Comment le féminisme va ruiner ta vie (pour mieux la reconstruire, promis !)
120 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris

Comment le féminisme va ruiner ta vie (pour mieux la reconstruire, promis !) , livre ebook

-

Découvre YouScribe en t'inscrivant gratuitement

Je m'inscris
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
120 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Toutes les personnes qui l’ont expérimenté le savent : la découverte du sexisme à l’œuvre dans notre société est le point de départ d’une route sur laquelle on s’engage sans plus pouvoir faire demi-tour.

Au détour d’une conversation, d’une lecture, d’un post... les prises de conscience s’accumulent et on finit par voir toute sa vie sous un jour nouveau. Cet ami qu’on pensait juste un peu pénible devient insupportable, les remarques sur notre tenue nous mettent en rage et les films, les séries, les chansons, les livres qu’on aimait tant ne nous renvoient plus au visage que des clichés. Pourtant, au bout du chemin, on trouve de la lumière et une meilleure connaissance de soi-même et des autres.

C’est ce parcours que raconte Fanny Vedreine, intime autant que politique, depuis une violente prise de conscience jusqu’à un meilleur respect de ses besoins et de ses envies. La suivre sur cette route, c’est comprendre que oui, le féminisme va ruiner votre vie ; mais pour mieux la reconstruire, promis.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 août 2022
Nombre de lectures 5
EAN13 9782317031038
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Cet ouvrage est dédié à Arthus, Marcus, Gabriel, Cassius, Paul, Ugo & Joseph.
Fanny Vedreine
Comment le féminisme va ruiner ta vie*

*pour mieux la reconstruire, promis !
Sommaire Où tout commence Comment le féminisme va ruiner ta vie familiale Comment le féminisme va ruiner ta vie émotionnelle Comment le féminisme va ruiner ta vie sociale Comment le féminisme va ruiner ta vie amicale Comment le féminisme va ruiner ta vie sexuelle Comment le féminisme va ruiner ta vie sentimentale Comment le féminisme va ruiner ta vie culturelle Comment le féminisme va ruiner ta vie sportive Comment le féminisme va ruiner ta vie professionnelle Comment le féminisme va ruiner ta vie consommatrice Où tout continue Lexique Remerciements Page de copyright
Points de repère Page de Titre Couverture Remerciements Corps de texte
« Feminism is going to ruin your life (In the Best Way Possible) »
Florence Given, Women don’t owe you pretty (2020)
Où tout commence

