L’évaluation de la recherche en question(s)
90 pages
Français

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Description

L’évaluation de la recherche scientifique constitue un sujet d’une grande importance. D’abord, pour les chercheurs et professeurs dans le monde académique. Ensuite, pour les institutions qui les emploient et les financent. Enfin, pour la société qui entretient des attentes envers les connaissances scientifiques et leurs applications.

Quels modes d’évaluation sont aujourd’hui pertinents et appropriés à la diversité des disciplines, des pratiques et des objectifs de recherche ? Cette question se pose avec acuité dans le cadre de bouleversements induits par l’informatisation, l’internationalisation, les contraintes financières des pouvoirs publics, et plus largement par les évolutions contemporaines des sociétés et de l’économie.

Cet ouvrage fait le point sur ce sujet avec des chercheurs belges et internationaux, réunis à l’occasion d’un colloque « Penser la science ».

Avec les contributions de :
Hugues Bersini, Barbara Clerbaux, Gabriel Colletis, Alain Eraly, Bernard Fusulier, Yves Gingras, Véronique Halloin, Marek Hudon, LAC (L’Atelier des Chercheurs), Bruno Leclercq, Pierre Marage, Dominique Pestre, Maryse Salles, Isabelle Stengers, Benoît Timmermans, Christian Vandermotten, Edwin Zaccai.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782803105625
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0000€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

L’ÉVALUATION DE LA RECHERCHE EN QUESTION(S)
Penser la science
Edwin ZACCAI • Benoît TIMMERMANS • Marek HUDON • Barbara CLERBAUX • Bruno LECLERCQ • Hugues BERSINI
L’évaluation de la recherche en question(s)
Classe des Sciences
Académie royale de Belgique
Académie royale de Belgique
rue Ducale, 1 - 1000 Bruxelles, Belgique
www.academieroyale.be
Informations concernant la version numérique
ISBN : 978-2-8031-0561-8

© 2016, Académie royale de Belgique
Mémoire de la Classe des Sciences, Collection in-8°, IVe série, tome VII, nº2113
Diffusion
Académie royale de Belgique
www.academie-editions.be
Crédits
Conception et réalisation : Laurent Hansen, Académie royale de Belgique
Illustration de couverture : Grégory Van Aelbrouck et Loredana Buscemi, Académie royale de Belgique
Bebooks - Editions numériques
Quai Bonaparte, 1 (boîte 11) - 4020 Liège (Belgique)
info@bebooks.be
www.bebooks.be

