) ÉVÊQUE – MR 16 janvier. Compagnon de saint Honorat de Lérins, il évangélise la vallée de la Tarentaise et en devient le premier évêque.
56 autres saints ou bienheureux portent le nom de Jacques, dont le dominicain Jacques de Voragine († 1298), auteur de la célèbre Légende dorée.
Dérivés : Jacky, James, Jim, Jacqueline .

Bienheureux JACQUES-DÉSIRÉ LAVAL
(1803-1864) RELIGIEUX – Fête le 9 septembre. Missionnaire de la Congrégation du Saint-Esprit, il meurt à Port-Louis (île Maurice).

JACUT
( V e siècle) ERMITE – MR 8 février. Frère de saint Guénolé, il émigre de la Bretagne insulaire vers la Bretagne armoricaine lors de l’invasion saxonne en Angleterre.

JANVIER ou GENNARO
(† 305 ?) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 19 septembre*. On sait peu de choses sur cet évêque de Bénévent (Italie), mort martyr, très populaire patron de Naples. Il est en effet célèbre par ce que l’on appelle traditionnellement « le miracle de saint Janvier ». Dans la cathédrale de Naples est conservée une ampoule contenant, selon la tradition, son sang qui se liquéfie et entre en ébullition à dates fixes, chaque année.
13 autres saints portent le nom de Janvier, presque tous sont des martyrs des premiers siècles.

JEAN L’ÉVANGÉLISTE
( I er siècle) APÔTRE – MR 27 décembre***. Fils de Zébédée, pêcheur de Bethsaïde ou de Capharnaüm sur le lac de Tibériade, il est le frère de Jacques le Majeur. Leur mère, Salomé, est peut-être sœur de la Vierge Marie. Jean et Jacques sont appelés par Jésus « fils du tonnerre », sans doute en raison de leur caractère impétueux. Ils font partie, avec Pierre, du groupe des disciples les plus proches de Jésus qui les choisit pour être témoins de sa transfiguration, puis de son agonie à Gethsémani. Le Christ confie sa mère à Jean avant de mourir sur la croix. On le voit aussi le matin de Pâques, courir avec Pierre au tombeau de Jésus lorsqu’ils apprennent par Marie-Madeleine que le corps de celui-ci ne s’y trouve plus. Aussitôt, sa foi lui fait discerner la portée de l’événement : le Christ est vivant. Le jour même, Jésus se montre aux Douze.
Après la Pentecôte, Jean apparaît aux côtés de Pierre et de Jacques comme l’un des chefs de la communauté chrétienne. On ignore quand il quitte Jérusalem, mais on sait qu’il finit sa vie à Éphèse (Asie Mineure), sous l’empereur Trajan (c’est-à-dire entre 98 et 117). Selon saint Irénée, il aurait été exilé un moment dans l’île de Patmos, sous l’empereur Domitien, et y aurait écrit son Apocalypse.
Quant à la tradition de la mort de la Vierge à Éphèse auprès de Jean, elle est difficile à vérifier. Enfin l’épisode du supplice de Jean, plongé à Rome dans une huile bouillante dont il serait sorti vivant, relève de la pure légende. La fête qui évoquait ce martyre, devant la Porte Latine le 6 mai, a d’ailleurs été supprimée en 1960.
À saint Jean la tradition attribue le quatrième Évangile, trois Épîtres et l’ Apocalypse . Dans l’ Évangile de Jean , sa personne n’est jamais nommée, sinon par l’expression « le disciple que Jésus aimait ». Le message de Jean s’articule autour de deux notions clefs : Jésus est la parole de Dieu venue nous communiquer la vie éternelle, il proclame le commandement nouveau qui s’impose à tout disciple du Christ : aimer comme celui-ci aime. L’unité entre les disciples est le signe attendu par le monde pour croire dans le Sauveur qu’ils annoncent.
Dérivés : Évangéline , Hans, Ivan, Yann , Yannick, Yoann .

JEAN D’AVILA
(1499-1569) CONFESSEUR – MR 10 mai. Né à Almodovar del Campo en Andalousie, il étudie le droit à Salamanque. Prêtre, il convertit ceux qui deviendront les saints Jean de Dieu et François Borgia.
Grand mystique en même temps qu’apôtre, il est en relation avec Ignace de Loyola et Thérèse d’Avila . Ses écrits rencontrent aujourd’hui un regain d’intérêt. Il est canonisé le 31 mai 1970.

JEAN BERCHMANS
(1599-1621) CONFESSEUR – MR 13 août (26 novembre en Belgique*). Né à Diest en Brabant, il fait ses études au collège jésuite de Malines, tout en servant de domestique à un chanoine malinois pour subvenir à ses dépenses d’étudiant. En 1616, il entre au noviciat de Malines, étudie la philosophie à Anvers et, en 1618, poursuit ses études au Collège romain.
Brillant étudiant en philosophie, il se distingue par la perfection dans l’obéissance à la règle, une grande dévotion à la Vierge et son dévouement au service de ses frères. Il meurt à 22 ans. Son corps repose à Rome et son cœur à Louvain.

JEAN BOSCO
(1815-1888) CONFESSEUR – MR 31 janvier**. Fils d’un simple paysan de Murialdo près de Turin, il doit gagner sa vie tout en faisant ses études. Ordonné prêtre en 1841, il se consacre aux jeunes des quartiers pauvres. À leur intention il ouvre à Turin l’Oratoire Saint-François-de-Sales, une sorte de foyer avec des activités telles que : cours du soir, école secondaire, cours professionnels, organisation des loisirs, etc. Pour faire face au développement de cette action, il s’entoure de prêtres éducateurs avec lesquels il fonde, en 1859, la Société Saint-François de Sales, aujourd’hui Société salésienne de Saint-Jean-Bosco (salésiens). En 1872 il crée avec Marie-Dominique Mazzarello l’Institut des Filles de Marie-Auxiliatrice (salésiennes). Son activité au service de la jeunesse des milieux populaires et ses recherches pédagogiques sont bientôt connues à travers l’Europe où les fondations de ses instituts se multiplient. Au cours de ses voyages, il reçoit partout un accueil triomphal. En 1958, Pie XII le proclame patron des apprentis et en 1988, Jean-Paul II lui consacre une lettre sur l’éducation.

JEAN DE BRÉBEUF, voir Isaac Jogues et ses compagnons


JEAN DE CAPISTRAN
(1386-1456) CONFESSEUR – MR 23 octobre*. Né en Sicile, ce juriste renommé auprès de la cour de Naples abandonne le monde pour prendre la bure franciscaine en 1415. À partir de 1430, il réforme son ordre et fonde le tiers ordre régulier de Saint-François. L’un des prédicateurs les plus populaires d’Europe en son temps et conseiller écouté du pape Eugène IV, il est envoyé par celui-ci en Europe centrale. Il s’emploie notamment à la conversion des hussites. On lui reconnaît en outre une part importante dans le succès de la croisade engagée à l’initiative du pape Calixte III pour enrayer la progression des Turcs qui sont battus à Belgrade, en 1456. Jean de Capistran, dont le souvenir reste vivace sur les bords du Danube, aura été un artisan inlassable de l’unité de l’Église, qu’il s’agisse de mettre fin au grand schisme d’Occident ou de parvenir au rapprochement avec l’Église d’Orient. Il est appelé « apôtre de l’Europe unie ».

JEAN CHRYSOSTOME
(345-407) ÉVÊQUE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 13 septembre**. Né à Antioche (dans l’actuelle Turquie) dans une famille de hauts fonctionnaires, il est baptisé à 23 ans. Il s’oriente d’abord vers une vie d’ermite à laquelle sa mauvaise santé le fait renoncer. Ordonné prêtre en 386, il acquiert rapidement la célébrité par sa prédication, dont la solide théologie est servie par une exceptionnelle éloquence. On le surnomme « bouche d’or » (en grec chrysostome ). Désigné comme patriarche de Constantinople en 398, il ne change rien à la fermeté de ses propos. Il s’attire ainsi la haine de l’impératrice Eudoxie qui le fait exiler à deux reprises malgré sa popularité. Au cours de sa seconde déportation, il meurt à Soukhoumi en Géorgie pendant une marche forcée qui le conduisait vers le Caucase. L’œuvre immense qu’il a laissée (traités, prédications, catéchèses, lettres…), de caractère principalement exégétique, moral et pastoral, le fait reconnaître comme un des Pères grecs de l’Église.
Il est proclamé Docteur de l’Église par le concile de Chalcédoine en 451. Il est le patron des orateurs chrétiens.

Veux-tu honorer le Corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Car celui qui a dit : « Ceci est mon corps », est le même qui a dit : « Vous m’avez vu affamé et vous ne m’avez pas nourri ». Quelle utilité à ce que la table du Christ soit chargée de coupes d’or, quand lui meurt de faim ? Rassasie d’abord l’affamé et orne ensuite sa table.
Tu fabriques une coupe d’or et tu ne donnes pas une coupe d’eau. En ornant sa maison, veille à ne pas mépriser ton frère affligé : car ce temple-ci est plus précieux que celui-là…
Saint Jean Chrysostome

L’homme est un vivant grand et admirable, plus cher à Dieu que toute la création, pour lequel sont faits le ciel, la terre, la mer et tout le reste du corps de la création ; l’homme, dont Dieu a aimé le salut au point qu’il n’a pas épargné pour lui son Fils unique, et qu’il ne cesse de combler de dons et de bienfaits jusqu’à ce qu’il l’ait fait asseoir à sa droite, […] est créé le dernier, comme l’Empereur, que tous précèdent.
Saint Jean Chrysostome, Homélie sur l’Hexameron , 386.

Jésus élève l’âme de qui l’écoute. Il lui rappelle d’emblée le souvenir des bienfaits de Dieu. En effet, donner à Dieu le nom de Père, c’est proclamer du même coup la rémission des péchés, la justification, la sanctification, la rédemption, l’adoption comme fils et le droit à la vie éternelle. C’est aussi rappeler notre fraternité avec le Fils Unique et la communion avec l’Esprit. Nul, en effet, ne peut donner à Dieu ce nom de Père sans participation à tous ces biens… Lorsque Jésus dit : « dans les cieux », il n’y emprisonne pas Dieu. Il arrache de la terre celui qui prie ainsi. Il l’élève au sommet des cieux et il le fait vivre de la vie même du Ciel.
Saint Jean Chrysostome, Sur saint Matthieu.


JEAN CLIMAQUE
(v. 579-v. 649) CONFESSEUR – MR 30 mars. Auteur d’un traité de vie ascétique intitulé L’Échelle du Paradis (par référence à l’échelle de Jacob), titre qui lui vaudra le surnom de « climaque » (en grec, échelle se dit klimax ), Jean passa la plus grande partie de sa vie comme ermite au pied du mont Sinaï.
Il fut un moment higoumène (abbé) du monastère situé à proximité.

JEAN DE LA CROIX
(1542-1591) PRÊTRE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 14 décembre**. Né près d’Avila (Espagne), Jean de Yepes entre chez les carmes en 1563. Ordonné prêtre en 1567, mais déçu par l’insuffisante ferveur de son ordre, il songe à se faire chartreux quand il rencontre sœur Thérèse de Jésus, la future sainte Thérèse d’Avila . Elle le convainc de travailler avec elle à la réforme du Carmel. En 1568, il suscite une nouvelle forme de vie carmélitaine masculine, celle des carmes déchaussés. Directeur spirituel du monastère de carmélites d’Avila dont Thérèse est la prieure, il poursuit avec elle l’œuvre de rénovation de leur ordre. Mais Jean rencontre une vive opposition au sein des carmes et est emprisonné à Tolède en 1577. Dans son cachot, il compose son Cantique spirituel qui chante les joies de l’union à Dieu . Évadé, il poursuit jusqu’à sa mort, au milieu de maintes difficultés, son action réformatrice. Ses ouvrages, où il expose les conditions de la contemplation véritable, lui ont valu le titre de « Docteur mystique ». Il y décrit notamment l’itinéraire qui conduit à l’unité avec Dieu en passant par les épreuves de la nuit intérieure et du dénuement spirituel. « Il faut renoncer à tout ce qui n’est pas Dieu. » Il est proclamé Docteur de l’Église par Pie XI en 1926.

Dans cette heureuse nuit,
Je me tenais dans le secret, personne ne me voyait,
Et je n’apercevais rien
Pour me guider que la lumière
Qui brûlait dans mon cœur.
Elle me guidait
Plus sûrement que la lumière de midi
Au but où m’attendait
Celui que j’aimais
Là où nul autre ne se voyait.
Saint Jean de la Croix, La Nuit obscure, Cantique de l’âme.

Mais c’est de nuit
Bien sais-je la source qui jaillit et fuit,
Mais c’est de nuit !

Cette source éternelle bien est scellée
Et pourtant sa demeure je l’ai trouvée,
Mais c’est de nuit !

En l’obscure nuit de cet exil mauvais
La source fraîche, par la foi, bien la sais,
Mais c’est de nuit !

Ne sais son origine, car n’en a mie,
Mais que toute origine d’elle est jaillie,
Mais c’est de nuit !

Bien sais que ne peut être chose si belle
Et sais que ciel et terre s’abreuvent en elle,
Mais c’est de nuit !

Bien sais que de fond jamais on n’y trouva
Et que nul à gué oncques ne la passa,
Mais c’est de nuit !

Que nul voile à sa clarté ne fut connu
Et que toute lumière d’elle est venue,
Mais c’est de nuit !

Bien sais que si riches roulent ses courants
Qu’enfers et ciels et mondes ils vont arrosant,
Mais c’est de nuit !

Et le courant de cette source naissant
Bien sais qu’il est aussi riche et tout-puissant,
Mais c’est de nuit !

Et le courant qui des deux autres procède
Bien sais que nul des autres ne le précède,
Mais c’est de nuit !

Bien sais que les Trois en une seule eau vive
Résident et que l’un de l’autre dérive,
Mais c’est de nuit !

Cette source éternelle bien est blottie
À pain vivant afin de nous donner vie,
Mais c’est de nuit !

Elle est là criant vers toute créature
Qui de cette eau s’abreuve mais à l’obscur,
Mais c’est de nuit !

Cette source vive à qui tant me convie
Mon désir, je la vois en ce pain de vie
Mais c’est de nuit !
Saint Jean de la Croix, Souffrances de l’âme qui désire voir Dieu .


JEAN DAMASCÈNE ou DE DAMAS
(v. 650-v. 749) PRÊTRE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 4 décembre*. Cet Arabe chrétien est d’abord haut fonctionnaire auprès du calife de Damas. À 30 ans, il se démet de sa charge, distribue tous ses biens aux pauvres et se fait moine au monastère de Saint-Sabas, dans le désert de Juda, en Palestine. Devenu prêtre, il se partage entre la prière, la prédication et l’activité littéraire. Considéré comme l’un des grands théologiens de l’Orient, il rédige la première grande synthèse du dogme à partir de la pensée des Pères grecs de l’Église. Ce faisant, il contribue à affermir la théologie de la Trinité et de l’Incarnation. Prenant part à la controverse sur le culte des images, il s’élève avec vigueur et succès contre les positions iconoclastes des empereurs de Byzance. Son talent poétique lui inspire un ensemble d’hymnes liturgiques encore en usage. Sa prédication contribue à faire progresser la théologie mariale, notamment en ce qui concerne l’Assomption de la Vierge. Jean Damascène est proclamé Docteur de l’Église par Léon XIII en 1890.

Aujourd’hui, la Vierge immaculée, qui ne s’est attachée à rien de terrestre, la Vierge toute nourrie de pensées célestes n’a pas été rendue à la terre… Celle en effet qui apporta la vie à tous, comment aurait-elle été soumise finalement à la mort ? En vraie fille de l’ancien Adam, elle doit subir la sentence portée contre son père et sa descendance. Son fils même, qui est la vie, ne l’a pas refusée. La mère du Dieu vivant mérite bien aujourd’hui de lui être associée… Comment la mort l’aurait-elle gardée ? Comment la corruption aurait-elle envahi ce corps où la vie de toute vie a été accueillie ?
Saint Jean de Damas, Homélie sur la Dormition de la Vierge.


JEAN DE DIEU
(1495-1550) CONFESSEUR – MR 8 mars*. Né au Portugal, Jean Ciudad commence par mener une vie des plus aventureuses : enlevé enfant par un inconnu, puis abandonné, il est successivement berger, soldat, marchand, avant de se convertir à 42 ans. Considéré comme fou pour avoir manifesté un repentir spectaculaire à la suite d’un sermon de Jean d’Avila, il est interné et soumis aux rudes traitements de l’époque. Il prend alors la résolution de se vouer au service des malades. Sorti de l’asile, il fonde à Grenade, en 1537, son premier hôpital, selon des conceptions très hardies pour son temps. Des disciples se joignent à lui. Ensemble, ils posent les fondements d’un ordre hospitalier au service des pauvres malades, l’ordre des Frères hospitaliers dit de Saint-Jean-de-Dieu. Il est proclamé par Léon XIII patron des malades et des hôpitaux en 1886 et par Pie XI patron des infirmiers et infirmières en 1930.

JEAN DE DUKLA
(1414-1484) RELIGIEUX – Fête le 29 septembre. Religieux franciscain, il évangélisa l’Ukraine, la Moldavie et la Biélorussie. Son culte est reconnu le 21 janvier 1733. Il est le copatron des royaumes de Pologne et de Lituanie.

Bienheureux JEAN DUNS SCOT
(1266-1308) RELIGIEUX – Fête le 8 novembre. Ce théologien et philosophe, que ses contemporains ont appelé le « Docteur subtil », naît au village de Duns, en Écosse. Entré chez les franciscains, il enseigne avec grand succès à l’université d’Oxford. Sa renommée le suit à l’université de Paris où il enseigne dès 1302. Le milieu universitaire connaît, l’année suivante, une grave crise consécutive à la querelle entre le roi Philippe le Bel et le pape Boniface VIII qui excommunie le roi. Duns Scot et son maître Gonzalves d’Espagne refusent de signer un manifeste anti-papal et doivent prendre le chemin de l’exil. Autorisé à revenir enseigner à Paris, il devient maître régent du studium général du couvent franciscain de Paris, puis retourne enseigner à Cologne comme lector principalis . En fait, la raison de son départ est probablement sa propre sécurité. Sa défense de l’Immaculée Conception provoque l’indignation des dominicains et il est menacé des sanctions que mérite cette affirmation qualifiée d’hérésie. C’est à Cologne qu’il finit ses jours en 1308. Son culte est confirmé le 20 mars 1993.

JEAN EUDES
(1601-1680) PRÊTRE – MR 19 août*. Né à Ri (Orne) en Normandie, il fait ses études secondaires et théologiques à Caen. En 1623, il vient à Paris pour entrer dans la toute récente Société des prêtres de l’Oratoire (oratoriens) où il est accueilli par le fondateur, Bérulle. Ordonné prêtre et revenu en 1632 dans sa Normandie natale pour y prêcher des missions populaires, il constate le peu de suites que de tels efforts peuvent connaître en l’absence d’un clergé formé et instruit. C’est l’époque où, en conformité avec les directives du concile de Trente, l’Église commence à créer des séminaires. En 1643, Jean Eudes quitte l’Oratoire, qui n’avait pas vocation à encadrer des séminaires, et en fonde un à Caen. Puis il crée une société de prêtres voués tant à la formation du clergé qu’aux prédications populaires : c’est la Congrégation de Jésus et Marie, dite des Eudistes. Ainsi lui est-il possible d’instituer des séminaires en Bretagne et en Normandie. En 1641, il fonde à Caen un ordre féminin destiné à recevoir des femmes prostituées dans des foyers ou « refuges », la congrégation Notre-Dame-de-Charité, bientôt répandu à travers le monde. Saint Jean Eudes, initiateur du culte liturgique des cœurs de Jésus et Marie, est un des grands maîtres de l’école française de spiritualité au XVII e siècle. On lui doit un ensemble d’ouvrages dont plusieurs continuent d’être réédités.

JEAN DE FIESOLE, voir Angelico


JEAN, ou JOHN , FISHER
(1469-1535) CARDINAL et MARTYR – MR 22 juin*. Humaniste de la Renaissance, excellent latiniste et helléniste, ami d’Érasme et de Thomas More, il est chancelier de l’université de Cambridge. Nommé en 1504 évêque de Rochester, il combat les doctrines luthériennes avec le soutien du roi d’Angleterre Henri VIII. Mais plus tard, opposé au projet de divorce du roi, à ses empiétements sur les libertés de l’Église et à la rupture avec Rome, il est jeté en prison. Lorsqu’il est nommé cardinal par le pape Paul III, le roi, furieux, le fait décapiter.

JEAN GUALBERT ou VALBERT
(985-1073) ABBÉ – MR 12 juillet. Son biographe raconte que ce jeune noble florentin, dont l’un des parents a été assassiné, se trouve un jour, dans la solitude de la campagne, en présence de l’assassin. Se sentant perdu, celui-ci se jette à genoux, les bras en croix. Jean l’épargne. Peu après, dans une église, il voit le Christ pencher la tête vers lui, comme pour le remercier d’avoir pardonné à son ennemi. Il décide alors de se consacrer à Dieu et entre au couvent bénédictin de San Miniato. Mais par humilité, il refuse la prêtrise. Plus tard, il se retire dans une vallée toscane plantée d’arbres, Vallombreuse. Rejoint par des disciples, il mène avec eux une vie très austère et s’emploie à réformer des monastères bénédictins. C’est l’origine de la congrégation bénédictine de Vallombreuse , une des 21 congrégations bénédictines aujourd’hui regroupées en confédération.

JEAN DE KETY ou DE KENTY
(v. 1390-1473) PRÊTRE – MR 23 décembre*. Ce professeur de lettres et de philosophie à l’université de Cracovie, controversiste dans la querelle hussite, fut un ascète et un ami des pauvres.

JEAN LÉONARD I
(v. 1541-1609) CONFESSEUR – MR 9 octobre*. Prêtre toscan, il fonde en 1574 une congrégation vouée à l’éducation chrétienne des jeunes, les Clercs réguliers de la Mère de Dieu. Il participe également à la fondation du séminaire de la propagande à Rome, où viennent se former des prêtres de pays de mission.

Bienheureux JEAN RUYSBROECK
(1293-1381) RELIGIEUX – MR 2 décembre. Né près de Bruxelles et membre pendant 26 ans du clergé de la collégiale Sainte-Gudule de cette ville, il se retire à l’âge de 50 ans en forêt de Soigne où il fonde et dirige une communauté de chanoines réguliers de Saint-Augustin. Appelé « l’admirable », il est l’un des plus grands écrivains mystiques de l’Occident et l’un des inspirateurs du courant spirituel connu sous le nom de Devotio moderna.

JEAN I er
(† 526) PAPE et MARTYR – MR 18 mai*. Né en Toscane, il est élu pape en 523. Il se voit contraint par le roi ostrogoth d’Italie, Théodoric, de se rendre auprès de l’empereur de Constantinople pour intercéder en faveur des hérétiques ariens, parmi lesquels se rangent le roi et le peuple ostrogoths. Parvenu à Constantinople, Jean se contente d’y couronner l’empereur Justinien . N’ayant pas accompli la mission exigée par Théodoric, il est jeté en prison à Ravenne, capitale du royaume ostrogoth, et y meurt de mauvais traitements.

