La folie à Rome
161 pages
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La folie à Rome , livre ebook

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Description

C'est en s'inspirant des Grecs que les Romains vont inventer une "psychiatrie" moderne, où, pour la première fois dans l'Antiquité, l'origine des maladies de l'âme ne viendrait pas des dieux. Deux courants cliniques vont s'opposer : une "psychiatrie" organique où on prend en compte uniquement une somatisation ; et une "psychiatrie" psychologique où les maladies de l'âme proviennent de l'entourage, de l'environnement du patient. C'est à partir de cette perspective que Freud? grand connaisseur de l'Antiquité, inventera la psychanalyse...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2014
Nombre de lectures 7
EAN13 9782336695587
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Titre
Dernières parutions



Médecine à travers les siècles
Collection dirigée par le Docteur Xavier Riaud

L’objectif de cette collection est de constituer « une histoire grand public » de la médecine ainsi que de ses acteurs plus ou moins connus, de l’Antiquité à nos jours.
Si elle se veut un hommage à ceux qui ont contribué au progrès de l’humanité, elle ne néglige pas pour autant les zones d’ombre ou les dérives de la science médicale.
C’est en ce sens que – conformément à ce que devrait être l’enseignement de l’histoire –, elle ambitionne une « vision globale » et non partielle ou partiale comme cela est trop souvent le cas.

Dernières parutions

Apolline TRIOULAIRE, Sainte Apolline, sainte patronne des dentistes et de ceux qui ont mal aux dents , 2014.
Pauline LEDENT, L’art dentaire en Égypte antique , 2014.
Frédéric DUBRANA, L’expérience chirurgicale. De la vivisection… à l’expérimentation , 2013.
Henri LAMENDIN, Les de Jussieu, une famille de botanistes aux XVIII e et XIX e siècles , 2013.
Jean-Jacques TOMASSO, La vie et les écrits de Bernard Nicolas Lorinet (1749-1814). Un médecin des lumières dans lé Révolution , 2013.
Jean-Pierre MARTIN, L’instrumentation médico-chirurgicale en caoutchouc en France (XVIII e -XIX e ) , 2013.
Michel A. GERMAIN, Alexis Carrel, un chirurgien entre ombre et lumière , 2013.
Henri LAMENDIN, Antoni van Leeuwenhoek (1632-1723), le microscope médical et les spermatozoïdes , 2013.
Christian WAROLIN, Molière et le monde médical au XVII e siècle , 2013.
Jean-Louis HEIM, La longue marche du genre humain : de la bipédie à la parole , 2013.
Mathieu BERTRAND, Horace Wells (1815-1848) et Villiam T.G. Morton (1819-1868). La rencontre improbable de deux précurseurs de l’anesthésie , 2013.
Xavier RIAUD, Des dentistes qui ont fait l’Histoire… , 2013. Mathilde FRADIN, Entretiens avec le Docteur Lévy-Leroy, médecin résistant , 2013.
Xavier RIAUD, Histoire indépendentaire , 2013. Xavier RIAUD, Napoléon 1 er et ses médecins , 2012.
Copyright




















© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http ://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-69558-7
Dédicace


