L’utopie du tout renouvelable
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Description


L’adéquation entre un système électrique reformaté en fonction de la politique bas carbone de l’Union Européenne et les critères de sécurité d’approvisionnement électrique, de compétitivité et d’empreinte carbone, est-elle réalisable ?



Une production d’électricité entièrement renouvelable d’ici à 2050 (encore très largement intermittente à cette date) exigerait des investissements énormes dans les réseaux de transport et de distribution d’électricité, y compris dans les interconnexions entre pays voisins et dans l’électronique, ainsi que dans le stockage d’électricité.



Ces dépenses qui affectent lourdement le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des industries, viennent s’ajouter aux contraintes imposées aux consommateurs finaux et ne se justifieraient que si des technologies efficaces sont disponibles, en temps voulu, à des coûts suffisamment bas, et si la dépendance des importations électriques reste très limitée. Cette situation est aggravée en cas de sortie du nucléaire dans les Etats membres qui en disposent.




Ingénieur électricien et mécanicien de l’Université de Louvain (UCL), Jean Pierre Schaeken Willemaers a commencé sa carrière comme enseignant dans cette même université. Il est, à présent, administrateur d’entreprises industrielles, membre de l’« advisory board » de l’Institut Thomas More (Paris) et Président du pôle énergie, Climat, Environnement de ce think tank.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 99
EAN13 9782803105991
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