Bienheureux JEAN XXIII
(1881-1963) PAPE – MR 3 juin. Angelo Roncalli naît à Sotto-il-Monte, un village des Alpes italiennes, dans une modeste famille paysanne de 13 enfants. Très jeune, il se sent appelé au sacerdoce. Après le petit et le grand séminaire à Bergame et des études à Rome, où il est ordonné prêtre en 1904, il est successivement professeur au séminaire de Bergame puis directeur à Rome des Œuvres pontificales missionnaires d’Italie. Évêque en 1925, il est envoyé à Sofia comme visiteur apostolique. Il y noue des relations cordiales avec la hiérarchie orthodoxe. En 1934, il part à Istanbul comme délégué apostolique (représentant du pape dans un pays sans relations diplomatiques avec le Saint-Siège) puis en Grèce. C’est encore l’occasion d’établir des relations cordiales avec les orthodoxes, notamment avec le patriarche de Constantinople. En 1944, il est nommé nonce à Paris, où il reste neuf ans. En 1953, il est nommé patriarche de Venise et cardinal.
À la mort de Pie XII, en 1958, le cardinal Roncalli est élu pape à l’étonnement général. Chacun s’accorde à considérer qu’à 77 ans, il ne sera qu’un « pape de transition », expédiant les affaires courantes. Or ce bref pontificat (5 ans) marque au contraire un grand tournant dans l’Église et le rayonnement de ce pape atteint un degré inattendu. Trois mois après son élection, il annonce sa décision de convoquer un concile œcuménique pour réaliser l’ aggiornamento de l’Église (littéralement, la mise à jour) et la mettre en mesure d’annoncer comme il faut l’Évangile aux hommes de ce temps. Après quatre années de préparation, il ouvre la première session de Vatican II le 11 octobre 1962. Quelques mois après, en mai 1963, il tombe malade et meurt 13 jours plus tard. Il a juste eu le temps de lancer cette grande œuvre, que son successeur, Paul VI, conduira jusqu’à son terme. Le rayonnement de Jean XXIII dans le monde entier, y compris dans les milieux les plus éloignés du catholicisme, n’est pas seulement dû à son œuvre conciliaire. Il tient pour beaucoup à son style, tout de sincérité, de simplicité, de bonhommie, de bonté. Il y a aussi et surtout son œuvre pastorale, dominée par deux encycliques, au retentissement considérable : Mater et Magistra (Sur la justice sociale, 1961), Pacem in Terris (Sur la paix, 1963). Fait rare, cette dernière reçut un accueil chaleureux de tous les régimes politiques.
Son souci de paix et d’unité, Jean XXIII l’a tout autant manifesté à l’égard des autres Églises chrétiennes (invitation de leurs observateurs au Concile, création d’un Secrétariat pour l’unité des chrétiens, dont le rôle, pendant et après le Concile, sera important), à l’égard aussi des religions non chrétiennes et des incroyants. Il a ainsi ouvert une ère nouvelle dans l’attitude du Saint-Siège et de l’Église tout entière.
Plus de 300 autres saints ou bienheureux portent le nom de Jean.

JEAN LE BAPTISTE ou LE PRÉCURSEUR
(I er siècle) – MR 24 juin****, décollation de saint Jean-Baptiste le 29 août**. Jean-Baptiste est l’un des seuls saints avec Marie, Joseph, Pierre et Paul à avoir plusieurs fêtes liturgiques. L’Église entend ainsi souligner le caractère exceptionnel de la mission de précurseur du Messie qui lui est confiée par Dieu. Dans l’ Évangile de Luc , on voit cette mission s’annoncer très tôt : le père de Jean, Zacharie , prêtre au temple de Jérusalem, en reçoit de l’ange Gabriel la révélation avant même la conception de l’enfant. Et celui-ci, conformément à l’annonce de l’ange, reçoit l’Esprit Saint dans le sein de sa mère Élisabeth (scène de la Visitation de la Vierge Marie à sa cousine).
Jean se retire très tôt au désert, puis revient annoncer la venue imminente du Sauveur, pressant les pécheurs de se convertir et les invitant à se faire baptiser dans le Jourdain en signe de pénitence. Jésus lui-même se présente pour recevoir le baptême et Jean, qui comprend qui il est (« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », Jn 1, 29), doit cependant, malgré sa modestie, respecter la demande de celui qu’il sait être « l’Élu de Dieu ».
Jean se comporte selon la grande tradition des prophètes, dénonçant les fautes et les crimes de son temps. Il met ainsi sévèrement en cause le comportement d’Hérode Antipas, tétrarque (gouverneur) de Galilée, qui a répudié sa femme pour s’unir à Hérodiade , femme de son frère Hérode-Philippe. Arrêté, Jean-Baptiste veut une dernière fois se faire confirmer que Jésus est bien le Messie. Il lui envoie donc des émissaires pour l’interroger à ce sujet. « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres », leur répond Jésus, qui dit de Jean : « Il est cet Élie qui doit revenir. » Or les juifs attendaient le retour d’Élie comme précurseur du Messie.
Il meurt décapité, la fille d’Hérode ayant ordonné qu’on lui apporte la tête de Jean sur un plateau.
Dérivé : Baptiste.

JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE
(1651-1719) CONFESSEUR – MR 7 avril**. Né à Reims, formé à la Sorbonne et au séminaire Saint-Sulpice à Paris, dont la spiritualité le marque profondément, il est ordonné prêtre en 1678. Dans sa ville de Reims, on lui confie la fondation d’écoles paroissiales pour enfants pauvres. Il s’aperçoit alors que ce qui manque le plus aux écoles destinées à ces enfants, ce sont des maîtres de valeur. Il recrute donc de jeunes maîtres auxquels il propose une forme de vie consacrée à Dieu qui leur laisse cependant leur caractère laïc. À leur intention, il rédige une sorte de règle dans cet esprit ; ainsi se forme le noyau du futur institut des Frères des Écoles chrétiennes, voué à l’instruction et à l’éducation chrétienne des enfants des milieux populaires. Puis il se préoccupe de donner à ces frères une formation à la fois spirituelle et pédagogique. Il crée, toujours à Reims, un séminaire qui constitue une véritable école normale d’instituteurs, innovation qui n’a alors pas d’équivalent, en dehors de la formation assurée à leurs religieux par les jésuites pour l’enseignement des milieux plus aisés. En 1688, Jean-Baptiste étend son activité à Paris où il vient s’installer. En 1694, il est élu supérieur de la nouvelle congrégation et la dote d’une règle plus élaborée. Il poursuit son œuvre pédagogique et spirituelle, rédigeant notamment un ensemble d’ouvrages à l’intention des maîtres. Vers la fin de sa vie, il se démet de ses fonctions et meurt dans la maison mère qu’il a fixée à Rouen. Après sa mort, son institut continue à se développer rapidement, en France et dans le monde entier, servant volontiers de référence aux congrégations enseignantes. En 1950, Pie XII proclame Jean-Baptiste de La Salle patron spécial des éducateurs.

Bienheureux JEAN-BAPTISTE SCALABRINI
(1839-1905) ÉVÊQUE – Fête le 1 er juin. Évêque de Piacencia en Italie, il est le fondateur des Missionnaires de Saint-Charles (scalabriniens) et des Sœurs missionnaires de Saint-Charles, et édite les premières revues catéchétiques italiennes.

Bienheureux JEAN-BAPTISTE SOUZY
(1732-1794) PRÊTRE et MARTYR – Fête le 27 août. Avec ses 63 compagnons, prêtres et religieux, il fait partie des martyrs des « Pontons de Rochefort » morts en Vendée pendant la Révolution française.

JEAN-FRANÇOIS RÉGIS
(1597-1640) CONFESSEUR – MR 13 décembre. Né à Fontcouverte, entre Narbonne et Carcassonne, entré chez les jésuites en 1616, il est ordonné prêtre en 1630. À partir de 1636, il évangélise le Vivarais (ravagé par les guerres de religion), le Velay et le Forez qu’il parcourt l’hiver, lorsque les paysans sont libérés des travaux des champs. L’été, sa catéchèse attire les foules au Puy. La vie dure et frugale qu’il partage avec les montagnards, sa prière et sa charité font merveille dans ces rudes régions. Pour les filles repenties, il organise un refuge au Puy, ce qui lui vaut d’être calomnié auprès de ses supérieurs. Il meurt à Lalouvesc (Ardèche) d’une pneumonie contractée dans une tempête de neige. La ville devient tout de suite un lieu de pèlerinage et le demeure aujourd’hui.

JEAN-GABRIEL PERBOYRE
(1802-1840) MARTYR – MR 11 septembre. Jean-Gabriel Perboyre est né le 5 janvier 1802 à Puech, dans le Quercy. En 1816, il est envoyé au petit séminaire et discerne qu’il souhaite devenir prêtre. Le 15 décembre 1818, Jean-Gabriel entre dans la congrégation de la Mission (lazaristes) à Montauban. Le 23 septembre 1825, il est ordonné prêtre dans la chapelle des Filles de la Charité, rue du Bac à Paris. Après un temps où il enseigne la théologie au séminaire de Saint-Flour et est directeur du pensionnat de la même ville, il est appelé à Paris en 1832 pour être directeur du séminaire interne de la congrégation de la Mission. Mais Jean-Gabriel veut partir en mission en Chine. Le 29 août 1835, il arrive à Macao puis à Ho-Nan, en dépit des dangers. C’est là qu’il est trahi par un catéchumène et emprisonné en septembre 1839 dans d’atroces conditions, à genoux sur des chaînes de fer ou bien suspendu par les pouces. « Tu es donc toujours chrétien ? » lui demandent ses bourreaux. « Oh oui ! Et j’en suis heureux ! » Le 11 septembre 1840, à Ou-Tchang-Fou, après de longues et terribles tortures, il est pendu à une croix et étranglé par une corde. Il est béatifié le 10 novembre 1889 et canonisé par Jean-Paul II le 2 juin 1996.

JEAN-MARIE BAPTISTE VIANNEY
(1786-1859) CONFESSEUR – MR 4 août**. Celui qui devait atteindre à la réputation mondiale sous la désignation de « Curé d’Ars » naît près de Lyon, à Dardilly (Rhône), dans une pauvre et pieuse famille paysanne. Bien qu’il n’ait reçu qu’une instruction religieuse des plus sommaires, sa vocation sacerdotale s’affirme très tôt. Le curé d’Écully, un saint prêtre, le prépare à entrer au séminaire de Lyon, d’où il est bientôt renvoyé du fait de ses faibles notes. Persévérant cependant dans sa vocation, il est finalement admis à la prêtrise à l’âge de 30 ans. Il devient alors le vicaire du curé d’Écully. À la mort de celui-ci en 1817, il est nommé curé d’Ars, petite paroisse de l’Ain profondément déchristianisée. Ses efforts, ses prières, sa vie ascétique restent d’abord sans fruits apparents et le découragement le gagne. Mais, peu à peu, son enseignement très simple, la bonté de son accueil, la sainteté sans complication de sa vie sacerdotale, ses extraordinaires dons de maître spirituel qui se révèlent dans toute leur force au confessionnal (où il finira par passer de 16 à 20 heures par jour), lui attirent les foules. De son vivant, Ars devient un lieu de pèlerinage où accourent ceux qui cherchent la paix de l’âme ou la guérison du corps. Des miracles s’ajoutent à sa réputation de saint. Mais, si ce modeste curé pouvait être tenté d’en tirer quelque vanité, le harcèlement de manifestations démoniaques dont il est l’objet l’en préserve. Il meurt exténué à 73 ans et est proclamé patron des curés et des responsables de communautés paroissiales. Le deuxième centenaire de sa naissance est célébré à Ars, en 1986, par le pape Jean-Paul II. Ars est un pèlerinage très fréquenté.

JEANNE D’ARC
(1412-1431) VIERGE – MR 30 mai (en France**). Née dans une famille paysanne aisée de Domrémy (aujourd’hui Domrémy-la-Pucelle) dans les Vosges, elle n’apprend ni à lire ni à écrire, mais reçoit de sa mère et de son curé une éducation religieuse qui se montrera singulièrement profonde. Elle a 16 ans lorsqu’elle révèle qu’elle entend depuis trois ans déjà les « voix » de saint Michel , sainte Catherine et sainte Marguerite. Celles-ci l’incitent à libérer la France, en bonne partie occupée par les Anglais alliés au duc de Bourgogne et à rétablir la situation du jeune roi Charles VII, toujours appelé dauphin parce qu’il n’a pas encore été sacré. En 1429, surmontant maints obstacles, elle parvient jusqu’au dauphin réfugié à Chinon (Indre-et-Loire) et finit par le convaincre de lui confier une petite armée. Cette jeune fille sans instruction s’impose tout de suite à ses hommes comme chef de guerre. En même temps, le caractère inspiré de sa mission s’affirme à tout instant. Elle met le siège devant Orléans et, le 8 mai 1429, en force les défenses. Elle achève ensuite de libérer la vallée de la Loire. Aussitôt, elle persuade le dauphin d’aller recevoir à Reims le sacre qui lui conférera enfin sa pleine légitimité vis-à-vis du pays. Ce voyage en plein pays occupé revêt un caractère triomphal. Charles VII, après maintes péripéties, finit par libérer le pays (il lui faudra tout de même un quart de siècle).
Pour Jeanne, au contraire, le temps de l’épreuve commence. Elle subit un échec devant Paris, où elle est blessée, et, en mai 1430, elle est faite prisonnière devant Beauvais par les Bourguignons, auxquels les Anglais s’empressent de la racheter. Ils la transfèrent à Rouen (alors terre anglaise) et ont l’habileté de la traduire devant un tribunal ecclésiastique sous l’accusation de sorcellerie. Durant son procès, avec une force d’âme, une foi et une intelligence dont les actes du procès portent le témoignage, elle ne cesse plus d’affirmer sa fidélité à ce qu’elle considère comme une mission divine. Déclarée hérétique et relapse (c’est-à-dire retombée dans l’hérésie), elle est condamnée au bûcher et livrée au « bras séculier », en l’occurrence l’autorité anglaise. Le 30 mai 1431, deux ans après la prise d’Orléans et un an après sa capture, elle est brûlée vive sur la place du Vieux-Marché à Rouen et ses cendres sont jetées à la Seine. Elle a 19 ans. Ce n’est qu’en 1450 que Charles VII fait entreprendre une enquête pour réviser son procès et la réhabiliter. Béatifiée en 1909, elle est canonisée en 1920. Elle est la patronne secondaire de la France.
Dérivés : Jeannine, Jenny, Jennifer .

JEANNE DELANOUE
(1666-1736) VIERGE – MR 17 août. Née à Saumur, elle y passe toute son active existence. Très vite, elle se soucie du sort des infirmes et des indigents, en une époque où la misère est largement répandue.
Elle fonde à leur intention l’hospice de la Grande Providence, qui compte jusqu’à 600 lits. Dans le même esprit, elle crée en 1704 une congrégation religieuse, celle des Sœurs de Sainte-Anne de la Providence, devenues en 1965 Sœurs servantes des pauvres. Béatifiée en 1947, elle est canonisée par Jean-Paul II en 1982.

JEANNE DE FRANCE ou DE VALOIS
(1464-1505) REINE DE FRANCE – MR 4 février. Fille du roi Louis XI, infirme et laide, elle est mariée à 14 ans à son cousin Louis d’Orléans pour des raisons purement politiques. Devenu le roi Louis XII, son époux obtient du pape Alexandre VI Borgia l’annulation du mariage. Jeanne se comporte alors avec magnanimité. Quelques années plus tard, celle qui n’est plus que la duchesse du Berry fonde l’ordre contemplatif de l’Annonciade , à la tête duquel elle ne cesse plus de donner l’exemple de la recherche de la perfection évangélique.

Bienheureuse JEANNE JUGAN
(1792-1879) VIERGE – MR 29 août. Née dans une famille pauvre de pêcheurs à Cancale (Ille-et-Vilaine), Jeanne perd son père à l’âge de six ans. En dépit de sa santé fragile, elle est obligée de se placer comme servante à Saint-Servan. Elle refuse de se marier, disant : « Le bon Dieu me veut pour quelque chose, mais je ne sais pas quoi. » Elle est bouleversée par la misère qui sévit alors en Bretagne et s’efforce de venir en aide à tous. À 50 ans, elle recueille dans sa mansarde une pauvre vieille femme, puis d’autres vieillards sans asile qui mendient. Pour les nourrir, les vêtir, elle quête inlassablement.
D’autres femmes la rejoignent : dix ans plus tard, 80 Sœurs des pauvres s’occupent de 500 vieillards. Jeanne Jugan, devenue sœur Marie de la Croix, est élue supérieure de la congrégation. Comme les Frères de Saint-Jean-de-Dieu, elle fait ajouter à la règle le vœu d’hospitalité, en plus des trois vœux des religieux. Victime d’un vicaire qui veut s’attribuer la fondation de l’ordre, sœur Marie de la Croix est destituée, reléguée au rang de simple religieuse. Pendant 20 années, humblement, elle continue à quêter pour tous les pauvres jusqu’à l’épuisement total.

JEANNE DE LESTONNAC
(1556-1640) VEUVE – MR 2 février. Sa mère, fervente calviniste, est la sœur de Montaigne. Mariée, mère de sept enfants puis veuve, Jeanne quitte les siens vers l’âge de 50 ans. À l’instigation d’un jésuite, le père de Bordes, elle fonde un ordre féminin, la Compagnie de Marie (ou ordre de Notre-Dame), destinée, tout en menant une vie contemplative, à accomplir auprès des jeunes filles la mission éducative à laquelle se voue la Compagnie de Jésus auprès des garçons. À sa mort, son ordre compte déjà 30 maisons.
19 autres saintes et bienheureuses portent le nom de Jeanne.

JEANNE-ANTIDE THOURET
(1765-1826) VIERGE – MR 24 août. Née à Sancey-le-Grand (Doubs), elle entre en 1787 chez les Filles de la Charité. Après la dispersion des religieuses provoquée par la Révolution, elle fonde, en 1800 à Besançon, la congrégation des Sœurs de la Charité de Besançon.

JEANNE-ÉLISABETH BICHIER DES ANGES
(1773-1838) VIERGE – MR 26 août. Elle est la fondatrice, avec saint André-Hubert Fournet, de la congrégation des Filles de la Croix, à Poitiers, appelées aussi Sœurs de Saint-André, vouées aux soins des pauvres et à l’instruction des enfants de la campagne.

JEANNE -FRANCOISE FRÉMIOT DE CHANTAL
(1572-1641) RELIGIEUSE – MR 12 août**. Née à Dijon, elle épouse en 1592 le baron de Chantal dont elle aura six enfants (elle sera la grand-mère de madame de Sévigné). Veuve en 1601, elle rencontre en 1604 saint François de Sales , évêque de Genève et d’Annecy, qu’elle prend pour directeur spirituel. En 1610, elle fonde avec lui à Annecy une congrégation nouvelle, l’ordre de la Visitation, alliant vie contemplative et service des pauvres et des malades. C’est pour l’époque une innovation, les religieuses ayant toujours mené jusque-là une vie purement contemplative soumise à la clôture. Aussi l’évêque de Lyon, où un monastère a été établi, exige-t-il pour ces religieuses le respect de la clôture. L’ordre doit alors abandonner la visite des pauvres et des malades et se faire seulement contemplatif, ce qui ne l’empêche pas de se répandre rapidement. À la mort de Jeanne, il compte déjà 80 maisons. Le corps de Jeanne de Chantal repose à Annecy (ainsi que celui de François de Sales).
Dérivé : Chantal .

JEANNE GERMAINE CASTANG, voir bienheureuse Marie-Céline de la Présentation


JEANNINE, JENNY, JENNIFER, voir Jeanne


JÉRÔME
(v. 345-419 ou 420) CONFESSEUR et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 30 septembre**. Né en Dalmatie (dans l’actuelle Croatie), il étudie à Rome avant de se retirer dans la solitude en Syrie. Revenu à Rome, il y devient secrétaire du pape Damase, qui le charge d’une révision des traductions de la Bible en latin. Sa traduction, connue sous le nom de Vulgate ( textus vulgatus , c’est-à-dire texte répandu), devait plus tard supplanter toutes les autres versions latines en Occident. Le concile de Trente ( XVI e siècle) la déclare « authentique », c’est-à-dire rigoureusement fiable en matière de foi. La plus grande partie de cette œuvre, Jérôme l’accomplit à Bethléem où il partage sa vie entre une intense activité intellectuelle et la direction spirituelle de moines et de moniales, ministère dans lequel il excelle. Ses écrits théologiques ne valent pas ses travaux bibliques, qui en ont fait le grand docteur des saintes Écritures dans l’Église latine. Sa vie a inspiré d’innombrables artistes (Dürer, Rembrandt, Raphaël, etc.), qui le représentent souvent méditant dans une cellule ou une grotte, parfois en compagnie d’un lion auquel il aurait retiré une épine de la patte.

JÉRÔME ÉMILIEN
(1481-1537) CONFESSEUR – MR 8 février*. Noble Vénitien, après avoir fait carrière dans les armes, il est fait prisonnier à Castelnuovo et reçoit, durant sa captivité, la révélation de sa vocation religieuse par une vision de la Vierge Marie. Il décide d’abandonner sa vie passée et de se consacrer aux œuvres religieuses. Ordonné prêtre en 1518, il se voue donc aux œuvres charitables, plus particulièrement aux pauvres, aux malades et aux orphelins. Pour eux, il fonde à Somasca, près de Bergame, la congrégation des Clercs réguliers (appelés somasques), vouée à l’éducation de la jeunesse et spécialement des enfants sans famille.
Sept autres saints portent le nom de Jérôme.

JESSICA
Prénom féminin venant de Jessé, le père du roi David et l’ancêtre du Christ. On peut la fêter le 4 novembre.

JOACHIM
(I er siècle) PÈRE DE LA VIERGE MARIE – MR 26 juillet**. Comme on ne sait rien de sa vie, on l’a parfois présentée sur le modèle de celle d’Abraham ou de Zacharie, le père de Jean-Baptiste. Époux de sainte Anne, Joachim est fêté en même temps que cette dernière, dont le culte est très populaire.
Les parents de la Vierge sont vénérés par les chrétiens pour avoir su éveiller chez leur enfant une totale disponibilité aux appels de Dieu.

JOËL
( V e siècle av. J.C.) PROPHÈTE – MR 19 octobre. Il est l’un des douze « petits prophètes » de la Bible. La cathédrale de Zadar en Croatie honore ses « reliques ».
Dérivé : Joëlle .

JORAND
(† 1340) ERMITE – Fête loc. 2 novembre. Il est d’abord moine bénédictin puis ermite à Kergrist et à Pédernec dans les Côtes-d’Armor. Il ne faut pas le confondre avec un autre saint Jorand, également breton, fêté le 28 mai à Plouec.

JOSAPHAT KUNCEVICZ
(1580-1625) ARCHEVÊQUE et MARTYR – MR 12 novembre**. Né à Volhynie (dans l’actuelle Ukraine), il appartient à l’Église ruthène orthodoxe qui souscrit l’acte d’union avec Rome à Brest-Litovsk en 1595. Entré chez les moines basiliens, il y est ordonné prêtre et entreprend bientôt la réforme de l’ordre. Archevêque de Polotsk en 1618, il s’emploie à rallier les orthodoxes à l’union avec Rome, suscitant ainsi de vives réactions. Il meurt assassiné à coups de hache à 43 ans.

JOSÉMARIA ESCRIVA DE BALAGUER
(1902-1975) PRÊTRE – MR 26 juin. Né à Barbastro (en Aragon) en 1932, Josémaria Escriva de Balaguer y Albas est ordonné prêtre à l’âge de 23 ans. Il exerce tout d’abord son ministère sacerdotal dans un village des environs de Saragosse puis, en 1927, s’installe à Madrid pour terminer son doctorat en droit canon. L’ Opus Dei naît en 1928 en Espagne et est complétée en 1943 par la Société sacerdotale de la Sainte-Croix, dans le but de promouvoir la sanctification de chacun quel que soit son état de vie. En effet, il pense que l’idéal de sainteté, en principe réservé aux prêtres, peut être atteint par des laïcs dans l’accomplissement de leurs devoirs familiaux et sociaux. Son livre Le Chemin , composé de 999 maximes, est la clé de voûte de la pensée spirituelle de Josémaria. Les deux associations sont approuvées par le Saint-Siège en 1950 et Jean-Paul II en fait une prélature personnelle en 1982. Béatifié par le pape Jean-Paul II le 17 mai 1992, Josémaria est canonisé le 6 octobre 2002. Jean-Paul II a dit de lui : « Avec une intuition surnaturelle, le bienheureux Josémaria a prêché inlassablement l’appel universel à la sainteté et à l’apostolat. »

JOSEPH
(I er siècle) ÉPOUX DE LA VIERGE MARIE – MR 19 mars****. Les évangiles parlent peu de lui. Ils nous disent que cet artisan de Nazareth, qui appartient à la descendance du roi David, est fiancé à Marie lorsque celle-ci, vierge, conçoit Jésus de l’Esprit Saint. Croyant se trouver devant une situation scandaleuse, Joseph, « homme juste », se propose de rompre « en cachette » avec Marie, lorsqu’il est averti par un ange de n’en rien faire et de la prendre au contraire chez lui. Elle doit en effet enfanter un fils que Joseph appellera Jésus, car « c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ». On voit Joseph avec Marie à Bethléem, au moment de la naissance de Jésus et lors de la venue des Mages, puis lors de la fuite en Égypte et du retour à Nazareth. On le voit encore avec Marie et Jésus au moment de la présentation de ce dernier au Temple.
Nous n’en savons pas davantage sur Joseph, bien que les évangiles apocryphes aient forgé à son sujet toute une légende qui ne sera pas sans influencer plus tard son culte. Celui-ci n’apparaît qu’au XV e siècle et prend de l’importance au XVII e siècle avec l’épanouissement de l’école française de spiritualité (institution de la fête, alors obligatoire et chômée, du 19 mars, et en outre d’une fête du patronage de saint Joseph qui sera remplacée par Pie XII par la fête de Joseph artisan, fixée au 1 er mai, jour de la fête du travail). Joseph est honoré par l’Église pour la manière dont il n’a cessé de se conformer avec foi à la parole de Dieu et pour la coopération que, ce faisant, il a apportée à la réalisation du plan de Dieu pour le salut des hommes. Il est proclamé patron de l’Église universelle par Pie IX en 1870 et des ouvriers par Benoît XV en 1920.
Dérivés : José, Joséphine, Josette, Josiane .