A mon fils
I NTRODUCTION A LA MALADIE MENTALE A R OME
C HAPITRE I U N ANACHRONISME
Parler de « psychiatrie » dans la Rome antique est un anachronisme. Soit ! La psychiatrie, cette spécialité médicale, a pour objectif de soigner et de guérir les maladies mentales et ne peut se concevoir que dans la mesure où la notion de pathologie psychique s’en dégage clairement.
Qu’en est-il de cette question dans le monde antique ? Les troubles de l’esprit ont été généralement considérés, dans les civilisations de cette époque, comme des manifestations surnaturelles. La Rome archaïque n’échappera pas à cette conception, avant l’arrivée des premiers médecins grecs sous la République. Les praticiens grecs avaient déjà largement isolé les troubles de l’esprit qui n’auraient pas d’origine surnaturelle ou divine. Ce sont ces thérapeutes, qui amèneront leurs tout nouveaux confrères romains à considérer les désordres psychiques comme étant d’origine « naturelle » ! Cette thèse sera défendue bien plus tard par plusieurs théologiens, dont Saint-Thomas, puis sera contrecarrée par le développement de la démonologie chrétienne, avec ses conséquences funestes pour les hystériques poursuivis pour sorcellerie. Le mal, c’est le Démon, c’est le Malin, c’est Satan, qui prend possession de l’âme du pauvre chrétien. En ce sens, le catholicisme sera une régression en matière de santé mentale, par rapport à la « psychiatrie » naissante en Grèce, puis à Rome.
Pour en revenir à la clinique, on s’étonne à quel point les médecins romains repèrent avec suffisamment de finesse l’hystérie, la mélancolie, la manie, le délire ou l’épilepsie, qu’ils considèrent comme des vésanies naturelles. Mais si ces observations sont souvent pertinentes, les considérations étiologiques et thérapeutiques sont généralement fantaisistes, ne manquant pas d’imagination, voire de sens poétique, au détriment du malade, hélas ! Il convient aussi de préciser que la « psychiatrie » romaine n’était pas une spécialité à côté de celle du dentiste, de l’ophtalmologue, du laryngologue, du chirurgien ou de la sage-femme. La maladie mentale à Rome développe une pratique thérapeutique psychiatrique, mais pas une spécialité médicale.
Il convient par ailleurs de souligner l’intérêt des penseurs latins pour la philosophie de l’âme et de ses maladies : Cicéron, Sénèque et Marc Aurèle sur la sagesse, mais aussi Pétrone, Martial, Suétone ou Juvénal sur le vécu de la violence. Et c’est Galien, le grand Galien, de formation philosophique, qui écrira : « Que l’excellent médecin est aussi philosophe ».
Dans le domaine juridique, on est stupéfait de la relative bienveillance et protection qu’accorde le droit romain au « fou » dans une civilisation cruelle, qui ne se distingue pas particulièrement par l’esprit de compassion, tout au moins jusqu’à l’expansion des idées stoïciennes, puis chrétiennes.
On rappellera, pour terminer, que la langue latine est relativement riche pour désigner les désordres de l’esprit. Qu’on en juge, Aegritudo, pour désigner la souffrance morale. Alienatus, pour égaré. Amentia et furor, pour folie. Mens, pour esprit. Mente captus, pour privé d’esprit. Phrenesis, pour folie avec fièvre. Vecors, pour insensé. Vesania, pour folie chronique. Vesanus, pour privé de raison. Stultus, pour sot. En latin vulgaire, le fou est comme un homme dont la tête est remplie d’air.
Le Romain doit savoir maîtriser son comportement. Il a le souci de sa dignitas. Nul doute, ainsi, que ce qui est demandé au médecin n’est pas seulement la santé du corps, mais aussi la santé de l’esprit. Le Romain n’aime pas la déraison. Pour lui, la folie comme la barbarie émergent quand un être ne sait plus reconnaître en lui son humanité.
C HAPITRE II R OME OU LA PREHISTOIRE DE LA PSYCHIATRIE
Dans un premier temps, avant l’arrivée des médecins grecs, on utilise des remèdes de bonne femme et de la magie ; des prières, des sacrifices, et des pèlerinages adressés à des dieux « thérapeutiques », pour guérir les maladies de l’âme. Caton l’Ancien soigne toute sa petite famille avec du chou. Le chou, c’est bon pour l’esprit. Il est souvent présent sur la table des Romains. Un nombre considérable d’espèces étaient cultivées dans les jardins. On assurait qu’il possédait toutes les vertus thérapeutiques pour le corps, comme pour l’esprit. Et surtout, il ne coûtait pas cher… Nul doute que le chou, les breuvages, les onguents, les amulettes et la dévotion aux dieux, devaient avoir des effets bénéfiques sur les troubles fonctionnels des hystériques. Les Romains pratiquaient l’effet placebo sans le savoir…
L’un des premiers médecins importants à Rome est Asclépiade de Bithynie, ami de Cicéron. Il attribue toute maladie, y compris mentale, à trois états possibles des canaux de l’organisme : strictus, laxus ou mixus.
Sous Tibère, Celse écrit une encyclopédie médicale où la « maladie mentale » n’est pas oubliée. Il distingue ainsi la vésanie, maladie mentale générale et chronique ; de la frénésie aigüe et fébrile. Il recommande la sévérité et la coercition à l’égard des agités, mais suggère aussi les bains, les frictions, le bercement et les voyages…
Sous Trajan, Soranus d’Ephèse affirme que l’angoisse est due au strictus de l’œsophage ; alors que, dans l’hystérie, il s’étend à tout le corps. Il décrit avec précision la mélancolie. S’il redoute la défenestration du « fou », il rejette l’usage de liens. Il recommande comme thérapie le théâtre, la conversation et la rhétorique. Soranus est peut-être ainsi l’inventeur de la première psychothérapie… Son traducteur, Cœlius Aurelianus, distingue l’hystérie de l’épi

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