Anthropologie de l accouchement à domicile
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Description

L’accouchement à domicile est un événement biologique et social qui fait appel à la solidarité entre femmes dans les communautés rurales haïtiennes technomédicalement démunies. Les naissances difficiles sont traversées de conceptions nomologico-causales et de conceptions exocausales. Dans le premier cas, elles sont perçues comme des phénomènes procédant de lois naturelles et relevant de ce fait des compétences des matrones (mais rien n’empêche un homme de réaliser un accouchement dont le « blocage » est dû à la lenteur de la nature). Dans le second cas, elles sont considérées comme des phénomènes bloqués par une personne malveillante, un lwa ou un mauvais esprit obligeant les matrones et les proches de la parturiente à céder tout ou partie du terrain de l’accouchement à des hommes appelés houngans exerçant occasionnellement le métier de sajès ou fanm chay gason (sages-hommes traditionnels), à des médecins-feuilles qui s’y connaissent un peu en vodou, ou à des mambos. En Haïti, la transition d’une pratique obstétricale traditionnelle prétendument dangereuse à l’industrialisation toute-puissante du phénomène de la naissance n’est pas souhaitable, d’après les témoignages que nous avons collectés auprès des mères et des matrones.

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Nombre de lectures 1
EAN13 9791095177265
Langue Français

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Exrait

Anthropologie de l'accouchement à domicile Les mères, les matrones et les sages-hommes traditionnels d'Haïti prennent la parole

par
OBRILLANT DAMUS


| Collection Espace, territoires et société |


Dédicace
Je dédie cet ouvrage à ma mère qui m’a permis d’observer dans le nid familial la naissance de ma sœur cadette quand j’avais trois ans. Cette paysanne a accouché de ses trois enfants à domicile.

Ma mère
Crédit : Damus, O., 2020
Remerciements
Je voudrais remercier les médiateurs et les médiatrices qui ont contribué à la réussite des enquêtes (ateliers de dialogue locaux, entretiens individuels et collectifs) sur lesquelles s’arcboute cet ouvrage : Monsieur Belmondo Dief Lucdor (Jean-Rabel) ; Monsieur Yvener Desterar (Bainet) ; Monsieur Joassaint Fritzner (Jean-Rabel) ; Madame Anthonyne Éd. Lucdor (Jean-Rabel) ; Madame Marie Danielle Lucdor (Jean-Rabel) ; Madame Claudine Petit-Homme Philor (Jean-Rabel) ; Madame Alberta Dieujuste (Jean-Rabel) ; Madame Natacha Pierre-Victor (Jean-Rabel) ; Monsieur Wilner Léon (Bainet) ; Madame Rosemonde Moreau (Bainet) ; Monsieur Price-Carlo Domond (Plateau-Central).
Mes remerciements les plus chaleureux s’adressent aussi à la Fondation Denis Guichard (France), à mesdames Sunami Inoue (Japon) et Ketheline Lindor (France/Haïti) pour le soutien financier apporté à la réalisation des enquêtes sur l’accouchement à domicile, ainsi qu’à mesdames Isabelle Jezequel et Lucie Hubert (France) qui ont relu le tapuscrit à titre bénévole.
Préface 1
Ce livre se présente très clairement comme un plaidoyer pour la défense des connaissances locales et autochtones en tant que savoirs experts et expérientiels détenus et pratiqués par des accoucheurs et accoucheuses traditionnels haïtiens (matrones, docteurs-feuilles, houngans et mambos ) qui réalisent une très grande partie des naissances en milieu rural. Ces connaissances qui se transmettent (de mères à filles le plus souvent) sont essentielles à « la préservation du lien social ou la filiation communautaire ».
Plus largement, cet ouvrage qui oscille entre récit ethnographique et analyse anthropologique soulève des questions de fond pour nos disciplines : En quoi la connaissance de savoirs et compétences traditionnels liés à l’expérience peut-elle permettre d’interroger les pratiques de l’obstétrique ultramoderne et ses effets iatrogènes (largement décrits par la littérature) ? Quel impact ces « traditions », décrites comme bienveillantes par l’auteur, peuvent-elles avoir localement sur les pratiques de naissance dites modernes dans les hôpitaux des grandes villes en Haïti ou plus globalement sur la technicisation de la mise au monde ?
Cet ouvrage est d’abord utile pour rendre compte, faire le récit par l’écriture de la pratique traditionnelle en Haïti exercée par des personnes qui sont habituellement «  exclues de la parole  » et qui ont peu conscience de la richesse de leur savoir. On y apprend par exemple que la grossesse est considérée autant par les «  fanm chay  » que par les parturientes comme un événement normal, naturel, mais pas «  totalement sans risque  », que ces dernières consultent peu pendant la grossesse, voire pas du tout, que les consultations sont totalement détechnicisées – la parole étant plus rassurante que tout geste dit scientifique – et qu’il est attendu des gestantes qu’elles possèdent un savoir sur la mise au monde qu’elles doivent mobiliser pour aider l’intervenant traditionnel choisi. De fait, même si certaines souhaiteraient accoucher à l’hôpital, elles sont trop pauvres ou redoutent tant les violences obstétricales qu’elles préfèrent accoucher à la maison (« parfois dans la nature, dans un marché ou sur un chemin »), y compris si elles ont connu précédemment des accouchements pathologiques. Nous avions déjà en partie connaissance de ces éléments par les précédents travaux de l’auteur [1] (de façon moins précise qu’il ne les présente dans cet ouvrage) et par d’autres contributions de chercheurs qui ont travaillé notamment en Afrique [2] .
Mais, de mon point de vue, ce qu’il faut surtout retenir de ce travail, c’est qu’il s’inscrit plus largement dans une perspective réflexive sur la santé globale et qu’il interroge sur les conditions à mettre en œuvre pour reconnaître les savoirs autochtones comme compétences.
Ainsi il permet de discuter de plusieurs notions. Tout d’abord, celle de nature qui est ici multiple. Si la nature est au centre des pratiques (recours par exemple à des plantes médicinales), celles-ci reposent également sur une médecine spirituelle (invocation de saints, d’esprits). Ainsi, cet ouvrage révèle toute la complexité du système de référentiel des pratiques des matrones et autres praticiens traditionnels puisque des descriptions très précises nous permettent de comprendre que «  le réel et l’imaginaire, la culture et la nature  » ne s’opposent pas. Ils fonctionnent ensemble et ont la même valeur. Comme le dit l’auteur, les «  savoirs sont ouverts  ». C’est l’ensemble des éléments à disposition des professionnels qui font sens et qui sont mobilisés pour la réussite de l’accouchement.
Les notions d’« (auto, endo, exo) épistémicide » et, de façon sous-jacente, celle de hiérarchie des savoirs sont aussi centrales. En effet, ce travail est particulièrement pertinent pour montrer comment les tradipraticiens interrogés participent eux-mêmes à la disparition des savoirs locaux ou la subissent. Tout contact avec la médecine occidentale se payerait par la perte, le dénigrement d’une pratique ancienne qui a pourtant fait ses preuves au quotidien (d’ailleurs, l’auteur note qu’il faudrait reconnaître une «  dimension scientifique aux savoirs de matrones parce qu’ils sont fondés sur l’observation empirique et l’expérimentation  »), mais qui ne répond pas à l’exigence de la médecine des preuves ( Evidence-Based Medicine ). Pourtant l’expert n’est-il pas celui qui – au sens premier – est un individu « rendu habile par l’expérience », qui a un « savoir d’usage » [3]  ? On peut aussi citer T. Borkman [4] pour qui les savoirs expérientiels sont : « truth learned from personal experience with a phenomenon rather than truth acquired by discursive reasoning, observation, or reflection on information provided by others. »
Ainsi, l’auteur plaide pour l’ entraide épistémologique, pour que le vodou ou l’invocation d’un Saint puissent côtoyer n’importe quels autres savoirs du Nord. Mais peut-être faudrait-il pour cela que les connaissances de la matrone ne soient pas seulement reconnues comme des croyances, notion qui de fait s’oppose aux savoirs. La problématique de la reconnaissance semble être au cœur du problème de statut que rencontrent les intervenants en « ethno-obstétrique ». Leurs « savoirs non institutionnalisés » empêchent, pour l’auteur, « l’émergence d’une conscience du savoir » et ne permettent pas de développer un « sentiment de compétences et d’efficacité personnelle ».
Enfin, même si en Haïti des hommes (sages-hommes traditionnels, médecins-feuilles et houngans ) peuvent intervenir dans la parturition, il semble qu’on retrouve de la même façon un principe déjà mis en évidence par F. Saillant [5]  : « Chaque fois que les ressources médicales et socio-sanitaires (sont) rares ou peu accessibles, les femmes semblent alors savantes » et inversement. En Haïti, nous sommes probablement à la croisée des chemins. La diffusion des savoirs dits scientifiques dominés par la biologisation [6] commence à insuffler l’idée que « les femmes et leurs savoirs sont considérés comme des entités douteuses et contestables ».
