La psychologie du risque
329 pages
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La psychologie du risque , livre ebook

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Description

Fumer, boire, conduire dangereusement... Pourquoi prenons-nous des risques ? Comment notre environnement nous influence-t-il par rapport au risque ? Comment les mécanismes biologiques et psychologiques interagissent-ils ? Quelles actions d'éducation, de sensibilisation et de prévention les travaux théoriques sur la prise de risques peuvent-ils générer ?
Synthèse complète des connaissances sur le risque dans le champ des sciences humaines et sociales, La psychologie du risque répond à toutes ces questions et constitue un véritable ouvrage de référence. Il est articulé selon trois perspectives : psychologique, biologique et contextuelle. Il présente dans un premier temps les théories générales sur la prise de risques et les théories de la décision issues de la psychologie générale et différentielle, afin de montrer comment elles expliquent nos attitudes face aux risques. Il étudie ensuite l'influence des mécanismes biologiques, neurocognitifs et neuroaffectifs dans la prise de risques, la recherche de sensations... Enfin, il analyse le rôle majeur que jouent l'environnement et le contexte social (parents, pairs, médias...) dans la mise en danger de soi.

Cet ouvrage s'adresse aux psychologues et aux chercheurs dans le domaine du risque ainsi qu'à tous les professionnels de la gestion des risques intéressés par les aspects psychologiques du risque. Il sera également utile à tous les acteurs des domaines de la prévention, de l'éducation et de la sécurité routière.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 septembre 2010
Nombre de lectures 47
EAN13 9782743018009
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0698€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La psychologie du risque
Jean-Pascal Assailly
Préface de Claude Got
11, rue Lavoisier 75008 Paris
Dans la même collection
série « Notes de synthèse et de recherche » Modélisation dynamique des systèmes industriels à risques Maîtrise des risques et sûreté de fonctionnement : repères historiques E. Garbolino, J.-P. Chéry, F. Guarnieri, 2010et méthodologiques A. Lannoy, 2008 Introduction à la sécurité économique G. Pardini, 2009La défense en profondeur – Contribution de la sûreté nucléaire à la sécurité industrielle Retour d’expérience et maîtrise des risques – Pratiques et méthodes E. Garbonlino, 2008 de mise en œuvre J.-L. Wybo, W. Van Wassenhove, 2009Le cadre juridique de la gestion des risques naturels V. Sansévérino-Godfrin, 2008 Cadre juridique de la prévention et de la réparation des risques professionnels Les plans de prévention des risques : la prévention des risques P. Malingrey, 2009majeurs par la maîtrise de l’usage des sols G. Rasse, 2008 Pratiques de prévention des risques professionnels dans les PME C. Martin, F. Guarnieri, 2008Risques et enjeux de l’interaction sociale J.-M. Stébé, 2008 Maîtriser les défaillances des organisations en santé et sécurité du travail – La méthode TRIPOD Retour d’expérience et prévention des risques – Principes J. Cambon, F. Guarnieri, 2008et méthodes W. Van Wassenhove, E. Garbolino, 2008 série « Références » La ville au risque du ghettoL’expertise : enjeux et pratiques H. Marchal, J.-M. Stébé, 2010 K. Favro, coord., 2009
Aide à la décision et expertise en gestion des risques M. Merad, 2010
Traité du risque chimique N. Margossian, 2010
Introduction à l’analyse probabiliste des risques industriels H. Procaccia, 2009
Le syndrome de vulnérabilité J. Bouisson, 2008
Risque environnemental et action collective. Application Les fondements des approches fréquentielle et bayésienne. aux risques industriels et d’érosion côtière dans le Pas-de-Calais Applications à la maîtrise du risque industriel O. Petit, V. Herbert, coord., 2010 H. Procaccia, 2008 Le droit de la Politique européenne de sécurité et de défense La politique de sécurité routière – Derrière les chiffres, des vies dans le cadre du traité de LisbonneJ. Chapelon, 2008 A. Cammilleri-Subrenat, 2010 La catastrophe AZF – L’apport des sciences humaines et sociales Risques et territoires — Interroger et comprendre la dimension localeG. de Terssac, I. Gaillard, coord., 2008 de quelques risques contemporains T. Coanus, J. Comby, F. Duchêne, E. Martinais, coord., 2010 série « Innovations » Le risque inondation. Diagnostic et gestionClimat et risques : changements d’approches F. Vinet, 2010 D. Lamarre, 2008 La santé au travail à l’épreuve des nouveaux risques Sociologie d’une crise alimentaire : les consommateurs à l’épreuve N. Dedessus-Le-Moustier, F. Douguet, coord., 2010de la maladie de la vache folle J. Raude, 2008 Les paradigmes de la perception du risque C. Kermisch, 2010La réduction de la vulnérabilité des PME-PMI aux inondations P.-G. Mengual, 2008 Réduire la vulnérabilité des infrastructures essentielles – Guide méthodologique B. Robert, L. Morabito, 2009 série « Débats » Le débat public, un risque démocratique ? L’exemple Violences routières – Des mensonges qui tuent de la mobilisation autour d’une ligne à très haute tensionC. Got, 2008 D. Boy, M. Brugidou, coord., 2009
© LAVOISIER, 2010 ISBN : 978-2-7430-1296-0 ISSN : 1962-6053 Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l’autorisation de l'éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie (20, rue des Grands-Augustins - 75006 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre er dans laquelle elles sont incorporées (Loi du 1 juillet 1992 - art. L 122-4 et L 122-5 et Code pénal art. 425).
© Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
À ma mère, Françoise Assailly, qui trembledepuis 55 ans devant les prises de risque de l’auteur…
Préface
La familiarité du concept de risque fait oublier qu’il réunit deux notions qui s’opposent par leur nature : la connaissance rationnelle de la probabilité de survenue d’un événement et la représentation affective que nous en avons. Chaque individu doit arbitrer entre ce qu’il sait, ce qu’il croit savoir, ce qu’il espère et ce qui lui plaît. Parallèlement, une société doit se donner les moyens de connaître les facteurs qui peuvent la mettre en danger et ses gestionnaires doivent être capables de mettre en accord leurs décisions et les principes qui ont été définis dans un cadre légitime. Ces deux axes se croisent à tous les carrefours franchis par les humains, de leur naissance à leur mort. Cependant leurs logiques et leurs références ont des simi-litudes et des différences. L’individu fait ce qu’il peut et en partie ce qu’il veut, en fonction de déterminants dominés par sa personnalité. C’est cet aspect de la rela-tion avec le risque qui est le sujet du livre de Jean-Pascal Assailly. Tout repose sur cette base psychologique, ce qui ne signifie pas que les autres aspects du problème sont secondaires par leur importance. Le champ de l’axe sociétal est très différent. Dans une démocratie, il tente de trouver le plus grand commun dénominateur aux modes de vie souhaités par la majorité. Il suffit de relire la déclaration des droits de l’homme de 1789 (la mieux rédigée) pour comprendre la difficulté de tracer la limite entre la liberté de l’individu et les contraintes indispensables ou utiles au bon fonctionnement de la collectivité. L’axe individuel, comme l’axe collectif, a des origines antérieures à l’évolu-tion des hominidés, mais c’est la filière humaine qui a développé à un niveau exceptionnel la capacité d’évaluation des risques auxquels elle est exposée. Les violences physiques de la nature, les météores, les séismes, les incendies, les trau-matismes d’origine animale ou humaine, la guerre, la perte de liberté des esclaves, la famine, les maladies, les superstitions, les dérives religieuses ont constitué un ensemble de facteurs qui ont modelé nos réactions aux risques pendant des millé-naires. Ils sont toujours aussi présents dans le monde, mais l’accroissement de la population humaine, l’élévation de la durée moyenne de la vie semblent indiquer une bonne maîtrise des facteurs de destruction de l’humanité. Peut-on craindre © Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
VI
La psychologie du risque
que nos mécanismes psychologiques de défense se révèlent insuffisants pour assurer la maîtrise de nouvelles formes du risque ? Les inquiétudes actuelles sont fondées sur de multiples analyses documentées. Nous sommes entrés dans une « nouvelle société du risque » pour reprendre, en le complétant, le titre utilisé par Ulrich Beck. Le problème est alors d’identifier les innovations du domaine et de comprendre comment des mécanismes d’adaptation établis au cours des millénaires peuvent s’adapter à la multiplicité des facteurs émergents dont la conjonction risque d’engendre des effets ingérables, aussi bien au niveau individuel qu’au niveau collectif. Les mieux identifiés sont l’accélé-ration du développement des connaissances et des techniques, la modification de notre environnement, la transformation profonde des pouvoirs économiques évoluant vers un totalitarisme financier et l’industrialisation de la communication développant les capacités de manipulation des faits et des esprits. Les étapes de ce bouleversement du contexte sont connues. Après l’espoir du siècle des Lumières et de la Révolution, le pragmatisme matérialiste des débuts de l’industrialisation s’est associé à la mise en place des démocraties modernes. e Lexxsiècle a été celui de la rupture et nous identifionsa posterioriles signes prémonitoires de notre passage dans un autre monde. Quand, en 1928, Edward Bernays, le neveu de Freud, a expliqué aux Améri-cains que la société avait des attitudes irrationnelles et qu’il était légitime de l’in-fluencer par des techniques de manipulation, le message était sans ambiguïté. Il n’est pas surprenant de voir cet homme dériver ensuite vers une application de ses idées au marketing. En aidant l’industrie cigarettière à développer le tabagisme féminin par des défilés de jolies jeunes femmes fumeuses dans les rues de New-York, il