JOSEPH CALASANZ
(1556-1648) CONFESSEUR – MR 25 août*. Ce prêtre d’origine aragonaise découvre à Rome les multiples conséquences de la misère sur les enfants. Il fonde pour y parer la congrégation des Pauvres clercs de la Mère de Dieu pour les écoles pies (piaristes). Il rencontre des oppositions qui aboutissent, de son vivant, à la suppression de son œuvre par le pape Innocent X. Elle est rétablie, peu après sa mort, par le pape Alexandre VII. Le pape Pie XII le proclame patron des écoles populaires chrétiennes en 1948.

JOSEPH DE COPERTINO
(1603-1663) CONFESSEUR – MR 18 septembre. Joseph Desa, de famille pauvre, ignorant et d’apparence quelque peu niaise, est finalement admis chez les Frères mineurs conventuels du couvent de Grotella, près de sa ville de Copertino, dans les Pouilles (Italie), en 1625. Il a du mal à réussir ses examens mais est néanmoins ordonné prêtre en 1630. Sujet à des phénomènes mystiques (extases, lévitation, miracles) qui attirent les foules, il est déféré à l’Inquisition mais reconnu innocent. Malgré son isolement, il n’en voit pas moins venir à lui des gens de toute l’Europe, parmi lesquels il opère de nombreuses conversions. Il est le patron des candidats aux examens et celui des aviateurs, à cause des phénomènes de lévitation qui l’ont fait nommer « le saint volant ».

Bienheureux JOSEPH GÉRARD
(1831-1914) RELIGIEUX – MR 29 mai. Fils de la Lorraine, le père Joseph Gérard naît en 1831 à Bouxières-aux-Chênes. Entré en 1851 dans la congrégation des Missionnaires oblats de Marie Immaculée, il part en 1853 pour les missions d’Afrique australe où il est ordonné prêtre l’année suivante. Il passe 60 ans au Natal et surtout au Lesotho. Il évangélise d’abord les Cafres puis le pays des Basuthos en Afrique australe. Prière et contacts personnels sont les deux pôles de sa présence. Il est considéré comme le « père » de l’Église en ce pays. Depuis sa mort, son tombeau est entouré de la vénération des chrétiens et la mission du Lesotho connaît un prodigieux essor. Il est béatifié le 13 septembre 1988.
Une quarantaine d’autres saints ou bienheureux portent le nom de Joseph, parmi lesquels Joseph d’Arimatie ( I er siècle), seulement connu pour avoir offert son tombeau pour inhumer Jésus, mais à propos duquel les évangiles apocryphes ont créé toute une légende.

Bienheureux JOSEPH-MARIE CASSANT
(1878-1903) RELIGIEUX – MR 17 juin. Originaire de Casseneuil, dans le Sud de la France, il se sent attiré par le sacerdoce, mais comme il est porté au silence, au recueillement et à la prière, il s’oriente vers l’abbaye cistercienne de Sainte-Marie-du-Désert, dans le diocèse de Toulouse. Il y entre à 16 ans. Conscient de ses lacunes intellectuelles et de sa faiblesse physique, il vit désormais dans la patience, l’espérance et l’amour, et a la joie de recevoir le sacerdoce. Atteint de la tuberculose, il passe ses derniers temps dans des souffrances de plus en plus intolérables. « Quand je ne pourrai plus dire la messe, Jésus pourra me retirer du monde », dit-il alors. Il le rejoint le 17 juin 1903, après avoir vécu des choses toutes simples, la prière, les études, le travail, mais de façon extraordinaire, avec une générosité sans limites. Il est béatifié le 3 octobre 2004.

JOSEPH-MARIE TOMASI
(1649-1713) RELIGIEUX – Fête le 1 er janvier. Fils aîné de la famille princière des Lampedusa en Sicile, il renonce à ses titres et à son immense fortune et se fait religieux théatin. Il est l’un des précurseurs des réformes liturgiques du concile Vatican II. Il devient cardinal en 1712.

JOSÉPHINE BAKHITA
(1870-1947) RELIGIEUSE – MR 8 février. Comme l’une de ses sœurs, elle est, à l’âge de neuf ans, victime de négriers qui la vendent et la revendent plusieurs fois, sur les marchés d’El Obeid et de Khartoum, en lui infligeant de mauvais traitements. Le traumatisme est si grand qu’elle en oublie son premier nom. C’est ainsi qu’on lui donne le nom de Bakhita, qui signifie la chanceuse. Elle appartient à un général turc qui lui fait subir de cruelles scarifications avant de se décider à vendre toutes ses esclaves. Bakhita est alors acquise par le consul d’Italie à Khartoum en 1883. Sa vie change.
En 1885, le consul doit quitter le Soudan à cause de la révolution mahdiste et Bakhita lui demande de l’emmener. Il accepte et ils s’embarquent avec une famille amie, les Michieli. Confiée à l’Institut des catéchistes de Venise, tenu par les religieuses canossiennes, elle demande à rester chez les religieuses. Chez elles, elle découvre ce Dieu « que tout enfant je sentais dans mon cœur sans savoir qui il était. Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi-même : qui donc est le maître de ces belles choses ? Et j’éprouvais une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes hommages. » Trois ans après son baptême, elle demande à devenir religieuse et, à l’âge de 24 ans, prononce ses premiers vœux. Pendant plus de 50 ans, elle s’occupe de la cuisine, de la lingerie, de la conciergerie. Après une longue et douloureuse maladie et une pénible agonie où elle revit les jours de son esclavage en murmurant : « Lâchez mes chaînes, elles me font mal », elle s’éteint le 8 février 1947 en invoquant : « Notre-Dame ! Notre-Dame ! » Béatifiée le 17 mai 1992, elle est canonisée par Jean-Paul II le 1 er octobre 2000.

JOSSE
(† 669) ERMITE – MR 13 décembre. Roi de Bretagne, frère de saint Judicaël et devenu ermite, il est vénéré en Bretagne, en particulier à Saint-Josse-sur-Mer.
Dérivés : Josselin, Josseline, Jocelyne .

JUAN DEL CASTILLO, voir Roque Gonzalez


JUAN DIEGO CUAUHTLATOATZIN, voir Diego Cuauhtlatoatzin


JUDE ou THADDÉE
( I er siècle) APÔTRE – MR 28 octobre***. Jude, appelé aussi « Judas fils de Jacques » par l’évangéliste Luc et Thaddée (homme à la forte poitrine) par les évangélistes Marc et Matthieu, est l’un des douze apôtres. « Comment se peut-il que tu doives te manifester à nous et non au monde ? », demande-t-il au Christ après sa résurrection. Jésus lui répond qu’il se manifeste à travers ceux qui croient en son amour. On n’en sait pas plus sur lui. Des traditions diverses se sont établies à son sujet. L’une d’elles le fait mourir martyr en Perse en même temps que l’apôtre Simon. Ils sont fêtés ensemble.

JUDICAËL
(† v. 650) ROI DES BRETONS – MR 17 décembre. Saint Éloi lui ménage une entrevue avec le roi Dagobert afin d’éviter la guerre. Après avoir abdiqué, il vit en moine pendant 20 ans au monastère de Gaël près de Vannes. Il meurt à Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine).
Dérivés : Gaël , Gaëlle.

JUDITH ou JUTTA
(† 1228) ERMITE – MR 13 janvier. Née en Thuringe (Allemagne), elle vécut en ermite à Kulmsee. Elle est la patronne de l’ancienne Prusse.

JULES I er
(† 352) PAPE – MR 12 avril. Successeur en 337 du pape Marc, il soutient saint Athanase , évêque d’Alexandrie, dans sa lutte contre l’hérésie arienne, source d’innombrables difficultés et factions.
Huit autres saints, presque tous martyrs des premiers siècles, portent le nom de Jules.

JULIE
( VI e ou VII e s.) MARTYRE – MR 22 mai. Ce que l’on sait de cette patronne de la Corse est dû à des traditions tardives et incertaines. Née selon les uns à Carthage, selon les autres en Corse, esclave d’un marchand syrien, elle aurait refusé de sacrifier aux dieux et aurait été crucifiée. Ses reliques sont l’objet d’un pèlerinage à Nonza, au cap corse.

JULIE BILLIART
(1751-1816) VIERGE – MR 8 avril. Née à Cuvilly dans le Beauvaisis, elle est d’abord catéchiste. Longtemps impotente, elle est guérie pendant une neuvaine au Sacré-Cœur en 1804. Elle est la fondatrice de l’Institut des Sœurs de Notre-Dame pour l’éducation des jeunes filles à Amiens, puis à Namur (Belgique).
Dix autres saintes et bienheureuses portent le nom de Julie, dont Julie-Louise de Jésus († 1794 – MR 17 juillet), une des 16 carmélites de Compiègne guillotinées sous la Terreur.

JULIEN L’HOSPITALIER
Il s’agit d’un personnage légendaire, dont l’histoire a été vulgarisée par la Légende dorée de Jacques de Voragine ( XIII e siècle). Julien, grand chasseur, reçoit d’un cerf qu’il traque la prédiction qu’il tuera père et mère. Un jour, croyant surprendre un adultère, il tue effectivement ses parents. Pour se racheter, il organise, au bord d’un fleuve dangereux, l’hospitalité et le passage gratuit des voyageurs. Lors d’une nuit de tempête, il fait ainsi passer un lépreux qui n’est autre que le Christ. On retrouve là plusieurs des thèmes traditionnels qui ont inspiré diverses histoires légendaires de saints.

JULIEN
(† v. 250) ÉVÊQUE – MR 27 janvier. Il serait originaire de Rome, où il aurait reçu la consécration épiscopale pour aller évangéliser le pays entre la Loire et la rive gauche de la Seine et lutter contre le druidisme. Il est le premier évêque du Mans, dont le diocèse est aujourd’hui placé sous son patronage. Certains récits de sa vie sont influencés par la légende de son homonyme, Julien l’Hospitalier.

JULIEN DE BRIOUDE ou D’AUVERGNE
( III e - IV e siècles) MARTYR – MR 28 août. Né à Vienne, militaire dans l’armée impériale, il meurt martyr à Brioude (Haute-Loire). Il est très populaire dans le centre de la France, où plus de 300 églises sont placées sous son patronage.
35 saints, la plupart martyrs des premiers siècles, portent le nom de Julien.

JULIENNE DE MONT-CORNILLON
(1192-1258) VIERGE – MR 5 avril (en Belgique*). Elle est religieuse au monastère de Mont-Cornillon, près de Liège. À la suite de visions, elle obtient de son évêque l’institution de la fête du Corps du Christ (1248).
16 saintes portent ce nom, dont une autre Julienne, de la famille florentine des Falconieri (1270-1341 – MR 19 juin), fondatrice d’un ordre voué à l’éducation des enfants et au soin des malades, dont les religieuses sont appelées « mantellates » à cause de leur grand manteau. En Normandie il existe aussi une sainte Julienne de Pavilly († 750), abbesse de ce monastère.
Beaucoup de Julienne ont pour patron un des saints Julien.

JULIETTE ou JULITTE
(† v. 303) MARTYRE – MR 30 juillet. Son existence nous est connue par une homélie de saint Basile, selon lequel elle aurait refusé de sacrifier aux idoles lors de la grande persécution de Dioclétien en 303 et aurait péri sur un bûcher à Césarée de Cappadoce (Asie Mineure).
Deux autres martyres des premiers siècles portent le nom de Juliette.

JUNIEN
( VI e siècle) ERMITE – MR 16 octobre. Originaire de Cambrai, disciple de l’ermite saint Amand , il vit lui-même en ermite à Comodoliac, dans le diocèse de Limoges, où son tombeau devient le but d’un pèlerinage : c’est l’origine de la ville de Saint-Junien (Haute-Vienne).

JUST
(† après 381) ÉVÊQUE – MR 2 septembre. Né à Tournus, diacre à Vienne (Isère), il devient évêque de Lyon vers 350. Il se retire ensuite dans un monastère d’Égypte. Après sa mort, son corps est rapporté à Lyon.
16 autres saints portent le nom de Just ou Juste, dont un évêque de Strasbourg ( IV e siècle – Fête loc. 2 septembre), un archevêque de Cantorbéry († 627) envoyé évangéliser les Angles par le pape Grégoire le Grand, et un enfant de neuf ans, martyr, saint Juste de Beauvais († 287).

JUSTIN LE PHILOSOPHE
(v. 100-166) MARTYR – MR 1 er juin**. Né à Naplouse en Palestine, dans une famille grecque païenne, il cherche sa voie en étudiant les diverses philosophies. Aucune ne répond à sa recherche de vérité. Il la trouve enfin dans la foi chrétienne qu’il se met alors à enseigner et à défendre par la parole et par l’écrit. Il ouvre une école à Rome et publie divers ouvrages ( Apologies, Dialogues ) dans lesquels il s’emploie à rapprocher philosophie et christianisme. Il meurt décapité sous l’empereur Marc-Aurèle.
Six autres saints portent le nom de Justin.

Oui, certes nous l’avouons, nous sommes les athées de ces prétendus dieux.
Justin, Première apologie.


JUSTINE
Huit saintes, presque toutes martyres, portent le nom de Justine.
K

KARELLE, KAREN, KARINE, voir Carine


KATEL, KATIA, KATY, voir Catherine


Bienheureuse KATERI TEKAKWITA
(1656-1680) VIERGE – MR 17 avril. Kateri Tekakwita (Catherine) est une Amérindienne Mohawk de la tribu des Agniers. Elle est née en 1656, au Québec, dans le village d’Ossernenon où 10 ans plus tôt, trois frères jésuites ont subi le martyre : Isaac Jogues , René Goupil et Jean Delalande . Elle demeure à Gandaouagué avec sa tribu. Un jour, en 1667, le chef, son oncle, est obligé d’inviter les « robes noires » dans son « longhouse » et Kateri doit s’occuper d’eux et préparer leur repas. Elle est touchée par la sainteté et la bonté de ces hommes. Elle veut alors connaître leur Dieu et son Fils. Elle se rappelle vaguement les choses que sa mère lui avait apprises sur le Dieu des chrétiens, mais son oncle et ses tantes sont farouchement opposés au christianisme. Elle refuse de se marier et veut apprendre en cachette qui est ce Dieu. En 1676, elle est baptisée dans le secret, et dès lors connaît oppositions et railleries. Elle peut enfin communier en 1679 et meurt l’année suivante. Jean-Paul II la proclame protectrice du Canada.

KEVIN
(† 622) ABBÉ – MR 3 juin. Fondateur de l’abbaye de Glendalough en Irlande, il est le patron de Dublin.

KILIAN ou CILIAN
(643-689) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 8 juillet. Moine irlandais, il est déjà évêque quand il passe en Allemagne. Il y évangélise la Franconie et est martyrisé à Wurzbourg.

KILIEN
( VII e siècle) ÉVÊQUE – Fête loc. 13 novembre. D’origine irlandaise, il est missionnaire dans l’Artois et meurt à Aubigny, dans le diocèse de Soissons où se trouvent ses reliques.

KOLBE, voir Maximilien Kolbe


Père KURIAKOSE ELIAS CHAVARA
(1805-1871) PRÊTRE – Fête le 3 janvier. Né dans l’État de Kérala (Inde), ordonné prêtre en 1829 dans l’Église syro-malabare (unie à Rome), il est le fondateur de deux congrégations indiennes : les carmes de Marie Immaculée, affiliés aux carmes déchaux (1831), et la congrégation féminine du Carmel de Marie (1866), qui se sont depuis lors étendues à l’Afrique et même à l’Europe.
L

LADISLAS (LANCELOT)
(† 1095) ROI – MR 30 juin. Roi de Hongrie, il voulut agrandir son royaume en conquérant la Croatie, la Dalmatie et en combattant les Polonais et les Russes. Il eut de grandes attentions envers l’Église. Il mourut au moment de partir à la première croisade.

LAETITIA
Prénom correspondant au patronage de Notre-Dame de Liesse, honorée dans de nombreux diocèses en France : Amiens, Annecy, Digne, Fréjus, Soissons.
Un pèlerinage est organisé en son honneur le 18 août à Soissons.

LAMBERT
(† 705) ÉVÊQUE – MR 17 septembre (en Belgique*). Alors qu’il est évêque de Maastricht (actuels Pays-Bas), ville dont il est originaire, Lambert se voit contraint par le roi d’Austrasie, Dagobert II, à se retirer dans un couvent. Après l’assassinat de Dagobert, Pépin d’Héristal devient maire du palais du royaume d’Austrasie (avant de l’être de tout le pays franc) et Lambert peut reprendre sa charge épiscopale. Mais, quelque 30 ans plus tard, l’évêque est assassiné au village de Leodium (future ville de Liège), pour avoir condamné l’adultère de Pépin.
La popularité de saint Lambert a fait donner son nom à de nombreuses églises et localités. Il partage ce patronage avec sept autres saint Lambert, dont un évêque de Lyon († 688) et un évêque de Vence († 1154).

LANDELIN
(† 686) ERMITE – MR 15 juin. Alors que ses brigandages l’ont rendu célèbre en Artois, il se convertit et décide de vivre en reclus à Lobbes dans le Hainaut, puis à Crespin. Ses ermitages deviennent, par la suite, d’intenses foyers de vie monastique.

LANDRY
(† v. 656) ÉVÊQUE – MR 10 juin. Remarquable par sa vie exemplaire et sa science, il est élu évêque de Paris vers 650. Au cours d’une famine, il vend ses meubles et ses vases sacrés pour secourir les pauvres. Il aurait fondé, à côté de Notre-Dame de Paris, l’hôpital devenu depuis l’Hôtel-Dieu, ancêtre des hôpitaux modernes.

LAUD, voir Lô


LAURE
(† 864) MARTYRE – Fête loc. 19 octobre. Elle est martyrisée à Cordoue, jetée dans un chaudron de plomb bouillant, pour avoir refusé de devenir musulmane.

LAURENT
(† 258) DIACRE et MARTYR – MR 10 août***. Laurent est archiviste du pape et archidiacre romain. Lors des persécutions de l’empereur Valérien, tandis qu’il assiste le pape Sixte II dans la célébration eucharistique, il est arrêté puis exécuté, sans doute après avoir été torturé. Le récit légendaire de sa Passion le montre refusant de livrer les biens matériels et les archives dont il a la garde et mourant brûlé sur un gril. Il est très vite l’objet d’un culte très populaire et sa fête est célébrée solennellement. C’est pour avoir remporté le jour de la Saint-Laurent la bataille de Saint-Quentin (1557) que le roi d’Espagne Philippe II bâtit son palais-monastère de l’Escurial sur le plan d’un gril. Saint Laurent est le patron des cuisiniers, des bibliothécaires et des archivistes.
En France, 94 localités se sont placées sous la protection de saint Laurent.

LAURENT DE BRINDISI
(1559-1619) PRÊTRE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 21 juillet*. Né en Italie, à Brindisi, capucin, il est, à travers l’Europe, l’un des promoteurs du renouveau catholique après le concile de Trente. Il meurt au Portugal, à Lisbonne, après avoir assumé de multiples types de ministères et avoir été général de son ordre.
23 autres saints ou bienheureux portent le nom de Laurent, dont saint Laurent O’Tool, évêque de Dublin, mort à Eu en Normandie en 1180.
Dérivés : Laurentine , Laurence, Laurette.

LAZARE
( I er siècle) – MR 29 juillet**. Frère de Marthe et Marie et ami de Jésus, il est resté célèbre par le miracle de sa résurrection (Jn 11, 1-44). Une légende, répandue en Occident, le montre débarquant aux Saintes-Maries-de-la-Mer, en Camargue, avec ses deux sœurs, ainsi qu’avec Marie Jacobé, parente de la Vierge Marie, Marie Salomé, mère des apôtres Jean et Jacques, leur servante Sarah, les disciples Maximin et Ixidoine, après avoir été chassés de Judée par le sanhédrin et jetés à l’aventure sur une barque. Cette même légende fait de Lazare le premier évêque de Marseille (qui a, en fait, été évangélisé plus tard). Plusieurs villes françaises revendiquent l’honneur de posséder des reliques de lui, notamment Avallon et Autun. Sous le nom de « saint Lazare ressuscité », il est le patron des diocèses de Marseille et d’Autun. En Orient, une autre tradition le fait débarquer avec ses sœurs à Chypre, où il serait devenu l’évêque de Cition (aujourd’hui Larnaka). En 890, ses reliques auraient été transférées à Constantinople où une basilique fut construite en son honneur. Le samedi, veille des Rameaux, y est toujours consacré à sa mémoire. Ne pas le confondre avec le pauvre Lazare, personnage fictif d’une parabole du Christ (Lc 16, 19-31).
Six autres saints portent le nom de Lazare.

LÉA
(† 383) VEUVE – MR 22 mars. Appartenant à l’aristocratie romaine, elle se retire dans un monastère à Ostie après son veuvage, devient l’une des disciples de saint Jérôme et passe sa vie au service des religieuses d’Ostie.
Dérivés : Leïla, Lia, Lila .

LÉANDRE
(† 600) ÉVÊQUE – MR 13 mars. Évêque de Séville, il convertit au catholicisme Herménégild, fils aîné du roi d’Espagne Linvigild, arien, comme l’ensemble du peuple wisigoth qui a conquis l’Espagne. Cette conversion vaut à Herménégild la mort par décapitation et à Léandre l’exil, au cours duquel il se lie d’amitié avec le futur pape Grégoire le Grand. Lorsqu’en 586 le frère d’Herménégild, Reccarede, devient roi d’Espagne et se convertit au catholicisme, il prend Léandre pour conseiller. L’Espagne devient catholique. On a souvent rapproché les rôles joués par saint Remi en France et par saint Léandre en Espagne. Ce dernier exerce une grande influence sur le développement et l’organisation de l’Église en Espagne. Son frère, saint Isidore, lui succède à l’évêché de Séville.

LÉGER
(v. 616-680) ÉVÊQUE – MR 2 octobre. Issu d’une noble famille franque, Léger est abbé du monastère de Saint-Maixent (Deux-Sèvres) vers 653 et évêque d’Autun vers 663. Il impose à son clergé le Symbole dit de saint Athanase. L’épiscopat franc est alors pris dans les remous des luttes sanglantes que se livrent rois mérovingiens et maires du palais. Après l’assassinat du roi Childéric II, le maire du palais, Ébroïn, se saisit de Léger. On lui crève les yeux et on lui coupe la langue. Après une détention de deux ans à Fécamp, il est décapité près de Doullens. Très populaire, il a donné son nom à 53 communes en France. La Vie de saint Léger , écrite au X e ou XI e siècle, probablement à Autun, est l’un des plus anciens textes de la littérature française. C’est une complainte en vers sur la vie et le martyre du saint, qui a largement contribué à sa popularité.

LÉNA, voir Hélène


LÉON
(856-890) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 1 er mars. Né à Carentan (Manche), il est chargé par le pape d’évangéliser les Basques. Premier évêque de Bayonne, il convertit les païens du Labourd (Bayonne), de la Navarre, de la Biscaye, et meurt décapité par les barbares en même temps que son frère Gervais. Il est le patron de la ville de Bayonne.