Béatrice Jacques
Maîtresse de conférences en sociologie, chercheuse au Centre Émile Durkheim (UMR 5116), Université de Bordeaux
Préface 2
Il y a plusieurs obstacles qui empêchent l’accès des femmes du milieu rural au système sanitaire national, notamment au personnel qualifié et au plateau technique de l’accouchement : obstacles d’ordre géographique, c’est-à-dire liés à la distance et à l’état des routes qui relient les lieux de résidence des femmes à l’hôpital le plus proche ; obstacles d’ordre économique, c’est-à-dire concernant les coûts des actes, des pratiques et des médicaments ; obstacles d’ordre technique, c’est-à-dire liés à la qualité de l’accueil, à la disponibilité et à la qualité des soins ; obstacles liés au comportement du personnel vis-à-vis des femmes et au retard dans l’assistance à la parturiente. Il est important de noter qu’il existe d’autres obstacles d’ordre socio-anthropologique, culturel, voire religieux, liés, d’une part, aux croyances, attitudes, connaissances traditionnelles ou populaires, aux expériences vécues sur les différents aspects de la vie reproductive, et, d’autre part, à la conception endogène (traditionnelle) de l’accouchement, aux interrelations avec les réalités visibles et surnaturelles et aux équilibres entre les espaces physiques et métaphysiques qui entourent les femmes, aux concepts mêmes de la vie et de la mort au moment de l’accouchement.
C’est pour tout cela qu’il est plus qu’important de plaider pour une vision holistique de la santé de la reproduction et de l’accouchement, c’est-à-dire l’utilisation de toutes les expériences et ressources positives disponibles, accessibles, acceptables, adaptées à la culture et aux perceptions socioculturelles des populations. Cela doit se faire selon la définition de la médecine traditionnelle et les nombreuses recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La médecine traditionnelle est selon l’OMS : « L’ensemble de toutes les connaissances et de toutes les pratiques, explicables ou non, transmises de génération en génération, oralement ou par écrit, utilisées dans une société humaine pour diagnostiquer, prévenir ou éliminer un déséquilibre du bien-être physique, mental, social, moral et spirituel. »
Depuis la déclaration d’Alma-Ata en 1978 jusqu’à la Stratégie de l’OMS pour la médecine traditionnelle pour 2014-2023 , l’OMS continue à réaffirmer la nécessité de mobiliser tout le potentiel de la médecine traditionnelle afin de réaliser la couverture sanitaire universelle.
Quand nous parlons de l’accouchement, « du bien accoucher », il y a lieu de tenir compte de chaque culture avec ses propres perceptions de l’accouchement et de leurs caractéristiques. Cette perception influence les approches, les stratégies, les choix, les moyens et les solutions apportées. Ces solutions impliquent des aspects psycho-socioculturels, religieux et environnementaux qui ne sont pas pris en compte par le système conventionnel. Dans ce contexte, il est important de donner la parole aux femmes protagonistes et aux actrices et acteurs reconnus au niveau communautaire pour l ’accouchement à domicile, notamment les mères, les matrones et les sages-hommes traditionnels d’Haïti.
L’objectif est de promouvoir la santé materno-infantile avant, durant et après l’accouchement à travers l’utilisation de toutes les expériences, pratiques et remèdes ayant fait la preuve de leur efficacité, de leur sécurité et de leur qualité.
La prise en compte de ces ressources par des activités : a) d’information, d’organisation, de mobilisation et de formation de toutes/tous celles/ceux impliquées/impliqués dans le cadre de la prise en charge communautaire de la grossesse, de l’accouchement et des soins à la mère et l’enfant ; b) la collecte d’informations sur les praticiens, les pratiques et les produits pour la formation et la recherche pour la promotion de la santé maternelle et infantile.
Pour les approches, il s’agit de : a) reconnaître de vraies intervenantes et de vrais intervenants comme des ressources à valoriser pour la santé maternelle et infantile et cesser de les considérer comme un problème ; b) valoriser leurs rôles dans le processus d’offre de soins ; c) rechercher des solutions aux cas d’échec des deux systèmes ; d) adopter des gestes et des comportements qui sauvent au cours de la référence des cas critiques au système conventionnel.
La méthodologie à recommander doit se baser sur l’ouverture des esprits, le respect réciproque, la disponibilité à l’écoute, le courage des uns et des autres à se mettre en discussion et à reconnaître ses propres limites. Il est aussi important de faire une analyse objective des expériences afin de valoriser les solutions, les protagonistes et les autres actrices et acteurs, notamment par la documentation et la capitalisation.
Les résultats obtenus doivent être exploités pour contribuer à la promotion de la santé maternelle et infantile par le respect du choix des femmes pour l’accouchement à domicile en sécurité et pour agir sur les quatre retards qui peuvent empêcher la femme qui accouche et le nouveau-né, en cas de problèmes, d’accéder aux soins de qualité au niveau de l’hôpital : a) le retard de la non-reconnaissance des signes de danger ; b) le retard dans la prise de décision au niveau de la famille ; c) le temps trop long pour arriver à l’hôpital ; d) le temps d’attente de la femme avant de recevoir les soins adéquats au niveau de l’hôpital.
La valorisation des expériences des mères, des matrones et des sages-hommes traditionnels peut contribuer à diminuer les deux premiers délais. Un système de transport organisé, rapide et à un coût bas peut réduire le troisième retard. La disponibilité d’un système de prise en charge rapide et de qualité au niveau de l’hôpital va permettre d’éviter le dernier délai.
Pour une promotion de la santé maternelle et infantile, nous proposons de revenir aux concepts fondamentaux de la santé comme un droit inaliénable pour tous, notamment pour les femmes et les enfants. Il faudra alors abandonner les approches néolibérales de la santé, comme un service payant et les pratiques de la coopération internationale pour la santé qui imposent des stratégies et des modèles comportementaux non adaptés aux réalités locales, souvent coûteux et inefficaces. Le système basé sur des preuves, des explications et des causes apporte des solutions « globales », classiques, qui exploitent les avancées scientifiques, technologiques et des plateaux techniques pour faire face aux différentes préoccupations. Ce système ne tient pas toujours compte des traditions, des expériences et des ressources locales en matière de santé de la femme.
Il est important de revenir aux expériences personnelles des femmes et à des initiatives innovantes, collectives et solidaires, sur les déterminants culturels, sociaux et économiques de la santé. Il faudra enfin restaurer l’éthique dans les comportements des prestataires de soins aux différents niveaux des soins de santé. Il faut des solutions qui tiennent compte des femmes, notamment à un moment délicat qui est l’accouchement. Il faut des solutions qui exploitent les ressources et les expériences positives des femmes et des matrones dans le cadre d’une collaboration. Il est important de faire un répertoire des tisanes et autres produits utilisés dans la prise en charge de la douleur pour des investigations en collaboration avec les institutions de recherche.
Nous félicitions et remercions l’auteur d’adopter, dans ce livre, une approche novatrice à travers « L’atelier de dialogue local, une technique d’enquête pour la promotion de la santé materno-infantile » qui a été un cadre d’écoute et de collecte des informations précieuses auprès des mères, des matrones et des sages-hommes traditionnels d’Haïti. De cette approche, il ressort le pouvoir important de la femme qui agit en toute responsabilité, qui vit et gère la grossesse et fait des choix pour son accouchement. C’est ainsi qu’elle préfère accoucher à domicile pour des raisons spécifiques, dans un environnement familial ; elle montre sa fierté d’accoucher seule, sa bravoure de supporter la douleur, elle décide de demander de l’aide à des membres de sa famille ou des personnes extérieures quand cela est strictement nécessaire. Elle préfère ne pas recourir à l’hôpital pour des raisons précises, par exemple à cause des expériences négatives antérieures d’elle-même ou d’autres femmes, aussi pour des raisons socioculturelles personnelles. L’auteur a le mérite de matérialiser les témoignages de quelques mères et quelques matrones sur l’accouchement, la gestion de la douleur de l’accouchement et du post-partum , les soins à la mère et au nouveau-né, qui utilisent des tisanes, des massages, des rites et des prières. Il existe des représentations genrées des accouchements difficiles qui font appel à l’expertise des sages-hommes traditionnels et à l’hôpital.
Au terme des récits, l’auteur propose une ouverture, notamment une collaboration entre les matrones haïtiennes et le système sanitaire national. Il est important de favoriser l’accès des femmes à risque au plateau technique de l’hôpital et aux moyens thérapeutiques, notamment pour la prise en charge de la douleur. Pour cela, il est important d’exploiter la confiance, l’enseignement et le respect mutuels, pour la mise en commun des expériences dans le domaine de l’accouchement. Il est important de promouvoir le rôle des matrones dans la détection rapide des signes de danger et dans l’accompagnement des femmes à l’hôpital afin d’attribuer une dimension humaine à l’accouchement dans les maternités publiques et de contribuer à la réduction du nombre de décès maternels et infantiles. Il est important de mettre en place une communication interculturelle adaptée à la réalité.