Informations concernant la version numérique
ISBN 978-2-87569-218-4

A propos
Bebooks est une maison d’édition contemporaine, intégrant l’ensemble des supports et canaux dans ses projets éditoriaux. Exclusivement numérique, elle propose des ouvrages pour la plupart des liseuses, ainsi que des versions imprimées à la demande.
Introduction
L’évaluation de la recherche scientifique constitue un sujet d’une grande importance. D’abord pour les chercheurs et professeurs dans le monde académique. Ensuite pour les institutions qui les emploient et les financent. Enfin pour la société qui entretient des attentes envers les connaissances scientifiques et leurs applications.
Mais de quelle évaluation, de quels chercheurs, de quelles institutions et société parle-t-on ?
À l’examen il existe une grande diversité de chercheurs et de disciplines, ou encore de pratiques et d’objectifs de recherche. La question est alors de savoir dans quelle mesure les modes d’évaluation sont pertinents et appropriés à cet ensemble quelque peu insaisissable. Question qui se pose avec plus d’acuité dans le cadre de bouleversements induits par l’informatisation, l’internationalisation, les contraintes financières des pouvoirs publics, et plus largement par les évolutions contemporaines des sociétés.
Sujet d’une grande importance, disions-nous, et pourtant sa discussion explicite demeure souvent cantonnée à de petits cercles spécialisés, sans parler de discussions de couloirs informelles autant que récurrentes sur les ressentis de ces processus.
La structure Penser la Science – Séminaires Ilya Prigogine a été créée à l’Université libre de Bruxelles pour promouvoir échanges et débats appelés à nourrir une culture des sciences dans leur diversité. Chaque année un thème de réflexion est choisi. En 2015, une petite équipe, constituée des trois nouveaux permanents de Penser la Science, Marek Hudon, Benoit Timmermans et Edwin Zaccai, entourés de Hughes Bersini, Barbara Clerbaux et Bruno Leclercq, a décidé de s’emparer de ces questions sur l’évaluation de la recherche.
Deux journées ont été organisées, le 9 mai et le 16 octobre. Elles ont réuni près de deux cents inscrits, dont une vingtaine d’orateurs belges et étrangers, issus du monde académique ou d’institutions. Pour certains chercheurs l’évaluation de la recherche est leur sujet de… recherche, d’autres au contraire ont profité de cette occasion pour élaborer une réflexion sur cet aspect de leur métier et sur ses conséquences. Les exposés ont été enregistrés et restent disponibles sur le site de Penser la Science 1 . Signalons que le FNRS a consacré un dossier à ce même thème en interviewant plusieurs orateurs de ces séminaires 2 .
La première des journées de ce projet visait à effectuer un état des lieux, tandis que la seconde cherchait plus particulièrement à formuler des propositions alternatives. Toutefois la plupart des intervenants se prononcent à la fois sur des constats et des propositions, comme on le verra dans ce volume.
Un premier ensemble de contributions réfléchit à l’ensemble de la problématique posée, à travers des regards complémentaires. Tout d’abord Bruno Leclercq, professeur de philosophie à l’Université de Liège, se propose de poser le décor de ces évaluations. En articulant une série de références, il analyse plusieurs concepts pertinents qui se retrouveront mobilisés dans ce qui suit. Véronique Halloin, secrétaire générale du F.R.S.-FNRS, analyse successivement le contexte, les types d’évaluation, et une série de constats et de questions actuelles en concluant sur les contraintes de financement de la recherche. Pierre Marage, physicien et ancien vice-recteur à la recherche de l’ULB, détaille un certain nombre de situations d’évaluations en distinguant notamment entre des évaluations d’équipes, de projets et d’individus. Il formule des propositions dans différents domaines, et notamment quant aux biais du genre dans la carrière académique. Dominique Pestre, directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris), replace l’évaluation de la recherche dans le cadre plus large de la gouvernementalité libérale des sociétés, en évoquant la grande vogue des classements dans différents domaines et en suggérant des éléments utiles à une pensée critique à ce sujet. La contribution d’Alain Eraly, professeur à l’ULB de sociologie et de gestion et membre de l’Académie royale de Belgique, prolonge cette réflexion. Il aborde dans cette perspective nombre d’éléments qui reviendront dans d’autres contributions, comme les biais des indicateurs chiffrés ou le ressenti psychologique des chercheurs.
Les quatre contributions qui suivent entrent davantage dans la technicité d’outils d’évaluation, et particulièrement d’indicateurs chiffrés ainsi que de leurs conséquences. Yves Gingras, professeur en histoire et sociopolitique des sciences à l’Université du Québec et auteur de plusieurs travaux de portée internationale sur l’évaluation de la recherche, détaille, exemples à l’appui, un répertoire de mésusages d’indicateurs, et conclut sur une série de propositions à cet égard. Hugues Bersini, directeur de l’IRIDIA (Institut de recherches interdisciplinaires et de développement en intelligence artificielle) à l’ULB et membre de l’Académie, se penche plus particulièrement sur le H-Index. Il se livre à une défense raisonnée de son emploi, en énonçant des conclusions en forme de recommandations d’usage. L’un des biais du H-Index est le fait que ses valeurs types diffèrent sensiblement d’une discipline à l’autre. La contribution suivante est issue justement de deux professeurs de l’ULB issus de disciplines différentes, Barbara Clerbaux, professeur au département de physique, et Marek Hudon, professeur à la Solvay Brussels School. Parmi les difficultés pointées dans ce texte, remarquons notamment la faible comptabilisation dans les systèmes utilisés des transferts de savoirs entre université et sociétés, avec par exemple des cas de pondération… nulle pour des livres influents. Enfin Christian Vandermotten, géographe à l’ULB et membre de l’Académie, étudie de manière quantifiée certaines conséquences pour les revues scientifiques des stratégies de publication des chercheurs, eux-mêmes influencés par les facteurs d’impacts normés.
Les deux contributions suivantes ont en commun de se placer plus particulièrement du point de vue des chercheurs soumis aux modes d’évaluation actuels. Bernard Fusulier, professeur de sociologie à l’Université catholique de Louvain et maître de recherches du FNRS, envisage la condition des chercheurs et chercheuses dans leurs différentes dimensions de vécu, y compris familiales. Son analyse décrit les modalités du régime « comptable-productiviste » de l’évaluation de l’excellence, et se clôt sur l’évocation d’une « alter-excellence » qui fait parfaitement le lien avec le chapitre suivant. Celui-ci, produit par un collectif de chercheurs, le LAC (L’Atelier des Chercheurs pour une désexcellence des universités), expose avec provocation et humour la méthode BVLM, pour « Beaucoup, Vite, Loin, Mal ». Dans le contexte d’évolutions plus larges décrites aussi par d’autres auteurs de ce livre, ce chapitre va plus loin dans l’évocation de malaises ressentis à travers la mise en scène de cas vécus.
Enfin, les trois contributions qui clôturent ce volume s’efforcent plus particulièrement de formuler des propositions de changement, même si répétons-le, on trouve de celles-ci dans pratiquement tous les chapitres. Isabelle Stengers, professeur de philosophie à l’ULB, décrit les transformations d’un modèle plus ancien de production scientifique vers celu

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