LÉON I er LE GRAND
(† 461) PAPE et DOCTEUR DE L’ÉGLISE – MR 10 novembre**. Né en Toscane, archidiacre à Rome, il est élu pape par le clergé et le peuple romain en 440 sous le nom de Léon I er . Il joue un rôle de premier plan dans la lutte contre les hérésies qui bouleversent alors la chrétienté, notamment à propos de la nature de Jésus-Christ. Lorsque Eutychès, auteur d’une théorie monophysite ne reconnaissant au Christ qu’une nature purement divine, parvient à réunir un concile connu sous le nom de « brigandage d’Éphèse » (449), Léon adresse à l’évêque de Constantinople, Flavien, une célèbre lettre dogmatique, Tome à Flavien , où il expose la doctrine des deux natures, divine et humaine, en l’unique personne de Jésus-Christ.
Ses légats au concile sont éconduits et Eutychès triomphe. Mais deux ans plus tard, Léon fait reconnaître cette doctrine par le concile de Chalcédoine (451). Cependant il ne peut pas empêcher les monophysites de constituer alors des Églises séparées de Rome (Arméniens, Jacobites, Coptes), schisme qui subsiste encore aujourd’hui.
L’activité de Léon touche à tous les domaines. Il lutte à Rome contre les survivances du paganisme, conduit avec fermeté son Église locale, obtient d’Attila qu’il évacue l’Italie, puis des Vandales qu’ils respectent les habitants de Rome mais il ne peut empêcher le pillage de leurs biens. Il fait prévaloir en Gaule, en Espagne, en Afrique, l’autorité du siège romain, qu’il affermit en rappelant que la primauté du pape est de droit divin attesté par l’Écriture. Il exerce une influence considérable par ses sermons et ses lettres. On comprend que la postérité lui ait attribué le qualificatif de « grand », qu’il est le seul pape avec saint Grégoire I er à avoir reçu.

LÉON IX
(1002-1054) PAPE – MR 19 avril. Brunon, membre de la famille des comtes d’Alsace, est d’abord évêque de Toul, charge dans laquelle il révèle ses dons de pasteur, de réformateur et d’administrateur.
Son parent, l’empereur Henri III, le fait désigner comme pape par la diète d’Empire. Brunon n’accepte qu’à condition de voir ce choix ratifié canoniquement par le clergé romain, devant lequel il se présente en habit de pèlerin. Il prend alors le nom de Léon IX.
L’urgence d’une réforme des mœurs ecclésiastiques est criante. Léon s’y consacre avec ardeur et autorité, voyageant beaucoup, demandant des comptes aux dignitaires ecclésiastiques, réunissant maints synodes. Il s’entoure de collaborateurs animés du même esprit réformateur. L’un d’eux, Hildebrand, futur Grégoire VII, paracheva magistralement l’œuvre d’une lignée de grands pontifes rénovateurs.
27 autres saints ou bienheureux portent le nom de Léon, parmi lesquels trois autres papes : Léon II, Léon III, Léon IV.
Dérivés : Lionel , Léone, Léontine .

LÉONARD
( VI e siècle) ERMITE – MR 6 novembre. Selon des récits tardifs ( XI e siècle), il s’agirait d’un guerrier franc converti au christianisme en même temps que Clovis, qui aurait même été son parrain. Son culte se répand à partir du XI e siècle à travers toute l’Europe. Le lieu de son ermitage près de Limoges, Noblat, devient un centre actif de pèlerinage ainsi que l’origine de la ville de Saint-Léonard-de-Noblat. Il est le patron des paysans et des malades.
Sept autres saints portent le nom de Léonard, dont Léonard de Port-Maurice († 1751) en Corse.

LÉONCE
(† IV e siècle) MARTYR – MR 18 juin. Ce soldat romain, né à Tripoli, lisait assidûment les Écritures et évangélisait ses camarades. Interrogé par l’un de ses officiers, il se déclara chrétien, fut mis en prison, torturé et mourut martyr.

LÉONE, LÉONTINE, voir Léon


LÉONIE FRANÇOISE DE SALES AVIAT
(1844-1914) RELIGIEUSE – MR 10 janvier. Léonie Aviat naît à Sézanne, en Champagne, le 16 septembre 1844. Elle fait ses études à la Visitation de Troyes, où la supérieure du monastère, mère Marie de Sales Chappuis, et l’aumônier, l’abbé Louis Brisson, exercent sur elle une influence décisive. Formée à l’école de saint François de Sales, elle se prépare, à son insu, à sa mission future : la fondation d’une congrégation de spiritualité salésienne, dédiée à l’évangélisation de la jeunesse ouvrière, la congrégation des oblates de Saint-François-de-Sales. L’arrivée de nombreuses vocations fait envisager de nouvelles fondations. Devenue supérieure générale, elle voit sa communauté grandir et les œuvres ouvrières se développer. Des écoles élémentaires se créent dans les paroisses et, à Paris, s’ouvre le premier collège de jeunes filles, que mère Aviat dirige pendant huit ans. C’est alors que sa compagne des premiers jours prend sa place. « M’oublier entièrement », telle devient la règle de mère Aviat. Mais après une douloureuse période d’effacement qui met en lumière sa grande humilité, elle est à nouveau élue supérieure générale en 1893. Un vent de persécution souffle alors sur la France, les congrégations sont supprimées. De 1901 à 1904, toutes les maisons des oblates sont fermées. Elle décide de transférer la maison mère à Pérouse, en Italie, où elle s’exile et s’éteint doucement, entourée de ses sœurs. Elle est béatifiée en 1992 et le pape Jean-Paul II la canonise le 25 novembre 2001.

LÉONS ou LÉONCE
(† v. 541) ÉVÊQUE – Fête loc. 21 août. Né en Aquitaine, il suit d’abord une carrière militaire puis est élu évêque de Bordeaux malgré lui. Plus tard, il se retire dans les forêts du Rouergue pour y mener la vie d’ermite.
Trois autres saints portent le nom de Léonce, dont un évêque de Césarée, évangélisateur de l’Arménie ( IV e siècle), et un évêque de Saintes en Saintonge († 640).

LÉOPOLD
(† 1136) LAÏC – MR 15 novembre. Margrave d’Autriche, il est le père de 18 enfants. Ses sujets lui donnent les qualificatifs de « pieux », d’« apôtre de la paix » et de « père des pauvres ». Il fonde l’abbaye de Mariazell.

LESLIE, voir Élisabeth


LEU, voir Loup


LEUFROY
(† 738) ABBÉ – MR 21 juin. Abbé fondateur du monastère de La-Croix-Saint-Ouen, près d’Évreux, il se dévoue au service des enfants pauvres.

LIDWINE ou LUDOVINE
(1380-1433) VIERGE – MR 14 avril. À la suite d’un accident survenu durant son adolescence, cette Hollandaise vit 40 ans dans un état d’extrême déchéance physique, en étroite union avec les souffrances du Christ. Durant ses 19 dernières années, elle ne supporte aucune alimentation solide ou liquide et n’est soutenue que par l’Eucharistie. Elle porte les stigmates du Christ. Le récit de sa vie par Thomas a Kempis , co-auteur de l’ Imitation de Jésus-Christ , contribue à étendre son renom.

LIN
(† 79) PAPE et MARTYR – Fête le 23 septembre. Saint Irénée en réfère à lui dans son ministère à Lyon. Il serait celui dont parle saint Paul dans sa lettre à Timothée. L’annuaire pontifical le mentionne comme le premier successeur de saint Pierre au siège de Rome et il aurait été enseveli à ses côtés.

LINDALVA JUSTO DE OLIVEIRA
(1953-1993) MARTYRE – Fête le 7 janvier. Religieuse brésilienne des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, elle est assassinée un vendredi saint pour avoir défendu sa virginité face à un résident de la maison de retraite où elle faisait son service.

LINE, voir Adeline


LIONEL, voir Léon


LIZIER
(† 548) ÉVÊQUE – Fête loc. 7 août. Espagnol de naissance, il devient évêque de Couserans, actuellement diocèse de Pamiers (Ariège). Il participe au concile d’Agde avec saint Césaire d’Arles.

LÔ ou LAUD
(† 568) ÉVÊQUE – MR 22 septembre. Originaire de Briovère, qui devient ensuite la ville de Saint-Lô, il est évêque de Coutances en Normandie. Il est le second patron du diocèse.

LOÏC, voir Louis


LOLA, LOLITA, voir Dolorès


LONGIN
( I er siècle) MR 16 octobre. C’est le nom donné traditionnellement au soldat qui transperça le cœur de Jésus en croix et reconnut sa divinité (Mt 27, 54). Il serait mort martyr.

LOTHAIN
(† 518) ABBÉ – Fête loc. 1 er novembre. Il est le fondateur du monastère de Maximiac, dans le Jura français.

LOUIS DE FRANCE
(1214-1270) CONFESSEUR – MR 25 août*. L’image de Louis IX, roi de France, a été rendue populaire par la scène qui le représente rendant la justice sous un chêne du château de Vincennes. Cette réputation n’est pas usurpée, toute sa vie de souverain ayant été dominée par le souci de faire prévaloir la justice et la paix, aussi bien dans les relations entre ses sujets qu’entre les royaumes. Cette volonté de justice et de paix a été comme le confluent de sa double vocation de saint et d’homme d’État. L’éclosion de cette vocation a été, à coup sûr, favorisée par l’éducation reçue de sa très remarquable mère, Blanche de Castille.
Jeune roi, il disloque en 1242 une redoutable coalition de barons du Midi et de l’Ouest soutenue par le roi d’Angleterre, Henri III, obligeant celui-ci à la négociation. Mais au lieu de profiter de sa position de force pour humilier son adversaire comme l’en pressent ses conseillers, il s’emploie au contraire, par des concessions délibérées, à établir un règlement définitif du litige chronique qui oppose les deux pays (traité de Paris, 1259). Déjà il avait négocié dans le même esprit avec le roi d’Aragon (1258). Il cherche également à réconcilier le pape et l’empereur d’Allemagne, empêtrés dans l’interminable lutte du sacerdoce et de l’Empire. Les grands d’Europe font de plus en plus appel à sa sagesse et à son équité pour régler leurs différends.
À l’intérieur du pays, le même esprit prévaut dans l’organisation de la justice (institution du parlement de Paris), le fonctionnement et le strict contrôle de l’administration royale, l’interdiction des guerres privées, l’initiative de la « quarantaine le roi » (pour décourager les vengeances), ou encore le développement des franchises communales.
C’est la foi qui conduit l’homme tout entier, dans sa vie publique comme dans sa vie privée. Louis est un époux passionné, plein de prévenances pour sa femme, Marguerite de Provence, en même temps qu’un père fort attentif à l’éducation de leurs onze enfants. Il consacre un large temps à la prière, ses journées et ses nuits sont rythmées par l’office divin. Il mène une vie frugale, s’impose jeûnes et pénitences, évite toute ostentation dans l’exercice de ses fonctions royales, visite les pauvres et les lépreux qu’il entoure d’une sollicitude pleine de respect car il voit en eux la personne du Christ. Il édifie la Sainte-Chapelle dans son palais de la Cité pour servir de reliquaire à la couronne d’épines.
C’est dans le même mouvement qu’il décide de « prendre la croix » pour tenter d’aller délivrer le tombeau du Christ. Ses deux croisades, la VII e et la VIII e , seront autant d’échecs. C’est au cours de la dernière qu’il meurt de la peste, à 56 ans, devant Tunis. Du moins son courage physique et son attitude chevaleresque à l’égard de ceux qu’il était venu combattre grandirent-ils encore sa réputation, jusque chez les musulmans.
On lui doit de multiples constructions d’églises et de monastères. C’est sous son règne qu’est achevé le gros œuvre de Notre-Dame de Paris (1250). Son appui permet aussi à Robert de Sorbon, chanoine de Paris, de fonder la Sorbonne (1253), collège assurant l’hébergement et l’enseignement d’étudiants en théologie pauvres.
Saint Louis est le patron des diocèses de Versailles et de Blois.
Dérivés : Aloïs, Clovis, Loïc, Ludovic, Ludwig .

LOUIS DE GONZAGUE
(1568-1591) CONFESSEUR – MR 21 juin**. Fils aîné de Ferdinand de Gonzague, marquis de Castiglione, près de Mantoue, il est élevé à la cour de Florence. En même temps qu’il y poursuit ses études, il mène une vie consacrée à la prière et à la pénitence, fort peu courante chez un garçon de son âge, et lutte contre son orgueil et sa tendance à la révolte. À onze ans, il fait le vœu de chasteté perpétuelle. À Mantoue en 1585 (il a 16 ans), il suit les exercices spirituels de saint Ignace et annonce sa décision d’abdiquer en faveur de son frère et d’entrer au noviciat des jésuites. Pendant qu’il reçoit à Rome la formation des jeunes jésuites, il est chargé d’aller régler un différend entre son frère et le duc de Mantoue. Durant l’épidémie de peste qui ravage Rome en 1590-1591, il se dépense au service des malades. Sa santé fragile n’y résiste pas, il meurt dans la sérénité à 23 ans. Il est proclamé patron de la jeunesse dès 1725, titre confirmé par Pie XI en 1926.
Dérivés : Gino , Gina, Gonzague .

Bienheureux LOUIS et ZÉLIE MARTIN
Louis (1823-1894) et Zélie (1831-1877) LAÏCS.
Louis Martin naît à Bordeaux, le 22 août 1823, dans une famille de cinq enfants ballottés au gré des garnisons de leur père, officier de carrière jusqu’à sa retraite, en 1930, qu’il prend à Alençon (Orne). Après sa scolarité, Louis choisit le métier d’horloger qui convient à sa nature méditative et à son habileté manuelle.
À 22 ans, il veut se consacrer à Dieu et se rend à l’hospice du Grand-Saint-Bernard, au cœur des Alpes. Le prieur l’invite à retourner chez lui pour compléter ses études de latin avant une éventuelle entrée au noviciat. Louis, non sans regret, renonce à son projet. Pris entre ses occupations diverses, il ne cherche pas à se marier.
Zélie Guérin naît à Gandelain (dans l’Orne) le 23 décembre 1831, dans une famille profondément chrétienne. Zélie pense à la vie religieuse, mais la supérieure des Filles de la Charité lui répond sans hésiter que telle n’est pas la volonté divine. Devant cette décision, la jeune fille s’incline : « Mon Dieu, j’entrerai dans l’état de mariage pour accomplir votre volonté sainte. Alors, je vous en prie, donnez-moi beaucoup d’enfants et qu’ils vous soient consacrés. »
Les deux jeunes gens se rencontrent, et ne tardent pas à s’aimer. Ils se marient le 13 juillet 1858 et se proposent de vivre comme frère et sœur, suivant l’exemple de saint Joseph et de la Vierge Marie. L’intervention de leur confesseur et leur désir de donner des enfants au Seigneur les décident à interrompre cette expérience. Leur vie conjugale ne va cependant pas sans épreuves puisque trois de leurs sept enfants meurent en bas âge et que Zélie meurt à son tour d’un cancer, le 28 août 1877. Pour Louis, âgé de 54 ans, c’est un effondrement. Toutefois, il accepte tout et assume désormais seul l’éducation de ses filles. Il leur ménage des distractions : séances théâtrales, séjour à Paris, etc., et cherche, à travers toutes les réalités de la vie, à les ouvrir à la foi en Dieu.
Pauline entre au Carmel en 1882, Marie en octobre 1886, Thérèse en avril 1888. Quand deux mois après, Céline lui dévoile qu’elle aussi se sent appelée à la vie religieuse, Louis lui dit : « Viens, allons ensemble devant le saint Sacrement remercier le Seigneur qui me fait l’honneur de prendre tous mes enfants. »
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dit de lui : « Les choses de la terre semblaient à peine l’effleurer, il prenait facilement le dessus des contrariétés de cette vie. »
À partir de 1888, Louis est affligé d’une artériosclérose qui l’affecte dans ses facultés mentales et marque sa déchéance physique. Quand il le peut, il répète : « Je n’avais jamais eu d’humiliation dans ma vie, il m’en fallait une. » Lors de sa dernière visite au Carmel, il dit à ses filles : « Au revoir, au Ciel ! » Il meurt le 29 juillet 1894. Louis et Zélie ont été béatifiés en 2008.

LOUIS-MARIE GRIGNION DE MONTFORT
(1673-1716) CONFESSEUR – MR 28 avril*. Né à Montfort-sur-Meu (en Ille-et-Vilaine), il est ordonné prêtre en 1700 et nommé aumônier de l’hôpital de Poitiers, puis il fonde en 1703, avec Marie-Louise Trichet, les Filles de la Sagesse, une congrégation féminine à l’origine purement hospitalière, qui étend très vite son activité à l’enseignement des enfants pauvres. De son côté, Louis-Marie commence une prédication itinérante dans l’Ouest de la France qui, à la faveur de méthodes peu classiques (et peu appréciées, des jansénistes comme des libertins), s’avère fort efficace. Mais Louis-Marie est conscient de la fragilité de ces résultats.
Il décide donc, en 1705, de réunir au sein d’une Compagnie de Marie des prêtres et des catéchistes dûment formés. Après sa mort, ce petit noyau se développe simultanément dans deux directions : la Compagnie de Marie, congrégation religieuse de prêtres (pères montfortains) et la congrégation enseignante des Frères du Saint-Esprit (devenus Frères de l’Instruction chrétienne de Saint-Gabriel au XIX e siècle). Louis-Marie, qui meurt à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée) où il a établi le foyer de ses activités, laisse un grand nombre de cantiques populaires (souvent composés sur des airs profanes) et un Traité de la vraie dévotion à la Vierge.
32 autres saints et bienheureux portent le nom de Louis, dont Louis d’Anjou (1274-1297 – Fête loc. 19 août), petit-neveu de saint Louis et évêque de Toulouse.

LOUIS WIAUX, voir Mutien-Marie Wiaux


Bienheureux LOUIS-ZÉPHYRIN MOREAU
(1824-1901) ÉVÊQUE – MR 24 mai. Canadien, évêque de Saint-Hyacinthe, il multiplie les initiatives apostoliques dans les paroisses et en faveur des malades, ainsi que pour la formation des futurs prêtres.

LOUISE DE MARILLAC
(1591-1660) VEUVE – MR 15 mars. Louise appartient à une famille de la noblesse. Toute sa vie se déroule à Paris. Mariée en 1613 à Antoine Le Gras, dont elle a un fils, elle devient veuve en 1625. Elle est depuis un an sous la direction spirituelle de saint Vincent de Paul lorsque celui-ci l’incite à participer à l’activité des « charités » de dames qu’il a fondées. Elle en devient l’animatrice après l’entrée de son fils au séminaire. Bientôt Vincent de Paul lui demande de rassembler des jeunes filles de milieux plus modestes, plus proches du monde des pauvres, pour contribuer au service de ces derniers. En 1633 elle fonde la compagnie des Filles de la Charité (dite plus tard Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul), qui « ont pour tout monastère une maison de malade, pour cellule une chambre de louage, pour cloître les rues de la ville ou les salles des hôpitaux ». Vincent et Louise de Marillac réussissent ce que François de Sales et Jeanne de Chantal avaient dû renoncer à réaliser : un ordre féminin qui ne soit pas cloîtré, afin de se vouer au service des plus démunis. Le nouvel ordre, dont les religieuses portent tout simplement l’habit des paysannes pauvres de l’époque, s’étend rapidement. Il est aujourd’hui le plus important au monde. Le corps de Louise de Marillac repose à Paris dans la chapelle de l’actuelle maison mère des Filles de la Charité, 140 rue du Bac.

Bienheureuse LOUISE DE SAVOIE
(† 1503) VEUVE – MR 24 juillet. Fille du bienheureux Amédée IX, duc de Savoie, elle épouse en 1479, pour plaire à ses parents, Hugues de Châlons et mène à son foyer une vie de prière. Veuve sans enfants à 27 ans, elle entre chez les clarisses d’Orbe (Suisse). Ses restes sont transférés en 1842 dans la chapelle du palais royal de Turin.
Deux autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Louise. Beaucoup de Louise ont pour patron un des saints Louis.
Dérivé : Louisette.

Bienheureuse LOUISE-THÉRÈSE DE MONTAIGNAC DE CHAUVANCE
(1820-1885) FONDATRICE – Fête le 27 juin. Française, née au Havre, elle crée à Montluçon l’Institut des oblates du Cœur de Jésus.

LOUP ou LEU
(v. 383-v. 478) ÉVÊQUE – MR 29 juillet. Né à Toul d’une famille noble, il épouse une sœur du futur saint Hilaire (évêque d’Arles). Au bout de six ans, les deux époux se séparent d’un commun accord. Loup rejoint alors, aux îles de Lérins, le petit groupe d’ermites qui se constituent autour d’Honorat. Comme beaucoup d’autres moines de Lérins, Loup est appelé quelques années plus tard à l’épiscopat : en 426, il est élu évêque de Troyes. Il acquiert sa célébrité au moment où Attila, roi des Huns, menace la cité. Ainsi que tant d’autres évêques au moment des invasions barbares, alors que la puissance romaine se révèle en pleine déliquescence, c’est lui qui prend en mains la protection de la population.
S’offrant en otage, il obtient d’Attila qu’il épargne la ville. En le libérant, le roi des Huns se recommande à ses prières.
13 autres saints portent le nom de Loup ou Leu, dont un évêque de Sens († 623 – Fête loc. 1 er septembre).

LUBIN
(† 557) ÉVÊQUE – MR 14 mars. D’après un récit dont l’authenticité est difficilement vérifiable, il serait né en Poitou et entré très jeune dans un monastère, puis aurait été abbé du monastère de Brou (Eure-et-Loir), prêtre et évêque de Chartres. Très célèbre en pays chartrain, il y a donné son nom à plusieurs communes.

LUC
( I er siècle) ÉVANGÉLISTE – MR 18 octobre***. Ce médecin naît à Antioche (dans l’actuelle Turquie), qui est alors la troisième ville de l’empire romain par l’importance. Ayant rencontré Paul, il se convertit et l’accompagne dans ses voyages missionnaires. Il est ainsi un précieux témoin des débuts de l’Église. La tradition lui attribue en effet le troisième Évangile (paru vers 60) et les Actes des apôtres (parus vers 65). Mais c’est par les Épîtres de Paul que l’on connaît son nom. Les deux œuvres de Luc se complètent : le troisième Évangile présente la vie de Jésus, de l’enfance au calvaire, à la résurrection puis à l’ascension, comme la révélation progressive du sauveur universel et l’accomplissement de sa mission de salut. Les Actes des apôtres évoquent l’action de l’Esprit Saint envoyé par le Christ après son retour auprès du Père. On y voit l’Évangile se diffuser à partir de Jérusalem et l’Église s’ouvrir à tous, aux païens comme aux juifs. Luc étant celui des évangélistes qui a accordé le plus de place à l’enfance de Jésus et à la Vierge, on suppose qu’il a connu personnellement celle-ci. La légende lui attribue même un portrait de Marie. C’est pourquoi, en même temps que celui des médecins, Luc est devenu le patron des peintres. En fait, il est vrai que c’est à travers l’ Évangile selon saint Luc que l’on connaît le mieux la personnalité et le visage de la Vierge Marie.
Neuf autres saints ou bienheureux portent le nom de Luc.
Dérivé : Lucas .

Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité son peuple, accompli sa libération, et nous a suscité une force de salut dans la famille de David, son serviteur.
C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois : un salut qui nous libère de nos ennemis et des mains de tous ceux qui nous haïssent.
Il a montré sa bonté envers nos pères et s’est rappelé son alliance sainte, le serment qu’il a fait à Abraham notre père : il nous accorderait après nous avoir arraché aux mains des ennemis, de lui rendre sans crainte notre culte dans la piété et la justice sous son regard, tout au long de nos jours.
Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras par-devant sous le regard du Seigneur, pour préparer ses routes, pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon des péchés.
C’est l’effet de la bonté profonde de notre Dieu : grâce à elle nous a visités l’astre levant venu d’en haut.
Il est apparu à ceux qui se trouvent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas sur la route de la paix.
Cantique de Zacharie ou Benedictus (Lc 1, 68-79).


LUCAS, voir Luc


LUCIE ou LUCE
(† 305) VIERGE et MARTYRE – MR 13 décembre**. On ne sait presque rien d’elle, sinon qu’elle fut martyrisée à Syracuse et que son culte était répandu dès le V e siècle, surtout en Sicile. Des fouilles dans les catacombes sous l’église Sainte-Lucie entre 1916 et 1919 ont révélé ce qui pourrait être le tombeau de la martyre. Son nom, dérivant de lux (lumière), lui a valu d’être invoquée pour les maux d’yeux. La légende veut qu’on lui ait arraché les yeux lors de son martyre. La Sainte-Lucie est la fête de la lumière dans les pays scandinaves.
18 autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Lucie ou Luce.
Dérivés : Luce, Lucette , Aurore .