« Je ne te souhaite qu’une chose, c’est que tu te trouves vite un mari riche. »
Mes premiers pas vers le féminisme ont débuté lorsque j’ai cessé de tolérer cette phrase, qu’un membre de ma famille me répétait un peu trop souvent, au téléphone ou à table. Au-delà de son aspect hétéronormatif et capitaliste, je voyais dans ce propos un manque total de confiance en ma personne. « Qu’une chose »… La seule chose que l’on me souhaitait, c’était donc ça ?
Je n’étais visiblement rien d’autre qu’un animal perdu qui devait trouver rapidement un foyer d’accueil pour se faire entretenir et nourrir pour le reste de sa vie. Le mot « vite » exprime aussi l'urgence, car le poids et l’attente que mon existence représente était palpable pour cette personne. La notion de richesse, ici évoquée, montrait que, si le mari que je choisissais n’était pas riche, alors je resterais inférieure socialement, « la p’tite dernière de la maison » qui n’est bonne qu’à se dégoter un homme de la classe ouvrière. Quelle honte, n’est-ce pas ? En fait, je crois que c’est la chose la plus dégradante que l’on ne m’ait jamais dite. Impossible de voir autre chose que du mépris dans cette phrase. Mais le plus triste dans tout ça, c’est qu’elle était sincèrement énoncée de bon cœur. L’illustration de la « bienveillance patriarcale » en somme.
C’est ce genre de phrases qui m’a rapidement sauté aux yeux lorsque j’ai progressivement digéré les valeurs du féminisme, lorsque j’ai commencé à prendre confiance en moi-même, et en mes capacités intellectuelles, lorsque j’ai pris conscience des inégalités de traitement entre les femmes et les hommes, et que j’ai réfléchi à la personne que j’avais vraiment envie d’être.
Jamais on n’aurait dit une telle phrase à l’un de mes frères : « Je ne te souhaite qu’une chose, c’est que tu te trouves vite une épouse riche. » C’est risible, non ? En fait, lorsqu’on doute du sens d’une réflexion ou d’un reproche, l’idée de base est de se demander si l’on pourrait aussi dire ça à un homme. Si c’est non, alors je vous propose de répondre, d’argumenter, de gueuler, si vous vous en sentez capable. Le patriarcat n’a aucun filtre et nous n’avons aucune raison d’en avoir non plus. Mais surtout, je vous suggère de ne pas croire en la bonté de ce genre de « souhaits ». Ni vous, ni moi, ne les méritons jamais. Ces paroles sont émises pour détruire les femmes depuis bien trop longtemps.
En prenant la décision de changer de perspective, la déconstruction de chaque élément problématique de notre vie s’effectue presque comme sur des roulettes. Oui, j’ai bien dit « presque ». Quand un inconnu entre dans un bar et balance une remarque sur le décolleté d’une femme, qu’il juge affriolant et ne cesse de fixer grossièrement alors qu’elle est entourée d’autres personnes et que, gênée et offensée par la sexualisation publique et humiliante de son corps, elle ne sait que répondre, je vous invite à vous demander si ce type se serait permis une telle attitude avec son propre pote. Cela paraît idiot, mais permet d’un peu constater les commentaires sexualisants à l’égard de notre corps, que s’autorisent en permanence les hommes. En plongeant dans l’univers du féminisme et de l’affirmation de mon être, j’ai cessé de rester muette face aux discriminations, harcèlements et insultes dont je suis témoin et victime à la fois.
J’avais un peu moins de 25 ans quand j’ai commencé à répondre. L’âge où mon intérêt principal était de faire la fête pour essayer d’enfouir les incertitudes de mon futur professionnel, le manque d’intérêt que m’inspirait mon job alimentaire et le chaos de mes relations amoureuses. Cela faisait deux ans que Papa était parti là-haut. Deux ans que je commençais à le comprendre et que, du fait de son absence, je commençais à décortiquer ma pensée patriarcale…
Crise existentielle essentielle
Le féminisme peut se définir par la lutte pour l'amélioration des droits des femmes et l'extension de leur rôle. C’est le fait de militer pour accéder à l’égalité et à la parité entre les genres. Dès lors que j’en ai pris conscience, je ne savais plus comment avancer : j’étais sans cesse à l’affût d’un signe pour mieux comprendre qui j’étais et ce que je pouvais devenir. L’eczéma rongeait ma peau et les angoisses suintaient dans chacun de mes mots. Oserais-je devenir cette femme libre dans ce monde de brutes conditionnées par l’idéologie archaïque et dysfonctionnelle du patriarcat ? Eh bien, pourquoi pas !