Avec la prise en compte des aspects positifs des deux médecines, un système de santé plus juste et plus efficace est possible pour le bonheur des femmes et des enfants en Haïti et dans le monde.
Rokia SANOGO
Professeure, Ph.D. Pharmacognosie, Faculté de Pharmacie, Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako (Mali), vice-présidente du comité régional d’experts de l’OMS sur la médecine traditionnelle dans la riposte contre la covid-19, juillet 2020.

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Annexe
Un entretien en créole avec deux matrones de Jean-Rabel sur l’accouchement à domicile (il a été transcrit le mardi 13 novembre 2012)
Obrillant  : Di mwen kòman ou akouche fanm.
Madame Angélina Exantus : Mwen menm lè m’ap fè akouchman… Premyèman, lè fanm nan gen doulè, koulya yo vin chèche mwen. Kounya lè m rive mwen gade li, mwen sonde li, mwen wè li gen bon doulè, epi koulya lè mwen wè li gen bon doulè, epi koulya mwen rete ap suiv li pou kan li akouche. Si m wè doulè a pa bon pou li, mwen transfere l lopital.
Gesner Débray  : Sa madam Exantus di a, mwen kore li. Sèlman m’ap joute kèk ti bagay : mwen menm lè yo voye rele m pou m al akouche on fanm ki sou pwen dakouchman, ki sa m fè pandan lè m rive : si m wè fason doulè a ye a, m gentan rapid, m benyen fanm nan. Lè m fin benyen l, m fè l mete… kelkeswa li pral lopital, kelkeswa li pa prale, m fè aranjman pou li, rad nesesè li, preparasyon bebe li, epi m’ap suiv. Gen kèk sin ki kapab prezante… Fanm sa, e si pou l akouche lakay ou ap gentan wè. Gon seri de teknik ou fè : si ou peze anba ti vant li, ou wè l du, konnen tèt pit sa li nomal : kounya li kapab gen chans akouche lakay. Men si ou wè l mou tou, li pa kapab akouche lakay, se lopital pou ale ansanm avè l. Enbyen gen ka nou menm matwòn ki pou nou, gen ka tou ki pa pou nou. Nou p’ap pran fòm, kòmsi nou si tèlman fò pou nou akouche, kenbe on moun lakay ki pa ka akouche lakay. Nou oblije mennen moun sa lopital. Gen pafwa tou depi yo voye rele ou, ou wè se tèt pitit k’ap parèt. Kelkeswa jan li ye, ou oblije tann jis pou pran timoun nan. Depi ou wè se bra, lè sa ou transfere rapidman lopital.
Obrillant  : Èske ou gon bagay ankò ou t’ap di, Madam Exantus ?
Madame Exantus  : Bon, ki vle di gendelè ou wè ponyèt timoun nan li soti. Men si ou se yon matwòn teknik gen kèk bagay ou ka fè, epi ponyèt la antre, epi aprè sa pitit la vire, li vin soti pa tèt li, epi li fèt nomal. Si ou gade tout mannèv ou fè, ou wè ponyèt la, se te ponyèt li pa rete pou timoun nan ka fèt, osinon se te pye li pa ka rete, epi kounya lè sa ou tou transfere li lopital.
Obrillant  : Èske ou konn akouche moun lopital tou, oubyen sèlman lakay moun ou akouche ?
Madame Exantus  : Lè m jwenn difikilte, mwen akonpanye akouchman an, m mennen l bay doktè. Men pifo akouchman mwen menm se lakay ke yo fèt. Nou genyen doktè Elisma. Kounya, ki vle di an mwenm nan tout matwòn, lè l’ap fè reyinyon asanble jeneral avan li te mouri, ke li te toujou di nan tout matwòn yo, non pa m plase an premye, paske m fè anpil akouchman, ki se akouchman jimo yo ye, de pitit. Doktè pa jwenn nan yo. E mwen pa janm voye akouchman sa yo ba yo. Se sèl rapò sèlman ke m voye ba li. Se sa k fè ke li di mwen se yon matwòn total. Pifo akouchman se lakay yo fèt. Apèn de sèl akouchman m te akonpanye pou vin lopital.
Obrillant  : E ou menm ki kote ou fè akouchman pa ou yo ?
Gesner Débray : M fè anpil akouchman lakay, mwen mennen lopital. Okontrè nou gon ti papye nan men la… Nou gen on seri de papye nan men. Doktè yo toujou pa nou garanti. Chak moun nou mennen lopital la, yo konn di y’a ba nou san dola. Kounya piske lajan sa yo nou pa janm konn jwenn yo, yo toujou di nou sere papye yo, nenpot lè gen kèk antèt ki vini y’ap prezante ka sa ba yo, jis petèt nou ka jwenn on ti patisipasyon. Moun konn al sou radyo, yo konn di y’ap bay chak matwòn 100 dola, yo pa janm ba yo lajan. Sa soti fè n’ap travay san garanti anyen. Ou konprann ! Jiskisi papye sa yo la. Kounya la, yo te konn ba nou papye, menm papye pa ba nou pa ankò.
Obrillant  : Ki kantite akouchman ou fè deja ?
Madame Exantus  : Bon, kantite akouchman ke m fè : mwen menm m’ap bay yon maksimòm. Bon, mwen mete on trant. Trant akouchman ke mwen fè paske tout rapò yo la sou kaye. Sa m konn bay nan dispansè, bagay sa. Men m nan mwa jiyè sa m kontinye fè m akouchman toujou. M gen rapò timoun ki fenk fèt nan mwad jen an la. Pou semèn sa m poko genyen. Nan mwad jen an m te gen twa.
Obrillant  : Konbyen akouchman ou fè ou menm ?
Gesner Débray  : Mwen menm m’ap akouche moun depi an 95. Sa si m di ou m ka konn konbyen akouchman m fè. M mèt di ou pitit mwen akouche gentan ap fè pitit. To de levasyon sa, m prèske pa ka konnen l. Gen yon seri de rapò m te konn bay lopital. Aprè sa, kèlkeswa jan li ye, gen kèk papye nou kenbe yo. Si se pou sa, m pa konn konbyen vre, pase m’ap ranmase pitit.
Obrillant  : Ou te pale m de akouchman jimo ?
Madame Exantus  : Twa akouchman jimo. Aprè yo fin fèt, piske se lakay yo fèt, kounya m fin okipe yo, epi manman pran kabann. Gon yon abitid andeyò, ou fè manman soti sou si jou. Aprè si jou kabann, sou ui jou, mwen fè manman ale nan klinik, avèk nan doktè.
Obrillant DAMUS : Kisa ou fè pou yo lè yo fin fèt ?
Madame Exantus  : Pandan timoun nan fin fèt, nan akouchman lontan, lè timoun nan fin fèt, granmoun te konn di nou, ansyen matwòn yo te konn di nou, lè timoun nan fèt li gon bagay nan vant li yo rele godwon. Se li menm ki toujou ap fè timoun nan mal nan vant li. Kounya (nou…) yo te konn fè bay timoun sa lay, miskad avèk luil dirisen. Kounya ou prepare on lòk ou bay timoun nan. Men depi byen lontan, vin gen doktè, kounya bagay sa pa fèt ankò. Depi timoun nan fin fèt, ou fin koupe lonbrik li, ou oblije pa ba l anyen ankò. Ou pa ba l ni dlo, ou pa ba l ni te, ou pa ba l ni manje pou rive si mwa. Se sou si mwa, timoun sa aprann manje, li aprann brè dlo, li aprann fè tout bagay. Manman la pou ba l tete rive si mwa. Epi si l ta gon bagay k’ap fè l mal tou, se doktè ki konnen sa k’ nan vant li an. Se li k’ ba l konprime pou sa. M pa bay lòk ankò.
Obrillant  : Ki sa ou fè pou yo ou menm, Gesner Débray ?
Gesner Débray  : Jan madanm Egzantis di a, timoun sa, tout sa li gen bezwen se nan lèt manman li jwenn li. Se lèt manman ki sèlman manje. Nou toujou ankouraje manman an pa achte lèt bay timoun nan. Lajan yo genyen, se yo pou ki pran swen tèt yo. Poukisa? Timoun nan ap jwenn tout bagay nan lèt la. Lèt la gen vitamin, li gen pwoteyin, li gen dlo, li gen sèl, li gen tout bagay nèt an jeneral. Rezon sa ki pèmèt depi timoun nan fèt, mete timoun nan nan tete. Kounya pandan timoun nan fin tete, ou wè premye poupou nwa li vin bay la, se li menm ki konn fè timoun nan mal. Lèt la se li menm ki vin ranplase lòk yo te konn bay la. Mwen menm grasadye, m pat gentan nan kesyon lòk. Mwen pa konnen l. Men gon lè m te lopital la, doktè a te pale on madanm. Madanm sa, kwak li mouri kounya, ki te mennen on ti pitit al fèt lopital la. Epi doktè a di l ba ba l lòk. Kounya li gentan veye doktè a, li ba timoun sa lòk. Timoun sa gon sèl vant fè mal ki pran l’. Kounya timoun sa vin konstipe. Luil makresti a vin twò lou nan vant li. Pandan li konstipe a, doktè a oblije poze l kesyon ki sa li te bay timoun nan. Kounya, li oblije pa ka kache doktè a ankò ke si l te bay timoun nan lòk. Pandan li di doktè a li te ba l lòk, kounya doktè a fè entèvansyon pou timoun nan, li fè l poupou. Timoun nan vin poupou, li bay luil makresti a touvif. Ou wè si se pat lopital la, li te gen chans pou l te pèdi lavi l. Men nou menm, depi doktè di nou, nou mache an kolaborasyon ak lopital. Tout sa lopital asepte nou asepte l. Sa lopital pa asepte tou, nou menm tou nou pa asepte l.