LUCIEN
(† v. 290) MARTYR – MR 8 janvier. Prêtre de Rome, il vient en Gaule prêcher l’Évangile et exerce son apostolat dans le Beauvaisis. Sous le règne de Dioclétien, il est emprisonné, mais ni les promesses ni les menaces ne le font apostasier. Il est décapité à Montmille, à quelque distance de Beauvais. Il est le patron du diocèse de Beauvais.
Sept autres saints portent le nom de Lucien, dont Lucien d’Antioche († 312 – Fête loc. 7 janvier), martyr, traducteur en grec de livres de l’Écriture sainte.
Dérivé : Lucienne .

LUCRÈCE
(† 859) VIERGE et MARTYRE – MR 15 mars. Convertie de l’islam à Jésus-Christ, elle est arrêtée et décapitée à Cordoue en même temps que l’évêque saint Euloge qui l’avait protégée.

LUDGER
(v. 743-809) ÉVÊQUE – MR 26 mars. Né près d’Utrecht (actuels Pays-Bas), élève d’Alcuin et moine bénédictin au Mont-Cassin (Italie), il est envoyé par Charlemagne évangéliser la Frise orientale. Il étend bientôt son action sur une partie de la Saxe puis de la Westphalie et fonde plusieurs monastères, dont celui de Münster (en allemand, monastère) qui sera le noyau de la ville de ce nom. Il en est le premier évêque (802).

LUDMILLA
(† 921) MARTYRE – MR 16 septembre. Duchesse de Bohême, elle est chargée de l’éducation du prince saint Wenceslas.
Elle meurt étranglée, victime des membres de sa famille restés païens.

LUDOVIC, voir Louis


Bienheureux LUIGI BELTRAME QUATTROCCHI
(1880-1951) LAÏC – Fête le 9 novembre. Avocat italien, haut fonctionnaire de l’État, époux et père de famille ; dans toutes ces situations, il vit l’Évangile.

LUIGI ORIONE
(† 1940) PRÊTRE – Fête le 12 mars. Il est le fondateur de la Petite Œuvre de la divine Providence, des Petites Sœurs missionnaires de la charité, des Sacramentines aveugles et des Ermites de Saint-Albert. Il est canonisé le 16 mai 2004.

LUMIER
(† 626) ÉVÊQUE – Fête loc. 3 octobre. Évêque de Châlons-en-Champagne, il est célèbre pour son amour des oiseaux qui venaient l’écouter et chanter pour lui.

LUNAIRE
(† 570) ABBÉ – MR 1 er juillet. Originaire du pays de Galles, il émigre en Bretagne armoricaine lors des invasions anglo-saxonnes. Il fonde un monastère près de Saint-Malo et devient évêque régionnaire itinérant. Ses reliques sont portées à Paris dans l’ancienne église Saint-Magloire, sur l’île de la Cité.

LUPICIN
(† 480) ABBÉ – MR 21 mars. Abbé du monastère de Laucaune dans le Jura français, il est le frère de saint Romain , fêté le 28 février au MR.

LUTGARDE
(1182-1246) VIERGE – MR 16 juin. Née à Tongres (Belgique), elle mène une vie toute mondaine lorsque le Christ lui apparaît, lui montrant ses plaies et l’invitant à se consacrer entièrement à lui.
Retirée chez les cisterciennes d’Aywières, près de Namur, elle se dit favorisée de multiples grâces qui la font considérer comme une des grandes mystiques de son siècle.

LYDIE
( I er siècle) DISCIPLE DE SAINT PAUL – MR 20 mai. Les Actes des apôtres (16, 14- 15) relatent la conversion par saint Paul de cette marchande de pourpre de la ville de Thyatire, près de Philippes en Grèce.
Elle est l’une des toutes premières chrétiennes de l’Europe.

LYÉ
(† 550) ABBÉ – MR 25 mai. Il fut abbé du monastère de Mentenay en Champagne.
M

MACAIRE D’ALEXANDRIE ou LE JEUNE
(† v. 408) ERMITE – MR 19 janvier. Né à Alexandrie, en Égypte, et d’abord commerçant en dragées, il se retire dans la solitude à 40 ans. Sa sainteté lui suscite de nombreux imitateurs et disciples. C’est l’époque des Pères du désert, dont l’histoire est parfois difficile à distinguer des pieuses légendes.
Huit autres ermites ou Pères du désert portent le nom de Macaire, dont Macaire l’Ancien ou l’Égyptien († 390).

MACLOU, voir Malo


MACRINE
(† 379) ABBESSE – MR 19 juillet. Petite-fille d’une autre sainte Macrine, fille de saint Basile et de sainte Emmelie, elle est la sœur de saint Basile le Grand et de saint Grégoire de Nysse. Elle fut abbesse d’un monastère en Cappadoce.

MADDY, voir Marie-Madeleine


MADELEINE-SOPHIE BARAT
(1779-1865) VIERGE – MR 25 mai. Née à Joigny (Yonne) où son père est tonnelier, Madeleine-Sophie révèle très vite ses remarquables qualités d’éducatrice. À 23 ans, sous la direction spirituelle du père Varin, elle fonde la Société du Sacré-Cœur de Jésus (Dames du Sacré-Cœur) destinée à l’éducation des jeunes filles du monde. Elle prend elle-même la direction du premier pensionnat, établi à Amiens en 1801. Le nombre de maisons s’accroissant rapidement (65 en 1850), elle devient supérieure générale de la société, dont elle établit la maison mère à Paris (dans l’hôtel Biron, actuel musée Rodin, près des Invalides).
20 autres saintes et bienheureuses portent le nom de Madeleine (voir aussi Marie-Madeleine).

MAËVA
Forme polynésienne de Bienvenue , bienheureuse fêtée le 30 octobre.

MAGALI, MAGGY, voir Marguerite, Marguerite-Marie


MAGLOIRE
(† 605) CONFESSEUR – MR 24 octobre. Originaire du pays de Galles, il aurait été le cousin de saint Malo et de saint Samson, avec lequel il serait arrivé en Armorique et auquel il aurait succédé comme évêque de Dol. En fait, on peut seulement affirmer qu’il a vécu en ermite à l’île de Sercq, l’une des îles anglo-normandes. En 965, l’évêque d’Aleth (actuel Saint-Malo) fait transporter ses reliques à Paris pour les protéger des invasions des Danois. Elles reposent sur l’île de la Cité où sera construite l’abbaye Saint-Magloire.

MAIEUL ou MAYEUL
(† 994) ABBÉ – MR 11 mai. Né en Avignon, il est le quatrième abbé de Cluny et l’un des réformateurs de la vie ecclésiastique monastique au X e siècle. Il refuse d’être pape et meurt à Souvigny en Bourgogne.

MAÏTÉ , contraction de Marie-Thérèse


MAIXENT
(† 605) ABBÉ – MR 26 juin. Né à Agde (Hérault), il s’initie à la vie religieuse au monastère de cette ville, avant de gagner une autre communauté dans le Poitou, dont il devient le supérieur. C’est autour de ce monastère, où se trouve son tombeau, que se développe la ville de Saint-Maixent (Deux-Sèvres).

MALACHIE O’MORE
(† 1148) ABBÉ – MR 3 novembre. Abbé d’Armagh en Irlande, il rejoint saint Bernard à Clairvaux et y meurt. Quelques siècles plus tard, on lui attribue à tort les prophéties de Malachie, dites « prophéties des papes ».

MALO ou MACLOU
(† v. 640) ÉVÊQUE – MR 15 novembre. Il est originaire du pays de Galles, où il aurait été moine. Déjà évêque, il aurait gagné la Bretagne lors des invasions anglaises où il aurait fondé un monastère à Aleth (future ville de Saint-Malo) et évangélisé la région. Il en est le premier évêque. Exilé pour des raisons inconnues, il se serait installé en Saintonge avec quelques-uns de ses moines et serait mort à Saintes. Pour protéger ses reliques des invasions danoises en Bretagne, on les transfère à Paris en 965. Plusieurs d’entre elles se trouvent dans l’église Saint-Maclou de Pontoise, ce qui en a fait l’un des patrons de ce diocèse.

MAMMERT ou MAMERT
(† 475) ÉVÊQUE – MR 11 mai. Évêque de Vienne (Isère), il institue les prières des Rogations (du latin rogatio , demande) pour solliciter la protection de Dieu contre les calamités de toutes sortes dont le pays est alors accablé (famines, tremblements de terre, pillages des barbares, invasions de loups…). Les Rogations, célébrations qui se déroulent durant les trois jours qui précèdent l’Ascension, sont étendues à l’ensemble de l’Église au VIII e siècle par le pape Léon III en vue d’attirer sur les récoltes la bénédiction divine.

MAMMÈS
(† 273) MARTYR – MR 17 août. Ce berger pauvre, devenu chrétien, est martyrisé pendant la persécution d’Aurélien, à Césarée de Cappadoce. Saint Basile et saint Grégoire de Nazianze ont prononcé son panégyrique.

MANUEL, voir Emmanuel


MARC
( I er siècle) ÉVANGÉLISTE – MR 25 avril***. Le nom de Marc est en réalité le surnom grec d’un juif de Jérusalem appelé Jean. Les Actes des apôtres le montrent en relation avec les apôtres Pierre et Paul. Aux côtés de son cousin Barnabé , il accompagne Paul au cours de son premier voyage missionnaire mais, pour une raison inconnue, l’abandonne en cours de route pour rentrer à Jérusalem. Paul refuse alors de le prendre avec lui pour son second voyage (50), provoquant ainsi l’irritation de Barnabé qui abandonne Paul à son tour. Plus tard (60-62), on retrouve Marc à Rome, aux côtés de Pierre qui le présente dans sa première Épître comme « son fils ». C’est après le martyre de Pierre que Marc écrit son Évangile (le deuxième synoptique, le plus court et le plus ancien : entre 64 et 70). Il l’écrit en disciple de Pierre et dépositaire de son témoignage. L’ouvrage est en même temps l’expression de la catéchèse d’une communauté. Il comporte peu de discours mais des récits concrets et vivants : c’est l’œuvre d’un historien.
Une tradition invérifiable fait de Marc le fondateur de l’Église d’Alexandrie, en Égypte, où il serait mort martyr. Les chrétiens d’Égypte se considèrent en tout cas comme ses descendants spirituels. Le corps de Marc aurait été transporté à Venise en 815. C’est ainsi que cette ville s’est mise sous son patronage et a adopté pour emblème le lion, symbole de saint Marc. En 1968, ses reliques sont remises au patriarche copte d’Égypte et elles reposent dans la cathédrale du Caire. Saint Marc est le patron des vitriers et des notaires.
Plus de 30 autres saints ou bienheureux portent le nom de Marc.

MARCEAU, voir Marcel


MARCEL
(† 298) MARTYR – MR 30 octobre. Centurion romain en Espagne, il refuse de sacrifier aux idoles et déclare à haute voix qu’il est soldat de Jésus-Christ. Il meurt décapité.
Dérivé : Marceau .

Bienheureux MARCEL CALLO
(1921-1945) MARTYR – MR 19 mars. Membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), en Bretagne, il est fiancé à une jeune fille qui appartient au mouvement. Réquisitionné en 1943 par l’occupant allemand pour le Service du Travail Obligatoire, il lui faut partir pour l’Allemagne. Il décide de s’y comporter « en missionnaire, pour aider ses frères jocistes ». Souffrant du froid, mal nourri, il doit travailler de longues heures dans une usine. Ses nerfs sont mis à rude épreuve. Pour surmonter son désarroi, il cherche sa force dans sa foi au Christ. C’est alors qu’il rencontre un groupe de jocistes allemands et leur aumônier, un prêtre capable s’exprimer en français. Marcel entraîne avec lui des camarades français qui ne sont guère familiers de l’Église. Un groupe chaleureux se forme ainsi autour de lui, ce qui attire aussitôt l’attention de la Gestapo qui n’aime guère cette « action catholique ». Arrêté, il est déporté à Mathausen. Battu, soumis à la soif et à la faim, il doit travailler tout le jour dans une usine souterraine. Dans ce qui pourrait être le désespoir, sa foi ne cesse de grandir en espérance et en charité. Il la partage avec d’autres prisonniers. Bientôt, à bout de forces, il est envoyé à l’infirmerie, à deux pas du four crématoire. Là, il continue de soutenir ses compagnons de misère, jusqu’au bout, alors que lui-même se meurt de malnutrition, de tuberculose et de dysenterie.
18 autres saints portent le nom de Marcel, dont le pape Marcel I er († 309) et un évêque de Paris ( IV e siècle).

MARCELLE
(† v. 410) VEUVE – MR 31 janvier. D’une illustre famille romaine, veuve peu après son mariage, elle met sa grande fortune au service des pauvres et, sous la direction de saint Jérôme, constitue une communauté de dames de la société romaine, vouée à la charité, à la prière et à l’étude de l’Écriture sainte.
Deux autres saintes portent le nom de Marcelle.
Beaucoup de Marcelle ont pour patron saint Marcel.

MARCELLIN
(† 413) MARTYR – MR 6 avril. Tribun romain, il est envoyé en Afrique du Nord par l’empereur d’Occident, Honorius, pour mettre fin au schisme donatiste. Marcellin réunit un colloque contradictoire à Carthage en 411 et conclut à l’interdiction des assemblées donatistes. Sur ces entrefaites, un soulèvement local contre Rome provoque une répression qui, parmi d’autres victimes innocentes, frappe Marcellin.
Il est exécuté malgré l’intervention de son ami, saint Augustin.

MARCELLIN
(296-309) PAPE – MR 16 janvier. Son attitude face à la persécution de Dioclétien est controversée par certains historiens.

MARCELLIN et PIERRE
(† 304) MARTYRS – MR 2 juin*. Il s’agit d’un prêtre et d’un exorciste, décapités à Rome sous Dioclétien.

MARCELLIN CHAMPAGNAT
(1789-1840) PRÊTRE – MR 6 juin. Né à Marlhes (Loire) dans une famille de meuniers et ordonné prêtre en 1816, il découvre dans sa paroisse de La Valla, près de Saint-Chamond, l’ignorance religieuse de la jeunesse dans cette période qui suit de peu la Révolution française. Il fonde alors l’Institut enseignant des Petits Frères de Marie, dits Frères maristes des Écoles (Frères maristes), qui, devant d’immenses besoins, connaît un rapide essor. Il est canonisé le 18 avril 1999.
Neuf autres saints portent le nom de Marcellin.

MARCELLINE
( IV e siècle) VIERGE – MR 17 juillet. Sœur de saint Ambroise , le grand évêque de Milan, elle reçoit en 353, de la main du pape Libère, le voile des vierges consacrées et mène jusqu’à sa mort une vie de prière, d’étude et de pénitence.

MARCIEN
(† 488) RELIGIEUX – MR 20 avril. Il fut frère laïc à l’abbaye Saint-Côme-et-Saint-Damien à Auxerre.

MARCIEN
(† 485) ABBÉ – Fête 25 août. Né à Saignon, dans le Vaucluse, il est le fondateur du monastère Saint-Eusèbe à Apt.

MARCOUF ou MARCOUL
(† 558) ABBÉ – MR 1 er mai. Né à Bayeux en Normandie, ordonné prêtre, il évangélise le Cotentin et les îles de la Manche. Son disciple, Hélier , s’établit comme ermite à Jersey.

MARGUERITE ou MARINE
(Dates indéterminées) MARTYRE – MR 20 juillet. La vie de cette sainte très populaire n’est connue que par sa légende. Fille d’un prêtre païen d’Antioche de Pisidie (au sud de l’actuelle Turquie), cette jeune convertie d’une grande beauté refuse la main du préfet Olybrius en se proclamant chrétienne et meurt dans d’horribles supplices. Sa légende s’enrichit, plus tard, de l’intervention de dragons incarnant Satan, dont elle est victorieuse. Elle est invoquée par les femmes en couches. Elle est toujours honorée en Orient.

MARGUERITE BOURGEOYS
(1620-1700) RELIGIEUSE – MR 12 janvier (Canada**). Née à Troyes et entrée chez les Filles de Notre-Dame, elle est conquise par les projets de Paul de Maisonneuve, futur gouverneur de Montréal. Très vite, elle décide de partir pour la Nouvelle-France. La traversée dure trois mois. Le voilier est misérable et la peste éclate à bord, si bien que Marguerite devient infirmière.
En 1658, le sieur de Maisonneuve lui cède l’étable de pierres de la commune. Elle la nettoie pour en faire une école. Lors de ses voyages, elle se voit confier des jeunes filles destinées à fonder des familles pour le peuplement de la colonie. En 1659, elle ramène 32 « filles du Roi ». Elle ira en « quérir » d’autres à l’arrivée des navires de France.
Elle les accueille chez elle, les prépare à la vie qui les attend sur ce nouveau territoire, les garde jusqu’à leur mariage. On trouve sa signature au bas de certains contrats de mariage de cette époque, conclus « au parloir de la congrégation ».
Elle achète une autre maison, en 1663, afin de loger ces femmes. Elle fonde les Sœurs de la congrégation de Notre-Dame de Montréal, qui sont à l’origine de la première école de filles du Canada. Elle envoie des sœurs dans la montagne pour enseigner aux enfants amérindiens à la mission fondée par les Sulpiciens.
Surnommée « la mère de la colonie », elle joue en effet un rôle important de promotion sociale dans les premières années du Canada français. Après avoir offert sa vie pour sauver une sœur plus jeune, elle meurt le 12 janvier 1700. Elle est canonisée le 31 octobre 1982.

MARGUERITE D’ÉCOSSE
(1045-1093) REINE – MR 16 novembre. Fille du prince anglais Édouard, elle naît en Hongrie durant l’exil de ses parents. Revenus dans leur pays, ils en sont à nouveau chassés par la conquête normande (1066) et se retirent en Écosse. En 1070, Marguerite y épouse le roi Malcolm III. Elle exerce une heureuse influence sur lui comme sur l’ensemble de son pays encore très fruste et favorise l’introduction de la réforme clunisienne dans l’Église d’Écosse.
Dérivés : Daisy , Peggy , Magali, Maggy .

MARGUERITE-MARIE ALACOQUE
(1647-1690) VIERGE – MR 16 octobre*. Née à Verosvres (Saône-et-Loire), elle entre en 1671 au couvent de la Visitation de Paray-le-Monial. Deux ans plus tard, en 1673, le Christ se montre une première fois à elle, déplorant l’indifférence des hommes à son égard et lui confiant la mission de répandre la dévotion à son cœur qui « a tant aimé les hommes », mission confirmée par d’autres révélations. Cette dévotion avait vu le jour dès le XIII e siècle. Au cours du XVII e siècle, avant même les révélations à Marguerite-Marie, saint Jean Eudes s’était fait l’initiateur d’un culte liturgique des cœurs de Jésus et Marie. Après avoir fait célébrer une messe en l’honneur du Saint Cœur de Marie pour la première fois à Autun en 1648, il célébra la première messe en l’honneur du divin Cœur de Jésus en 1672.
L’impulsion nouvelle que Marguerite-Marie donne à ce culte contribue à neutraliser l’influence desséchante du jansénisme, qui imprègne alors les esprits et suscite un vif renouveau spirituel dans toute l’Église. Confortée dans sa mission par son directeur spirituel, le jésuite Claude de la Colombière, Marguerite-Marie ne rencontre que réprobation de la part des religieuses, qui la prennent pour une exaltée.
Peu à peu cependant, son ardente spiritualité inspirée par l’amour du Cœur du Christ finit par gagner la communauté. En 1686, on y célèbre pour la première fois la fête du Cœur de Jésus. Ce culte liturgique se répand peu à peu dans toute l’Église, encouragé par le pape Clément IX (1856), avant d’aboutir à l’institution d’une fête du Sacré-Cœur de Jésus (vendredi de la 3 e semaine après la Pentecôte) par Léon XIII en 1899 et à l’encouragement à la communion le premier vendredi de chaque mois.
La chapelle de la Visitation à Paray-le-Monial, où Marguerite-Marie a reçu ses révélations et où se trouve sa châsse, est devenue l’objet d’importants pèlerinages dont les grandes célébrations se déroulent dans la belle et ancienne église clunisienne de la ville, élevée au rang de basilique au XIX e siècle.
19 autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Marguerite, dont Marguerite de Cortone (1247-1297 – MR 22 février) qui, après une vie débauchée, se convertit et mena une existence d’une incroyable austérité.

Bienheureuse MARIA CORSINI
(1884-1965) LAÏQUE – Fête le 9 novembre. Épouse de Luigi Beltrame Quattrocchi, tertiaire franciscaine et mère de famille, elle se ressource dans une vie spirituelle intense et le service des malades.

MARIANNE , voir aussi Marie et Anne
(† 1794) MARTYRE – MR 9 juillet. Ursuline, elle est guillotinée sous la Terreur.

Bienheureux MARIANO DE JÉSUS EUSE HOYOS
(1845-1926) PRÊTRE – Fête le 13 juillet. Colombien, il est curé d’une petite paroisse pendant 54 ans, proche des paysans par sa pauvreté, sa douceur et sa compréhension. Il est le premier bienheureux né et mort en Colombie.

MARIE
( I er siècle) MÈRE DE JÉSUS – MR 1 er janvier****, fête de l’Assomption le 15 août****. La personne de Marie est évoquée dans les Évangiles à propos de la naissance et de la jeunesse de Jésus, de son début dans la vie publique, puis de sa mort. Par ce qui est ainsi dit d’elle, on peut saisir le rôle privilégié qui lui revient dans l’œuvre de la Rédemption accomplie par son fils.
Ce rôle est mis en lumière dès l’annonce de la venue de Jésus au monde (Annonciation ) : jeune fille vierge, fiancée à un artisan de Nazareth, Joseph, elle apprend de l’ange Gabriel que, sous l’action de l’Esprit de Dieu, elle sera mère d’un enfant qu’on appellera « Fils du Très-Haut », qui « recevra le trône de David son père », et dont « le règne n’aura pas de fin ». Pour des oreilles juives, c’est l’annonce du Messie tant attendu. Marie apparaît dans toute la simplicité de sa foi et sa disponibilité vis-à-vis de Dieu en répondant : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole » ( Fiat ).
Marie, enceinte, va alors rendre visite (Visitation ) à sa cousine Élisabeth, elle-même enceinte de six mois de Jean-Baptiste. Elle laisse éclater sa joie et sa gratitude envers Dieu dans le chant du Magnificat .
La naissance de Jésus survient alors que Marie et Joseph sont à Bethléem, berceau de la lignée de David à laquelle appartient Joseph, pour un recensement prescrit par l’occupant romain. Sans lieu d’accueil, ils se réfugient dans une étable où Marie met son enfant au monde . Suivent alors les épisodes de la venue des mages orientaux, de la fuite en Égypte pour échapper à la fureur du roi Hérode le Grand, et du retour à Nazareth après sa mort.
Quelques années plus tard, alors que Jésus a 12 ans, il accompagne Marie et Joseph à Jérusalem pour la grande fête de la Pâque. Il les abandonne pour aller s’entretenir, à leur insu, avec les docteurs de la Loi au Temple, si bien que ses parents le cherchent trois jours durant. Quand ils l’interrogent sur son comportement, Jésus répond : « N’avez-vous pas compris que je me dois aux affaires de mon Père ! »
Près de 20 ans se passent avant qu’on revoie Marie, cette fois encore aux côtés de Jésus : c’est aux noces de Cana où, à la demande de sa mère, il accomplit son premier miracle, début de sa vie publique.
Puis c’est à nouveau le silence sur Marie jusqu’à la scène du Calvaire, deux ou trois ans plus tard, à laquelle elle assiste. C’est là que Jésus la confie à son disciple le plus proche, Jean : « Voici ta mère », « Femme, voici ton fils ». Elle apparaît une dernière fois lorsque les Actes des apôtres signalent sa présence aux réunions de prière du groupe des apôtres, ce qui laisse à penser qu’elle se trouvait parmi eux (« ils se trouvaient tous ensemble ») lors de l’événement de la Pentecôte.
On ignore ce qu’a pu être le reste de sa vie ; une tradition plausible mais invérifiable la fait venir à Éphèse (dans l’actuelle Turquie) avec Jean. On y vénère les restes de la maison où elle serait morte.
Dès le II e siècle, les auteurs chrétiens soulignent le rôle qu’elle a tenu, par sa libre acceptation, dans l’œuvre de rédemption accomplie par son fils. En 431, le concile d’Éphèse la proclame Theotokos , Mère de Dieu. Peu à peu l’idée s’impose que, pour être cette Mère de Dieu, il a fallu qu’elle échappe à la souillure du péché (Immaculée Conception ) ; dès lors, elle a pu être glorifiée dans son âme et dans son corps à la fin de sa vie terrestre, sans avoir à attendre la résurrection générale (Dormition de la Vierge , célébrée en Orient dès le VI e siècle, et à partir de là en Occident sous le nom d’Assomption ).
Le culte de la Vierge a de fait pris naissance très tôt. Il est à l’origine des innombrables sanctuaires élevés en son honneur à travers le monde, des nombreuses fêtes liturgiques qui la célèbrent et d’une spiritualité mariale aux multiples formes, adaptée aux esprits les plus simples comme aux plus grands mystiques et théologiens.
Les fêtes liturgiques de la Vierge sont les suivantes : sainte Marie Mère de Dieu (1 er janvier****), Présentation de Jésus au Temple (la Chandeleur, 2 février****), Annonciation (25 mars***), Visitation (31 mai***), Cœur Immaculé de Marie (samedi de la 3 e semaine après la Pentecôte*), Assomption de la Vierge Marie (15 août****), Nativité de Marie (8 septembre***), Marie Reine des Douleurs (15 septembre**), Notre-Dame du Rosaire (7 octobre **), Présentation de Marie au Temple (21 novembre**), Immaculée Conception (8 décembre****).
En outre, des messes en l’honneur de la Vierge peuvent être célébrées tous les samedis autres que ceux tombant un jour de solennité, de fête ou de commémoration obligatoire.
Dérivés : Marielle, Marilyne, Marion, Marjolaine, Marlène, Marylise, Maryse , Mireille , Muriel , Myriam .