vendait son savoir-faire pour inciter à consommer. Le fait que son activité ait été consacrée aussi bien au conditionnement poli-tique («blela propagande est le bras exécutif d’un gouvernement invisi ») qu’au conditionnement consumériste produisait déjà une information inquiétante qui ne semble pas avoir été perçue dans toute sa signification. Nous entendons encore affirmer qu’il ne faut pas mettre sur le même plan les méthodes des publicitaires et celles de Goebbels (qui s’est inspiré explicitement des techniques décrites par Bernays) ou de la radio des Mille collines préparant le génocide rwandais. La finalité est différente, mais les principes sont identiques. Leur fondement est la négation de la sincérité, le mépris le plus complet pour cette phrase d’une qualité exceptionnelle de Montaigne : «nous ne sommes hommes et ne nous tenons les uns aux autres que par la parole». Si la parole est mise au service d’une capacité de séduction payée, nous entrons dans la prostitution de l’esprit. Des « créatifs » exploitent toutes les aptitudes de leurs neurones pour que les maîtres des supports qui vendent du temps de cerveau disponible puissent conditionner des humains à acheter. Les pratiques de manipulation de masse ouvraient la voie aux totalitarismes. Souvenons-nous du général phalangiste Millan Astray interrompant le 12 octobre 1936 les propos du philosophe Miguel de Unamuno lors de la « Fête de la Race » organisée par les Franquistes en criant «Viva la muerte, abajo la inteligencia ». Le doyen de la faculté de Salamanque lui a répondu : «Je viens d’entendre un
© Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
Préface
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cri morbide et dénué de sens […] je trouve répugnant ce paradoxe barbare et insensé. […] je souffre à la pensée que le général Millan Astray pourrait fixer les bases d’une psychologie de masseL’un de ces hommes était excité par la ». guerre civile qui commençait et l’avènement de la dictature, l’autre était désespéré par le déni du droit et de la raison. Leurs choix étaient le produit d’une démarche psychologique avec ses composantes longues, leur éducation, leur passé, leurs conditionnements comportementaux et finalement leurs capacités de réaction face à une situation imposant des prises de position personnelles. La tragédie de la guerre civile espagnole était programmée par deux conceptions de la vie et de la société, valorisation du chef et de la force d’un côté, du respect humain de l’autre.
L’acquisition du pouvoir économique et les manipulations financières utilisent les mêmes procédés que la propagande politique. La perte de la sincérité est leur caractère commun. La conséquence est la destruction du lien social, le seul critère décisif étant d’attirer l’attention, de plaire et de faire vendre. Il faudrait trouver amusant qu’un constructeur automobile ose mettre son nom sur une publicité pour une voiture inutilement rapide qui indique «n’exploiterai pas complètement Je les possibilités de ma voiture. Levez le pied droit et dites : je le jure » et qu’un autre incite à «s’oublier le temps d’un instant, connaître les règles et savoir s’en affranchir, se perdre entre ciel et terre et s’aventurer au delà». Il y a des radars automatiques pour envoyer ensuite devant les chambres correctionnelles les délin-quants qui achètent des véhicules dont les caractéristiques sont faites pour ne pas respecter les règles et pour séduire des impuissants avides de puissance.
Nous savons que le risque sanitaire majeur auquel est actuellement exposé l’habitant d’une société industrielle est l’obésité. Elle prend une forme épidémique produite par le couple sédentarité/nourriture inadaptée. Le remplacement de comportements associant un minimum d’activités physiques à une alimentation fondée sur des traditions familiales et régionales par une alimentation industrialisée promue par la publicité conduit au désastre. Nous paraissons incapables d’interdire la publicité pour les aliments à la télévision comme nous l’avons fait pour l’alcool et le tabac. Imaginer que nous pouvons neutraliser les images attractives assurant de façon massive la promotion de barres de n’importe quoi pleines de gras ou de sucres en plaçant en bas de l’écran un bandeau en petits caractères incitant à ne pas grignoter est un abandon de l’éducation au profit de la séduction. C’est également la négation de tout ce que nous savons de la psychologie de la prise de risque.