Obrillant  : Èske ou konn fè akouchman jimo ?
Gesner Débray  : Yon akouchman jimo m te jwenn. On sèl timoun ki te fèt vivan. Lòt la son timoun ki te fèt tou mouri li te ye. Lè sa e ren ti gason an ki te jwenn chans fèt tou vivan. On timoun tou piti, m pa konn si se gwo a ki te souse l. M poko jwenn chans fè de pitit vivan.
Obrillant  : Ki sa ou konn fè pou pwoteje timoun yo ?
Madame Exantus  : M pa ka di sa, si m pa konn fè l, m’ap di l kounya. Ki vle di mwen menm, gen matwòn ki di akouchman pa gen priyè. Mwen toujou di yo, si ou di akouchman pa gen priyè, ou poko matwòn. Ou ka moun ki koupe lonbrik yon timoun lè timoun nan fin tonbe atè paske sa yo rele matwòn nan se moun ki pran difikilte nan akouchman yon moun. E priyè pa mwen an pou pwoteje timoun nan se depi nan vant lè manman pa ka fè timoun nan. Si tankou se malfektè ki vin pou touye manman pou timoun sa pa gen lavi, mwen menm m gen de priyè m ka di sou vant manman an pou dekontwole priyè malfektè epi pou manman kapab fè timoun sa, pou timoun nan ka gen lavi pa l. Men depi timoun nan fin gen lavi pa l, li koresponn avèk bondye.
Gesner Débray  : Mwen menm m pa etidye lamajik. Men mwen menm se levanjil mwen ye. Nan bib la nou gen sòm de delivrans tou. Lè manman pa ka akouche tou gen kèk sòm nan moman sa n’ap fè yo resoti. Sòm de delivrans. Ou gen sòm karant yo ki toujou pale de delivrans, lè moun nan an danje ; ou gen sòm 6, lè moun nan anba tray. Se pou rele bondye, bondye ap tande ou. Depi se mechan ki bare ou, kanbyenmèm ou ap pase kanbyenmèm. Sa ou konnen se li ou itilize. Si m di ou lòt priyè mistik, bagay mwen pa konnen yo paske mwen menm fèt nan on fami kretyèn. Sa m konnen an se li m itilize.
Obrillant  : Ki priyè ou konn fè pou moun nan delivre ?
Madame Exantus  : Priyè sa fòk se vann pou m ta vann ou li (ri). Priyè sa se sekrè li ye doktè (ri ansanm).
Obrillant  : M p’ap ekri priyè a, ou mèt ban m on ti apèsi ?
Madame Exantus  : Ti apèsi a, ke vle di, m ka ba ou tèt priyè a. Men depi m ba ou tèt la se priyè a mwen ba ou. Tèt priyè a : pou pwoteje manman nan difikilte li, se yon priyè yo rele senmetòd. Premyèman ou rele bondye. Lè ou gade ou jwenn difikilte, difikilte a pètèt se nan on lòt branch li soti, ou ba l on priyè senmetòd. Kounya priyè senmetòd sa ou mete mechan kanpe nan wòl pa li, sou branch priyè pa li. Epi kounya ou mande delivrans pou ka jwenn kote pou pase avèk moun sa. Depi ou fin lage priyè senmetòd sa sou vant manman sa, m kwè toutkou si pitit la pat jwenn chans pou l deplwaye kote li te ye a kantmèm, osinon manman vin dezidrate, vin dekontwole, akouchman te vin on ti jan frèt, epi se lè sa ou pral tande manman komanse ap di ou « wey, wey… » Kou tande li komanse ap vole an pèt, epi ou di bon priyè a komanse fè aksyon. Kounya se avèk priyè sa yo nou oblije ede fanm yo nan akouchman, tristès pa yo. Men an fi ki akouche se avèk volonte granmèt la sèlman. Depi li fè timoun nan…Timoun pa konn pa fè mouvman nan vant li. Men gen de move mouvman pou jiskaske rive nan akouchman. Lè l rive nan akouchman, sa se grav nèt. Ou oblije pran tout priyè yo, epi pou wè si ou a reyisi moun sa. Se pa defèt ou ap defèt moun, se fè ou ap fè moun. Sitou pou ti bebe a ki pral fèt la, se li ki pral ranplase manman l aprè. Si manman mouri, l’ap mouri tou. Ou oblije ou menm ou degaje ou avèk priyè sa yo pou bay manman, pou manman jwenn lavi pa l, epi pou ti bebe a kapab gen lavi pa l. Se nan sans sa yo nou priye pou nou kapab fè akouchman.
Obrillant  : Apa priyè senmetòd la, ki lot priyè anko ou konn fè ?
Madame Exantus  : Nou rele bondye, pou bondye akonpanye nou paske yon timoun ki nan vant kote li kache a, se bondye sèlman ki wè l, e li ki mete, e li ki wè l. Premyèman ou rele bondye, ou mande bondye delivrans pou moun nan. Ou mande bondye delivrans pou moun nan. Kounya avèk sekou lapriyè nan non jezi a, epi fòk tout laglwa manifeste.
Obrillant  : De fraz nan priyè senmetòd la ?
Madame Exantus  : Ou ap peye m wi ! Nan faz priyè senmetòd la. Premyèman, ou fin di priyè senmetòd. Kounya ou pran tèt priyè a. Lè ou mete fas ou sou vant akouchman. Kounya ou di priyè senmetòd, aprè ou fin di priyè senmetòd epi kounya ou di se bondye non ou glorifye. Si se te malfektè tou nou mande ou ekate epi delivrans pou dam sa. Nou konnen fanm ansent pa konn mouri nan akouchman. Kote pitit antre e la l soti. Epi avèk la nou kenbe la pou kan (nou jwenn) m jwenn delivrans mwen. Priyè senmetoòd la, se li ki koresponn ak mechan; si se te branch mechan, si ou rankontre avèk akouchman ki gen enmi, difikilte; kounya se priyè sa ki ka koresponn avèk enmi an.
Obrillant  : Ki sa ki ka anpeche akouchman fèt ?
Madame Exantus  : Ou konnen, sa ki ka enpeche akouchman fèt. Petèt depi lè moun nan te ansent. Gen moun depi l ansent li jwenn pèsekisyon. Depi se sou tè sa ou ye, fòk ou jwenn pèsekisyon. Ki t ou te fè byen, ki t ou te fè mal. Pase ou gen pwòp afè pa ou, ou jwenn moun ki rayi ou pou li. Depi nan akouchman, lenmi an ki se Satan li k’ap pèsekite moun sa pou l jwenn chans pou l ravaje moun nan epi pou l ka jwenn nanm tibebe a. Kounya si fòs bondye kenbe moun nan depi nan ansant la. Gen moun ki konn di…Tankou lè moun nan gen lenmi.. Dam sa gwo vant. Mwen menm m fè eksprè pou m ka pèsekite l, m’al joure l. Kounya pandan m joure l, epi li menm li ogeye. Pandan li ogeye a, li di m yon bagay. Kounya m di m pral pare tann li nan akouchman. Kounya m pare pou tann nan akouchman sa. Se la, swa se vye chandèl, yo boule pou fè ranvwa pou moun nan pou l pèdi avèk tout pitit la. Lè l rive lè pou l akouche, ou wè… Yon timoun bondye plase nan vant yon moun, Bondye plase l pou l fè tandemwa nan vant li, epi aprè sa pou l mete l deyò. Ou konnen lè moun nan ap akouche li dwe gen doulè. Men gen de doulè ke rakontre, ki pa nan plas doulè bondye a. Kounya menm ou jwenn li pa nan plas doulè bondye a, kounya ou voye on priyè ba li tou. Ou konn tande granmoun di : si fè pa t konn koupe fè machokèt pa ta viv. Kounya, nou voye machokèt la bay Satan.
Obrillant  : Ki diferans ou fè ant doulè nòmal ak doulè ki pa nòmal ?