Bienheureuse MARIE DELUIL MARTINY
(1841-1884) RELIGIEUSE – Fête le 27 février. Française originaire de Marseille, elle fonde, en 1873, la congrégation des Filles du Cœur de Jésus, consacrées à l’adoration perpétuelle de l’Eucharistie. Elle est assassinée en haine de la religion par le jardinier du couvent.

Bienheureuse MARIE DROSTE ZU VISCHERING
(1863-1899) RELIGIEUSE – MR 9 juin. Son enfance s’est écoulée au château de Darfeld en Westphalie au sein d’une famille très pieuse. Toute jeune, elle aspire à la vie religieuse. Elle fait son éducation dans un collège autrichien tenu par les Filles du Sacré-Cœur de sainte Madeleine-Sophie Barat, qui lui confirment sa vocation. En 1886, ne pouvant entrer au couvent, elle transforme sa chambre en cellule religieuse, et partage son temps entre la prière, la lecture, le travail pour les pauvres et les églises, la visite et les soins aux malades. Enfin, en novembre 1888, elle est admise au couvent de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur de Münster, congrégation fondée par mère Marie de Sainte-Euphrasie Pelletier. Nommée au couvent de Lisbonne en 1894, elle fait étape à Paris et se recueille à la basilique Montmartre. Mais bientôt, la maladie la cloue au lit où elle vit de grandes souffrances, s’offrant « comme victime d’amour, de souffrance, de sacrifice et d’anéantissement de [s]on être ». Répondant à la demande réitérée du Seigneur, elle écrit à deux reprises à Léon XIII, en 1898 et 1899, pour que le genre humain tout entier soit consacré au Sacré-Cœur. Léon XIII accède à sa demande le 25 mars 1899, projetant la consécration solennelle du monde entier au Sacré-Cœur pour le 11 juin suivant. Le jeudi 8 juin à trois heures du soir, ayant ainsi terminé sa mission, Marie du Divin-Cœur s’éteint dans d’ultimes souffrances, au moment même où commencent les premières vêpres de la fête du Sacré-Cœur. Elle est béatifiée le 1 er novembre 1975.

MARIE, ou MARIA, GORETTI
VIERGE ET MARTYRE – MR 6 juillet*. Aînée d’une nombreuse, pauvre et pieuse famille des Marais Pontins, en Italie, elle assure les soins du ménage alors que sa mère, veuve, travaille aux champs. Ayant repoussé les avances pressantes d’un voisin âgé de 18 ans, celui-ci la tue à coups de poinçon. Pie XII la canonise en 1950, et son meurtrier, converti, assiste à la cérémonie. Elle est la première martyre qui ait eu son bourreau comme témoin de sa canonisation (en 1985, la béatification de sœur Marie-Clémentine Anuarite s’est également faite en présence de son assassin). La canonisation de Marie Goretti est la première qui ait concerné une personne du XX e siècle.

Bienheureuse MARIE POUSSEPIN
(1653-1744) RELIGIEUSE – MR 24 janvier. Native de Dourdan au sud de Paris, Marie Poussepin est la première à avoir introduit le métier à tisser dans l’industrie de la laine. Son père s’endette outre mesure pour faire face à ses charges. En 1679, on le menace de saisir ses biens et il s’enfuit en laissant sa fille et son fils en faillite avec 2 625 livres de dettes. Marie fait lever la saisie et examine calmement la situation. Comme les laines un peu rudes de la Beauce, du Berry et de Sologne sont fort prisées, elle achète quatre métiers à tisser à crédit. En 1685, l’atelier Poussepin est le seul en France à faire des bas avec un métier. En quatre ans, elle rembourse les dettes et fait fortune. Son jeune frère reprend les affaires de sa sœur, se marie et élève 14 enfants. Marie, qui lui a laissé 2 400 livres de dot, se retire pour se préoccuper d’œuvres de charité.
Elle se dévoue, vit modestement, sert de garde-malade et décide d’entrer dans les ordres, chez les dominicaines, comme tertiaire. En 1696 elle fonde à Sainville-en-Beauce une communauté du tiers ordre de saint Dominique pour l’instruction des filles et le service des pauvres malades, les Sœurs de charité dominicaines de la Présentation. Elle y recueille des orphelines « sans aveu et sans secours », ouvre une école de filles ignorantes auxquelles elle apprend un métier, le tricot, ce qui semble parfaitement incongru aux notables de l’endroit. Marie refuse les dons, les sœurs vivent chichement du travail de leurs bas de soie, la Providence supplée au reste. Mais elle se sent vite à l’étroit. Et c’est ainsi qu’en 1725, à 72 ans, elle est à la tête de 20 établissements. Elle place l’exercice de la charité au centre de la vie religieuse. Les sœurs agissent gratuitement au service des pauvres et doivent par ailleurs gagner leur vie. Le travail devenant un moyen de vivre la pauvreté religieuse, il est une véritable ascèse et un engagement fraternel pour atteindre les objectifs de la congrégation. Elle est béatifiée le 20 novembre 1994 par Jean-Paul II.

Bienheureuse MARIE DE L’INCARNATION ou MADAME ACARIE
(1565-1618) RELIGIEUSE – MR 18 avril. Barbe-Jeanne Avrillot, née à Paris, épouse de Pierre Acarie (un des chefs de la Ligue pendant les guerres de Religion), promeut l’introduction en France du Carmel réformé, à Paris d’abord, puis à Pontoise, Amiens, Tours, Rouen. À la mort de son mari, elle entre au carmel d’Amiens. Épouse heureuse, mère comblée de six enfants, dont trois filles qui se feront carmélites, mystique qui exerce une grande influence, en relation notamment avec François de Sales et Vincent de Paul, elle termine sa vie dans la souffrance et l’humiliation comme sœur converse du carmel de Pontoise qu’elle a fondé.
Il ne faut pas la confondre avec une autre bienheureuse Marie de l’Incarnation (Marie Guyart).

Ô Dieu de mon cœur et vie de mon âme, souvenez-vous de vos créatures et faites-leur miséricorde…
Ô, ne permettez pas que ceux que vous avez faits à votre image et ressemblance, périssent éternellement.
Ô vie de mon âme, ô lumière de mes yeux, voyez, je vous prie, les misères, considérez les pauvretés de ce misérable siècle.
Ah ! Ces aveugles du monde et ces pauvres endurcis, convertissez-les, Seigneur, et ils se convertiront.
Touchez, touchez vivement les cœurs, ô mon amour Jésus, par votre prévenante grâce.
Frappez, mon Dieu, frappez à la porte de leur conscience, et faites-vous entendre…
Ah ! Ah ! Ah ! Seigneur très pitoyable, ne les abandonnez pas.
Ô Dieu des Cieux, Prince de tous les Rois de la terre, qui êtes partout sans être étendu, qui remplissez tout, ciel et terre par votre immensité, sans y être enfermé, outrepassant tout, qui savez tout, sans en être plus savant, qui ne pouvez être fui d’aucune de vos créatures, en aucune part du monde ni hors de lui : faites miséricorde à ceux qui sont bien loin de vous, et à ceux qui sont bien près.
Ainsi soit-il, mon bien-aimé, mon Seigneur, mon Dieu, tout mon Bien.
Marie de l’Incarnation


Bienheureuse MARIE DE L’INCARNATION
(1599-1672) RELIGIEUSE – MR 30 avril. Marie Guyart, née à Tours, fille d’un maître boulanger, épouse à 17 ans Claude-Joseph Martin. Jeune mère d’un fils à 19 ans, elle est veuve l’année suivante et devient par la force des choses comptable et « femme d’affaires » de l’entreprise de transports familiale. Mais à 32 ans, elle quitte tout pour entrer chez les ursulines de Tours. À travers des visions, elle découvre sa vocation missionnaire. Le 4 mai 1639, elle s’embarque à Dieppe pour le Canada, en compagnie de madame de la Peltrie et d’une jeune religieuse de 22 ans. Ce sera la première française missionnaire de la Nouvelle-France. Elle y fonde une communauté d’ursulines, en devient la supérieure et ne se laisse abattre par aucune difficulté (incendies, luttes avec les Iroquois, rivalités entre les divers ordres religieux et le gouvernement civil). Elle recueille et éduque les petites « sauvagesses » et, pendant 33 ans, traduit ou compose des catéchismes dans les diverses langues indiennes. Unissant toujours contemplation et action, elle est une grande mystique : Bossuet la surnomma « la Thérèse du Nouveau Monde » à cause de ses Lettres mystiques. Ses Lettres historiques sont également très précieuses pour l’histoire du Canada au XVII e siècle. On a dit qu’elle était la « mère de l’Église catholique au Canada ».

Bienheureuse MARIE DE LA PASSION
(1839-1904) RELIGIEUSE – MR 15 novembre. Hélène de Chappotin est née à Nantes. À 21 ans, attirée par saint François d’Assise, elle entre chez les clarisses où elle vit une expérience mystique décisive. Mais sa santé précaire ne lui permet pas d’y rester plus de quelques mois. En 1864, elle est admise chez les Sœurs de Marie réparatrice, sous le nom de Marie de la Passion. Dès l’année suivante, elle est envoyée en Inde, au Maduré, où elle reste onze ans. En 1876, à la suite de graves difficultés vécues dans cette mission, elle vient à Rome chercher un éclairage pour elle et pour ses sœurs restées en Inde. Le pape Pie IX approuve un nouvel institut fondé à travers ces épreuves et contradictions, les Franciscaines missionnaires de Marie. La rapidité de leur expansion à travers le monde est étonnante pour cette époque. Marie de la Passion rejoint la gloire de la résurrection le 15 novembre 1904. Elle est reconnue bienheureuse le 20 octobre 2002.

Bienheureuse MARIE DE LA PROVIDENCE
(1825-1871) VIERGE – MR 7 février. Née à Lille. Eugénie Smet est préoccupée dès sa jeunesse du sort des âmes du Purgatoire. En 1856, elle fonde à Paris la Société des auxiliatrices des âmes du Purgatoire (Sœurs auxiliatrices), au sein de laquelle elle prend le nom de Marie de la Providence. Cette congrégation, de spiritualité ignatienne, se consacre notamment à la catéchèse et au soin des malades. Très vite, elle commence à essaimer à travers le monde et, dès sa première année, elle est appelée en Chine.

MARIE DE SAINTE-EUPHRASIE PELLETIER
(1796-1868) VIERGE – MR 24 avril. Après deux siècles d’existence, l’ordre Notre-Dame de Charité, fondé par saint Jean Eudes pour libérer les femmes prostituées, ne comptait que sept maisons, toutes en France. Entrée dans l’une d’elles, Rose Virginie Pelletier, née à Noirmoutier, comprend rapidement qu’il faut fédérer ces maisons entre elles et donner à l’ordre un dynamisme nouveau. Autour du nouveau monastère à Angers, elle unit les 110 fondations qu’elle réalise à l’étranger, créant ainsi la congrégation Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur. Elle décide d’y accueillir d’anciennes prostituées voulant devenir religieuses, les « madeleines ». Cette initiative se répand bientôt, elle aussi, à travers le monde.

MARIE-CATHERINE DE SAINT-AUGUSTIN
(1632-1668) RELIGIEUSE – Fête le 12 avril. Religieuse augustine originaire de Normandie, toute dévouée aux malades, elle est l’apôtre du Canada.

Bienheureuse MARIE-CÉLINE DE LA PRÉSENTATION
(1878-1897) – MR 30 mai. Née en 1878, Jeanne Germaine Castang vit d’abord à Nojals (en Dordogne) puis à Bordeaux. À quatre ans et demi, elle reste trop longtemps dans l’eau froide d’une rivière et garde le pied déformé. Elle sera plus tard opérée mais devra vivre avec ce qui restera pour elle un handicap. Celui-ci sera longtemps un obstacle à son accueil dans une congrégation.
Aux épreuves physiques s’ajoutent les épreuves familiales. Son père étant incapable de rembourser ses dettes, la petite épicerie qu’il tient et la maison familiale sont saisies et toute la famille doit aller vivre dans une masure insalubre. Le froid, la faim, la maladie, la mort de frères et sœurs plus jeunes la frappent durement. Elle perd sa mère à 14 ans, puis son frère Louis. Elle s’occupe de son père au caractère fantasque et difficile et assiste à l’éclatement de la famille et à l’impossible réconciliation de ses frères avec leur père.
Depuis sa jeune enfance, Germaine désire devenir religieuse. Elle entre chez les clarisses de la communauté de l’Ave Maria à Talence, le 12 juin 1896, car la mère supérieure discerne chez elle, au-delà de son handicap, une âme exceptionnelle. Elle prend l’habit le 21 novembre sous le nom de sœur Marie-Céline de la Présentation. Malgré la tuberculose qui la mine, elle supporte patiemment les rigueurs de la vie des moniales contemplatives dans un amour toujours croissant de ses sœurs, de Dieu et de l’Église. Elle accueille avec humilité et discrétion les manifestations surnaturelles de l’amour de Dieu. Elle meurt le 30 mai 1897 de tuberculose pulmonaire, à l’âge de 19 ans. Elle est béatifiée le 16 septembre 2007 à Bordeaux.
Elle écrit, avant de mourir, à sa sœur : « Je meurs sans regrets, je te donne rendez-vous au ciel… Là-haut, je n’oublierai personne… »
L’Église reconnaît en elle une relation forte à Dieu. Elle se donne à lui et accueille, jour après jour, son amour par-delà toute souffrance. La prière est pour elle son temps d’intimité avec le Seigneur. Elle y puise sa force, son endurance dans l’amour et sa persévérance.

MARIE-EUGÉNIE DE JÉSUS
(1817-1898) RELIGIEUSE – MR 10 mars. Eugénie Milleret de Brou est née en 1817 à Metz où son père, Jacques Milleret, est à la fois banquier, receveur général des impôts et parlementaire. Elle est baptisée le 5 octobre suivant dans la chapelle de Preisch en Moselle où la famille possède une grande propriété. Elle fait sa première communion à l’église Sainte-Ségolène de Metz, le jour de Noël 1829, date marquante de sa vie avant que ne surviennent de dures épreuves familiales : séparation de ses parents après 1830, décès de sa mère, Éléonore-Eugénie, emportée par le choléra à Paris en 1832.
La prédication de carême du père Lacordaire à Notre-Dame en 1836 détermine chez la jeune fille une véritable conversion qu’approfondissent lectures, rencontres, visites. Dès 1838 elle fait la connaissance de l’abbé d’Alzon, fondateur des Pères de l’Assomption, les assomptionnistes, lequel va devenir en 1841 son directeur spirituel à vie. Leur amitié est une aide précieuse pour la naissance respective de leurs congrégations. En avril 1839, après un temps de formation chez les visitandines de La-Côte-Saint-André (Isère), mère Marie-Eugénie de Jésus commence, à 22 ans avec quelques compagnes l’expérience de la vie commune, rue Férou à Paris, dans un petit appartement loué. Entraînée par Lacordaire, elle fonde un institut enseignant pour l’éducation de la jeunesse, après la déchristianisation de la Révolution française. La congrégation des religieuses de l’Assomption s’ouvre à l’international du vivant même de mère Marie-Eugénie de Jésus qui coordonne 31 fondations. En 1849 sont ouvertes la communauté de Richmond dans le Yorkshire en Angleterre et celle du Cap, à plus de 800 km de la maison mère. Les années suivantes ne font qu’élargir l’appel missionnaire. Du vivant de la fondatrice, l’Assomption s’implante en Espagne (1865), en Nouvelle-Calédonie (1873), en Italie (1888), au Nicaragua et aux Philippines (1892), enfin au Salvador (1895), c’est-à-dire en fait sur les cinq continents.
Marie-Eugénie de Jésus connaît aussi le dépouillement : quatre ans avant sa mort (le 10 mars 1898), en septembre 1894, elle accepte d’être relevée de sa charge. Le 3 juin 2007, le pape Benoît XVI la canonise.

MARIE-FAUSTINE KOWALSKA
(1905-1938) RELIGIEUSE – MR 5 octobre. Religieuse et mystique polonaise des Sœurs de Marie de la Miséricorde, elle mène une humble vie de jardinière, portière ou cuisinière à Vilnius puis à Cracovie. Elle veut que l’on puisse contempler et vivre la miséricorde divine. À la suite d’une apparition, elle fait peindre une icône devenue célèbre du Christ miséricordieux. Jean-Paul II suit ses demandes et place le dimanche après Pâques sous le signe de la miséricorde divine. Elle est canonisée le 30 avril 2000.

Bienheureuse MARIE-LÉONIE PARADIS
(1840-1912) RELIGIEUSE – Fête le 3 mai. Fondatrice de la congrégation des Petites Sœurs de la sainte Famille, elle est la première béatifiée du Canada.

Bienheureuse MARIE-LOUISE DE JÉSUS TRICHET
(1684-1759) RELIGIEUSE – MR 28 avril. Elle est, avec saint Louis-Marie Grignion de Montfort, co-fondatrice de la congrégation des religieuses appelées Filles de la Sagesse. À 17 ans, elle rencontre pour la première fois Louis-Marie Grignion de Montfort qui vient d’être nommé aumônier de l’hôpital de Poitiers. Spontanément, elle offre ses services à l’hôpital et consacre une bonne partie de son temps aux pauvres et aux malades. Mais voilà que Louis-Marie de Montfort lui demande d’y « demeurer ». À cet appel, Marie-Louise répond par un oui total. À l’hôpital il n’y a pas de poste libre comme gouvernante. Qu’à cela ne tienne, Marie-Louise se fait admettre tout simplement comme « pauvre ». Elle a 19 ans. Pendant dix ans, elle s’acquitte le plus parfaitement possible de son humble service de soignante.
Quand Louis-Marie de Montfort quitte Poitiers, Marie-Louise se retrouve seule. En 1714, arrive sa première compagne, Catherine Brunet. Mais en 1716, Louis-Marie de Montfort meurt à l’âge de 43 ans. Pendant 43 ans, Marie-Louise de Jésus forme ses sœurs, conduit et développe les fondations qui se multiplient. Son programme de vie est tout simple : « Il faut bien que j’aime Dieu caché dans mon prochain. » Elle meurt à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée ) le 28 avril 1759. Le 16 mai 1993, elle est déclarée bienheureuse par Jean-Paul II.

MARIE-MADELEINE
( I er siècle) – MR 22 juillet**. On a longtemps confondu, dans la personne de Marie-Madeleine, trois femmes évoquées dans les Évangiles :
- la pécheresse anonyme qu’on voit verser du parfum sur les pieds de Jésus, puis les essuyer de ses cheveux (Lc 7, 37-50) ;
- Marie de Béthanie , sœur de Marthe et de Lazare, qui, elle aussi, parfume les pieds de Jésus et les essuie de ses cheveux (Jn 11, 1-2 ; 12, 3) ;
- Marie de Magdala (bourgade sur le lac de Tibériade), que Jésus délivre de sept démons (Lc 8, 2), et que l’on voit au pied de la croix lors de la mort de Jésus. Elle assiste à la mise au tombeau, revient sur place le surlendemain pour apporter de quoi embaumer le corps de Jésus, trouve le tombeau vide, puis, la première, voit le Christ ressuscité et va l’annoncer aux apôtres.
C’est cette dernière dont le Martyrologe fait mémoire. En raison de la confusion qui a été longtemps faite entre les trois personnages, Marie-Madeleine est à la fois la patronne des filles repenties, des parfumeurs et des gantiers.
C’est la même confusion que l’on retrouve dans les diverses traditions selon lesquelles Marie-Madeleine serait venue en Gaule. À partir du XI e siècle, on honore ainsi de prétendues reliques d’elle à Vézelay, origine d’un pèlerinage qui, sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, est très fréquenté. De même en Provence, à partir du XIII e siècle, des pèlerinages célèbres attirent les foules, d’une part aux Saintes-Maries-de-la-Mer, où Marie-Madeleine aurait débarqué avec son frère Lazare, plusieurs des saintes femmes et leur servante légendaire, Sarah, patronne des gitans ; d’autre part à la Sainte-Baume, où elle aurait vécu dans une grotte, et à Saint-Maximin, où son corps aurait d’abord reposé.
Dérivés : Maddy , Milène .

MARIE-MADELEINE DE PAZZI
(1566-1604) VIERGE – MR 25 mai. Née dans une grande famille florentine, elle prononce très tôt le vœu de virginité et, refusant le mariage ménagé par ses parents, entre chez les carmélites de Notre-Dame-des-Anges, où elle prend le nom de Marie-Madeleine. Elle y est successivement maîtresse des novices et prieure. Elle est affligée d’insupportables souffrances physiques et d’un sentiment de sécheresse spirituelle qui ressemble à ses yeux à une absence de foi et constitue une épreuve permanente. Elle est la patronne de la ville de Florence.

MARIE-MADELEINE POSTEL
(1758-1846) VIERGE – MR 16 juillet. Julie Postel, née dans une famille paysanne de Barfleur (Manche), ouvre dans cette ville un pensionnat qui donne un enseignement très novateur pour l’époque. Pendant la Révolution, elle supplée de son mieux à l’absence de prêtres. Dans la période qui suit, durant laquelle les enseignants pour les pauvres sont rares, elle fonde la congrégation des Pauvres Filles de la Miséricorde (qui deviendra celle des Sœurs des Écoles chrétiennes de la Miséricorde, avec une constitution semblable à celle des Frères des Écoles chrétiennes). Elle prend alors le nom de Marie-Madeleine. Lorsque le diplôme du brevet devient obligatoire pour enseigner, elle le passe : elle a 62 ans. Elle meurt à l’abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche) qu’elle a restaurée pour y établir la maison mère de sa congrégation. À sa mort, elle a déjà fondé 37 maisons.

MARIE-MARGUERITE D’YOUVILLE
(1701-1771) VEUVE – MR 16 octobre (au Canada**). Elle est, selon le pape Jean XXIII, « une de ces femmes admirables qui ont fait au Canada la force de la famille chrétienne, pépinière de vocations ». Elle a six enfants, dont deux prêtres. Veuve après neuf ans de mariage, elle se consacre à l’éducation de ses enfants, tout en accueillant chez elle malades et pauvres gens. Afin de donner plus d’ampleur à cette action caritative, elle fait appel à d’autres femmes, premier noyau de ce qui devient la congrégation des Sœurs de la Charité de Montréal, dites Sœurs grises. Marie-Marguerite dirige elle-même jusqu’à sa mort l’hôpital général de Montréal.

Bienheureuse MARIE-THÉRÈSE CHIRAMEL MANKIDIYAN
(1876-1926) RELIGIEUSE – Fête le 8 juin. Originaire du Kerala en Inde, fondatrice de la congrégation de la sainte Famille en Inde, elle veut ainsi servir les enfants des rues, mettant en œuvre une véritable théologie de la libération.

Bienheureuse MARIE-THÉRÈSE HAZE
(† 1876) RELIGIEUSE – MR 7 janvier. Religieuse belge, elle fonde en 1876 la congrégation des Filles de la Croix à Liège pour le service des infirmes et des pauvres.