L'UTOP IE DU TOUT RENOUVELABLE
J.P. SCHAEKENWILLEMAERS
L'utopie du tout renouvelable
PRÉFACEDEJEAN-POLPONCELET
Académie royale de Belgique rue Ducale, 1 - 1000 Bruxelles, Belgique www.academieroyale.be
Informations concernant la version numérique ISBN : 978-2-8031-0599-1 © 2017, Académie royale de Belgique
Collection L’Académie en poche Sous la responsabilité académique de Véronique Dehant Volume 97
Diffusion Académie royale de Belgique www.academie-editions.be
Crédits Conception et réalisation : Laurent Hansen, Académie royale de Belgique
Couverture : Loredana Buscemi, Académie royale de Belgique
Publié en collaboration avec/avec le soutien de
Préface
L’Union européenne ambitionne une politique en matière d’énergie qui doit concilier équitablement trois objectifs : sécurité, compétitivité, durabilité. La sécurité de l’approvisionnement est — à raison — une préoccupation majeure. À cette contrainte sécuritaire s’ajoutent les exigences d’une compétitivité accrue, au nom d’une croissance européenne à maintenir ou à retrouver ; l’énergie en est précisément un facteur essentiel. Enfin, les menaces sur le climat de la Terre font l’objet de préoccupations croissantes. Il faut d’urgence agir. L’Europe veut jouer un rôle dans la mise en œuvre d’un développement plus durable. L’ambition européenne déclarée procède cependant d’une antinomie fondamentale : alors que le Traité de Lisbonne fait de l’énergie une compétence partagée et définit des objectifs pour la politique commune de l’Union, il conforte simultanément les responsabilités exclusives et donc la souveraineté des États membres s’agissant des principales décisions en la matière. Une véritable politique commune est donc du domaine de la spéculation ou duwishful thinking, comme l’attestent les mesures que continuent à mettre en œuvre au coup par coup les États membres au nom de leurs prétendus intérêts. Au surplus, dans la pratique les préoccupations climatiques et environnementales prévalent au détriment de la sécurité et de la compétitivité. Les activistes de la cause, confondant la fin et les moyens, répètent en effet un message réducteur, voire simpliste : « tout renouvelable ». Ils présentent souvent l’option des énergies renouvelables, même précipitée et parfois confuse, comme une voie consensuelle, à l’opposé notamment d’une énergie nucléaire décarbonée certes, mais toujours controversée. Les solutions techniques renouvelables potentiellement disponibles — éoliennes et systèmes photovoltaïques — ne s’appliquent cependant qu’à la production d’électricité. C’est une énergie secondaire certes plébiscitée pour la diversité de ses usages mais qui ne représente encore qu’une part de nos besoins. Presque malgré lui, le secteur électrique se retrouve dès lors au cœur des dispositifs envisagés pour introduire des mesures d’encouragement en faveur des énergies renouvelables. Le projet de grand marché de l’électricité escompté depuis la fin du dernier siècle se retrouve ainsi, par opportunisme ou par facilité, détourné au seul service d’ambitions climatiques. Il est sinistré. Produire à bref délai, et même à moyen terme, dans le respect de la sécurité d’approvisionnement et de la compétitivité, une électricité totalement décarbonée exclusivement au moyen des énergies renouvelables est une ambition immense au regard de la disponibilité, du coût et des performances des technologies disponibles. Est-elle pour autant déraisonnable ? Les milieux académiques et scientifiques ont tardé à accorder à ces questions le bénéfice de leurs études et de leurs analyses. Le petit opuscule qui suit apporte une contribution à cette nécessaire discussion. À ce jour, l’électricité mondiale n’est décarbonée qu’à concurrence d’un tiers. C’est pour la moitié grâce aux grands barrages hydrauliques et pour un tiers grâce à l’énergie nucléaire. En Europe, cette dernière représente même la moitié de l’électricité déjà décarbonée. Exiger de renoncer, pour des raisons idéologiques ou doctrinaires, à la fois à la grande hydraulique et à l’énergie nucléaire, soit à plus de 85 % des résultats déjà acquis, en prétendant par ailleurs vouloir décarboner intégralement la production d’électricité grâce aux solutions dites renouvelables, procède évidemment d’une espèce d’aveuglement dogmatique. On l’oublie trop souvent : la première priorité d’une stratégie énergétique visant à une décarbonation effective serait de réduire la consommation d’énergie. De multiples analyses démontrent en effet qu’agir sur la demande en améliorant l’efficacité énergétique et en stimulant les économies d’énergie est la démarche la plus « rentable ». C’est pourtant le point le plus faible du paquet « énergie-climat » de la Commission européenne et des politiques unilatérales des États membres. Cela nous ramène à d’autres questions essentielles : comment assurer la compétitivité de
l’Europe et la sécurité de son approvisionnement, notamment face à une Russie nostalgique de sa puissance passée ? Les procédures de marché peuvent-elles générer les signaux-prix suffisants pour permettre les gigantesques investissements nécessaires ? Quel type de régulation publique permettrait-elle d’y faire face, tout en intégrant progressivement les mutations techniques qui accompagnent l’évolution en cours ? On le voit, les solutions ne peuvent se réduire à des slogans en ligne limités à 140 caractères ou à des postures médiatiques doctrinaires. Je me réjouis qu’à travers ses travaux et ses publications l’Académie royale de Belgique apporte sa contribution à l’indispensable débat sur l’énergie. Quoi qu’on veuille, cette dernière reste la condition du progrès et donc de notre bien-être. Jean-Pol Poncelet Ancien Ministre Membre de l’Académie royale de Belgique
Avertissement
L’objectif du présent opuscule est d’appréhender les incidences, sur l’économie et la société, d’un reformatage du système électrique européen dans le cadre d’une stratégie bas carbone. Celle-ci s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, initiée par les Nations unies. Une telle politique se fonde sur la prémisse que les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique sont la cause du réchauffement climatique. Selon cette approche, le système électrique ne peut être, à terme, que 100 % renouvelable. Cette brève étude s’intéresse essentiellement aux conséquences d’une politique énergétique fondée sur la réduction drastique de ces émissions. Elle n’implique pas une prise de position sur la pertinence de l’assertion selon laquelle le changement climatique est, principalement, dû aux GES émis par les activités humaines. Par contre, elle conduit à un questionnement sur la faisabilité sociale et économique d’un mix électrique entièrement renouvelable d’ici à quelques décennies.
Remarques liminaires
Les partisans du plafonnement de l’augmentation de température terrestre à 2°C estiment indispensable de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 80 % d’ici à 2050 par rapport au niveau de 1990. 1 Pour sa part, la Commission avait confié à l’European Climate Foundation (ECF) une étude (Roadmap2050) sur la faisabilité et les défis d’une telle diminution des émissions des GES. Les 2 résultats en ont été publiés en avril 2010 . 3 Le 8 mars 2011, la Commission confirme la conclusion de ce rapport . 4 En 2015, la Commission européenne a adressé une communication , entre autres au Parlement et au Conseil européens, sur le cadre stratégique pour une Union de l’énergie résiliente dotée d’une politique clairvoyante en matière de changement climatique dont les points principaux sont résumés ci-après. La stratégie de l’Union européenne en matière énergétique se décline en cinq dimensions : — la sécurité énergétique ; — la pleine intégration du marché européen de l’énergie ; — l’efficacité énergétique comme moyen de modérer la demande ; — la décarbonation de l’économie ; — la recherche, l’innovation et la compétitivité. L’objectif d’une Union de l’énergie solide, dotée d’une politique climatique ambitieuse, est que les consommateurs de l’Union européenne (ménages et entreprises) puissent disposer d’une énergie sûre, soutenable et compétitive, et à des prix raisonnables. La réalisation de celui-ci impose de modifier en profondeur le système énergétique européen. En ce qui concerne le secteur électrique, les décisions et orientations suivantes ont été prises dans le cadre de la politique bas carbone : — un objectif minimal spécifique d’interconnexion électrique transfrontalière a été fixé, d’ici à 2020, à 10 % de la capacité installée de production d’électricité des États membres. La Commission propose de porter cet objectif à 15 % en 2030 ; — le Conseil européen a fixé, en octobre 2014, l’objectif d’améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 27 % d’ici à 2030 par rapport à 1990 (non contraignant au niveau des États membres). Cet objectif sera réexaminé en 2020 dans la perspective de porter ce chiffre à 30 % pour l’ensemble de l’Union ; — il est également prévu que l’Union s’engage à réduire d’au moins 40 % ses...
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