Madame Exantus  : Doulè ki pa nomal la Li gen de sans. Doulè ki nomal la : se pou wè, moun nan limenm menmsi li gen doulè a li byen dyanm. Li ka gen doulè a, l’ap regle tout afè l. li nan aktivite li, epi lè ou gade bebe a gentan fèt atè a. Osinon gen timoun tou ki renmen fèt devan moun. Menm kote doulè a pran l, li bese. Gen fi ki pè doulè tou, epi ou tande li rele wey. Pandan li rele nenpot kote ou te ye a, ou kouri al jwenn li. Lè ou rive, ou jwenn tibebe a gentan nan plas kote pou l fèt.
Move doulè a: tout fi a ap soufri, e swa ke bebe a pase yon bò sa, epi moun nan ap soufri li rive lè pou l akouche. Osinon bebe a monte, fi a sou akouchman, bebe a pase li monte la. Ou gade ou wè remak sa yo, se pa remak ki soti nan bondye : e lè sa ou wè kèk ti bagay ki fèt swa pandan fi a te ansent ki pare tann li pou l ba l pwoblèm pou detui lavi l ak tout bebe a nan akouchman. Epi ou menm nan sa ou konnen nan konesans ou ke konnen epi ou ede l.
Gesner Débray  : Depi on akouchman difisil mwen menm se lopital m mennen l. Paske gen timoun ki fèt andedan matris. Sa li menm ou ap ka fè l. Men si gen akouchman ki fèt andeyò matris, se pou doktè li ye. Lè sa ou p’ap ka fè l. Ou mèt te rele denyè a se dye ki te genyen, ou p’ap ka fè l, li pa pou ou. Gon akouchman kanbyenmèm se sezaryèn pou ki fè l. Fòk ou bay Seza sa k’ pou Seza, sa k’ pou bondye li pou bondye. Si m pa ka fè l, mwen pa pral fòse. M site denyè liv ki nan bib la pou di m’ap ka fè l, e m p’ap ka fè l. M rete onivo de matwòn nan. Pou lè m jwenn tèt pitit m fè l. Depi m pa jwenn tèt pitit m pa fè l, se refere mwen refere l.
Madame Exantus  : Lè ou wè moun nan gen doulè, kounya ki vle di ou wè moun nan doulè a an li on tijan rèd pou li. Menmsi ou pa genyen sa doktè yo konn genyen an ? Sonn. Pase yo pa ba nou bagay konsa paske nou pa kadre. Ou menm ou pa gen sonn. Pou mwen menm, m toujou fè li avèk dwat mwen. Depi moun nan gen doulè. Premyèman, m sonde l yon premye kote, mwen sonde l on dezyèm kote. Yon twazyèm. Katryèm sondaj la, m’al fè li kote tibebe a gen pou l fèt la. Sou kò li. Koulya lè m gade mwen wè ke m pa jwenn mouvman. Pase depi ou mete menm ou kantmenm fòk tibebe a ba ou, fo l’voltije. Aprè sa, lè ou vin gade nan pati kadav kò moun nan, se pou wè li chich. Pandan ou wè l chich ke vle di menmsi li gen doulè men li pa gen tibebe vre paske fòk tibebe a fin gonfle sou kadav kò l. Aprè m fin fèt tout bagay sa yo, m gade mwen wè m pa nan bon chemen. Malgre moun nan ki gen tibebe a nan vant li pa nan bon chemen. Men mwen di m pa nan bon chemen tou etan matwòn. Kounya mwen eseye mande manman tibebe a depi kilè li jwenn jwèt avèk tibebe a ki nan vant li a. Sa di depi kilè li santi tibebe a sote. Kouya se lè sa moun nan di swa ke m pase ui jou, osinon m pase kenz avan doulè ke m pa janm santi l. Se lè sa moun nan di ou o li te gen mwa li pa t janm fè mouvman. Kounya, la menm ou di ok prepare ou tout afè ou, epi nou pou lopital. Men ou pa janm di moun nan si tibebe a mouri nan vant li. Paske si ou di moun nan sa, moun nan l’ap vin nan tèt chaje, l’ap konnen distans pou l rive lopital li ka pèdi menm pwòp tèt pa l. Ou oblije kenbe sa. Epi ou di l li pou lopital. Kounya la memm ou rele machin vin jwenn nou. Tou mete li pou lopital. Lè l rive lopital se mis avèk doktè ki pral di l ou pa gen bebe (ri). Men mwen menm matwòn, m pa janm eseye fè sa. Pandan m’ap di ou sa, m sonje gon dam ki te soti Potoprens, men se moun Porye li ye. Li ansent Pòtoprens. Mesye a voye l vin akouche isit. Lè yo rele m, m’ap sou li. Lè m rive, li gen doulè, m pase jounen an avè l. Lè m vin rive sizè diswa, mwen wè doulè a li pa doulè pou mwen ! Pa gen afè vre. Epi kounya m di yo : « silvouplè nou ka rann mwen on ti sèvis. » Yo di m wi. M di manman dam nan : « Fon rele chofè machin Jan Rabèl la pou mwen, nou pral lopital avèk dam nan. » Koulya li di : « O depi ou tande Anje di nou pou lopital, e nou pa sou afè ! » M di non, nou sou afè. M di nou sou afè, men ke vle di m wè ka pase nuit la li poko akouche. M ka fè demen maten li poko akouche. Nou pa gen fòmasyon sa. Nou gon lè detan pou moun nan gen doulè, nou gon lè detan pou moun nan delivre. M wè ka fè tout nuit lan la. M di toutkou, n’ap chèche chemen lopital. Kounya lè rive vrèman, men pitit la pa t mouri non. Pitit la pa mouri. Se sèlman tèt pitit la jan li ye nan vant li a, menmsi m te konn priyè m pa t ka fè anyen. Paske tèt li a li pa konplike. Chak ou retire l, li chanje plas. Koulya, jis vrèman, machin vin pran dam sa. Nou rive lopital. Dam sa fè twa jou lopital la, sèl bagay chak doktè a vin sou li, tèt pitit pa konplike. Doktè fè tout lavman pou li, ranje. Tèt pitit pa janm ka konplike. Lè l vin rive sou twa jou se pran doktè a oblije pran tibebe a pou manman ka gen lavi. M te akonpanye l. M fè twa jou a tou lopital. Lè l rive sou twa jou a, lè doktè pral fè operasyon. M di doktè a m fè twa jou a la etan matwòn, kounya se travay pa ou, m prale. Li di madanm depi menm jou ou te paraît devan pòt lopital la misyon ou te fini. M di enben ok doktè, m oblije fè tout tan.
Kounya sou lamò a. Sa te rive pwòp pitit vant pa m. Koulya mwen genyen fi ki te ansent lakay la. Lè pitit vin rive ui mwa, dam nan vin gen ui mwa. Li rete yon mwa pou l akouche. Enben dam nan vin rete konsa. M toujou voye l nan dispansè. Lè l vin gen ui mwa e kèk jou, koulya m gade m wè manmzèl, m pa wè vant li anko. E vant li te byen gwo. M pa wè vant. Vant lan vin desann, li desann, li vin tounen on ti ponyen. M p’ap menm fè anyen sou li, m di kouri al nan dispansè a pou mwen. M di Vyèjela pran Tizanni mennen l nan dispansè a pou mwen. Kou l rive sèlman Mis la gade, li rele m sou telefòn. Yo devan, li rele m sou telefòn. M’ap voye fi ou la desann wi, pitit la mouri nan vant li. M di l pa di l sa non, mis. M te gentan konnen, se sa k’ fè m te voye l ba ou. Depi ou wè vant moun nan tonbe, fon ti ponyen, epi li pa gen yon doulè ekstraodinè, konnen ti bebe sa pa la. Se pou wè moun nan li ap tonbe leve men, li p’ap gen on doulè ki montre. Kou l rive lopital la doktè di l pitit la mouri. Pandan doktè di l sa, fi sa kòmanse leve kòl frape atè. M di bon bondye si depi anlè a nou te di pitit sa te mouri. Pwòp pitit vant pa m. Mis la konnen sa m’ap di ou la. Se yon pitit mwen genyen yo rele Tizanni. Okontrè li byen avèk mis la. Li vin soti on tèt chaje, li pati li kite mis Antonin.
Gesner Débray  : Fanm sa son matwòn li ye tou, wi !
Obrillant  : M’ap pran l. Li vin two ta.
Madame Exantus  : Depi manman mouri, se doktè ki ka retire timoun nan. Pou timoun nan fèt se fòs manman pou ki voye l jete deyò. Manman pa vivan, ki bò l’ap jwenn fòs sa pou l fè l. Matwòn menm, ou pral fè l, ou pa konn fè sezaryèn. Kòman ou pral pran pitit sa ?
Obrillant  : Metye akouchman an.