Bienheureuse MARIE-THÉRÈSE DE SOUBIRAN
(1834-1889) VIERGE – MR 7 juin. Elle naît à Castelnaudary (Aude). Déjà mûre dans la vie chrétienne, elle fonde à 19 ans, à Toulouse, la congrégation des Sœurs de Marie auxiliatrice pour adorer le saint sacrement et annoncer l’Évangile aux jeunes filles. En 1867, elle est obligée de démissionner de la fonction de supérieure générale et est exclue de l’ordre. Elle meurt oubliée, à Paris, à l’institut Notre-Dame de charité, congrégation qui l’a recueillie.
Plus de 100 autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Marie.

MARIELLE, MARILYNE, voir Marie


MARIN
( IV e siècle) DIACRE – MR 3 septembre. Tailleur de pierre, originaire de Rimini (Italie), il se retire dans la montagne proche. Le monastère qui se constitue autour de son ermitage est à l’origine de la ville, puis de la république, de Saint-Marin.
Huit autres saints, la plupart martyrs des premiers siècles, portent le nom de Marin.
Dérivés : Marina, Marine .

MARINA, MARINE, voir Marguerite, Marin


MARION, voir Marie


MARIUS
( IV e siècle) MARTYR – MR 19 janvier. Né en Perse, il serait venu à Rome avec son épouse, sainte Marthe , et leurs enfants, où ils furent martyrisés.

MARJOLAINE, voir Marie


MARLÈNE, contraction de Marie-Hélène


MARON
(† 423) MOINE – MR 9 février. Moine au Liban, il est père de l’Église maronite. Il passe sa vie en ermite anachorète dans le nord du Liban, dans la région actuelle d’Homs. Il se construit une petite hutte à côté d’un temple païen abandonné, mais en fait il passe tout son temps en plein air, s’exposant volontairement à toutes les intempéries. Après sa mort, un monastère s’élève sur son tombeau ; « Mar Maroun » devient un grand lieu de pèlerinage et la capitale religieuse des chrétiens de Syrie qui sont alors appelés « ceux de Maroun » ou maronites. Ils conservèrent ce nom quand, pour éviter d’être exterminés par les envahisseurs musulmans, ils se réfugièrent dans les montagnes du Liban. L’Église maronite compte actuellement plus de deux millions de fidèles regroupés en un patriarcat rattaché à Rome.

MARS , déformation de Médard, évêque de Noyon


MARTHE
( I er siècle) VIERGE – MR 29 juillet**. L’Évangile nous la montre habitant Béthanie avec sa sœur Marie et son frère Lazare. Elle reçoit souvent Jésus. Un jour qu’elle se plaint d’avoir à tout faire, tandis que Marie demeure assise aux pieds de Jésus, celui-ci lui demande de ne pas oublier l’essentiel : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour beaucoup de choses. Pourtant, une seule est nécessaire. C’est Marie qui a choisi la meilleure part et elle ne lui sera pas enlevée. » L’Évangile rapporte aussi la résurrection de Lazare par Jésus. C’est à cette occasion que Marthe adresse à Jésus sa profession de foi : « Je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu qui vient dans le monde. » L’hôtesse de Béthanie est devenue la patronne des hôteliers.
La légende la fait débarquer en Provence avec Marie-Madeleine, Lazare et les saintes femmes et la conduit à Tarascon où elle tue un dragon dévastateur, la Tarasque. Elle est restée la patronne de la ville.
Dix autres saintes ou bienheureuses portent le nom de Marthe.

Bienheureuse MARTHE-AIMÉE LE BOUTEILLER
(1816-1883) RELIGIEUSE – Fête le 18 mars. Religieuse des Sœurs de sainte Marie-Madeleine Postel, elle reste jusqu’à sa mort attachée à la communauté de Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche), travaillant à la cuisine (on l’appelle « sœur Cidre »), à la buanderie, aux champs, à l’économat.

MARTIAL
( III e siècle) ÉVÊQUE – MR 30 juin. Un des premiers évêques envoyés pour évangéliser la Gaule, il établit son siège à Limoges vers 250. De là il étend son apostolat à toute l’Aquitaine, où l’on en retrouve maintes traces. Il est le patron du diocèse de Limoges.

MARTIN
(v. 315-397) ÉVÊQUE – MR 11 novembre**. On peut clairement tracer l’itinéraire authentique de Martin dès lors qu’on débarrasse de ses invraisemblances sa première biographie, écrite par son ami Sulpice Sévère. C’est à l’origine un militaire, lui-même fils d’un tribun de l’armée romaine. Né en Pannonie (actuelle Hongrie), il est en garnison à Amiens lorsqu’il se convertit au christianisme. Selon la tradition, cette conversion serait survenue après qu’il a partagé son manteau avec un mendiant un jour d’hiver et que le Christ lui est apparu portant la moitié de son vêtement donné. Baptisé, il vient à Poitiers, attiré par la personnalité de l’évêque saint Hilaire, l’un des grands évangélisateurs de la Gaule. Un peu plus tard, ils fondent ensemble le monastère de Ligugé (Vienne), le premier en Gaule centrale. Martin en fait un foyer actif d’évangélisation.
Élu évêque de Tours en 371, il continue à vivre en moine, faisant du monastère de Marmoutier, qu’il a fondé non loin de Tours, son point d’attache et une pépinière de missionnaires. Avec ces derniers, il christianise l’Ouest de la Gaule, encore massivement païenne, y multiplie les monastères et y crée un premier réseau de paroisses rurales. Son rayonnement ne touche pas que les milieux paysans : il convertit nombre de grands personnages, tel le futur saint Paulin de Nole. Après sa mort à Candes (Indre-et-Loire), son tombeau à Tours attire les foules. Martin est le premier à être vénéré comme saint sans avoir connu le martyre. Son immense popularité se traduit, entre autres, par la multiplication en France des localités, lieux-dits, édifices religieux portant son nom (485 communes, 3 667 paroisses).

MARTIN I er
(† 656) PAPE et MARTYR – MR 13 avril*. Élu pape en 649, il convoque aussitôt à Rome le concile du Latran qui condamne le monothélisme. Furieux, l’empereur de Constantinople, Constant II, le fait conduire dans sa capitale, où il est condamné pour haute trahison. Exilé en Crimée, il y meurt dans la solitude et les mauvais traitements.

MARTIN DE PORRÈS
(1579-1639) CONFESSEUR – MR 3 novembre*. Né à Lima (Pérou) d’un noble espagnol et de sa concubine mulâtresse, il entre chez les dominicains comme frère convers. Chargé de la distribution des aumônes du couvent, il fait tout pour secourir les indigents, se privant éventuellement de nourriture. Sa générosité dans le don de soi l’a fait appeler par Jean XXIII « Martin de la charité ». Il désire toute sa vie le martyre, souhaite partir en Inde ou au Japon mais meurt dans son couvent en extase devant le crucifix.
25 autres saints ou bienheureux portent le nom de Martin.

MARTINE
(† v. 226) VIERGE et MARTYRE – MR 30 janvier. Elle serait la fille d’un ancien consul romain. Jouissant d’une vaste fortune, elle montre une grande libéralité envers les pauvres. Arrêtée pour sa foi sous Alexandre Sévère, elle est mise à la torture puis décapitée. Elle est honorée comme patronne de la ville de Rome.
Beaucoup de Martine ont pour patron saint Martin.

Bienheureux MARTYRS ASSOMPTIONNISTES
(† 1952) PRÊTRES et MARTYRS – MR 11 novembre. Le 11 novembre 1952, dans la prison centrale de la ville de Sofia, capitale de la Bulgarie, trois religieux assomptionnistes bulgares, les pères Kamen Vitchev (59 ans), Pavel Djidjov (33 ans) et Josaphat Chichkov (68 ans), sont fusillés, accusés d’espionnage au profit du Vatican et de tentative de complot. Ils représentent les deux rites catholiques, byzantin pour le père Kamen, latin pour les pères Pavel et Josaphat, tous fidèles au successeur de Pierre, unis par le martyre. Le père Kamen Vitchev est sans doute le plus dangereux aux yeux du pouvoir en place, surtout à cause de son charisme auprès de la jeunesse orthodoxe, catholique, musulmane, juive et arménienne et en particulier de l’élite intellectuelle bulgare. Le père Pavel Djidjov n’hésite pas à polémiquer avec les étudiants et les professeurs communistes. Le père Josaphat Chichkov, passionné de nouvelles technologies, a installé un récepteur radio et un projecteur de cinéma au séminaire de Yambol. Il a le profil idéal de l’espion, « le plus vieil espion de Bulgarie », comme il sera présenté au procès. Ils sont béatifiés le 26 mai 2002.

MARYSE, voir Marie


MARYVONNE , contraction de Marie-Yvonne


MATHILDE
(v. 890-968) REINE – MR 14 mars. Princesse saxonne, elle est élevée par son aïeule Mathilde, alors abbesse des bénédictines de Hereford. Elle épouse, vers 910, Henri l’Oiseleur, qui sera élu roi de Germanie en 919 sous le nom de Henri I er . Tandis que celui-ci, par une série de campagnes militaires, assure la défense et l’unité du royaume, Mathilde se met au service des pauvres, des malades, des prisonniers, en même temps qu’elle élève ses enfants. Veuve après 23 années de profonde unité conjugale, elle se voit chassée de la cour par son fils, le roi Othon I er (futur fondateur du Saint-Empire romain germanique), jaloux d’un de ses frères. Retirée au monastère d’Eugerben (Westphalie), Mathilde poursuit sans amertume sa vie active, fondant plusieurs monastères, dont celui de Quedlinburg, où elle meurt après avoir fait la paix avec Otton.
Dérivé : Maud .

MATHIAS
( I er siècle) APÔTRE – MR 14 mai***. Les Actes des apôtres nous apprennent qu’après l’Ascension il fut désigné, parmi ceux qui avaient suivi le Christ depuis le début de sa vie publique, pour remplacer Judas Iscariote. Il devint ainsi l’un des douze apôtres. On ne sait rien d’autre de lui. Une tradition le présente comme ayant évangélisé la Cappadoce (dans l’actuelle Turquie) et étant mort martyr.

MATHURIN
(† 388) ERMITE – Fête loc. 9 novembre. Originaire de la région de Sens, il se retire dans la Brie française où il est vénéré de même qu’en Île-de-France.

MATTHIEU
( I er siècle) APÔTRE et ÉVANGÉLISTE – MR 21 septembre***. Son nom juif est Lévi. Il exerce à Capharnaüm le métier de publicain, c’est-à-dire de collecteur d’impôts. En raison de leurs liens avec l’occupant romain et de leurs exactions, les publicains sont tenus pour des pécheurs publics. Jésus va chercher Matthieu derrière son bureau et en fait l’un des douze apôtres, au scandale de beaucoup de juifs. Matthieu le suit désormais partout. Après l’Ascension, comme les autres apôtres, il se fait le porteur de la « Bonne Nouvelle (en grec, euanggelion ) du royaume de Dieu ». Il met par écrit son enseignement, probablement dans la langue courante de son pays, l’araméen. Plus tard, vers 80, le texte donne lieu à une version grecque, celle qui nous est parvenue. Bien que postérieur à l’Évangile de Marc , celui de Matthieu ouvre le Nouveau Testament . Écrit pour des juifs, il montre en effet comment Jésus a accompli tout ce qu’annonçait l’ Ancien Testament. Une tradition fait évangéliser l’Éthiopie par Matthieu. Il serait mort martyr.

MAUD, voir Mathilde


MAUR
(512-584) ABBÉ – MR 15 janvier. Né à Rome d’une illustre famille sénatoriale, il est confié à douze ans aux soins de saint Benoît, à qui il succède à la tête de l’abbaye du Mont-Cassin. Il est considéré comme son héritier spirituel et comme ayant pleinement réalisé son idéal de moine. Contrairement à une légende du IX e siècle, il n’est jamais venu en France, et n’est donc pas le fondateur de la congrégation bénédictine de Saint-Maur.
14 autres saints portent le nom de Maur.
Dérivé : Amaury .

MAURICE
( III e siècle) MARTYR – MR 22 septembre (en Suisse*). On sait que des soldats chrétiens, dont Maurice, ont été martyrisés dans le Valais (vallée suisse du Rhône), qu’une basilique a été édifiée au IV e siècle sur le lieu de leur supplice, ainsi que, plus tard, l’abbaye qui devait être à l’origine de la ville suisse de Saint-Maurice. La légende, quant à elle, fait massacrer sur ordre de l’empereur une légion tout entière qui, composée de chrétiens orientaux (légion thébéenne), aurait refusé d’aller persécuter d’autres chrétiens. Parmi ses officiers, Maurice, Exupère, Candide. Le culte de saint Maurice fut très populaire au Moyen Âge, et 62 localités françaises portent son nom. Il est le patron du diocèse d’Angers.
Cinq autres saints portent le nom de Maurice.
Dérivé : Morvan .

Bienheureux MAURICE TORNAY
(1910-1949) MARTYR – Fête le 12 août. Prêtre religieux suisse des Chanoines réguliers du Grand-Saint-Bernard, il part fonder un hospice au Tibet et est assassiné sur la route de Lhassa.

MAURILLE
(† 453) ÉVÊQUE – MR 13 septembre. Évêque d’Angers, originaire de Milan, il est le compagnon de saint Martin qui l’a ordonné prêtre.

MAXELLENDE
(† 670) VIERGE et MARTYRE – MR 13 novembre. Fille d’une noble famille franque du Cambrésis, elle refuse de céder au jeune homme auquel elle est fiancée et qui l’a enlevée pour la conduire chez lui à Caudry. Il la tue d’un coup d’épée. Sainte Maxellende est très populaire dans le diocèse de Cambrai.

MAXENCE
( V e siècle) MARTYRE – MR 20 novembre. Il s’agit d’une Irlandaise qui vécut recluse près de Senlis en Île-de-France, où elle fut assassinée, à Pont-Sainte-Maxence.

MAXENCE ou MAIXENT
(† 515) ABBÉ – MR 26 juin. Originaire d’Agde en Languedoc, il fut l'abbé d’un monastère en Poitou dont la localité porte son nom, Saint-Maixent. Il protégea la région contre les invasions barbares.

MAXIME LE CONFESSEUR
(580-662) CONFESSEUR – MR 25 juin. Né à Constantinople, ce moine théologien se trouve mêlé aux discussions provoquées par l’hérésie monothéiste, contre laquelle il organise plusieurs conciles en Afrique. Persécuté par l’empereur Constant II, il meurt des suites de tortures.

MAXIME DE RIEZ
(† après 455) ÉVÊQUE – MR 25 novembre. Originaire de Château-Redon (Alpes-de-Haute-Provence), il est d’abord moine à Lérins, où il succède comme abbé à saint Honorat. En 433, il est élu évêque de Riez et emmené de force dans cette ville par ses habitants, où il est sacré évêque par saint Hilaire. Il participe aux conciles d’Orange en 441 et d’Arles en 454.
34 autres saints ou bienheureux portent le nom de Maxime.

MAXIMILIEN
(† 295) MARTYR – MR 12 mars. Fils de militaire romain, objecteur de conscience en raison de sa foi, Maximilien est décapité à Tébessa (Algérie) à 21 ans.

MAXIMILIEN KOLBE
(1894-1942) MARTYR – MR 14 août*. Il naît à Lodz en Pologne. Il entre à 16 ans chez les franciscains conventuels de Lvov. En 1917, alors qu’il est encore étudiant, il fonde avec quelques frères la Milice de l’Immaculée, mouvement marial au service de l’Église et du monde. Prêtre en 1918, il enseigne la philosophie et l’histoire. Dès 1922, il fonde un mensuel pour diffuser la pensée de la Milice et un peu plus tard, il crée un centre de vie religieuse et apostolique appelé la Cité de l’Immaculée. Au début de la deuxième guerre mondiale, il se trouve au Japon où il fonde encore une autre Cité. Maximilien est très soucieux de la diffusion de la pensée religieuse par les moyens modernes, les médias. À cause de la guerre, il est ramené comme prisonnier en Allemagne. Libéré, puis de nouveau arrêté en février 1941, il est déporté au camp d’Auschwitz en mai. À la suite d’une évasion, dix prisonniers sont condamnés à mourir de faim, de soif et de manque d’air, enfermés dans un bunker de 3 m sur 3 m. Parmi eux se trouve un père de famille. Maximilien s’offre pour mourir à sa place. Quand on lui demande : « Qui es-tu ? », il répond : « Prêtre catholique. » Il meurt dans ce bunker, le dernier après avoir aidé ses compagnons dans la patience, la paix et le réconfort. Le père de famille ainsi sauvé est présent le jour de la canonisation du père Kolbe à Rome.
Jean-Paul II a souligné que son sacrifice exaltait la dignité humaine que l’univers concentrationnaire voulait anéantir.

Que notre amour se manifeste particulièrement quand il s’agit d’accomplir des choses qui ne nous sont pas agréables. Pour progresser dans l’amour de Dieu, en effet, nous ne connaissons pas de livre plus beau et plus vrai que Jésus-Christ crucifié.
Saint Maximilien Kolbe, Lettre à un ami.


MAXIMIN
(† v. 346) ÉVÊQUE – MR 29 mai. Originaire d’Aquitaine, il devient vers 320-330 évêque de Trêves, alors l’une des capitales de l’empire romain. Habile et prudent, il est le conseiller de plusieurs empereurs et l’un des plus illustres défenseurs de la foi contre l’hérésie arienne. En 335, il accueille chaleureusement Athanase, patriarche d’Alexandrie, exilé par l’empereur Constantin pour la position qu’il a prise dans la lutte contre l’arianisme.
Deux autres saints portent le nom de Maximin. Parmi eux, celui qui aurait été l’aveugle de l’évangile et dont la tradition fait le premier évêque d’Aix-en-Provence, qui aurait débarqué aux Saintes-Maries-de-la-Mer avec Lazare, Marthe, Marie et leurs compagnons.

MECHTILDE
(† 1280 et 1288) VIERGES – Deux saintes mystiques allemandes portent ce nom. Elles furent toutes les deux compagnes de sainte Gertrude la Grande : Mechtilde de Magdebourg († 1280 – MR 8 octobre) et Mechtilde d’Hackenburg († 1298 – MR 19 novembre).

MÉDARD
(† v. 560) ÉVÊQUE – MR 8 juin. Né dans le Vermandois, il fait ses études dans la ville qui deviendra Saint-Quentin (Aisne). Évêque de cette ville, il transfère son siège épiscopal à Noyon. Il se livre avec efficacité à la christianisation du nord de la Gaule. Autour de son tombeau à Soissons s’élèvera la célèbre abbaye Saint-Médard. Toute une légende s’est établie à propos de sa vie. Une tradition, datant du XVIII e siècle, lui attribue la fête des rosières (couronnement de jeunes filles vertueuses).

MÉEN
( VI e siècle) ABBÉ – MR 21 juin. Originaire du pays de Galles et parent de l’évêque de Dol, il est envoyé par celui-ci fonder un monastère dans la forêt de Brocéliande. C’est l’origine de la ville de Saint-Méen (Ille-et-Vilaine).

MÉLANIE
(383-439) ABBESSE – MR 31 décembre. De noble famille romaine, Mélanie est mariée à 14 ans à Pinien. Ayant perdu leurs deux enfants très jeunes, ils donnent aux pauvres leur immense fortune et mènent ensemble une vie retirée consacrée à la prière et à la charité. Après diverses tribulations, ils se fixent finalement à Jérusalem. Après la mort de Pinien en 432, Mélanie y assume la direction d’un couvent sur le mont des Oliviers.

MÉLOIR
(Dates indéterminées) MARTYR – Fête loc. 1 er octobre. Bien qu’on ne connaisse rien de lui, il est toujours fêté en Bretagne, dans de nombreuses localités.

MENEHOULD
( V e siècle) VIERGE – MR 14 octobre. Fille d’un comte du Perthois, elle se dévoue au soin des malades au cours d’une épidémie. Ses reliques sont transférées en 1174 dans la ville de Château-sur-Aisne, devenue depuis lors Sainte-Menehould (Marne).
Son nom se prononce Menoul. Ses cinq sœurs sont aussi reconnues comme saintes.

MERRY ou MERRI
(† v. 700) ABBÉ – MR 29 août. Né de parents nobles à Autun, il entre jeune dans un monastère de la ville, dont il devient l’abbé. Il vient ensuite vivre en ermite en Île-de-France. Il sera très populaire à Paris et plusieurs églises lui seront dédiées. L’actuelle église Saint-Merri ( XVI e siècle) occupe l’emplacement de l’oratoire Saint-Pierre-du-Bois où il serait mort.

MÉTHODE
(v. 825-885) ÉVÊQUE – MR 14 février** (en Europe***). Se reporter à saint Cyrille de Thessalonique.

1985 : Onzième centenaire de la mort de saint Méthode, apôtre des Slaves
Les deux frères Cyrille et Méthode, d’origine grecque, qui évangélisèrent les populations slaves au IX e siècle sont restés très populaires auprès de celles-ci.
Elles leur doivent la foi chrétienne mais aussi l’alphabet cyrillique, base de toute la culture slave (même si, depuis lors, une partie de ces populations a adopté l’alphabet latin). Car, lorsque Cyrille et Méthode commencèrent leur apostolat, la langue slave était uniquement parlée. Or, pour propager l’Évangile et créer une vie liturgique, il fallait des livres, et donc un alphabet. Les deux frères adaptèrent alors l’alphabet grec (celui de leur langue maternelle) à la phonétique slave. C’est dans cette langue slave primitive, le slavon, que la liturgie continue aujourd’hui encore d’être célébrée dans les Églises slaves de rite byzantin, tant orthodoxes que catholiques. Quant à l’alphabet cyrillique, il est toujours utilisé dans les pays de langue russe, en Bulgarie, en Serbie.
Le onzième centenaire de la mort de saint Méthode a été marqué par une série de manifestations.
Chez les catholiques , le pape Jean-Paul II avait décidé, dès 1980, de faire de 1985 l’année des saints Cyrille et Méthode, qu’il avait alors proclamés patrons de l’Europe, comme Paul VI l’avait fait pour saint Benoît. Le 2 juin 1985, Jean-Paul II publia la lettre encyclique Slavorum Apostoli consacrée à la leçon à tirer de la vie et de l’œuvre des deux apôtres, en particulier en ce qui concerne l’insertion du message évangélique au sein de chaque culture nationale (inculturation). En Tchécoslovaquie, à Velehrad (Moravie), lieu probable de la mort de Méthode, de grandioses cérémonies rassemblèrent, le 7 juillet, 150 000 fidèles venus de tout le pays, malgré les multiples restrictions apportées par le pouvoir communiste. Le pape Jean-Paul II y avait été invité par le cardinal Tomasek, archevêque de Prague, mais le gouvernement tchécoslovaque s’était opposé à sa venue et avait refusé leur visa à divers évêques étrangers invités (dont le cardinal Lustiger, archevêque de Paris). En Yougoslavie, un symposium organisé par l’Église catholique croate s’est tenu le 4 juillet avec le concours de théologiens catholiques et orthodoxes venant de divers pays slaves.
Chez les orthodoxes , le patriarche de Constantinople, Dimitrios I er , présida le 14 avril à Thessalonique (Grèce), ville natale des deux saints, de grandes cérémonies commémoratives.
Le patriarche de Sofia (Bulgarie) réunit, lui aussi, un symposium auquel participèrent, cette fois encore, des experts orthodoxes, catholiques et même protestants.
Quant au gouvernement bulgare, il tint à célébrer Cyrille et Méthode comme « éducateurs suprêmes du pays », hors cependant de toute référence religieuse.