Depuis quelques années, j’avais pour obsession de lire l’intégralité des récits des auteurs de la Beat Generation, avant de comprendre qu’il y avait un problème en lisant Personnages secondaires (1984) de l’écrivaine Joyce Johnson. Cet ouvrage met en lumière l’effacement des femmes, poétesses ou autrices, mais aussi fondatrices de ce mouvement littéraire des années 1950-1960 aux États-Unis. « Oui, en effet, elles sont où les femmes, bon sang ? », me répétais-je souvent.
Dans la volonté de répondre à cette question, j’ai découvert les textes de l’États-unienne Diane di Prima, unique personnalité féminine mise en lumière chez les Beats.
“no babe / we’d never / swing together but / the syncopation / would be something wild”
« non bébé / nous ne swinguerions / jamais ensemble mais / la syncope / aurait quelque chose de sauvage »
Extrait du recueil Dinners and Nightmares (1961) de Diane di Prima.
Véritable extase littéraire, érotique et passionnée. Une femme qui parle de sexe aussi facilement qu’elle raconte sa vie. Mais quel sentiment extraordinaire ! Cela ne m’arrivait que si rarement de lire des femmes qui écrivaient comme elles parlaient, vivaient et respiraient.
Dans leurs textes, certaines autrices se moquent des conventions, de la pudeur et de la retenue que la société patriarcale attend d’elles. Elles ont la fureur de vivre pour nécessité. J’en étais comblée autant que sidérée. La machine était lancée, j’en voulais plus. Le grand bouleversement est aussi survenu lorsque j’ai lu le génialissime Bad Feminist de Roxane Gay, paru aux Éditions Denoël en 2014, dans lequel j’ai immédiatement reconnu tout un tas de traits cachés de ma personnalité. Un ouvrage qui rappelle à notre esprit, de manière sincère et parfois brutale, ce que l’on a envie d’être. Ce livre nous déculpabilise de nos agissements passés autant qu’il incite à adopter des comportements plus bienveillants.
Je lisais, regardais, écoutais compulsivement tout ce qui pouvait m’apprendre et m’aider. Je me revois relever si souvent la tête des pages d’un bouquin, avec cette impression que mon cerveau se remodelait pour envisager le monde autrement.
Cette sensation est un délice : le sentiment si précieux et libérateur d’avoir compris quelque chose que j’aurais dû comprendre depuis toujours. J’avoue m’être souvent sentie honteuse de ne pas avoir réalisé plus tôt l’ampleur de la domination masculine. En décortiquant notre manière de vivre, on se rend souvent compte que l’on n’est pas la personne que l’on voudrait être. Mais ce n’était pas ma faute, ni celle d’aucune femme. J’apprenais et je comprenais ce que la société voulait que j’apprenne et que je comprenne.
Cependant, dès ma découverte du féminisme, tout ce dont j’avais besoin, c’était les mots de ces femmes passées elles aussi par le même désarroi – dans lequel j’étais bien enfoncée. Des femmes, des femmes et seulement des femmes. Je me répétais, inlassablement, qu’un homme ne peut pas m’apprendre à être une femme. Du moins, j’essayais de toutes mes forces de me tenir à cette idée, même si mon inconscient patriarcal – doublé d'un manque évident de courage et d'affirmation – me portait toujours préjudice.
Un monde s’ouvrait plus concrètement à moi, mais il se scindait en deux sous mes pieds, et j’en étais effrayée. D’un côté, l’utopie d’un monde féministe et de l’autre, la triste réalité de la société.
Les lunettes sur le nez
En entreprenant cette dynamique axée sur le genre féminin dans la vie quotidienne, tous les hommes qui nous entourent deviennent source de conflit. Du boucher au gynécologue, en passant par le frangin et le pote d’enfance. Comme toute déconstruction, ce processus appelle à la remise en question des comportements oppressifs au sein de nos structures sociales, culturelles et professionnelles. Ce sont des films, des chansons, des émissions, des humoristes, des livres et des gens que vous adoriez – car cela faisait partie du seul imaginaire proposé dans la culture occidentale comme orientale – que désormais, vous ne pouvez plus voir en peinture. Ils vous dégoûtent, vous foutent en rogne, vous tendent, vous font péter les plombs en soirée et vous donnent envie de les insulter des pires gros mots (que votre mère ne validerait certainement pas). « Ils », ce sont les hommes et leurs comportements abusifs, arrogants, humiliants et oppressifs. La banalisation et l’impunité de leurs attitudes vous dévastent.
Il y a aussi ces femmes, victimes inconscientes et ferventes défenseuses du patriarcat. Elles vous dénigrent parce que vous n'êtes à leurs yeux que des créatures redouta

  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • Podcasts Podcasts
  • BD BD
  • Documents Documents