Madame Exantus  : Premyèman, metye a, nan tèt pa m se pa yon moun ki vini ki di m aprann metye matwòn nan, ni se pa wè m te wè lòt moun ap fè akouchman, epi m’al kanpe devan l pou m fè akouchman. Nou menm pandan nou ap viv sou latè nou konnen bondye se limenm ki chèf e se li menm k’ap chèf pou toutan, pou letènite. Men, mwen menm m te genyen grann mwen. Manman manman m. Lè sa pat gen afè matwòn matwòn, men se li menm ki te gen plas afè matwòn pou akouche moun kelkeseswa nan tout peyi. Kounya aprè li fin mouri, mwen menm depi m piti se avè l m te leve. Men m pat janm… Lè l al fè akouchman m pa t konn avè l. Lè m vin gen konesans… Kounya, se aprè li fin mouri, pandan mwen kouche, epi m gade mwen wè mwen ansent. Pandan m wè mwen ansent, epi mwen wè m vin genyen doulè. Pandan m vin gen doulè a, epi vap m wè defen grann mwen. Se lè a mwen wè l tou. Mwen wè li vin parèt li di : « Anje, Anje… » M di : « Plètil grann mwen ! » Li di : « Gade pran on bale debout, epi bale vant ou. Pran l anwo pou desann. » Vrèman, m wè m pran bale a, m’ap bale vant mwen desann. Pandan m’ap bale vant mwen desann, epi lè m’ap gade, tibebe a, bagay ki te nan vant mwen an, m wè m bese, epi soti. Voup, je m vin klè. M di bondye si se te ou menm ki vle m pou m fè akouchman, mwen wè tou prèt pou m fè akouchman. Konsa gen yon mwa, gen yon dam ki gen doulè, li voye rele m pou m al rale vant. Vin rale vant pou li. Nan rale vant, epi kounya san matwon nan tou rete. Se konsa m te aprann matwon.
Gesner Débray  : Manman m se te matwòn. Mwen menm, se manmanm ki te koupe lonbrik mwen. Manman m te konn al nan seminè. Epi genfwa li pa prezan, li di m pou m al nan seminè pou li. Lè m rive mis yo kenbe m. Yo di m : « Non, moun pa konn suiv fòmasyon pou moun, se pou tèt pa ou. » M pa t nètman te vle bay tèt mwen ladan deja. Men piske m deja nan fòmasyon an mwen toujou rete. Men, m toujou ap kenbe tèt toujou, m pa janm al nan fè akouchman. Epi an 95, m dòmi, m wè se nan lari a m ye m’ap ranmase on pakèt ti leyèt woz bay timoun piti, pou met sou timoun piti. Pandan m nan dòmi an, m di : « Mezanmi, m pa konprann non. » Epi m wè m’ap ranmase on pakèt ti leyèt woz, m’ap mete nan yon valiz. Vrèman vre, gen yon jou konsa nan menm ane a, gen yon moun ki vin chèche manman m pou yon akouchman. Manman m pa la. Epi voup, lide m vin frape sou sonj lan. Epi m leve m’ale kay moun nan. Lè m rive, kounya se nan moman m jwenn tèt pitit la ap soti. Epi mwen menm m gentan degaje m, m mete gan, mwen pran timoun nan. Manman potko fin delivre. Epi pandan m fin koupe lonbrik timoun nan, m fin abiye l, mwen mete l’ kouche. La menm manman vin delivre. Epi se nan konsa, kounya m tou djès (« just ») lè fin chèche manman m, m akonpanye l, lè yo fin chèche l, m tou djès pran profesyon an.
Lè ou fin akouche, ou fin egzamine mèt vant lan, ou gade si pa genyen lòt ti defòmasyon. Depi li vyjèj ou kenbe l. Rès ki rete a (nan sa ou te koupe) : kòd onbilikal ou te koupe a, ou djès ou fè yo ba ou twalèt, ou mete l nan twalèt. Kelkeswa yo te kapab (fè l mal), kelkeswa yo pa kapab, se pa on bagay ou ka kite on neglijans. Si moun nan pa gen twalèt, ou oblije fè fouye tou byen fon ou mete l. Mwen menm lè m te konn nan benyen moun, menm fèy yo m pa kite yo vèbal (Lè nou te konn ap benyen moun avèk gwo fèy, gwo beny, kounya pa gen bagay sa ankò). Se pou chèche kote pou mete yo, jis moun k’ap pase pa bezwen wè bagay konsa. Se konsa toujou sèvi. Nou pa gen kwayans nan tèt nou di ke yo ka pran l pou fè moun mal. Se konsa tou pami mouch ou pa konn mal ou pa konn femèl. Ou pa konn ki sa ki pase aprè. Fòk ou anjan aji avèk pridansite. Lè ou fin chèche pozisyon ou mete li, aprè sa pou fè netwayaj moun nan pou moun nan monte kabann.
Madame Angélina Exantus : Mèt vant lan nou pa fè anyen ansanm ak li. Se sèlman lè l fin tonbe, kounya mwen anvizaje paske li gon ti fil ladan. Pandan l’ap soti si ti fil sa kase, yon pati rete anndan manman, kounya li pral refome pou l vin menm gwosè avèk sa ki te tonbe a. Kounya fòk ou anvizaje pou gade pou wè èske pa gen nan pil sa ki rete, osinon si l pa kase. Kounya, depi ou wè l pa kase, li soti byen, epi kounya ou tou koupe lonbrik timoun nan. Ou pran mezi pa timoun nan. Rès la ou plwaye l nan yon rad, ou al depoze l nan on twou. Lontan, gen manman pitit la menm, papa pitit la ki te konn di ou antere l nan pye kabann kote li kouche a. Epi chak beny ou benyen li pou yo vide dlo sou li. Yo di ou se sa ki pral sèvi nesans pou timoun nan. Si timoun nan ta vin genyen yon bagay, e se nesans. Byen dètan, nou menm nou pa fè bagay sa. Depi nou fin koupe lonbrik, swa nè ke nan twalèt, osinon al fouye tou, lòt kote yo mete l. Zafè bagay sa yo.
Ki vle di mèt vant lan : menm bondye konnen lemal egziste. Depi paran ansent li gen doutans pa mechan. Fòk ou byen fikse je sou letenèl. Epi pou pa pri nan bagay sa yo. Men lè moun nan ansent, tout moun di : « Beniswa letènèl. » Sa prè timoun sa vin delivre paske yo konnen son danje mechan kapab fè tout bagay. Se sa k fè lè timoun sa fèt tou ka gon toujou doutans si moun nan pa mouri nan akouchman, mechan ka gon doutans si l kontre avèk mèt sa li ka fè sa l vle paske se ladan tibebe a soti. Se san ki nouri timoun nan, ki gen nanm timoun. Se san ki nan timoun nan e li toujou rete ladan. Si yo jwenn san, yo ka fè nenpòt bagay. Ou oblije pridan avèk sa epi se pa yon bagay tou ki ka rete ke nenpòt kote. Depi li fini, menm ou p’ap vle wè l ankò. Ou oblije chache yon kote ki valab pou mete l. Se menm jan avèk yon moun ke yo ki mouri nan kolera. Kounya m vire bagay yo (ri).
Obrillant  : Ou menm ou di ou te konn benyen fanm ansent. Ki fèy ou te konn itilize ?
Gesner Débray  : Sa li se tout matwòn ki konn fè l. Se fèy santi bon, ti fèy zoranj, gen fèy makresti a ou konn bay beny kòt avè l, fèy makresti wouj la sa k’ap bay fanm nan bèl koulè a (se li yo te konn fè beny), ou gen fèy monben bata, tout fèy ki konn enpòtan yo tèlke fèy lete pou lèt. Jiski yo bay fanm nan manje papay pou l ka gen lèt. Lontan yo te konn fè gwo beny pou benyen fanm ki fin fè pitit la. Lè moun nan pral akouche ou fon beny pou li. Le plisouvan moun nan pral bay pitit tete. Depi avan yo voye rele ou, pitit poko fèt, ou gentan benyen moun nan rapid ak savon. Si kò moun nan ka pran dlo frèt (ou mande l ki dlo li ka sèvi). Si l di ou li pè dlo a, ou fè degoudi dlo a pou li. Ou savonnen l. Ou fin prepare moun nan. Si pa egzanp moun nan rive moman pou l al lopital, li tou benyen. Si l pa ale tou, li tou benyen. Men kounya piske lasyans ap devlope, yo di ou konsa fèy sa yo ka bay moun enfeksyon, kounya ou menm, piske moun nan fè pitit la, piske li konn benyen, li degoudi dlo l, li benyen l, men moun sa gentan pran gwo piki. Ou pa nan kesyon ap chaje moun nan on pakèt fèy pou l benyen ankò.
Gen beny vapè lontan. Menm lopital te konn di ou sa : se pou sonde dlo a avèk koud bra ou. Pou l pa twò cho paske ansyen moun yo te konn boule moun. Nou menm ki sèvi lopital yo pa vle pou menm bagay sa rive nou. Poukisa ou pa sonde avèk men? Paske men an du, menmsi dlo a cho, kò a soup. Dlo prale sou kò. Sa ou wè ki pa cho nan men ou, li pral rive sou kò l’ap cho. Yo di ou pou sonde dlo a avèk koud bra ou. Depi koud bra ou ka sipote dlo a, nòmal li ka ale sou kò moun. Ansyen moun yo te konn pran echèk nan bagay boule moun nan. Men gras a letènèl, nou menm, nou pa sèvi nan gwo gwo beny.