Les dérives actuelles des pratiques financières ont également changé de nature et nous ne pouvons pas comparer la crise de 2008 à celle de 1929. L’espoir irra-tionnel de gains assurés par un accroissement rapide des valeurs financières a été majoré par un véritable trucage de la nature de ces valeurs. Ceux qui connais-saient le risque lié aux subprimes ont su créer des produits dérivés qui masquaient le peu de confiance que l’on pouvait leur accorder. Quand au niveau international, une banque a pu conseiller à un Etat souverain, la Grèce, de truquer ses bilans et finalement a spéculé sur l’effondrement de la valeur de la monnaie de ce pays, sans que ces pratiques soient sanctionnées, nous avons la preuve de la perte des références morales les plus élémentaires. Comment imaginer que l’individu puisse éviter de s’exposer au risque de cupidité quand des organismes financiers tradi-© Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
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La psychologie du risque
tionnellement éloignés des pratiques spéculatives ont pu proposer à leurs clients des produits dangereux en occultant le risque ? La vitesse fait partie des éléments dont les tensions provoquent des ruptures. Il faut être imprégné par la phrase de Paul Virilio «Sous l’effet des progrès techno-logiques, la vitesse constitue la réalité elle-même». Des universitaires maîtrisant les formes les plus élaborées de l’analyse des séries chronologiques ont enseigné aux futurs traders les applications financières de leurs connaissances. Des logi-ciels ont intégré cette possibilité de jouer avec l’argent et le temps pour produire des gains immédiats. Le temps réel devenait de l’argent réel et personne ne se posait la question de l’acceptabilité de tels procédés. Il signifiait que l’échange de services entre le banquier et les entreprises s’effaçait au profit de la vitesse de réaction assurée par les calculateurs et l’interconnexion au niveau mondial de l’économie financière. À une autre échelle de temps qui n’est plus la seconde mais la journée, la rapidité en tant que méthode de gestion politique s’impose. Prendre le temps de définir une politique, se donner les moyens de la mettre en œuvre et en assurer le suivi évalué sur le long terme est une pratique désuète. Il faut se mettre au niveau des exigences des médias et produire une réponse dans des délais courts. L’effet d’annonce remplace alors l’action réfléchie et la crédibilité du politique est dégradée par ces pratiques. Les gestionnaires n’assurent plus seulement la protection contre la violence physique et le risque de famine, ils doivent devenir les connaisseurs omniscients d’une marée de bienfaits associés à autant d’effets délétères. L’avion transporte le VIH à travers le monde, la voiture écrase, l’amiante cancérise, les combustibles fossiles accentuent l’effet de serre. Pire, le nombre de produits chimiques synthé-tisés par l’homme dépasse nos capacités d’analyse, la maîtrise de l’atome peut à tout moment dériver vers de nouveaux Tchernobyl. Des termes émergent, OGM, nano-particules, associés à des questions sans réponses satisfaisantes. Manipulation des concepts, déséquilibre de la communication au profit de la publicité jouant sur la séduction aux dépens de l’éducation, accélération de l’évolution du risque, multiplication de ses formes, altération de notre milieu de vie, ce contexte impose de nouvelles méthodes de gestion socio-politique des risques. Comment adapter le lien entre le niveau sociétal et le niveau individuel où se déroule ce jeu qui est souvent celui de la vie et de la mort ? L’adolescent qui débride son scooter pour rouler à 80 km/h et celui qui accepte la réglementa-tion et se déplace à 45 km/h expriment-ils une forme d’équilibre entre le contrôle social et la liberté de « prendre un risque » ? L’un serait le guerrier, le battant, l’aventurier, l’autre le prudent, le conformiste raisonnable qui veut privilégier son intégrité physique et éviter les ennuis. Peut-on considérer que ces deux aspects expriment une dualité vieille comme l’humanité et qui est indissociable du niveau de conscience de l’être humain et de sa capacité de juger ? C’est une évidence, mais cela n’exclut pas la nécessité d’agir sur cette situation en créant des interdits et en les faisant respecter. Toute la difficulté est d’agir avec mesure et d’associer réellement une population à la prise de décisions. Le contraste est évident entre le désir croissant des citoyens de participer à la gestion des risques et l’accroissement de la complexité de ces derniers. La
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