Le Printemps des étoiles , livre ebook
194
pages
Français
Ebooks
2013
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De la fenêtre de sa chambre, Ilse pouvait contempler les vastes étendues de pins et d’épicéas qui recouvraient les collines de la région aux sommets arrondis. La profondeur de la vallée dans laquelle était logée la rivière contrastait avec les hautes cimes des arbres qui semblaient toucher le ciel. La rivière s’écoulait en un lent et doux murmure auquel s’ajoutait le chant des oiseaux, venus célébrer le début du printemps, la fin de l’hiver, à l’ombre des vignes en fleur. Ilse savourait le paysage: son éclat, son chant, son parfum. «Comme c’est beau!» pensait-elle. Elle pouvait sentir l’odeur des premières fleurs, apercevoir les bourgeons qui s’épanouissaient doucement, entendre la nature chanter comme une ode au bonheur de vivre. Cette nature embellie réjouissait le cœur de la jeune fille. C’était une invitation secrète, une invitation au chant et à la danse qu’elle lui adressait en un murmure, mais il fallait comprendre son langage. Ilse promenait ses yeux ici et là sur le paysage que lui offrait le printemps revenu. Elle aurait voulu voir plus loin, entendre et goûter davantage, mais un bruit inopiné vint perturber ce doux spectacle.
– Ilse! Ilse! entendit-elle crier.
C’était tante Maria qui appelait. Ilse descendit en hâte et se retrouva dans la cuisine.
– Va acheter du pain, lui commanda Maria.
– Oui, répondit-elle, non sans penser avec joie au privilège de pouvoir sortir prendre l’air.
Ilse acquiesça d’un hochement de tête et partit.
Le printemps semblait plus magnifique encore. Dehors, elle pouvait savourer le parfum du beau temps revenu, du soleil qui avait tant manqué au cours des derniers mois. «Il fait si froid», avait-elle souvent grogné pendant les longues semaines d’hiver. Un hiver qui n’était pas sans beauté, d’ailleurs, lorsque la neige était au rendez-vous. La jeune fille décida de passer par le petit parc que bordait l’avenue principale. Au centre, il comportait un étang joliment entouré d’arbustes et d’arbres fruitiers de toutes sortes. Ilse marchait sur le sentier de sable, rencontrant de temps à autre un ou deux passants, voire des enfants venus s’amuser à bicyclette. Enfin, elle arriva à la boulangerie. Le boulanger ne manqua pas de faire remarquer que le temps était au beau fixe. C’était un petit homme corpulent et moustachu, très généreux et chaleureux. Il avait pris Ilse en affection depuis la mort de ses parents. Il l’avait vue grandir dans cette ville et jouer aux côtés de ses propres fils. Ces derniers n’étaient guère plus âgés qu’elle et ils l’aimaient bien. A l’annonce de la mort des parents d’Ilse, ils lui avaient confectionné une petite poupée de chiffon de toutes les couleurs. La petite n’avait alors pas plus de 10 ans. La poupée, Ilse s’en souvenait et la gardait précieusement dans sa chambre, sur sa table de chevet. Elle lui rappelait Hans et Dieter (c’était ainsi que s’appelaient les deux fils du boulanger). Elle les voyait moins souvent désormais. Les études leur demandaient beaucoup de temps, mais elle pouvait toujours compter sur eux, elle le savait.
Comme d’habitude, le boulanger fut gentil et donna à la jeune fille une viennoiserie aux raisins secs.
– Comme tu les aimes, précisa-t-il en tendant le petit pain doré aux raisins.
– Merci beaucoup, répondit Ilse. Vous êtes toujours si bon envers moi.
– C’est parce que je te connais depuis toujours. Pour moi, tu seras toujours la petite fille aux tresses brunes, au tablier blanc taché de cassis lorsque…
– Lorsque je mangeais trop? continua Ilse en riant.
– Ce n’est plus le cas! Heureusement, car avec le temps, tu es devenue le phénix de cette ville! D’ailleurs, sans toi, le printemps ne serait même pas le printemps.