Madame Exantus  : Beny vapè a se beny ou mete nan podenui an. Ke vledi moun nan sot fè timoun nan, koulya ou mete benyen sa nan podenui an. Li gen fèy ladan. Fèy la se li k’ap fè dlo a ponpe chalè a nan kadav kò moun nan. Men fòk li pa two cho. Menm kote ou ap chèche tretman, ou ka pèd tretman tou. Fòk dlo a li an de ton. Chalè k’ap monte a se nan kadav kò moun nan ou ponpe li defason pou san pa fè mèl sou kadav kò moun nan, kòmsi pou l’ ka fonn. Men si ou ba l twòp dlo cho, ou ka fè san fè bou l, li fè mas epi li toujou rete yon sèl kote sou kabann, epi moun sa kontinye malad sou kabann nan. Se san. San sa vin pa ka tonbe, li vin fè mèl, li pa ka tonbe. Se pou ou ba l vapè antrede kòmsi pou san fon detanzantan pou jiskaske menm kote tibebe a sòti a pou l ka vin nòmal.
Aprè sa, ou fè beny pou li toujou avèk fèy. Men ou mete sa nan kivèt. Epi ou tape li. Pandan ou ap benyen l, ou ap prije, prije vant li kòmsi pou twòp san pa rete nan vant li. Epi aprè ou fin fè l avèk fèy la. Men m toujou fè sa : menmsi m ba l beny fèy la, men m toujou fè degoute on ti dlo mezi sa li ka sipòte. Aprè m fin tape kò l avèk fèy la kòmsi pou lache li, mwen savonnen l, m pran savonèt, savon lave sa k genyen an, m savonnen l byen savonnen. Epi kounya m rense l kò li. Men dlo sa m rense avè l la, m toujou mete on ti dlo akwatab osinon jif ladan. M fon ti dlo trete. Pandan m fin savonnen li epi m rerense kò moun nan avèk dlo sa ki pa dlo fèy. Se konsa m konn fè l. Paske dlo fèy si ou kite dlo fèy la menm sou li, aprè ou ka wè kò moun nan pete ti bouton, ti bouton, on bann ti bouton piti. Fèy la ka koz sa tou. Se sa fè ou fin ba li l, men ou rense l.
Obrillant  : Akouchman jimo.
Madame Exantus  : Gen paran yo lè yo fè jimo, yo fè de pitit, yo toujou ap di ke se lwa ki ba yo li. Bagay m konn tande y’ap di. An mwen menm, konsèy ke m toujou ba yo: timoun nan se bondye ki fè li. Toujou kenbe timoun nan bon chemen, direksyon, ki se chemen bondye. Lè timoun nan se jimo li ye, paran ap di wi se nan lwa sa, se na sesi, se nan se laba l soti. Nan menm kote li pral nan chemen sa, yo ka soti on vakabon. Si se ti fi, yo soti on vakabon. Lè sa paran p’ap ka fè anyen ak yo. Sa y’ap di wi se lwa wi ki fè yo sa. Si ou wè l konsa, se lwa. M toujou ankouraje yo, se bondye ki bay pitit, mennen timoun yo nan bon chemen. Pa montre yo chemen ki pa bon pou yo tankou y’ap di se lafrik, bagay sa yo. Menmsi m nan lafrik, m lafrik pou tèt mwen. Si petèt m’ap fè yon akouchman, ke lafrik ou konnen pou vin bare m, pou moun nan pèdi nan men m, tann ou ap tann mwen. Ou ap tann mwen. Men ou pa ka kouri, depi m te gentan… Premyèman, m mete bondye devan. Sa vle di ou wè pa gen anyen. Men si lafrik vin pou bare m, m’ap di lafrik kanpe tann mwen.
Obrillant  : Kisa ki lafrik la ?
Madame Exantus  : Lafrik la, se bagay afè lwa yo. Yo di timoun se bagay lafrik, se lwa ki bay timoun yo.
Obrillant  : Wòl yon fanm chay?
Gesner Débray  : Wòl on fanm saj, se kenbe zòn kote ou ap viv la, ou kapab rele moun ki nan zòn nan tou pou sansibilize, pou pale ak yo, kòman pou yo konpòte, kisa yo dwe fè. Nan zòn nan, pou ap montre moun koman yo dwe aji. Depi lè fanm nan an gwosès li dwe ale lopital. Si ou pa gen pwoblèm, ou ka komanse ale lopital sou twa mwa. Men si ou gen pwoblèm, depi menm jou ou ansent lan ou dwe kenbe lopital. Chak doktè ba ou on randevou pou kenbe randevou a, pou ap suiv avè l. Tout egzamen doktè ba ou fè, pou ou fè yo. Jis lè timoun nan vin fèt pou doktè ka gentan egzamine ou. Ou fè tout sonografi ou jis pou wè tout pwoblèm ou ap andire. Pou ka gentan konble vid la avan li vin prezante.
Obrillant  : Konsiltasyon ?
Gesner Débray  : Lè yo gen anba ti vant fè mal yo kontakte m. Lè yo genyen… Gen fanm ki ap vèse san yo kontakte m. Si fanm nan ap pase san li kontakte ou, li fè ou plis konfyans ke doktè a. Kounya se ou menm ki di l konsa ok depi ou pase san se lopital pou ale. Se lopital pou ou ale menmsi m’ap toujou suiv ou, m’ap fè touche pou ou, men ou menm se pou ale lopital paske sin sa yo se sin danje yo ye. Lè ou gade ou wè dèyè kou l ap anfle, pye l ap anfle. Ou wè moun sa se moun se moun pou di l se pou al lopital. Ou wè moun nan anba je blanch, ou di dam nan se pou l al lopital. Sin sa yo se sin danje yo ye. Son konsèy ou ap bay, sa ou ap fè a, ou dwe fè l byen.
Obrillant  : Touche ?
Gesner Débray  : Anba ti vant moun nan ap fè l mal. Kounya ou ap gade èske si bebe a pa two ba. Si bebe a ba, ou ap wè tèt pitit la rete la. Ou pral di moun nan se pou l repoze, fò l fè ti kouche. Li pa dwe ap plede travay, ap trafike kò l, al leve chay jis pou l kapab jwenn on solisyon. Li vin ale lopital, epi l’ap poze, l’ap brè ti medikaman l.
Madame Exantus  : Lè fanm ansent yo kontakte m, si se te doulè yo genyen... Fanm ansent la l’ap plis kontakte ou se lè l santi ke li gen yon doulè. Kounya, si li poko rive lè pou l akouche, petèt se tibebe a ki ap fè mouvman nan vant li. Epi kounya ou gade ou wè kote k’ap fè l mal la, se ti bebe a ki ap fè mouvman. Si tibebe a ka pa nan plas li tou. Petèt se tonbe. Gen moun depi li ansent l’ap bay kò a traka. Manman an. L’ap fè tout aktivite l. Osinon li k’ap mache swa li frape pye l. Frape pye a li pa rete sou plas, li al tonbe pi devan. Kounya tibebe sa li ka vin soti li deplase kote li a, l’ap nan on lòt pozisyon. Kouya lè manman sa vini, ou gade ou wè tibebe sa se nan plas li li pa ye. Kounya ou fon manyen l. Ou touche li, ou pran l anba. Ou pran vant moun nan anba, epi kounya ou ale nan lonbrik li, se la ki plas tibebe a ye. Epi ou plase l. Kounya ou di l retounen ankò, aprè ou fin plase l. Ou voye l ale. Si ou fè on bon travay, moun sa li p’ap retounen vin jwenn demen si dyeve. Ou fin voye l ale, ou di l retounen demen sidyeve. Ale li ale doulè sa p’ap pran moun sa ankò paske travay ou fè a li bon. S’il pa bon, l’ap toujou kontinye fè l mal toujou. Kounya ou di moun nan : « Apa ou pat retounen ? » Li di : « Depi m te sot lakay ou a, m te bon. » Se nan konsa m fè tretman pou yo, rale yo, mete tibebe yo nan plas, lè yo pa nan plas, pou yo tann lè jou akouchman yo rive.
Obrillant  : Ak kisa ou konn rale yo ?
Madame Exantus  : Ak sa m konn rale yo, m toujou gen yon ti lwil maskreti ki bat avèk yon ti zoranj si. M bat yo ansanm. Epi yon ti savon san lave. M toujou gen yon longan ki la. Si anka ka sa ta rive, epi lè yo vini m toujou jwenn ti lwil makresti longan sa pou rale moun nan byen rale epi kounya avan pou jwenn plas epi pou pote tibebe a monte pou vin plase l nan lonbrik li.
Obrillant  : Kòman ou prepare longan ?