MICHEL
ARCHANGE – MR 29 septembre***. Fêtés ensemble par l’Église le jour anniversaire de la consécration de la basilique romaine Saint-Michel, les archanges Gabriel, Michel et Raphaël nous sont connus par la Bible. Elle nous les présente comme des êtres célestes envoyés par Dieu sous des formes humaines pour délivrer de sa part certains messages ou accomplir certaines missions. Michel, dont le nom signifie en hébreu « qui est comme Dieu ? » (rappelant ainsi la transcendance divine), apparaît dans le Livre de Daniel (10, 13-21 ; 12, 1), et plus encore dans l’ Apocalypse (12, 7), comme le vainqueur du démon.
L’Église fait de lui son protecteur et son culte est très ancien en Orient. En Occident, diverses apparitions contribuent à sa popularité, notamment au mont Gargano (sud de l’Italie) sous le pape Gélase (492-496). Il y en a aussi eu en France dont il est l’un des patrons. L’une d’elles, dont l’authenticité est invérifiable, est à l’origine du sanctuaire du Mont-Saint-Michel, l’un des lieux les plus célèbres de pèlerinage. C’est saint Michel qui, selon Jeanne d’Arc, l’incita à aller trouver le futur Charles VII pour conduire la libération du royaume.
Saint Michel est le patron des métiers qui utilisent la chaleur du four (pâtissiers, gaufriers, etc.) et celui des parachutistes. Sa popularité en France s’est notamment traduite par l’attribution de son nom à un grand nombre de villes et localités. Invoqué au moment de la mort, son nom était prononcé à l’offertoire de la messe des défunts jusqu’à la réforme liturgique de 1970.
Dérivés : Mihiel, Mikaël .

MICHEL GARICOÏTS
(1797-1863) CONFESSEUR – MR 14 mai. Né à Ibarre, dans le pays basque français, Michel, tout en donnant un nouvel éclat au pèlerinage de Notre-Dame-de-Betharram (dans les Pyrénées-Atlantiques) dont il est le chapelain, fonde en 1832 la congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, dite de Betharram , vouée à l’éducation de la jeunesse et aux missions. Son tombeau est à Betharram.

MICHELE RUA
(1837-1910) PRÊTRE – MR 6 avril. Né à Turin, ordonné prêtre salésien en 1860, il succède à don Bosco en 1888. Il participe en 1854 à la première réunion d’où est issue la congrégation salésienne.
24 autres saints ou bienheureux portent le nom de Michel.

MICHELINE DE PESARO
(† 1356) VEUVE – MR 19 juin. Veuve à 20 ans, elle devient tertiaire franciscaine et est longtemps enfermée dans un hospice, sa famille la traitant de folle et de lunatique à cause de ses extases.

MIHIEL, MIKAËL, voir Michel


MILÈNE, voir Marie-Madeleine


MIREILLE, voir Marie


MITRE
(† 300) MARTYR – MR 13 novembre. Le saint patron de la ville d’Aix-en-Provence, dont le sarcophage se trouve à la cathédrale, est un humble ouvrier agricole, peut-être même un esclave d’origine grecque, martyrisé au début du IV e siècle par son maître et ses compagnons d’esclavage à cause de sa foi au Christ.

MODESTE
(† IV e siècle) MARTYR – MR 15 juin. Précepteur de saint Gui, qu’il fait baptiser à l’insu de son père, un riche païen sicilien, il est martyrisé en même temps que son protégé et l’autre précepteur de Gui, Crescence. Saint Gui, saint Modeste et saint Crescence sont fêtés le même jour.

MONIQUE
(332-387) VEUVE – MR 27 août**. Celle qui devait être la mère de saint Augustin naît à Thagaste (Souk-Ahras en Algérie) de famille berbère. Sa foi et sa douceur parviennent à convertir au christianisme son mari Patrice, un homme violent et débauché. L’aîné de ses trois enfants, Augustin, est un jeune homme comblé de multiples dons, mais il désole sa mère par son inconduite. Il est d’ailleurs beaucoup plus attiré par le manichéisme que par le christianisme. Sa mère, qui est loin d’avoir sa culture, a peu de prise intellectuelle sur lui. Cependant son influence spirituelle s’exerce insensiblement. Augustin, parti en Italie, devient maître de rhétorique à Milan où sa rencontre avec le grand évêque saint Ambroise provoque sa conversion. Le jour de Pâques 387, Monique éprouve l’immense joie d’assister au baptême de son fils. Elle connaît quelques jours d’intense partage spirituel avec lui, avant de mourir entre ses bras à Ostie, alors qu’ils s’apprêtaient à retourner en Afrique.

MORAND
(† v. 1115) CONFESSEUR – MR 3 juin. Ce moine de Cluny, originaire de Rhénanie, est envoyé fonder un prieuré bénédictin près d’Altkirch (Haut-Rhin). Son rayonnement dans la région le fait appeler l’apôtre du Sundgau.

MORGAN
La légende du roi Arthur ne peut remplacer les sources autorisées sur les saints, or ni les Bollandistes, ni le Martyrologe romain ne font mention de Morgan. On peut faire de ce nom un dérivé de Morvan, lui-même dérivé breton de saint Maurice.

MORVAN, voir Maurice


MURIEL, MYRIAM, voir Marie


MUTIEN-MARIE WIAUX
(1841-1917) RELIGIEUX – MR 30 janvier. Le frère Mutien fut, du berceau à la tombe, un homme de prière. Quand un pensionnaire voulait le désigner, il ne trouvait pas d’expression plus caractéristique que celle-ci : « le frère qui prie toujours » et les ouvriers l’appelaient « le prieur ». Il vivait en compagnie de Dieu, de Jésus et de Marie dont il portait le nom et qu’il appelait filialement la « Bonne Mère ». Né dans le Hainaut belge, il a 15 ans quand, en 1856, il entre chez les Frères des Écoles chrétiennes. Vu son inaptitude à l’enseignement, il manque de ne pas être admis. Il est peu doué pour les arts, mais, grâce à sa persévérance, il arrive à jouer correctement d’un ou deux instruments de musique et tient honorablement une modeste place d’adjoint aux maîtres de musique et de dessin. Il accomplit dans l’ombre d’autres tâches subalternes nécessitées par la vie d’un pensionnat, pendant plus d’un demi-siècle. Sa bonté et sa serviabilité sont connues de tous. Il est toujours disponible. On peut l’aborder à n’importe quel moment pour lui demander aide et conseil : aussitôt il se met à la disposition du solliciteur tandis qu’un aimable sourire épanouit ses traits et révèle son bonheur. Il est canonisé le 10 décembre 1989 par Jean-Paul II.

MYRTILLE, voir Fleur
N

NABOR et ses compagnons BASILIDE, CYRIN et NAZAIRE
(Dates indéterminées) MARTYR – MR 12 juin. Ses reliques sont apportées en France par saint Chrodegang, évêque de Metz, en 765.

NADÈGE ou NADINE
Nadejda est un nom slave signifiant espérance. Selon la tradition, une sainte Sophie, fêtée le 18 septembre, aurait eu trois filles : Vera (la Foi), Nadejda (l’Espérance) et Agapè (la Charité).

NANCY, voir Anne


NAPOLÉON
Prénom éventuellement dérivé de Néopole , saint martyr d’Alexandrie en Égypte, dont la fête est célébrée le 15 août. Mais est-ce cela qui a décidé l’empereur des Français à célébrer une saint Napoléon le 15 août ? Nul ne le sait.

NARCISSE
(† 222) ÉVÊQUE – MR 29 octobre. Ce trentième évêque de Jérusalem a environ 100 ans lorsqu’il est choisi, en 195, pour exercer cette charge. Il lui faut l’abandonner sous le coup d’accusations calomnieuses et il se retire dans la solitude. Il est rétabli plus tard sur son siège.
Quatre autres saints portent le nom de Narcisse.

NATALIE ou NATHALIE
(† 852) MARTYRE – MR 27 juillet. Elle subit le martyre à Cordoue, en Espagne, en même temps que son mari, saint Aurèle. La tradition fait d’elle une convertie venant de la foi musulmane et rapporte que sa conversion fut la raison de son martyre.
Une autre sainte, martyre à Nicomédie, en Asie Mineure ( IV e siècle), porte le nom de Natalie ou Nathalie.

NATHANAËL, voir Barthélemy


NAZAIRE
( I er siècle ?) MARTYR – MR 28 juillet. Son corps est découvert à Milan, en même temps que celui de Celse, en 395. Il s’agit manifestement de martyrs et l’évêque de la ville, saint Ambroise, les reconnaît comme tels, mais on ne sait rien de plus.
La légende, qui s'est vite emparée d’eux, les a rendus très populaires dans tout l’Occident.
Deux autres saints portent le nom de Nazaire, dont un abbé de Lérins ( V e siècle).

NECTAIRE
( III e siècle) ÉVÊQUE – Fête loc. 9 décembre. Compagnon d’Austremoine, premier évêque de Clermont-Ferrand, il est un des évangélisateurs de la Limagne. Son tombeau est à l’origine de la ville de Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme).
Deux autres saints portent le nom de Nectaire : un évêque d’Autun ( VI e siècle) et un évêque de Vienne ( V e siècle).

NÉRÉE
(Dates indéterminées) MARTYR – MR 12 mai*. Il est fêté en même temps que saint Achille, ou Achillée, qui serait son frère. Ils auraient été soldats romains et martyrisés ensemble. Une basilique romaine souterraine leur est dédiée dès le IV e siècle.

NESTOR
(† 250) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 26 février. Lors de la persécution de Dèce, il est évêque de Magydos, en Pamphilie (dans l’actuelle Turquie). Refusant de fuir, il est arrêté, torturé et crucifié.
Trois autres martyrs du III e siècle portent le nom de Nestor.

NICAISE
(† 407) ÉVÊQUE et MARTYR – MR 14 décembre. Dixième évêque de Reims, il est massacré par les envahisseurs vandales sur les marches de sa cathédrale.
Un autre saint Nicaise († 256) aurait été envoyé par saint Denis évangéliser Rouen et le Vexin.

Bienheureux NICÉPHORE et ses compagnons martyrs
(† 1936) – MR 23 juillet. Ils furent tués pendant la guerre civile espagnole.

NICET ou NIZIER
(† 573) ÉVÊQUE – MR 2 avril. Le pape saint Grégoire le Grand félicite cet évêque de Lyon pour son souci des pauvres et du chant liturgique.
Plusieurs saints portent ce nom, dont un évêque de Vienne en Gaule († 449) et un évêque de Besançon († 611).

NICOLAS
( IV e siècle) ÉVÊQUE – MR 6 décembre*. L’extraordinaire popularité de saint Nicolas, tant en Orient qu’en Occident, est due à sa légende. Mais une légende reflète bien souvent des réalités. On sait seulement de lui qu’il fut évêque de Myrne, en Asie Mineure, au IV e siècle, qu’il aurait été emprisonné sous la persécution de Dioclétien et qu’il aurait participé au concile de Nicée contre l’arianisme (325). Parmi les traits les plus connus de sa légende figure la résurrection de trois enfants assassinés et mis au saloir par un aubergiste, ainsi que l’épisode où on le voit jeter par la fenêtre trois bourses d’or chez un voisin qui, faute de dot, destinait ses filles à la prostitution. Dans sa Vie de saint Louis , son contemporain Joinville rapporte qu’au retour de la croisade le roi invoqua saint Nicolas au cours d’une tempête qui se calma aussitôt. Saint Nicolas est aussi le patron des marins.
En 1087, des marchands italiens transfèrent les reliques du saint vêque à Bari pour les sauver des infidèles. Bari est devenu ainsi un lieu de pèlerinage et de rencontre entre orthodoxes et catholiques. Une grande partie de ces reliques a été restituée à l’Église orthodoxe par Jean-Paul II.
Dérivés : Colin , Coline.

Bienheureux NICOLAS BARRÉ
(1621-1686) RELIGIEUX – Fête le 31 mai. Religieux minime, il fonde « les écoles chrétiennes et charitables » et institue leurs maîtresses, les Sœurs de l’Enfant-Jésus, appelées également Dames de Saint-Maur.

NICOLAS DE FLUE
(1417-1487) CONFESSEUR – MR 25 septembre (en Suisse****). Le saint patron de la Suisse (où on l’appelle le frère Nicolas « Bruder Klaus ») cumule les activités d’un ardent patriote et la vie retirée d’un ermite. Né dans le canton d’Unterwald, il sert d’abord son pays par les armes contre le duc d’Autriche, puis, redevenu paysan, il est conseiller de la commune de Sachseln. Marié, père de dix enfants, il attend la cinquantaine pour se retirer dans un ermitage. Il le quitte un temps, lorsque les dissensions entre cantons menacent l’existence de la confédération helvétique. Jouissant de la confiance de ses compatriotes, il parvient à rétablir la paix civile (convention de Stans, 1481). Puis, entouré de la vénération de son pays, il regagne sa solitude.

Pénétrez-vous de cette pensée que Dieu seul est la source du vrai bonheur. Et encore de celle-ci : la pierre de touche du véritable amour de Dieu, c’est la soumission à sa sainte volonté.
Saint Nicolas de Flue

Mon Seigneur et mon Dieu, prends-moi à moi et donne-moi tout entier à toi. Mon Seigneur et mon Dieu, prends-moi tout ce qui me sépare de toi. Mon Seigneur et mon Dieu, donne-moi tout ce qui m’attire à toi.
Saint Nicolas de Flue, Prière .


Bienheureux NICOLAS ROLAND
(1642-1678) PRÊTRE – Fête le 27 avril. Ami de Jean-Baptiste de La Salle et chanoine de Reims, il est le fondateur des Sœurs de l’Enfant Jésus de cette ville. Grand fut son zèle pour l’éducation de la jeunesse.

NICOLAS TAVELIC , DEODAT ARIBERT DE RODEZ, PIERRE DE NARBONNE et ÉTIENNE DE CUENO
(† 1391) MARTYRS – Fête le 14 novembre. Ce sont des franciscains martyrisés en Terre sainte en 1391. Ils furent canonisés le 21 juin 1970.
30 autres saints ou bienheureux, dont un pape portent le nom de Nicolas.

NIMATULLAH AL-HARDINI YOUSSEF KASSAB
(1808-1858) MOINE – Fête le 14 décembre Moine maronite libanais, il fut le père spirituel de saint Charbel . Humble et patient, il se disait « enchanté par Dieu ».

NINO
(† 320) VIERGE. Née en Cappadoce et faite prisonnière (ou esclave ?), elle est conduite en Géorgie. Par le rayonnement de sa foi, elle est considérée comme l’apôtre de la Géorgie dont elle est la sainte patronne.
Elle est également connue sous les noms de Christine, Christiane, Nina.

NOËL CHABANEL
(1613-1649) MARTYR – MR 19 octobre*. Il est l’un des huit jésuites français qui, missionnaires chez les Hurons et les Iroquois au Canada, y furent martyrisés entre 1642 et 1649.

Bienheureux NOËL PINOT
(1747-1794) MARTYR – MR 21 février. Curé du Louroux-en-Béconnais (Maine-et-Loire), il refuse pendant la Révolution de prêter serment à la Constitution civile du clergé (serment considéré comme une abjuration). Arrêté puis libéré, il exerce alors son ministère dans la clandestinité. Le 8 février 1794, alors qu’il allait célébrer la messe, il est de nouveau arrêté. Condamné à mort le 21 février, il revêt les habits sacerdotaux pour son exécution qui a lieu à Angers et il monte sur l’échafaud comme on monte à l’autel.

NOÉMIE
Ce personnage biblique était une femme discrète, belle-mère de Ruth. Elle a le bonheur d’inscrire son nom parmi ceux des ancêtres du Messie. La tradition veut qu’on la fête pour cette raison, le 21 août.

NORBERT
(v. 1080-1134) ÉVÊQUE – MR 6 juin*. Né à Xanten, dans une famille de la noblesse rhénane, il mène une vie dissipée avant de se convertir brusquement en 1115. Ordonné prêtre peu après, il se voue à une vie austère et à une prédication itinérante. N’ayant pu réformer les chanoines de Saint-Martin-de-Laon, il fonde en 1120, dans la forêt voisine, à Prémontré (Aisne), une communauté de chanoines réguliers, qui combinent la vie contemplative en commun et le service pastoral dans des prieurés ou des paroisses. C’est l’origine des Chanoines réguliers de Prémontré, ou prémontrés, ou norbertins, qui inspirent à la même époque la fondation d’un ordre féminin analogue (chanoinesses prémontrées ou norbertines). Norbert, tout en s’inspirant de l’exemple de Cîteaux, qui vit sous la règle de saint Benoît, donne à son ordre la règle de saint Augustin. Participant à la diète du Saint-Empire, à Spire en 1126, il y est élu évêque de Magdebourg. Il fait œuvre de réformateur dans son diocèse, avant de rejoindre la lumière divine à 54 ans, usé par la tâche.
O

OCÉAN
(† 310) MARTYR – MR 18 septembre. Martyr à Nicomédie, il périt par le feu, avec trois autres chrétiens.
Dérivé : Océane .

OCTAVE
(† 297) MARTYR – MR 20 novembre. Il est le patron de Turin avec saint Soluteur et saint Adventeur, ses compagnons de martyre.
Dérivé : Octavie

ODETTE ou ODE
(† 1158) VIERGE – MR 20 avril. Née au Brabant de famille noble, elle est mariée contre son gré, malgré son vœu de virginité. Le jour de son mariage, elle refuse de dire le « oui » qui l’engagerait. Elle se serait même coupé le nez, pour décourager parents et fiancé. Entrée dans un couvent de prémontrées, à Rivroelles, elle y connaît diverses épreuves avant d’en devenir prieure. Ses reliques reposent à Tournai en Belgique.

ODILE
(† 660) ABBESSE – MR 13 décembre. Il n’est pas aisé de distinguer l’histoire et la légende dans la vie de sainte Odile, contée par un écrit anonyme du X e siècle. Fille d’un duc d’Alsace, elle serait née aveugle et sa mère l’aurait soustraite à son père qui voulait la tuer. Confiée à un couvent, elle aurait été guérie le jour de son baptême. C’est dans un château de son père, sur le Hohenburg, qu’elle aurait fondé son célèbre monastère (Mont-Sainte-Odile), resté un des hauts lieux de l’Alsace. Son culte devint très rapidement populaire. Elle est la patronne de l’Alsace.

ODILON
(962-1049) ABBÉ – MR 1 er janvier. Il a 29 ans lorsqu’il est élu abbé de la puissante abbaye de Cluny (Saône-et-Loire). Fondée un demi-siècle plus tôt, elle est devenue, par la qualité de ses abbés successifs, le foyer de la réforme de l’Église au XI e siècle, rayonnant par ses filiales sur l’ensemble de l’Europe. Odilon lui donne une impulsion nouvelle, faisant passer le nombre de ses maisons de 37 à 65, et la dotant d’une organisation stricte et centralisée. L’austérité de sa vie et la vigueur de sa personnalité n’empêchent pas des relations pleines de douceur avec ses moines. À l’extérieur, son sens diplomatique, joint à l’autorité que lui vaut la vitalité spirituelle de l’ordre, fait de lui le conseiller du pape et des princes. Ainsi contribue-t-il à l’instauration de la Trêve de Dieu. C’est à lui que l’on doit la commémoration des fidèles défunts, le 2 novembre.

ODON DE CLUNY
(† 942) ABBÉ – MR 18 novembre. Il est le deuxième abbé de Cluny, dont il fait le centre de la réforme monastique, en s’affranchissant des pouvoirs temporels et des évêques. Il meurt à Tours, auprès du tombeau de saint Martin.
Plusieurs autres saints portent ce nom : Odon, évêque de Beauvais († 880), et Odon, évêque de Cambrai († 1113).

OFFENGE
( IV e siècle) MARTYRE – fête le 16 septembre. C’est en fait la transposition de sainte Euphémie, martyre à Chalcédoine en Asie Mineure. À Sainte-Offenge en Savoie, une chapelle rappelle ce culte de sainte Euphémie.

OLAF ou OLAV
(v. 995-1030) ROI DE NORVÈGE – MR 29 juillet. Ce Viking se fait baptiser à 18 ans. Après avoir participé à plusieurs expéditions, il est proclamé roi de Norvège sous le nom d’Olaf II. En lutte contre les nobles païens qui s’opposent à la christianisation du pays, il doit s’exiler à Novgorod, terre russe mais aussi étape des Varègues (Vikings de Suède) vers Kiev et Constantinople. Il est tué au cours d’une tentative de reconquête du royaume.

OLGA ou HÉLÈNE DE RUSSIE
(† 969) LAÏQUE – MR 11 juillet. Originaire du Russland suédois, convertie en 957, elle est baptisée par le patriarche de Constantinople et a pour parrain l’empereur Constantin VII. À la mort du prince Igor de Kiev, elle assure la régence pour son fils Svyatoslav. Grand-mère de saint Vladimir, elle a préparé la Russie kiévienne (actuelle Ukraine) à devenir chrétienne.

OLIVE ou OLIVIA
( VI e siècle) VIERGE – MR 3 juin. Elle vécut à Anagni en Italie. Il existe deux autres Olive ou Olivia, martyrisées l’une à Palerme en Sicile (Fête loc. 10 juin), l’autre à Brescia en Lombardie (Fête loc. 5 mars).

OLIVIER PLUNKETT
(1629-1681) ÉVÊQUE et MARTYR – Fête loc. 12 juillet. Ordonné prêtre à Rome en 1654, archevêque d’Armagh et primat d’Irlande en 1669, il est accusé, en 1681, de conspiration contre le roi d’Angleterre Charles II, conduit à Londres et exécuté à Tyburn.
Trois jours plus tard, les pièces qu’il avait invoquées sans succès devant le tribunal sont publiées par son avocat et font apparaître son innocence. Il est considéré par les Irlandais comme un héros national.

OMER
(† 670) ÉVÊQUE – MR 1 er novembre. Né probablement à Orval près de Coutances (Manche), moine à Luxeuil, il est choisi par Dagobert I er comme évêque de Thérouanne en Artois, dans une région revenue aux croyances païennes durant les invasions barbares. Il fait appel, pour l’aider dans sa tâche, à des missionnaires venus de Normandie, dont saint Bertin.
L’abbaye qu’il fonde à Sithiu en 645 sera le foyer de cette ré-évangélisation. C’est là qu’il est inhumé. Placée plus tard sous le patronage de saint Bertin, cette abbaye est à l’origine de la ville de Saint-Omer.

ONÉSIME
( I er siècle) DISCIPLE DE SAINT PAUL – MR 15 février. Saint Paul le mentionne dans son Épître à Philémon . Esclave d’un chrétien de Colosses (Asie Mineure) qui semble responsable de la communauté locale, il vole son maître et s’enfuit à Rome chercher refuge auprès de saint Paul, alors emprisonné. Celui-ci le convertit et le renvoie à son maître en sollicitant son pardon. Beaucoup plus tard, s’élabore la légende selon laquelle Paul en aurait fait un évêque, martyrisé à Rome.

OPPORTUNE
(† 770) ABBESSE – MR 22 avril. Née à Exmes, près d’Argentan en Normandie, abbesse du couvent de Montreuil-au-Houlme, dans la même région, elle est la sœur de saint Chrodegand, évêque de Sées. Vénérée pour sa charité envers les malades et pour l’austérité de sa vie, elle est très populaire dans sa région, ainsi qu’à Paris où, lors des invasions normandes, ses reliques ont été transférées dans une église portant son nom, détruite pendant la Révolution.

OSCAR, voir Anschaire


OSWALD
(† 992) ABBÉ – MR 28 février. Né en Angleterre, moine de Saint-Benoît-sur-Loire, il est évêque de Worcester. Il fonde l’abbaye de Ramsay et le monastère de Worcester. Il est ensuite archevêque d’York. Il meurt à genoux en lavant les pieds à douze pauvres.

OUEN
(v. 600-684) ÉVÊQUE – MR 24 août. Né à Sancy-les-Cheminots (Aisne), il bénéficie d’une éducation soignée qui le fait admettre dans l’entourage du roi Clotaire II, où il fait la connaissance de saint Éloi . Ils sont l’un et l’autre les principaux conseillers du roi Dagobert I er qui les appelle à l’épiscopat en 640. Saint Ouen devient le 20 e évêque de Rouen. Il poursuit la christianisation de la Haute-Normandie en s’appuyant, comme c’est le cas dans toute l’Europe, sur l’institution monastique. Il demeure le conseiller écouté des rois mérovingiens et négocie la paix entre Neustrie et Austrasie. Mort près de Paris (ce lieu s’appellera Saint-Ouen), il est inhumé à Rouen dans l’abbaye qui portera également son nom. En France, 39 localités se sont placées sous sa protection.
P

PABLO , forme espagnole de Paul


PACO, voir François


PACÔME
(v. 292-348) ABBÉ – MR 9 mai. Né en Haute-Égypte de parents païens, il se convertit au christianisme à l’âge adulte. Très vite attiré par la spiritualité du désert, il se met sous la direction d’un ermite. Puis, en 325, il s’établit en un lieu retiré de la région égyptienne de Thèbes (Thébaïde), où bientôt affluent des disciples qui forment une communauté autour de lui. Il rédige à leur intention une r