Réflexions sur le Christianisme - Tome 2
448 pages
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Réflexions sur le Christianisme - Tome 2 , livre ebook

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Description

Le christianisme occidental est-il à bout de souffle comme le veut une opinion répandue? Serait-il au contraire, ainsi que l'assurent certains, une religion largement méconnue dont bien des germes, pourtant présents dès le début, n'ont pas encore été suffisamment pris en compte, lesquels, enfin développés, permettraient son éventuelle "résurrection"? Comment dissiper la "névrose" chrétienne? Ce second tome évalue les responsabilités du christianisme dans la crise du monde moderne. Il émet, pour finir, quelques hypothèses sur son avenir prévisible. Réfléchissant aux contradictions, intolérances, manques, et abus de cette religion, l'auteur, lui-même chrétien, signe une oeuvre colossale et indispensable.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 mars 2013
Nombre de lectures 62
EAN13 9782342003703
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0090€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait












Réflexions
sur le Christianisme
André Hanssens










Réflexions
sur le Christianisme

Tome 2


















Publibook
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IDDN.FR.010.0117907.000.R.P.2012.030.31500




Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2013















Cinquième partie.
Responsabilités du christianisme
dans la crise du monde moderne



Chapitre Premier.
du sacré au profane



« Le christianisme, dès le début, est un agrégat de formes
morbides qui s’agglomèrent et se cherchent », écrivait
Nietzesche (VP I 342). Ces formes, la III partie de nos « Réflexions »
les a longuement étudiées : sentimentalité bhaktie, obsession du
péché, hantise de la culpabilité, vision dualiste, glorification de
1la souffrance, ascétisme souvent dépravé , morale castratrice,
mysticisme baigné dans une atmosphère malsaine.
La religion chrétienne, dans sa version romaine officielle, ne
s’est jamais débarrassée de ces caractères, qui ont forcément
imprimé dans la conscience occidentale des marques
indélébieles. Ces traces, notre V partie s’efforcera de les repérer.
A. Les avatars de la morale castratrice
Dès sa naissance, l’Église a voulu « libérer » du corps, de
ses tendances et attirances, l’âme du converti, qui, à ses yeux,
importait seule. Saint Antoine, ermite et premier initiateur de la
evie cénobitique (III-IV s.) « avait honte d’être forcé de manger,
de se reposer en dormant et de se voir assujetti aux diverses
nécessités du corps » (d’après La vie d’Antoine, d’Athanase), et
rappelons-nous l’avertissement de saint Bernard à ses
postulants : « L’esprit seul entre ici, on n’y a pas besoin des corps ».
Une telle « libération » de l’âme engendre une guerre
permanente, farouche, de l’être contre lui-même en tant que nature, et
contre toute la nature environnante, jugée source perpétuelle de
tentations. Ce n’est pas pour rien qu’Antoine vivait entouré de
« démons ».
Dans la conscience catholique ainsi écartelée à force
d’endoctrinement axé sur une morale objective de tabous,
11 l’autorité de l’Église finit par s’intérioriser en « surmoi ».
Disparaît alors la distinction entre commettre le « mal » et
simplement désirer, rêver confusément le « mal ». Ainsi que
l’exprimera Freud (MC 61), rien ne demeure caché au surmoi
bien entraîné, pas même les pensées les plus secrètes.
L’anxiété occupera donc dans la conscience pieuse une place
prépondérante, et s’élargira en véritable angoisse à partir du
eXIV s. et, davantage encore, de la Contre-Réforme,
anxiétéangoisse considérée souvent par les confesseurs comme une
vertu propre à préserver de l’orgueil. Au moins dans la pratique,
la sainteté catholique sera identifiée à la suppression héroïque
de la concupiscence, à l’éradication de tous les penchants de
l’être vers « la nature ».
« Faire mourir toute cette nature si nuisible aux parfaits
imitateurs de Jésus-Christ… » (Marie de l’Incarnation ; III, 320)
« Refuser l’affection à toutes les créatures pour la donner
entièrement au Créateur » (Surin, C VIII)
Personne ne se sentira plus écrasé par le sentiment de son
indignité que le saint catholique, rongé de scrupules continuels.
Au tréfonds de lui-même, il ne peut s’empêcher de se sentir fier
de ses efforts ascétiques et de son « humilité », fierté dans
laquelle aussitôt il décèle la présence d’orgueil, péché capital. Un
parfait cercle vicieux.
Certes, note P. Tillich (C 101), traditionnellement l’Église
fournissait un antidote à cette angoisse : elle-même, avec la
panoplie de ses sacrements, l’autorité de son magistère et la
garantie de la parole divine qu’elle ne pouvait ni se tromper ni
nous tromper. Mais là aussi, un piège béait : pour se rendre
indispensable, par sa pastorale de la peur, elle a, durant des
siècles, entretenu cette angoisse. Autre cercle vicieux…
Seulement, quels que soient les tabous inscrits dans le
surmoi, en l’homme la nature ne cesse de réclamer son dû ; et
plutôt que de voir leur anxiété se muer en névrose ou en folie –
tout le monde n’est pas le P. Surin –, nombreux sont ceux qui
piétineront les tabous, de manière ouverte ou plus fréquemment,
derrière le paravent de l’hypocrisie. De tout temps, il y eut des
libertins, frustes ou érudits, dont les enseignements de l’Église
n’atteignaient guère les profondeurs, sauf quelquefois sur leur
lit de mort.
12 Vint le jour où, la foi collective affaiblie, les certitudes
individuelles effilochées, l’Inquisition anémiée, sous l’action des
« Lumières », cette formidable compression morale rompit,
dans l’âme d’une majorité de plus en plus nombreuse
d’Occidentaux, ses barrages séculaires. Le pansexualisme
débridé, l’anomie cynique où patauge l’humanité actuelle n’est
que la réaction, à long terme inévitable, engendrée par des
siècles de rigorisme et de pudibonderie. « La froide lascivité
moderne est le christianisme retourné. C’est le dédain de
l’ascète pour le corps exprimé de manière différente – le dédain
et la haine. Vous vous haïssez vous-même, vous autres, vous
haïssez la vie. Vos seules alternatives : la promiscuité et
l’ascétisme – deux formes de mort. » (A. Huxley, CI 172)
Détail significatif : dans nombre de consciences actuelles
« libérées », l’anxiété, l’angoisse demeurent, d’autant plus
nocives qu’elles sont désormais privées de répondant
métaphysique ou religieux.
B. Les fruits du dualisme
« L’homme chrétien s’est trouvé écartelé par l’opposition
entre le péché et la grâce sanctifiante, le croire et le savoir, plus
trivialement entre le mysticisme et la sensualité, plus
abstraitement entre la vérité du fait historique et la vérité intérieure,
l’objet de la foi incarnée dans l’histoire et la réalité spirituelle
non conditionnée par le temps, la littéralité du donné révélé et la
signification spirituelle, etc. À tel point qu’avec la
sécularisation post-chrétienne, la maladie n’a fait que changer de nom, la
sociologie succède d’autorité à la théologie, avec l’assistance de
la psychanalyse. On ne parle plus de péché, mais du complexe
de culpabilité, de frustrations. » (H. Corbin, EII III-VI)
De tout temps, le christianisme s’est montré peu apte à
concilier des points de vue qui ne soient pas absolument les mêmes
et, en outre, exprimés dans les mêmes termes. (cf. D

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