Madame Exantus  : M gentan di ou yon ti lwil maskreti. Mwen bouyi lwil la. Epi kounya Mwen rache on ti savon mwen mete l ladan. Mwen boukannen yon zoranj si. Mwen retire grenn yo ladan. Mwen pran sa k andann lan. M lage l nan luil la. Epi kounya mwen bat yo byen bat. Mwen fè longan sa mwen mete l la.
Obrillant  : Wòl yon fanm chay ?
Madame Exantus  : Wòl yon matwòn se fè akouchman. Depi se wòl matwòn, se fè akouchman. Se sa ke m konnen. Aprè sa, wòl matwòn nan genyen, depi akouchman pa pou ou, wòl pa ou se transfere l bay doktè, voye l lopital.
Gesner Débray  : Mwen konn refize akouchman. Depi m paraît, son akouchman m pa ka fè, m pa refize di m p’ap fè l. M akonpanye moun nan m mennen l lopital. M pa ka fè sa, piske m gentan apele pou m bay sèvis. Kounya moun te vini avèk lapli, m dwe pran parapli pou m leve lanuit paske moun nan an danje. Se sekou ou pral pote. Li pa gen lajounen ni lanuit. Se kèlkeswa se lè moun nan frape pòt, ou dwe ouvri pou resevwa l.
Madame Exantus  : M pa refize. M pa dwe fè sa. Vin wè pou mwen menm. M gen konbyen tan pa gen mari, se travay sa sèlman ke m’ap fè. Anenpòt lè se moun ansent tout fòs mwen ye. E m bay lavi m depi ke m te gentan antre nan afè matwòn nan ke m te bay tout fanm k’ap fè pitit fos pa m. Malgre ke mwen jwenn lajan, menmsi m jwenn lajan, menmsi m pa jwenn lajan, men m toujou rete ap bay kominote m sèvis paske m renmen kominote. Bagay afè devlopman. Akouchman se devlopman li ye. Mwen renmen devlopman. Se sa k fè yo mèt rele m anenpòt lè li ye, se pou m leve pou m al pote moun nan sekou. M renmen lè moun nan gen doulè epi pou se mwen menm ki bò kote li, epi m’ap di : « A wi ! Ou konn koman bagay yo ye ! » Konsa m konn ye avèk yo. Depi m rive… Se zanmi m yo ye. Se sa k fè yo renmen toujou voye chèche m. Lè m rive, yo di : « Men moun ou te voye rele a wi. » « Tant Anje ? » M di wi, men mwen. Kounya m di : « Sa ou gen la ? » « Wi, tant Anje, m pa ka sipote. » M di : « M konn bagay yo, se zanmi m ou ye. Bon, kounya, Bondye ap fè nou bon kant menm. » Epi m’ap manyen yo bagay sa yo. Sa m p’ap derefize. M pa konn fè l, m p’ap janm fè l menm pou jiskaske ke m mouri ke m kite sa.
Obrillant  : Paran timoun yo.
Gesner Debray : Paran yo apresye nou anpil. Ou wè paran timoun yo, depi timoun yo gwo timoun se grann yo rele nou, wi. Yo si tèlman kontan, kèlkeswa gen kòb, pa gen kòb nou toujou prè pou nou al bay sèvis. Epi timoun sa yo toujou, paran yo fè yo panse a nou menm. Kwak yo pa gen anyen pou ba nou, nou menm ankadre yo, nou di se pitit a pitit nou yo ye, nou renmen timoun yo. Menmlè timoun yo lekòl y’ap kouri vin sou nou se grann yo rele nou wi.
Madame Exantus  : Paran timoun yo toujou apresye nou. Sitou pou timoun ke m akouche yo, yo prèske fè m tounen on ti joujou. Depi m’ap pase, ou tande : « Grann grann, grann ! » Kote manmam gon bagay se pou y’al chache li vin pote l ban mwen nan chemen an. Mwen menm tou, mwen gate yo : m p’ap pa pote ti sirèt, pot ti bagay. Paran sa yo menm, se yo menm ki koz timoun sa yo vin rekonèt mwen konsa paske se yo pandan timoun yo vin gen konesans ki di : « Men moun ki te koupe lonbrik ou a », ki fè yo ka rele m grann. Yo ban m anpil afeksyon. M renmen yo tou.
Obrillant  : Pri akouchman.
Madame Exantus  : Pou peye a… Etan nou menm matwòn si nou ta di pou yon moun ki akouche peye nou, m pa kwè l te ka jwenn lajan ke nou t’ap l mande l la pou l ta peye nou. Ke vle di : si moun nan gen senkant goud li ba ou l, ou al akouche li ba ou senkant goud, m pa kwè sa se peye. Ke vle di ou bay moun nan on sèvis, li menm li wè li pa jwenn anyen pou l ba ou, li di ou men senkant goût pou achte yon sik lè ou rive y’a wè ou te soti on kote ou a kafe lakay la. Men sa se pa peye. Pi gwo kòb : gen de moun, nan lye kote m’ap soti a, nan lye kote m prale a, m toujou di : « A ! N’ap pote ven dola wi ! Pote ven dola pou deplasman pye m. Si nou pa pote l m pa prale non. » Sa di m ba yo on presyon. Lè y’ap soti nan milye sa vrèman yo vin avèk on ven dola. Kounya yo ka ban m on ven dola (100 goud). Men depi ou fin akouche timoun nan yo ba ou di dola (senkant goud). (Ri…) E gen ki di ou yo pa gen kòb. Gen de moun ou al akouche podyab menm di dola menm moun nan pa genyen l. Se travay ou ap travay, se lavi moun ou ap chèche pou ede bondye amelyore nan kominote a, ou oblije pa wè senkant goût la devan non. Ou oblije ba li sèvis kom sadwa. Se pou sa ou la.
Madame Gesner Débray  : Akouchman soti fè : li pa gon pri. Sa k fè li pa gon pri : depi ou rive lakay moun nan ou gade èske moun nan ka peye ou. Si moun sa… Enben ban m sa ou genyen an. Moun nan pran on san goud li foure nan men ou. Ou ouvè menm ou ou gade ou wè se san goût li ye, ou pran san goût la ou ale avè l. Men si gon moun tou ki ka jwenn on senkant dola li ba ou l, ou ap pran l. Poukisa ? Paske ou travay pou sa. Ou konn fè de twa jou… Men si moun nan pa genyen tou, ou al fè wout ou.
Madame Exantus  : Dènye mo m’ap di sou akouchman. Premyèman, gen lòt matwòn yo ki poko konnen travay sa. Pandan m monte la, m’ap mande ou… M te gentan pran siksyon travay sa. Kounya, m’ap mande èske demen si Dye vle li enpòtan pou ou pou al rankontre avèk lòt matwòn yo demen maten si Dye vle Porye. Mwen menm m se matwòn. Sa yo rele matwòn nan menm, se demen si Dye vle ou pral travay.
Madame Gesner Débray : Nou menm nou se tèren an. Kesyon de materyèl nou pa gen sa menm. Pa egzanp, lè ou ap travay ou bezwen gan, se ou pou achte l. Ou bezwen… nou menm se ak jilè nou sèvi. Tout bagay esteril yo nou pa jwenn yo. Nou te konn jwenn kèk ti bagay lopital la, kounya nou avid, nou pa jwenn bagay sa yo ankò. Nou nan difikilte pou materyèl pou nou travay. Pa gen materyèl e nou menm tou afè de… Si ou ap travay tou, m kwè ou ap travay ou prèske bay vi ou pou sa men ou pa gen ankadreman. Akoz mank de ankadreman tou sa soti fè travay yo an jen enpe. Jan pou yo ta ye a, yon an jan pa konsa paske pa gen moun ki panse avèk nou, ki wè nou. M pa konn nan lòt jou k’ap vini yo kòman bagay la ye. Men bagay la dejenere nèt.
Madame Exantus  : M ta renmen pou yo akadre m. M ta renmen gen ankadreman, m ta renmen gen yon papye nan menm pou sètifye ke m se matwòn. Aprè sa, gen kèk bagay tankou materyèl pou nou ta genyen nan pòch lè yo rele nou pou nou ale sou yon akouchman epi pou nou kapab jwenn materyèl sa yo, epi pou nou mache avèk yo pou si anka moun nan pa genyen nan men l, epi nou menm bwat nou tou chaje.
Obrillant  : Materyèl ?
Madame Exantus  : Lè moun yo ale lopital yo konn ba yo savon. Paske akouchman : li gen twal gaz, tout estansil ki pou fè akouchman. Si moun nan pa genyen yo, li pa jwenn yo pou tèt pa l lopital, nou menm ki matwòn si nou genyen pake sa li kapab sèvi moun nan. Tankou savon, gan, bagay sa yo. Gen moun nan ou al akouche (se pa pale mal), li pa gen menm on bout savon lave. Men si ou menm ou mache anfòm etan matwòn ou kapab ede moun nan. Men pou mwen menm m ta renmen akadreman pou m gen on bout papye nan men m paske m’ap travay lontan sou tèren an, pou m gen on bout papye.
Dépôt légal : décembre 2021 ISBN : 979-10-95177-26-5

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